Précédemment…
Cylia fait un serment de fraternité avec cinq membres de son équipage. Les anciens pirates n'avaient plus aucune famille ni lieu où se sentir chez eux.
Ils sont arrivés avec Cylia à Hand Island pour le mariage de Misa et du Commandant de la Dixième Flotte de Barbe Blanche. Curiel et l'heureuse demoiselle ont en commun leur passion pour les armes à feu. En effet, elle est issue d'une famille d'armurier et lui utilise de redoutables bazookas.
Cylia et ses cinq nouveaux frères se réveillent de leur nuit de festivité en début d'après-midi. Ils sont alors conduits à Shirohige, qui est à table avec les futurs mariés et plusieurs de ses fils.
Chapitre 83 : L'officier crevette
Après avoir marché sur les routes pavées de la ville, nous avons fini par en sortir. Nous arrivons alors sur une modeste pleine verdoyante. L'herbe n'est pas trop haute, il ne fait aucun doute que cet endroit est entretenu, comme en témoigne les quelques buissons taillés. La forêt avec ses grands arbres verts foncés borde les lieux, regorgeant sans doute de vie, bien que caché de notre vue. Un courant d'air tiède me souffle agréablement sur le visage grâce à l'absence de bâtiment.
Malgré ça, je reste anxieuse, ressentant même une remonté de stresse à l'approche de la tablé. Elle est toute en longueur, une partie ombragée par les arbres tandis que le reste est au soleil. De part et d'autre sont installés plusieurs Commandants ainsi que la future mariée et ses parents. Certaines personnes me sont totalement inconnues, mais celui qui attire le plus mon attention est l'homme qui se trouve dos à nous. En bout de table, assis sur un fauteuil plus confortable que les autres convives et surtout adapté à sa grande morphologie, est installé le Capitaine.
Lorsque nous arrivons à proximité de la table, joyeusement bruyante, je sens mon cœur tambouriner dans ma poitrine. Je ne suis plus seule à me présenter à eux. Mais ils sont tous les cinq de bon gars, ils devraient être capable de se faire accepter.
Joseph, à quelques mètres devant nous, arrive jusqu'à Père. Les Commandants attablés le remarquent rapidement et nombre d'entre eux portent alors leurs regards sur nous.
-OYAJI !
En entendant le nominatif affectueux, Barbe Blanche met sa chaise légèrement de biais. Il pose alors son regard sur lui, puis sur nous. On s'était arrêté, mais je me reprends et me rapproche un peu plus. Mes nouveaux frères me suivent, restant malgré tout derrière moi.
Alors que l'hommes aux vêtements militaire échange avec Oyaji, les jumeaux me murmurent discrètement à l'oreille.
-Tu es sûr que c'est bon… ?
-J'ai entendu dire par des Marines qu'il avait déjà détruit une île entière d'un simple mouvement de bras…
Je réponds à la dernière anecdote, connaissant le fin mot de cette histoire.
-Tom, l'île détruite n'abritait pas de civil. Elle était utilisée par la Marine et le Commandant de la Base s'en était ouvertement pris à l'une de leur flotte.
Tout le monde sait, sur les mers, ce qui arrive à ceux qui s'en prennent aux membres de l'équipage de Barbe Blanche. Cette seule clarification leur permettra de voir les choses plus objectivement. La Marine, après cette altercation, avait fait part dans les journaux d'une « Nouvelle preuve de l'insécurité causé par les pirates. ». L'ironie, c'est que les Shirohige protègent bon nombre d'île dans le Nouveau Monde. Chose que la Marine ne fait pas assez, il n'y a qu'à voir le cas de Hand Island…
Après tout, le Maire de la ville avait de nombreuse fois déposé des requêtes de protection à la Marine. À chaque fois, la demande n'aboutissait pas. La justice se préoccupe bien plus des quatre Blue et du Paradis… Alors sans l'Empereur, le Shin Sekaï aurait droit à une puissante vague d'insécurité. C'est un fait connu par mes cinq frères et ça joue sans aucun doute sur leur jugement. Mais ils ont entendu beaucoup de chose en côtoyant des Marines… et les racontars ne sont pas fiables.
-Ne vous laissez pas influencer par les autres, vous valez bien plus que ça. Je le sais.
Ils sont bien placés pour savoir ce qu'ils peuvent ressentir, à être ainsi haïs. Alors, je sais qu'eux arriveront à passer outre les avis donnés par la presse et le Gouvernement Mondial. Après tout, même moi j'ai pu le faire. Mais je pense tout de même que ce que j'ai vécu durant mon enfance m'a aidé, d'une certaine manière. Lorsque l'on connait la solitude, le rejet, la souffrance… on ne peut qu'être empathique (1).
