Précédemment…

Cylia et ses cinq hommes d'équipages, qui sont aussi à présent ses frères, se retrouvent avec les futurs mariés et leurs familles. Ils sont alors entourés par bon nombre des Commandants de Barbe Blanche, qui est lui-même présent.

Après avoir échangé avec Curiel, qui est le futur marié et Kingdew, Commandant de la Onzième Flotte, un différend oppose Cylia à Marco…

Chapitre 84 : Dominant et dominé

De toute manière, ce n'est pas rationnel à la base que je sois ici. Un officier n'a normalement pas à manger à la table d'un pirate. Encore moins entouré par les Commandants d'un Yonkou, comme c'est le cas pour moi. Le regard de Marco est hypnotisant… j'y retrouve cette même sauvagerie que je sens bruler au fond de moi. Ce même instinct qui me pousse à le provoquer, comme il l'a lui-même fait.

Je me perds, sentant l'animal en moi commencer à prendre le dessus. En réponse, je sens aussi son animal se manifester progressivement, la preuve étant le changement de ses pupilles. S'il continu, je-

NAN NAN, je dois me reprendre ! Bon sang, il me semblait avoir plus de contrôle sur mon zoan que ça ! De justesse, je reprends mes esprits. Je remets un tout petit peu de distance entre nous, jusqu'à se que la table m'empêche d'en mettre davantage. Je passe ma main sur mes yeux, tentant de chasser le trouble qui perdure malgré moi.

-Bon sang, qu'est-ce que tu m'as fait ?

Je relève la tête pour le regarder. Il n'a pas bougé d'un iota et me fixe avec amusement.

-Rien. On dirait bien que nos zoan réagissent l'un à l'autre.

J'ai besoin de prendre un peu de distance, pour remettre les pieds sur terre. Bien sûr, je ne laisserais pas les gars seuls. Je dépose ma main sur son torse et le pouce légèrement, il me laisse simplement faire. Je sens encore l'Alicanto se manifester avec véhémence en moi, c'est un sentiment fort désagréable. Alors que j'allais passer, il me retient brusquement par le poignet.

-Marco...

-Tu n'arriveras pas à reprendre ton calme, tu vas te sentir frustrer et être de mauvaise humeur. Tu es encore trop jeune pour passer outre.

Je tique, il pense que je n'ai vraiment aucun sans froids ?! Mais au moment où j'ouvre la bouche pour lui faire comprendre ma manière de penser, il me devance.

-Tu vois, tu bouillonnes de colère.

En un instant, il arrive à me fermer le claper. Et en avoir conscience m'énerve d'autant plus !

-On va régler ça, sinon ça va moi aussi me coller à la peau un moment.

Il me prend de court en m'attrapant par la taille avant de me jeter sur son épaule. Je ne peux m'empêcher de pousser un cri aigu de surprise et tente de me redresser. Mais il ne me laisse pas faire et ayant bien plus de force que moi, c'est peine perdue.

-Ne vous en faites pas, je ne vais pas vous la manger.

J'arrête tout mouvement et regarde vers les gars. J'ai tout de suite compris qu'il s'adresse à eux. Ils sont prêts à se lever et visiblement, ils ont été interrompus dans leur élan par leurs voisins de table. Ils m'interrogent du regards, inquiets pour moi.

-Il ne ment pas, restez- AAH !

Il ne m'a pas laissé le temps de finir qu'il a pris sa forme de zoan, m'emportant au passage. Par instinct, je m'accroche de justesse pour ne pas tomber. Je suis alors sur son dos et nous sommes déjà à plusieurs mètres de hauteur.

-Tu me cherches, STUPIDE PIRATE !

Il fait une pirouette et je chute de son dos. Naturellement, je change de forme et prend l'apparence de l'Alicanto. Nos tailles sont approximativement les mêmes, bien que ses ailes soient plus grandes que les miennes.

Il monte en altitude. Je décide de le poursuivre et monte également plus haut. La sale bête, il est bien plus rapide ! On se retrouve à très haute altitude et je commence à rencontrer des difficultés. Je ralentie et comprenant le message, il fait du sur-place pour m'observer d'au-dessus. Puis, il pique brusquement dans ma direction. Bien qu'ayant vu arriver le coup, il est trop rapide et je ne parviens pas à l'éviter.

