Précédemment...
Cylia se réveille dans l'infirmerie du Moby Dick. Ce dernier subit une attaque de la Marine et l'une des unités s'en prend aux infirmières. Cylia se décide à cacher son visage sous un sac en carton et défend les jeunes femmes. Après ça, un groupe de pirate se précipite, interpellé par le bruit. Lorsqu'ils arrivent, c'est déjà terminé et la Marine se retire. Par contre, les pirates commencent à devenir menaçant envers Cylia qu'ils reconnaissent comme faisant partie des « chiens du gouvernement ». Heureusement, Izou arrive avant que les choses tournent mal.
Le travesti lui propose de venir avec tout le monde boire un coup et devant sa gêne plus que visible, lui force un peu la main. La soirée se passe sans encombre et lorsque la fatigue se fait sentir, elle se met au lit dans sa petite cabine.
Chapitre 53 : Rejet x Intégration
Étrangement, cette nuit-là je n'arrive pas à trouver le sommeil. Je pense beaucoup trop. J'apprécie énormément l'équipage sur ce navire et c'est peu dire. Mais peu importe combien ils peuvent être sympathiques, nous sommes de camps adverses.
Il y en a donc sur ce navire qui me détestent au plus haut point. La seule raison pour laquelle ils supportent ma présence, c'est parce que leur « Père » en a donné l'ordre. Je veux vraiment rester au service de la justice, je souhaite également aidé les hommes qui vont bientôt être sous mes ordres et attendent avec impatience de pouvoir sortir de « l'Enfer Pourpre(1) ».
Mais au fond, j'aimerais rester ici et j'ai beau retourner la chose de mille façons, il m'est impossible de trouver une solution. En plus, même si je quittais la Marine, je resterais aux yeux d'une grande majorité que « l'officier », celle qui les trahira eux, ainsi que les Commandants et le Capitaine.
J'en ai envie... Je désire vraiment la liberté.
Mais je ne peux pas, mon devoir m'en empêche et ma raison aussi au final...
Les heures passent, je finis par me retrouver dans un état étrange entre l'éveil et le rêve. Mon corps et ma conscience ne me répondent pratiquement pas. Par contre, j'entends les bruits environnant.
La porte de ma cabine s'ouvre dans un léger grincement, un rayon lumineux provenant de la lune passe par l'entrebâillement, arrivant pile sur mon visage, me faisant reprendre d'avantage conscience. Toutefois, étant trop épuisée et ne comprenant rien à ce qu'il se passe, je ne bouge absolument pas.
Le parquet de la pièce craque à plusieurs reprises. Je pousse un léger gémissement plaintif et le bruit se stop tout de suite à mon grand soulagement, me permettant de laisser le sommeil regagner mon corps.
Toutefois, quelque chose au fond de moi n'apprécie pas ce qui se passe actuellement. L'animal qui est en moi s'agite de plus en plus, jusqu'à finalement obtenir gain de cause et me fasse ouvrir les yeux en sursaut.
Mon cœur rate un battement lorsque j'aperçois un couteau juste au-dessus de mon organe vital. D'un geste aussi vif que mon agresseur, je me redresse et évite un coup mortel.
La force de mon adversaire étant bien trop supérieur à la mienne, je n'arrive pas à prendre le dessus dans notre lutte et à le neutraliser. Il en profite pour se poser au-dessus de moi, me surplombant de sa grande carrure tandis que je suis assise au bord du lit, dos au mur.
Le seul rayon du clair de lune traversant la pièce sombre ne me permet pas de voir le visage de mon agresseur. Il m'immobilise le haut du corps avec son bras libre, et recommence à viser mon organe vital avec son couteau. Mais j'attrape son poignet à deux mains pour lui opposer le plus de résistance possible.
Toutefois, il a bien plus de force et la lame se rapproche progressivement et dangereusement de moi.
Centimètre par centimètre, inéluctablement, je vois de face le danger de mort grandir.
J'allais user de mon fruit afin de me sortir de ce très mauvais pas, mais mon adversaire oppose subitement bien plus de force. Mes articulations allaient toutes les deux se briser, la douleur me fais relâcher prise sur son poignet mais je me ressaisie et lui attrape le bras à la place.
