Salut !

Voici un chapitre que je pourrai qualifier d'intermédiaire. C'est un peu un chapitre transitif avant de reprendre avec des événements importants et voir arriver certains personnages pour la première fois.

Petit rappelle des nom cités dans le précédent chapitre :

Isao : Le bishonen sabreur

Cassius : Un ancien assassin

Tim et Tom : Deux jumeaux tireurs

Beart : L'homme décrit comme un « ours »

Je tiens à signaler que si vous n'arrivez pas à vous souvenir correctement d'eux, ce n'est pas gênant. Ils resterons des personnages secondaires, mais il me faut bien présenter l'équipage de Cylia.


Précédemment...

Cylia a maintenant passé quelques mois avec ses hommes. Ils arrivent au royaume d'Alabasta avec pour objectif d'arrêter les méfaits d'un groupe de pirate qui sévi depuis un moment. Amarrés au port de Nanohana, ils se sont divisés et sept d'entre eux accompagnent Cylia.

Chapitre 63 : Enlèvement

-Voilà, vous savez tout du plan.

-En effet, c'est bien trop dangereux Capitaine.

-Mais nos objections n'y changerons rien cette fois...

-En effet les gars, je le ferai. Je me lève et les regarde droit dans les yeux, je compte sur vous.

D'une voix unanimes ils me répondent tous :

-Oui Capitaine !

-Je ne suis pas Capitaine, flûte...

Je n'arrive même pas à me mettre en colère, comment pourrais-je faire crédible avec ma remontrance ? Enfin peu importe, je passe à coté d'eux et me dirige vers la porte restée entrouverte.

-Bien, on peux commencer. Je pars la première...

En sortant de la salle, je leur fais un signe de la main par dessus mon épaule. Je remonte jusqu'au pont en croisant quelques uns de mes hommes s'attelant à diverses tâches. Je quitte le navire par la passerelle et marche sur le ponton en boit sur lequel mes petits talons raisonnent. Mon regard navigue sur le paysage de la ville. Une odeur d'épice orientale embrume déjà l'air et cette particularité fais la renommé de cette citée portuaire.

L'architecture ressemble à celle d'une île que j'avais visité avec Shanks il y a plus de deux ans maintenant. Les habitations ont des toits en coupoles sur lesquelles se trouve parfois des pointes à motif. Les battisses sont toutes de forme rectangulaire, certaines sont plus cubique mais tous disposent de très nombreuses ouverture permettant de laisser rentrer la lumière du jour.

Les couleurs vives parent (1) la ville d'un voile chaleureux et accueillant avec du corail, de l'orange, du jaune safran, du vert émeraude, du bleu azure, du bordeaux et j'en passe.

Magnifique... Ce pays à vraiment beaucoup de charme et pourtant il peut se révéler dangereux. Entre les innombrables dangers du désert, les pirates des sables, la chaleur qui m'accable déjà trop... Ça « refroidi » un peu. Mais comme on dit : toutes les belles roses ont des épines.

Dans un premier temps, je vais marcher en ville à la recherche de commerce de vêtements locaux, tout en activant mon haki de l'observation pour vérifier si les pirates me repèrent. Normalement, organisé comme ils sont, ça devrait être rapidement le cas vu que ma cape et ma casquette ne laissent aucun doute sur mon job...

Je marche donc tranquillement le long du chemin des quais jusqu'à prendre l'un des grands axes de la ville. Naturellement, mon épée fine et le wakizashi restent à mes côtés pendant que je me promène. Les regards des passants se posent sur moi, la plupart sont plus curieux que mauvais. Quelques marchants semblent être installés depuis un moment, ils vendent de tout et de rien, parfois à même le sol, d'autre fois sur des présentoirs protégés du soleil grâce à des espèces de grands parasols.

Se qui m'intéresse, se sont les boutiques de vêtements, que je puisse rentrer à l'intérieur d'un bâtiment pour en ressortir plus discrètement par la porte de derrière.

Après en avoir repéré suffisamment, je décroche mon escargophone de service et appelle Isao, je laisse sonner brièvement et raccroche comme prévu dans le plan, lui faisant comprendre que c'est le signal.

