Précédemment...
Cylia fait la connaissance de plusieurs pirates de l'équipage et elle arrive à sympathiser avec plusieurs d'entre eux, dont Joseph.
« Joseph, lui, a une tenue ressemblant trait pour trait à une aube de prêtre à la différence qu'elle est blanche et a un look qui me fait penser à un uniforme militaire un peu... original. Un autre se nomme Jan, il est assez grincheux et utilise toujours un "Tsss..." dans ses phrases. »
La soirée se déroule très bien, elle finit tout naturellement pompette en ayant profiter d'un bon moment de partage.
Chapitre 40 : liberté ou devoir ?
Je me réveille doucement dans mon lit.
-Hum...
Je ne me sens pas trop mal, j'ai de la chance de ne pas avoir la gueule de bois au réveil avec se que j'ai bu. Tiens, pourquoi ai-je autant de monde qui dort dans ma « chambre d'emprunt » ? Je suis même dans une position assez désagréable, écrasée par plusieurs poids mort. Outch... comment j'ai réussi à m'endormir dans de telles conditions ?! Et je ne parle même pas du véritable concerto de ronflement en fond sonore !
Oh... C'est vrai, je me rappel, je les avais nargué en leurs disant que je n'aurais pas de problème à devoir faire le choix entre dormir sur le pont ou aller jusqu'à mon lit puisqu'il n'est qu'à quelques mètres des lieux de la fête. Forcément, tout ceux qui avaient trop la flemme pour aller jusqu'à leur lit ont squatté ici.
Actuellement, j'ai un type qui dort sur mes jambes et un autres qui a son pieds contre ma tête. J'ai aussi une tête et une paire de jambes sur mon ventre. Mes bras sont coincés sous leurs corps et je n'arrive pas à bouger...
Non mais ça va pas ?! Quels sans gênes ! Pas moyen d'attendre leurs réveils ! Je pousse de toutes mes forces pour me sortir de là et je récolte quelques grondements plaintifs de la part de ceux que je réveille, mais ils se rendorment très vite. Une fois libre, je tente de marcher sur personne en sortant de la pièce blindé de pirates.
Lorsque j'arrive finalement à me sortir de là, je passe à peine le palier de la porte qu'une main me retient par la cheville, me faisant chuter. J'allais tomber par terre mais à la place, je me retrouve amortie contre quelque chose de chaud auquel je m'agrippe pour reprendre mon équilibre.
Je relève les yeux sur « la chose » pour me retrouver devant... des abdos superbement bien foutu avec le Joly Roger de l'équipage dessiné dessus. Je le reconnais, on dirais...
-Ma... Marco !
-La vue te plais on dirait.
-Ah ! Je... dé- dé- dé- désolé !
La main qui tenait ma cheville c'est relâchée, je prends alors tout de suite un minimum de distance et je détourne la tête en songeant que ma gêne doit être plus que visible.
-Hé hé... eh bien Cylia, tu fais du « rentre dedans » à notre Premier Commandant ?
-Jo... Joseph !
-Aaah...Tu es charmante quand tu réagis comme ça !
-Tais-toi !
Je laisse derrière moi les deux hommes qui m'énerves de bon matin. Enfin, je doute qu'on soit encore le matin puisque l'on s'est couché à l'aube.
Je m'assois sur le parquet contre le bastingage et ferme les yeux pour profiter d'une bonne bouffée d'air frais afin de reprendre contenance. Marco vient s'appuyer contre la rambarde de bois à côté de moi, accompagné par Joseph. Je soupire tellement profondément qu'une question ne se fait pas attendre.
-Qu'est-ce qui te déprime ainsi, Mademoiselle ?
-Hum... J'ai un peu trop abusé de l'alcool hier pour en venir à chanter comme je l'ai fais.
J'enfonce la paume de ma main sur ma tête.
-Oh ! C'est vrai que tu as chanté des trucs assez divers et variés avec nous ! Pwouah ha ha ha !
-Merci de ta solidarité... Non sérieux, mon honneur d'officier vient d'en prendre un coup.
-Oh... parce que tu en as, yoï ?
-AH ! C'est pas gentil ça !
Il me fait un regard moqueur, tandis que Joseph explose de rire.
-Ne les écoutes pas, ils sont juste moqueur.
Izou arrive en marchant tranquillement, un air fort agréable sur le visage. En voilà un qui ne se moque pas de moi !
-Hum, merci. Mais ils ont raisons... je me morfond encore plus.
-Allons... ne déprime pas, ha ha ha... c'est rien que des chansons.
-Mouais... enfin, ça mis à part, j'ai faim.
