Précédemment...

Cylia a atteint la base de Nébulandia et reste en attente jusqu'à se que les pirates arrivent. Elle sort du bâtiment lorsque l'alerte est finalement donnée...

Chapitre 56 : Marine vs Pirates !

Les rangs sont déjà formés et je marche d'un pas vif à travers les sentiers en cherchant un groupe de simples soldats exposés. Je finis par en trouver un et j'intègre leur formation en me mettant au milieu. Naturellement, mon uniforme d'officier me fait repérer et me démarque. Je sens sur moi leurs regards très surpris de voir « squatter » un officier.

À peine intégrée, une question ne se fait pas attendre :

-Euh... Commandante, je ne voudrais pas porter des paroles déplacées mais... êtes-vous sûr qu'intégrer notre unité est le mieux à faire pour vous ?

Le soldat qui a posé cette question à parler au nom de tous les autres, car je vois bien leurs regards interrogatifs et surpris malgré qu'ils ne puissent pas se retourner sous peine de briser leur formation.

-Non, je sais parfaitement ce que je fais et c'est justement ici que ma place sera la meilleure.

Je vois bien dans le regard du soldat qu'il ne comprend pas vraiment le « pourquoi », mais il reste muet. Pff... la discipline ça n'a jamais été mon truc. Je préfère beaucoup plus avoir de bonnes relations amicales !

-Hey, si vous êtes curieux et vous voulez me poser une question, allez-y !

Les soldats sont surpris.

-Donc, pour te répondre euh... tu t'appelles comment ?

-Ah ! Daï(1), Madame !

-Enchantée, Daï !

Je lui tends la main assez discrètement avec un sourire amical. Il la regarde, interloqué, avant de se reprendre et de la serrer avec une fermeté sincère (2).

-Également Madame.

-Je préfère ! Pour m'expliquer, je n'ai pas envie de rester en arrière ligne. Les autres officiers savent très bien se défendre, ils n'auront pas forcément besoin de moi pour pouvoir faire les « replis stratégiques » pendant que vous vous cassez les dents sur leurs opposants...

Quand je pense à ça, j'ai un sentiment amer.

-À la Marine, on dit qu'un bon officier est un officier qui ne mets pas sa vie en danger. Je préfère être un mauvais officier mais aider les soldats, plutôt que de me laisser protéger par des personnes qui ont moins de force que moi. C'est à moi de faire mon maximum pour vous aider et c'est ici que je pourrais mieux le faire. Les gars, votre vie n'a pas moins de valeur que la mienne ou que celle de mes confrères officiers. Un galon reste juste un galon... Nous sommes tous des êtres humains avant tout.

Je me reprends dans mes propos et change de ton pour parler d'une voix involontairement plus féminine.

-À moins que ma présence ne vous dérange ?

-Non non !

Plusieurs hommes m'ont répondu en même temps, ils se sont même retournés et je vois bien dans leurs regards une complicité naissante entre nous. Je les gratifie d'un timide sourire. Je n'ai absolument plus de doute quant à mon choix de me placer ici.

-Je n'aurais qu'un seul ordre à vous donner en tant qu'officier supérieur les gars.

Ils restent tournés vers moi, brisant un peu l'ordre dans les rangs. Mais ne pas se retourner et écouter un officier qui donne un ordre serait un manque de respect. C'est pour ça qu'en principe, lorsque l'on donne un ordre, on ne le fait jamais au milieu des rangs... mais pas moi.

-Restez en vie et n'abandonnez pas vos camarades !

Ils m'observent un peu surpris d'un ordre aussi inhabituel et cette fois-ci je les regarde avec sérieux. Ils se redressent bien droit pour se mettre au garde-à-vous et me répondent unanimement :

-OUI MADAME !

-Merci... Reformez vite les rangs, on ne va pas tarder à avoir de la compagnie...

