Rappel des OC :
Beart : L'homme décrit comme un « ours », qui aime la force brute et n'aime pas les tâches administratives.
Tim et Tom : Deux jumeaux tireurs.
Doc'Amort : Le médecin de bord, il utilise des aiguilles pour combattre et porte un masque effrayant sur le bas du visage qui lui permet ce changer sa voix.
Albert : Un vieil homme de soixante-quinze ans et qui a passé vingt-cinq ans à Impel Down. Il avait une prime supérieure à cent millions de Berry. Il a de grosse lunette ronde sur ses yeux qu'il plisse presque toujours.
Tous font parties de l'équipage de Cylia et sont d'anciens prisonniers d'Impel Down.
Précédemment…
Cylia a dû récupérer son navire, que cinq de ses hommes avaient « emprunté ». Elle se rend à Hand Island ainsi, n'ayant pas d'autres alternatives. Lorsqu'ils débarquent, de nuit, un groupe des Shirohige Kaizokudan les observent.
Chapitre 82 : Famille
Instinctivement, je regarde par-dessus mon épaule pour vérifier que tout va bien pour mes compagnons. Ils ont terminé leurs tâches et se rapprochent pour se placer derrière moi. Ils ne sont pas détendus, c'est même l'inverse. Mais n'est-ce pas naturel face aux puissant Shirohige kaizokudan… ? Je me dois de leur montrer l'exemple, pour qu'ils comprennent qu'ils ne sont pas nos ennemis. Mais en réalité, je reste une officier de la Marine et mes gars bossent pour moi. Je suis vachement tendue !
Se détachant de son groupe, Marco s'avance seul jusqu'à moi. Les autres ont sans doute ressenti notre malaise et ont donc gardé leurs distances. Un simple pas nous sépare. Comme toujours, il a les mains dans les poches et a un très léger sourire aux coins des lèvres.
-Ça faisait longtemps Cylia, yoï.
Le ton détendu de sa voix, qui m'est agréable aux oreilles, m'apaise un peu. C'est vrai que pour moi, avant d'être un pirate, Marco… bah, c'est Marco. Je lui réponds avec un timide sourire et lui parle avec franchise.
-Oui en effet, un peu trop même je dois dire. Je suite contente de te revoir…
-C'est réciproque. Vous arrivez en pleine nuit, Oyaji est en train de dormir.
C'est vrai que la nuit est tombée depuis un bon moment, alors ce n'est pas surprenant.
-Ce sont tes hommes ?
Il désigne du doigts mes compagnons, dans mon dos. Machinalement, je me retourne et je jette un coup d'œil sur eux. Ils me regardent visiblement un peu perturbés. Je les rassure avec un regard complice, leurs faisant comprendre silencieusement que tout va bien. Je réponds à Marco sans me retourner dans sa direction.
-Oui, les voleurs de navire. Hein les gars ?
La petite note d'humour a de l'effet dans cette atmosphère trop lourde. Ils rétorquent, faussement mécontents. Les deux jumeaux sont les premiers à prendre la parole.
-On ne l'a pas volé, on l'utilise tout le temps !
-C'est vrai, hein Cap'taine !
Malgré le fait que je comprenne leur raisonnement, ça n'empêche pas qu'ils ont tort.
-Non, il y a un protocole à suivre. Le navire appartient à la Marine, le prendre sans autorisation est condamné par la loi.
Ils déglutissent en m'entendant, conscient que dans leur situation, la loi n'est pas tendre avec eux.
-Ne vous en faites pas, c'est de ma faute. J'aurai du… mieux lire en vous. Je suis navrée, vraiment. J'espère que j'ai pu me rattraper un peu ?
Marco est complètement ignoré, comme les autres pirates. Je pense qu'on a besoin de parler entre nous. Ils réagissent immédiatement à mes excuses, comprenant que j'éprouve des remords. Ils me répondent tous à la fois, l'un d'entre eux déposant même sa main sur mon épaule.
-Vous n'avez pas à vous excuser Capitaine ! S'exclame Doc'. C'est nous qui avons… merdé.
-On aurait dû vous en parler, les jumeaux parlent d'une unique voix. C'est nous qui n'avons pas été francs avec vous !
-Je n'ai pas voulu laissé des petits jeunes partir seuls. Le vieil Albert continu avec sagesse, mais j'aurai du vous en informer Capitaine. Je suis désolé.
