Précédemment…
Cylia et son équipage sont montés sur le navire des révolutionnaires faire la fête. Durant celle-ci, elle et Sabo sont devenus des potes buveurs (1). Le jeune blond a demandé à Ivankov de lui rendre son apparence d'origine à la fin de leur discussion.
Chapitre 67 : Le retour à la base
Après avoir passé l'après-midi à festoyer, nous quittons le navire de nos amis-ennemis. Alors que nous sommes sur la terre ferme, je fais mes dernières salutations au révolutionnaire blond.
-As-tu réussi ton coup, Sabo ?
-Oui et je dirai même que je me suis fait avoir à mon propre jeu.
-Oh, vraiment ?
Il se contente de me sourire.
-Bon, maintenant qu'on a fini de discuter… tu as une parole à tenir.
-Ne t'en fais pas, Ivan s'en occupe tout de suite !
Le susnommé fait quelques pas dans ma direction, il lève sa main et des aiguilles poussent du bout de ses doigts sous ses gants violacés.
-Attends, attends… il ne s'approche pas de moi avec ses trucs !
Sabo est surpris lorsqu'il se rend compte que je me suis mise sur la défensive. Je fixe gravement les aiguillons diaboliquement effrayant et recule de quelques pas. L'un de mes hommes s'avance et prend la parole.
-Il faut qu'il la pique avec pour la guérir ?
-Si je ne pique pas Cyl-boy, son corps restera celui d'un homme ! Mais peut-être as-tu trouvé ton compte finalement ?
-NON !
Subitement, plusieurs de mes propres hommes m'attrapent fermement. Tim met même des balles en granites marin dans ma main qu'il m'oblige à fermer. Je tente de me dégager de leurs prises mais rien à faire, ils y mettent trop de force.
-Désolé Cap'taine, mais on fait ça pour vous…
-Hey, dépêches-toi d'utiliser ta technique !
-Mais… lâchez moi !
Devant la scène, Sabo ne peut pas s'empêcher de demander quelques explications.
-Pourquoi a-t-elle cette réaction ?
Ivankov s'avance vers moi avec un sourire malsain et je me débats avec encore plus de vigueur mais je reste coincée… Je vois l'inéluctable arriver lentement.
-La Cap'taine a la phobie des aiguilles !
-Et pas qu'un peu même !
Il papillonne des yeux.
-LACHEEEZZ MOOOOII PITTIIIIÉ !
-Emporio Onna(2) Hormones !
Brutalement, je perds conscience…
Lorsque je me réveille, je suis confortablement calée dans un lit. Je garde les yeux fermés quelques secondes supplémentaires pour profiter de ce moment de plénitude. Les draps sont frais et je sens qu'il y a un courant d'air transportant les embruns marins dans la pièce.
Le coussin sur lequel repose ma tête conserve le parfum de lavande de la lessive, je commence à bailler et m'étire agilement. J'ouvre tranquillement les yeux et une ampoule s'allume dans mon esprit. Mon corps m'a semblé bien plus souple et léger… comme lorsque j'étais-
-Une femme !
Je bondi sur mes pieds alors que je constate avec grand plaisir que j'ai retrouvé mon état normal. Donc, subir cette torture, était un mal pour un bien. Car je n'aimais vraiment pas être un mec ! J'avais même un truc entre les jambes… c'était très gênant comme sensation.
Je remarque que je porte toujours les mêmes habits, mais dire que je nage dedans est un euphémisme. Le pantalon est tombé par terre lorsque j'ai quitté mon lit… D'ailleurs, je suis dans ma cabine.
Le hublot a un système d'ouverte en battant (3) et le courant d'air que je sentais en provenait. Bien que cette cabine soit petite, elle est agréable à vivre. Par contre, il y a tellement de dossiers en tout genre qu'ils ne rentrent même pas tous dans l'étagère. Du coup, j'en ai qui traînent partout : sur le bureau, sous la chaise et dans les moindres recoins de la pièce.