Ils s'exécutent sans perdre de temps. Effectivement, postés sur les hauteurs du récif entourant l'île, les pirates de Shanks sont visibles. L'empereur est devant eux, accompagné de quelques-unes des têtes fortement primées de l'équipage. Une vague de haki parcourt l'île. Loin d'être sérieux, l'Empereur laisse juste échapper son aura naturelle... Je sens les soldats à mes côtés frissonner. Je n'ai pas le charisme d'un leadeur, mais j'ai mes propres qualités qui sont rare sur un champ de bataille. Je leur parle donc d'une voix rassurante, plus à l'image d'une mère.

-N'ayez pas peur les gars, ça va aller.

Je sens la tension s'apaiser et je rajoute donc :

-Je suis là pour vous protéger, faites-en de même pour tout les nôtres et ça ira.

Pas un mot de plus n'est prononcé, mais je vois sur leurs visages que leurs craintes se sont calmées. Et dire qu'il en a fallu si peu pour que Le Roux perturbe nos hommes... Rien ! Il n'a encore rien fait ! C'est ça un Empereur pirate ?

Étant encore loin, je ne vois pas les expressions sur les visages des pirates nous faisant face. Toutefois, après une poignée de seconde, ils chargent. Shanks et les hommes qui l'accompagnent traversent rapidement les lieux, suivi par derrière des matelots qui s'attaquent à nos premières lignes.

Un groupe nous fonce alors droit dessus, le porte-parole de notre groupe commence à remplir sa tâche en nous criant :

-En position !


Ayant moi-même été soldat, je connais bien sûr l'organisation d'une unité, même si j'ai enchaîné directement avec mes classes d'officier. Je me baisse comme tous les autres combattants au corps à corps tandis que les artilleurs à l'arrière restent debout.

-À mon ordre... En joue !

Des « clac » retentissent derrière nous indiquant que les gâchettes de sécurités sont levées.

-Feu !

Les balles fusent. Les hostilités sont lancées. Après la salve des artilleurs, nous nous levons et chargeons contre nos opposants.

Sans me contenir, j'use de la forme hybride de mon fruit en la combinant avec des attaques à l'épée, surprenant, non seulement les pirates devant nous mais aussi les soldats à mes côtés qui gagnent encore plus en vigueur.

Toutefois, les coups que je porte ne sont pas mortels et pour plusieurs raisons :

-Je préfère économiser la force que je mets dans mes coups, je ne sais pas combien de temps nous allons devoir combattre.

-Je n'ai pas envie de tuer des hommes qui ne s'en sont pas pris à des innocents.

-L'idée de tuer des compagnons de l'homme dont je suis amoureuse me rebute au plus haut point, même s'ils ne se retiennent pas face à moi. Mais ils ne savent pas qui je suis grâce à la bande noire qui entoure le wakizashi, alors c'est normal et c'est ce que je souhaitais.

Rapidement, notre groupe repousse les quelques pirates qui étaient venus nous combattre. Toutefois, quelques-uns sont partis chercher des renforts, donc rapidement nous nous retrouvons de nouveau en plein combat.

Nous tenons bien nos positions et avançons afin de suivre la stratégie que je ne connaissais d'ailleurs pas du tout. Nous nous fondons avec d'autres unités toujours composées de soldat.

Cette fois encore, je tente de ne pas trop attirer l'attention mais j'ai toujours plus de pirate qui viennent me combattre.

Normal, dès qu'ils voient qu'un officier est « perdu » dans les rangs, ils viennent à ma rencontre. Les coups s'enchaînent et je remercie mes entraînements car j'ai constamment des adversaires. Ma position est de plus en plus compliquée.

J'use de ma forme hybride pour repousser les vagues d'arrivant, mais je ne me change jamais entièrement car je serais une cible bien trop facile pour les tireurs.

Mais le temps passe et nous sommes visiblement les grands perdant. Même si notre flan a plutôt bien tenu, il n'en est pas de même pour les autres.

