Précédemment…
Après s'être infiltrée dans l'équipage des Guy, les pirates qui sévissaient depuis un moment au royaume d'Alabasta, Cylia et son équipage les ont neutralisé.
Chapitre 64 : Révolutionnaires
Après avoir escortés tous les civils en sécurité à Nanohana, nous sommes retournés au navire finir le reste de la nuit dans nos lits. Enfin, ce fut le cas pour mes hommes car personnellement, je devais encore répondre à mes devoirs d'officier. J'ai donc constitué un rapport complet des récents événements.
J'ai aussi dû contacter par escargophone le service de permanence à Marineford pour leur transmettre au préalable le déroulé de la mission. Toute information non connue doit être impérativement retransmise dans les meilleurs délais possibles au QG.
Après être restée pas un moment sur mon siège, j'ai d'affreuses crampes. Toujours assise, je me recule du bureau et m'étire en faisant craquer mon dos douloureux. Je laisse un grand bâillement peu féminin s'échapper de mes lèvres et deux petites larmes s'évadent de mes yeux. Je ne calcule que maintenant, mais le soleil a déjà commencé à se lever. Actuellement vautrée, je n'ai qu'une seule réelle envie, c'est de dormir, mais je prends sur moi, bien que je n'ai pas envie de bouger. Ca attendra, car on a du boulot aujourd'hui. Après une douche rapide, je remets un uniforme propre. J'ai réveillé les gars qui se sont préparés rapidement, petit déjeuner compris. Après, avec une partie d'entre eux, nous sommes allé auprès des autorités locales afin de leurs expliquer ce qu'il s'est passé. Ensuite, nous nous sommes chargés du ravitaillement du navire, puis j'ai laissé quartier libre à tous mes hommes jusqu'au lendemain midi.
J'ai tout à fait conscience qu'ils sont différents des soldats de la Marine et il est important de ne pas chercher à les faire rentrer dans le moule des bons petits soldats modèles. Ils sont d'anciens pirates et après avoir longuement discuté avec eux, j'ai pris d'avantage connaissance de leur ancien rythme de vie. Et au final, on s'entend très bien, parce que je partage leur vision des choses. Nous sommes loin d'être des enfants de cœurs, tous autant que nous sommes. Entre les combats à mort sanglants, les dangers de la vie en mer et pour la majorité d'entre nous, l'absence de chaumière où rentrer, fait que psychologiquement, il nous faut bien un moyen d'évacuer.
La douce chaleur des bras d'une femme le temps d'une nuit, dans leurs cas, est un bon moyen pour se remettre d'aplomb.
Après, passer de bon moment à festoyer tous ensemble, c'est une excellente méthode pour resserrer nos liens afin d'être toujours plus unis. Mais c'est aussi et surtout un grand plaisir et une très bonne méthode de se satisfaire tout en décompressant. Je ne comprends même pas comment on peut concevoir un ravitaillement sans une goutte d'alcool... La Marine est vraiment étrange là-dessus.
De mon côté, j'ai profité de ce temps libre pour discuter avec les civils afin d'affirmer notre réputation et augmenter de manière positive notre cote de popularité. Si je veux que l'on puisse rapidement avoir plus de liberté, il me faut employer toutes les stratégies possibles.
Je vais donc aussi bien en ville auprès des villageois, dans les bars de rue, dans les commerces, que dans des lieux fréquentés par les familles, tels que les écoles de quartier. Après, je me rends également au port où se trouve de nombreux navires commerçant.
Finalement, la journée se termine rapidement et épuisée, je rentre au navire pour passer la nuit dans ma petite cabine personnelle. Dormir avec mes hommes ne me dérange pas tant que ça, mais ils ont la fâcheuse habitude d'oublier un peu que je suis de la gente féminine et donc question pudeur, ce n'est pas franchement terrible.
Le lendemain matin, je suis interpelée par un groupe de soldats d'Alabasta qui m'indiquent que le Roi souhaite nous rencontrer afin de nous présenter ses remerciements en personne. Bien que surprise, je suis bien contente d'entendre cette nouvelle. Qu'un Roi nous présente ses remerciements, ça va peser lourd dans notre balance ! Le responsable du petit détachement de soldat m'indique qu'ils se chargerons de nous escorter jusqu'à la capitale.
Nous partons donc en début d'après-midi à dos de chameau, mes hommes ont gardé leurs tenues décontractées, comme d'habitude, tandis que de mon côté, j'ai toujours l'uniforme accompagné d'un ensemble de tailleur blanc. Et naturellement, la cape d'officier est sur mon dos ainsi que la casquette de la Marine, mon wakizashi et ma fine épée se trouvent eux aussi à ma taille.