Par contre j'ai aussi dû saisir son arme blanche par la lame, qui me lacère violement à présent la paume de la main. Cette tentative de meurtre était la dernière de mon adversaire car je laisse le sang de l'Alicanto couler dans mes veines, me permettant de renverser la situation.
BOUM !
Après avoir mis toute ma force dans une contre-attaque désespérée, l'homme a été projeté et a détruit la porte. Puis, il est passé par-dessus la rambarde de bois entourant le navire situé à deux trois mètres plus loin, finissant sa chute dans l'eau.
PLOUF !
Je tremble encore sous le choc, le sang chaud qui s'écoule en continue de ma main tache le drap blanc du lit et ma respiration est saccadée. J'ai eu tellement peur que j'ai bien faillit l'espace d'une seconde perdre mon contrôle sur l'animal qui est en moi. Je sens d'ailleurs qu'il n'en faudrait que très peu actuellement pour que je pète les plombs.
-QU'EST-CE QUI SE PASSE ?!
Des bruits de pas précipités me laissent me rendre compte que des hommes arrivent. Je tente de me relever du lit en m'appuyant sur mon bras, mais à peine l'ai-je quitté qu'une violente douleur me fait déposer mon genou à terre.
-Aïe !
Je pose ma main valide sur mon épaule douloureuse puis la mets devant mes yeux pour la retrouver recouverte de sang. Quand est-ce que c'est arrivé ?! Je n'ai même pas senti le coup ! Peut-être que lorsque j'ai cru esquiver la lame qui allait atteindre mon cœur, il l'aurait enfoncé à ce moment-là ?
Peu importe, mais l'adrénaline a diminué et la douleur me fait l'effet d'une décharge électrique dans le corps. Je me sens perdre pieds et ce n'est pas bon du tout, car étant toujours dans un état de choc important, l'Alicanto risque de prendre le dessus sur ma propre volonté. Mes instincts risquent de guider ma conduite qui pourrait être dangereuse si l'un des hommes fraîchement arrivé adopte de l'agressivité à mon égard...
Après cet événement malheureux, les Commandants présents sur le Moby Dick arrivent et prennent rapidement les choses en main. L'homme à la mer est remonté et avant même que les deux protagonistes soient soignés, ils sont entendus et la tentative de meurtre est très vite découverte.
Le pirate ne pouvait plus supporter d'avantage la présence d'une taupe à bord, comme bon nombre de ses frères, selon ses propres dires. La nuit étant déjà bien avancée, l'affaire est reportée au lendemain. Elle sera alors présentée à leur « Père ».
Lorsque le pirate ayant tenté de tuer Cylia l'entend, il déglutit et son visage pâli gravement. La jeune femme est tout d'abord accompagnée à l'infirmerie pour y être soignée avant d'être conduite dans la cabine de Marco, où elle passera le reste de la nuit afin d'éviter qu'un autre problème de ce type ne se reproduise.
Le lendemain matin, l'affaire est présentée devant le Capitaine du navire. Cylia, ainsi que l'homme ayant essayé d'attenter à sa vie, sont tout deux sur le pont principal du navire face au siège où trône l'Empereur, un air grave sur le visage.
Naturellement, l'incident a fait le tour du navire et malgré qu'il soit encore tôt dans la matinée, il y a un grand nombre de pirate qui entoure les protagonistes au centre de l'affaire. Malgré qu'ils soient nombreux, pas un seul d'entre eux ne prononce le moindre mot ou n'émet le moindre bruit, comme s'ils étaient des statuts de marbre. Même les Commandants restent légèrement en retraits, chose plutôt rare qui révèle le sérieux avec lequel Barbe Blanche compte traiter ça.
Il y a le Commandant de la Première Division, Marco le Phœnix, debout et affichant une expression parfaitement calme malgré la situation. À côté de lui, il y a Thatch l'épéiste aux deux lames(2), Commandant de la Quatrième Division, sa tenue révélant sa place de chef cuistot' au sein du Moby Dick. Derrière lui, Joz, le Commandant de la Troisième Division dépasse largement ses deux « frères ». L'homme diamant à une carrure de dur à cuir, même en se tenant simplement debout les bras croisés, cette pose pourtant si simple accentue l'impression de dureté qu'il dégage naturellement. À côté, le Commandant de la Cinquième Division, Vista aux lames fleuries, ferait presque croire qu'il est lui-même petit, faisant quelques têtes de moins que Joz. Pourtant, une large différence est très visible en comparaison d'Izou, l'homme travesti au charme redoutable, Commandant de la Seizième Division, qui est de taille humaine.
