Précédemment...
Alors que l'histoire avec le pirate Sirus s'est finalement résolue, Cylia et les pirates de Barbe Blanche festoient pour fêter le dénouement de l'affaire et le comportement de la jeune officier. Toutefois, un message d'urgence destiné à Cylia arrive sur son escargophone de la Marine. Après l'avoir écouté dans sa cabine, elle affirme à Marco devoir partir de toute urgence.
Chapitre 55 : Avancer vers le lendemain.
Je porte sur moi l'uniforme au complet : la casquette, la veste, le pantalon bleu, le foulard de la même couleur, ainsi que la cape caractéristique portant le Kanji « Justice ». À ma taille, il y a ma fine épée ainsi que le Wakizashi accroché plus discrètement derrière. Je garde juste dans ma poche intérieure l'escargophone accompagné du gadget me permettant de trouver la bonne direction à prendre. Avec ça, je mets aussi un petit flacon de spray permettant de nettoyer le linge à sec. Très pratique, car lorsque l'on fait partie des officiers de la Marine ont doit faire très attention à notre image : on représente la Justice. Alors, avoir une bonne image est vital. Puisque je ne peux pas prendre de vêtements de rechange et que je ne sais pas combien de temps je vais devoir garder ma tenue actuelle, je me dois d'avoir ce produit miracle.
Je sors de la cabine et je sens plusieurs regards se porter sur moi. Je respire un bon coup et porte mon regard sur le Capitaine un peu plus loin, attendant assis sur son large siège. Je m'approche de lui et la foule de pirate se décale afin de me laisser passer.
Une fois juste devant lui, je relève la tête et me prépare psychologiquement à lui parler.
-Cette fois, tu n'as pas mis ton uniforme pas erreur.
-Non, je l'ai fait effectivement volontairement. Je dois partir de toute urgence, j'ai un devoir à remplir.
-Pourquoi te laisserait-on partir ?
-Je partirais. Je n'ai pas le choix, je ne peux pas ignorer un tel ordre. Ce n'est pas juste un devoir, c'est aussi une nécessité.
L'atmosphère me semble pesante, lourde... mais je garde la tête haute est mes intentions sont ferme : je ne changerais pas mes positions, j'irais coûte que coûte !
Quelques minutes de silences ont lieux, mon destin repose entièrement sur l'ordre que donnera Barbe Blanche.
-Je te laisse partir, mais qu'une chose soit clair : Tu n'as pas le droit de mourir. Tu nous rejoindras en temps voulu. En attendant, j'espère bien que nous aurons l'occasion de te croiser sur ses mers...
-Je n'ai pas le droit de mourir, hein... ? Je souri, Très bien, je respecterais cet ordre-là, Barbe Blanche.
Je dépose ma main sur ma casquette et me penche en avant pour lui témoigner mon profond respect.
-Hum, tu es le premier Marine à me témoigner autant de respect.
Je me redresse et le regarde dans les yeux afin de pouvoir lui répondre.
-Et vous êtes la seule personne pour qui je ferais preuve d'autant de distinction.
Je me retourne et me dirige vers le bastingage, mais au moment où je m'apprête à, sa voix m'interrompt dans mes mouvements. Je regarde par-dessus mon épaule et l'aperçois en train de se lever. Surprise, je me retourne alors qu'il s'approche de moi. Il s'arrête à quelques mètres de moi. Par contre, cette fois-ci, il n'est pas assis et est encore plus impressionnant ainsi. Surtout que je ne suis pas bien grande comparé a la plupart des hommes de ce navire. Le sommet de ma tête doit à peine atteindre le menton de Marco, alors là... J'ai beau avoir eu l'occasion de m'habituer à la présence de l'Empereur lors de mes vacances sur le Moby Dick, il n'empêche qu'avoir son regard posé sur moi et de le voir debout si proche est très déstabilisant ! Il s'en rend visiblement compte et se mets à sourire sous sa longue moustache blanche.
Depuis un regard extérieur, le tableau donnerait l'impression de voir un officier dominé par un très grand pirate... Heureusement qu'il n'est pas réellement mon ennemi...
-Tu penses vraiment pouvoir partir comme ça ?
-Euh... je... vous...
Son regard devient plus sérieux et j'ai l'impression qu'il me traverse de part en part.
-Écoutes-moi bien, tu ne pourras partir que lorsque tu m'auras appelé « Père ».
-Qu-
Il tourne son attention vers Marco qui reste à quelques mètres de nous deux.
-Marco, ne la laisse pas s'échapper.
Toujours les mains dans les poches et un discret sourire aux lèvres, le Second acquiesce de la tête.