-On ne voulais pas que vous soyez obligé de vous occuper de nous alors que vous alliez à un mariage ! La voix bourrue de Beart domine celle des autres.
Même si comprendre ce qu'ils viennent de dire, alors qu'ils ont tous parlé en même temps, n'est pas facile, leurs sentiments me sont quand même parvenus. Je leurs réponds d'un sourire bienveillant. J'ai envie de les prendre dans mes bras pour leurs faire partager mes sentiments. Je ne peux me retenir d'avantage et j'étreins de mes petits bras les deux en faces à moi.
-Je ne m'occupe pas de vous juste parce que je suis votre supérieur hiérarchique…
Je ressers ma prise, ils comprennent que je m'adresse à eux tous et non pas juste au deux dans mes bras.
-Vous devriez me connaitre quand même maintenant, hein ?
-On s'excuse, Cap'taine !
-Comment avons-nous pu nous tromper comme ça ?
Tous ensemble, ils s'échangent un coup d'œil, le regard rieur.
-Mère poule !
Le même groupe de mot est sortie simultanément de leurs bouches. Ma réaction ne se fait pas attendre, je recule si vivement de surprise que je me retrouve contre Marco. Je m'excuse brièvement, et reconcentre toute mon attention sur les gars.
-Je… je vous ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça !
Ils se placent tous autour de moi, avec Marco derrière.
-Mais ça vous va si bien !
-Vous êtes une vraie mère poule avec nous !
Le ton utilisé se veut moqueur, même s'il y a une part non dissimulée de considération dans leurs propos. Une main se dépose sur mes cheveux et Beart m'ébouriffe affectueusement le sommet de la tête.
-On a de la chance de vous avoir, dit-il alors.
-On partage tous son sentiment, Cap'taine.
-Enfin, rétorque Doc', je pense que le plus étrange c'est qu'Albert vous appelles comme ça.
C'est sûr que du haut de ses soixante-quinze ans, ça fait très bizarre qu'il me surnomme de cette manière lui aussi. Une pensée me traverse soudainement l'esprit. Mais pourquoi n'avais-je même pas songé à ça avant… ?
-Dites, les gars…
Quelques-uns me répondent d'un simple « hum ? », je leur fais donc part de mon offre.
-Vous n'avez pas de familles, n'est-ce pas ? Vous avez pris le navire parce que tout ce que vous avez qui vous tiens sincèrement à cœur, c'est la liberté. Vous…
Je n'ose pas terminer ma phrase, la laissant alors en suspens. Après un moment de flottement, Doc Amort rompt le silence.
- « N'avez rien » ? C'est exact, Capitaine. Mais grâce à vous, on a pu retrouver une part de nous-mêmes.
Tim et Tom poursuivent ensuite.
-Un pirate privé de liberté, n'est plus rien.
-Impel Down nous avait privé de se qui fait de nous des Hommes, Capitaine.
Je les écoute avec une grande attention. Généralement, d'eux cinq, seul Doc' et le vieil Albert m'appelle « Capitaine », les autres mangent toujours ma fonction lorsqu'ils me parlent. Mais ce n'est pas de la peine que je perçois dans leurs regards… comprendre leurs sentiments est loin d'être une chose facile. Je ne pense pas avoir véritablement les prérequis nécessaires pour être une vrai leader.
-Vous savez…
C'est Albert qui prend la parole cette fois. Il n'est pas un grand bavard et c'est même le contraire d'habitude. Donc s'il parle, c'est qu'il a quelque chose d'important à partager. Ça voix est assez grave et très calme.
-J'ai passé vingt-cinq ans dans cette saleté de prison. Lorsque je me disais que je finirai sans doute mes jours ici… vous n'avez pas idée à quel point sa pouvait me briser. Il y a beaucoup de choses que j'ai pu faire par le passé, dont je ne suis pas fière.
Il soupire un moment, avant de reprendre doucement.
-Mais je ne souhaite pas pour autant que d'autres connaissent se que ça fait que d'être réduit à un état presque végétatif. La Marine ne tue pas les pirates, par préférence. Et pourtant le sort qu'elle nous réserve est sans le moindre doute bien pire encore.
Beart poursuit sur la lancé d'Albert.
