Chapitre HS : Extrait du journal de bord d'Akagami-no-Shanks
Lors de notre passage sur Logue Town ou nous buvions à la mémoire du Capitaine Roger, nous avons été perturbé après seulement quelques jours de fête, par la Marine qui était bien trop agitée. Nous avons alors repris la mer. Bien sûr, un navire de guerre nous avait stupidement pris en chasse. Après avoir mis une bonne correction à ces idiots, ils ont pris la fuite, laissant derrière eux un jeune Marine.
La peur se lisait sur ce soldat, toutefois, il n'avait pas cherché à le cacher, au contraire. Quand bien même il portait l'uniforme et qu'il avait de nombreuses possibilités d'actions, il n'avait pas fait preuve d'un excès de fierté, comme le font nombre de ses confrères. Au contraire, il l'avait ravalé entièrement et avait fait se que peu d'hommes sont capable de faire sur ces mers : il avait imploré pour sa vie.
Ce choix lui avait sauvé la vie, s'il avait tenté quoi que ce soit d'autre, il aurait été tué avant d'y parvenir. J'avais donc répondu positivement à sa requête, il avait été conduit dans une cellule où il devait rester jusqu'à se que l'on ait un moment tranquille.
[…] (1)
J'allais proposer de fêter notre retour sur la première partie de Grand Line, lorsque j'avais repensé au jeune Marine.
Je suis alors parti le ramener sur le pont pour en apprendre un peu sur lui, même si je me disais à ce moment là qu'il ne représentait que peu d'intérêt, il était juste un caprice.
Une fois sur le pont, j'avais ordonné qu'il soit jeté par dessus bord pour contrôler qu'il n'était pas un utilisateur de fruit du démon. Il restait un Marine, alors il valait mieux faire preuve d'un minimum de prudence, même si celui-ci semblait inoffensif.
Après l'avoir balancé par-dessus bord, j'eus une première surprise, alors que je constatais que ce n'était pas « un » mais « une » Marine. Ses longs cheveux, d'un roux cuivré, étaient remontés sous sa casquette et même si ses vêtements étaient trempés, elle n'avait que peu de forme et l'uniforme qu'elle portait les cachait. Mais ma surprise ne s'était pas arrêtée juste là, car une colère sourde était clairement visible dans son regard, ça démontrait qu'elle n'était finalement pas si docile que ça.
J'avais alors constaté que notre soldat avait finalement des choses à cacher. Elle avait piqué ma curiosité. Je pris la décision d'en savoir un peu plus à son sujet, je lui avais donc fais comprendre indirectement qu'il valait mieux qu'elle ne songe pas à s'enfuir. N'étant pas stupide, elle avait alors très bien compris sans que je n'ai à lui formuler directement la menace.
Mais ce n'étais pas surprenant, car elle avait eu suffisamment de réflexion pour arriver à rester en vie sur mon navire en étant vêtu de cet uniforme. Et ça, je me devais de le reconnaître, ce n'étais pas une mince affaire.
Pour la faire parler, j'ai décidé de profiter des festivités afin de lui faire boire ce qu'il fallait.
[…]
Une fois sous les effets de la drogue, j'avais commencé mes questions, je ne pensais pas que l'interrogatoire prendrais une tournure aussi intéressante.
[…]
Entendre qu'elle venait d'une terre inconnue entourée d'océan dont les noms ne nous disaient absolument rien m'intriguais. J'ai entendu et vu moult choses lors de ma carrière, alors même si cette histoire commençait à être très intrigante, elle n'en restait certainement pas moins « impossible ». Lorsqu'elle avait finis par s'endormir, j'avais ordonné au Doc qu'il l'examine, mais il n'y avait rien à signaler, pas même un quelconque tatouage. J'avais utilisé le reste de la nuit pour boire et profiter d'un bon moment avec mes nakamas. Puis j'ai rejoint mon lit jusqu'au lendemain matin.
[...]
J'étais en train de poursuivre la rédaction du journal de bord lorsque l'on avait toqué à la porte. J'avais demandé à ne pas être dérangé sauf pour m'amener la demoiselle. Lorsqu'elle s'était assise sur la chaise face à mon bureau, je l'avait sondé, usant des moyens nécessaires pour voir s'il m'était possible d'établir de bons rapports(2) avec elle.
Visiblement, nous étions bien compatible et même beaucoup plus que je ne l'aurais imaginé. Elle n'avait pas résisté la moindre seconde. Même si elle avait su affirmer une force de caractère qui démontrait qu'elle ne se soumettait pas facilement, il y a quelque chose en elle qui avait vibré dès lors que j'avais insufflé un peu de mon haki en elle.
Après, elle avait répondu ouvertement à toutes mes questions. Mais je savais déjà qu'elle le ferait.
[...]
J'avais pu apprendre qu'elle venait, non pas d'un océan ou d'une terre inconnue, mais plus largement d'un univers différent. Elle a expliqué être originaire d'une autre dimension. Mais ce n'est pas ce qui m'a le plus marqué, bien que ce soit la première fois que j'entends parler d'un tel cas, dans le Nouveau-Monde on apprend que « l'impossible n'est rien ».