Maintenant que Joseph a fini de parler à Barbe Blanche, je m'incline légèrement, par respect envers lui. J'ai toujours un petit peu de mal à l'appeler « Oyaji », encore plus en présence de tous ce monde. Malgré ma gêne, je ne me prive pas d'utiliser l'appellation affectueuse.
-Oyaji…
Je me redresse et le regarde dans les yeux. Je suis obligée de lever le menton, la proximité mettant encore plus en évidence la différence entre ma petite taille et la sienne. Je suis malgré tout contente de le revoir…
-Bonjour, ça faisait longtemps…
Au fond, je suis quand même vraiment contente de le revoir.
-Sans doute un peu trop à mon goût même, ça me fait plaisir de vous revoir.
Je ne peux empêcher d'accompagner mes propos par un sourire. Finalement, j'arrive presque à faire abstraction des personnes présentes. Il a toute mon attention et j'attends calmement une réaction qui ne me fait pas attendre longtemps.
-Je suis rassuré de voir que tu vas bien, mon enfant.
Son regard se porte sur les gars, qui ne reculent pas. Car oui, rien que soutenir le regard de cet homme, bien que ça semble anodin, n'est pas une chose aisée à faire. Il n'est pas l'Homme le plus fort du monde pour rien après tout…
-Ce sont des membres de ton équipage ?
Il a parlé tout en continuant de les fixer. Je réponds à sa question, bien que ce n'en est pas réellement une.
-Oui, en plus d'être des frères. Ils sont tous les cinq d'anciens prisonniers d'Impel Down.
-Hum, je vois.
-Vous verrez, ce sont de bon gars ! Je leur fais confiance même les yeux fermés.
Tout en gardant un air neutre, je le vois les sonder du regard. Un moment de réflexion pendant lequel il se fait un premier avis sur eux. C'est ça que j'appréhendais… et ce n'est pas seulement parce qu'on va passer un peu de temps ensemble. Il faut que ça colle bien et à plus juste titre qu'ils sont mes frères à présent.
Il ne dit rien, j'en profite pour satisfaire ma curiosité un instant et regarde plus attentivement les personnes assises à table. Sur les quinze Commandants (2), il n'en manque que trois. Tous sont des grosses pointures de la piraterie, avec des primes aux sommes phénoménales.
Bien que je m'impose une vision neutre d'eux, me disant qu'ils sont avant tout des Hommes, je n'en reste pas moins quelque peu perturbée. L'environnement de la Marine n'y est pas pour rien, tout officiers ressentirait un malaise certain devant de tels individus. Et encore plus lorsqu'on en a autant devant soit…
Parmi les personnes présentes à la table, il y a Misa, qui est une magnifique jeune femme à la chevelure blonde. Son visage conserve toujours quelques légères rondeurs, comme si elle n'avait quitté qu'il y a peu de temps l'enfance. Alors que ce n'est pas le cas, à quelques mois près, on a le même âge… Son beau visage est discrètement maquillé, ses lèvres sont toujours roses et elle est féminine jusqu'aux bouts des doigts.
Tandis que je croise ses yeux bleus, elle se lève doucement. Je ne la quitte pas du regard, tandis qu'elle se rapproche d'un pas lent. Une fois juste devant moi, elle se laisse tomber contre moi, me serrant de ses bras fins. Elle laisse sa tête choir dans le creux de mon cou. Je n'arrive pas à déterminer comment je devrais réagir, ma tête étant en conflit avec mon cœur… Mais ça, c'est avant que je ne sente des petites goutes perler sur ma peau. Je lève un peu les bras, esquissant un début de réaction.
-Snif… Si tu savais combien je me suis inquiétée… snif… Je ne me pardonnerais jamais de ne pas avoir été là pour toi ! Snif, je t'en supplie, Cylia… laisses moi te remercier pour nous avoir sauvé. Je m'en veux… c'est moi qui suis inhumaine, snif… Bouhouu…
N'en pouvant plus, je cède à mes impulsions. Je réponds à son étreinte, sentant un parfum fleuri lorsque mon visage se perd dans quelques mèches de ses cheveux plus long qu'auparavant. Nous n'échangeons pas un seul mot pendant un moment, profitant de cet instant. Je me sens coupée de notre environnement. Au final, je ne suis qu'une grosse sentimentale…
-Ça m'avais manqué, Misa.
