Précédemment...
Les derniers pirates à crête sont mis hors d'état de nuire avec les forces conjointes des villageois, de Cylia et des pirates de Barbe Blanche récemment arrivés. Toutefois, alors que tout devrait être enfin terminé, un groupe de civil réclame vengeance et pointent leurs armes vers les derniers pirates encore présents, même si ces derniers n'y sont pour rien dans leurs malheurs.
Cylia s'interpose avec conviction, elle affirme qu'elle assumera les fautes commisses par la Marine en ignorant les demandes de protection de la ville. Elle s'avance et pointe le canon du dernier fusil encore brandit contre son cœur.
Après un silence de mort, un coup de feu retentit, sonnant la fin de cette tragédie...
Chapitre 33 : Agitation
PAN !
Le coup est parti... j'ai fermé les yeux quelques secondes avant, le redoutant bien trop mais même après la détonation du coup je ne ressens pas la moindre douleur. Je rouvre les yeux doucement, Mario avait dérivé le canon de son arme avant de tirer. La balle n'a touché que le sol, laissant un impact noir sur le sol pavé de la place, rien de plus... malgré ma détermination, j'ai vraiment eu peur. Je pensais que j'allais mourir, je m'en étais faite une raison mais... je ne suis qu'un être humain, alors forcément, une alternative positive pour moi me soulage franchement.
J'observe Mario qui lâche le fusil et se mets à pleurer à grosses larmes. Je ne sais pas quoi lui dire, ni quoi faire dans cette situation.
-Mario...
-Bouhouuu... snif snif.
Il se laisse tomber dans mes bras et continue à y pleurer, ce qui me déstabilise.
-Ah ! Mario fait attention... pas que ça me gêne que... mais... je... enfin, tu vas avoir du sang partout... je... ne suis... pas très propre. Désolé...
Il se mets à hurler et ressert son étreinte, me faisant même mal tellement il y met de force. Mais je ne dis rien, sa douleur est bien pire que la mienne. Je le prends dans mes bras et tombe les genoux au sol avec lui, lui tapotant le dos tandis qu'il laisse échapper les hurlements de son cœur.
Les témoins de la scène semblent rassurés de la tournure des choses, un groupe de villageois et de pirate se rapprochent les uns des autres et commencent à discuter. Je les observe du coin de l'œil, le maire est à la tête du petit convoi, mais il tremble tellement que c'est visible. Et il n'est pas encore devant Barbe Blanche... je peux peut-être l'aider en l'accompagnant pour le rassurer dans sa démarche.
Il faut absolument que les choses se passent bien, enfin... il n'y a pas de raison que le contraire arrive à présent.
-Monsieur le Maire... ça va aller ?
-Ou... ou... oui... je... je... vais... bi... bi... bien...
-C'est pas super convaincant.
Je me lève et laisse Mario aux soins d'autres personnes, je dois dire que le courage du maire est louable car même s'il est peut-être celui qui a le plus peur, il est actuellement tout seul avec les pirates. Le reste du groupe qui l'accompagnait est resté complètement en retrait, bien trop effrayé pour aller avec lui. Ce n'est pas très solidaire... enfin tant pis.
Je me rapproche de lui qui est tétanisé par la peur, les autres n'osant pas non plus avancer davantage. Je pose ma main sur son épaule et attire son attention, puis d'une voix rassurante je lui chuchote presque à l'oreille.
-Ne vous en faites pas Monsieur, tout va bien maintenant. Souhaitez-vous que je vous accompagne, si cela vous rassure un peu ?
-Oh... mais... vous... êtes sûr ? Ne sont-ils pas vos ennemis ? C'est dangereux pour vous de faire ça, non ?
-Ne vous en faites pas pour moi, je ferais mon possible pour vous aider Monsieur. J'en fais un devoir, rassurez-vous maintenant.
-Hum...
Ça a l'air de fonctionner, car il se calme un peu. Les personnes qui devaient l'accompagner tournent la tête par culpabilité. L'un d'entre eux trouve la force d'avancer et m'attrape le poignet, je le regarde et il me répond alors :
-Non Madame, vous ne devriez pas avoir à le faire à notre place. Nous devrions avoir honte de rester cachés derrière le Maire qui a pourtant si peur... mais qui est le seul à avoir suffisamment de courage pour avancer. Laissez-nous faire, vous avez vraiment besoin de vous reposer et de relâcher la pression à présent.
