Précédemment...
Cylia est allée à Impel Down afin de récupérer son « équipage ». Tous ensemble, ils ont pris la mer sous l'étendard de la Marine à bord de leur navire. Ils doivent faire leurs preuves en attrapant des criminels…
Chapitre 62 : Alabasta
Ça fait déjà trois semaines que nous avons pris la mer. Mes hommes étaient déjà au courant de ma manière d'appliquer la « Justice ». Je refuse de priver n'importe qui de sa liberté en l'envoyant à Impel Down et de toute manière, je n'ai absolument plus la moindre envie d'y remettre les pieds. Et tous partagent mon sentiment.
Toute fois, je n'éprouve pas la moindre pitié pour des pirates qui tues sans le moindre scrupule. Donc ceux-là, ma manière de les neutraliser est radical : ils sont mis à mort. Ça ne fait habituellement pas vraiment partie des méthodes traditionnellement appliquées par la Marine, car en général, les criminels sont capturés vivants. Encore une fois, ma manière d'agir ressemble plus aux pratiques des pirates... mes hommes me l'ont bien fait remarquer avec un grand sourire.
L'avantage pour moi d'avoir d'ancien pirates comme matelots, c'est qu'ils sont habitués à pratiquer des combats à mort, puisque dans la piraterie, les vainqueurs ont un droit de vie ou de mort sur les vaincus. Donc ça ne les perturbent aucunement, je ne change pas leurs pratiques et je ne les oblige pas à faire ce qui les repousserait : envoyer d'autres personnes à Impel Down.
Donc, lorsque nous tombons sur des pirates qui ne posent, en mon sens, pas réellement de problème et bien j'ai décidé de laisser couler. En fait, on a même sympathisé avec un équipage que nous avons croisé et on a fait la fête avec eux… En même temps, on n'avait pas encore pu mettre pieds à terre pour récupérer de l'alcool et il n'y en avait pas dans nos caisses d'approvisionnements.
Alors on n'a pas pu s'empêcher de négocier avec eux pour boire un coup. Tant que nous n'avons pas un ordre direct de neutraliser un équipage précis, je compte bien ignorer ceux qui ne méritent pas la mort, vue que je ne suis pas du tout une adepte de la prison… Je suis bien la seule officier à penser comme ça.
Toutefois, dans le cas contraire, si nous n'avons pas le choix et que nous avons l'ordre d'en arrêter un, je n'hésiterai pas. Je ne peux pas ignorer un ordre. Pour mes hommes, je ne peux pas nous le permettre. Raison de plus pour gagner en force et en reconnaissance rapidement, les ordres directs sont très rares dans la seconde partie de Grand Line.
Lorsque nous vainquons un équipage, puisque nous n'en laissons aucun en vie, nous récupérons leur joly roger afin d'avoir une preuve que nous nous sommes chargé d'eux. Le navire est ensuite simplement coulé en faisant exploser les réserves de poudre.
Finalement, après nous être occupé d'un bon nombre de pirates, nous avons fait un rapport à notre base de rattachement, le G3. Ils nous ont permis de récupérer des informations sur un équipage qui fait partie du groupe ceux dont l'amiral Aokiji m'avait parlé.
Apparemment, ils sont à Alabasta en ce moment. Ils feraient visiblement trop de grabuge là-bas et le roi aurait déjà mis en place des mesures à leur encontre, mais en vain. J'ai donc décidé de mettre le cap sur la ville portuaire de Nanohana afin de suivre cette piste.
L'équipage ciblé est celui des Guy (1), spécialisé dans l'enlèvement et la demande de rançon. Ils ont déjà sévi dans d'autres pays et lorsqu'ils n'étaient pas payés, ils n'hésitaient pas à vendre les jeunes femmes et enfants qu'ils enlevaient.
Toutefois, ça fait un moment qu'ils sévissent à Alabasta, alors qu'en principe ils ne restent jamais bien longtemps au même endroit. Mais la raison de ce changement d'habitude est la conséquence d'une bonne action provenant de Nefertari Cobra, le roi actuel, qui a décidé de prendre en charge l'intégralité des rançons demandés par les pirates.
Notre objectif est donc de dénicher le repère des pirates, de les arrêter et de libérer les otages encore retenus captifs.
Après quelques jours de navigation, nous arrivons à proximité du port de Nanohana. Comme à notre habitude, je sors sur le pont afin de donner les directives pour les manœuvres.
Une fois le navire bien ficelé à la bite d'amarrage et l'encre mouillé, j'explique les ordres à mon équipage qui ne porte pas l'uniforme de la Marine. Je suis donc forcément obligée de compenser en portant une tenue plus professionnelle. J'ai sur moi un tailleur noir centré, une rose bleue est accrochée à la poche haute de ma veste et sur mes épaules repose la cape d'officier voletant au vent. Heureusement que je remonte un peu notre image, car sans ça, ils ont tout juste l'air d'un groupe de criminel qui squatte un navire de la Marine.