Il m'agrippe dans le dos avec ses serres. S'il l'avait vraiment voulu, j'aurais déjà pu être très grièvement blessée. Je ne peux me permettre de changer de forme si haut, j'aurais trop de difficultés pour m'adapter avec un corps humain. Il raffermi sa prise et augmente ses battements d'ailes pour éviter la chute libre. Je me débats tant bien que mal, mais il est au-dessus de moi, donc hors de ma portée.

Bien que lentement, nous tombons petit à petit, car non seulement il doit supporter mon poids mais en plus, je me débats vigoureusement. Au bout d'un certain temps, je le sens me lâcher. Je ne comprends que lorsque je sens son corps humain contre mon dos. Avant que je ne commence à tenter de le faire dégager, il passe un bras autour de mon cou. Il approche sa tête de la mienne et pour l'instant, je décide de battre simplement des ailes pour maintenir notre altitude.

Je ne suis pas du tout dans une bonne situation…

-Je vais te faire comprendre qui de nous deux est le dominant, yoï.

-Kouiic ! Kii !

À comprendre : « Non mais tu te prends pour qui ?! On va voir ça !»

-Tu sera épuisée bien avant moi.

Non mais il y croit vraiment ?! Ce prétentieux… je vais lui briser cette confiance !

Bien décidée, je reste à très haute altitude et commence à faire plusieurs pirouettes. Me retournant dans tous les sens, changeant abruptement de trajectoire, me mettant le ventre face au ciel… Je tente de lui faire lâcher priser. Mais il n'y a rien à faire. Il est pire qu'une sangsue ! Mais se maintenir sur moi dans de tels conditions doit être rude, si je continue, il finira bien par s'épuiser et lâcher prise. Je vais donc continuer ce manège jusqu'à se qu'il tombe !

Ce duel se poursuit pendant longtemps, jusqu'à se que finalement, les heures tombent les unes après les autres. Sachant que je n'ai pas mangé, je ressens encore plus agressivement les effets de la fatigue musculaire. Mais malgré l'adversité, mon esprit combatif est toujours présent. Je n'en démords pas : je refuse de lui laisser l'ascendant ! Il finira bien par tomber, non ?!

-Et bien, déjà fatiguée ?

-Kiiiik !

Certainement pas ! Je reprends de plus belle, avec un regain d'ardeur soudain. Toutefois, rien n'y fait : je ne parviens pas à le faire tomber de là ! NON MAIS JE DETESTE CE PIRATE !

Je m'arrête malgré tout assez vite, trop éreintée par les efforts bien trop intenses. La lumière du soleil commence à se tarir progressivement et le soir est déjà présent depuis un moment maintenant. Le ciel est paré d'un orange foncé, tandis qu'à l'extrémité de la position du soleil, des nuances violacées annoncent le prochain changement au profit de la nuit. À m'agiter ainsi pendant si longtemps, j'ai fini par vraiment m'éloigner de l'île. Je l'aperçois cependant toujours et il ne me faudrait pas longtemps pour y rentrer. Je fais un piquet pour descendre très rapidement, une fois proche de l'eau, je me redresse brusquement et me retourne pour faire comprendre à mon passager indésirable qu'il doit descendre.

À ma grande surprise, il le fait. Il me libère donc de son joug et me permet de regagner ma pleine liberté. Mais le seul hic, c'est que forcément, il reprend sa forme de zoan. Sauf que lui, il ne semble pas du tout fatigué. Alors que moi… je suis à bout. Autant dire que je n'aime pas se que je pressens arriver !

Forcément, il ne me laisse que très peu de temps pour me reposer avant de passer à l'attaque. Bien qu'il y aille doucement, parce que oui, je m'en rends bien compte… Il ne me ménage pas pour autant. Il veut clairement me faire lâcher prise, mais si je le fais, ça serait reconnaitre le Phoenix comme m'étant supérieur. Je ne veux pas ! Non, IL EST HORS DE QUESTION QUE JE LUI CÈDE SI FACILEMENT !