L'ordre tant attendu est finalement donné : nous partons en retraite ! La stratégie adaptée est appliquée, les unités de soldats encore debout se placent afin de pouvoir aider les arrières gardes à embarquer en premier sur les navires. C'est à dire les officiers... à part moi évidemment.

L'évacuation se déroule sans trop d'accros, visiblement Le Roux nous laisse filer. Les premiers navires sont partis maintenant depuis une heure environ, nous ne sommes plus très nombreux. J'allais monter sur un navire avec quelques-uns des hommes de l'unité avec laquelle j'ai engagé la bataille, lorsqu'un soldat se précipite vers moi en paniquant.

-Co... Co... COMMANDANTE !

-Qu'est-ce qui se passe ? Calme-toi et dis le moi !

-Tout le monde n'a pas pu se retirer, les hommes blessés sont laissés pour compte... Ils ne pourront pas nous rejoindre !

-Komei... Tu ne vaux pas mieux que les autres... je serre les dents.

-Vous êtes le dernier officier encore présent... Quels sont vos ordres ?

-Forcément que je suis encore là, personne d'autre n'est encore là ?!

-Non Madame !

-Je n'accepterais jamais ce fonctionnement à la con... ! Partez tout sur les navires, laissez-en un à quai avec un équipage complet. Ne provoquez pas les pirates, ne faites rien d'autre que vous défendre.

-Très bien Madame !

Je descends de la passerelle afin de rejoindre la terre ferme. Les soldats qui m'avaient accompagné, surpris de mon comportement, m'interpellent depuis le navire.

-Vous allez où Commandante ?!

-Chercher les hommes qui manquent, il n'est pas question qu'ils restent ici et se fassent tirer comme des lapins.

-Mais... laissez nous nous occuper de ça ! Donnez-nous en l'ordre et-

-NON ! Tout le monde quitte cette île, vous avez bien bossé, alors tâchez de revenir vivant dans vos foyers, c'est un ordre.

-Mais... vous allez faire quoi ?!

-Je vais jouer les appâts, que quelques volontaires partent quelques dizaines de minutes après moi et s'infiltrent discrètement sur l'île. Vous allez aider les blessés à atteindre le port. Partez de l'île dès que c'est fait.

-Mais... Madame, un officier ne-

-Ne discutez pas ! Je n'ai pas l'intention de mourir, ne vous en faites pas pour moi.


Je pars le plus discrètement possible vers le quartier où se trouve les blessés coincés. Après une dizaine de minute de course, j'y arrive. Effectivement, ils sont acculés et se sont repliés dans un coin, tous groupés en formation défensive, complètement encerclés.

Je ne perds pas de temps afin de ne pas leur faire courir plus de risque et j'attire rapidement l'attention des pirates qui se retournent contre moi.

-Oh, les gars, une mouette perdue ! Elle s'est isolée du troupeau.

-Un officier encore ici ?! C'est notre jour de chance !

-Ouais, si on arrive à tuer un Commandant, aucun doute que l'on aura une meilleure prime !

-Je vais me la faire !

-Non, moi !

Les pirates se disputent tout en me chargeant. Les soldats de la Marine, ayant eu peur de voir leur mort arriver, ne se font pas prier pour fuir tant qu'ils le peuvent encore. Ils sont rapidement aidés par le groupe de soldats volontaires pour la mission de sauvetage.

Par contre, j'ai eu beau dire que je n'avais pas l'intention de mourir, y arriver va être une autre paire de manche... Surtout que la rumeur c'est rependu comme une traînée de poudre et je me retrouve pris au piège : je suis encerclée sans possibilité de fuite. Je ne peux pas m'envoler sans prendre le risque de me faire tirer dessus comme un canard et je ne peux même plus m'arrêter de combattre.

J'utilise les ailes de l'Alicanto et sa force pour repousser les pirates, j'ai rangé mon épée en constatant que le niveau de certains pirates est bien meilleur que le mien. Si je l'utilise, j'ai de forte chance de me la faire briser...

