Précédemment…
Une fois arrivée à Marineford, Cylia se rend dans le bureau de l'Amiral Aokiji qui lui donne quelques informations. Accompagnée par Smoker, elle prend la mer en direction d'Impel Down afin de récupérer son nouvel équipage et son navire.
Chapitre 61 : Sortir de taule
Bon, l'enfumé, j'ai un peu de mal à m'entendre avec lui… Visiblement, je « manque de rigueur » et de « sérieux ». Je suis « trop relâchée » et je « ne montre pas une bonne image de la Marine ». Non mais c'est lui qui est toujours tendu du string ! Il faudrait qu'il songe à aller faire une grosse chiasse, ça lui ferait surement du bien, parce qu'il est louuuuurrd !
Il faut savoir se relâcher et se détendre parfois, mince. Je ne la trouvais pas mauvaise du tout moi mon idée de prendre le rhum qu'il y avait dans la cale de ce navire pirate... Maintenant, tous ces barils sont au fond de l'eau… Quel gâchis ! On aurait pu avoir de quoi picoler pendant une soirée ou deux… surement.
« Mais vous vous rendez compte de votre comportement ?! » et niah niah niah… pfff ! Il est chiant. Et puis, ces pirates étaient des pourritures, pourquoi les avoir épargné pour les envoyer à Impel Down ? Franchement, je ne comprends pas cette justice-là… Enfin, personnellement, je ne me suis pas retenue, mais ça m'a valu une nouvelle tirade sur mon manquement à mon devoir de donner une belle image à notre étendard.
Je t'en flouterais moi de la belle image ! Enfin, peu importe maintenant qu'on a Impel Down en vue, je ne m'attarde pas une seule seconde de plus. Je remercie Smoker en faisant un geste de la main et me tire de son bateau en sautant par-dessus bord, puis en changeant de forme, avant qu'il est eu le temps de réagir davantage. Le tout sous les regards surpris de ses membres d'équipage.
Après quelques minutes de vol, j'arrive à destination. Les gardiens de la prison sont sur leurs gardes et me prennent en joues. Une fois à proximité du sol, je reprends forme humaine juste devant le Directeur de la prison. Heureusement pour moi qu'il m'attendait, sinon ils auraient été fichus de me tirer dessus.
-Bonjour. Ça faisait un moment que l'on ne s'était pas revus Commandante Cylia.
-Bonjour Directeur. Oui effectivement. Pas assez à mon avis, je leurs en veux toujours de ce qu'il s'est passé…
-J'espère que vous ne nous en voulez pas pour ce qu'il s'est passé il y a quelques temps…
-Grrrmmn… Passons aux choses sérieuses sans plus de cérémonie je vous prie Magellan.
-Huumm… J'espère qu'un jour nous pourrons nous entendre tout de même, Commandante Cylia.
-Je ne sais pas Directeur, mais nous sommes du même camp, ne vous souciez pas des détails. Maintenant si vous le voulez bien, je souhaiterai en finir rapidement…
-Très bien, suivez-moi.
Comme demandé, je le suis à l'intérieur du bâtiment et nous restons toute fois dans les quartiers administratifs. Il m'amène dans l'une des pièces qu'ils utilisent pour réceptionner les criminels avant de les envoyer dans les étages inférieurs.
-Je vous en pries, asseyez-vous.
Magellan est très respectueux… Dans le fond, ce n'est pas un mauvais gars. C'est pour ça que j'arrive tout de même à travailler avec lui malgré ce qu'il s'est passé. Ça aide aussi que je ne sois pas rancunière.
Je m'assoie sur une chaise placée devant un bureau. La pièce est seulement éclairée par des lumières artificielles, tout est gris métallisé et une odeur de renfermée pas très agréable embaume l'air. J'ai hâte de repartir…
Magellan vient se positionner debout juste à côté de moi et il pointe du doigt une petite pile de papier pour attirer mon attention dessus.
-Devant vous, vous avez les fiches descriptives des pirates faisant parties du projet. Nous les ferons venir dans cette salle, veuillez prendre d'abord en compte les documents avant de procéder au pointage des prisonniers. Vous aurez à signer en bas de chaque page pour valider les transferts. Nous les ferons alors passer dans les vestiaires à côté, où un uniforme pour chacun d'entre eux a été préparé. C'est bon pour vous ?
-Oui Directeur, merci de vos explications. Mais est-ce que des tenues civiles ont été également prévues ?
-Non, nous avons uniquement reçu des uniformes. Pour quelles raisons… ?
-Je ne compte pas forcer des anciens pirates à porter l'uniforme de la Marine. Je l'avais déjà signalé au préalable et j'ai pu obtenir le droit de les y obliger ou non.