-En tant que pirate, perdre un combat signifie mourir. Ce n'est pas de la pitié, c'est juste comme ça que se passent les choses entre nous. Je pense comme Albert, je n'aime pas la Marine. Je la hais, comme tous les autres au final…
Doc' Amort continu ses explications.
-Vous êtes différente des officiers. Sans vouloir vous vexez Capitaine… on trouve tous que vous n'avez absolument rien à voir avec eux. J'apprécie même votre sens de la « Justice », alors que j'en déteste pourtant rien que le mot ! On ne vous suit pas par obligation, on aime naviguer avec vous. On aime combattre avec vous, défendre vos valeurs. Vous n'avez pas idée de ce que vous nous avez apporté.
-Ouais ! Les deux jumeaux parlent d'une unique voix, on a tous une dette à vie envers vous !
Les trois autres acquiescent.
-Je comprends, mais ce n'est pas pour autant que vous avez une dette les gars. On combat ensemble, nous ferons front commun côte à côte. Je vous rendrai entièrement votre liberté un jour, je vous l'ai déjà promis. Je tiendrais parole !
Je suis en train de me rendre compte que l'on se donne en spectacle. Mais on avait vraiment besoin de mettre des mots sur nos sentiments.
-Bon, j'aimerai vous faire une offre.
Ils m'observent, intrigués, attendant que je m'explique.
-Marco ?
Je regarde dans sa direction. Il est encore derrière moi et si je recule ne serait-ce que d'un pas, j'aurais mon dos collé à son torse. Il attend calmement, les mains toujours dans les poches. Il a parfaitement compris que la discussion qui est en cours est importante pour nous. J'apprécie qu'il ait patienté.
-Hum ?
Je lui fais un petit sourire timide, gênée par se que je vais lui demander.
-J'ai une question un peu bête, mais... je dois en être certaine à cent pour cent.
Il hausse un sourcil.
-Vous avez une bouteille de Saké ?
Il a tout de suite compris le fond de ma pensé et j'arrive à lire dans ses yeux une agréable surprise.
-Je confirme, c'est bien une question idiote. Tu nous prends pour qui ? Tu sais vraiment à qui tu as affaire ? Poser une question comme ça-
-Je sais, je sais ! Mais…
Je le supplie du regard, insistant pour ma requête.
-Oui, on vous passera une excellente bouteille. Une telle cérémonie ne se fait pas avec un saké bon marché.
Une excellente bouteille, c'est bien ce qu'il a dit ?
-Huuummmm…
-Qu'est-ce qu'il y a, yoï ?
-Je trouve ça bizarre qu'il n'y ait pas d'arrières pensées. Rien n'est gratuit avec un pirate…
Je le fixe, perplexe.
-Ouais, il y a anguille sous roche quelque part là, Marco.
-Tu le veux ou pas ?
-Oui ! On n'en a plus sur le navire et en plus… je le fuis du regard un instant, je n'ai presque pas un rond sur moi…
-Vous avez encore grignoté tous vos Berry, Capitaine ?
FLAG ! Je ne réponds pas, me raclant la gorge après avoir dégluti. Doc rigole, ayant compris qu'il avait vu juste.
-Ne t'en fais pas, je mettrais la note sur ta dette.
Ma quoi ?! Il arbore un sourire carnassier. Je DÉTESTE ce pirate ! Je soupire et reporte mon attention sur mes compagnons.
-Pourquoi vous avez demandé ça, Cap'taine ?
-Je vous ai dit que j'avais une offre à vous faire…
Ils m'écoutent avec attention.
-Je…
J'ai interrompu ma phrase, appréhendant leurs réactions. Est-ce qu'ils ne vont pas tout simplement rejeter ma proposition ? Ça pourrait être compréhensif, je suis une officier malgré tout… Les nœuds me nouant l'estomac m'empêchent de continuer. Jusqu'à se que je sente une main se poser sur mon épaule. Main qui est à Marco, m'encourageant alors silencieusement à continuer.
-Je voudrais vous proposer de faire un serment de fraternité. Vous n'avez pas de famille… vous vous sentez seul… je connais ça. Et euh… si vous voulez bien… je pense qu'on pourrait…
Punaise, je n'arrive pas à enchainer plus de deux mots à la fois ! Je respire un bon coup, serre les poings et relève le menton. Je veux qu'ils voient que je suis très sérieuse !