-Très bien, père.
-Quoi ? Qu'attendez-vous donc de moi, Barbe Blanche... ?
Son sourire reprend place en suivant les courbes de sa moustache.
-Tu ne quitteras pas ce navire avant de m'avoir au moins une fois appelé « Père ».
J'avais bien entendu et me fige sur place sous la surprise : « Père » ? Je n'ai pas utilisé ce mot depuis bien longtemps... Même mon géniteur, je l'appelais la plupart du temps par son prénom.
-Est-ce trop pour toi, petite ?
-Non... non... mais...
Bien trop mal à l'aise, je détourne le regard et cherche une échappatoire. Mais il ne l'entend pas de cette oreille, se rapproche un peu plus et croise les bras.
Je repère Marco non loin et ses « frères » sont aussi présents. Je n'ai pas le niveau pour leurs échapper...
-Je suis de la Marine, vous appelez comme ça serait insultant pour vous...
-Que tu sois de la Marine ou pas, nous ferons le nécessaire pour te faire venir à nous. Alors ce n'est qu'une question de temps avant que tu sois toi aussi une pirate. Actuellement, je ne te permettrais pas de quitter le navire sans m'avoir reconnu avant.
Il se rapproche un peu plus, me surplombant davantage. Le soleil étant dans son dos, il me laisse dans sa grande ombre. Déjà dos au bastingage, je ne peux pas reculer... Je relève la tête sans le quitter des yeux alors qu'il me regarde de toute sa hauteur.
-Tu es déjà acculée Cylia, intervient Thatch, fais-toi une raison.
-Tu as perdu, renchéri Joseph, ça se voit dans ton regard !
-Lâches donc la pression, insiste Izou, laisses toi aller.
-Taisez-vous !
Je baisse les yeux au sol, la tête basse.
-Relèves la tête et regarde-moi, ordonne Barbe Blanche.
J'obéie et dès le moment où mon regard croise le sien, je sens tout de suite que j'ai perdu la partie, encore une fois. Je sens l'attente qu'il pose en moi à travers son regard et je ne veux pas le décevoir. Je ne peux pas le décevoir...
-C'est bon, on l'a eu yoï.
Mais mon orgueil en prend un coup. Je me retourne de trois quarts, baisse la tête et fixe les vagues plus bas.
-Vous avez gagné...
Je sens que dès que ce mot sera sorti de ma bouche, il voudra dire bien plus que ce qu'il n'a l'air. Même au fond de moi, quelque chose changera définitivement, quand bien même je resterais fidèle à la Marine. Et ils le savent... il le sait.
-Je reviendrais. Je ne mourrais pas. Mais vous croiser sur les eaux du Shin Sekaï, je préfère autant éviter... Je prends le temps de respirer calmement et je relève la tête afin de planter mon regard dans celui de l'empereur. On ne manque pas de respect à cet homme et lui dire ça pour la première fois sans le regarder dans les yeux serait limite insultant à mon goût. Père...
Il me récompense d'un large sourire, mais aussitôt dit, je cache mon visage sous ma casquette.
-Ne t'en fais pas, je respecterais ta position. Je ne te demanderais pas de tromper la Marine. Nous te ferons rentrer dans nos rangs par d'autres moyens. On n'en manque pas !
Je me sens bien trop gênée, alors je continue à me cacher vainement le haut du visage.
-Je dois y aller...
-Tu es libre de partir maintenant, par contre... Marco !
-Oui Père !
Marco ma lance un petit objet, je l'attrape et lorsque j'ouvre la main, j'aperçois un mini escargophone à la coquille jaune et au corps gris, accessoirisé d'une moustache blanche à l'image de l'Empereur.
-Libre à toi de le prendre ou pas.
-Vous avez dit que vous respecterez ma position, vous-
-On n'a pas besoin de ton aide pour avoir des infos de tes chères collègues yoï ! Si Oyaji(1) a besoin de quelque chose en particulier, on attaque une base et on prend se dont on a besoin.
Je soupire, se qui a pour effet de faire rire les autres. Se sont bien des pirates, il n'y a pas à dire !
-Libre à toi de le prendre ou pas.
-Hum, je le garde.
Je prends un des mouchoirs en tissus bleu de ma poche et l'enveloppe à l'intérieur puis l'enfouis dans l'une de mes poches. Je me mets ensuite debout sur le bastingage face à l'étendu d'eau, je regarde par-dessus mon épaule pour les observer une dernière fois.
-Malgré que ce ne soit pas raisonnable de ma part, j'espère vous revoir bientôt... Je retourne ma tête et juste avant de quitter le Moby Dick à grand coup d'aile, je prononce une dernière chose : Oyaji.
