Précédemment...

Contre toute attente, Cylia a pris la défense de l'homme qui a essayer de la tuer. Elle s'oppose au Yonkou qui lui donne deux choix : fuir et ne plus jamais les revoir, ou mourir de sa main.

Bien que la logique naturelle voudrait qu'elle fuie pour sa vie, la jeune femme ne bouge pas alors que la guillotine se tient juste au-dessus de son cou.

Finalement, Barbe Blanche arrête son mouvement juste avant de la toucher, lui laissant la vie sauve. Elle s'effondre au sol...

Chapitre 54 : Faire ses choix

Je continue de pleurer, mes nerfs ont complètement lâché. Je n'ai ni le charisme suffisant pour rester fier, ni les épaules capables de supporter de telles charges. Je me suis dépassée pour lui faire face ainsi. Evidemment, il n'était clairement pas sérieux. S'il l'avait été, je ne sais pas comment j'aurais réagi.

-Pourquoi n'as-tu pas cherché à fuir ?

Je ne lui réponds pas et mes yeux continuent de déverser des perles salées sans que je n'arrive à les contrôler. Ça m'énerve ! Je ne suis pas maître de moi-même, mes tremblements commencent seulement à diminuer. Je me redresse afin de m'asseoir avec toujours une main sur mes yeux.

Il ne dit rien, tout le monde reste silencieux et après quelques minutes, j'arrive enfin à arrêter de pleurer.

-Tu es plus calme, alors réponds moi. Pourquoi n'as-tu pas fui ?

-Faut savoir ce que vous voulez !

Il ne rétorque pas. Je suis toujours à fleur de peau.

-Vous m'aviez vous-même donné deux possibilités, non ?

-Hum ?

-Et bien, vous l'avez votre réponse !

-Je vois... mais pourquoi un officier préfèrerait choisir la mort plutôt que de disparaître de ma vue ?

-Ça n'a rien à voir !

-Sois plus claire...

Je retire ma main de mes yeux afin de le regarder, puis je lui réponds clairement cette fois.

-Ce qu'il disait était tout à fait compréhensible, je ne voulais pas que...

Je détourne le regard et laisse ma phrase en suspens.

-Tu as fait tout ça pour prendre sa défense ?

-Euh... Mes yeux le fuient toujours et je ne pense pas pouvoir lui répondre. Un officier n'a normalement pas à agir comme je l'ai fait. Toutefois, je me suis présentée comme tel...

-Non ? Tu n'en as rien à faire de lui ?

-Si !

-Et pourtant tu me dis ne pas avoir pris sa défense... ? Tu n'as fait que dire ce que tu pensais ? Ce qui lui arrivait t'était parfaitement égale ?

J'ai dit ça moi ?

-Ok, j'ai fait des choses illogiques ! Mais je n'en avais pas rien à faire... Il n'a rien fait de mal dans le fond. Je ne voulais pas qu'il paye par ma faute, je ne voulais pas... mais... je n'avais pas d'autre moyen ! Qu'avais-je comme autre possibilités ? Et je n'avais pas tort, pourquoi devrait-il avoir à ressentir le poids d'une faute, le poids de vous avoir déçu alors qu'il n'a fait que chercher à défendre les siens ? Je ne vaux rien ! Alors pourquoi devrait-il payer pour son acte ?

-Tu n'as pas reculé non plus alors que j'aurais pu te tuer, pour quelles raisons ?

-Reculer et cracher sur ma promesse ? Sur la promesse que m'avait fait Marco il y a deux ans ? Non mais vous avez vu comment je vous ai parlé ?!

Je vois de nouveau floue, mes yeux sont submergés et mes larmes s'écoulent de nouveau.

-Snif, je suis désolée ! Désolé, désolé ! Snif, désolé !

Je baisse la tête et cache vainement mes yeux avec l'une de mes mains. Mais soudainement, je suis serrée dans une puissante étreinte. Je suis tellement surprise que j'en perd ma voix, encore plus lorsque je m'aperçois que c'est Barbe Blanche qui me sert contre lui.

-Qu- qu'est-ce que... vous...

-Ne t'en fais plus pour ça, tu es tout excusée. Calme-toi, les promesses seront respectées, tu peux en être certaine. D'une manière ou d'une autre, je ferais de toi l'un de mes enfants.