Lorsque la nuit est tombée, on est toujours en train de continuer notre duel. Enfin, il est clairement à sens unique. Je suis tellement éreintée que je suis uniquement sur la défensive. Il ne fait que jouer avec moi et je ne dois ma résistance qu'à ma volonté. Bien que ça me fasse mal de le reconnaitre, heureusement qu'il y va doucement. Je crois que simplement gagner ne lui suffit pas. Non, il y a plus à gagner qu'une simple victoire d'un match amical. Plus qu'un duel entre Marco et moi, ce sont nos deux zoan qui s'affrontent pour savoir qui aura le dessus sur l'autre. C'est pour ça que j'y mets autant de hargne.

Mais ça commence à devenir dangereux pour moi, comme je suis à bout, je pourrais reprendre ma forme humaine à n'importe quel moment. Je sais qu'il ne me laisserait pas tomber à l'eau, mais je ne suis naturellement pas à l'aise. Je prends donc la destination de l'île. Le Phoenix me suit alors, ayant sans le moindre doute lu mon intention. On arrive sur la fin et mes instincts particulièrement sauvages en cette nuit de pleine lune n'ont nullement l'intention de laisser des humains nous déranger. J'arrive donc sur la côte inhabitée de l'ile, mais je n'ai pas la force d'utiliser le haki pour vérifier l'absence d'humain. Par contre, la lune est suffisamment claire pour conforter mon impression qu'il n'y a que la faune et la flore dans ce coin de l'île.

Le Phoenix me devance, tout en gardant un vol très bas, afin d'éviter d'être possiblement repérer de loin. Lorsque je le rejoins à terre, il est toujours sous sa forme de zoan. Tous deux, nous ne nous permettons pas d'user d'une autre forme depuis maintenant un moment. Ça serait irrespectueux envers la raison qui nous pousse à lutter l'un contre l'autre. Bien qu'il ait l'ascendant depuis le tout début… je refuse de perdre sans combattre.

Nous reprenons là où nous avions laissé les choses un peu plus tôt, mais avec un nouveau cadre. Nous sommes au bord d'une crique creusée dans la roche, entourée d'une plaine tapie d'herbe grasse. Il n'y a pas d'arbre ici, se qui est mieux car ainsi nous ne sommes pas gênés dans nos mouvements. Même si ses formes ne sont pas adaptées pour des combats aussi proches du sol, nous continuons à lutter l'un contre l'autre.

Dans mon cas, la fatigue n'est pas le seul point m'handicapant… non, lui, il a une grande expérience. Et ça se ressent… car dans cette situation, je suis complètement embrouillée. Jusqu'à maintenant, Je n'ai jamais eu à maintenir cette apparence et combattre avec au sol. Ce n'est pas pratique, une forme hybride serait bien plus adaptée.

Sa capacité d'adaptation me laisse sur le cul… il ne semble même pas un tant soit peu dérangé par cela. Mais bien qu'il soit à deux doigts de la victoire, le combat s'éternise. Ce n'est que par désespoir de cause que je poursuis, quand bien même ce soit peine perdue. Mais c'est pour deux raisons : les instincts agressifs de l'Alicanto refusent d'arrêter de batailler et je ne veux clairement pas lui laisser une victoire facile. S'il la veut et bien il devra la chercher.

D'un mouvement bien plus rapide que ceux qu'il a fait jusqu'à présent, il me fait chuter sur le dos. Avec un corps d'oiseau, il est plus difficile de se redresser et le Phoenix en profite pour se placer dangereusement au-dessus de moi. Sa position lui permettrait aisément de me porter un coup fatal, sans que je puisse me défendre. On se regarde, lui avec ses yeux bleus et moi avec mes yeux ors. Harmonieusement, on reprend tout deux forme humaine. Je suis toujours sur le dos, tandis que Marco est assis sur moi, m'immobilisant.

Il approche sa main de mon cou, conservant son regard ancré dans le mien. Je sens ses doigts se glisser autours de ma gorge, bien qu'il ne sert pas sa prise. Il attend les mots, ces mots… cette reconnaissance. Ce n'est pas en tant que pirate, ni en tant qu'humain qu'il les attend. Ces rôles ne sont compris que par les créatures ou les hybrides que sont les utilisateurs de fruit du démon.

-Réponds juste à une question avant, Marco.

Il m'écoute silencieusement.

-Je n'ai pas l'impression qu'il y ait quelqu'un… mais je ne peux pas le confirmer avec le haki.

-Il n'y a que nous deux dans le coin.