Cylia est quant à elle bien plus petite que tout les pirates qui l'entourent, pourtant la Demoiselle a une morphologie qui n'a rien d'anormale. Mais ainsi entourée, elle donnerait presque l'impression d'être un agneau perdu au milieu d'une tanière de loup. Est-ce qu'elle va se faire dévorer par ses derniers... ?
-Alors Sirus, appelle gravement Barbe Blanche, te rends-tu compte que tu m'as non seulement désobéi, mais que tu t'en aies aussi pris à notre invitée ? Que tu as tenté de tuer une personne définit comme une « futur recrue » ?
L'homme à côté de moi me dépasse d'un bon mètre et a une bonne musculature, ainsi qu'une peau très mate sans doute à cause du travail effectué sous les rayons agressifs du soleil. Il porte un pantacourt en toile brune usé par les années et une chemise d'un noir délavé dont les manches ont été grossièrement retirées. Ses cheveux corbeaux sont attachés en une très courte queue de cheval et il a un bouc châtain clair qui prends place d'au-dessus de sa lèvre supérieur jusqu'en bas du menton. De grosses cicatrises lui barrent les bras, révélateur de nombreuses batailles vécues. Je peux voir le Joly Roger de son équipage sur la droite de sa gorge et une lame dans son étui attachée à sa taille.
Donc, Sirus est le nom de l'homme qui a bien failli me tuer ? Je ne le savais même pas. Il baisse la tête sous le regard accusateur de Barbe Blanche. Je le vois serrer les poings et un silence très lourd s'installe pendant que tout le monde attend qu'il prenne la parole.
Il finit par relever la tête, non sans s'être décrisper et il le regarde dans les yeux avant de lui répondre respectueusement.
-Oui, Père dit-il d'une voix grave.
Un court moment de silence pesant reprend place sur le pont. Le regard du Capitaine est perçant et l'atmosphère me semble s'être fortement alourdit.
-Tu te rends compte de ta faute ?!
La voix de l'homme le plus fort du monde s'élève fort, écrasant de sévérité son fils qui lui fait courageusement face. Il ne baisse pas la tête et ne bouge pas d'un iota, alors que je ne peux empêcher un sentiment de s'instaurer au fond de mon être... est-ce de la crainte ?
-Oui, je reconnais ma faute. Toutefois Père...
Le regard brillant de Barbe Blanche reste scotché sur l'individu à quelques mètres de moi.
-Sachez que vous désobéir sonnera toujours comme un péché au plus profond de moi... Mais, je ne considère pas mon acte comme une faute.
-Expliques toi, fils.
Je remarque que les yeux de Sirus se sont dilatés. Il retient ses larmes. L'affection et le respect qu'il porte à son Capitaine, enfin… à son Père, est tel que se retrouver dans cette situation le touche au plus haut point. Pourtant, cet homme pourrait représenter la "vraie" virilité. Entre sa peau basanée, sa chemise usée entrouverte sur son torse, ses bras musclés et ses cicatrises. En plus, il a des cheveux mi-longs légèrement frisés, il n'a pas dû les couper depuis un petit moment, j'adore ! Enfin peu importe, je vais arrêter de fixer ainsi celui qui a bien failli me tuer. Je dois être masochiste pour le scruter comme ça !
Toujours est-il qu'il est plus que flagrant de voir à quel point sa loyauté envers son Père est importante. Serait-il capable de se faire hara kiri si l'ordre lui était donné ? Je sais bien que Barbe Blanche n'est pas comme ça, mais je crois bien que pour son fils, il est encore bien plus dur d'avoir à subir le déshonneur qu'il s'est infligé lorsqu'il a pris la décision de m'assassiner et donc de désobéir à un ordre direct.
-Un Marine sur notre navire représente une menace pour mes frères. Je ne veux pas encourir le moindre risque, même si vous lui avez accordé l'honneur d'être considérée comme l'une des nôtres un jour, je ne peux pas lui laisser l'occasion de s'en prendre à notre famille. Elle reste l'un des chiens du Gouvernement... et on connaît très bien leurs méthodes répugnantes ! Nous savons qu'ils peuvent parfois trop bien cacher leur jeu, il n'est pas possible qu'elle fasse exception à la règle ! Si elle ne peut pas partir... alors je devais la faire mourir.
