Précédemment...
Cylia entame un combat cruel contre Marco, ce dernier ne la ménage pas et elle se prend une véritable raclée. Ceci devait lui permettre de garder conscience en cas d'exposition au haki des rois.
Avant qu'elle ne perde conscience, le Phoenix lui dit qu'elle a réussi et qu'il s'occupe de la ramener au Moby Dick.
Chapitre 52 : Nuisance
Je me réveille lentement. Je suis confortablement installée dans un lit simple. Je sens de faibles remous me laissant songer que je dois être sur un bateau. De plus, vu l'odeur de désinfectant flottant dans l'air, je pense être dans une infirmerie. Lorsque j'ouvre les yeux, je me rends compte que de grands rideaux blancs sont dressés sur de larges tringles de métal autour de moi, m'isolant du reste de la pièce. Je repousse la fine couverture et sursaute en apercevant plusieurs bandages blancs recouvrant tout le haut de mon corps.
Comme je l'ai appris lors de mes classes au sein de la Marine, tant que l'on n'est pas sûr du lieu où l'on se trouve après une perte de conscience, il vaut mieux faire preuve de prudence. Derrière les rideaux, j'entends des femmes discutées entre elles. Lorsqu'elles marchent, le bruit de leurs talons qui claquent sur le parquet de bois résonne.
Bon, je pense être suffisamment éveillée pour pouvoir sonder les lieux avec le haki. Je serais ainsi très vite fixée et pourrais confirmer mes soupçons. Je ferme les yeux et m'exécute. Rapidement, je confirme ce que je pensais.
Il y a six femmes dans cette grande pièce. En dehors d'ici, je sens une quantité faramineuse d'homme, à tel point que je suis incapable de dire combien ils sont ! Et surtout, je reconnais quelques auras qui se distinguent trop parmi les autres. Par contre, certain masquent leur présence à mon haki car je n'arrive pas à les retrouver.
D'ailleurs, je crois bien m'être grillée car certain ont ressenti ma manœuvre. Pourtant, il faut avoir un niveau hors pair pour détecter l'utilisation de cette forme-ci du haki de l'observation. Je l'ai aussitôt arrêté mais-
-Clac
La porte de l'infirmerie vient d'être ouverte, les pas lourds et brutes m'indiquent qu'il ne s'agit pas d'une femme.
-Je viens voir notre invitée !
-Ah ! Commandant dehors, nous vous avions dit que nous n'accepterions aucune visite tant qu'elle ne se sera pas réveillée d'elle-même.
-Oui, je sais ! Mais je vous assure qu'elle est parfaitement réveillée.
-Mais... comment pourriez-vous le savoir ? Et elle n'a pas-
-Ne vous en faites pas ! Vous allez très bien le voir par vous-même.
Le bruit de pas se rapproche, je ne bouge pas et une main attrape le rideau blanc.
-Commandant ! Cris l'une des infirmières.
Mais l'homme ne s'arrête pas et tire sur le tissu. Je reste sans bouger, assise sur le lit, le drap au niveau des hanches. Heureusement que j'ai tous ses bandages car je ne porte rien d'autre sur moi à par un sous-vêtement en bas.
La personne se tenant debout devant moi n'est autre que Thatch, Commandant de la Quatrième Division. Son éternel coiffure à la Elwis(1) sur la tête et un sourire bon vivant aux lèvres.
-Alors, vous voyez ?
Il s'adresse à une jolie infirmière en tenue rose, une peau blanche parfaite e et une chevelure blonde qui rappelle même les rayons du soleil de midi. On dirait une poupée de porcelaine. Sa beauté est à couper le souffle. Aaaaah... je fais bien pâle figure à côté de ça... snif.
-Oh... vous aviez raison... ça fait longtemps que vous êtes réveillée Mademoiselle ?
-Non mais ne vous en faites pas, merci d'avoir pris soin de moi.
-Nous n'avons fait que notre travail. Mais vous devez rester ici pour vous reposer, pas question de vous laisser sortir d'ici.
-Mais je-
-Pas de « mais » qui tiennent ! VOUS RESTEZ ICI, POINT.
Woooow... une aussi belle femme en colère est effrayant. Si son regard pouvait tuer, je serais déjà dans l'au-delà.
-Me suis-je bien fais comprendre... ?
Flippante, mais terriblement sexy à la fois !
-Oui Madame...
-Très bien, je vous laisse dans ce cas.
Elle fait demi-tour et s'en va hors de mon champ de vision.
-Hypnotisante, hein ?
Thatch s'est rapproché et s'est adossé au mur contre lequel se trouve ma tête de lit. Les bras croisés et le regard rieur.
-Ah ! Euh... hum.
-Ah ah ah ! Marco avait raison, tu dois avoir autant d'hormones qu'un homme !