Je lui souris doucement, j'apprécie sincèrement le geste.
-Ne vous en faites pas pour moi, je vais bien.
-Vraiment... ? Répond-il peu convaincu.
Je suis surprise de sa réaction, mais lorsque je reporte mon regard sur mes mains, je me rends compte qu'elles tremblent fortement. Je m'attrape le poignet afin d'essayer d'arrêter mes tremblements mais rien à faire...
-Vous avez combattu toute la nuit et on nous a même rapporté que vous aviez... neutralisé... tous les pirates que nos concitoyens n'ont pas eu la force de faire à leurs places. Ne vous en faites plus pour nous, vous avez déjà fait beaucoup alors que vous avez l'air encore bien jeune. Nous allons trouver la force de prendre la relève à présent, d'accord ?
-Eh bien, je...
Je crois qu'il a raison, je ne m'en étais même pas rendu compte, mais je suis arrivé visiblement à bout. Je me retourne pour chercher le regard de Barbe Blanche pour voir ses intentions.
Avec son allure imposante, je n'ai pas à le chercher bien longtemps et nos regards se croisent. Malgré que je ne sois qu'une crevette pour une telle personne, je plante mes yeux dans les siens plusieurs secondes afin de me rassurer. Je crois vraiment que je n'ai pas à m'en faire... il n'a pas l'air d'avoir de mauvaises intentions, je peux laisser ces gens, ils ne craignent rien.
-Compris Monsieur, je vais donc me retirer si ma présence n'est plus nécessaire.
-Je vous en prie, allez revoir Misa.
Ah, pas trop étonnant en même temps qu'il l'a connaisse, elle est native d'ici après tout. Je lui souris et demande à l'un des villageois de m'accompagner à l'hôpital où doit sans doute être mon amie et sa famille. Après quelques minutes de marche, nous y sommes et ils m'accompagnent jusqu'à l'accueil avant de me quitter pour aller voir ses proches.
L'hôtesse, très charmante, m'indique la chambre d'Aki et j'y vais sans perdre de temps. Je monte jusqu'au deuxième étage puis cherche le couloir B, je regarde les numéros sur les portes et m'arrête devant la « 72 » un léger sourire aux lèvres.
Mais... je me demande si je ne devrais pas les laisser tranquillement entre eux. Je ne sais pas quoi faire, j'hésite. Alors avant de prendre ma décision d'y aller ou non, je m'accoste dos à la porte et utilise mon Haki afin d'entendre ce qui est dit dans la chambre.
-Mais maman... je m'inquiète pour elle.
-Et moi Misa, je suis coincé dans ce lit et j'aurais très bien pu me faire tuer. Je suis ton père...
-Papa, je t'aime mais moi aussi, je fais partie de la Marine, tout comme Cylia, je devrais donc la rejoindre !
-Ma fille, il me semblait pourtant avoir été clair là-dessus. Il est hors de question que je te laisse risquer ta vie !
-Mais !
-Il n'y a pas de « mais » qui tiennent ! L'engueule sa mère, Et tu avais rejoint la Marine pour des raisons différentes d'elle. On a fini par se résoudre à te laisser partir parce qu'on savait que tu serais plus en sécurité là-bas qu'ici, sur cette île souvent attaquée par des pirates. Mais tu as bien entendu les hommes du Yonkou... Barbe Blanche, ils vont revendiquer notre île et donc la mettre sous leur protection !
-C'est vrai... c'est une super nouvelle... Complète Misa d'une douce voix.
-Dans ce cas-là, tu comprendras que ta mère et moi ne souhaitons plus que tu retournes auprès de la Marine. Tu n'es pas faite pour ça et tu le sais, restes maintenant avec nous ici. Tu vas pouvoir reprendre ton apprentissage là où tu l'avais laissé afin de récupérer notre commerce un jour ! Notre savoir familiale ne peux pas disparaître après moi. Imagines, si j'aurais perdu la vie aujourd'hui...