Il serre sa prise autour de ma gorge, me rappelant à l'ordre et exigeant cette place. Je ne peux malheureusement rien faire de plus…

-C'est bon, tu as gagné, Phoenix. Je le reconnais, c'est toi le plus fort… sans le moindre doute.

Il retire sa main de mon cou, satisfait comme le serait un conquérant. Il m'empêche encore de partir, toujours sur moi. Il approche son visage du miens jusqu'à mettre sa bouche contre mon oreille, me chuchotant alors tout bas. Son souffle me donne un frisson, une sensation qui m'est déplaisante. Mais je ne peux rien y redire…

-Ce n'est pas tout le monde qui peut se vanter d'avoir dompté un animal mythique, comme je l'ai fait avec toi.

Cette phrase me fait bouillir de l'intérieur, mais ainsi coincée sous lui, je ne peux que gesticuler et le frapper de mes mains. Il se redresse et m'attrape les poignets au moment où l'un de mes poings s'approchait de son visage. Je suis beaucoup trop épuisée pour tenter de prendre ma forme de zoan mythique. C'est donc sans difficultés qu'il m'immobilise complètement cette fois-ci. Mes deux poignets sont tenus au-dessus de ma tête par l'une de ses mains.

-Ça n'aurait rien de palpitant si tu l'avais complètement accepté.

De petites flammes bleutées parcours par endroit son corps, démontrant que tout comme moi, son instinct animal est toujours omniprésent. Il approche son visage du miens, je tente vainement de me libérer de sa prise mais rien à faire, il est plus puissant. Il est dangereusement plus fort que moi… et pourtant, j'ai pris un plaisir malsain à lutter contre lui. Un sentiment qui était de toute évidence partagé, ce n'est pas tous les jours que l'on peut se laisser aller à répondre à nos instincts. Étant tout deux utilisateurs de zoan mythique de type aviaire, on pourrait dire que le destin nous a joué un sacré tour.

-J'ai bien gagné au moins ça, tu ne crois pas ?

Son visage est si près du mien que je sens chacune de ses expirations. Son souffle chaud me donne une étrange sensation et ses lèvres sont excessivement proches des miennes, à tel point que j'ai l'impression qu'elles se touchent. J'aimerai reculer la tête, mais s'est chose impossible bloquée ainsi au sol. Il m'empêche de fuir, son corps étant superposé au mien. Sa force me dépasse largement et il pourrait me tuer sur le champ s'il le souhaitait. Je suis clairement à sa merci.

C'est un pirate et lorsqu'un pirate gagne un combat, il réclame toujours un dû : un butin légitime. Cette règle de la piraterie a toujours été respectée par ces derniers. Que ce soit la vie de leurs adversaires, la tête du Capitaine, l'or, les biens qu'ils possèdent ou une alliance. Ils ne repartent jamais bredouilles. C'est l'un de leurs principes de vie et quand bien même, dans notre situation, il s'agissait d'asseoir sa position, il ne se contera pas d'une si maigre reconnaissance. Surtout qu'il sait que je ne suis pas du genre à me plier au bon vouloir du Phoenix, même si il m'est supérieur.

Il me fixe avec une once de bestialité, l'Animal ayant toujours le dessus sur l'Homme. Cumulé à ses instincts de pirate, ça donne un cocktail dangereux pour moi, surtout avec notre proximité actuelle. Mon cœur bat à un rythme effréné, mais est-ce causé par la fatigue du combat ? Ou parce que je redoute se qu'il a voulu dire ? Déjà, que veut-il dire par « ça » ? Ou bien… est-ce le goût du risque qui me fait cet effet ? Ou lui et son fichu zoan ?

Il m'immobilise peut-être, mais s'il croit que je vais accepter se qu'il veut, il se fourre le doigt dans l'œil ! Je sais qu'il ne me tuera pas, donc je peux me permettre l'audace de lutter une dernière fois. Bien que ce soit peine perdue, car je n'ai plus de force, je joue sur le psychologique pour puiser l'énergie nécessaire pour changer de forme une dernière fois. Un court instant, je me retrouve avec le corps de l'Alicanto et me redresse tant bien que mal en m'aidant de mes ailes. Je m'envole mais ne parvient qu'à atteindre la forêt en haut de la crique. À bout de force, je reprends forme humaine et tombe à genoux. Le souffle me manque et des gouttes de sueurs perles sous mes vêtements.