-Non mais d'où tu te permets de dire de tels choses ! Tu es aussi vulgaire qu'un pirate !
-Mais je suis un pirate, très chère !
-Grrrrmmnn.
Il éclate de rire. C'est une habitude de la Marine de parler ainsi.
-Bref, je suis content de te voir en forme. Tu n'étais pas en très bon état en arrivant... Tu as dormi un moment.
-Ah ?
-Les infirmières ont forcé ton sommeil plus longtemps pour pouvoir te soigner. Avec ta phobie des aiguilles...
-Je vois. M'enfin, j'espères ne pas avoir trop à attendre ici. Je suis de nature hyperactive...
-Bah ! Après la rouste que tu t'es prise, ça ne te fera pas de mal de-
-ALERTE ! LA MARINE !
-Oh... Je vais devoir te laisser Miss. Au plaisir !
Juste avant de partir, il se retourne une dernière fois vers moi avec un sourire malicieux aux lèvres.
-Et tu aimes la lingerie à ce que j'ai vu... Rouge à dentelle noir... Hummm...
-Qu-
-Bye !
Il me fait un signe de main et s'en va avant que je n'ai pu lui dire quoi que ce soit. Comment se fait-il qu'il ait vu ma culotte ?! Je baisse les yeux et sens mes joues chauffer lorsque je m'aperçois que le drap à légèrement glisser de mes hanches. Et cette saleté s'est placé contre le mur exprès pour se rincer l'œil !
Je n'oublie pas un truc, là ? Euh...
BOOOUUUUM !
-Kyyaaa !
Oh, oui c'est vrai... Ils sont attaqués par la Marine.
Attends... la Marine...
Mais je fais partie de la Marine ! MERDE ! QU'EST-CE QUE JE FAIS S'ILS ME DÉCOUVRENT À BORD ?! Naaaannnnn ! Ça ne doit surtout pas arriver !
Je tente doucement de me lever. J'avais commencé plutôt à bouger et mes muscles sont déjà moins ankylosés qu'à mon réveil. Une fois assurée que mes jambes me soutiennent comme il faut, je me dirige en dehors du petit confinement créé par les rideaux. Alors que j'allais ouvrir la bouche, la porte s'ouvre sur un homme grand que je reconnais à son habit ressemblant un peu à une aube blanche de prêtre avec des traits caractéristiques d'un uniforme militaire. Ses cheveux court brun sont coiffés vers l'arrière et une cigarette trône entre ses lèvres qui s'étirent en un sourire.
-Tu as l'ordre de rester ici, Cylia.
-Ordre... ? Depuis quand des pirates me donnent des ordres ?!
-Oh et... très charmante culotte.
Je ne remarque que maintenant les regards gênés des infirmières et la raison est simple : je suis en petite culotte ! Encore heureux que j'ai mon bandage qui couvre ma poitrine ! J'attrape l'extrémité du rideau blanc derrière moi et m'enroule dedans.
-OUST !
-Dommage qu'il y ait du monde et que l'on soit attaqué. Je t'aurais sauté-
Il ne finit pas sa phrase et un long filet de sang se mets à s'écouler en continu de son nez. Rapidement, il y a une grande flaque sur le parquet en bois. Il se retourne comme s'il avait fini et l'air de rien, il s'en va en refermant la porte derrière lui.
-Des vêtements... s'il vous plait.
-Oh, ou... oui Mademoiselle ! Tenez prenez ça.
On me donne un sac en carton dans lequel se trouve une tenue qui m'a l'air anormal au premier coup d'œil. Je dépose le sac sur le lit et regarde à l'intérieur.
Un pantalon de tailleur noir, une chemise à manche longue blanche ainsi qu'une veste de tailleur blanche également, accompagné d'une paire de chaussure de ville en cuir noire et d'un nœud de même couleur.
-Non mais ils se foutent de moi en plus ?!
Curieuse, l'une des infirmières arrive et regarde la tenue. Certaines posent leurs mains sur leur bouche pour tenter d'étouffer leurs rires et quelques gloussements se font entendre.
-Oh... Nous n'étions pas au courant qu'il y avait une telle tenue dedans...
-Vous n'avez pas quelque chose d'autre par hasard ?
-Eh bien... Ici nous n'avons que nos tenues de travail...
Leur tenue de travail ? Elles parlent de cette courte blouse rose pâle accompagnée de leurs bottes à talon aux motifs léopard qui remonte à hauteur de cuisse ?! Pas moyen que je porte ça !
-Euh... ceci fera très bien l'affaire en fait.
-Bon très bien, nous vous laissons vous changer. Allez les filles, on retourne au travail.
