Précédemment…

Cylia récupère un nouveau navire à Water Seven. Avec son équipage, ils se fixent comme objectif de pourchasser davantage de criminels afin de pouvoir augmenter leurs effectifs.

Chapitre 79 : Se faire des cheveux blancs

Cela fait plusieurs mois depuis que nous sommes arrivés sur les eaux imprévisibles du Nouveau Monde. Grâce à ma promotion au grade de Capitaine, nous avons pu augmenter notre effectif. Nous avons à bord une dizaine d'anciens prisonniers d'Impel Down en plus. À cela s'ajoute six soldats de carrières et un officier au grade de Commandant. Leur problème, c'est d'être dans le collimateur du Commodore Nelson Royale (1). La réussite de leurs carrières est fortement compromise et ils n'étaient pas les seuls dans cette situation. J'ai proposé à tous ces hommes d'intégrer mes effectifs, mais seul les plus téméraires ont accepté de me suivre.

Vu le lieu d'affectation que j'ai demandée, autant dire que c'est plus que dangereux. On est seul sur cette zone qui est loin de la Base, alors pour les ravitaillements, s'est compliqués. Les pirates y sont nombreux et plusieurs équipages sont vraiment redoutables. En plus, la météo est parfois bien étrange, mais heureusement pour nous, certains dans nos rangs connaissent très bien les lieux. Ça nous aide vraiment pour éviter des pièges qui s'avèreraient mortels.

J'ai donc un total de trente-neuf gars sous mes ordres. Côté harmonie, il y a mieux… Des conflits éclatent parfois mais ça ne va jamais loin. Lors de bataille, ils gardent leur sérieux et travaillent en respectant les ordres. Au final, ils ont tous un objectif qui leur tient à cœur. C'est grâce à ça que l'on parvient à tous travailler ensemble malgré nos différences. J'ai fait très attention au profil des anciens prisonniers et j'ai été très sélective sur le plan psychologique. Il est important que nous soyons globalement sur la même longueur d'onde. Les soldats et l'officier de carrière écouterons mes ordres, peu importe s'ils divergent ou non de leurs envies. Mais les autres, même s'ils ont fait de la prison, restent des pirates et leurs âmes resteront toujours libres, quoi que l'on fasse.

Actuellement, nous sommes en train de pourchasser un navire pirate. L'équipage des voleurs d'âmes est connu pour ses nombreux pillages. Lorsqu'ils passent sur une île, il ne reste plus rien d'autre que ruines et désolation. Les civils qui les ont combattus sont retrouvés morts, les autres sont portés disparus, sans aucun doute conservés par les pirates comme « butin ». Généralement, ceux qui finissent ainsi sont vendus. Ils sont donc condamnés à devenir esclaves.

Ces pirates-là sévissent depuis trop longtemps et ils n'en sont pas à leur premier larcin. Nous n'avons que très peu d'informations sur eux puisque la Marine n'a pas eu beaucoup affaire à eux. Ils ont un navire rapide et jusqu'à présent, ils ont toujours réussi à semer leurs poursuivants. C'est donc pour cette raison que j'ai décidé de nous lancer à leur poursuite. Grâce à la particularité de notre navire et à mon endurance, que j'ai beaucoup travaillé ses derniers mois, nous sommes certains de les rattraper.

Il fait nuit, mais la lune brille si fort qu'elle nous permet de voir clairement. Les eaux sont agitées par le vent qui nous souffle dans le dos. Sur le pont, les gars sont tous prêts à en découdre dès que nous aurons rattraper le navire ennemi. Pour y parvenir, j'ai pris la forme de mon zoan mythique et je me suis liée à notre trois mats. Grâce à ça, je peux nous faire avancer à une allure soutenue. Par prudence, Isao qui est notre meilleur épéiste est sur mon dos et plusieurs tireurs sont également vigilent afin de me protéger d'éventuels tires. Bien que je sois mobile, je reste une cible facile à atteindre pour un bon sniper. Mais j'ai confiance en mes gars pour me protéger !

Nous rattrapons finalement le navire ennemi et je reprends forme humaine un peu avant que nous soyons à leur niveau. Grâce à notre élan et à la réactivité de l'équipage, nous parvenons à lancer une manœuvre d'abordage. Dès que nous posons le pied sur leur pont, la bataille commence. Bien que nous soyons moins nombreux, nous avons dans nos rangs certains gars qui sont de très bon combattant. Le plus fort d'entre nous n'est plus Isao, mais un vieil homme de soixante-quinze ans.