-Vous... vous ne me... détestez pas alors ? Hein ?

-Hum ! Bien sûr que non !

Il me relâche et se relève avant de s'asseoir sur son siège de nouveau.

-Sirus et vous tous... mes fils, maintenant que vous avez vu de vos yeux quel genre de personne est notre future recrue, ne soyez plus trop sévère avec elle... d'accord ?

Des acclamations répondent positivement à la requête du Capitaine et Père du grand équipage.


Une main se tends juste sous mes yeux, je relève la tête et me rends compte qu'elle appartient à Sirus.

-Je hais la Marine et encore plus les officiers. Mais je ferais une exception avec toi. Merci de... d'avoir pris ma défense.

Un peu surprise, je finis par accepter sa main et il m'aide à me relever. Les réactions orales de l'équipage montrent que l'affaire est bien classée.

-Sirus, reprend Barbe Blanche, pour ta faute...

Il n'en a pas fini finalement ?!

-Tu devras nettoyer les caves du navire.

Silence

-Juste ça, Père ?

Barbe Blanche sourit, faisant comprendre que oui, ce sera tout. Sirus lui exprime sa reconnaissance de la même manière. Aaaah... la fierté masculine, la virilité...

-Je t'aiderais.

Il tourne la tête vers moi, un peu surpris.

-Tu es sur ? Les caves sont mal éclairées et particulièrement sales.

J'ignore la remarque et m'adresse au Capitaine directement.

-Je peux ?

Son rire si caractéristique s'élève fortement dans l'air.

-Gurararara ! Oui, fais donc !

Maintenant que l'affaire est réglée, nous sommes tous allés manger. Je suis restée en compagnie de Sirus et quelques-uns de ses frères afin de faire connaissance. Évidemment, sur un navire avec autant d'homme à bord, il y en a énormément que je ne connais pas du tout.

Après ça, j'ai accompagné Sirus jusqu'aux cales du navire où nous avons commencé à nettoyer, armer de produits, d'éponges, de chiffons, balais et divers outils pour nous aider à retirer toute les saletés envahissantes. En plus, les lumières accrochées au plafond n'éclairent que très faiblement d'une lueur orangée.

Nous passons tous les deux le reste de notre journée ici, sans voir le moindre rayon du soleil. Lorsqu'il est tard, nous allons manger puis direction nos lits. Évidemment, je retourne à ma petite cabine dont la porte a été remplacé. Le lendemain, le programme est le même. Ça a le mérite de me permettre de mieux connaître Sirus, qui a rejoint l'équipage il y a maintenant huit ans est fait partie de la Quatrième Flotte.

Une semaine se passe comme ça, jusqu'à ce que nous ayons finalement récuré le gros de la saleté des cales. Au final, il me reste un peu moins de quinze jours de vacances. C'est passé plutôt vite ici. Malgré qu'elles aient été très mouvementées, j'en garderais de bons souvenirs qui serons gravés en moi.

Un jour, alors que j'étais en train de m'entraîner avec Haris, l'un des pirates nous dit de monter sur le pont pour apprendre une grosse nouvelle qui est arriver en même temps que le journal. Nous nous sommes donc arrêtés et avons rejoint les autres.

Une fois sur le pont, je sens de nombreux regards se poser sur moi et des rires ainsi que des sourires bien trop amusés. C'est bizarre, je ne le sens pas ce coup-là. Qu'est-ce qui a bien pu se passer... ?

Il y a le Capitaine sur son siège, tranquillement en train de siroter une bouteille de saké sous les jérémiades des infirmières. Marco, tenant dans ses mains un papier et étant adossé contre le bastingage, me fait signe de venir le voir. Avec lui se trouve Thatch, un large sourire aux lèvres et il se mets à pouffer lorsque je m'approche, ce qui a pour effet que je m'interroge davantage.

-Qu'est-ce qui vous fait tous rire autant ? Il s'est passé quoi ?

Il n'y a pratiquement plus un mot sur le pont, ce qui m'inquiète au plus haut point. Plusieurs paires d'yeux nous scrutent avec attention. Marco me tend finalement le papier qu'il tenait dans ses mains, que je reconnais être un avis de recherche. À côté, Thatch n'arrive plus à se contenir et se met à rire à gorge déployé.