Nous traversons le désert assez rapidement et arrivons à destination le soir. L'heure tardive faisant qu'il me semblait incorrect de nous présenter au palais, j'ai préféré indiquer à notre escorte que nous passerons la nuit dans une auberge et que nous viendrons nous présenter au Roi le lendemain dans la matinée.
Au petit matin, avec une bonne partie de mon équipage, nous prenons la direction du palais et nous nous retrouvons rapidement devant l'imposante façade. De nombreuses marches en pierre blanches polis permettent de monter jusqu'aux larges portes massives. Nous commençons à les emprunter tranquillement sans former les rangs.
Je laisse avidement mon regard se poser sur le toit brillant sous la lumière du jour. La couleur vive et le délicat parfum qui domine mon odorat me fait bien comprendre qu'il est recouvert d'or.
Bien que j'ai pris un bon petit déjeuné avec les gars, ça me donne terriblement envie… mais ça l'afficherait mal. Quel dommage… il sent terriblement bon !
-Cap'taine, vous bavez…
Je sursaute un peu, ayant été trop perdue dans ma contemplation. Je me rends finalement compte que fixer avec autant d'insistance le toit n'était pas une très bonne idée... Je m'essuie le petit filet de bave qui commençait à atteindre mon menton.
-Avouez au moins que vous mourrez d'envie d'aller récupérer l'or de la toiture du palais…
Je soupire et passe ma main sur ma nuque, un peu gênée.
-Grave…
Ils rigolent tous bruyamment.
-Sérieusement, l'un d'entre eux arrive à parler malgré son hilarité, qu'est-ce que vous faites dans la Marine ?
-Ouais, surenchéri un second, plus on passe de temps avec vous…
-Et plus il nous parait évidement que vous avez le profil idéal pour la piraterie ! Complète un troisième intervenant.
-Ah non ! Je gonfle mes joues de mécontentement, vous n'allez pas vous y mettre vous aussi ?!
Intrigués par ma phrase, l'un d'entre eux relève mes dires.
- « Nous aussi » ?
-Peu importe, nous sommes arrivés en haut des marches et rentrons dans une cour, on a déjà commencé à trop se faire remarquer les gars !
Effectivement, notre comité d'accueil nous observe avec des mines fortes surprises dû aux rires et moqueries de mes compagnons cumulés à ma mine boudeuse.
Cylia, accompagnée par une partie de son équipage, sont reçus chaleureusement par le Roi et ses sujets. Ils sont remerciés et le souverain leur demande ce qu'il peut faire afin de leurs prouver sa reconnaissance.
Elle explique alors le projet de la Marine dont ils sont les principaux acteurs. Il comprend très rapidement la situation et donc le souhait de la jeune officier. Il propose de faire remonter un courrier de remerciement de sa main, afin qu'elle puisse bénéficier des meilleures retombées possibles.
Les valets, soutenant également la volonté de leur souverain, proposent même de raconter cette histoire aux médias pour faire d'avantage d'effet. Évidemment, Cylia est plus que contente des propositions faites et les remercie fortement.
Après quelques échanges sur divers sujets, ne souhaitant pas perdre trop de temps, le groupe de Marine se retire et quitte la ville, accompagné seulement d'un guide. Ils pensent donc reprendre le chemin vers Nanohara… Erreur, car le guide les oriente en réalité vers un groupe d'individu ayant à faire avec la jeune femme. Après quelques heures passées sous le soleil de plombs du désert à dos de chameau, ils se retrouvent brutalement encerclés par un groupe d'hommes armés à dos chameau, les tenant en joues.
Mes hommes se mettent sur la défensive, mais si les coups partent, on ne s'en sortira pas tous indemne…
-Du calme les gars, on n'est pas du tout en position de force. Qui êtes-vous et que voulez-vous ?
-Suivez nous sans faire d'histoire et laissez vos armes à terre. On conversera plus tard, Marines !
Naturellement, mes compagnons n'obéissent pas mais attendent mes ordres. Les inconnus restent toujours trop agressifs, je ne veux pas perdre un seul de mes hommes dans cette histoire.
-Vous restez ici et il n'est pas question de remettre vos armes. Rester vigilant mais n'ouvrez surtout pas les hostilités. Par contre, s'ils commencent, vous avez carte blanche, peu m'importe qui ils sont, au pire j'en prendrais la responsabilité.
Je descends du chameau sous leurs regards surpris.
-Cap'taine ! Qu'avez-vous l'intention de faire ?