Elle me répond d'un petit bruit, pleurant encore trop pour formuler une réponse oralement. On ne bouge pas, profitant ainsi de l'autre. Je suis celle qui brise ce petit silence, lui murmurant alors quelques mots à l'oreille, doucement.
-Et tu sais…
-Hum ?
-C'est un comble que tu dises être inhumaine. Tu es une véritable éponge…
-Snif… hi hi, tu sais, je suis peut-être très sentimentale mais tu l'es toi aussi ! Et je dirais même autant que moi.
Je me retire de son étreinte pour pouvoir la regarder, les yeux maintenant rougis par ses larmes. Son sourire est éblouissant et je ne peux que lui rendre la pareille.
-Tu exagères !
-Non pas du tout, tu es à la limite de pleurer ! C'est flagrant !
Et il suffit qu'elle me le dise pour qu'une petite larme traitresse coule sur ma joue. La sentant, je l'essuie tout de suite d'un revers de la main.
-Même pas vrai !
On ne fait pas crédible et je le sais bien, alors toute les deux on s'en amuse. Et on rit ensemble, laissant ainsi s'échapper toute la frustration qui avait pu s'accumuler. Lorsque l'on se calme enfin, je ne peux m'empêcher de penser que non, nous n'étions pas toute seule.
-À quoi est-ce que je vais ressembler maintenant ? À pleurer, alors que je suis accompagnée par les gars.
Curieuse, elle se déporte un peu sur le côté et penche la tête pour les regarder.
-Ils font partie de ton équipage, mais tu as dit qu'ils étaient tes frères… ?
Misa est au courant que je n'ai personne avec de vrai lien de parenté. Alors elle s'interroge logiquement sur eux. Je les regarde par-dessus mon épaule, ils restent silencieux, attendant avec patience.
-Je te raconte tout ça si tu veux.
-Oui !
Prise de court par son ton enjoué, je l'observe avec une pointe de surprise alors que je li un vrai bonheur sur son visage.
-Mais toi aussi tu as des choses à me raconter…. N'est-ce pas ?
Elle sait parfaitement ce dont je fais référence. Elle a des rougeurs sur les pommettes.
-Vous avez beaucoup de choses à vous raconter, Cylia assis toi à notre table. La voix imposante de Barbe Blanche me fait presque sursauter, et tes hommes aussi.
Misa m'attrape la main et m'entraine avec elle. Au bout de la table, l'un des Commandants fait signe aux gars. D'un discret échange, je leurs fais comprendre d'aller le rejoindre. Misa s'arrête lorsque sa mère l'appelle.
-Ma chérie, laisses là prendre ma place, je vais m'asseoir un peu plus loin.
Avant même qu'elle n'ait le temps de répondre, la mère qui a toujours ses courbes généreuses, quitte sa place. Encore une fois, sans vraiment me laisser le choix, Misa m'amène jusqu'à leurs chaises. Elle se met à la place de sa mère, à côtés de son père, me laissant m'installer entre elle et son chéri. Curiel, le Commandant de la Dixième Flotte, se tourne vers moi, un bras appuyé sur le dossier de sa chaise. Autour ne nous, l'ambiance est bon vivant, les voix des personnes attablées se mêlent à celui du vent qui fait bruisser les feuilles des grands arbres nous ombrageant.
Un peu gênée, je me présente à celui que je vois pour la première fois. Je lui tends la main en accompagnant les paroles à mon geste.
-Bonjour, Cylia… enchantée.
Que de politesse, mais bon, il faut dire qu'avec la discipline de la Marine, j'ai été influencé dans mes manières. Il regarde ma main, puis me l'attrape pour me la serrer avec fermeté (3).
-Pareil, Curiel, Commandant de la Dixième Flotte de Père.
Lorsqu'il s'est présenté, j'ai perçu toute la fierté qu'il ressent. Ce ton plein d'assurance qui transpire la confiance en soi. Leur réputation n'est pas usurpée et c'est justement parce que j'en ai conscience, qu'en tant qu'officier, je ne suis pas à mon aise.
-C'est la première fois que je te vois et pourtant ma femme m'a tellement parlé de toi que j'ai l'impression de déjà te connaitre !
Je reporte mon attention sur la miss, l'interrogeant déjà du regard.
-Qu'est-ce que tu leur as raconté ?
Elle ne me répond pas, mais lorsque j'ancre mon regard dans le sien et que j'y perçois la lueur d'amusement, je crains le pire…
-Attends… ne me dis pas que… tu leur as dit ça ?
