Précédemment…
Cylia a tabassé des Marines qui s'en sont pris à ses compagnons malgré le risque d'une punition. Elle a dû partir avec le navire du Vice-Amiral Garp qui était présent dans la base et qui s'est proposé pour la sanctionner lui-même. Mais contre toute attente, il lui a demandé un service à la place. Après avoir échangé et s'être mis d'accord, elle est allée à la rencontre d'Ace, qui va bientôt avoir dix-sept ans.
Chapitre 69 : Rencontre
Je me suis éloignée du village afin de suivre les indications de Makino pour retrouver les bandits des montagnes. Elle m'a prévenu qu'il y avait de dangereuses bêtes sauvages qui rodent dans la forêt, mais je ne me fais pas de souci, j'ai plus d'un tour dans mon sac.
Alors que je pénètre dans la forêt par un sentier, je reste sur mes gardes en laissant mon haki scanner les environs afin de percevoir à l'avances d'éventuelles menaces. De cette manière, je peux rester calme et sereine tandis que je m'aventure plus profondément.
Le vert domine le paysage, la végétation au sol ne monte pas bien haut, sans doute que la luminosité entrecoupée par les arbres ralentit la croissance de la flore. La cime des arbres monte très haut, ne laissant que quelques rayons de lumières atteindre le sol. Même les majestueux troncs, présents sans le moindre doute depuis bon nombre d'années, sont recouverts d'une couche de mousse. Sur certains d'entre eux, des champignons aux tailles et formes différentes sont accrochés.
L'air est agréablement pur, renouvelé par toute la végétation luxuriante. Le sentier sur lequel je marche est légèrement humide, laissant une couche de saleté sur mes chaussures de marche noires. Tandis que je m'enfonce de plus en plus, il ne reste du sentier que de discrètes marques de passages humains.
Heureusement que je suis habituée aux exercices physiques, bien qu'ayant moins d'endurance que mes hommes, j'ai été très durement entraînée comme tout bon officier. Le terrain n'est pas toujours plat et régulièrement j'enchaîne côtes et descentes donc naturellement, je sens que mon rythme cardiaque et ma respiration se sont accélérés malgré tout. Je ne suis pas surhumaine comme eux sur ce plan et je sais bien que ça ne leur ferait absolument rien. Je suis loin d'être mauvaise et par le passé, j'étais même plutôt fière de mes foulés !
La vie peut être injuste mine de rien !
Brusquement, un rayon de soleil vient m'éblouir. Je mets ma main devant mes yeux afin de me protéger et reporte mon attention sur se qu'il y a devant moi. Un sourire se dessine sur mes lèvres lorsque je me rends compte que je suis arrivée à destination. Alors que je parcours les quelques dernières foulées qui devrait me faire sortir de la forêt, au fond de moi deux sentiments se mêlent.
D'une part, une certaine excitation et à l'image d'un enfant, je trépigne d'impatience de pouvoir vivre cette nouvelle petite aventure. Et d'un autre côté, je ne sais pas du tout comment les choses vont se passer. Ce n'est pas comme si j'avais un plan ou que j'allais me retrouver dans une situation connue... Non, c'est même tout l'inverse. Qui sais si je vais vraiment pouvoir faire la rencontre d'Ace ? Et qu'est-ce qui me dit qu'il ne va pas me rejeter comme une malpropre ? Je suis une officier de la Marine... et en plus, je suis quand même assez particulière.
Du coup, une boule grossie dans mon estomac, mais les sensations positives prennent le dessus.
Je porte mon regard autour de moi, ce n'est qu'une toute petite clairière au milieu de la forêt.
-Tiens... je n'aurais pas dû être arrivée à destination normalement ? Hum...
Je croise les bras et réfléchie un instant.
-Je crois bien que je me suis paumée.
J'avance tranquillement dans la clairière et m'assoie sur un gros rocher. Je soupire et me laisse glisser sur le dos, les bras derrières la tête. Je garde les yeux levés vers le ciel dégagé de tout nuage, je ferme mes paupières et profite d'une agréable brise.