-Ne parles pas de malheur papa !
-Dans ce cas Misa, restes avec nous... le supplie son père.
-Mais je ne peux pas laisser...
-Ne me parle pas de nouveau d'elle ! S'énerve sa mère. Tu l'as bien vu comme moi ? Elle ressemblait à... à un monstre !
-Ne dis pas ça maman !
-Arrêtes de jouer les naïves ma fille ! Tu l'as vu tout comme moi et tu étais figé par la peur. Tu m'as même dit que ce n'était pas elle, mais regarde la réalité en face maintenant que nous sommes tous au calme !
-C'est que...
-Réponds déjà à ma demande ma chérie, vas-tu rester avec moi et apprendre mon art ? Je sais que tu en es passionnée et que c'est ta vraie vocation, tu avais rejoint la Marine pour nous... n'est-ce pas ?
-Eh bien... oui, c'est vrai...
-Dans ce cas, nous ne te laisserons pas repartir. Tu es libre de faire ton choix mais ça ne doit pas être pour quelqu'un d'autre à présent. Penses à toi...
-Et puis, je tiens à te dire une chose Misa, écoutes moi bien.
-Oui ?
-Je ne laisserais pas mon bébé devenir un monstre comme l'est ton amie. Je ne t'empêche pas d'être amie avec elle et même de la voir comme une grande sœur... tu es libre de ça ma chérie. Mais je te connais, tu hésites car tu as envie de rester avec elle pour lui faire plaisir, mais penses à toi avant tout et surtout... ne te laisses pas influencer par elle.
-Maman... papa... snif...
Je les ai trop espionné, ce que j'ai entendu est déjà plus que suffisant. Je comprends mieux la situation maintenant, je vais partir le plus tôt possible, ça sera mieux pour tout le monde ainsi.
Je descends les étages et quitte l'hôpital pour me rendre dans ma chambre d'emprunt pour récupérer mes affaires. Je les lave et les mets dans le sèche-linge, je prends une longue douche mais la balle encore logée dans mon épaule gauche me fais atrocement souffrir. Je vais devoir le supporter encore... je ne peux pas aller à l'hôpital et prendre le risque de croiser Misa.
Je sors de la cabine, m'enroule dans une serviette et du sang s'écoule de la plaie, rougissant le blanc du drap de bain. Même si je suis propre, la douleur est si vive que des goûtes de sueurs s'écoulent sur mes tempes. J'ouvre les tiroirs du meuble de l'évier afin de récupérer la trousse de secours, je prends un peu de désinfectant et m'en verse une bonne dose sur la blessure puis me la bande.
Ensuite, je me sèche et me coiffe les cheveux, je mets la serviette au sale et nettoie la cabine de douche du sang qui s'y trouve. Je m'habille avec des vêtements discrets : un pantalon en coton noir avec un sweat-shirt gris. Je mets par-dessus un long manteau en toile brun foncé, je remonte la capuche sur ma tête et mets un foulard épais bleu marine autour du cou afin de pouvoir cacher toute la partie basse de mon visage. Mon épée reste à ma taille, on ne sait jamais, surtout dans ses mers mais je peux la cacher aisément grâce au manteau. Le wakizashi, je l'attache directement sur le bas de ma jambe, de manière à ce que je puisse y avoir recourt en cas de problème.
Je rassemble mes affaires et récupère celles du sèche-linge avant de les mettre dans mon sac de sport. Je prends une valise aux parents de Misa et leur laisse un peu de liquide en compensation afin d'y fourrer mon sac, car ce dernier, tout blanc avec la marque bleue de la marine, n'est pas des plus discret.
Étant sur une île maintenant protégée par un pirate, je dois me faire discrète, car je n'ai pas caché mon appartenance à la Marine. Je sors de la maison et demande quelques rues plus loin à un villageois s'il sait si un navire quitte l'île rapidement, je me présente comme étant un touriste qui souhaite fuir la ville le plus rapidement. Il le comprend tout à fait et m'indique qu'un navire marchand a amarré hier et qu'à son avis, ils vont partir très vite.