Elle garde toujours le silence, mais son sourire s'élargit.
-Dit quoi ?
Elle sait parfaitement ce dont je parle, mais je vais rentrer dans son jeu, ayant besoin de savoir.
-Les classes…
Nos regards sont l'un dans l'autre, cherchant à y lire les pensées.
-Tu n'as jamais voulu me dire comment tu t'étais débrouiller pour que cet officier ne m'embête plus…
-Tu parles de l'autre trou du cul qui te faisait trop d'avances ?
-Oui ! D'habitude, à chaque fois qu'il y avait quelque chose qui te dérangeais, tu réglais le problème en tabassant les autres. Mais cet officier n'avait pas le moindre bleu et tu n'avais pas non plus fais de prison, pour une fois.
-Je te l'ai dit, je lui ai demandé poliment de ne plus te tourner autour comme il le faisait.
-Ça n'aurait jamais suffis ! Je lui avais demandé un paquet de fois déjà ! C'est arrivé juste après qu'il ait joué au voyeur. Tu n'étais pas du genre à garder ton calme dans ce genre de situation…
-Elle l'a menacé, yoï.
On se tourne toutes les deux vers lui et il nous regarde avec des yeux toujours mi-clos.
-Comment…
Je suis certaine de ne pas lui avoir raconté ça ! Un petit rictus amusé se dessine sur ses lèvres.
-Lire en toi est d'une facilité déconcertante, Cylia.
Je soupire discrètement, tandis que Misa se met à rire. Je reporte mon attention sur elle en entendant le son cristallin, elle a une petite larme qui coule sur sa joue. Du bout des doigts, elle se la retire.
-Tu n'étais jamais allé jusque-là, mais maintenant que j'y pense… ça te ressemble bien de faire ça pour quelqu'un que tu aimes.
Je ne peux m'empêcher de rougir un peu et ne parviens à lui répondre que d'un petit bruit de gorge. Je sursaute un peu lorsque j'entends la voix criarde des jumeaux.
-Si vous saviez le nombre de fois qu'elle a pu se foutre sur la gueule avec d'autres Marine parce qu'ils n'avaient pas parlé correctement de nous !
-Oh, vraiment ? Tu n'as pas changé du tout alors ! Déjà rien que pendant les classes, tu as passé facilement la moitié de ton temps au trou. Tu te faisais toujours réprimer pour ton comportement « inadapté »… hi hi hi !
-On veux savoir, M'dam !
-Hum ! D'accord !
-NON, moi je ne suis pas d'accord ! C'est trop la honte !
Je me lève une petite seconde après elle, mais une puissante poigne me force à me rasseoir. C'est le futur marié, autant dire qu'il ne me laisse clairement pas le choix. Je suis contrainte à devoir les laisser raconter toutes les anecdotes me concernant. Haaan… il y en a trop…
Quelqu'un s'est assis à la place de Misa, il est grand, autant que Curiel. Il a une peau bronzée et très musclée, sur laquelle il y a tatouage au niveau de son pectoral droit (4). Sa mâchoire aux traits carrés lui donne l'apparence d'un homme robuste. Couplé à la présence d'un début de barbe mal rasé, il est très viril. Il a les cheveux blonds lui frôlant les muscles imposant de ses épaules. Oh que je peux me sentir petite entre ses deux là…
-Alors c'est toi la fameuse officier qui est notre future recrue ? Je suis Kingdew, Commandant de la Onzième Flotte de Père.
-Euh…
Il y a un moment de flottement, en fait c'est le temps qu'il me faut pour reprendre un minimum contenance. Il m'a parlé de mon statut d'officier et il s'est présenté proprement en plus. Ça serait impolie de ma part de ne pas me présenter correctement… Mais là, ça me fait un petit peu peur. Un tout petit peu hein… Je respire un bon coup avec discrétion et lui réponds en le regardant dans les yeux. Enfin presque, je regarde ses sourcils, mais ça ne se verra pas.
-Cylia, Capitaine de la Marine.
En principe, quand on se présente, il faut toujours dire notre base d'affiliation, mais là… j'étais trop mal à l'aise pour continuer. Je vois Kingdew sourire, tandis que Curiel se met à pouffer de rire, me faisant sursauter pour la énième fois. Lorsqu'il reprend son calme, il me regarde non sans sourire.
-C'est la première fois qu'un officier de la Marine qui n'est pas haut gradé ose se présenter calmement à côté de moi !
-On ne peut pas dire que tu n'as pas de courage au moins.