Je regarde grossièrement le papier, sans faire attention à ce qu'il y a dessus. Étant dans la Marine, j'en vois énormément, alors bon, ça ne m'intéresse pas vraiment. Je préfère savoir la raison de leurs rires...

-Un avis de recherche ? Ouais, c'est bien mais...

Le rire de Thatch devient encore plus bruyant.

-Je peux savoir ce qui le fait rire autant ?

-Regarde un peu l'avis de recherche, yoï.

Marco à un sourire aux lèvres... huuuummmm... ça ne me rassure pas, mais alors pas du tout !

Je fais se que le Phoenix m'a demandé et je bug lorsque je regarde la photo. Attends, ce sac et cette tenue... mais on dirait... naaaaannnnnn... ce n'est pas possible !


-Mais... mais... mais... c'est... je quitte des yeux l'avis et regarde Marco avec des yeux de cocker.

-Oui, c'est toi lorsque tu as tabassé tes collègues.

Je bug complètement. Thatch a arrêté de rire afin d'observer ma réaction.

-Le sac incognito... ?! Cent milles Berry ?! Mort ou vif ?! Maaarccooo ! Ce n'est pas possible !

Je l'attrape par sa chemise avec désespoir.

-Dis-moi que c'est une blague !

Thatch explose de rire et Marco me regarde avec calme et amusement.

-Non, c'est la vérité Mademoiselle l'officier primée.

J'entends plusieurs hommes se moquer ouvertement de mes soucis. J'attrape Thatch par l'épaule et lui dis sérieusement :

-Ce n'est pas marrant ! Arrête de rire !

Ce qui a l'effet inverse. Je soupire, lui tourne le dos, boudeuse et me laisse tomber sur les fesses. J'attrape ma tête avec mes mains et ne quitte pas des yeux « la chose » posée au sol.

-C'est la pire honte de ma vie... adieux... mon honneur d'officier ! Parti, définitivement... envolé ! Mais ça ne doit jamais se savoir en dehors d'ici ! Si mes supérieurs l'apprennent, je me ferais passer le savon de ma vie ! Hiiiic, je n'imagine même pas, ils seraient capables de me coller des entraînements avec Garp !

J'entends beaucoup de monde rire de mon malheur. Je me relève et me précipite devant Barbe Blanche. Il est ma seule chance ! Il me regarde, amusé et curieux de ce que je vais faire. Je m'assoie en tailleur, puis me couche en avant, le front touchant le sol ainsi que les paumes de mes mains. Dans un geste suppliant particulièrement rabaissant.

-Je vous en supplie, faites que l'on ne sache pas que c'est moi sur cet avis de recherche ! Que ça ne quitte pas ce navire ! S'il vous plait ! Je vous en prie ! Ayez pitié !

Le silence surpris de l'équipage accompagne ma demande avant qu'un énorme rire ne casse tout. Même Barbe Blanche s'y met... Je me redresse et m'assoie sur les fesses, l'observant avec de gros yeux.

-Gurararara ! Je vais accéder à ta requête, mais il était inutile d'en faire autant ! C'est dans notre intérêt si tu montes en grade avant de nous rejoindre, alors je ne comptais pas laisser s'ébruiter ça de toute manière ! Gurararara !

-Eh Cylia, je tourne la tête vers Marco, tu n'as donc aucune fierté ?

-Moi ? Avec tout ce qui s'est déjà passé ? Tu me poses encore cette question... ?

Il sourit sans me répondre oralement, amusé par ma réponse.

-Nous allons fêter ça mes fils, la première prime de notre future recrue est arrivée bien plus tôt que prévue !

Avec gaieté, les hommes acclament la demande de leur père. Même si nous sommes en plein après-midi, les vivres pour festoyer sont sortis. Alcool, nourriture, musiciens... rien ne manque à l'appel. Nous passons ainsi des heures à profiter d'un bon moment très joyeux et festif tous ensemble et même si au début je suis très récalcitrante, je finie par me joindre à la masse.

Je fais par contre attention à ma consommation d'alcool, préférant éviter d'être ivre, surtout avec cet après-midi ensoleillé. La chaleur me fait très mal le supporter, mais ce n'est pas pour autant que je ne m'amuse pas avec les autres...