Je le remercie et part en courant vers les quais de la ville et y trouve un navire de taille moyenne affichant les armoiries d'une compagnie commerciale qui a des liens avec le gouvernement sur la grande voile. Je remarque qu'un grand nombre de personnes sont en train de monter à bord et qu'ils se préparent à lever l'encre. Je me joins à la file, avant d'être arrêté une fois les pieds sur le pont. Un matelot me demande de payer pour monter à bord, j'accepte et il me laisse passer. On nous conduit dans un grand couloir où se trouve plusieurs portes menant à de petites cabines. Je rentre dans l'une d'entre elle, où une vieille dame s'est installé dans l'un des deux lit une place. La pièce étant étroite, rien que la literie prend les trois quarts de la surface.
Je dépose ma valise à côté du lit et m'allonge puis ferme les yeux, je peux enfin me permettre de souffler un peu... Le navire se mets à tanguer d'avantage, preuve que nous venons de quitter l'île. Je ne dors pas, mais reste ainsi sur le lit pendant de nombreuses heures, par contre la dame s'est endormis et ronfle bruyamment. Ça m'arrange car si je m'endors, je crains fort d'avoir un sommeil envahi de cauchemars... Je me demande bien se que je vais pouvoir faire de mes vacances, mais je n'en ai pas la moindre idée. Je vais rester sur ce navire pour le moment et je verrais bien par la suite.
Dès qu'il fait jour, je me lève, à travers le petit hublot unique de la pièce, j'aperçois le soleil encore timide de l'aurore. Le ciel est paré d'un manteau violacé, le jour et la nuit s'entremêlent à ce moment de la journée. On voit même encore la lune qui ressemble à un bijou d'argent, la mer bleu marine est à peine agité puisque le climat de l'île influence encore la météo. Pour le moment, nous sommes encore proche de Hand Island, mais j'espère que nous n'aurons pas à nous rapprocher des zones où le climat du Shin Sekaï est abominable.
Je n'ai pas pu dormir cette nuit, alors j'attendais avec impatience que ce soit une heure convenable pour me lever. Je quitte la chambre, laissant la vieille dame ronfler toute seule et je parcours le couloir jusqu'à monter des escaliers menant sur le pont.
L'air matinal de la mer m'envahit les narines, ça fais un bien fou... Je m'assois contre le bastingage du navire et regarde les quelques matelots s'affairer à leurs tâches si tôt dans la matinée. Des vacances aux Shin Sekaï... je dois être un peu cinglé quand même. Ouais aucun doute, c'est bien ça, je suis une vrai tarée, je n'ai même pas encore l'autorisation d'y aller dans le cadre de mon travail que je m'y rends à des fins personnelles. C'est totalement irraisonnable... enfin tant pis, ça sera l'occasion d'occuper mes vacances dont je ne sais plus du tout quoi en faire maintenant que je ne peux plus rester sur Hand Island. Et à vrai dire, je n'avais pas trop songé à cette possibilité... heureusement que j'ai suffisamment d'argent pour me permettre de voyager tranquillement.
Une odeur de nourriture réveille mon estomac, je me lève et quitte ma place pour me rendre dans une modeste pièce servant certainement de réfectoire si j'en juge par le mobilier. Il y a des tables rectangulaires posées les unes à côté des autres, avec des bancs et chaises tout autour. Les lieux ne sont pas très propres, il y a des tâches collantes par terre et quelques morceaux de verre sous les tables. Visiblement, ils ne doivent pas avoir de personnel charger du ménage... Aaah les hommes !
Quelques personnes mangent tranquillement, je regarde quelqu'un qui est arriver juste après moi passer une porte avant d'en ressortir avec un plateau déjeuné. Je fais la même chose et me retrouve dans une petite cuisine toute grise très propre où se trouve un homme en train de préparer le déjeuner, sur une table en métal il y a différentes choses à manger. Je demande au cuisinier si je peux me servir et il répond par la positive, j'attrape donc un bol que je remplis de lait chaud, j'y verse un peu de chocolat et touille avec une cuillère. Puis, je prends trois petits pains dégageant une agréable odeur de blé cuit, deux croissant encore un peu fumant et quatre grosses chocolatines (1), je récupère un broc de jus de fruit avec un verre et pour finir, je rajoute deux pots de compotes aux goûts différents sur mon plateau.