Je rentre donc dans une première boutique de vêtements et une fois à l'intérieur, je regarde les différents vêtements pour femme. Une commerçante vient à ma rencontre et me demande se que je recherche.

-J'ai besoin de vêtements suffisamment larges pour pouvoir être aussi porté par un homme et aussi discret que possible. Oh et mettez moi une tenue bon marché quelconque avec. Une dernière chose... vous avez une entrée de service à l'arrière boutique, non ?

La jeune femme, bien qu'un peu surprise par ma demande, me réponds à l'affirmative en pointant une direction du doigt, puis me demande de bien vouloir l'accompagner. Elle m'indique une tenue comportant un pantalon lâche élastique avec une chemise trop large pour moi avec une longue veste en toile brune. Je lui explique que c'est parfait, je prends la tenue et lui demande où se trouve les cabines d'essayage.

Au moment ou elle me laisse pour préparer la seconde tenue à mettre dans le sac, Isao entre dans la boutique. Je lui adresse un sourire qu'il ne me rend pas. Il est bien trop crispé et ça se voit.

Nous prenons chacun une cabine côte à côte et nous y enfermons avec un rideau rouge. Je retire mes vêtements, en commençant par ma cape et ma casquette, puis mon pantalon de tailleur et mon haut. Je les fais passer alors à Isao qui me passe ses chaussures.

Je mets les vêtements que m'a passé la commerçante et les chaussures de Isao qui sont bien sur trop grande pour moi.

Le pauvre, il ne va pas du tout être à l'aise dans mes vêtements et encore moins dans ma paire de bottines à talon qui va lui faire mal aux pieds. Je l'entends déjà grommeler... Je quitte la cabine quelques minutes après lui, pendant qu'il tente d'imiter ma voix de manière plus que grotesque. Je glousse en l'écoutant dialoguer avec la vendeuse et profite de son inattention pour sortir par la porte de service pendant que mon homme s'occupe de régler la totalité des achats.

Bon, voilà une première chose de faite... Il me faut maintenant refaire cette même manipulation avec d'autres membres de mon groupe pour être sûr de ne laisser aucune piste à nos pirates. Car oui... pendant que j'errais dans les rues j'ai bien senti que j'étais pistée. Donc ce petit jeu ce révèle effectivement nécessaire.


Après avoir reproduit notre petit stratagème plusieurs fois, je finis par me rendre au point de repère qui a été transmis à l'équipe chargé de rassembler les informations. Dans une sombre ruelle, au calme, je trouve rapidement l'un de mes hommes. Je marche d'un pas plus lent, nous ne nous regardons pas et lorsque je passe à sa hauteur, il me lâche son information en chuchotant.

-Le Capitaine des Guy est amateur de danseuse, on vous a trouver un poste au bars Les Danseuses.

En lui passant à côté, il m'a mis quelque chose dans la poche. Après quelques pas, je fouille discrètement dans ma poche pour voir de quoi il s'agit : de la crème couleur peau... Oh, je vais en avoir besoin oui.

Je continue ma route en sachant maintenant se qu'il me reste à faire : trouver le bars en question et présenter ma candidature. Je quitte la ruelle et avance un peu plus loin avant de demander mon chemin à l'un des riverains.

Après quelques minutes de marche sous un soleil accablant, je finis par trouver le bars en question. Il n'y a personne qui ne semble pas du coin dans la salle. Je m'avance jusqu'au bar et explique au tavernier que je viens pour le poste. Il me scan d'un œil septique en voyant la tenue très large que je porte et qui ne me met pas du tout en valeur.

-Vec' ses vêtements, vot' voix ne serais pas celle d'une donzelle, j'vous aurai pris pour un mec ! Mais bon, plus aucune femme veut v'nir travailler comme danseuse d'puis qu'ils sont dans l'coin !

- Ils, vous parlez des Guy ?

-Ouais ! Mais vous en faites pas, j'vous protégerai ! Alors si zètes pas trop mal foutue, venez mettre une tenue et vous entraîner avec not' musicien pour apprendre le métier. Viens là !