Avec son excellente maîtrise du haki de l'observation et de l'armement, ainsi que son expérience, il augmente fortement notre force de frappe. Il était enfermé depuis vingt-cinq ans dans le cinquième niveau d'Impel Down : l'Enfer des Glaces. Il a survécu aussi bien au froid qu'au danger que représente le peu de nourriture. Il a expliqué qu'il se nourrissait de la chaire des loups qu'il cuisait lorsqu'il se rendait dans des galeries secrètes.

Nous appliquons nos propres stratégies. Dans le cas présent, il n'y a qu'un seul navire ennemi, mais nous restons moins nombreux. D'habitude, la Marine use de l'avantage du nombre, n'hésitant pas à mettre en première ligne de nombreux soldats. Leur quantité permet d'augmenter leur chance de ne pas se prendre de coup mortel, mais au fond, ils restent de la chair à canon. Après, à l'arrière il y a les effectifs plus expérimentés et enfin encore derrière l'officier commandant l'opération. Tous ne sont pas lâches, mais une grande majorité l'est. Quelques-uns combattent, toutefois ils se concentrent exclusivement sur les capitaines adverses.

Nous ne misons clairement pas sur le nombre contrairement aux habitudes établies dans la Marine. Nos membres les moins forts ne sont pas massés en première ligne, mais dispersés de manière à ce qu'ils aient toujours quelqu'un de plus fort qu'eux qui puisse venir leur prêter main forte. Tout le monde combat et nos tireurs se postent à distance en soutien. Nous sommes solidaires les uns les autres et même s'il y a des différents qui règnent dans l'équipage, tous veulent sortir gagnant d'une bataille. Personne ne souhaite la mort d'un compagnon, qu'il porte l'uniforme ou non.

Les anciens prisonniers que j'ai choisi dans mon équipage étaient le genre de pirate à respecter ses nakama quoi qu'il arrive. Même les sept faisant partie de la Marine, comme moi, sont tellement immergés qu'ils ont appris à respecter cette règle. On ne laisse pas tomber un compagnon ! Notre solidarité fait notre force, la Marine ne fonctionne pas ainsi et généralement, c'est pareil pour nos adversaires. Rare sont ceux qui respectent vraiment leurs nakama, ils ne sont pas unis et ça leur créé une réelle faiblesse. L'union fait la force et tous ceux sous mes ordres l'ont bien compris.

Nous ne retenons pas nos coups, je ne veux pas de prisonniers et il n'est pas question que j'aille à Impel Down ou sur un navire prison (2). Lorsque l'on attaque : c'est pour tuer. Généralement, nos adversaires qui pensaient au départ avoir affaire à des Marines traditionnels, sont pris au dépourvus. Après tout, en général la Marine préfère faire des prisonniers. Mais ce n'est pas mon cas, donc nous les tuons. Ceux que nous attaquons ne sont que des criminels sans le moindre scrupule, des crapules qui ne méritent rien de mieux. Cette nuit, c'est exactement le cas pour l'équipage que l'on combat.

Je suis bien sûr au cœur de la bataille avec mes compagnons. Lorsque nos adversaires se rendent compte que nous faisons couler le sang sans la moindre trace d'hésitation, ils sont pris au dépourvu. La peur commence à se lire dans leur regard, les menant à la panique. Bien sûr, leur panique nous permet de prendre encore plus facilement le dessus.

Dans cette mêlée, je me démarque et n'hésite pas à me placer en première ligne. Ma forme hybride me permet d'attaquer avec des serres tranchantes. Mais aussi de faire voler mes adversaires et de les projeter au loin en emportant d'autres pirates sur leur chemin. Il m'arrive parfois de prendre ma forme complète, utilisant même mon bec pointu. Je laisse l'agressivité de l'Alicanto démuselé et je me retrouve tâchée du sang de mes ennemis. Mon uniforme d'officier, normalement principalement blanc et jaune, se retrouve alors teinté par un rouge foncé. Les envies meurtrières de l'animal se manifestent agressivement et l'effroi se lit sur les visages des hommes que je combats. Je me demande parfois comment mes gars peuvent m'admirer lorsque je me lâche ainsi… ?


Nous touchons au but puisqu'ils ne sont plus que quelques-uns à encore nous combattre. J'observe un instant tout autour de moi et repère une chaloupe à l'eau. Je reconnais le Capitaine de l'équipage ennemis à son bord avec trois de ses hommes. Non loin de moi, se trouve comme toujours Cassius. Je le hèle donc avec deux autres de mes compagnons.