Le cuisinier me regarde surpris par tout ce que j'ai pris et je lui fais un petit sourire avant de quitter la cuisine. Je m'assois à une table et commence tranquillement à manger. En même temps, j'ai fais attention à ne pas trop en prendre, car les entraînements avec Garp m'ont donné certaines habitudes... comme beaucoup manger lorsque j'en ai l'occasion ou m'endormir à une vitesse record dès que je cherche le sommeil.
Une fois rassasiée, je ramène mon plateau à la cuisine et je propose mon aide au cuisinier qui refuse dans un premier temps, mais finit par accepter lorsque je lui dis que je n'ai de toute manière rien d'autre à faire. Il me remercie et je commence à nettoyer la vaisselle sale, qui est d'ailleurs plutôt conséquente. Une fois terminé, je l'assiste dans la découpe et l'épluchage des légumes. Il récupère le tout et les mets ensuite à cuir dans un grand bouillon où il a mis de la viande au préalable en début de matinée.
On passe ensuite au pain, il en sort d'un appareil destiné à faire travailler la pâte qu'il a préparé la veille et tous les deux, nous les mettons un par un au four. On discute entre chaque fournée et j'apprends qu'ils ont un médecin de bord. Je lui explique mon problème à l'épaule et pour me remercier de mon aide, il m'accompagnera pour le voir afin que l'on me retire la balle de mon épaule gauche.
Une fois l'heure du repas, j'aide le cuisinier à servir les assiettes puis on mange ensemble, accompagné par quelques-uns de ses collègues qui jasent en supposant que nous finissions en couple. Pourtant, il n'est pas franchement à mon goût alors il y a peu de chance... il est à peine plus grand que moi et un peu en embonpoint donc très différent des hommes aux corps sculptés que j'ai l'habitude de croiser à la Marine. Sans parler des pirates comme Shanks ou Marco... là il n'y a même pas matière à comparaison, ils sont de catégories trop différentes.
Le cuisinier a des cheveux blond coupés très courts et il est tout de même propre sur lui. Il a une tenue de chef cuisinier blanche et verte avec une longue toque écrasée qui forme un angle droit sur le côté. En plus de cela, il est sympa mais... peut-être trop gentil. J'aime bien les hommes qui ont du caractère... et avec lui, je suis certaine de pouvoir obtenir le dessus trop facilement.
Donc désolé mec, mais tu n'as aucune chance... mais comme on dit : l'espoir fait vivre. Certains de ses collègues pourraient être un peu plus à mon goût, mais ils sont trop fades comparé à ce que j'ai pu voir... donc mon constat est sans appel : c'est insatisfaisant.
Après mangé, nous nous rendons à l'infirmerie, là où il me présente le médecin et me laisse avec lui. Encore une fois, le docteur a un physique très différent du type d'homme que je côtoie la plupart du temps. Il est très maigre, petit et a une allure d'intello avec ses lunettes rondes anormalement grandes. Elles dépassent même de chaque côté de sa tête et pour couronné le tout, il a de l'acné, ce qui n'inspire pas confiance venant d'une personne censé pouvoir soigner des problèmes de santé divers.
Il me demande de retirer mon haut et ses joues roussissent déjà. Génial, un médecin pervers... je m'assois sur le lit tandis qu'il regarde mon tatouage sur l'épaule droite.
-Vous êtes de la Marine ?
-Oui, mais je suis en congé actuellement.
-Oh... c'est une bonne chose. Ne vous en faites pas, notre flotte a des relations avec le gouvernement mondial.
-C'est pour ça que vous avez quitté au plus vite Hand Island lorsque Barbe Blanche est arrivé.
Il commence à retirer le bandage, sa réaction ne se fais pas attendre lorsqu'il a terminé.
-Mais vous ne pouviez pas vous faire soigner ça plus tôt ?!
-Si je suis là, c'est pour le faire maintenant, alors arrêtez avec vos questions stupides.