Mais brusquement, je ressens un malaise, une hostilité qui m'est clairement destinée. Je me redresse et j'ai tout juste le temps d'esquiver une attaque provenant d'un énorme fauve. Le rocher sur lequel j'étais s'est éclaté sous la puissance de l'impact créé par le prédateur. Il me scrute de ses yeux jaune et pousse un fort grognement.
Tout en restant un minimum concentrée sur la bébête devant moi, je réfléchie à ce que je pourrais faire pour ma recherche. J'évite un coup de patte sur laquelle de puissantes griffes ressortent en reculant à peine et je sens même le courant d'air qu'a fait l'animal.
Si je prends ma forme de zoan, je pourrais voir la forêt depuis les airs et peut être repérer la cabane des bandits des montagnes, mais ça ne veut pas dire que celui que je cherche y sera forcément. Et je n'aime pas attendre... je ne suis guère très patiente et rien ne me garanti sa venue s'il n'est pas sur place.
Tout en pensant à une solution pour mon problème, j'évite les coups du fauve qui gagnent en vitesse et puissance.
Bon bah, je vais reprendre ma route ! Je finirais bien par tomber dessus et vu le bruit que fait la chose derrière moi, je me doute d'attirer l'attention. Donc je tourne le dos à l'animal et avance tout en esquivant les coups brutaux qui me sont destinés. Alors que je pénètre de nouveau dans la forêt, le fauve, de plus en plus furieux, met beaucoup trop d'énergie dans ses mouvements, se fatiguant déjà. Il casse des arbres et se fraye un chemin pour me suivre tant bien que mal, ma petite taille est finalement un avantage pour une fois...
On continu notre jeu du « chat et de la souris » tout en allant plus toujours profondément dans la forêt. En étant concentrée sur les esquives et le besoin d'avancer, je finis par ne plus avoir la moindre idée de ma localisation actuelle. Je ne saurais même pas dire où est le nord et le sud…
Finalement, je me retrouve dans un cul de sac. Une pente raide rocheuse m'entoure et la seule sortie possible est bloquée par le fauve. Je regarde ses yeux brillants comme de l'or et ses pupilles fines noires me fixes elles aussi. Accroupi, les ombres environnantes ne parviennent pas à masquer sa taille trop massive pour passer inaperçue.
Ses babines sont retroussées, laissant apparaitre plusieurs grosses canines blanches et un grognement roque parvient jusqu'à mes oreilles. Il va me sauter dessus, je reste donc concentrée sur lui pour agir dès qu'il passera à l'attaque.
Il ne me fait pas attendre longtemps et bondi, pendant le court laps de temps au passé dans les airs, je retiens ma respiration sans vraiment le faire exprès. Ayant conscience du lieu exact où il va atterrir, j'attends qu'il ne soit qu'à un cheveux de me tomber dessus pour me décaler afin de pouvoir le prendre par surprise et ne pas lui laisser le temps de se reprendre. Je dépose ma main sur ma garde, prête à agir.
Lorsqu'il est à ma portée, je contre-attaque comme prévue et glisse sous sa gorge en profitant de son point vital exposé pour en finir avec lui. J'ai tout juste le temps de me retirer qu'il s'écroule à terre.
Je retire quelques poils jaunes présentent sur ma chemise d'un mouvement de la main, lorsqu'une voix me fait sursautée. Je me retourne et vois en haut de la pente rocheuse un homme. Ayant le soleil dans les yeux, je ne parviens pas bien à le distinguer.
-Et bien, tu sais te défendre pour une femme ! Hum… dis-moi-
Il saute de son perchoir et retombe comme si de rien n'était juste devant moi. Je ne parviens même pas à réagir… Il a un regard captivant, affichant un caractère indomptable et empreint d'une telle profondeur qu'ils me demeurent indescriptibles. Rien qu'avec ce saut, mais aussi tout dans son physique démontre une énergie débordante. Ses cheveux noirs sont sauvagement coiffé et il a quelques taches de rousseurs juste sous les yeux.
