J'ai eu un peu de mal à trouver le titre de ce chapitre. Mais quand il m'est venu, j'étais morte de rire… Bref, je vous souhaite une bonne lecture !
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Précédemment…
Marco et Cylia se livre à un duel, laissant le champ libre aux instincts de leurs zoan mythique. C'est le Phoenix qui finit par avoir le dessus et à la grande surprise de la jeune officier, ils échangent un court baisé. Bien que chaste, il n'en demeure pas moins un et Cylia s'en retrouve naturellement choquée.
Ils retournent ensemble en ville et chacun discute un instant avec ses compagnons. Mais lorsqu'elle se dirige vers son navire accompagnée par Doc Amort et Marco, les informations de ce dernier la laisse pantoise :
« Si, on va dormir dans la même chambre. Je ne laisserai pas toute la nuit sans la moindre surveillance un officier. »
Chapitre 85 : Avoir du mordant
-À moins que la jeune fille que tu es n'ai trop peur de dormir dans une chambre avec un pirate.
Je tique, mais ne dis rien. Je n'ai pas envie de rentrer dans son jeu, je sais parfaitement qu'il me provoque. Une lueur bleutée brille aux fonds de ses yeux, ressemblant à une flamme du plumage de son zoan. Je me perds dans cette contemplation, tandis qu'un sourire provoquant ne quitte pas ses lèvres. Je sens de nouveau le sang de l'Alicanto pulser dans mes veines et nos yeux ancrés l'un dans l'autre se lancent un défi muet. C'est impressionnant comme l'animal qui est en moi ressort avec une facilité déconcertante… Je suis complètement irraisonnable. Et le pire, c'est que je n'arrive pas à résister à son appel.
Je m'approche de lui, trop même et attrape le col de sa chemise sans le quitter du regard. Je tire dessus, il se laisse faire et baisse légèrement sa tête, mettant nos lèvres une nouvelle fois trop proches l'une de l'autre. Je joue un jeu dangereux. Tout à l'heure, j'ai eu de la chance… mais c'est plus fort que moi, c'est comme si ça ne rendait les choses que plus attrayantes.
-Je suis une officier de la Marine, je ne crains pas les pirates.
Il approche sa bouche de mon oreille, son murmure me donnant un frisson.
-Tu joues à un jeu dangereux, tu n'as pas retenu la leçon tout à l'heure ?
Je ne me dégonfle pas et réplique moi aussi tout bas, dans son oreille.
-Si tu continus, mon beau Phoenix, je vais te donner une vraie correction.
Mon ton était volontairement provocateur, il ne s'attendait pas à ce que je réponde et il se redresse en me dévisageant. La surprise que je li dans son regard agrandit mon sourire. Puis, c'est à mon tour d'être prise de court par son rire.
-Pfff… ha ha ha ! Tu n'es vraiment pas croyable Cylia, yoï ! Tu sais quoi, je n'aurais jamais cru quand je t'ai rencontré la première fois que tu finirais par être aussi… attractive.
Ayant redescendu enfin sur terre, je reste sans voix.
-Captivant ! résonne une voix derrière moi.
Je regarde par-dessus mon épaule et m'aperçoit que s'était Izou qui vient de crier. Il s'éloigne de nous en riant bruyamment. Je me passe une main sur les yeux tout en sentant mes joues me chauffer un peu. Je passe devant Marco et Doc, ne voulant pas les regarder et me dirige d'un pas vif jusqu'à notre navire.
-Capitaine… non Cylia plutôt, ça ira vraiment… ?
Le ton inquiet d'Amort me permet de me reprendre aussitôt.
Je suis sur le pont du navire et me retourne vers la passerelle qu'il est en train de traverser, avec Marco sur les talons.
-As-tu si peu confiance en moi ? Je regarde Marco, en continuant de répondre à Doc. Je ne suis pas du genre à me dégonfler face à un pirate. Aussi redoutable soit-il…
Je reporte de nouveau mon attention sur mon frère, lui répondant avec sérieux.
-Je suis une officier de la Marine, Amort. J'ai la responsabilité de porter l'étendard de la Justice, il n'y a aucun moyen pour un pirate d'avoir l'ascendant phycologique sur moi.
Car je reste censée, il est bien plus fort que moi. Il est le dominant entre nous, mais ce n'est pas pour autant que je serais gentiment docile. Peu m'importe qu'il soit dangereux, car au final… j'apprécie son défi. Après, je suis sans le moindre doute stupide car comme il l'a souligné, je joue avec le feu. Et il va finir par me bruler, comme ça a déjà bien failli être le cas tout à l'heure.
-C'est aussi ça qui ne me rassure pas…
Je soupire et réfléchie un moment pour trouver les mots qui feront qu'ils resteront en dehors de cette histoire. Je veux leur faire comprendre que je ne suis forcée à rien, que si je le souhaiterai, il me serait possible de refuser, point final.