-Bon, je vais vous faire une piqûre pour endolorir votre épaule.
PIQÛRE ?!
L'attitude que j'avais change radicalement, je lance un regard très sévère à l'égard du médecin qui s'interloque.
-Écoute moi bien : sors-toi cette idée de la tête sur le champ. Il n'est pas question de laisser ton aiguille rentrer dans ma chair...
-Mais ne soyez pas stupide !
Il s'approche avec son ustensile, je ne l'arrête pas mais étant encore sur les nerfs mon expression noir le fige en plein dans son action, l'aiguille est à quelques centimètres de ma peau.
-Je serais vous, je n'essayerai même pas...
-Comme... comme vous voudrez ! Mais si je ne vous mets pas d'antidouleur, vous allez douiller sérieusement. Vous êtes sûr de ne pas vouloir que je...
-Tu vas me faire répéter combien de temps ? J'ai dis : NON !
-Huuummm je vous aurait prévenu. Mettez-vous à l'aise sur le lit, je vous ramène quelque chose à mordre.
-D'accord.
Je m'allonge sur le lit tandis qu'il prépare son matériel.
-Vous avez de nombreux bleus qui risquent de devenir de gros hématomes s'ils ne sont pas traités, je vais m'en occuper juste après.
-Ok, merci... désolé de vous avoir fait peur docteur.
-Oh... ce n'est pas grave, mais pourquoi refusez-vous la piqûre ?
-Hum... pour des raisons personnelles. Désolé.
-Bon... tant pis. Tenez, placez ça dans votre bouche.
J'attrape le morceau de tissus épais qu'il me tend et le mets comme demandé. Je détourne la tête lorsqu'il m'avertit qu'il va commencer et je sers la mâchoire avec force sous la douleur. Le médecin efficace en termine rapidement, mais je finis par tomber dans les pommes.
Lorsque je me réveille je suis de nouveau habillée, je tire sur le col de mon haut pour voir que mon épaule gauche est bandée. Je soupire et me lève, le docteur qui était encore dans la pièce vient à ma rencontre.
-Je vous ai recousu durant votre sommeil et panser vos blessures. Faites attention à votre articulation pendant quelques jours et ça ira.
Recousu ? Brrrr... je suis contente d'être tombée dans les vapes.
-Compris, merci docteur.
-Je vous en prie... n'hésitez pas au besoin à revenir me voir.
Il rougit de nouveau, mouai... bah je me passerais très bien de revenir moi. Enfin, bref...
-J'en prends note, merci Monsieur, passez une bonne journée.
-Pareil pour vous.
-Merci.
Je quitte la pièce tandis que le médecin me fait des signes de main dans mon dos. Beurk... je ne l'aime pas trop. Mais il m'a soigné, alors je lui en suis reconnaissante tout de même, je ne suis pas ingrate.
Je commence à partir explorer un peu le navire. Mais en descendant aux étages les plus bas, je tombe sur un couloir sombre à peine éclairé par quelques lampes à huile où plusieurs personnes s'entassent à même le sol. À cause de l'humidité, des tâches de mousses apparaissent sur le sol noircit de crasse. Plusieurs souries couinent et partent en galopant lorsqu'elles se rendent compte de mes mouvements. Je demande à quelqu'un à l'allure d'un clochard ce qu'ils font ici et il m'explique qu'il n'y avait plus de place alors ceux qui ont le moins payés se retrouvent ici.
Je n'approuve pas du tout cette politique... ils auraient pu trouver d'autres solutions, franchement. Je tilt lorsque j'entends un bébé pleurer. Je m'approche d'une jeune femme qui tient un nourrisson dans ses bras, je le regarde, attendrie, lorsque la mère sourit doucement à l'enfant tout en le berçant. C'est là une scène très touchante...
-C'est une petite fille ou un petit garçon ?
-Un garçon.
-Il a quel âge ?
-Six mois.
-Oh, c'est petit encore. Vous êtes la mère ?
-Oui...
-Vous voyagez seule ?
Elle hoche la tête positivement.
-Vous êtes courageuse pour le faire avec un enfant si jeune.
-Je n'ai pas eu le choix...