Sans me retourner cette fois, je file dans la direction que m'avait indiquée l'aiguille du gadget escargophonique(2).
Je vais devoir travailler mon endurance, car j'en ai pour une journée et demie à vol d'oiseau...
Cylia continue son trajet sans s'arrêter, survolant les eaux du Shin Sekaï. Par chance, la météo lui reste favorable, lui permettant un voyage moins usant. Après tout, il vaut mieux pour elle que ça se passe ainsi, car à son arrivé sur Nebulandia, les choses promettent d'être complexes.
La jeune officier fini par arriver à destination. L'île en forme circulaire est à un niveau inférieur de la mer et des récifs lui permettent de se protéger de l'immersion des eaux. Des espèces de tours en roches et en terre parsèment les lieux, elles sont utilisées comme bâtiment et sont donc protéger par des soldats et plusieurs systèmes de sécurité.
L'île ne dispose que de peu de plante, les parties les plus hautes sont les récifs entourant l'île et c'est le seul endroit où il y a de la verdure qui est entretenu par les services de la Marine.
Toutefois, cette île possède tout de même une plante. Celle-ci a une particularité : elle est attirée par les utilisateurs de fruits du démon. Sans doute est-ce dû au fait qu'elle s'hydrate par de l'eau salée.
Cette île a un deuxième moyen de défense contre les utilisateurs de fruit du démon. Dès que l'aube du soir approche, un voile de brouillard se lève. Ce derniers est causé naturellement par les eaux du Shin Sekaï et cause donc aux utilisateurs de fruits du démon une incapacité à combattre, rendant leurs captures aisées pour les soldats.
C'est donc sur cette île très hostile pour elle que la jeune officier se rend sans broncher malgré les risques. Surtout que l'assaut de l'Empereur Akagami no Shanks doit normalement avoir lieu le lendemain...
À peine suis-je arrivée que j'ai demandé à être accompagnée dans un quartier pour que je puisse me reposer. On est le soir et le brouillard a commencé à se lever, me privant de mes forces. Le Commandant de la base : Komei(3), un vice-amiral est brièvement venu me rencontrer afin de me remercier pour mon soutiens, malgré la dangerosité de la situation. Je lui ai simplement répondu que je n'ai fait qu'obéir aux ordres. Il m'a fourni une décoction à pulvériser sur mes vêtements demain afin que je ne sois pas ciblée par les plantes.
Il m'a expliqué que ça sera efficace pendant quatre heures, ce qui sera amplement suffisant pour suivre son plan. Donc, je ne devrais pas avoir de problème... Surtout que les stratégies sont claires sur les combats de demain : les officiers doivent pouvoir battre en retraite coûte que coûte.
Nous sommes important pour la Marine, donc nous ne devons pas nous retrouver trop au front lorsque c'est peine perdu.
Ce n'est pas très courageux et laisser ceux qui sont considéré comme « remplaçables » mourir pour couvrir nos arrières afin que l'on puisse fuir ne me plaît pas du tout, surtout qu'au contraire, je pense que c'est à nous de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour permettre à un maximum de soldat de s'en sortir vivant. Encore un point différent sur ma vision de ce qui est juste et celle de mes collègues. Un bon officier doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour rester en vie, même piétiner les autres.
Enfin, je verrais ça demain et de toute manière, je n'en sais pas plus sur le déroulement de cette fameuse journée, car malgré mes « rapports » avec Le Roux, je ne détiens absolument pas la moindre information. Juste après que Komei soit parti, on m'a apporté un plateau repas. N'ayant pas mangé depuis un moment, j'ai pu me rassasier comme il faut avant de dormir.
Le lendemain, je me réveille tranquillement. Je m'étire et retire ma tenue pour dormir à profit de mon uniforme. Etant protégée par la base, je ne mets pas le spray, par contre je ne peux rien faire en attendant le moment fatidique. En gros, je vais me tourner les pouces pendant que tout le monde sera occupé avec les préparatifs. Enfin, ça m'arrange un peu quand même... hé hé hé.
D'un pas lent, je vais jusqu'au réfectoire et je regarde l'horloge qui m'indique qu'il est 11h30. Oh... quand même ! Mais ça fait du bien une bonne grasse mat' ! Je vais chercher un plateau que je charge comme il faut, avant de retourner m'asseoir afin de profiter de mon repas. La salle est très calme et il n'y a presque personne en dehors de moi. Ils doivent tous être très occupés et doivent certainement manger quand ils peuvent...
