Hors-série 3 : Avenir
Hand Island, cette île d'artisans est actuellement sauvagement attaquée par un groupe de pirate. Les habitants, bien que n'étant pas des combattants dans l'âme, arrivent malgré tout à se défendre grâce à leurs ingénieuses inventions. Le cours de la bataille leur est favorable, bien qu'il y ait bon nombre de perte à déplorer. Les touristes et autres personnes non résidentes en temps habituel agissent de différentes manières.
Certains ont choisi de fuir le plus rapidement possible, un choix logique. Toutefois, les mers du Shin Sekaï peuvent s'avérer bien plus dangereuses que les pires vauriens. D'autres se sont barricadés dans leur logement, ceux-là ont eu la chance de pouvoir se sauver avant d'être happés par les pirates.
Mais les plus téméraires ont choisi une autre alternative, celle de combattre. Ils se lancent alors dans une bataille sanglante et quelques-uns choisissent de tuer leurs adversaires. Heureusement pour les artisans qu'il y en a, car ces derniers n'ont pas, pour la plupart, la détermination suffisante pour faire une telle chose…
Mais alors que les combats perdurent, un bateau à la taille démesurément grande, sa proue entièrement blanche à tête de baleine, s'approche du port. Sa couleur du bois vernis se mêle à des bandes bleues et de nombreux canons sont visibles depuis l'extérieur grâce aux ouvertures le long des deux côtés. Il y a quatre mats et sur chacun d'entre eux trône fièrement un emblème pirate : celui des Shirohige kaizokudan (1).
À son bord, l'équipage met tout en œuvre pour atteindre le plus rapidement possible l'île d'où s'élèvent de nombreuses flammes qui percent l'obscurité de la nuit.
Lorsqu'ils arrivent enfin, ils ne perdent pas une seule seconde et d'une mécanique bien rodée au fil des années, commencent à agir. Des équipes se formes et parcours la ville en attaquant les pilleurs.
La faiblesse de leurs opposant leurs fait constater très rapidement qu'il n'est pas nécessaire d'employer beaucoup de force, donc les membres les plus fort ont délégué le travail à d'autre.
Au milieu de la grande place en bordure du port se trouve deux groupes distincts. D'un côté, l'un des quatre Empereurs des mers : Shirohige. Il est accompagné par bon nombre de ses fils, dont des Commandants parmi lesquels se trouve Marco le Phoenix.
Le dialogue avec les habitants est particulièrement tendu et compliqué. Bien qu'ils soient présents pour des raisons pacifiques et leur offre une protection, des opposants restent farouchement sur leurs positions : « On a trop souffert par la faute des pirates, il n'est donc pas question de leur octroyer la moindre confiance ! ».
Le désir de vengeance est lui très fort car il était déjà trop tard lorsqu'ils sont arrivés. Des fils, des maris, des femmes, des enfants… voici ce que les victimes ont perdu à jamais. La haine qu'ils éprouvent à l'instant présent, fait qu'ils mettent tous les pirates dans le même sac.
Mais alors que les négociations semblent se détériorer, les regards se posent sur une étrange créature volante.
Les lumières des lampadaires orangées se reflètent sur les plumes dorés de l'animal, son apparence fait penser à un faucon d'une plus grande envergure. Toutefois, les battements d'ailes désorganisés permettent à un œil aiguisé de comprendre qu'il y a sans aucun doute une blessure qui handicapes ses mouvements.
Lorsqu'il arrive à proximité du sol, il prend une forme humaine et chute. Il s'agit d'une femme, portant une robe centrée taillée à l'image d'un uniforme militaire. Le vêtement originellement blanc et noir est actuellement principalement rouge, tâché par du sang.
Un tatouage sur son épaule gauche attire l'attention des pirates, effectivement, l'emblème de la Marine y est représenté en bleu foncé. Le second point intrigant est l'une des deux lames attachées à sa taille. La première est une rapière (2), une arme qui peut être adaptée à la morphologie d'une femme. C'est la seconde qui pose problème, non pas que ce soit le fait qu'il s'agisse simplement d'un wakizashi (3). Non… le souci est la valeur symbolique qu'ils y reconnaissent : la propriétaire est marquée comme étant sous la protection d'Akagami no Shanks.