-Allons manger un bout ensemble propose Joseph, moi aussi j'ai un creux.
-C'est bon ? Tu as fini de te foutre de moi ?
-Ooooh... ne sois pas vexée ! Je vais t'accompagner jusqu'au réfectoire.
-Joseph, je te laisse t'occuper d'elle dans ce cas, je passerais voir plus tard si tout va bien. J'arrive tout de suite Izou yoï.
-Avec plaisir alors ! Allons manger ensemble, tu es ami avec Haris ? On va aller le voir alors.
Il se redresse et me tend la main pour m'aider.
-D'accord, merci.
Je le suis jusqu'à l'une des salles à manger du navire. Joseph se dirige vers la cuisine raccordée à cette dernière et y trouve l'homme que l'on cherche. Il lui fait signe, Haris vient et nous dépose deux assiettes.
On mange en compagnie du cuisinier et au fil de la discussion, on finit par parler de lui. Il nous explique qu'il est complexé par son niveau dans le domaine du combat.
-Tu n'as pas à être complexé Haris.
Il m'énerve à avoir une mauvaise estime de lui même !
-Eh bien... c'est que je...
-Laisses moi deviner, c'est par rapport à ce qui c'est passé quand on les a combattu ?
-Hum...
Ça veux dire oui.
-Hey ! Ne t'en fais pas. C'est parce que je t'ai protégé ? Mais Haris, c'est mon travail de défendre les civils et j'y tiens encore plus si c'est un ami.
-Cylia, tu ne comprends pas. C'est sa fierté d'homme dont il parle, il n'a pu rien faire pour te défendre et tu n'as pas arrêté de le protéger au péril de ta vie. J'étais là aussi pendant l'abordage, j'avais relevé plusieurs fois que tu lui avais sauvé la vie.
-Mais enfin, Haris !
-Non, il a raison Cylia. Je...
Il ne finit pas sa phrase mais sert les poings. Ah les hommes...
-Eh bien dans ce cas, que dirais tu que je t'entraîne ?
-Comment ?
-Ne me fais pas répéter ! Si tu veux bien de moi bien sûr, je t'aiderais à t'améliorer le temps que je serais ici. En plus, ça me permettrais de me maintenir en forme !
-Je...
-Peut être que je ne te conviens pas. Désolé je-
-SI ! Je te remercie pour ton aide. Il se relève et se courbe poliment, je m'en remets à toi !
Je suis d'abord surprise, tout comme Joseph mais je me reprends et lui fais un grand sourire.
-Comptes sur moi. On commence quant tu veux.
-Cet après-midi tu n'as rien de prévu ?
-Non... Il y a juste Joseph qui dois garder un œil sur moi.
-No problemo pour moi !
-Dans ce cas, on y va dès qu'on a finis de manger.
-D'accord !
Une fois le repas terminé, nous allons sur le pont pour discuter de l'organisation de son apprentissage. Il souhaite utiliser sa poile à frire et développer une technique de lancer de crème glacée à la petite cuillère. Au final, on se dit : pourquoi pas... D'autant plus qu'il cherche constamment de nouvelles recettes pour que ses boules de glaces aient des effets particuliers sur les cibles. Il nous faut donc l'entraîner à la maîtrise d'une arme blanche mais aussi aux armes à distance. Pour se qui est de ses techniques, il faudra qu'il apprenne à les parfaire de lui même.
Je m'occuperais des armes blanches tandis que Joseph s'est proposé pour les armes à distances. Nous relevons qu'il a besoin aussi de se muscler et d'augmenter son endurance. Nous avons donc réfléchis à un programme. Le matin, je m'occuperais de l'entraînement physique et en début d'après-midi, Joseph prendra le relais en salle de tire. Pour finir, je m'occuperais de lui apprendre la maîtrise d'une arme blanche, tout en travaillant son endurance en même temps. Aujourd'hui, vu l'heure, nous décidons de faire un bilan de compétence, nous passons donc le reste de l'après-midi à tester ses capacités et à évaluer le travail que l'on à faire.
Lorsque le soir approche, il nous laisse pour aider aux cuisines en prenant soin de nous remercier pour notre aide. J'accompagne Joseph dans son réfectoire où je mange en compagnie de plusieurs autres de ses compagnons. Je reste un peu en retrait, n'étant que peu impliquée dans leurs échanges. Je finis donc par remercier Joseph pour la journée et lui précise que je remonte au pont. Je le rassure en lui disant qu'il n'y aura aucun problème et qu'il peut rester avec ses nakamas.