-Je voudrais que l'on soit une famille, les uns pour les autres ! Tous les six, en partageant une coupelle de saké… on pourrait être frères et sœur.
Ils en restent pantois, ne me donnant pas immédiatement leur réponse.
-Enfin, il faut que vous en ayez envie !
Et bien que j'aie eu un peu peur de parler ainsi, je suis soulagée en voyant d'énormes sourires fleurir sur leurs visages. Ils me font des accolades joyeuses, me donnant également à l'oral leur réponse maintenant évidente.
-On en serait ravi !
Après ça, Marco finit par se manifester.
-Bon, ce n'est pas tout mais si vous voulez fêtez ça maintenant, vous ne devriez pas perdre plus de temps. Il est déjà tard, yoï.
-Ah ! Oui tu as raison et puis…
On se reprends tous un peu.
-Je n'ai même pas encore pu dire bonjour correctement.
Je me rattrape dès que je suis à hauteur du groupe de pirates qui était resté en retrait. J'ai le droit à d'amicales retrouvailles avec certains membres des Shirohige. Je suis présentée à ceux que je ne connais pas et qui sont venus par curiosité. J'en profite pour en faire de même pour mes gars et on prend quelques minutes pour faire un peu plus connaissance.
Marco nous conduit ensuite à une modeste salle de réception en ville, aux allures de vieux salon, dans les tons vert et rouge. On peut y être une vingtaine de personne environs. Les meubles anciens en bois sont de couleurs pâles. Plusieurs canapés sont entreposés, ainsi que quelques tables accompagnées de sièges en paille tressé. Il nous quitte un instant et lorsqu'il revient s'est avec une bouteille à la main.
Il récupère des coupelles dans un meuble à proximité et les remplis avec le saké. Le tout est déposé sur une table ronde et nous nous asseyons sur des sièges tout autour. Les coupelles sont levées, les mots du serment sont prononcés et l'alcool est alors bu. De nouveaux liens nous unissent, nous sommes maintenant frères et sœurs.
Quelques curieux nous avaient suivi en plus de quelques personnes déjà présentes lorsque nous sommes arrivés dans la salle. On a alors l'occasion de partager le reste de la nuit en compagnie de plusieurs Shirohige. Au moins, mes compagnons ont pu s'intégrer un peu avec eux aussi. L'alcool coule et bien qu'il n'y ait pas de musique, ni d'énorme brouhaha, on passe un excellent moment.
Je me réveille le lendemain sur un canapé en tissus, un poids mort m'empêchant de bouger les jambes. Dire qu'elles sont écrasées est plus proche de la réalité. Je suis vautrée sur le torse d'un homme et je me redresse en tiquant. Ma position n'était visiblement pas des meilleurs qui soient pour dormir. J'ai utilisé l'épaule de Doc Amort en coussin et c'est le massif Beart qui tient mes jambes d'une forte poigne. Sa tête est sur mes cuisse, il a la bouche ouverte et ronfle. Heureusement pour moi, il ne bave pas…
Notre soirée était vraiment très sympa. On s'est encore plus rapproché, faisant tomber les dernières barrières. On est vraiment des frères et sœurs maintenant, formant une famille… atypique. Ça les a rendu heureux, à un point que je n'imaginais même pas. En bougeant, j'ai réveillé Doc' Amort et on se regarde silencieusement. Il a encore les yeux ensommeillés.
-Bien dormi, Doc ?
On chuchote, étant donné que quelques personnes dorment encore autour de nous.
-Ouais et toi ?
Avec la soirée de la veille, ils ont laissé tomber le vouvoiement.
-J'ai des courbatures, normal vu ma position.
Il jette un petit coup d'œil plus bas et rigole discrètement en apercevant Beart. Puis il replace son attention sur moi et glisse ses bras autour de ma taille. Son geste me surprend un peu, mais je le laisse faire. Je sais que c'est affectif et je me suis rendue compte qu'ils en avaient tous cruellement besoin. Une famille, ça leurs faisait défaut, ils n'en avaient pas… en dehors des liens avec l'équipage, ils sont- non étaient, seuls.
Son visage enfouit dans le creux de mon cou, il profite de ce moment pour se confier, laissant alors son cœur s'exprimer, ce qui n'est pas toujours facile pour un homme.
-Merci… merci, tu n'as pas idée de ce que tu nous as apporter. Ça vaut plus que tous les trésors du monde.