Je recule d'un pas pour prendre une distance plus respectable, en plus il est bien plus grand que moi. Il fait bien une tête de plus environs… De là, je vois les vêtements qu'il porte. Il a un chapeau orange orné de deux insignes ronds affichant un visage triste et un autre heureux. Il a une chemise jaune pâle entrouverte et la lanière de son chapeau lui tombe sur le torse. Il est orné d'un médaillon gravé d'un crâne d'animal à corne. Ça lui donne un air farouche et classe à la fois. Il a un pantacourt noir retenu par une ceinture de cuir brun dont la boucle en métal a un « A » inscrit. La garde d'une imposante dague, qui me donne à première vu l'impression d'être lourde, est attachée à sa taille.
-Tu n'es pas d'ici, je suis Ace, tu es qui ?
Bien qu'il ait été très direct dans son intonation, il n'a pas mis de côté les règles de politesses et c'est présenté Tout en faisant cette constatation, je rigole discrètement. Mais malencontreusement pas assez.
-Désolé, c'est juste que-
Je suppose que je peux le tutoyer, puisqu'il s'est permis de le faire pour moi ?!
-Euh… le contraste entre le ton que tu as utilisé et ta politesse m'a fait rire. Excuse-moi, je m'appelle Cylia ! Enchantée Ace et je ne suis pas d'ici, tu as raison. Le Vice-Amiral Garp m'a parlé de toi et de ton désir de devenir pirate. Il s'inquiète de l'arrivée de tes dix-sept ans. Il pense que tu vas tenter quelque chose…
Il se rembrunit.
-Tu es de la Marine comme Jiji (1), tu veux m'en empêcher ?
-T'en empêcher ? Ah ah ! Bien sûr que non !
Là, il est surpris et ne semble pas du tout me comprendre. Je sourie en pensant à se que je vais oser dire…
-Personnellement, j'ai choisi d'intégrer la Marine pour mes propres raisons. Mais tu sais, j'ai croisé bon nombre de pirates…
-Tu es de la Marine... normal.
-Bah ! Hum comment dire… Je me gratte l'arrière de la tête et regarde mes pieds. Tu serais surpris de connaitre les noms et les rapports que j'ai avec certains d'entre eux.
Je soupire un instant et plante mon regard dans le sien.
-Tu sais, j'ai connu la haine et le rejet, alors je ne souhaite à personne d'autre de subir ce genre de traitement. Et cette pensée m'a poussé à créer des liens avec certains pirates, même s'ils sont haïs à travers le monde. Donc, disons que j'ai eu l'occasion d'en apprendre beaucoup sur la piraterie !
Je lui fais un grand sourire.
-Et sincèrement, tu n'as pas idée à quel point je les envie !
Il reste là, les yeux gros et la bouche entrouverte. Je me mets à rire en assistant à cette tête.
-Attends, tu as bien dit que tu étais de la Marine ?
-Oui, je suis officier au grade de Commandante. J'ai intégré les rangs il y a environ deux ans comme apprentie au début.
Je vois bien à son attitude qu'il est soupçonneux à mon égard.
-Et qu'est-ce que tu fous là si ce n'est pas pour tenter de m'empêcher de devenir pirate ?
-Je ne suis jamais contre l'idée de me faire de nouveaux amis. Enfin, peut-être que certaines fois je devrais éviter mais bon… peut m'importe, du moment que je peux le faire tout en continuant de protéger les miens, je compte bien vivre comme je le souhaite.
Il semble être un peu plus calme.
-Tu veux que l'ont deviennent amis ?
-Pourquoi pas ! En tout cas, si tu as l'âme d'un vrai pirate, tu ne seras certainement pas en mesure de refuser ce que je vais te proposer… hé hé hé.