Elle ne semble pas s'en cacher, c'est plutôt étrange quant on repense à son épaule tatouée. Il n'empêche que si elle a une telle chose en sa possession et qu'elle lui a vraiment été remis par Le Roux, alors ce dernier doit sans l'ombre d'un doute posséder une vivre card d'elle.
Shirohige observe calmement ce qui se passe et ses fils en font de même. Puis, lorsqu'elle tourne sa tête pour les regarder et bien qu'elle est changée physiquement, le second de l'Empereur la reconnaît immédiatement. Les traits de son visage se sont affinées, faisant disparaître les dernières rondeurs de l'enfance qu'il lui restait encore deux ans auparavant. Ses cheveux ont toujours une couleur cuivrée et ne lui semble pas bien plus long, lui arrivant à hauteur des épaules.
Elle a l'air d'avoir toujours sa petite taille et bien que son corps semble être devenue davantage celui d'une adulte, elle donne l'impression d'être trop chétive pour le combat. Mais il ne faut pas se fier aux apparences, comme en témoigne son état qui démontre clairement qu'elle a battu et tuer nombre d'adversaire.
Discrètement, tandis qu'elle dialogue avec le leader des opposants, il attire l'attention de son Capitaine.
-Oyaji (4), je la connais.
Sans bouger son regard de la jeune femme, il démontre discrètement à son fils qu'il l'écoute.
-Hum ?
-L'apprentie Marine d'il y a deux ans, Cylia… c'est elle yoï.
L'imposant homme ne dis rien pendant un instant.
-Elle n'hésite pas à se salir les mains.
Chacun ne dit plus un mot de plus, restant concentré sur l'évolution de la situation.
-PAN !
Un coup de feu est parti, mais la balle n'a rencontré que la surface du sol. L'homme qui vient de tirer s'écroule en pleure dans les bras de Cylia. Finalement, maintenant que le conflit a pu être défait, des échanges vont pouvoir avoir lieu.
La jeune femme laisse l'homme aux soins des villageois et fixe son attention sur le Maire qui, bien que tremblant de toutes parts, ose s'avancer vers Shirohige et ses fils. Mais la crainte qui se traduit par des tremblements trop visibles ne laisse aucun doute sur son état psychologique, mais la peur au ventre, il n'en démord pas et se rapproche d'eux, seul.
-Monsieur le Maire… ça va aller ?
Il tente de lui répondre de manière positive sans s'arrêter de marcher, mais ses bégaiements importants le trahissent trop. Déterminé à accomplir ce qu'elle considère comme étant plus qu'un devoir, elle s'élance dans sa direction. Étant habitué à juger les personnes qu'ils rencontrent rapidement, les pirates voient que la jeune femme n'est plus du tout en état d'apporter une quelconque aide. Toutefois, ils ne disent rien, respectant la volonté qu'elle démontre.
Lorsqu'elle le rattrape, elle dépose sa main sur son épaule. Il se stop brusquement et jette un regard d'abord apeuré sur elle, puis se calme un peu en la reconnaissant. Le couvant d'un regard compatissant, elle s'exprime alors d'un ton qui se veut rassurant.
-Ne vous en faites pas Monsieur, tout va bien maintenant. Souhaitez-vous que je vous accompagne si cela vous rassure un peu ?
Il ne lui répond ni positivement, ni négativement, lui demandant si elle est sûr, étant donné que pirates et marines sont ennemis, mais elle insiste et il se calme davantage. Toutefois, derrière eux quelques villageois trop couverts de remords se rapproche d'eux d'un pas déterminé.
Actuellement spectateur, Marco maintenant bien plus proche d'elle, remarque un détail qu'il n'avait pas encore relevé. Ses yeux anciennement bruns sont devenus presque jaune, il retrouve malgré tout dans sa nouvelle couleur une touche de marron. Finalement, Cylia a fini par se rendre compte qu'elle est à bout. Elle tremble vivement des mains et son regard est presque vitreux. Elle accepte de se retirer et s'éclipse pendant que les pirates entreprennent des négociations pour que l'île devienne l'un de leurs territoires.
Dès le lendemain, l'étendard des Shirohige Kaizokudan vole au grès du vent en haut du monument en forme de tour, surplombant la ville entière. Peu après, les pirates qui ont les cales pleines reprennent la mer.
Suite à quelques jours de navigation, ils rattrapent un navire appartenant à une compagnie commerciale ennemis et sans la moindre once d'hésitation ou de pitié, ils lancent l'abordage.