Il ressert son étreinte et je me laisse moi aussi un peu plus aller contre lui. Je lui réponds, parlant moi aussi à voix basse.
-Mais tu sais, c'est valable dans les deux sens. J'ai beaucoup de chance de vous avoir comme frères maintenant.
Il arrête de m'étreindre, gardant malgré tout un contact visuel.
-Tu vas avoir des courbatures si tu restes trop longtemps dans une position inconfortable.
-Hum, je sais mais…
-Oh, ne t'en fais pas, j'ai une méthode très efficace pour réveiller tout ce beau monde en moins de deux !
-Tout le monde ? Mais…
-Regardes, il pointe du doigt une fenêtre avec des volets ouverts. Je crois bien qu'il fait jours depuis un moment. Tu es trop gentille, mais t'inquiètes ! Moi, je ne le suis pas.
Son regard expressif m'inquiète sur ce qu'il va faire… Il touche son masque un moment, avant d'hurler fort :
-ENNEMIS EN VUE ! TOUT LE MONDE SUR LE PONT, Y'A URGENCE !
Effectivement, c'est radical comme méthode ! J'ai moi-même eu un petit sursaut… Dans la salle, tous se relèvent brutalement. Les jumeaux, le vieil Albert et même Beart qui me libère donc. Les quelques Shirohige trop fêtards pour retourner dans leurs lits réagissent avec empressement.
J'en profite pour me mettre moi aussi debout. Doc'Amort en fait de même une petite seconde après. Il ne dit rien, se contentant de me faire un clin d'œil complice. Il touche de nouveau un coin de son masque. Durant un instant, sa voix n'était plus modifiée. C'est la première fois que je l'entends d'ailleurs…
Ceux qui comprennent enfin qu'ils ont été roulés grognent de mécontentement. Je tente de ne pas rire, pour éviter d'éveiller les soupçons. Je passe ma main sur mes vêtements, afin d'enlever quelques mauvais plis. Puis je fais signe à mes… frères, de me suivre.
Je rejoints ensuite jusqu'à Joseph, j'avais créé une amitié avec lui pendant mon séjour sur le Moby Dick. Je me dois d'aller voir Oyaji, non seulement j'ai envie de le revoir, mais c'est aussi une question d'éthique. Je lui demande s'il peut me conduire jusqu'à lui ou, à défaut, auprès de Marco.
-Et bien, Marco-Taïcho nous avait demandé de t'amener à lui dès que tu te lèverais. Je me renseigne pour savoir où il est et je t'accompagne. Ça marche ?
-Très bien.
Il me fait un sourire et hèle l'un de ses compagnons. Après un bref échange, on quitte tous ensemble la petite salle de réception.
-Il est avec Oyaji et les futurs mariés. Ils ont fini de manger il y a un moment, ils se sont installé une table en plein air.
-Ok, on te suit, merci Joseph.
-Ce n'est rien !
Il avance en tête du groupe et nous restons à quelques pas derrière lui. Il marche tranquillement, une main dans la poche, tenant une cigarette dans l'autre (1). Sur le chemin, mes nouveaux frères me font part de leurs inquiétudes.
-Tu es sûr que tout ira bien ?
-Ouais, insiste le frère de Tim anxieux, c'est un Yonkou !
-Ils ont raisons, même Albert n'est pas rassuré, ce n'est pas vraiment n'importe qui.
-Moi, hurle Beart, j'te fais confiance ma SŒUR !
Il a insisté sur le dernier mot, ayant alors un large sourire et un ton plein de bonne humeur. Doc'Amort passe son bras sur mes épaules et parle avec sa voix modifiée.
-Il a raison, peu m'importe s'il est l'homme le plus imposant au monde. Tu as énormément d'estime pour lui, alors… j'ai bien envie de le rencontrer !
Je n'ai pas besoin de dire quoi que se soit, ils se sont encouragés les uns les autres, usant du groupe pour se soutenir de manière à ne plus redouter cette entrevue. Je pense que tout va bien se passer, mais il ne les connait pas. C'est la première fois qu'il va les voir… j'espère que tout ira bien. Même pour moi, ça fait un moment que je ne les ai pas revus !
À suivre…
(1) Vous le savez déjà tous, mais je devais mettre cette note : Fumer nuit gravement à la santé.