Devant son air interrogatif, je retire la bouteille que j'avais attaché en bandoulière. Je la tend devant moi et la fixe avec envie. Je l'entendrais presque me chanter « bois moi ! ».
-C'est du rhum de Skull Island, une île du Shin Sekaï et crois moi… aucun vrai pirate ne peut en refuser. Il n'est normalement pas si facile que ça à obtenir et c'est un comble qu'en tant qu'officier de la Marine j'ai une bouteille dans les mains ! Par contre, je ne sais pas si tu connais cette règle qu'on les pirates mais… si tu la partages avec moi, alors on sera des potes de beuveries (2) !
-Des potes de beuveries ? Attends… j'en ai déjà entendu parlé, c'est une règle du code des pirates ! Pfff ! Un Marine qui respecte les codes des pirates ?
Il me pointe du doigt et se met à rire d'un air moqueur. Je remets la bouteille à sa place et soupire.
-C'est tordant !
-Hey ! Je suis sérieuse hein !
Il se reprend un peu mais est toujours très souriant, il réajuste son chapeau sur sa tête et masque le haut de son visage de mon champ de vision.
-Je me demande à quoi pouvais bien penser Jiji...
-Ace, je ne suis pas du genre à laisser tomber des amis. Peut-être est-ce pour avoir une assurance qu'il ne t'arrivera pas de malheur ? La seule raison de tenter de t'empêcher de réaliser tes rêves ne doit pas être le motif de ma venue.
-Hum.
-Bon, on se la boit cette bouteille ? Il est super bon ! Je n'en peux plus d'attendre moi, ça fait un moment que je me balade avec ça sur moi !
Il relève la tête et me fait un sourire enjoué.
-Ouais ! Mais avant… son estomac gargouille bruyamment. On va ramener ça pour le repas !
Il me passe devant et se dirige vers la bête, non il ne parle pas de ça… c'est dix fois trop grand !
Et bien SI, il attrape l'animal avachi au sol par la queue et commence à la trainer derrière lui comme si de rien n'était. Il profite de la chute des arbres causée par notre course poursuite pour se mouvoir avec dans la forêt.
Je suis scotchée… mais il a une force surhumaine ! Encore un qui a des gênes de Hulk.
-Tu viens ou pas ?
Flute, il part sans moi !
-AH J'ARRIVE !
Je le rattrape en trottinant et lorsque je suis à sa hauteur, je remarque vite qu'il a de grandes foulées. Même en marchant tranquillement, je suis obligée d'avoir une cadence bien plus soutenue que lui. Je soupire du désagrément.
-Tss… ce n'est pas juste.
Il me regarde interrogatif.
-Ce n'est pas juste, je suis plus petite que tout le monde ! C'est déprimant, j'ai la stature d'une crevette.
-Peut-être, mais si tu es officier, c'est que tu dois bien te défendre.
-Oh… hum.
Au bout d'un moment, il prend un large sentier. Le bruit de l'animal trainé au sol contraste avec le silence entre nous.
-Lorsque l'on boira cette bouteille…
Je le regarde, un peu surprise d'entendre sa voix après ce calme.
-Oui ?
Tout en observant au loin devant lui, il me parle d'une voix posée.
-Tu me raconteras tes aventures en mers ?
-Ouais, bien sûr !
Son contentement s'exprime avec un large sourire communicatif. Je ne peux m'empêcher de réagir de la même manière.
-Cool !
Je perçois une clairière non loin de nous et lorsqu'on y arrive, une petite maison aux allures de cabane s'y trouve.
Elle est faite principalement de bois, mais des tuiles rouges recouvrent le toit et des vitres bleu de forme carrées sont placées en hauteur cote à cote tout le long de la façade du bâtiment. Il y a une entrée couverte d'un petit auvent, ainsi qu'une corde qui relie la maisonnée à une haute branche d'un arbre à proximité. Du linge sèche dessus : comme un caleçon blanc avec des cœurs rouge, un autre bleu ciel avec des petits canetons jaunes, ainsi que divers vêtements pour homme. Le fil est si haut qu'une échelle est placée dessous. De la terre sèche crée une terrasse naturelle, ça n'a pas l'air d'être un cadre désagréable...