Le barman est un homme en embonpoint, avec une tenue de cuisinier sale sur lui. Je le suis sans broncher, bien que ne plus sentir le poids de mes armes à ma taille ne me rassure pas... Dans des moments comme ça, je suis bien heureuse de savoir me battre sans elles.

-Voilà, t'es dans les vestiaires. Il ouvre une grande caisse en bois, t'as plein de tenues, choisi la plus belle et mets la.

Depuis quand ce type se permet de me tutoyer ? Il reste dans la pièce et me regarde. Je ne bouge pas et lui non plus... Non mais, il s'attend à quoi se dégueulasse ?!

-Ah... Tu veux qu'je sorte... pffff... trop d'pudeur c'te femme.

Il part en soupirant et claque la porte derrière lui. Trop de pudeur ? On me dis plus souvent l'inverse ! Mais bon, passons... Je regarde la caisse et commence à sortir quelques tenues de danseuses. Cet homme n'est peut être pas très net, mais en tout cas, il a de très beaux vêtements pour ses employées. Bien que je sois la seule d'après se que j'ai compris...

Avec mes cheveux cuivré et mon teint de peau bronzé, il me faut choisir une couleur qui m'irait bien...

Je finis par tomber sur un ensemble qui a même un cache visage. La tenue est d'un rouge grenat, les finissions quand à elles sont d'un jaune brillant et ont une odeur très alléchante... C'est donc de l'or, j'en ai aucun doute. Je vérifie avec mon haki qu'il n'y a pas de regard sur moi, avant de commencer à me déshabiller.

Une fois en sous vêtements, je mets la crème pour masquer mes cicatrices trop voyantes et surtout mon tatouage sur l'épaule. Si je laisse l'insigne de la Marine sur moi, je me ferai soupçonner et à juste titre. Je glisse le pot au fond de la caisse en bois sous les autres vêtements, sait-on jamais, le barman pourrait avoir l'idée de fouiller mes affaires et j'ai horreur de ça.

Bon, je vais devoir sortir habillée comme ça ? Rooh, je vais trop attirer l'attention... C'est se qui est prévu, mais c'est tout de même gênant. Je ne suis pas très féminine en tant normal, enfin normal quant on a l'habitude de vivre qu'avec des hommes.

Je prends mon courage à deux mains et sort de la pièce, me retrouvant alors derrière le bars avec mon « patron » temporaire. Je sens plusieurs paires d'yeux me scruter de manière lubrique. Bien que je n'aime pas ça, je ne laisse rien transparaître.

-Bah tiens... zètes pas mal foutu en faite ! Très bien, vous êtes prise, il se retourne et regarde au plafond avant de hurler, TRAVLOTE (2) VIENS ICI !

Peu de temps après, un jeune homme arrive, je lui donnerais une quinzaine d'année environs... à peu près comme Isao.

-Oh, pa', tu as enfin trouvé une employée ?

-Oui, ta mère est au courant. Faut qu'elle apprenne à danser un minimum pour demain soir ! Il se retourne vers moi, vous dormirez ici comme préciser dans l'offre, vous êtes nourrie et logée.

-Très bien...

Le plan de Cylia est en marche et elle passe toute sa journée à apprendre à danser. Comme promis, ses repas lui sont servit, le soir elle a le droit de se rincer afin de rester le plus présentable possible. Même si l'eau coûte chère, une danseuse doit en prendre l'habitude pour soigner sa présentation.

Le lendemain, la journée est de nouveau entièrement consacrée à son apprentissage, mais au cour de la soirée, elle donne une première représentation.

Bien que ce soir-là, seul quelques riverains étaient présents, rapidement les soirs suivants le bouche à oreille attire de plus en plus de monde jusqu'à se que la salle finisse par être comble.

Les soirs défilent et finalement un jour, Cylia finit par attirer l'attention d'un certain groupe dénotant des touristes et résidents. Une fois sa représentation terminée, les hommes, qui avaient éveillé la vigilance de la jeune Marine, l'enlève sous l'œil impuissant des témoins et l'embarque de force avec eux après l'avoir ligoté avec une corde. Elle se retrouve conduite dans un endroit inconnu à dos de chameau, les yeux bandés.