Je retire le wakizashi et mon épée de ma taille et les tends à Isao. Je redirige ensuite mon attention vers les hommes qui nous entourent, les scrutant avec attention.
-Vous devrez-vous contenter de moi. J'avance désarmer d'un pas assuré vers eux, autre chose, si il leur arrive quoi que ce soit, je vous fais le serment que vous y laisserez la vie… d'une manière ou d'une autre.
Mon ton et mon regard menaçant font passer très clairement le message. Lorsque j'arrive à proximité de nos mystérieux ennemis, l'un d'entre eux prend la parole. Je suis face à lui, le vent un peu agité fait voleter des grains de sables qui fouettent ma peau. Je reste immobile, gardant en tête que mes hommes sont dans mon dos.
-Hum… c'est de vous dont nous avons besoin, il n'y a pas de problème.
-CAPITAINE ! Il n'est pas question qu'on vous laisse-
Je lui coupe la parole tout en gardant mon regard sur l'homme face à moi.
-SA SUFFIT ! Vous restez ici, c'est un ordre !
Ils restent scotchés sur place par la stupeur puisque je ne donne jamais d'ordre direct. Je jette un coup d'œil par-dessus mon épaule et leur fais un sourire rassurant.
-Ne vous en faites pas, même sans arme blanche, je sais me défendre comme une lionne, vous le savez. Et quand bien même j'aurai des problèmes, vous serez en meilleurs positions pour intervenir intelligemment.
Je reporte mon attention sur mes armes que je leur ai confié.
-Isao, dégaine légèrement le wakizashi.
Le jeune me regarde un peu surpris mais exécute ma demande, un petit morceau de papier manque de s'envoler dans un courant d'air mais il l'attrape du bout des doigts.
-Un ami m'a fait une vivre card, il m'en a laissé un morceau…
Ils me scrutent tous avec attention, commençant à comprendre là où je veux en venir.
-Donc, je poursuis toujours avec sérénité, si j'ai un problème vous le saurez immédiatement. Et vous serez mieux placés pour pouvoir intervenir que si vous êtes tous désarmés et entre leurs mains. Je leur fais un grand sourire, je vous fais entièrement confiance les gars !
Isao sert le morceau de vivre card dans sa main. Je vois dans leurs yeux la détermination dont ils font preuves.
-Vous pouvez compter sur nous, Cap'taine !
Leur réponse unanime et sans hésitation me fait chaud au cœur.
-Je le sais bien ! Je reporte mon attention sur mon ravisseur, je vous suis.
Il descend de sa monture, attrape une paire de chaine et me menotte les mains dans le dos avec. Je perds mes forces immédiatement, c'est donc du granite marin. Il me bande les yeux et me fait grimper sur sa monture avant de se placer dans mon dos. Les mouvements de l'animal me font ensuite comprendre que nous commençons à nous déplacer.
Après un moment, nous nous arrêtons enfin. Il me fait descendre de la monture et me retire le bandeau des yeux. Je jette un petit coup d'œil aux alentours : nous sommes toujours dans le désert, mais dans de vieilles ruines de ce qui avait dû être un jour une ville. Je ne vois pas du tout où l'on est, mais je me doute que nous n'avons pas dû beaucoup nous éloigner de la position de mes hommes en moins d'une demie journée à dos de chameau.
Je n'ai que peu de force et pour le moment, je ne fais que suivre docilement la direction que l'on me dit de prendre. La chaleur asséchante du désert, cumulée à mon état de faiblesse, fait naître un malaise. J'ai une boule au ventre… qui sont ces gens ?
Je tente de ne rien laisser paraitre… mais un œil avisé pourrait très bien lire dans mon jeu d'acteur.
-C'est donc toi l'officier Cylia, buru (1) ?
Je tourne la tête en direction de la voix. J'ai un geste de recul et des gros yeux en apercevant l'étrange personnage qui est à quelques mètres de là.
Il est très grand et sa tête est anormalement grosse, ses cheveux sont coiffés en une coupe afro violette et il a une grosse couche de maquillage sur le visage. Le pire est sa tenue… une espèce de… maillot de bain… ? Il est rougeâtre, avec des basses résilles (2), un collier de perle, des gants, des bottes à talon et pour finir, il a une couronne sur la tête.
-Emporio Ivankov… le Révolutionnaire !
Je comprends maintenant, mais il me reste à savoir se que peuvent bien me vouloir des révolutionnaires… ?
-Vous semblez me connaitre, je ne suis que Commandante… Qu'est-ce que vous me voulez ?