Un bruit attire mon regard. Je tourne la tête et aperçois Marco dans mon dos. Il est sous forme humaine. Visiblement, monter jusqu'ici en tant que Phoenix ne lui a demandé aucun effort. Contrairement à moi, il est en parfaite condition et je ne peux rien faire d'autre que déglutir. Je me redresse et me mets face à lui, reculant de quelque pas en titubant avant d'heurter le tronc d'un arbre. Surprise par ça, je détourne mon attention durant un fragment de seconde…

Face à lui, autant dire que c'était une très mauvaise idée, car il a de nouveau bloqué mes échappatoires. Il est trop proche et ses mains sont placées de part et d'autre de mon buste. Ses lèvres sont légèrement recourbées en un sourire un brin sadique. Mes jambes sont lourdes et ne me tiennent plus… je n'en peux plus et glisse le long du tronc jusqu'à me retrouver assise. Il se recule d'un pas pendant mon mouvement et on s'observe silencieusement.

Dans son dos brille une pleine lune argentée et quelques flammes bleutées apparaissent çà et là sur son corps, colorant sa peau et les environs proches de lui. Ne devrais-je pas être effrayée ? En tout cas, se que je ressens est loin de la crainte. Il est… hypnotisant, je dois même avouer que l'animal en moi est tout autant envouté par lui. Je sais bien qu'il se passe quelque chose de similaire pour lui, sinon le Phoenix ne se manifesterait pas.

Je sens l'air frais de la nuit rentrer dans mes poumons à chacune de mes inspirations. Ma respiration est encore assez rapide à cause de tous les efforts continus que j'ai dû fournir depuis notre départ du déjeuner. On ne se quitte pas du regard tandis qu'il se rapproche de nouveau. Mes jambes sont mollement étendues devant moi et mes bras demeurent le long de mon corps. Il se place au-dessus de moi, accroupi au niveau de mon bassin. Il posse l'un de ses bras sur le tronc, prenant ainsi appuis dessus, alors que sa main libre attrape mon menton.

Lorsque je sens finalement ses lèvres contre les miennes, mon cœur ratte un battement. Mes joues me chauffent le visage, mais aucune partie de moi ne désir réellement le repousser. Il arrête tout mouvement et sépare nos lèvres pour rapprocher sa bouche de mon oreille.

-Ce sera tout, uniquement pour cette fois…

Il se laisse aller et s'avachi contre moi, le visage dans mon cou, dans cette position Ô combien gênante pour moi, sans bouger. Trop embarrassée, je ne parviens pas à formuler la moindre phrase. C'est pourquoi je le laisse faire. Je ne sais pas si lui arrive à se détendre, ne serait-ce que d'un point de vue musculaires, mais pour moi, ce n'est pas DU TOUT le cas. Mon cœur bat à deux cent à l'heure et mon esprit est complètement confus par se qui vient de se passer. Sans parler du fait qu'il se repose encore sur moi, bien sûr.

Après un temps qui m'est totalement indéterminable, il se redresse. Avant que je n'ai le temps de reprendre vraiment mes esprits, il est déjà debout, dos à moi.

-Je te ramène, tu dois être trop épuisée pour rentrer.

Il n'a pas tort, je suis à plat pour de bon. Tandis qu'il a repris sa forme de Phoenix, je m'approche doucement et me glisse sur son dos. Il décolle après quelques puissants battements d'ailes et nous nous retrouvons rapidement en ville.

Lorsque nous arrivons, quelques hommes se mettent autour de nous. Il nous a amené sur la grande place, depuis laquelle le Moby Dick est visible, ainsi que beaucoup plus petit, celui de la Marine que nous utilisons avec les gars. Les voir côte à côte donne une image risible, mais la taille du navire à tête de baleine est vraiment démesurée. Notre trois mats est déjà plus modeste que les navires de guerre de la Marine, alors là, il n'y a même pas vraiment matière à comparaison.

-Cylia !

-Tu es de retour, Cap'taine !

Je me retourne en direction des gars qui m'accueillent à bras ouverts, heureux de mon retour. De son côté, Marco se retrouve interrogé par Izou, le Commandant de la Seizième Flotte. Ses lèvres maquillées en leur centre avec un rouge vif esquissent un large sourire. J'arrive à peine à entendre une bride de leurs échanges et il me semble que le Phoenix se fasse allégrement charrier. Mais je me retrouve très vite coupée par les gars. L'un d'entre eux a passé un bras dans mon dos, tandis qu'un second l'a posé sur mes épaules.