Les heures passent, jusqu'à ce que quelqu'un vienne me voir avec un visage grave et très sérieux. Je m'arrête de danser et me rapproche de lui afin d'entendre ce qu'il me veut.

-Cylia, un escargophone dans ta cabine n'arrête pas de pleurer(1) !

-Ah ? Mais, les vôtres ne pleurent pas... ?

-Qu'est-ce qui se passe, yoï ?

L'homme réexplique le problème à son Commandant.

-Pourquoi ça fait ça, Cylia ?

-Je... oh, merde. Si ce n'est que l'un des miens qui sonne, je me doute duquel il s'agit...

Je me mets à courir jusqu'à ma cabine. Un escargophone n'arrête effectivement pas de pleurer. Je me dirige vers le coffre où se trouve mes affaires et fouille un moment avant de sortir l'animal blanc et bleu qui émet en continue.

-Si ce n'est que l'un des miens qui sonne, c'est parce qu'il s'agit d'un message d'alerte émis par une base Marine...

Gatcha

Sans hésiter, j'ai décroché le combiné. Il commence à émettre le message donné à tout les appareils compatibles.


« À toutes les unités recevant le message, un code 1B a été déclaré.

Nous sommes en situation 9 ! Je répète, nous sommes en situation 9 !

Un ordre de type -0 rouge a été lancé, toute ignorance sera donc sévèrement réprimée !

Je répète qu'il s'agit d'un code 1B, vous avez réceptionné les balises de guidages, vous pourrez vous y rendre au plus tard en J-2h.

À toutes les unités recevant le... »

Gatchac.

Je ne dis pas un mot, malgré la musique et le bruit venant des festivités qui ont lieux à côté, je suis tellement concentrée par ce que je viens d'entendre et ce que je m'apprête à faire, que je ne les entends même plus.

-Qu'est-ce que ça voulait dire tout ça Cylia, yoï ?

-Ça veut dire que je vais devoir partir en urgence... et tout de suite.

-Il faut en parler à Père.

-Je te laisse partir en premier, je dois me changer.

-Hum...

-Je ne partirais pas n'importe comment Marco, je respecte bien trop votre père pour ça.

On s'échange un regard sérieux, après quelques secondes d'hésitations il me donne une réponse.

-Ok, on te laisse te changer.

-Merci.

Ils sortent de la cabine et je commence à retirer mes vêtements pour mettre mon uniforme au complet. Mon épée fine est attachée à ma taille ainsi que le Wakizashi que j'accroche derrière. Je laisserais le reste de mes affaires ici. J'ai finalement bien fais de ne pratiquement pas boire.

J'active un petit appareil que je branche sur l'escargophone, ce dernier ressemble à un log pose à la différence que l'extrémité de l'aiguille est noire et non rouge. Elle pointe une direction, celle que je dois prendre.

Donc, dans minimum deux heures, je vais devoir être sur la base de Nebulandia(2). Ce qui ne m'arrange pas du tout étant une utilisatrice de fruit du démon ! Mais on n'ignore pas un ordre -0 rouge(3), j'espère juste pouvoir m'en sortir vivante. Le code 1B veux ni plus ni moins dire qu'ils vont subir l'assaut du Yonkou Akagami no Shanks !

Je n'ai pas le choix, je dois y aller... Je ne peux pas dire aux autres sur le navire ce qu'il en est, ça compliquerait les choses. J'espère juste pouvoir m'en sortir en un seul morceau... Faites qu'il me reconnaisse avant que ses hommes ne me... Brrr...

Je soupire désespérément, non mais tu parles de vacances ! Sérieux !

À suivre...


(1)L'escargophone qui pleure : dans One Piece, c'est lorsqu'il y a un SOS lancé.

(2)L'aventure de Nebulandia : C'est le nom de l'épisode spécial de One Piece dans lequel se trouve la base en question.

(3)-0 rouge : code que j'ai utilisé et qui n'est pas tiré du manga ni le l'anime. Je vous expliquerai le pourquoi du comment un peu plus tard, peut-être... mais ce n'est pas grand-chose, c'est surtout pour la forme...