Dans les couloirs, je relève plusieurs regards mauvais à mon encontre. Je presse le pas, n'ayant pas envie de créer des histoires. Une fois arrivée en haut, je soupire et m'assoie contre le bastingage du navire. Il y a quelques groupes d'hommes à droite et à gauche qui échangent gaiement.
J'aperçois Marco qui vient s'installer à côté de moi et on passe un petit moment dans un agréable silence.
-J'ai appris que tu allais entraîner Haris, ça ne te déranges pas d'aider un pirate ?
-Non.
-Hum... Tu as conscience qu'il risque d'utiliser se qu'il a appris contre tes confrères ?
Je relève la tête afin de le regarder dans les yeux pour lui répondre.
-J'en ai conscience, comme j'ai conscience qu'il pourrait bien mourir de leurs mains s'il ne sait pas assez bien se défendre.
-Choix difficile, hein ?
-Mmh...
-Pourquoi tu ne nous rejoindrais pas ?
Je me relève et me retourne pour faire face à la mer, je respire quelques bouffées d'air marin et ferme les yeux quelques secondes. C'est si agréable... puis je repose mon regard sur l'immensité de la mer.
-Tu sais, en étant dans la Marine, je peux rendre service à un grand nombre de personne. Même quelqu'un comme moi peux servir à une bonne cause, alors j'y consacre ma vie. Je tourne la tête vers lui, c'est là se que je veux Marco. Et la Marine est la mieux placée pour m'y aider et puis...
-Et puis ?
-Je... n'aime pas ses regards là.
Il me regarde intrigué, cherchant à comprendre le sens de mes paroles.
-Le gouvernement veille à se que notre image soit positive au yeux du grand publique. Donc, même si on ne vaut pas mieux que les autres, car après tout, nous avons les mains aussi sales... Au moins on n'a pas autant de... d'animosité de la part des civiles. Ce n'est peut être pas très clair...
-Si, nos regards se croisent, j'ai parfaitement compris. Ça me surprends que tu connaisses ce genre de regard.
-Je dois passer pour une gamine à parler comme ça. Mais ce n'est pas tout, comme je l'ai déjà dit, ce monde à besoin d'un semblant de justice et d'ordre. Le gouvernement est loin d'être blanc je le sais, mais il reste important pour le travail qu'il effectue. Je resterais officier tant que je le peux Marco, pour vouer ma vie à la protection des civiles et à la justice.
-La justice, hein ? La tienne ou celle qu'on t'a inculqué ?
-À ton avis ?
-Hum. Pour garder ce wakizashi avec toi malgré que tu sois dans la Marine, je me doute de ta réponse. Mais tu sais Cylia, il se rapproche un peu et me regard dans les yeux, nous même avons un rôle de protecteur. Père veille sur les îles qui portent notre étendard et nous respectons un code d'honneur. Tout les pirates ne sont pas pareils et nombre de tes valeurs sont communes avec celles que nous respectons. Tu as ta place avec nous.
Son regard est lourd et insistant. Je ne parviens pas à le soutenir bien longtemps.
-Je...
N'arrivant plus à parler, un silence prend place entre nous.
-Tu es encore jeune et tu cherches ta voix. Tu respectes des principes qui te force à rester loyale à la Marine... mais je te le répète : tu as une place qui t'attend dans notre famille, Cylia.
Dans leur... famille ? Est-il sérieux ? Je le sonde du mieux que je peux pour vérifier s'il n'y a pas de mensonge dans ses paroles. Mais... je ne perçois rien qui me mette le doute. C'est pourquoi je baisse la tête et regarde l'eau plus bas dans la mer.
-Je... je lui murmure presque, je ne sais pas quoi te dire. Désolé ? Non... je le regard de nouveau, merci.
Il me fait un grand sourire franc.
-Remercies père, yoï.
-Je le ferais, enfin... si c'est possible et pas... devant trop de monde.
-Timides ? Ne t'inquiètes pas, il me fait une tape amicale, tu peux demander à lui parler quand tu veux.
Avoir un tel privilège est un honneur, il s'agit quand même d'un Yonkou et de l'homme dit « Le plus fort du monde ». Il est tellement qualifié de manière si affreuse parmi la Marine. Ils ont complètement faux, j'ai bien fais de ne pas me fier à leur jugement. C'est certainement parce que j'ai pu rencontrer Shanks, puis ensuite Marco, que j'ai réussi à penser différemment.
-D'accord... euh... mer... merci.
-Arrête de passer ton temps à dire des « mercis » et « désolés », yoï.
Il passe son bras par dessus mes épaules et me rapproche de lui.