J'ouvre mon unique placard pour récupérer une tenue plus appropriée. Puisque je suis en service et que je me dois de remonter notre image, car aucuns de mes hommes n'a le look de l'emploi, je choisi un ensemble de tailleurs jaune pâle allant bien avec mes cheveux d'un cuivré intense et me rappelant mon aliment préféré : l'or.
Après avoir mis ma cape et ma casquette, je décide de m'informer de notre situation actuelle.
Je passe par le couloir traversant du navire et lorsque je suis devant les dortoirs, je remarque qu'ils y ont laissé pas mal de bazar. Des caleçons traînent par terre, des trousses de toilettes sont éparpillées et des vêtements sont restés sur les lits en bordels…
Je décide de faire une petite inspection rapide, personne n'y est pour le moment alors autant en profiter. La grande salle contient une vingtaine de lit superposés, mais certains préférant des hamacs s'en sont installés en utilisant les têtes de lit comme point d'accroche.
Sur l'un des lits du dessus, j'ai trouvé des biscuits à moitié écrasés, sous une couverture j'ai même vu un paquet de préservatif. Des cartes sont également restées à terre, mêlés avec des balles d'arme à feu qui ont certainement servi de jetons…
Mais cette fois-ci, c'est trop, le reste n'étaient pas plaisant mais ce n'était rien de bien grave. Par contre, qu'ils laissent nos stocks de balles n'importe où, je ne peux pas l'accepter. Je vais donc devoir sévir pour qu'ils apprennent qu'il faut faire attention à nos fournitures.
Une fois remontée sur le pont, je prends une grande bouffé d'air afin d'avoir suffisamment de voix.
-JE VEUX TOUT LE MONDE DEVANT MOI SUR LE CHAMPS ET AU GARDE À VOUS !
Tout le monde se précipite et je ne patiente pas bien longtemps avant que mon ordre soit exécuté. Ils savent qu'il est rare que j'use de mon autorité de cette manière, donc ils doivent tous se douter que je ne suis pas contente du tout.
-En premier lieu, je veux savoir si nous nous dirigeons bien vers la base ?
Notre navigateur, un homme d'expérience qui a la quarantaine passée, me répond. Il reste droit comme un piquet car aucun d'entre eux n'est habitué aux ordres militaires.
-Oui, on devrait arriver d'ici cinq jours.
-Très bien, donc ça nous fera cinq jours d'entraînement intensif. Vous savez tous ce qui vous attends !
Je pourrais pouffer de rire aux mines déconfites de mes compagnons mais j'arrive à garder une expression neutre. J'entends quelques mécontents s'exprimer un peu trop à mon goût, un rappel à l'ordre est nécessaire de temps à autre et à plus juste titre lorsque l'on est la seule femme à bord. Les pirates sont plus caractériels que les soldats de la Marines, les quelques fois où j'en ai eu sous mes ordres, ils étaient plus faciles à gérer qu'eux.
-SILENCE !
Brutalement, plus personne ne parle en dehors de moi.
-Que vous mettiez le bordel dans vos dortoirs, je n'apprécie pas mais ce n'est rien de bien grave tant que le reste du navire est irréprochable. Je vous aurais simplement remonté les bretelles… Mais jamais, au grand JAMAIS, je ne pardonnerai que vous utilisiez nos précieuses munitions pour de simple jeu ! Surtout pour les laisser ensuite traîner par terre !
Je vois à leur comportement qu'ils savent parfaitement de quoi je parle.
-Dois-je vous rappelez que la perte de munitions pourrait nous causer énormément de tords ?! Nous pouvons nous faire attaquer à n'importe quel moment ! Que ferons nous si ça arrive et que nous n'arrivons pas à mettre la main dessus ? Certains d'entre vous pourraient se retrouver sans balle ! Vous pourriez perdre certains de vos camarades ! JE REFUSE QU'UNE TELLE CHOSE SE PRODUISE À CAUSE D'UNE TELLE ANERIE !
Ils fuient mon regard.
-Vos conneries sont également les miennes, j'aurais dû mieux vous encadrer… Je suivrai l'entraînement avec vous.
- On est désolé…
-Cap'taine ! Vous n'avez pas à vous punir pour notre faute !