-CASSIUS ! TOM ! BEART !

Ils se retournent vers moi et Beart donne un dernier coup de poing à son adversaire qui finis au tapis avant de me donner son attention.

-VENEZ AVEC MOI !

J'enchaîne en prenant la forme de mon zoan. Ils comprennent le message et grimpent sur mon dos. Je tique en sentant le poids de Beart, qui représente déjà un défi pour moi lorsqu'il est seul. Heureusement, la chaloupe est à proximité, je n'ai donc que quelques mètres à survoler pour arriver sur eux. Ils nous repèrent mais Tom les devance et les canarde à distance. L'un des pirates tombe à l'eau, sans doute touché par l'un de nos tires. Dès que nous sommes au-dessus de la petite embarcation, nous montons à bord. Je me pose alors juste en face du Capitaine dont je croise le regard.

-Vous n'êtes pas des Marines mais des démons ! Vous… vous tuez !

-Et c'est une chose comme toi qui ose me dire ça ?!

Je dégaine le wakizashi à ma taille et l'attaque avec, mais il pare à l'aide de son sabre. Je change mon pied en serre, déterminée à contrer et en finir rapidement avec lui. Mais il relâche brusquement sa prise sur son arme blanche qui tombe au sol. Profitant de ma surprise, il ouvre sa chemise en arrachant les boutons.

-Je ne voulais pas l'utiliser à cause des effets secondaires, mais tu ne me laisses pas le choix !

Un œil, réel, faisant la taille d'une main apparait au milieu de son torse. Dès que je le regarde, une force oppressante me donne littéralement la douloureuse impression de me dévorer de l'intérieur. Je ne peux retenir un puissant hurlement de douleur de passer mes lèvres. Puis, j'ai la sensation de me déconnecter de la réalité…

Qui suis-je déjà ?

Comme si j'étais dans un rêve entièrement noir, je perds pied avec toute chose.

Qu'est-ce que… je suis ?

Je ne ressens plus rien et même mes pensées me quittent lentement…

Je suis… rien ?

Le vide... absolu… règne…

Mais une chose… brille… dans le noir. La lumière devient plus intense, jusqu'à chasser toute obscurité.

Tu n'es pas rien, tu ne peux pas être rien.

Je retrouve mes questionnements, ma pensée et une partie de moi-même.

Ton âme a déjà fusionné avec la mienne, elle ne peut donc pas être détruite.

Je sens l'air passer dans mes poumons et je ressens à nouveau mon corps. Je suis… moi. Je devais être sur une chaloupe. Que m'a fait cet homme ?

Je me reconnecte alors brutalement avec la réalité et me retrouvant de nouveau face au Capitaine pirate. Il a toujours sa chemise ouverte avec cet étrange œil qui maintenant me terrorise au plus profond de moi. L'animal mythique prend alors le dessus sur ma partie humaine et mes instincts primaires dominent tout le reste. Sous la forme de la créature au plumage d'or, je m'envole en attrapant des deux serres l'homme et le tue bestialement. En un instant, lui et surtout cet œil, sont réduit à néant.

Ce n'est qu'une fois revenue vraiment à la réalité que je reprends contenance. Je suis à un mètre au-dessus de l'eau et la chaloupe où se trouve mes trois compagnons n'est pas loin. Ils me fixent, silencieux. Je me rapproche et ils grimpent sur mon dos lorsque je suis suffisamment à leur porté. Nous remontons sur le navire pirate où la bataille est terminée. Une partie des gars se regroupe autours de nous lorsque nous posons le pied sur le pont. Avant même que j'ai le temps de reprendre forme humaine, les questions fusent.

-Vous allez bien Cap'taine ?!

-Pourquoi vous avez déchiquetez ce type… ?

-Ouais ! C'est vrai, vous l'avez littéralement éviscéré…

-J'en ai vu des choses, mais franchement… s'était… gore…

C'est un constat qu'ils font sur cette action apparemment bien trop sanglante. J'ai l'habitude de combattre sans retenue, mais dans le sens où je tue simplement mes adversaires. Forcément, le sang coule mais je ne fais jamais des choses comme celle-ci. Je reprends forme humaine pour répondre à leurs interrogations mais je me sens tout de suite poisseuse à cause de ma tenue ensanglantée. Quelle image je dois donner de la justice… ? Enfin, je ne prône pas une justice douce, bien au contraire.


Lorsqu'ils me voient de nouveau sous ma forme normale, le silence règne brusquement. Bien qu'un peu surprise, je ne m'en formalise pas puisque je sors d'une bataille.