C'est donc dans une guerre d'usure que je suis rentrée. Mes deux jambes pouvant se changer en serres me sont bien utiles pour attraper et repousser mes adversaires, le tout cumulé à mes ailes. Celles-ci me permettent aussi de créer des mouvements d'airs qui repoussent les plus léger d'entre eux. Mais je m'épuise, je ne fais que me défendre et les repousser tant bien que mal. Utiliser autant ma forme hybride me vide de mes forces, surtout cumulées au haki de l'observation que je ne peux pas relâcher une seule seconde.

Le temps se fige pour moi mais le soleil commence à être bas et le niveau de mes opposants monte. Certains sont bien trop forts et rapides pour moi. Je me prends plusieurs coups violents et j'arrive à peine à esquiver les coups mortels. Je ne pensais pas que mon entraînement avec Marco me sauverait déjà la vie, le Phoenix était si rapide que ça m'a permis de développer mes réflexes.

Mais la guerre devient à sens unique et je ne peux plus porter la moindre attaque. Je suis constamment sur la défensive et même comme ça, je sens que c'est peine perdue...

Subitement, une liane m'attrape la jambe, me bloquant dans mes mouvements. Je dégaine mon épée et la coupe, mais elle revient à la charge. Je recule en sautant plusieurs fois de manière successive et les pirates ne font maintenant que s'amuser avec moi. Un cercle m'empêche de quitter une zone définie et certains d'entre eux m'attaquent sans le moindre scrupule. La potion ne fonctionne plus, la plante m'identifie comme un utilisateur de fruit du démon et m'attaque, le tout sous les moqueries des pirates qui constatent que l'île sur laquelle « notre » base est construite se retourne contre moi...

Mais la plante arrête trop brusquement de m'attaquer, ce que je n'aime pas du tout car cela signifie une chose : le brouillard est là.

Et ça ne loupe pas, le nuage d'eau salée s'élève dans les airs et m'enveloppe rapidement. Je tombe aussitôt au sol et un homme pointe son arme à feu sur moi. Je sens que je ne pourrais pas l'esquiver...

-PAN !

Le coup part, mais le bruit du sifflement d'une autre balle intervient et la première n'atteint pas sa cible : moi.

Je suis à bout, je n'ai pas la force de bouger et je sens que je vais perdre conscience d'une seconde à l'autre. Je tente tant bien que mal de rester éveillée, mais ma vue est très floue... Mon esprit me fait constater quelque chose d'étrange : on ne m'attaque plus...

Je tente de comprendre ce qui se passe et pose mon regard autour de moi, des silhouettes se démarquent au milieu des autres. Un homme se rapproche, avec une prestance si écrasante que je me mets à frissonner. Les pirates se décalent pour le laisser passer, il s'arrête juste devant moi et m'observe.

Je ne vois plus assez clair pour discerner à qui j'ai affaire et je n'entends plus très bien non plus. Je me fais soulever du sol et on me dépose sur une épaule.

Je remarque que je suis à une bonne hauteur. Une odeur masculine et envoûtante m'envahit les narines, ayant pour effet de me détendre brusquement. Je ferme les yeux et je sens qu'il se déplace. Je perds conscience mais parviens avant à entendre quelques paroles qu'il prononce.

-C'est bon, on reprend la mer !

-On l'embarque avec nous, merci de ne pas l'avoir abîmé les gars !

Cette fois, le sommeil prend le dessus, me laissant avec un étrange sentiment au fond de moi...

À suivre...


(1) Daï : grand (source wiki.)

(2) Précision, selon la manière dont quelqu'un serre la main d'un autre, on peut faire passer un message différent. Par exemple, quelqu'un qui vous tiens à peine les doigts dira indirectement : je ne te considère pas bien. Enfin, quelque chose de ce type-là !