-Ouais, en plus vous vous imposez les mêmes exercices, mais…
Celui qui a prononcé cette phrase l'a laissé en suspens. Elle est complétée par un autre.
-Vous avez une condition physique moindre comparée à la nôtre…
-On ne veux pas vous vexer, hein !
-On s'inquiète pour vous… On ne veut pas que vous payiez les frais de nos conneries.
Je les écoute avec attention et d'un côté je n'aime pas leur remarque, mais en même temps j'ai entièrement conscience qu'avec ma condition de femme, il m'est bien plus compliquée qu'eux de suivre les exercices.
-Je le sais bien les gars, mais que je sois une femme ne veut pas dire que je dois recevoir un traitement de faveur. Bien que je sois officier, il est de mon devoir d'être en excellente condition physique et rien de mieux qu'un entraînement intensif pour progresser.
-Vous êtes sûr que c'est ce que vous voulez ?
-Oui ! J'en ai tout autant besoin que vous, non… plus. Je compte donc sur notre solidarité et notre esprit de groupe pour nous soutenir. Dans mon cas, surtout dans les phases de renforcement musculaire… ce n'est vraiment pas mon point fort.
-Normal Cap'taine, vous avez même mon respect pour oser le faire.
Les autres acquiescent.
-Ouais !
Je ne peux plus m'empêcher de sourire.
-On va s'occuper des dortoirs.
-Il faudra refaire l'inventaire de l'armurerie aussi…
Rapidement, un brouhaha s'installe.
-STOP !
J'ai été obligé de hausser la voix pour qu'ils s'arrêtent.
-Premièrement, je ne me souviens pas vous avoir dit de rompre les rangs !
Ils se remettent en ligne dans le silence.
-Très bien, je préfère. Vous allez faire comme vous l'avez proposé et vous pouvez vous organiser comme bon vous semble. Je dois m'occuper de l'administratif pendant ce temps là…
Ma dernière phrase était plus pour moi que pour eux.
-Bien, vous pouvez rompre les rangs, on se revoit pour le repas de midi.
-À vos ordres, Cap'taine !
-Ça me fait bizarre que vous ne soyez habitués qu'à moitié à la discipline militaire… Bon, à toute à l'heure !
Après avoir fait un petit tour par les cuisines pour me prendre de quoi grignoter, je retourne directement dans ma cabine. Je n'ai pas le choix, il me faut appeler la base pour les prévenir de notre retour et faire une commande de ravitaillement. Enfin, pour ça, je devrais attendre qu'ils aient finis l'inventaire de l'armurerie.
Comme prévu, nous avons passé cinq jours d'entraînement intensif et je pèse le poids de mes mots : il était vraiment ardu… Je pense que le Vice-Amiral Garp a un petit peu déteint sur moi, en plus j'ai vraiment galéré sur la partie de renforcement musculaire... Je reste définitivement une crevette par nature.
Nous sommes aux abords de la base, l'entré ne nous ait pas permise tant que nous ne nous sommes pas identifiés correctement. L'approche est toujours un peu marrante, car mes compagnons sont tous particulièrement tendus. S'approcher d'aussi près d'un camp de la Marine restera contre nature pour eux. Je suis actuellement sur le pont, portant l'uniforme avec un ensemble de tailleur aux couleurs de la Marine.
L'île est modeste et la base recouvre un bon tiers de la surface. La ville à proximité accueille pour principaux habitants quelques proches des Hommes intégrés ici. Les bâtiments ont de grandes épaisseurs de murs recouverts d'une couche métallisée peinte de tel manière que le camouflage aux tons bleu donne l'impression qu'elle se font parmi le paysage.
Les défenses de la base sont assurées par plusieurs systèmes, dont de nombreux canons parsemés sur différents points stratégiques et la plupart des autres ne sont pas visibles au premier coup d'œil. Un autre point est très visible aussi, il s'agit des navires de guerre patrouillant dans les eaux environnantes.
L'un d'entre eux nous a abordé afin de suivre la procédure. Le chef de cette unité est monté à notre bord par le biais d'une passerelle reliant temporairement nos deux bateaux. Il est accompagné par un petit détachement assurant sa protection.