-Je vois, il se gratte le menton en réfléchissant, je l'aurai su à l'avance, peut être que j'aurai pu vous arranger quelque chose…
-C'est aimable à vous mais ne vous en faites pas, je saurai très bien me débrouiller.
Je replace mon attention sur les pages devant moi et commence à les lire une par une avec attention, faisant attention aux moindres détails.
Alors que je suis plongée dans ma lecture depuis un moment, quelqu'un toque à la porte. Je relève le nez en entendant la personne arriver et là… mon regard se fige. Sadi-chan (1) …
Mon sang ne fait qu'un tour, je me relève brusquement, faisant tomber ma chaise au sol dans un bruit sourd qui raisonne. Nos regards se croisent, je pose ma main sur la garde de mon épée dans un mouvement large qui fait voleter la cape d'officier sur mon dos.
Je sens que l'Alicanto en moi perd la tête, devenant comme un animal fou en cage. Je parviens tant bien que mal à me contenir. J'ai une telle révulsion pour cette femme qu'il ne m'en faudrait que très peu pour que je lui saute dessus avec mes envies meurtrières. Et être officier dans la Marine ne change absolument rien à la situation…
-Oooooh… La détenue Cylia, huuuummmm… Je me souviens avoir passé de trèèès bon moment avec ton ami. Elle se lèche les babines. Mais qu'elle frustration de ne pas avoir entendu tes cris… huummm ce n'est pas faute d'avoir essayé !
Là, s'en ai trop ! Je ne tiens plus : JE VAIS L'ÉGORGER !Je saute sur la table en laissant l'animal resurgir partiellement, me permettant d'avoir plus de force. Je m'élance avec l'intention de massacrer la femme qui est encore sous l'effet de la surprise.
Mais juste avant que je ne l'atteigne, une poigne forte m'interrompt dans mon mouvement. Magellan me retient de justesse alors que je ne suis qu'à un pas d'elle.
-LACHEZ-MOI MAGELLAN !
-NON ! ET VOUS SADI, CELA SUFFIT ! SORTEZ DE CETTE PIECE !
Elle fait un pas en arrière et pose sa main sur ses lèvres.
-Mais…
-SORTEZ TOUT DE SUITE D'ICI ! Et tachez à l'avenir de vous souvenir que c'est Commandante Cylia, Gardienne en Chef Sadi ! Ne confondez plus à présent les officiers avec nos détenus !
Elle fait un second pas en arrière avant de se retourner et de sortir, disparaissant de ma vue.
Petit à petit, j'oppose de moins en moins de résistance au Directeur qui relâche sa prise progressivement jusqu'à me libérer. Je garde la tête basse, toujours furibonde et ferme les poings à m'en blanchir les phalanges. Je me retourne pour aller à ma place, le cœur battant et la respiration saccadé.
-Je vous présente mes excuses en tant que responsable pour le manquement de respect dont a fait preuve la Gardienne en Chef.
Silencieuse, je redresse ma chaise et Magellan se replace à mes côtés. Voyant que je reste debout et que l'expression de mon visage est cachée par ma casquette, il finit par rompre le lourd silence.
-On peut reprendre, Commandante ?
-Une minute.
Je sers le poing et frappe de toutes mes forces le mur juste devant moi.
-PAF !
Du sang s'écoule de ma main que j'ai sans doute éclatée. Je dépose ma tête sur le mur et respire par grosses bouffées d'airs le temps nécessaire pour pouvoir reprendre une attitude professionnelle. Lorsque je me sens plus calme, je me redresse et m'assoie lourdement sur la chaise. J'utilise ma main gauche pour reprendre les documents afin de finir de les lire. De ma main droite s'égoutte du liquide carmin jusqu'au sol.
-Gardes !
Une autre des portes d'accès à la pièce s'ouvre et deux gardiens arrivent. Ils portent une veste blanche sous laquelle on voit dépasser au col une chemise de la même couleur accessoirisé d'une cravate noire, avec un pantalon kaki, des rangers, une paire de gant et une casquette marron avec un insigne doré.
-Appelez un médecin.
-Oui Monsieur !
Lorsque le médecin arrive, j'ai terminé de lire soigneusement tous les documents. Il s'occupe de ma main qui m'est douloureuse et amène un verre d'eau avec quelques cachets que j'avale sans poser de question. Maintenant que le médecin a terminé son intervention, il salut brièvement Magellan qui le remercie d'un signe de tête.
-Faites entrer les détenus !
Juste après que l'ordre ai été donné, plusieurs hommes arrivent accompagnés par Hannyabal, le Vice-Directeur, qui est un homme plutôt moche portant un Némé (2), sous lequel ses cheveux verdâtres dépassent et descendent jusqu'à ses reins.
Je reconnais bien évidemment les détenus derrière lui : une vingtaine d'homme de bonnes carrures pour la plupart. Tous sont plus grands que moi, mais ils sont différents les uns des autres. Certains ont une morphologie plus fine malgré qu'elle reste plus imposante que moi qui suis une femme, mais d'autres sont de vraies armoires à glace en comparaison.