-Et désobéir à un ordre direct ?
Cette fois, Sirus baisse les yeux et ressert ses poings jusqu'à se faire blanchir les phalanges.
-J'ai bien compris que tes actes étaient conduits par de bonnes raisons. Par contre, il reprend un ton plus grave de nouveau, ça ne change en rien ta faute. Nous naviguons sur les eaux les plus dangereuses au monde. Malgré notre force, il ne nous faut pas le perdre de vue ! La désobéissance, même si je ne doute pas de ton respect et de ta loyauté envers notre famille, est bien trop dangereuse pour être ignorée !
-J'avais parfaitement conscience des conséquences qu'auraient pu engendrer ma conduite... J'accepterais ma punition, Père. Quel qu'elle soit !
Woow wow wow ! Attends attends là ! Il est en train de se passer quoi ?! Pourquoi le regard de Barbe Blanche devient aussi inhabituel ?! Certes, je ne le connais que depuis peu, mais tout de même ! Et cet homme, ce Sirus là, malgré qu'il vient de finir avec la tête haute en regardant son « père » dans les yeux, mon haki me montre qu'au fond de lui, il hurle de désespoir et pour que je le ressente avec mon niveau actuel, c'est que c'est à un stade dément. Pourquoi ? Pourquoi en vient-on là... ?
Il baisse la tête, masquant son visage par l'ombre, mais de ma place, j'arrive à voir son expression. Son regard n'arrive plus à cacher ce qu'il ressent vraiment. Mais je peux le comprendre un peu... Rien que lorsque j'ai eu à affronter ma famille pour la toute dernière fois, même si je n'avais pas de bonnes relations avec eux, j'ai ressenti un véritable déchirement au fond de moi.
Alors, lui pour qui sa famille représente tant, je n'imagine même pas ce que ça doit lui faire ! Et tout ça à cause de moi ?! Mais qui suis-je pour ainsi mettre dans une telle situation un autre être humain ? Moi qui ne vaut rien... Moi qui me suis jurée de mettre ma misérable vie au service des autres. Moi qui ne suis qu'un détestable mouton noir...
Je refuse que ça se passe comme ça ! Peu importe ce qu'il advient de moi, je dois faire quelque chose ! Les choses ne peuvent pas se passer comme ça, surtout par ma faute. C'est ma présence sur ce navire qui a mis cet homme dans cette situation et son raisonnement était tout à fait compréhensible.
J'étais bien trop perdue dans mes pensées et je n'ai pas entendu ce que Barbe Blanche a dit, par contre, le visage de Sirus pâli et il tombe à genoux, le regard éberlué. Perdu... cet homme est en train de perdre toute contenance. Malgré qu'il ait fait preuve d'une grande virilité. Le Capitaine a le regard dur et l'air est toujours aussi lourd que tout à l'heure. Non... c'est pire là ! Mes jambes ont peur de bouger, car dans mon esprit, vu ce qu'il pourrait arriver, la raison voudrait que je rejette ma folie. Mais je n'ai pas le choix, je dois faire ça.
Je me déplace jusqu'à me mettre entre l'homme à terre, qui a baissé la tête et dont les larmes s'échappent lourdement sur son visage et son « Père ».
Ce dernier est surpris par mon geste, les pirates autour également, puis Barbe Blanche prend un air bien plus interrogatif, me sommant silencieusement de lui fournir des réponses.
-Je ne vous comprends pas, où est la faute de cet homme ?
Je garde la tête haute et pose un regard sur Barbe Blanche identique à celui que ferait un officier de la Marine sur l'Empereur pirate qu'il est.
-Hummmm ?
-Je m'explique, Shirohigue... malgré la forme de politesse que je mets dans mes propos, je parle d'un ton qualifiable de provoquant. N'avez-vous pas conscience de ce que je suis... ?
Il ne dit rien mais ses sourcilles se froncent, voyant là un élément qui révèle que ma stratégie à toute les chances d'être payante.
-Je suis un officier, au grade de Commandant, travaillant sous l'étendard de la Marine qui est sous les ordres du Gouvernement Mondial. L'un de vos ennemis aux dernières nouvelles...
- Viens-en au but, plutôt que de me faire perdre du temps.