Mais alors qu'ils ralentissent l'allure, sans doute parce qu'ils sont arrivés à destination, une forte odeur d'or lui envahi les narines. Ils lui découvrent les yeux et la conduisent dans une tentes où ils la jettent en compagnie d'autres femmes et de jeunes enfants.

-Inutile de tenter de vous enfuir, votre tente est étroitement surveillée. Tâchez de ne pas l'oublier vous tous aussi ! Vous savez se qu'il en coûte de tenter de nous faire faux bond.

Je me redresse, toujours les bras ligotés le long du corps. Je jette un regard noir au pirate qui tourne les talons en m'ignorant et me laisse seule avec les autres victimes. Elles sont toutes attachées mais avec de vieilles chaînes rouillées aux chevilles, je suppose qu'ils ont utilisé de la corde dans mon cas pour éviter de me laisser des écorchures. Enfin, s'ils voyaient les cicatrices que j'ai masqué sous la crème, ils seraient bien surpris...


Je regarde un peu les civils enlevés. A première vue, ils n'ont pas été spécialement maltraités, ils ne sont pas amaigris et je ne vois aucun signe de déshydratation. Pas de marque de coup non plus... C'est au moins ça. Par contre, psychologiquement les moins résistants, c'est à dire les enfants, n'ont pas l'air au mieux de leur forme.

Soit ils pleurent sans s'arrêter, poussant de petit couinements, soit une profonde peur se dessine sur leur visage. Mais même les femmes, bien qu'elles soient adultes, sont particulièrement touchés elles aussi. La plupart ont la tête basse, craignant sans aucun doute pour leur avenir.

J'aimerai les rassurer, si je leurs disais seulement que je suis une officier de la Marine en mission, elles se sentiraient peut être mieux, mais ça serait prendre le risque de perdre ma couverture. Tout se que je peux faire, c'est leurs dire quelques paroles apaisantes...

-Ne vous en faites pas, tout s'arrangera, ce n'est qu'une question de temps. Le Roi ne nous abandonnera pas.

Les civiles présents me scrutent attentivement, puis quelques lueurs d'espoirs traversent leur regard.

-C'est vrai ! Le Roi Cobra n'abandonnerait jamais sont peuple, il payera la rançon comme il l'a fait pour ceux qui ont été enlevés par le passé.

-Oui ! Il nous sortira de là !

Une dame souri à un enfant lové contre elle, ils s'observent et elle lui parle d'un ton très calme.

-Tout ira bien mon chéri, ne t'en fais pas. Fais confiance à notre bon Roi... d'accord ?

-Mmh !

Le petit enfouit son visage contre le ventre de sa mère. La confiance qu'ils ont en leur souverain est épatante... Il m'a suffi de le nommer pour qu'ils se rassurent immédiatement. Bon, maintenant voyons le monde qu'il y a ici... Je ferme les yeux et me concentre pour sentir les présences humaines. Il y a une vingtaine d'hommes dans le camps. Avec les deux équipes réunies, nous serons quatorze.

Je continue de rester concentrée sur mon haki de l'observation pour surveiller les mouvements des hommes dans le camp.

Bien que ça me fatigue, je prends sur moi et poursuis exactement comme dans les entraînements de Garp. Mais après deux heures passés, la nuit a finis par tomber. Nous sommes éclairés par les pales lueurs des lampes disposées sur la bâche sur laquelle nous sommes tous assis.

Les lueurs des feux de camps se distinguent à travers la fine toile et le froids de la nuit me fait frissonner. Normal avec des vêtements aussi inadaptés... Ma respiration s'accélère et mon souffle irrégulier laisse une fumée blanche dans l'air en sortant de ma bouche. Ce n'est pas bon... Si je continue comme ça, je vais faire de l'hypothermie, mais je dois tenir bon, sinon tout pourrait finir à l'eau.