Elles s'en vont et je soupire. Ne sont-elles pas gênées par une telle tenue... ? Mais il faut avouer qu'elles sont tellement belles que ça leur va comme un gant. Bon, je ferais mieux de m'habiller, même si je n'ai pas envie de porter ça, je vais quand même le faire. Si jamais il y a quelqu'un qui rentre de nouveau, je préfère encore me ridiculiser en portant ce « truc » plutôt que l'on me voit en petite culotte ! Raaah, rien que d'y repenser, je sens la honte monter en flèche.
Sans perdre plus de temps, j'enfile la tenue entièrement, jusqu'au nœud papillon noir qui évite que la chemise s'ouvre jusqu'à hauteur de la poitrine. Ses sales pirates avaient déjà pensé à ce détail là... Un vrai plan machiavélique. Pfff... je suis ridicule là-dedans.
Enfin bon, il y a de l'action dehors en tout cas, je ferais bien de faire quelques étirements au cas où.
Le temps passe et après une vingtaine de minute, la porte est enfoncée. Les infirmières hurlent de peurs et de surprises. Cylia est heureusement cachée par le rideau blanc. Elle suit l'avancement des actions de ses « collègues », lorsque l'un d'eux commence à être brutal et limite violent avec plusieurs d'entre elles. Cylia perd tout de suite son sang-froid.
Hey hey hey ! Ce sont des civiles ses femmes, elles ne font pas parti de l'équipage ! Ça n'a rien de légal et ceux qui accompagnent ce type ne font rien pour l'arrêter. Au contraire, ils rient !
-Arrêtez ! Pitié !
-Ooooh, vous n'êtes que des putins pour Shirohige ! Suivez-nous sans faire d'histoire et on passera peut-être l'éponge là-dessus.
-NON !
Cette fois, s'en est trop ! J'attrape le sac en carton et le place sur ma tête. Je sors de ma cachette et les soldats se mettent tout de suite sur leurs gardes. Je ne sais pas s'il y a un gradé, ils sont une dizaine. Ils sortent leurs armes, mais étant déjà proche, j'ai l'avantage.
-PAF !
-PAF ! BAM !
-PAF !
Après s'être fait tabassés, ils s'en vont avec des hématomes et des boursouflures. Ils étaient faibles mais j'espère tout de même qu'il n'y avait personne de gradé avec eux. Bon sang, faites que je ne m'attire pas de problème ! En même temps, j'avais un sac en carton sur la tête, alors ils ne peuvent pas m'avoir reconnu et avec cette tenue en plus…
Je me retourne vers les filles, gardant toujours le sac sur la tête et m'orientant grâce au haki de l'observation.
-Vous allez bien ?
-Ou... oui merci...
Des pas d'hommes précipités se font entendre dans mon dos et peu de temps après, quelques matelots arrivent dans la pièce.
-Oï les infirmières ! Vous allez bien ?!
-Oui... tout va bien. Est-ce que s'est terminé ?
-Ouais, les navires restant se retirent. Ils partent encore une fois la queue entre les jambes ses sale chiens du Gouvernement ! Tiens... t'es qui toi ?!
Il s'adresse visiblement à moi. La politesse, apparemment, ça serait trop demandé. Je retire le sac de ma tête et d'abord sur leurs gardes, ils se détendent en me reconnaissant.
-Oh, c'est vous.
Un premier murmure à voix basse dans l'oreille de son frère. L'air se charge progressivement d'une tension palpable qui m'est fortement désagréable.
-Hey, ça ne serait pas de ta faute si elles ont été attaquées, hein... l'officier ?
-Pff... c'est vrai, ils sont tous pourri jusqu'à la moelle. Ça ne peut pas être une exception.
-Tu n'aurais pas donné notre position ?
-OUAIS, c'est de ta faute si on vient d'être attaqués ! Et normalement, ils ne s'en prennent jamais aux infirmières. Ça s'était particulièrement inhabituel !
Ils sortent leurs armes et avancent doucement avec un air particulièrement mauvais, ce n'est pas bon... pas bon du tout même.
-On va te-
-Vous allez quoi, les gars ?!
Tout le monde regarde la personne qui vient d'arriver sur le palier de la porte. Les bras croisés, le visage grave, l'homme vêtu d'un kimono rose pâle et mauve fixe ses frères intensément. Ses deux pistolets sont glissés dans la ceinture de tissus rouge autour de sa taille et ses cheveux noirs de jais attachés laissent une mèche rebelle se poser devant son visage.
-I... Izou-taïcho !
-J'attends une réponse. Vous alliez lui faire quoi ?
-Ce que...
-Elle nous as vendu et par sa faute les infirmières de Père auraient pu être-
-C'est une officier de la Marine, elle ne doit pas rester en vie !
-Ouais Commandant, elle doit payer de sa vie ce qu'il vient de se passer !
-Avez-vous la moindre preuve de ce que vous avancez ?
-C'est que...
-Euh... l'une des infirmières en question s'avance timidement.
-Qu'est-ce qu'il y a, Mademoiselle ?