-Tu es épuisée, mais tu ne me semble pas blessée. Laisse-moi t'ausculter à l'infirmerie du navire.

-Tu t'es frittée avec lui ?!

Ils m'observent avec intérêt, repenser à notre duel me fais sourire. Au final… je me suis quand même bien amusée.

-On a juste déconné un peu. C'est sympa de passer du temps avec un autre utilisateur de zoan aviaire.

-C'est bien not' Cap'taine ça !

-Ouais, elle ne recule pas !

Ils se regroupent tous ensemble et commencent à délirer entre eux, me laissant avec le vieux Al'.

-J'ai juste dis que-

-Laisses les faire, ils sont rassurés que tu ailles bien.

Albert a sans doute raison. Même Doc Amort m'a demandé de me laisser ausculter, ça prouve qu'ils se sont inquiétés.

-Marco !

Il me regarde au moment où je l'appelle. Le Commandant Izou regarde lui aussi dans ma direction.

-Je suis désolée si je vous interromps. Mon médecin veut m'ausculter et je dois faire le transfert d'appel de l'escargophone du navire… Comment ça se passe pour cette nuit ? On reste sur notre navire ?

-Non, vous dormez à terre. On s'est organisé, je t'expliquerai sur le chemin. Je t'accompagne.

-Ah ? D'accord…

Tandis qu'il s'avance jusqu'à moi, les mains dans les poches, il salut son frère sans se retourner.

-Je te laisse Izou.

-Ouais, pas de souci Marco. Mais on en reparlera !

Il ne laisse rien transparaitre, ni de l'ennui ni de l'amusement. Il n'est vraiment pas un homme en qui je peux lire… en fait, c'est complètement l'inverse même. M'enfin, ça ne me dérange pas réellement… peut être que ça devrait par contre. Personne n'est parfait, après tout !

-Doc, vient avec nous. Les gars, vous pouvez attendre dans le coin si vous voulez, on n'en n'aura pas pour longtemps. Enfin, je ne pense pas ?

Tout en posant cette question, je reporte mon attention sur Doc Amort. Il comprend et me confirme d'un hochement de tête.

-Non, en principe ça devrait être rapidement fini.

-Bon ! Réglons ça rapidement alors. Je n'ai qu'une envie, c'est d'aller enfin au lit !

Le temps de finir de traverser la grande place menant au navire, j'en profite pour interroger Marco.

-D'ailleurs Marco…

Il me regarde et attend que je l'interroge.

-Pourquoi tu as voulu me suivre ?

-Parce qu'en tant que Second de l'équipage de Père, tu es sous ma responsabilité. N'es-tu pas une officier de la Marine ?

-Oh…

C'est vrai, d'une certaine manière, c'est compréhensif. Logique même, je dirais.

-Même si je sais pertinemment que tu ne tenteras rien de stupide. Mais on n'est jamais trop prudent avec le Gouvernement et il faut que les gars n'aient pas à s'inquiéter.

Il n'a pas tort, c'est vrai qu'il n'y a qu'une infime minorité de leur équipage qui me connaisse. Trop d'entre eux seraient soupçonneux envers moi, si Marco ne s'occupait pas en personne de mon cas. Comme tous ont parfaitement confiance envers le Second de leur équipage, personne ne sera suspicieux plus que de raison. Sinon ça pourrait être négatif pour l'ambiance général. Du moins, ça serait lourd pour moi et les gars.

-Je comprends. Et donc, je dors où ?

Cette question est d'autant plus importante si je ne peux pas être laisser seul. Même si Marco est chargé de me garder à l'œil, il ne va-

-Tu me pose cette question ? À ton avis ?

Le ton amusé n'est pas rassurant pour moi. Je le regarde avec sérieux, m'inquiétant pour ce que je soupçonne être vrai.

-Ne me dit pas qu'on…

-Si, on va dormir dans la même chambre. Je ne laisserai pas toute la nuit sans la moindre surveillance un officier. J'ai une chambre double de réservé dans une auberge. Comme je sais faire preuve de galanterie, je t'invite, pour cette fois.

Je me suis arrêtée brusquement et Doc me regarde avec inquiétude.

À suivre…