Subitement, quelqu'un entre dans la tente. La faible lumière des lampes ne me permet pas de voir le visage de l'individu qui est à quelques pas de moi. Le courant d'air qui s'est créé avec son intervention me fait frissonner de plus belle et un gémissement plaintif s'échappe de mes lèvres. Je tremble de plus belle, à tel point que ça m'étonnerait que ça ne soit pas visible...

-Eh bien ma belle, tu as froids ? Aller, tu vas venir avec nous. Le patron a un faible pour les danseuses. Dommage que tu sois réservée, sinon je t'aurai bien réchauffé moi ! Hé hé... Bon, lèves toi, soit docile et tout ira bien. Je t'amène à lui.

J'essaye de me relever mais mes jambes sont ankylosées à cause des heures passées sans bouger. Après quelques minutes, je finis par arriver à récupérer mon équilibre, mais lorsque je relève un peu le regard, je m'aperçois que l'homme est déjà proche de moi et sort un couteau. Je me tends immédiatement, prête à en démordre si ses intentions sont malvenues...

-Hey, ne te tends pas comme ça sinon le patron le verra et je vais me prendre un tir. Je vais juste te détacher, si tu reste ligotée ça va briser ton charme. Enfin... il coupe les liens et range son arme blanche, ça dépend du point de vue. Hé hé...

Gros dégueulasse va... mais ne plus avoir cette corde est effectivement plus agréable. Il passe dans mon dos et me fait avancer en me poussant. Pour le moment, j'obéis docilement, du moins le temps de confirmer l'identité de celui auprès de qui je suis amenée.

On arrive sous une tente encore plus grande que celle ou j'étais retenue avec les civils et l'odeur de viande et d'alcool m'emplit les narines. Les criminelles ne portent pas des tenues typique du coin, mais des vêtements troués et usés par le temps. Quelques-uns portent toutefois un turban qui couvre une partie de leurs visages. Un seul d'entre eux se démarque, il est au centre, avachi sur un important tapis de coussins et porte une armure dorée. Le teint de son visage est trop clair pour quelqu'un qui est censé être dans le pays depuis un moment déjà.

En me voyant arriver, ils tournent tous la tête vers moi et des lueurs lubriques transparaissant dans les regards de certains. Le type avec l'armure, que j'ai tout de suite identifié comme étant faite d'or au vu du parfum appétissant qu'elle dégage, ne dérobe pas à la règle.

Tout en m'observant attentivement dans ma tenue trop légère pour le froids ambiant, il continue de manger la viande entreposé sur une table devant lui.

-Aaaah voilà la danseuse... ma petite danseuse ! Viens ici, ma jolie... Viens t'asseoir en ma compagnie.

Non, tu pues, je n'ai pas envie sale porc. Comme j'aimerai lui dire ça... Enfin, je dois jouer le jeu le temps de confirmer son identité. J'avance doucement, jusqu'à être juste devant sa table. Maintenant que je suis plus proche de lui, je vois que l'un de ses yeux est blanc, comme s'il en avait perdu l'usage.

-Viens t'asseoir à coté de moi. Juste là, sur mes coussins, que tu puisses me servir de l'alcool et que je profite de ta charmante compagnie.

Pas effrayée du tout par lui, je fais se qu'il me demande et m'installe juste à ses côtés. Il attrape une couverture en fourrure et me la dépose sur les épaules. Il en profite au passage pour m'effleurer les reins de ses mains et passe son large bras autour de ma taille.

-Là, tu trembleras moins maintenant. À moins que ça ne soit ma présence qui t'intimide ? Té hé hé !

Non mais tu crois quoi... ? Que je vais avoir peur d'une raclure dans ton genre ? Tu n'arrives même pas à leurs chevilles... pirate d'eau douce.


-Hum... ou... oui...

Il m'attire un peu plus contre lui et rigole de manière excentrique en tirant la langue et en levant ses pupilles vers le plafond. Je tends le bras et attrape une carafe remplie d'alcool pour lui remplir sa chope à ras-bord. Je lui donne et il l'a boit sans réfléchir une seconde.