J'ai remonté mes cheveux d'un cuivré intense en un haut chignon. Malgré le vent marin, l'air est très chaud. Je sens une petite goutte de sueur perler de ma tempe pour glisser sur ma joue, puis continuer son chemin dans mon cou et finalement se perdre au niveau de mon décolleté.
Respectueusement, mes hommes ont arrêté toutes activités pour m'écouter. Je croise les bras et tente de leur parler d'une voix, qui j'espère, est suffisamment ferme. L'autorité n'est pas mon point fort... mais je n'ai pas eu le choix avec tous ses anciens pirates plus musclés que moi sous mes ordres.
-Bon, on va se diviser en trois groupes de forces égales : le premier restera sur le navire, le second ira en ville récolter des informations et déclarer notre présence aux autorités locales. Le troisième viendra avec moi.
L'un de mes soldats, un homme à la carrure d'un ours habillé d'un jeans usé et d'une paire de sandale à lanière lève la main. Comme à son habitude, il est torse nu et a une barbe naissante au coin de la mâchoire.
-Cap'taine, vous avez un plan ?
Je tique à la nomination qu'il a utilisée pour s'adresser à moi.
-Beart... je le regarde dans les yeux et poursuis d'une voix grognon, combien de fois vais-je devoir te rappeler de ne pas m'appeler « Capitaine » !
-Mais... c'est une profonde marque de respect pour nous, M'dam ! On vous considère comme not' Cap'taine, M'dam !
Je rougie à la remarque et soupire, je détourne le regard et renchérie d'un ton peu convaincant.
-N'empêche !
Un autre de mes hommes, amusé par mon comportement, fait son constat oralement.
-Oh... ça lui a fait plaisir !
Et il est vite suivi par plusieurs autres qui ne peuvent pas s'empêcher de faire eux aussi des commentaires.
-La Capitaine est sensible à nos attentions !
-Ouais ! Mais qu'aux nôtres, dès qu'un gars lui en fait, elle l'envoi toujours balader.
-De toute manière, c'est notre Capitaine, comment pourrait-on laisser des hommes lui faire des avances sous notre nez ?!
-Ouais ! On doit la protéger !
Cette fois, je ne peux plus rester muette.
-Je... je n'ai pas besoin d'être protégée !
Un moment de silence suit mes paroles. Puis, un énorme sourire apparaît sur le visage de l'un de mes interlocuteurs.
-Vous être toute rouge, Capitaine...
-Hein ?
-Vous êtes mignonne comme ça !
-Isao ! S'énerve son comparse à côté, tu as intérêt à ne pas tourner-
-Mais ne t'inquiète pas, on la respecte tous trop pour ça.
-Ne vous en faites pas Capitaine, si vous... euh... voulez passer un bon moment au lit, comme on le fait nous même quand on mouille dans un port, vous le pouvez hein... C'est juste que si les avances ne viennent pas de vous, on ne les tolère pas !
Je ne crois pas avoir été aussi gênée depuis... hier... ?
-SILENCE ! TOUT LE MONDE AU GARDE À VOUS !
Ils se mettent tous en rang et exécutent ma demande.
-Je... je vous remercie de votre sollicitude quand à... euh... ma condition de femme, mais je sais très bien me défendre !
L'homme ours du début relance le débat de nouveau.
-On n'en doute pas, Cap'taine ! Mais vous ne pourrez pas nous empêcher d'être protecteur envers vous, vous êtes... il réfléchit longuement, hum... Une mère poule pour nous !
-Ouais, c'est vrai Capitaine ! Ne le prends pas mal ! Euh... ne le prenez pas mal se rectifie-t-il, hé hé...
Toujours un peu gênée, je soupire une énième fois et laisse un sourire fleurir sur mes lèvres.
-Comment le pourrais-je... ? Par contre, arrêtez de me donner des surnoms... je vous en prie ! Après « Capitaine » maintenant « mère poule »... je soupire bruyamment, aaaaahhh...
Ils rigolent tous et rompent les rangs. Je me reprends et sourie avec eux.
-Bon, on est vingt-deux... donc faites deux groupes de sept et un de huit. Ceux qui n'ont pas pu mettre pieds à terre la dernière fois doivent se trouver dans le groupe chargé de récolter les informations.
-Ça veut dire que...
-Oui, dès que vous aurez récolté suffisamment d'informations et que vous les aurez communiqués, vous aurez quartier libre tant que vous respectez les ordres qui vous seront donnés en temps et en heure. Donc, vous devez rester joignable et surtout, vous ne faites rien d'illégale ! Pas le droit d'attirer l'attention, de créer du grabuge, en gros : de m'attirer les foudres de mes supérieurs !
Ils papillonnent des yeux et se regardent entre eux de manière incompréhensive.
-Qu'est-ce que vous voulez dire par « faire du grabuge », Cap'taine ?
Je me passe une main sur le front, déjà très inquiète.