Lorsqu'on arrive, les résidents nous remarques rapidement. Ils ont un look qui fait penser à des bandits… Ils portent tous les mêmes vêtements : un espèce de sweet-shirt d'un noir délavé avec un pantalon de toile crème ample à carreaux brun qui est retenu par une ceinture en tissu et ils sont coiffés d'un turban blanc cassé. Ils ont soit une moustache, soit une barbe.
L'un d'entre eux appel leur chef.
-Okashira ! Ace est rentré et il n'est pas seul !
Plusieurs curieux s'agglutinent en même temps dans l'encadrement de la porte, ils se retrouvent même coincés en essayant de la passer au même moment. Mais ils sont vite expulsés par la puissante poigne d'une femme à forte carrure.
Les vêtements qu'elle porte sont dans les même tons que ceux des hommes. Elle a une chemise blanche, un pantalon à carreau marron et kaki retenu par une large ceinture en cuir à boucle métallique et comme touche un petit peu féminine, ses bottines brunes et un large collier de perles rouge redescendant jusqu'en bas de sa poitrine.
-Dadan ! J'ai rapporté se qu'il faut pour le repas !
Il lâche la queue de l'animal qu'il trainait et continu à avancer vers l'entrée de la maison. Je le suis, tout en remarquant de nombreux regards posés sur moi. L'un des bandits à côté parle à voix haute, ne pouvant plus tenir sa langue une demie seconde de plus.
-Oh… Ace a ramené une fille.
Puis c'est au tour de la chef de s'exprimer. Elle pose son regard sur lui, puis sur moi et fait la même chose plusieurs fois. Ace passe à côté d'elle comme si de rien n'était sans me présenter. Je m'arrête lorsque je suis proche de Dadan, sachant bien qu'il est impoli de s'inviter comme je m'apprête à le faire… même si c'est pour suivre Ace.
-Euh… Ace, tu es sûr que-
-Plus tard !
-Hum…
Je fais un sourire un peu désolé à Dadan qui me regarde toujours avec incompréhension. Puis je rejoints Ace qui est déjà à l'intérieur. Lorsque je jette un petit coup d'œil derrière moi, je remarque qu'elle est toujours dans la même pose. Elle reste immobile, dos a nous… Je m'assoie à côté d'Ace qui ignore royalement l'état végétatif de la responsable des lieux.
-Euh… Ace…
Mon avis est toujours mitigé sur l'absence d'une quelconque présentation de ma personne auprès d'elle. Ce n'est pas très correcte je trouve…
-Quoi ?
-Tu es sûr qu'on aurait pas dû me présenter avant d'entrer ?
-Nan c'est bon.
-Huuumm…
Mais forcément, ce n'est pas "son" avis. Lorsqu'elle sort enfin de son état végétatif, c'est pour hurler.
-AACCCEE !
Le susnommé grogne de mécontentement à l'élévation soudaine du volume ambiant.
-QUOI ?
Elle se rapproche en colère, des veines palpitant sur son front. Elle se poste devant nous, me pointe du doigt et fusille du regard Ace, tout en m'ignorant royalement.
-C'EST QUI ÇA ?
-Hein ?
Je sourie, un peu amusée de leurs réactions.
-Ace, laisses moi me présenter.
-Tu peux faire comme tu veux !
-Merci.
Je me lève, récupérant alors l'attention de Dadan toujours fulminante. Je me courbe légèrement en avant pour la saluer respectueusement tout en me présentant.
-Enchanté Madame-
-PFFF !
Lorsque je l'ai appelé Madame, de petits gloussements se font entendre dans toute la pièce. Alors forcément, ça ne lui plait pas.
-VOUS AVEZ QUELQUE CHOSE À DIRE ?