Je me place face à eux et fais un salut militaire. L'homme de tête me répond de la même manière et je me présente.
-Je suis la Commandante Cylia, rattachée à la Seconde Division. Nous venons pour un ravitaillement dont la demande en a été faite il y a cinq jours. La requête a été enregistré sous le numéro 36-03C.
-Très bien, nous allons procéder aux vérifications avant de vous laisser passer, Commandante.
Il fait un signe de main, donnant le feu vert aux soldats l'accompagnant.
-Votre situation n'a pas changé depuis votre dernier rapport ?
-Non, tout est à jours et nous n'avons pas de blessé à bord.
En attendant la fin des inspections obligatoires, le silence règne, seulement couper par les bruits des mouettes et des vagues se cassant sur les coques des navires. Il fait jour et le soleil n'est pas encore tout à fait à mi-chemin de sa traversé du ciel.
Pour les Marines, le retour à la base est perçu comme un retour auprès de leur seconde famille, dans notre cas, c'est différent. Tandis qu'ils sont tous d'anciens pirates, je suis quant à moi amie avec l'un de nos pires ennemis et le fait que je ne m'en cache absolument pas n'aide aucunement à mon intégration…
Je ne jouies effectivement pas d'une réputation meilleure que celle de mes compagnons. Plusieurs d'entre eux ont une femme, des enfants… mais certains comme moi n'ont rien de tout cela. De ce fait, nous ne sommes « chez nous » nulle part. Je réfléchie sérieusement sur ce qu'il peut y avoir de mieux pour eux et je songe fortement à leurs présenter.
Finalement, ceux qui avaient disparu de mon champ de vision reviennent et font leur rapport. Le responsable me répond ensuite.
-Vous pouvez passer, veuillez-vous amarrer au quai numéro huit. Vous nous avez signalé que vous n'aviez pas reçu de dommage à votre navire, donc l'équipe de maintenance n'interviendra pas. Confirmez-vous cette information ?
-Ouép, maintenant si vous voulez bien remonter à bord de votre navire, j'aimerai m'occuper rapidement du ravitaillement.
-Humpf… Dernière chose, le Vice-Amiral, notre Commandant de base, vous a donné l'ordre de vous rendre à son bureau.
-Ok !
Il soupire et quitte notre pont. Dès que la passerelle est retirée, nous levons l'encre, déplions les voiles et nous dirigeons vers le quai huit. Celui-ci nous permettra d'avoir le navire en sécurité car il est couvert et dispose d'un système similaire aux écluses.
Une fois la bite d'amarrage ficelé avec un épais cordage, je regarde mes compagnons avec une pointe d'inquiétude. Je sais à quel point ils ne sont pas à l'aise avec les autres Marines… et ils ne peuvent même pas se défendre. Même si arrivé sur une île est normalement toujours un plaisir car on peut mettre pieds à terre, dans le cas présent, ils essayent de rester à bord autant que possible.
-Lorsque les caisses arriveront à quai, chargez-les sur le navire. Ne rétorquez pas aux provocations ou insultes… je compte sur vous les gars.
-Bien reçu, Commandante.
Je soupire, car pour qu'ils m'appellent ainsi, c'est qu'ils n'ont pas les idées claires… J'ai déjà eu vent du genre de chose qu'ils leurs disent lorsque je ne suis pas présente. Si le Commandant de la base ne m'avait pas faite appeler, je ne les aurais pas quittés une seule minute. Au moins, les soldats ne se permettent pas d'essayer de les blesser en ma présence.
Avant de descendre, je fixe quelques secondes Cassius qui comprend que j'ai quelque chose à lui dire. Il s'avance jusqu'à moi et une fois à côté, je lui parle à voix basse pour que seul lui m'entende.
-Rapportes moi tout écart de conduite venant des Marines. Si c'est nécessaire, j'agirais à mon retour. Je compte sur toi…
Un sourire orne ses lèvres car il a parfaitement compris mes intentions. Il me connaît plutôt bien.
-Très bien, Capitaine.
Un peu rassurée, je descends du navire et me rends directement dans le bâtiment où se trouve le bureau du Commandant de la base. Après une bonne dizaine de minutes de marche, j'arrive à destination. Le haut gradé n'est pas seul, il est accompagné par Garp qui est assis à côté de lui sur un confortable siège.