Une fois mon repas terminé, je me dirige vers les salles de sport. Je vais me préparer les muscles afin d'être opérationnels en temps voulu. Une fois quelques heures passées ici, je vais me doucher.
Lorsque je me remets en tenue, j'en profite pour faire un point : j'ai ma fine épée à la taille mais je dois cacher un peu plus le wakizashi, je ne veux pas d'un traitement préférentiel en pleine bataille où chacun risque sa vie. C'est pourquoi je le masque en l'enveloppant d'une large bande de tissus noir. Je détache le foulard bleu que j'ai autour du cou pour me cacher une partie du visage, je sais bien que ça ne marchera pas pour me masquer des bons utilisateurs du haki de l'observation, mais bon...
Je m'avance dans un couloir jusqu'à être à proximité de l'escalier permettant de sortir du bâtiment. Une grande baie vitrée tout le long du côté opposé au mur permet d'avoir une vue plongeante sur ce qui se passe plus bas. Je perds mon regard dans le bleu du ciel, à défaut de pouvoir observer les eaux du Shin Sekaï.
Mon cœur tambourine dans ma poitrine, je serre les poings et ferme les yeux pour réfléchir un instant. Je redoute le moment où l'alerte sera donnée, quand je devrais descendre et remplir mon devoir. Après, je ne sais que très peu de choses : ni ce qui est prévu du côté de nos ennemis, ni du notre. Cette ignorance rajoute un facteur inconnu qui joue sur mes nerfs. Encore heureux que j'ai un certain sang-froid et que j'ai pu acquérir une petite expérience au cours de ces vacances.
Je ne veux pas croiser les membres les fort de l'équipage de Shanks... Je dois l'éviter absolument, je ne tiendrai pas la donne.
En principes, en tant qu'officier de la Marine, nous devons faire le nécessaire pour pouvoir fuir lors des retraites. Si nous devons partir, les gradés passeront à l'arrière afin de pouvoir quitter les lieux en premiers.
Mais les hommes de Shanks ne sont pas dupes, les plus fort de son équipage, du moins pour ceux qui prendrons part à la bataille car je doute qu'ils y aillent tous pour une chose aussi anodine, à part pour s'amuser bien sûr, ils chercheront à passer vers l'arrière-garde pour se concentrer sur les officiers. Nous sommes les seules qui peuvent leurs donner un peu de plaisir au combat et plus nous sommes nombreux à tomber, mieux c'est pour eux.
Je ne sais pas du tout comment va se dérouler la bataille, mais je me connais et je sais aussi comment fonctionne la Marine. Ça m'étonnerait vraiment que ça se passe comme ils le pensent pour mon cas. Je ne me vois pas fuir et laisser des hommes plus faibles couvrir mes arrières. Ce n'est pas mon genre...
Mais un officier isolé attire vite l'attention ou qu'il soit, car les pirates qui souhaitent faire leurs preuves ne manqueraient pour rien au monde l'occasion d'affronter et de faire tomber au combat un officier.
Bon après, avoir peur ne sert à rien : je survivrais. Je dois vivre, je l'ai promis, je ne peux pas revenir là-dessus et si j'ai pu suivre un entraînement spécial de Marco, ce n'est pas pour rien. Autant rester concentrer et agir selon mes convictions !
Je rouvre les yeux, la peur délogée de mon cœur à profit d'une forte détermination.
-Poulou poulou poulou...
Poulou poulou poulou...
Je sors l'escargophone aux couleurs de la Marine de ma poche, je sais pour quelles raisons il sonne...
-Gatchac
« À toutes les unités ! Le... le navire d'Akagami no Shanks est en vue !
Toutes les unités doivent prendre les positions et se préparer pour la bataille !
Je répète- »
-Gatchac.
Après avoir raccroché, je le range dans ma poche. Je sers les poings, ferme les yeux et souffle une dernière fois avant de me retourner et de prendre l'escalier pour descendre jusqu'à la sortie de la tour. Une fois devant la porte de sortie, je m'asperge du repoussant afin de ne pas être embêtée par les plantes. Je jette le récipient vide qui s'éclate au sol avec fracas et sort dehors sous les rayons du soleil.
À suivre...
(1) Oyaji : « Père » en japonais, j'aime bien utiliser ce mot là aussi.
(2) Gadget escargophonique : oui, je me suis faite plaisir sur ce mot !
(3) Komei : Je n'invente pas ce personnage, il est dans One Piece Aventure of Nébulandia. Regardez le pour voir à quoi il ressemble, il est grand avec un éventail, maîtrise le Haki de l'Armement et de l'Observation.