-Je ne le sens pas... mais alors pas du tout... Bon, soyez calmes et restez respectueux envers les civils. Si vous avez un problème avec des Marines, vous savez quoi faire ?
-Ouais M'dam ! On ne les tabasse pas, on vous le dit et vous les tabasserez-vous même au besoin. J'ai juste, hein hein ?
-Oui voilà ! Bon... sept viennent avec moi. Il va y avoir de la baston... je vous fais tous confiance, mais mon plan comporte une part de risque. Donc j'ai besoin des plus fort d'entre vous.
Ils échangent brièvement et sept d'entre eux se démarquent naturellement.
-Ce choix ne me surprend pas.
Donc le premier est Beart (2), il utilise sa force brute pour combattre et ne maîtrise pas de haki, mais il est une véritable montagne de muscle et a beaucoup d'expérience en combat. Toutes ses cicatrices en sont la preuve...
Deux autres sont des tireurs, dont un qui utilise une arme à très longue portées. Le sniper s'appelle Tim et le second est son frère jumeaux, Tom, lui il préfère ses deux colts. Ils portent tous les deux de vraies tenues d'aventuriers : des vêtements bruns, des sacoches de cuirs partout et un stetson (3) noir de cavalier sur la tête.
Isao est un sabreur et il maîtrise le haki de l'armement. Il est sans doute le plus fort sur ce navire. C'est un gros dragueur et l'avoir dans l'équipe va engendrer des disputes mais ça ne gêne pas la cohésion entre eux aux moments importants. Il a toujours un sourire charmeur, mais par contre, il est jeune, c'est encore un adolescent et forcément il manque encore beaucoup d'expérience. Il a donc besoin que l'on garde un œil sur lui en combat. Et c'est aussi un parfait bishonen (4)... j'adore ses cheveux d'un magnifique rouge, mais ça je ne lui avouerais jamais.
Les deux suivant sont des combattants d'expérience ayant navigué sur les eaux du Shin Sekaï. Leur peau est marquée de cicatrices et bronzée par le soleil. Bien qu'ils soient tous les deux grands, ils restent plus petit que notre « ours ». L'un d'entre eux à un sabre d'abordage à la taille, le second utilise des explosifs en tout genre. Il en a toujours toute une collection cachée sous différents vêtements.
Le dernier d'entre eux était assassin dans son équipage, mais ses seules cibles étaient des équipages pirates adverses. Il est un spécialiste de l'infiltration et forcément, de l'assassinat. Rien en lui ne laisse transparaître ses compétences, toutes ses armes sont soigneusement cachées et sans le connaître, on dirait qu'il n'est rien de plus qu'un simple civil. Cassius (5) a mon entière confiance malgré son passé, comme tous les hommes sous mes ordres.
-Très bien... venez avec moi vous sept, on va dans mon bureau. Je vais vous expliquer mon plan et ce que vous aurez à faire. Les autres, vous savez comment vous organiser, je vous fais confiance.
-Compris, Capitaine !
-Et arrêtez de m'appeler Capitaine ! Je ne suis pas pirate mais officier ! Zut à la fin...
Accompagnée par leurs rires, je me dirige l'intérieur de notre navire. Étant modeste, nous arrivons rapidement à mon bureau. Ils rentrent tous à ma suite et je m'installe debout derrière le bureau encombré d'une tonne de paperasse, face à mes hommes en lignes qui attendent calmement mes explications.
-Bien, je vous préviens d'avance que mon plan ne va pas vous plaire, je le sais. Mais il repose principalement sur un point ...
Ils tiquent suite à mes propos, l'un d'entre eux prends la parole au nom de tous.
-C'est à dire ?
-La confiance. Je vous fais une confiance aveugle les gars. Je sais que je peux parfaitement compter sur vous.
Je vois dans leurs regards une bonne surprise et des sourires s'affichent sur leurs visages. Je ne suis peut-être pas toujours assez expressive avec eux, alors ça a dû leur faire très plaisir. Surtout qu'ils savent que je ne suis pas une menteuse pour un sou...
-Bon... alors voilà le plan les gars...
À suivre...
(1) L'équipage des Guy : Guy veut dire « gars » en Anglais, ils sont des personnages OC figurants que j'ai inventé.
(2) Beart : Sans le « t » ça donne bear, c'est à dire ours en anglais. Pour la prononciation, faites-le à « l'anglaise » pour arriver à le dire. En Français ça donnerait un truc trop compliqué…
(3) Stetson : Une marque de chapeau très connue, jetez un œil sur le web vous verrez que vous connaissez.
(4) Bishonen : Un mot très souvent utilisé en manga / anime. Il est utilisé pour qualifier de « beau garçon ». Et à juste titre, je pense notamment aux personnages masculins des jeux Otome. Si vous allez sur le web pour rechercher des informations sur le prénom vous trouverez sans doute plus de détail sur sa personnalité.
(5) Cassius : son prénom est celui de l'un des assassins de Jule César.