-Que dirais-tu de devenir ma femme, hein ? Je suis un pirate riche ! Je te couvrirai d'or !

Comme si j'avais besoin d'un trou du cul pareil pour trouver de l'or. Les shirohige m'ont fais une offre bien plus intéressante que la tienne, bon à rien...

Je ne lui répond que part un sourire faux et le ressert de nouveau. À chaque fois qu'il la finit, je lui rempli de nouveau sa chope et sous l'euphorie de l'alcool, il déblatère énormément de choses. Progressivement, je commence à interagir dans ses monologues, préparant le terrain pour le moment propice.

Je n'ai pas besoin d'être très patiente, contrairement aux vrais pirates que j'ai pu côtoyer, il ne tient pas très bien l'alcool. Même moi, je pense mieux tenir que lui... Commençons à passer aux choses sérieuse. Ça m'étonnerait que tu sois encore vivant longtemps, tes crimes vont peser trop lourd dans la balance mec.

-Dites, je glisse ma main sur la jambe recouverte de l'armure doré, vous devez être intelligent pour avoir trouvé une solution pour vous couvrir d'or...

-Bien sûr que je suis intelligent ! Tout les gamins et femmes qui ne me servaient à rien, au lieu de les rendre à leurs familles et d'en tirer aucun pognon, j'les revendais au marché noir !

Je ne dis rien, le laissant continuer à avouer ses crimes.

-Comme ça, j'me faisais une réputation et toutes les familles étaient au courant des risques de ne pas payer. Au final, s'ils n'avaient pas les moyens de le faire, s'était les pères de familles qui venaient proposer de prendre leurs places en tant qu'esclave ! Pff ha ha ha ! J'y gagnais bien au change, un homme bien bâti ça se revend mieux que des gosses et des femmes... Quoi que, quelques unes m'ont bien rapporté en les vendant à des maisons closes.

-Tu as dis que tu étais riche, combien en as-tu vendu ?

Il bombe le torse en avant de fierté, je baisse la tête et me retient tant bien que mal. Je sens le sang pulser dans mes veines tellement une violente colère me saisit.

-Des centaines ? Peut être plus encore... !

-Où ?

Mon ton était froids cette fois-ci, les hommes de mains présents tiltent devant mon comportement.

-Capitaine, vous ne devriez pas faire un peu plus attention à cette femme ?

Je reporte mon regard sur le visage de l'autre dégueulasse, il est rouge de colère. Il tend son bras vers son compagnon qui recule de frayeur. Ceux qui étaient à côté s'en éloignent en vitesse. J'entends le bruit d'un mécanisme et une arme sort du bras tendu.

-PAN !

Sans le moindre scrupule, il tue le type qui venait de tenter de le prévenir.

-Je ne t'ai pas demander ton avis !

Il repose son bras autour de ma taille et me sourit de nouveau comme si de rien n'était.

-Je les revendais directement au marché noir chérie, comme je te l'ai dis... Je ne m'occupais pas de leurs reventes individuellement, je me contentais de les apporter directement à Shabondy avec notre navire. Mais depuis qu'on est ici, je n'ai pas eu besoin de refaire le trajet... mais parlons de choses sérieuses ma belle.

Il se tourne vers moi et un filet de bave commence à dégouliner du coin de sa bouche. Il allait m'attraper mais je me relève avant.

-J'en ai assez entendu les gars, NETTOYEZ MOI TOUT ÇA !

Le Capitaine à l'armure me regarde avec de gros yeux et les hommes présents sous la tente sursautent également. Mais une majorité d'entre eux ne réagissent pas de la même manière, comme s'ils n'attendaient que mon ordre, ils me répondent d'une voix commune.

-Entendu Capitaine !

L'homme à mes pieds réagi enfin et il se relève de nouveau rouge de colère.

-Que... ?!

Des bruits de combats se font entendre à l'extérieur, ceux qui m'ont répondu portaient tous un turban, ils le retirent et commencent à tuer sans la moindre retenue ceux qui sont proche d'eux. Je reporte mon attention sur l'homme à l'armure d'or debout à mes cotés.