J'avais songé qu'il était possible qu'elle ait des connaissances que je n'avais pas, mais le problème était que, si elle venait d'une autre dimension, rien ne me disait que sa vérité était la bonne. Je préférais ne pas en savoir plus là-dessus, plutôt que le contraire et courir le risque d'être influencé. Il valait mieux être prudent et avoir confiance en nous, comme on le faisait depuis nos débuts.
Par contre, c'est elle même et son histoire personnelle qui m'avait surpris.
[...]
Elle avait avoué préféré vivre libre, sans attaches, même si pour cela elle devait risquer sa vie.
Elle avait une bonne force de caractère malgré son jeune âge, qui constituait, en l'état actuel une faiblesse. Mais elle était intelligente et débrouillarde, tout mis bout à bout me faisait penser que peut être, elle pourrait avoir un potentiel encore endormis en elle.
Il me fallait donc en savoir plus, ma curiosité étant décuplée après cette entrevue, d'une manière différente que j'avais cru auparavant. Lorsque je lui avais dit qu'elle resterait sur le navire, sa joie était plus que visible et cette réaction m'était plaisante. Peu serait ravis de se retrouver embarqué de force par des pirates qui avaient représenté une menace de mort plus tôt. Une amie, voilà se qu'elle était devenue et s'était suffisant pour la combler.
[…]
Lorsque le soir était enfin arrivé, j'étais parti chercher Cylia afin qu'elle puisse manger avec nous. J'avais pu constater que son comportement avait changé après notre entrevue. Car, malgré qu'elle ait pleinement conscience que je pourrais représenter une menace pour elle plutôt que l'inverse, elle n'hésitait pas à chercher ma proximité pour se rassurer lorsque je l'ai présenté aux autres.
Nous avions profité de la soirée, elle s'était bien détendue et je n'avais plus besoin de m'inquiéter pour elle.
Toute fois, elle reste une femme entourée d'hommes et nous sommes des pirates. Alors j'avais tout de même préféré garder un œil sur elle et bien évidemment, je n'avais pas eu besoin d'en parler à Ben. Il avait tout analysé de lui même. Je pouvais donc boire sans gêne, il serait très bien comprendre et gérer la situation.
Cependant, il l'avait fait d'une manière qui m'était imprévisible, car la demoiselle avait finis dans mon lit. Inutile que je détaille plus ici se que j'avais fais avec elle. Mais même si ça ne m'avait pas plus au réveil, après réflexion, j'avais pu me rendre compte que, d'une certaine manière, c'était sans doute pas plus mal.
Non seulement elle avait été contentée et m'avais expliqué l'avoir fais de manière consentante, mais en plus la jeune femme de seize ans était sujet à un sentiment qui la liera bien plus que je ne l'aurais fais avec le haki des conquérants. Effectivement, Cylia était indéniablement amoureuse. Cette découverte m'avais surpris et positivement. Même un pirate, un empereur, un criminel, une personnalité crainte, redouté et cela à travers toutes les mers, peut être sincèrement aimé par une femme.
Qu'est-ce donc que ce sentiment ? Je pense qu'il est plus qualifiable de folie. Comment une jeune femme de seulement seize ans avait-elle pu tomber amoureuse de moi qui en ais trente-et-un ?
Après cet épisode, j'avais eu envie de la mettre sous ma protection. Mais cette idée était restée juste dans le champ des possibles, car il me fallait en connaître plus sur elle, sa personnalité, son potentiel et tout ce qui me permettrait de savoir se que l'avenir pouvait lui réserver. Seulement là, je pourrais agir de la meilleure manière possible.
Autant dire qu'il était hors de question que je la garde sur mon navire trop longtemps, sinon elle finirait par courir des risques pour sa vie. Je n'avais donc que peu de temps pour la décoder, assister bien évidemment par Ben qui, je dois le reconnaître, m'avait fortement aidé une nouvelle fois.
Après réflexion, nous avions déjà programmé se que nous allions faire. J'avais donc profité que nous mettions pieds à terre pour passer un moment en sa compagnie. Lorsque je l'ai amené à la forge de Torn, je pu constater encore une fois qu'elle avait effectivement du caractère et qu'elle n'était pas le genre de personne que l'on soumet facilement. Elle n'avait pas hésité à tenir tête à Torn, même s'il était bien plus fort, afin de défendre ce qui lui tient à cœur.
Dans le cas échéant, il s'agissait de moi. Bien sûr, ça m'avait fais plaisir, d'autant plus que ce n'était pas comme si j'avais eu besoin de faire quoi que ce soit pour l'influencer à agir ainsi. J'avais alors eu l'occasion de confirmer un peu plus les dires de Ben.
Lorsque nous étions partis sur le chemin du retour, je lui avais formulé directement l'offre de passer sous ma protection. Contre toutes mes attentes, elle avait accepté sans hésiter une seule seconde.