Tous ont un point commun qu'ils partagent avec moi : nous sommes solidaires les uns les autres. Lorsqu'ils me voient, leurs sourires s'agrandissent d'avantage, heureux de me revoir mais sans doute encore plus d'avoir conscience qu'ils vont enfin sortir de cet enfer.
Ils commencent à m'assaillir de questions, manifestant leur bonne humeur qu'ils me communiquent.
-Oh ! Cylia ! Tes vacances se sont bien passées ?
-On était impatient de te revoir ! Rajoute un homme très souriant.
-Merci de vos consignes, ils ne nous ont pas refait chier depuis !
-Hey, l'un d'eux s'interroge, vous allez bien… ?
-Qu'est-ce que vous vous êtes faites à la main ?
-Sa main ? À ouais tient…
-Ce n'est rien les gars, je vais bien. Et sans aucun doute encore mieux maintenant que je vous ai de nouveau avec moi… Vous m'avez manqué.
Je leur fais un large sourire, auquel ils me répondent au quintuple.
-On peut continuer Magellan et c'est un plaisir de vous revoir Hannyabal.
-Aaah ! Il rougit, c'est pareil pour moi Mademoiselle Cylia.
Le Directeur se racle la gorge et son second se tend aussitôt.
-Continuons alors, Commandante.
-Oui.
-Bien, appelez les un par un en suivant l'ordre des fiches. Si vous confirmer le transfère, signez la feuille et appelez le suivant. Quant à vous…, il relève la tête en s'adressant aux hommes habillés avec des vêtements rayés noir et blanc, lorsque vous aurez été appelés, attendez que votre supérieur passe au nom suivant, à moins qu'elle manifeste son opposition, vous pourrez passer aux vestiaires à côté. Des uniformes ont été préparés pour vous, vous les trouverez dans l'un des sacs sur lequel est accroché votre nom. Changez-vous et prenez le sac, ensuite rendez-vous dans la salle d'attente adjacente. Dernière recommandation pour vous : n'oubliez pas les puces que vous portez, alors pas de mauvaises idées. Maintenant, si personne n'a de question, il reporte son attention sur moi, vous pouvez commencer quand vous voulez Commandante Cylia.
-Ok ! Alors c'est parti…
Sans perdre de temps, ils commencent alors à suivre la procédure indiquée. Ils passent toute la matinée à s'occupé de formalité administrative. Lorsque c'est fait, Cylia se rend, accompagnée par ceux qui sont désormais ses hommes d'équipage, au port de la prison ou mouille « leur » navire.
C'est un bateau plutôt modeste, peint en bleu contrairement aux navires de guerres qui sont plutôt vert. Sur les voiles accrochées aux deux mats est écrit « Marine », de même que sur la coque. Depuis le quai, ils peuvent apercevoir le pont et les portes, permettant à accéder à l'intérieur du bâtiment.
Sans perdre davantage de temps et trop contents de reprendre la mer, même si le navire est tagué des marques de la Marine, les hommes se hâtent de charger les cales sous les directives de Cylia.
Finalement, de manière unanime, tous les ex-pirates sont plus que heureux de pouvoir parcourir de nouveau les flots avec ce sentiment de liberté, même s'il leur faudra être patient avant de l'atteindre complétement.
Ils préfèrent même repousser le repas du midi à plus tard pour pouvoir quitter Impel Down le plus rapidement possible. Ce sentiment est d'ailleurs partagé par Cylia qui doit finir de régler des formalités administratives avant de partir.
Le navire est équipé avec les technologies de la Marine permettant de récupérer les appels d'escargophones étrangers au Gouvernement et de les localiser. Ils ont aussi des visio-escargophones (3) ainsi qu'un escargophone d'urgence à très haute fréquence protégé par un mode d'autodestruction à distance. Enfin, ils reçoivent bien sûr des armes à feu et katanas traditionnellement employés par la Marine pour que tout l'équipage puisse être efficace.
Dès que tout est réglé, ils prennent la mer tous ensemble avec pour objectif la chasse aux pirates de Grand Line !
À suivre...
(1) Sadi-chan : la raison pour laquelle j'ai choisi de laissé le « chan » alors que c'est normalement une marque d'affection c'est parce que Sadi insiste fortement pour qu'elle soit appelé ainsi.
(2) Némé : la coiffe des pharaons
(3) Visio-escargophone : oui, il est super long ce mot et en plus je ne suis pas sûr que ce soit le bon terme ! N'hésitez pas à me le transmettre si vous le connaissez. Ma béta m'a informé qu'il peut s'appeler l'escarméra ou l'escargophone image, donc ne soyez pas surpris s'il y a ces mots à la place.