-Hum...
-Ne vous en faites pas, la rassure Izou, détendez-vous. On vous écoute si vous souhaitez nous faire part de quelque chose.
-Oui, elle... elle nous a protégé... Non, plus que ça, elle nous a sauvé.
-Qui ça « elle » ? Intervient l'un des pirates courroucés, vous ne parlez tout de même pas de-
-Si ! Euh... Cette jeune officier... Elle avait un sac en carton sur la tête, peut-être pour ne pas être reconnue. Elle a passé à tabac les Marines et l'officier qui allaient- elle s'interrompt sans finir sa phrase.
-Hum... Je vois, je pense comprendre mieux la situation, reprend le Commandant. Merci de ton intervention Cylia.
Il se courbe légèrement en signe de politesse et gênée par ça, j'enchaîne aussitôt.
-Non non, ce n'est rien ! C'était normal, n'importe qui en aurait fait autant. Peu importe qu'ils soient de la Marine ou non.
Je me retourne vers les infirmières et je me penche solennellement en avant afin de présenter mes excuses le plus formellement possible.
-En tant qu'officier de la Marine, je vous présente mes plus plates excuses pour le comportement absolument inadmissible de mes collègues.
-Oh ! Redressez-vous, ne vous en faites pas, tout va bien maintenant, c'est fini.
Je me redresse et les regarde dans les yeux, toujours gênée par ce qu'elles viennent de vivre. Même si je suis intervenue à temps, ça reste impardonnable pour des défenseurs de la Justice.
-Bon, maintenant que ceci est réglé, j'espère qu'il n'y aura pas d'autres problèmes. Veillez à ne pas oublier les ordres de Père. La prochaine fois, votre faute ne sera pas excusée aussi facilement.
Les ordres de Barbe Blanche ? Parle-t-il de la première fois où je l'ai rencontré ? Il avait dit à ses fils de me traiter comme une invitée et de prendre soin de « leur futur recrue ».
Les hommes pris en faute par l'un des Commandants baissent les yeux, mais l'un d'entre eux me jette un regard du coin des yeux particulièrement noir. Il me fait même frissonner. Il me hait profondément et il me le fait savoir. Normal que sur un navire pirate j'ai affaire à ce genre de personne, j'avais bien ressenti et vu ce type de regard depuis que je suis ici mais j'avoue ne pas arriver à m'y faire.
Quelle personne saine d'esprit serait stoïque en étant la cible de tant de haine ?
-Me suis-je bien fais comprendre... ?
Le ton du Commandant est glacial, je dirais même menaçant. Les matelots à côté frissonnent, ils s'excusent tout en affirmant qu'ils ont retenu l'ordre avant de partir en quatrième vitesse.
-Je suis désolé de leur comportement... Tu vas bien ?
-Ah, oui. Merci. Non, pas de problème, c'est normal... Je les comprends.
-Peut-être un peu mais ça n'excuse pas tout, ne t'en fais pas, on garde un œil sur eux.
-Et je sais très bien me défendre, je ne compte pas me laisser mourir. Ne t'en fais pas pour ça !
-Voilà qui est rassurant alors ! Bon, on vous laisse travailler Mesdemoiselles. Il n'y a eu que peu de blessé et rien de grave.
-Très bien, merci !
-Allez, tu viens boire un coup avec nous Cylia ?
-Euh... C'est que... je ne veux pas déranger...
Il me regarde un peu surpris et me fais un gentil sourire. Il passe sa main dans mon dos et me pousse en avant pour m'encourager.
-Mais tu ne gênes pas, Miss ! Et puis, je ne te laisse pas le choix !
-Hum... Laisses moi juste me changer avant... je n'aime pas cette tenue, du tout !
-Ah ah ah ! Ok ok, pas de problème.
Cylia, après s'être changée, passe le reste de la journée en bonne compagnie. Lorsque le soir survient, elle boit un peu avant de finalement rejoindre sa petite cabine d'emprunt pour dormir. Maintenant que les liens ont été tissés, elle n'est plus autant pistée qu'avant. Malgré qu'ils aient été attaqués par une petite flotte de la Marine, ils savaient qu'elle n'y était pour rien. De même pour l'incident avec les infirmières. Mais l'avis n'est pas unanime, même si les Commandants présents sur le navire et Barbe Blanche savaient qu'elles n'avaient pas « cafté » une quelconque information à la Marine. De toute manière, ils avaient été plus que prudent avec elle et ils l'auraient su si elle l'avait fait. La dernière attaque de la Marine n'avait rien d'inhabituelle dans leur quotidien de pirate ! Mais... ce n'était pas l'avis de tous sur le Moby Dick.
À suivre...
(1) La coiffure de Thatch : Moi j'aime bien ! J'ai même fais un personnage sur un jeu vidéo avec la même coupe de cheveux.