-Il était un utilisateur de fruit du démon… il m'a fait quelque chose et…

Rien que de repenser à ça, je me mets à trembler. Est-ce… de la peur ? Oui, une crainte viscérale, primitive et elle vient du plus profond de mon être. Je ferme les yeux et me frictionne les bras. J'ai du mal à respirer et j'halète péniblement. Je ne peux empêcher un petit gémissement aigu de passer la barrière de mes lèvres.

-Capitaine… vous…

Rien que de repenser à ce que je viens de vivre suffis à me tétaniser sur place. Je perds mes moyens et bien que j'aie pu rouvrir les yeux, un voile me brouille la vue. Je n'ai pas pour habitude de me montrer ainsi devant mes compagnons, mais là je ne contrôle plus du tous mes sentiments. Ils explosent et s'exprime à la vue de tous. Sentant une goûte couler sur ma joue, je l'essuie. J'entends certains de mes hommes s'avancer mais je les stoppe d'un geste de la main. Je tente lentement de reprendre une respiration normale et bien que toujours un peu tremblante, j'arrive à me calmer.

-Vous avez besoin du Doc, Capitaine ?

Je suis complètement entourée par mes compagnons mais maintenant que nous sommes quarante, moi compris, je ne peux pas savoir d'un seul coup d'œil si j'ai tout le monde avec moi ou non. J'ignore dans un premier temps la question posée afin de remplir mes devoirs de responsable.

-Est-ce qu'il y a eu des blessés ?

Il y a un moment de flottement pendant lequel je n'obtiens pas de réponse.

-Non, ni blessés ni morts dans notre camp.

-Il n'y a pas eu de prisonniers ?

-Non, ils sont tous mort. Ça a été contrôlé par ceux qui maîtrisent le haki.

Je soupire et me détend à l'entente de ce rapport.

-Bon… c'est très bien. Vous avez fait du bon travail les gars, bravo. Récupérez le Joly Roger de l'équipage. Fouillez-moi ce navire, récupérez ce qui peut l'être et ensuite coulez le.

D'habitude, lorsque je donne les ordres, ils se mettent aussitôt au boulot. Mais, ce n'est pas le cas cette fois et ça suffis pour m'intriguer.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

L'un d'entre eux commence à me répondre.

-Capitaine…

Mais c'est son comparse qui poursuit.

-Vous avez dit que votre adversaire était un utilisateur de fruit du démon ?

-Euh, oui… ça ne fais aucun doute.

Je repense au nom de l'équipage, les voleurs d'âmes. Hum, j'ai compris pourquoi.

-Le nom de l'équipage… les voleurs d'âmes… c'est à cause de la capacité du Capitaine. J'ai pu en réchapper, mais il avait un œil sur son torse.

Je ne me précipite pas pour parler, afin de rester tant bien que mal maîtresse de mes émotions.

-En le regardant, la personne ciblée voit son âme détruite. Il avait parlé d'effet secondaire… c'est sans doute pour ça qu'il ne l'a utilisé qu'en dernier recours.

Ils m'ont écouté silencieusement. Repenser à ça fait redoubler mes tremblements. La terreur… elle me colle encore à la peau. Je me frictionne de nouveau les bras, comme pour tenter vainement de me soulager. Je ferme les yeux et pense un instant à voix haute.

-C'est bien plus effrayant que la mort ce truc…

Une main se dépose sur mon épaule, me faisant vivement sursauter. Lorsque je regarde la personne, qui est bien évidement l'un de mes compagnons, je me calme aussitôt.

-Je suis désolé, je ne voulais pas vous-

Je le coupe, je ne dois pas leur montrer une telle image. Qu'est-ce qu'ils vont penser après ?

-NON ! Non… c'est bon, je…

Georges, qui est assez proche lui aussi, me parle de sa voix toujours très posée.

-Vous devriez aller vous reposer après vous être faite examiner par le Doc Amort (3).


Ah non, j'ai horreur des visites médicales ! Pourquoi je devrais allez le voir ?! Physiquement, je vais très bien ! J'ai juste besoin de repos. En plus, il me fait vraiment trop peur. Cet ancien pirate utilise un surnom car il n'aime pas son prénom. Mais en plus de ce surnom flippant pour un médecin, il utilise de- des aiguilles pour combattre !

-Mais pourquoi je-

-Capitaine !