Elle enguirlande donc nos spectateurs qui se taisent, tout en gardant des sourires amusés.
-Je m'appelle Cylia, officier au grade de Commandante dans la Marine.
Je me redresse après m'être correctement présentée. Un silence absolu règne alors dans les lieux…
-Ace a ramené une fille… et c'est un officier de la Marine… ACEEE !
-QUOI ? T'as pas fini de gueuler !
-Qu'est-ce que ça veut dire ? Pourquoi tu nous as ramené un Marine ?
Elle a parlé si rapidement que j'ai aisément deviner à quel point elle est mal à l'aise.
-Ne vous en faites pas, c'est Garp qui m'a demandé de rencontrer Ace.
-GARP ?
-Oui, pas d'inquiétude, je ne suis pas ici pour le boulot. Et quand bien même, j'ai mes propres méthodes de travail. Je ne resterais pas trop longtemps, enfin en principe…
-Huuumm…
-Bon, elle est bientôt cuite la viande ?
L'impatience d'Ace clôt ici notre échange, je retire la bouteille en bandoulière et la dépose devant nous.
-D'ailleurs Cylia…
-Hum ?
-Tu sais bien que je ne suis pas encore majeur… c'est loin d'être ma première fois mais tout de même… ça ne te dérange pas de me faire boire ?
-Baaah non… pourquoi, je devrais ?
Un sourire s'étire sur ses lèvres. Je ne comprends pas vraiment où il veut en venir…
-Ce n'est pas illégale normalement ?
-Ah, ouais, si si ça l'est.
-Et c'est tout se que ça te fait ?
-Bah quoi ?
Il rigole, amusé par ma réponse.
-J'ai pris ma première cuite quand j'étais mineure… et j'en ai pris plusieurs autres alors que je l'étais toujours. Donc je ne serais pas celle qui empêchera quelqu'un de le faire… il faut savoir contourner les règles parfois.
-Ça reste bizarre d'entendre ça d'un officier. Si tu veux « contourner les règles » tu es sûr d'avoir choisi la bonne voie ?
-Si tu savais le nombre de fois que l'on a pu me dire se genre de chose… mais j'ai mes raisons pour être dans la Marine.
Mais avant que j'aie le temps d'en dire plus, l'un des hommes apportent la viande cuite. Ace se lève et se précipite dessus en même temps que les autres. Lorsqu'il s'assoit plus loin pour manger, je me lève et le rejoins. Nous sommes un peu excentrés par rapport aux autres, se qui nous laisse un peu de tranquillité. En venant, j'ai repéré des verres, j'en ai pris deux dans une main et tiens ma bouteille dans l'autre. Pendant qu'il mange, je remplis les deux verres, sous les regards des autres occupants de la pièce.
-Tu ne t'es pas servi ?
-J'ai déjà mangé.
-Et ?
-Je n'ai pas faim.
-T'es malade ?
-Mais bien sûr que non, ha ha ! Je n'ai juste pas envie de manger de nouveau, je ne vais pas me forcer…
J'attends qu'il ait fini sa bouchée avant de lui tendre son verre. Il l'attrape, je le regarde alors droit dans les yeux et lui tends le mien. Il comprend mon geste et nous laissons nos deux récipients remplis d'alcool s'entrechoquer tout en échangeant de grands sourires.
Alors qu'il mange et que nous buvons ensemble, je lui raconte les raisons de mon choix de profession. Je lui explique comment j'ai rencontré Shanks et lui montre le wakizashi en lui expliquant rapidement sa signification. En lui précisant que c'est plus par respect pour notre amitié qu'autre chose que je le garde à ma taille.
-C'est ça qui m'a poussé en partie à rentrer dans la Marine, je savais que j'étais trop faible pour pouvoir rester à ses côtés. La Marine me permettait de devenir plus forte, seule je n'aurais jamais pu arriver à mon résultat actuel.
-C'est un peu étrange comme méthode non ?