-Qu'est-ce que ça veux dire ?! QUI ES TU GARCE !

-Oh, parce qu'en plus tu es débile... ? Inutile de me présenter, ça serait une perte de temps. Je vais m'occuper de ton cas en moins de deux minutes.

-Essayes donc ! Mon armure me protège, tu seras morte avant de-

À l'image de mes compagnons, j'affiche aussi un sourire sadique. Je laisse enfin ressurgir les instincts de l'Alicanto que je tenais bridés jusqu'à présent. Je tends ma main, touche l'or recouvrant mon adversaire et il se met à briller.

-Mais pourquoi... pourquoi le mécanisme ne fonctionne plus ?!

Il se retourne et part en courant pour tenter de fuir comme un lâche. Il sort de la tente avec précipitation et je le suis lentement. Mes hommes ont bien fait leur travail car même à l'extérieur, il n'y a plus un seul criminels en vie.

Les nuages ont été dégagés par le vent et les rayons de la lune qui étaient précédemment masqués permettent d'avoir une vue claire dans la nuit. Maintenant que j'ai suffisamment d'espace, je prends ma forme de zoan. Mes bras se changent en ailes et mon corps est remplacé par celui de l'Alicanto.

Ma cible continue de courir mais la panique le ralenti, il n'arrête pas de tomber et sa course est lente.

J'use alors de la particularité de mon animal et l'or recouvrant ma future victime se mets à briller de nouveau. Il commence alors à se rapprocher de moi, comme deux aimant s'attirant.

-Non... non, non ! NON !

Il tente de se retenir sur place en griffant le sol avec ses mains, mais ses tentatives sont vaines et il ne peut pas m'échapper. Il se rapproche inexorablement et finit juste devant moi, allongé au sol. Il se retourne sur le dos avec une expression de terreur.

-Vous... vous êtes qui ? Des pirates ? J'ai de l'or, plein d'or ! Je vous le laisserai en échange de ma vie !

Maintenant que je suis sous ma forme de zoan, je ne peux pas lui répondre. Mais mes hommes le savent et ils s'en chargent à ma place.

-On n'est pas des pirates, on travail pour la Marine.

-Dans ce cas... dites-lui d'arrêter de me scruter avec ce regard ! Vous n'allez pas me tuer, vu que je me rends ! Alors qu'elle arrête !

-Nop, pas de chance pour toi, mais tu n'es pas tombé sur des Marines normaux.

-Attendez... vous êtes cet équipage de Marine qui fait parler d'eux dernièrement ?

Mon compagnon n'a pas le temps de lui répondre que je l'attire jusqu'à mon bec et avale d'une traite l'armure et le pirate avec.

-Cap'taine, vous ne pensez pas que vous allez avoir du mal à le digérer... ?

Je reprends forme humaine afin de pouvoir répondre. Je m'essuie la bouche et le regarde calmement.

-Je voulais m'en occuper moi même, et c'était le moyen le plus rapide. Ne t'en fais pas pour mon estomac...

-Il ne parlait pas de votre estomac, reprend un autre, mais plus... de l'aspect psychologique.

-Ça ira, merci... Les civils n'ont rien ?

-Ils vont tous bien, Beart est avec eux sous la tente.

Je retire le manteau de fourrure que j'avais sur les épaules et le donne à l'un de mes hommes en lui disant de l'offrir à l'un des anciens otages. Je ne tiens pas à garder quelque chose acheté aussi salement...

Mais une fois qu'il l'a dans les mains et qu'il a entendu mon ordre, il retire sa veste et me la dépose sur les épaules. Le temps que je me remette de ma surprise, il est déjà parti remplir sa tâche.

Je souri en pensant que je suis vraiment bien entouré...

À suivre...


(1) Parent : je précise, il s'agit du verbe parer conjugué à la 3ème personne du pluriel.

(2) Travlote : ça me fait penser tout de suite à travesti. C'est volontaire comme ça vous pouvez vous imaginer le personnage sans que je le décrive. Mais franchement, n'ai-je pas un don pour les prénom pourri ?