AAAH ! C'est- c'est lui ! En plus, il maîtrise le haki du renforcement et il vise super bien avec ses outils de torture ! Je n'ai aucune chance de lui échapper ! Sa voix est modifiée par le masque qu'il porte sur le bas de son visage. Tout est fait pour être effrayant chez lui… même s'il est l'un de mes hommes, je dois reconnaitre qu'il me fait un peu peur…

-Qu- QUOI ?

J'ai parlé d'une voix forte malgré moi.

-Je dois vérifier s'il n'y a vraiment que vos cheveux qui ont changé.

Hein ?

-Qu'est-ce qu'ils ont mes cheveux… ?

C'est un autre homme qui me répond.

-Vous n'avez pas remarquer… ?

Trop intrigué par leurs remarques, j'attrape une mèche et me la place devant les yeux.

-QUOI ?!

Ils… sont devenus blancs ! Le docteur qui s'est mis à côté de moi me pousse vers l'avant, m'obligeant à le suivre.

-Ne vous en faites pas Cap'taine, on s'occupe du reste !

Le sourire aux lèvres, un autre prend une pose théâtrale, la main sur le cœur.

-Ouais… Reposez en pais.

Ma réaction ne se fait pas attendre.

-NE ME FAITES PAS PEUR COMME ÇA !

Je remonte sur notre navire et accompagnée par le Doc Amort, je vais jusqu'à l'infirmerie. Je ne suis pas tendue, je suis ULTRA tendue !

-Ne vous en faites pas Capitaine. Je vais vous endormir pour vous ausculter.

-Mer- merci…

Je lui en suis vraiment reconnaissante et ça le fait rire.

-Vous aurez toujours ma gratitude pour m'avoir permis de reprendre la mer. Pourtant, je me doute bien que ma seule présence ne doit pas vous être agréable…

-Bien sûr que si, Doc.

Il me regarde attentivement, surpris par ma réponse.

-Vous m'êtes tous précieux et j'apprécie ta compagnie tout autant que celles des autres.

Un peu gênée, mon tic se manifeste et je me gratte l'arrière de la tête machinalement.

-J'ai juste… euh… comment dire ? Hum… je soupire et le fuis du regard. J'ai peur de tes armes.

Je m'arrête de marcher quand je me rends compte qu'il s'est stoppé. Je le vois plié en deux, tremblant.

-Amort ?

-Pfff… Ha ha ha !

Il a une énorme crise de fou rire et ça me prend de court. Après un bon moment, il finit par reprendre son calme, mais il a les larmes aux yeux.

-Je le savais déjà ça Capitaine, mais je vous remercie pour votre confession !

Je reste toujours sous le choc, je crois que c'est la première fois que je l'entends rire ainsi. Avec les yeux brillant de bonne humeur, il revient à ma hauteur et m'invite à le suivre. Une fois à l'infirmerie, il reprend son sérieux. Il m'invite à m'allonger sur l'un des lits et me dépose un masque sur la bouche. Il ne me faut que quelques secondes pour m'endormir…


-Beuleuleu… Beuleuleu…

-Huuuummmm…

-Beuleuleu… Beuleuleu…

Punaise, mais il ne veut pas se taire ce fichu escargophone ?

-Beuleuleu… Beuleuleu…

Escargophone ?

-AH MERDE !

Je me lève avec précipitation et pose mon regard autour de moi.

-Tiens, je suis dans ma cabine…

-Beuleuleu… Beuleuleu…

AH ! J'étais en train de l'oublier lui ! Sachant où se trouve l'escargophone du boulot, je l'attrape rapidement. Mais ce n'est pas le bon, car celui-ci dort toujours profondément et le bruit persiste.

-Beuleuleu… Beuleuleu…

Mais c'est quoi alors qui sonne comme ça ?! Je n'ai pas d'escargophone personnel pourtant… Je me fie au bruit et après un moment de recherche, je finis par mettre la main sur l'animal. Je l'avais complètement oublié lui ! Hésitante, je décroche finalement l'appareil qui ne porte pas les couleurs de la Marine.

-Catcha !

Maintenant que la communication est ouverte, l'animal prend l'expression faciale de la personne à l'autre bout du fil. Ses yeux sont à demis clos, comme ensommeillés.

-Et bien alors, tu en mets du temps pour répondre, yoï !

À suivre…


(1) Nelson Royale : Il n'est pas un OC, il vient de l'anime (épisodes 54 à 60). Il s'agit d'épisodes hors-série.

(2) Navire prison : je ne l'invente pas, le mot est utilisé dans le manga et l'anime.

(3) Le Doc Amort : C'est ma bêta qui m'a donné cette idée, merci à elle.