Et les deux Commandant rient ensemble, tandis que je soupire, un peu plus rassurée.
J'en profite pour jeter un œil sur mes compagnons, ils sont en train de s'amuser avec Misa. Bon, je ne suis pas sûr que ce soit bon pour moi, mais tant qu'ils sont heureux… ça me va. Je n'ai pas un haki de l'observation très bon, alors à cause de toutes les discussions en cours, je ne parviens pas à entendre ce qu'ils peuvent se dire. Mais d'ici, je vois qu'ils arrivent même à déconner avec les autres personnes assises à côté d'eux. C'est une bonne chose… et ça me rassure pour eux.
-Tu continues à te soucier de tes hommes même en étant mal à l'aise, Cylia ?
Je reporte mon attention sur Curiel et lui réponds calmement. Enfin, intérieurement, je suis clairement moins calme, mais je ne veux pas le montrer.
-Évidemment, d'ailleurs ils ne sont pas juste mes hommes. Et puis c'est normal non ?
-Peut-être pour toi, mais en principe, les gens pensent plus à leur propre gueule qu'à celle des autres. Et je n'ai jamais vu un officier se soucier plus de ses soldats que de lui-même. Mais… entre ce que j'ai entendu sur toi et l'impression que tu me donnes, tu as l'air différente. Même si tu es encore… une crevette !
-Oh, l'officier crevette, c'est vrai que ça lui correspond bien.
-Hey !
Tous les deux se foutent royalement de ma gueule, ce qui m'énerve et… me permet aussi de leur parler un peu plus aisément. Ils continent tous les deux jusqu'à ce que Marco, qui est à quelques places de nous, rajoute son grain de sel lui aussi.
-Curiel, c'est normal que cette Capitaine soit différente des autres officiers…
Il laisse sa phrase en suspens, se mettant à faire un sourire un brin sadique en me fixant, avant de reprendre. Je sens que je vais encore en prendre pour mon grade…
-On l'a corrompu.
Ma réaction ne se fait pas attendre, je me redresse brusquement, faisant tomber ma chaise.
-QUOI ?! Influencer, je veux bien le reconnaitre ! Mais je ne suis pas d'accord avec toi là !
Il se lève, fait le tour de la table jusqu'à être devant moi. Je me retrouve alors avec la table dans mon dos et sans échappatoire. Je ne me sens pas très bien là, pas du tout même… surtout avec l'air qu'il affiche en ce moment ! Il s'avance doucement… jusqu'à me surplomber complètement. Je lève le menton, nos visages se retrouvent à quelques centimètres l'un de l'autre.
-Si tu es sous notre influence, miss, ce n'est plus qu'une question de temps avant que l'on ne te corrompe.
Bien que ma position ne me permette pas de lui répondre, je fais preuve d'audace en rétorquant sur le même ton. Autour de nous, il n'y a plus un seul mot de prononcé. Seul quelques bruits provenant de la nature environnante nous accompagnent.
-Toi, tu n'arriveras à rien avec moi, le Phoenix.
-Oh… vraiment ? Est-ce donc un défi ?
Une lueur provocatrice brille dans ses yeux. Quelque chose en lui attise mes instincts sauvages, me faisant alors mettre de côté toute raison et donc rentrer dans son jeu. Je rapproche encore plus dangereusement mon visage du sien, ne laissant alors qu'un très court espace entre nos lèvres. Nos deux corps se touchent presque, nos regards sont ancrés l'un dans l'autre. Ça ne me ressemble pourtant pas de me laisser aller ainsi… mais…
À suivre…
(1) L'empathie, c'est la capacité à se mettre à la place de quelqu'un. C'est une qualité, ça montre qu'il y a une réelle sensibilité chez la personne.
(2) Oui, il y a seize flottes chez les Shirohige, mais il n'y a pas encore de Commandant pour la seconde.
(3) Petite précision pour ceux qui ne sont pas habitué à serrer les mains. On dit d'un homme, que lorsqu'il serre la main d'une femme, il doit le faire avec fermeté et ne pas montrer trop de retenu, afin que la Dame ne perçoive pas ça comme un manque de considération.
Note : En fait, moi, ça m'est même arrivée d'avoir des hommes qui me font limite mal… Mais bon, même dans ces cas-là, je garde un sourire courtois. Donc Messieurs, toutes les Dames apprécieraient que vous dosiez correctement votre force quand vous saluez !
(4) Le tatouage de Kingdew sur le pectoral n'est pas l'emblème des Shirohige. Si vous êtes curieux, allez le voir.