Toutefois, Marco repère dans la mêlée son amie sur le pont. Nombres de questions germent dans son esprit, le laissant perplexe quant à sa présence ici.
Que fait-elle à bord de ce navire qui fait de la traite d'esclave ? La compagnie en question est en liaison avec le Gouvernement Mondial et elle fait partie de la Marine…
Mais par son expérience de la vie, le Commandant de la Première Flotte sait qu'il ne doit pas tirer de conclusion hâtive. Il est vrai qu'il n'a pas eu tant que ça l'occasion de passer du temps avec la jeune femme quant elle n'était qu'une apprentie, mais elle était le genre de personne à traiter même un pirate tel que lui comme un Homme. Mais deux ans sont passées et elle a eu une immersion totale auprès des Marines. Elle n'a sans doute pas fréquenté des criminels, ou alors c'était uniquement dans le cadre du boulot.
Il a une famille, un père et des frères, alors il ne se plaindra pas d'être haï dans ce monde. Mais malgré tout, le fait que Cylia l'ait accepté comme un ami, elle qui était bien placée pour le détester et ne lui souhaiter que la mort, lui avait fait vraiment plaisir.
Il s'était résolu à la faire intégrer la famille un jour, mais la voir à bord de ce navire fait naître un doute malgré lui. Est-elle toujours la même ? Aurait-elle changé... ? Il ne le sait pas mais il doit le savoir. Et après l'avoir observé, il a deviné quelle stratégie employer pour savoir si sa nature est toujours la même.
L'ennemi étant très faible pour eux, les pirates de Barbe Blanches laissent les volontaires se jeter dans la mêlée. Les Commandants des Flottes présents à ce moment-là sur le Moby Dick n'interviennent pas, gardant toutefois un œil sur la bataille que livre les membres de leurs divisions.
Alors, nombre des frères de Marco sont surpris lorsqu'ils le voient prendre sa forme de zoan. Seul son Père a très bien compris se que son second à l'intention de faire.
Le Phoenix a remarqué que Cylia protège un homme vêtu comme un cuisinier, il décide donc de le prendre pour cible. Rapidement, l'individu est à sa portée. Volontairement, il laisse le temps à Cylia de s'en apercevoir, puis il passe à l'attaque, usant de sa forme hybride pour élancer sa jambe sur le cuisiner. Mais sans la moindre hésitation, Cylia agit et se prend le coup pour servir de bouclier humain et le protéger.
Instinctivement Marco retient la force qu'il avait mis dans son attaque pour ne pas les tuer, mais il les projette tout de même jusqu'au Moby Dick. Sachant que sa présence n'est pas utile dans la bataille, il la quitte aussitôt et retourne auprès de son Père afin d'observer ce qui va se passer ensuite. Mais cette fois-ci, une vague de soulagement l'apaise. Il est intimement convaincu qu'elle n'a pas eu un lavage de cerveau par la Marine, ou tout du moins, ça n'a pas pu aboutir.
La fumée qui s'était élevé suite à leur brutale arrivée s'est rapidement dispersée laissant les deux intrus visibles aux yeux de tous. Le premier à se rendre compte de leur situation est le cuisinier et Cylia reste vautrée sur le parquet. La panique se lit alors dans le regard du jeune lorsqu'il se rend compte du lieu où ils sont.
-Ba- Barbe… on… est sur… leur navire…
Il reste le cul à terre, épris par une peur qui le cloue sur place. Plusieurs hommes s'approchent alors d'eux, le regard de l'individu passe des frères de Marco à Cylia et son regard change brusquement comme s'il venait de se passer quelque chose dans sa tête. Une lueur de détermination s'y lit. Il se relève, se place entre la blessée et les pirates qu'il défit du regard.
-Je ne vous laisserais pas faire un pas de plus ! Je... je la protégerais quoi qu'il m'en coûte. C'est moi... qui... qui l'ai attiré là-dedans... alors reculez sale fripouille ! Espèce de Choux Bruxelles !
Aucun ordre n'étant donné, les pirates s'arrêtent, percevant que l'agressivité dont fait preuve le cuisinier démontre qu'il se battra pour protéger la jeune femme. Non pas qu'il pourrait leur faire quoi que ce soit… non, en revanche il pourrait se faire mal lui-même.
Donc, les fils de Shirohige attendent calmement et observent.