-On travail sur une affaire de traite d'esclave et le gouvernement n'est pas tout blanc là-dedans encore une fois.
Je réfléchis aux paroles qu'il vient de prononcer.
-Je vois… et le rapport avec ma présence ici ?
-Plusieurs ! D'abord, il se rapproche de plusieurs pas, je sais que tu t'es occupée de l'équipage pirate des Guy, mais on aurait besoin que tu nous dises se qu'il a pu te révéler avant que tu l'achèves.
Je l'observe avec attention et médite sur le comportement que je devrais adopter. En principe, je ne devrais rien dire et garder le silence, mais il n'y a rien de particulier dans se qu'il me demande… et en plus, il s'agit de civils réduit en esclavage.
Je décide donc de lui raconter ce que le Capitaine m'a dit avant que je ne l'avale avec son armure. Il ne réagit pas, gardant une attitude calme, ne laissant rien présager de ses intentions.
-Je vois. Il se met à faire un large sourire, dis donc, je n'ai pas eu à te forcer la main pour que tu nous adresses la parole ! Pourquoi as-tu choisi de sortir d'anciens pirates d'Impel Down pour en faire ton équipage ? C'est illogique comme comportement pour un officier de la Marine.
-Protéger mes compagnons est une mauvaise conduite selon vous ?
Il ne quitte pas son sourire. Il est tellement étrange que je le trouve un peu effrayant… pourtant j'en ai vu des hommes flippants, un peu trop même...
-Non du tout buru ! Mais déjà, un officier ne parle pas de « compagnon », mais juste de soldats sous ses ordres.
J'ignore sa remarque et reprends la conversation en main, pressée de retrouver les miens.
-Bon, vous m'avez parlé de deux raisons qui font que je suis devant vous actuellement. Qu'elle est la seconde ?
Il m'observe plus sérieusement cette fois.
-On a entendu parlé de toi, Mademoiselle l'officier sous la protection d'Akagami no Shanks.
Sous la surprise, je réagis vivement.
-Quel est le rapport avec vous ?
-Pourquoi es-tu dans la Marine ?
-C'est évident, pour servir la justice.
Un silence suit mes paroles, comme si j'avais laissé en suspens une partie de ma phrase. Je soupire, voyant qu'il ne lâchera pas l'affaire.
-Et protéger les civils, ceux qui n'en ont pas la force.
-Tu servirais bien plus de personne en-
-Travaillant avec vous ?
Je l'ai coupé dans sa phrase et il ne rétorque rien, restant les bras croisés devant moi me laissant comprendre que j'ai touché juste.
-Écoutez-moi bien, je ne trahirais pas la Marine. Je dirais bien que je préfère encore mourir, mais j'ai des hommes à sortir de situations délicates. Je le scrute avec sérieux, soyez assuré que je ne changerais pas mes positions.
-On a déjà un certain nombre de collaborateur au sein du Gouvernement, tu n'entourerais aucun risque, nous nous en assurerions.
Je relève un peu plus la tête et avance d'un pas vers lui, nous mettant à proximité l'un de l'autre, de manière à lui montrer ma détermination qui est sans faille.
-Il semble que je ne sois toujours pas assez clair : je ne les trahirais pas. Je compte bien appliquer ma propre vision de la « Justice » et je refuse de tourner le dos à mes principes. Quoi qu'il arrive, je resterai à son service.
-Je commence à comprendre pourquoi ils t'ont gardé dans leurs rangs malgré que tu sois amie avec l'un de leurs ennemis ! On n'en a pas encore fini avec toi. Il réfléchit une courte seconde, il devrait pouvoir être effectivement d'une bonne aide, puisqu'il doit avoir pratiquement ton âge. Je dois juste m'assurer que tu reviennes vers nous ! Rejoins-nous au sud de l'île Little Garden.
-Et pourquoi je ferais ça ? Je n'ai aucune raison !
Un effrayant sourire sadique s'étire sur ses lèvres.
-Mais je vais t'en donner une…
Il lève une main et des aiguillons se forment au bout de ses doigts recouverts de gants. Hiiiic ! Il fait peur ! Un psychopathe à aiguille !
-AAAAHH ! NON NON PAS DES AIGUILLES !
-Emporio Otoko (3) Hormones !
D'un mouvement sec, il plante ses atrocités dans ma peau. Suite au violent choc émotionnel, je perds connaissance…
À suivre…
(1) Buru : tique de langage. Je l'ai trouvé ainsi écris sur One Piece wikia.
(2) Résilles : des collants quadrillés, en tissus fin généralement.
(3) Otoko : homme en japonais – note : épisode 439 de One Piece