-Père te donne le temps qu'il te faut, on t'attendra. Même si c'est pour rester avec des personnes aussi peu fréquentable que des Marines !
-Marco...
-Hum ?
-Pourquoi...
-Pourquoi quoi ?
-Pourquoi me faites vous confiance ? Pourquoi essayez vous d'accepter quelqu'un comme... moi. Je ne comprends pas... je suis pourtant... je... je...
-Calme toi.
-Hum.
Il se décale de moi mais reste très proche.
-Crois moi, on sais comment tu es, on t'a bien compris. Tu n'es pas le genre de personne capable de mentir ou tromper, tu es fidèle et franche. On sais très bien que tu n'essayeras pas de nous trahir, bien qu'on reste prudent. Tu as de très bonnes qualités et du potentiel, de plus tu as d'avantage un profil de pirate que de Marine. Et si tu as été acceptée parmi la Marine malgré l'amitié que tu revendiques, c'est que tes qualités ont été reconnues.
Woua, parle t-il vraiment de moi là... ?
-Tu cherches l'aventure et tu as soif de liberté, mais ton honneur te pousse à te consacrer à ce que tu t'es résignée à faire. Mais crois nous, on te conservera une place parmi les notre, même s'il faut t'attendre quelques années. Tu as la mer dans le sang Cylia, on est similaires yoï !
-Similaires ? Non, je ne suis qu'un...
Il relève un sourcil interrogateur.
-Tu es ?
-Tu ne devrais pas vous comparer à moi... je.. ne suis qu'un monstre et je l'ai toujours été. Je ne mérite pas d'être comparée ainsi...
-Wow, ça c'est le meilleur. Tu es une Marine et nous des pirates. Au lieu de nous dévaloriser, tu te dénigres toi même.
-Non !
-Eh il sourit, laisses moi finir.
-Par... pardon.
-Tu nous estimes mieux que toi ?
-Oui, je ne juge pas quelqu'un juste sur le critère qu'il est pirate ou Marine. Certains soldats valent moins que des pirates, ça arrive, après tout nous sommes des êtres humains avant tout.
-Et toi, ne te considères-tu pas comme tel ?
-Non, je n'aurais même pas du voir le jour à l'origine. Faire de mon mieux pour les autres est la moindre des choses que je peux faire pour m'en repentir.
-Qu'est-ce qui a bien pu te mener à penser comme ça ?
Je ne lui réponds pas et je me contente de le regarder simplement. Il se penche sur moi et me fixe intensément, ce qui me mets mal à l'aise.
-Hum... ça expliquerai aussi en partie pourquoi tu as un profil aussi différents de tes confrères. Je me demande à quoi ressemblait ton enfance, Cylia. Ton éducation a dû t'apprendre à te plier aux lois et ton enfance, dans un sens plus général, à être droite, trop droite même. Si tu te vois comme un monstre, c'est que l'on ta vue de cette manière. D'ailleurs... ça me fait penser à se que tu m'avais raconté il y a deux ans à propos de tes parents.
-Eh bien... avant que je quitte définitivement mes parents, ma mère m'a expliqué que je n'aurais jamais du voir le jour. Que j'étais sa plus grande faute... On m'a toujours regardé et traité comme une... chose moins valeureuse qu'un animal. Un monstre en somme, c'est se que j'étais et c'est aussi ce que je suis aujourd'hui encore.
Pendant ma tirade, il s'est replacé à une distance respectable, ayant certainement compris que le sujet abordé était déjà un peu trop difficile pour moi.
-Quelqu'un comme toi a du mal à s'intégrer à la Marine, c'est normal que tu ressentes ça.
Il s'avance de quelque pas, je recule et me retrouve acculée entre lui et le bastingage. Il place ses mains de chaque côté de la rambarde, m'empêchant toute fuite. Il se penche un peu plus sur moi avec un regard pénétrant, le visage trop proche du mien. Je sens même le souffle chaud de sa respiration et son regard perçant est rivé sur mes yeux, m'empêchant de détourner mon regard du sien.
-N'ai-je donc aucune méthode pour te convaincre ou te forcer à nous rejoindre ?
-Marco, je suis un officier et aujourd'hui, je préfère encore mourir que de les trahir.
-Résolu, hein ? Tu finiras par changer d'avis un jour.
-Comment peux-tu en être aussi certain ?
-Tu nous prends pour quoi ? On est des pirates, on finira par obtenir se que l'on veux. Même si dans le cas échéant, c'est un Marine. Ce n'est pas encore le moment, mais comptes sur moi pour garder un œil sur toi. Yoï.