C'est à ce moment-là que Cylia, qui n'avait pas vraiment perdu conscience, commence à bouger. Malgré une certaine difficulté, elle se relève et arrive même à s'enguirlander avec le cuisinier qu'elle a appelé Haris. Elle se place lentement devant lui dans un geste qui se veut protecteur. Les lèvres de Marco se relève légèrement en un discret sourire.
Elle se présente véritablement, donnant même son grade et la base à laquelle elle est rattachée. Lorsqu'elle explique ne pas être présente pour des raisons professionnelles et qu'elle n'est qu'en vacances, les informations finissent de confirmer qu'elle n'a pas de rapport avec la traite d'esclave de la compagnie commerciale.
Elle s'évanouit après avoir obtenue la confirmation par le Capitaine qu'il ne sera fait aucun mal à son ami si ce dernier n'a effectivement rien à se reprocher.
Marco, après avoir fait quelques recherches, a pu obtenir la vérité à propos d'elle. Elle n'était pas au courant des pratiques de l'équipage avec lequel elle avait pris le large de Hand Island. Elle avait même laissé son argent et sa cabine à une jeune maman et son nourrisson.
Quant à Haris, il a su se faire apprécier progressivement par les Shirohige pendant que Cylia était cloîtrée à l'infirmerie où elle ronflait. Haris a même fini par se faire une véritable place parmi eux et il est devenu l'un des leurs comme l'atteste l'emblème qu'il s'est fait tatouer sur le cou.
Lorsqu'elle a enfin repris conscience, Marco a tenu à l'amené lui-même à son père avec lequel elle a eu un long dialogue. Comme prévu, leur discution se conclue par l'annonce officiel de sa future intégration dans l'équipage. Pour ce qui est de se faire accepter, le mois qui lui reste de vacances lui permettra de faire ses preuves auprès de ses nombreux frères, car l'idée de garder une officier de la Marine à bord ne fait vraiment pas l'unanimité. Il le sait bien, bon nombre d'homme d'équipage haïssent le Gouvernement…
Dans un premier temps, il a très facilement réussi à la manipuler pour obtenir un combat amical. Ça lui permet, non seulement de lui remettre bien en tête qu'elle reste toujours un oisillon face à lui, mais surtout elle a l'occasion de montrer à tous ce qu'elle sait faire.
Lorsque le match commence, sa première impression n'est pas bonne. Elle semble être incapable d'obtenir une quelconque reconnaissance de ses frères avec son piètre niveau de combat.
Mais il est surpris lorsqu'elle arrive à esquiver le coup qu'il avait prévu d'utiliser pour mettre fin à ce combat. Il s'aperçoit avec une bonne surprise qu'elle maîtrise le haki de l'observation, ce qui lui permet de remonter dans son estime et celle des spectateurs.
Il décide donc de jouer encore avec elle en la mettant dans des situations contraignantes. Jusqu'à ce qu'elle arrive à l'atteindre d'une manière peu conventionnelle. Bien qu'il ait vu arrivé son mouvement, il ne cherche pas à l'éviter, pensant qu'elle n'oserait probablement pas aller jusqu'au bout de son idée.
Et pourtant, si, elle dépose ses lèvres contre les siennes, l'étonnant de son audace. En récompense, lorsqu'elle reprend un peu de distance, il ne profite pas de son moment d'inattention où elle reste interdite face à ce qu'elle a osé faire.
En tout cas, le pirate s'amuse bien dans son petit duel. Lorsqu'il la rencontrera de nouveau dans son uniforme d'officier, une chose est certaine : il compte bien jouer avec elle, mais il lui apprendra aussi la dureté de la vie. Donc, elle n'en finira pas de se faire malmener ! (5)
(1) Shirohige kaïzokudan : les pirates de Barbe Blanche.
(2) L'arme de Cylia : je ne l'avais jusqu'à présent que partiellement révélé, la décrivant par « une fine lame ». Maintenant, vous avez un nom à mettre dessus.
(3) Wakizashi : un petit rappel pour vous, c'est un sabre similaire au katana mais en plus petit. Il fait en moyenne entre trente et soixante centimètres, celui dont on parle fait une cinquantaine de centimètre et la lame comme le fourreau est d'une teinte orange foncée. Si vous voulez la description, vous l'avez dans le chapitre quatorze, au niveau des premiers paragraphes.
(4) Oyaji : Père, mais vous le saviez déjà.
(5) Pour ce passage, je ne révélerais rien de plus !