Je serre les poings. La peur me gagne... Me présenter comme ça devant tous, le provoquer alors que j'ai l'impression de n'être qu'une misérable gamine devant lui. C'est terrifiant…
-Vous allez-vous en prendre à vos hommes car ils montrent de l'opposition à un Marine... ? Pff... Laissez-moi rire, je les plains si vous n'êtes pas capable de voir les choses en face !
Le regard agressif qu'il me lance me fait littéralement trembler. Quant à mes paroles, je ne les pense pas. Mais... je n'ai pas le choix !
-Un officier ? Tu n'es donc juste qu'un officier ennemis, si je reprends ce que tu cherches à dire ?
Je baisse la tête un moment, j'ai trop... peur ! Il me fait peur ! Je veux disparaître, pitié...
Mais... je n'en ai pas le droit, j'ai le devoir de relever la tête malgré mon cœur battant à tout rompre.
-Oui, effectivement. Et vous allez donc sévir l'un de vos fils pour avoir tenté de s'en prendre à moi ? Ridicule !
L'air se charge de quelque chose d'indéfinissable, une espèce d'onde me traverse de part en part, faisant redoubler de vigueur mes tremblements qui sont sans le moindre doute visibles.
-Alors... il se lève brusquement et attrape son énorme Bisento. Instinctivement, je recule de quelques pas, m'écartant inconsciemment de Sirus. Tu es donc prête à mourir. Je ne tolérerais pas que l'un de mes fils encourt un quelconque risque ! Je vais donc te laisser deux choix, soit tu meurs ici de ma main, jeune officier, soit tu disparais à jamais de ma vue !
Il lève son arme dans les airs et les reflets du soleil font briller la lame au-dessus de moi. Si je ne bouge pas, je vais passer à la guillotine ! Mon cœur tambourine violemment dans ma poitrine, une peur viscérale s'empare de moi. Quelque chose que je n'avais jamais ressenti à ce point : une terreur violente.
J'allais naturellement reculer au moment où les phrases qu'il a dites juste avant ne raisonnent dans ma tête : « Soit tu meurs ici de ma main, soit tu disparais à jamais de ma vue ! »
La simple idée de disparaître à jamais de sa vue me fait encore plus peur que de mourir... Pourquoi ? Pourquoi donc ?! Ce n'est pas logique, la peur de mourir ne doit-elle pas écraser toutes les autres… ? Comme si je sentais que mon heure était arrivée, des images repassent dans ma tête, des souvenirs.
Lorsque je repense aux paroles tenues par Barbe Blanche ainsi que la promesse que m'avait fait Marco, mon indécision grandie. Je ne peux pas... je veux même pleurer... mais je refuse de le rejeter. S'il souhaite ma mort, comme l'avait fait mon père biologique avant lui, alors contrairement à la dernière fois, je refuse de fuir.
Mon indécision aura finalement raison de moi, car je n'ai pas bougé pendant ma réflexion et la guillotine descend violemment. Je reste fixe, mais je ferme les yeux, redoutant le moment de l'impact. Je sens un courant d'air me fouetter le visage, mais aucune douleur ne vient. Je rouvre les yeux doucement et voit la lame arrêtée à quelques centimètres de moi. Des gouttes de sueurs perlent alors sur mon front et mon corps me lâche. Je tombe lourdement genoux à terre, puis le haut de mon corps suit le mouvement. Je me retiens à peine de m'étaler grâce à mes mains posées sur le parquet du navire.
Ma respiration est saccadée et je tremble. Je suis complètement sous le choc. Je n'ai jamais ressenti de telles choses dans ma vie.
-Pourquoi n'as-tu pas bougé ?
La voix de Barbe Blanche est dénuée de l'agressivité qu'elle avait jusqu'alors.
-J'avais trop peur...
-Peur de mourir ?
Je me mets à pleurer et je ne bouge que l'une de mes mains afin de la poser sur mes yeux.
-Non ! Sous l'émotion, je parle en criant en même temps que je pleure. J'aurais reculé !
Je le sens se rapprocher et se mettre juste devant moi, il s'accroupit et son ombre m'enveloppe.
À suivre...
(1) l'Enfer Pourpre : premier niveau d'Impel Down, pour ceux qui l'auraient oublié
(2) Thatch l'épéiste aux deux lames : ce n'est pas son surnom officiel dans le manga, j'ai juste pris la liberté de le faire.