Dois-je le prendre bien ou pas ? Je ne sais pas... mais son regard si sauvage et indomptable est terriblement attirant et hypnotisant. Son attitude laisse transparaître son sérieux tout en ayant l'allure d'un dominant. Il recule son visage du miens mais je reste totalement hypnotisée par lui...
-Je vais te laisser, il va bientôt faire nuit. Si tu veux te laver, profites en avant qu'il ne soit trop tard.
Il s'éloigne, mais avant de partir il se retourne pour me dire une dernière chose.
-N'oublies pas notre petit échange, yoï.
-Aucune chance... Ma... Marco.
Wooow, il m'a trop perturbé... Il s'en va tranquillement, me laissant pantoise. Je vais faire se qu'il m'a dit. Je récupère mes vêtements de rechanges, prend la direction les douches et après dodo. Demain, je me lève tôt pour l'entraînement d'Haris.
Une bonne vingtaine de minutes après, je me retrouve dans mon lit moelleux et frais. Ça m'a fait du bien... Il m'a rassuré, je sais que j'ai peut être finalement un endroit où j'aurais ma place.
Après plusieurs minutes, je finis par m'endormir et mon sommeil lourd est sans rêve pendant un bon moment. Mais lorsqu'ils arrivent, je suis envahi de cauchemars abominables...
Je revois tout les cadavres des pirates que j'ai tué se relever pour m'attirer dans des flammes violettes. Leurs corps qui commencent à se putréfier sont tâchés de leur sang et en m'attrapant, il m'en recouvre. À cause de leur nombre, je ne parviens pas à me défendre... Je ne veux pas... non... NON...
-NOOOOONNN !
Je me réveille en hurlant et m'assoie, la couverture glissant sur la partie basse de mon corps. Je suis couverte de sueur et ma respiration est haletante. Je tremble de partout et mon cœur bat à un rythme effréné. Je sens même l'instinct animal de l'Alicanto remonter en moi... La porte s'ouvre brusquement et j'aperçois l'immense carrure de Vista sur le palier.
-Qu'est-ce qui ne va pas ?!
-Dé... dé... désolé...
Je regarde mes mains, qui n'ont pas la moindre trace de sang. Elles tremblent fortement à cause de la peur qui me saisit encore, juste un rêve... c'était juste un rêve.
-Un mauvais rêve ?
-Ouais...
Pas la peine d'essayer de dormir. M'étant habillée de ma tenue de demain pour dormir, je me lève et récupère mes armes que j'attache toutes les deux à ma taille. Je prends une veste et sors, Vista referme la porte derrière moi.
-Merci. Je t'ai dérangé peut être...
Il me sonde du regard, sans sourire cette fois, tout en lissant sa moustache noire.
-Ne t'en fais pas, je suis de garde cette nuit. Normal que je sois venu en entendant le hurlement que tu as poussé.
-Pardon.
-Tu veux que l'on marche ensemble ?
-Oui.
On reprends le chemin de sa ronde côte à côte, la pleine lune découverte éclaire le navire laissant inutile d'éventuelles lampes.
-Tu fais des cauchemars depuis longtemps ?
-Non, c'est depuis Hand Island. Dernièrement, à chaque fois que je me suis reposée, je n'étais pas en bon état, donc je ne rêvais pas. Mais cette nuit, s'était un sommeil normal, alors ça m'est revenu.
-Hand Island ? Oh... je vois. C'était ta première bataille de ce genre ?
-Oui... Je dois paraître pitoyable. J'en tremble encore...
-Hum... Tu es encore jeune, la première fois n'est pas facile.
-Hum... J'ai besoin de me sortir ça de la tête... Dis ?
-Oui ?
-Ça ne dérange pas si je fais un tour dans les airs ?
-Oh... tu veux utiliser ta forme zoan ? Je t'en prie, vas, au contraire, j'en profiterais pour t'observer. Tu n'as rien à craindre des monstres marins tant que tu ne descends pas trop bas.
-Très bien, merci.
Il a retrouvé son éternel sourire et se lisse la moustache en me regardant me mettre debout sur le bastingage. Je me jette dans le vide et change de forme, laissant le grand oiseau d'or luire sous les reflets argentés de la lune. Je remonte en piquet afin de prendre de l'altitude. Une fois assez haute, je commence à faire plusieurs pirouettes. Ce n'est pas dans mes habitudes de me donner en spectacle, mais j'ai vraiment besoin de me changer les idées. Quoi de mieux que de profiter de la liberté que m'octroie mon fruit ?
À suivre...
Prochain chapitre lémon ! Mais je vous préviens : il n'est pas soft du tout ! Vous êtes prévenu