-Ce n'est pas la seule raison hein… Si je porte l'étendard de la justice, c'est pour pouvoir rendre la vie des civils moins périlleuses. Je souhaite rendre les mers plus sûres pour eux.
-Donc tu es dans la Marine par sacrifice ?
-En partie on peut dire… tu voulais que je te raconte mes aventures ? Je vais le faire, tu me connaitras mieux après ça.
Je lui raconte alors mes mésaventures avec Garp, en omettant volontairement de parler de l'île sur laquelle il m'a laissé et où j'ai fait une certaine rencontre. Pour le moment, je ne vois pas l'utilité d'en parler et si la promesse que nous nous sommes faites se sait, mes gars pourraient être en dangers. Je l'informe que j'ai mangé un fruit du démon, regagnant d'avantage son attention, mais sans lui dire duquel il s'agit.
Je lui raconte également brièvement quelques anecdotes marrantes sur mes classes. La bouteille se vide au fur et à mesure que nos verres se remplissent. Ace n'est pas le seul à m'écouter, quelques curieux écoutent aussi mon histoire. Je continue en racontant comment se sont dérouler les examens pour moi, surtout celui avec la mission d'infiltration…
-Voilà Ace, je n'ai pas de famille biologique… je n'en avais aucune même. Mon équipage m'est très précieux, je veux leur rendre la liberté. Je n'ai pas d'autre alternatives que de rester dans la Marine pour m'y distinguer et puis tu sais… même si je couve depuis toujours des rêves de liberté, je ne suis pas si mal dans la Marine. Bon, serte je me suis encore foutu sur la gueule avec un autre officier et il est clair que je suis le « mouton noir » mais il n'empêche que j'ai accès à une bonne image auprès des civils grâce à l'uniforme.
-Attends, tu t'es quoi… ?
-Hum… ne me fais pas répéter.
Un rictus amusé est sa seule réponse.
Je lui raconte alors mes vacances à Hand Island qui s'achèvent sur l'attaque des pirates à crête et le rejet de celle qui m'appelait affectueusement « onee-san ».
-Au final, après avoir sauvé la vie de bon nombre de civils, dont Misa et sa famille, voilà comment j'ai été traitée.
Malgré la tristesse qui s'empare de moi un instant, je poursuis mon histoire. Respectueusement, le silence règne dans la pièce, seulement rompu par le bruit de l'alcool qu'Ace et moi-même avalons.
-Tu sais, au final… quand on a les mains sales, peu importe que l'on soit Marine, pirate ou même autre chose, on reste des anormalités. Des monstres… mais tu sais Ace, je cherche son regard pour y encrer le mien, en être un ne veut pas dire que l'on ne peut pas se faire accepter. Il suffit de rencontrer les bonnes personnes.
-Monstre ? Qu'est-ce que tu en sais d'être un monstre… tu n'as pas le sang maudit, ta naissance n'est pas une malédiction pour l'humanité.
La tension dans l'air est soudainement devenue lourde.
-Une malédiction, je l'ai été à ma naissance pour mes parents.
On s'observe en silence, mais je finis par fuir son regard en repensant à d'amers souvenir.
-À tel point que ma mère m'a abandonné quand mon père a tenté de me tuer. Ça ne m'a pas empêcher de trouver des personnes qui m'accepte malgré tout ce que je suis.
-Hum.
-Dis-moi, Ace…
À suivre…
(1) Jiji : sans le « -san » c'est assez irrespectueux, mais sinon c'est un peu comme « grand-père ». Après, je ne maîtrise pas le Japonais donc je ne peux pas vous donner de meilleures explications. S'il y a un bilingue parmi vous qui souhaites apporter un complément d'information la dessus, surtout n'hésitez pas !
(2) potes de beuveries : voir le chapitre 66
-Note de la beta pour vous-
Pour tous les lecteurs : j'espère que vous appréciez mes corrections et plus particulièrement cette fiction ! Je vous souhaite plein de belles choses pour cette nouvelle année ! Des bisous ! Oo-chan