Je me mets bien droite, les jambes légèrement écartées et les mains dans le dos. Je reste face à mon officier supérieur, qui me fixe sérieusement avec ses yeux onyx.
-Commandante Cylia, j'ai bien lu votre rapport. Bravo pour votre intervention réussie à Alabasta, le Roi à même exprimé son contentement à votre égard dans cette affaire par le biais des médias. Votre réussite est aussi celle de la Marine, vous avez reçu les honneurs et sachez que ça impactera votre carrière positivement. Tâchez de continuer sur votre lancée, bien que votre… comportement soit fort malheureusement impropre à nos rangs. Je vous saurais gré de bien vouloir quitter la base dès que votre ravitaillement sera prêt.
-Bien Monsieur. Si vous me le permettez-
-Oui oui… disposez.
Inutile de me le répéter une seconde fois, je salue une dernière fois mon supérieur avant de me retourner. Mais alors que je viens à peine de passer le palier de la porte, la voix de Garp m'interrompt. Je me retourne alors afin de lui montrer que j'écoute ce qu'il souhaite me dire.
-Cylia, j'ai quelque chose à te demander avant que tu reprennes la mer. Attends-moi au quai de ton navire tout à l'heure.
-Très bien Vice-Amiral.
Maintenant qu'il a fini, je reprends le chemin inverse pour retourner auprès de mes compagnons. Ça tombe bien qu'ils veuillent que nous quittions rapidement la base, nous aussi on ne veut pas rester. Même moi, qui fais pourtant réellement partie de leurs rangs, on m'a fait comprendre que je reste le mouton noir.
Lorsque j'arrive enfin au navire, je remarque qu'il n'y a plus une seule cargaison qui traîne. Je suppose donc qu'elle a été chargée dans le navire et puisque je ne vois aucun de mes hommes parmi les groupes de soldats sur terre, j'imagine qu'ils m'y attendent.
Je remarque qu'il n'y a plus un seul mot prononcé depuis mon arrivée… Ce que je trouve assez étrange. Je monte jusqu'au pont du navire où je ne trouve personne, je décide donc d'aller voir dans le réfectoire s'ils y sont.
J'ai juste et lorsqu'ils me voient, ils tournent tous la tête dans ma direction. Ils se taisent, plus un mot n'est dit. Le silence est lourd… il s'est forcément passé quelque chose.
-Un problème ?
-Nan, nan…
-Ne vous en faites pas.
-Vu vos têtes, ça m'étonnerait fortement.
-On va bien, merci Capitaine.
-Hum…
Mon regard entrecroise celui de Cassius. Il comprendra parfaitement mon message silencieux et s'éclipsera pour m'expliquer le problème rapidement.
-Le chargement ?
-C'est fait, on s'est occupé de l'inventaire aussi.
-Il ne nous manque rien ?
-Non.
-Et vous avez contrôlé le navire ?
-Ouais, RAS.
-On peut partir quand vous voulez.
-Hum… je suis dans mon bureau au besoin, je reviens.
-Ok Commandante.
Il y a vraiment un problème et j'en ai eu la confirmation. À peine suis-je dans mon bureau que quelques minutes suffisent à Cassius pour me rejoindre.
-Vous n'avez pas eu de problème Capitaine ?
-Nan, j'ai eu le même traitement que d'habitude… à la différence que l'on m'a transmis des félicitations pour ce qui est arrivé à Alabasta.
-Oh, c'est cool ça.
-Ouais… mais de votre côté, dis-moi ce qui s'est passé.
Il me regarde non sans surprise.
-Je ne suis pas née de la dernière pluie, alors parles.
-Le responsable du détachement de l'unité de soldat qui est au quai, il nous a menacé.
-Menacé ?! Comment ?
Il est d'un calme imperturbable, comme d'habitude, malgré ce qu'il vient de me dire.