-Venez avec moi.
-Pardon ?
Je l'attrape par la main et la tire à ma suite. Un peu surprise, elle ne bronche pas et m'accompagne jusqu'à ma cabine, on entre et la veille dame toujours présente sourit en voyant le bébé. Je récupère ma valise et y sors une bourse de Berry. Je la donne à la mère qui est alors fortement surprise par mon geste. Elle l'attrape sans trop hésiter, sachant qu'avec un bébé, elle ne peut pas refuser. Je lui explique que je leurs laisse à tous les deux ma place, ils seront en bonne compagnie et bien plus en sécurité.
Puis, je sors de la pièce et avant de refermer la porte je la regarde. Elle exprime sa reconnaissance en se courbant en avant. Je lui fais un dernier sourire et monte sur le pont avec ma valise. Les matelots présents me regardent d'une mauvaise manière, me voyant squatter de manière invasive leur espace de travail.
Je leurs réponds en laissant ma fatigue et ma colère remonter dangereusement.
-L'un d'entre vous a-t-il le moindre problème avec ma présence ici... ?
J'accentue ma menace d'un regard noir lourd de sens et pose ma main sur le pommeau de mon arme. Ils déglutissent et soupirent avant de retourner à leur travail, non sans broncher plusieurs inepties à mon égard, que je tache d'ignorer.
Je m'assois sur ma valise, dos contre le bastingage du navire. Je referme mon manteau à toile brune et remonte la capuche sur ma tête. Je somnole rapidement mais dès que je ferme les yeux, je me réveille en sursaut chassée par des cauchemars causés par toute la barbarie de la veille. Je suis un monstre repoussant et je me sens cruellement seule...
Je glisse mes doigts sur mon épaule droite où trône mon tatouage. Peu importe si je suis aussi mal... je dois respecter mes règles et mon dévouement. J'ai la chance d'être en vie... j'ai choisi ma voie et je ne suis pas du genre à m'en détourner à cause des difficultés.
Je passe toute l'après-midi à dormir à moitié jusqu'à l'heure du repas. Je retourne dans le réfectoire de ce matin pour manger et aider le cuisinier avant de retourner sur le pont. Il va falloir que je trouve une solution à mon problème... je n'ai plus d'argent et j'aimerai éviter d'avoir à demander de l'aide à la Marine. Ce serait un peu me ridiculiser et mal commencer ma carrière. Surtout que nous ne sommes pas trop loin de la base du G2 (2) donc cette zone doit certainement être sous sa juridiction... et vu que j'ai exprimé le souhait d'y être transférée dès que j'aurais fait mes preuves, il me faut garder une bonne image auprès d'eux. Mon épaule devrait être soignée dans quelques jours, je vais attendre d'accoster à la prochaine île et je partirais par voie aérienne.
Je passe toute la nuit à avoir, soit de douloureux rêves desquels je me réveille brusquement en sueur, soit à lutter pour ne pas m'endormir alors que la fatigue me gagne.
Autant dire que le matin, je suis ravis de pouvoir me lever pour aider aux cuisines. Mais alors que j'assiste le cuisinier l'un des matelots du navire arrive en trombe, visiblement affolé.
-Qu'est-ce qui se passe ? Lui demande Haris (3), le cuisinier.
-DES PI... DES PI-PI... DES PIRATES !
Je tilt tout de suite, il a bien dit « des pirates » ? On est loin de la base, ce n'est pas surprenant qu'il y en ai dans ses eaux, j'aurais dû m'y attendre. Reste à savoir auxquels on a affaire.
-Quel drapeau ?
-Ba...Ba-Ba ! Barbe Blanche ! Me répond l'homme paniqué.
Oh... merde...
(1) Chocolatine : alors appartement, elle est appelée différemment selon les régions de France ! Dites-moi si vous l'appelez autrement.
(2) G2 : je ne l'invente pas, elle existe. Regarder sur le web, il y a une mini histoire avec Ace qui la met en scène dans le manga papier.
(3) Haris : Ouais, comme la marque de pain de mie. Je kiff son prénom, vive la grande distribution ! *mode propagande ON* mdr !