Dans ses paroles, j'avais pu me rendre compte à quelle point elle était une femme avec une importante droiture, tout comme Ben le pensait, encore une fois. Le Wakizashi qu'elle avait reçu lui permettait alors de pouvoir bénéficier d'une relation privilégié avec moi, en tant qu'Empereur.
Il était clair qu'elle était le genre de personne assez stupide pour ne pas hésiter à mettre sa vie en jeu, quand bien même elle m'avait démontré qu'elle était une personne réfléchi qui n'hésitait pas à faire le nécessaire pour rester en vie.
[…]
Il fallait faire couler l'alcool à flot pour fêter ça ! Alors, dès que nous avions atteint le navire, nous en avions profité pour festoyer toute la soirée. Pendant que les gars lui apprenaient des chants paillards, j'avais fais le point avec Ben.
Il nous fallait mettre au point un plan afin d'aider notre jeune protégée, mais aussi pour nous même. Maintenant que nous avions connaissance du genre de personne qu'elle était, nous pouvions agir sans faire de faux pas.
Nous savions qu'il ne nous était pas possible de la garder à bord, elle était faible et ça aurait pu créer trop de problèmes. Elle n'était qu'une civile et après des recherches, nous n'avions absolument rien trouvé à son propos, ce qui confirmait son histoire.
Nous avions conclu, après analyse de son profile, qu'elle avait ce qu'il fallait pour rentrer dans la Marine. De cette manière, elle serait protégée et entraînée par eux. Malgré ses rapports avec nous, elle a tellement de droiture qu'il ne faisait aucun doute qu'elle y serait intégrée.
Et même si ça jouerait en leur faveur, la réciproque(3) fonctionnait aussi. Déjà, car elle serait la seule Marine bénéficiant d'un rapport avantageux avec nous, mais en prenant en compte les sentiments qu'elle avait à mon égard, il était clair qu'elle serait le genre de personne à choisir la mort plutôt que de tenter quelque chose contre moi.
Bien sûr, je ne la laisserais pas mourir, mais elle nous permettrait de récolter certains avantages selon la manière dont elle progressera. Ça, seul l'avenir nous le dira. Mais je pense qu'elle pourrait bien être capable de me surprendre.
[...]
Nous avions pu mettre un plan au point durant la soirée, il fallait bien profiter de la fête avec elle, car ce serait la dernière. Dès demain, nous allions faire comme prévu et nous ne la reverrons pas avant quelques années, normalement…
Le lendemain, alors que j'étais occupé, Ben s'était chargé un peu d'elle et lui avait confier des consignes à cause de l'attaque de Garp qui allait nous tomber dessus quelques heures plus-tard. Je connaissais Garp depuis bien longtemps maintenant, je savais qu'il s'occuperait d'elle comme il faut. Nous ne doutions pas de la tournure des choses.
[...]
Lorsque nous en savions encore trop peu sur elle, le docteur qui l'avait ausculté avait fait une Vivre Card.
Si jamais les choses tournaient mal, nous aurions agis très rapidement. Mais il n'y eu pas de problème, car dès l'attaque, même si nous gardions un œil sur elle, nous avions vu que tout se passait bien.
Il n'y avait pas eu de problème, elle avait embarqué sur le navire de Garp lors de leur retraite et sa Vivre Card n'avait pas sourcillé. Même plus tard, elle n'avait pas commencé à brûler, nous la surveillions mais ça nous prouvait que tout ce passait comme prévu. Si elle n'avait pas été prise dans la Marine, ils auraient essayé de l'utiliser contre nous et elle aurait été en danger. Auquel cas, la Vivre Card aurait réagit, mais ça n'avait pas été le cas.
Je me demande bien aujourd'hui quant est-ce que nous nous reverrons. Et quels serons les circonstances. Et puis, même si elle aura progressé d'ici là, jusqu'à quel point aura-t-elle évolué ? Même ses sentiments, seront-ils toujours les mêmes ? La connaissant, je pense que ça sera toujours le cas, ils s'imposeront à elle. Et je n'aurais absolument rien à y refaire, à moins qu'elle trouve plus qu'une fonction au sein de la Marine.
Seul l'avenir répondra à mes questions, mais si elle évolue comme je le pense, alors il se pourrait bien que Ben ait raison et que notre amitié soit profitable, non seulement à elle, mais à nous aussi. Et Sengoku n'en sera pas perdant non plus. Il n'est pas du genre à prendre des risques pour la Marine.
Cylia en officier, je me demande bien se que ça donnera. Elle avait ce qu'il fallait pour être une bonne pirate, dommage que nous ne l'aillons pas rencontré quelques années plus tôt.
Qui sait se qui se serait passé alors... ?
(1) […] : Ceci se trouve lorsque l'on lit l'extrait d'un livre ou d'un texte. Il montre qu'il y a ici un passage qui a été retiré.
(2) rapports : Une note pour les plus pervers, je ne parle pas de « x ».
(3) réciproque : pareille, explication tiré d'un dictionnaire : Qui concerne deux personnes ou deux choses qui exercent l'une sur l'autre une action équivalente.