-Ça ne va pas vous plaire... Il nous a dit que des individus tel que nous salissent le sol de leur base. Que nous ne méritons même pas d'exister, que nous valons encore moins que des pirates… car nous avons accepté de devenir leurs chiens. Et que si l'envie lui en prenait, ils n'auraient qu'à nous tabasser et faire croire que nous avons commencé pour que l'on soit condamné à mort. Se faire un ou deux bleus pour rendre l'histoire crédible ne leur fait pas peur. On a fini de chargé rapidement le navire, sous leurs insultes, injures… et rires… puis on s'est mis dans le réfectoire en vous attendant.
Lui qui sait toujours rester maître de lui-même, laisse transparaître une douleur qui semble l'accabler. Une très violente colère s'empare de moi, je serre fortement les poings et cache un peu le haut de mon visage sous ma casquette.
-Capitaine… vous… vous allez bien ?
Je reste silencieuse. Je sens le sang pulser dans mes veines. Même l'animal en moi se manifeste, ma vue a changé et je me doute que la couleur avec. Je sors de ma cabine et me dirige vers le réfectoire, je pousse les portes battantes si fort en entrant qu'un craquement se fait entendre. Tous les regards convergent dans ma direction.
-Lorsque vous avez un problème comme ça, il me semble vous avoir déjà répété de nombreuses fois de m'en parler ! MERDE !
Je porte ma main devant mes yeux et la tristesse se mêle à la colère. Deux fines larmes s'écoulent de mes yeux, j'essuie mes joues d'un revers de la main et parle d'une plus petite voix.
-Je suis navrée les gars… Pardon de ne pas avoir été là… mais la prochaine fois que vous avez des problèmes avec qui que ce soit, parlez en moi ! Je suis qui pour vous ? Vous avez donc si peu confiance en moi… ?
Voyant mon état, ils se lèvent tous brusquement et se rapprochent.
-Non Cap'taine !
-C'est nous qui sommes désolés…
-C'est juste qu'on ne voulait pas vous attirer de problème !
Ils sont maladroits…
-Ouais c'est vrai ! Vous avez fait tellement pour nous déjà, alors que nous ne faisons qu'être un poids mort pour votre carrière.
Je soupire, c'est donc ce qu'ils pensent ?
-Vous êtes des imbéciles, sérieusement… c'est ma façon d'être qui freine ma carrière. Ce n'est pas simplement vous… et puis, je porte ma main au wakizashi à ma taille, j'avais déjà fait la rencontre d'un pirate et me suis même liée d'amitié avec lui avant même de vous rencontrer.
D'un seul coup, ils ne disent plus rien.
-Et puis… vous êtes tous très chers pour moi… chacun d'entre vous m'est précieux. Je ne supporterais pas de vous perdre ! Comment avez-vous pu vouloir me laisser dans le mensonge ?! Ma voix devient bien moins assurée et plus aiguë. Suis-je donc si peu fiable ? Peut-être que... je ne mérite pas votre confiance.
-SI !
La réponse était unanime et toutes leurs voix ont sonné à l'unisson.
-Hum…
Bien qu'ils m'aient contredit, je ne suis pas convaincue.
-On s'excuse Cap'taine…
-On n'est que des imbéciles ! On aurait dû vous en parler tout de suite !
-Pardonnez nous, on ne le refera plus.
-Vous le pensez vraiment ?
-OUI !
-Puis-je vraiment vous faire confiance pour ça… ?
Ils resserrent les rangs et une main se pose sur mon épaule.
-OUI !
L'un d'entre eux élève la voix pour tous.
-Vous avez notre parole d'homme !
-Alors cette fois, dites-moi ce qu'il s'est passé.
Leurs visages s'assombrissent. Toutefois ils passent outre et m'expliquent ce qu'il s'est passé. Les deux versions que j'ai entendues coïncident et lors de leurs récits des événements passées, ma colère revient au galop.
-Ok. Tout le monde sur le pont, il n'est pas question que vous vous enfermiez. Ils vont comprendre à qui ils ont affaire… et de quel bois je me chauffe.
À suivre…
(1) potes buveurs : voir chapitre précédent.
(2) Onna : femme
(3) Fenêtres à battant : elles s'ouvrent par le haut ou le bas, pas comme les traditionnelles.