-Doc, je ne suis pas stupide, si ça m'avait dérangé, j'aurais simplement refusé. Quand c'est possible et vraiment nécessaire, je sais tourner le dos à mon ennemi. Je n'ai pas un charisme hors norme, c'est même l'inverse… mais j'ai toute ma tête, moi.
Il me fait un timide sourire, un peu rassuré par mes mots.
-C'est aussi pour ça qu'on te suit même sur des eaux dangereuses. Fais juste attention à toi, pour nous. D'accord ?
Je lui réponds d'un hochement de tête, mais tous deux nous reportons notre regard sur Marco qui soupire bruyamment.
-Tu donnes l'impression qu'elle va avoir à affronter un terrible danger, pèses quand même tes mots mec. Malgré qu'elle soit avec l'ennemi, elle est importante pour nous.
Il me regarde droit dans les yeux et reprend.
-Enfin, ce n'est que temporaire. Tu nous rejoindras en temps voulu.
Heureusement que j'ai raconté aux gars la promesse que j'avais faite à Père. Sinon, ça serait confus dans leurs esprits. Je n'aime pas le ton plein d'assurance qu'il a utilisé, mais je ne peux pas le contre dire. Du coup, je préfère changer de sujet pour détourner l'attention de tout ça.
-Bon, ce n'est pas tout, mais j'ai à faire avant d'aller dormir.
Bien que je l'ai dans mon dos, je devine sans le moindre mal le sourire satisfait qu'il doit avoir. Je me dirige directement vers le mat central du navire où se trouve une petite porte métallique. Derrière il y a un espace creusé dans le bois où est entreposé l'escargophone du navire. Je l'ouvre et cherche un moment dans ma poche avant de remarqué qu'il me manque un élément vital pour faire le transfert d'appels.
-Doc, va me chercher mon escargophone, je l'ai laissé sur mon bureau dans ma cabine.
-Tout de suite Capitaine.
Sans perdre de temps, il pénètre dans le navire. En attendant, je contrôle nos appels manqués. Il y a peu de chance que nous ayons eu des ordres d'intervention puisque notre navire est normalement en standby.
-Bon, on n'a pas reçu de SOS, c'est rassurant.
-S'il y avait eu des appels SOS, on les aurait reçus aussi, yoï.
-Une majorité oui, mais on capte les ondes longues portée. Autrement dit, on reçoit les SOS depuis plus loin que vous. Par contre… tu dois savoir qu'il est inutile de piquer cet escargophone ?
Il ne me répond pas, mais je vois à son expression qu'il sait de quoi je parle. Effectivement, voler l'escargophone du navire serait inutile, car il serait automatiquement rendu inutilisable. Je peux uniquement transférer les appels de mon navire à mon escargophone de service, car je suis l'officier qui est en charge.
-Tu sais que tu viens de fournir des renseignements à ton ennemi ?
Euh… il n'a pas tort là. Je n'aurais pas dû me taire ?
-En même temps Marco, tu ne me lâcheras pas d'une semelle si j'ai bien compris ? Je peux faire de mon mieux, mais tu as trop de flaire pour moi. Tu glaneras forcément des informations d'une manière ou d'une autre.
Je sais que je n'ai jamais été très douée pour les cachoteries, je sais tenir ma langue mais il est bien plus rusé que moi.
-Mais tu sais aussi que l'officier peu gradée que je suis n'en a que très peu et la plupart te serait inutile. D'autant plus que… je touche le wakizashi à ma taille, ils sont déjà prudent. Une officier en contact officiellement avec l'un des Empereurs est marginalisée. Aussi bien par tous ses confrères, ou presque, que par la société en général. En plus, je suis un monstre sans scrupule qui a déjà tué de nombreuses fois. Et plusieurs fois devant des témoins, ce que l'on ne doit pas faire en principe.
Conclusion : les civils et la majorité de mes confrères m'exècres, en plus des ennemis de la Marine.
-Le voilà Capitaine !
Amort arrive en trottinant jusqu'à moi et j'attrape le mini-escargophone qu'il me tend à bout de bras.
-Ah ! Merci. J'ai vu qu'il y a pas mal d'appel en absence provenant de lignes indirectes. S'était sans doute d'autres officiers, le message a eu le temps d'être passé maintenant…
Je soupire en pensant qu'ils vont encore me prendre la tête. Je m'occupe maintenant du transfert d'appel. Comme ça, lorsque quelqu'un cherchera à contacter le navire, c'est sur ma ligne qu'il sera automatiquement redirigé. Du moment que je reste en ville, c'est possible, sinon je serais hors de portée.
-Bon, je m'occuperais de rappeler demain matin ceux qui ont essayer de nous joindre. Je te suis jusqu'à l'infirmerie pour ton checkup Doc. Après on voit ensemble où vous allez dormir.
-On a réservé une chambre commune pour eux cinq. Par contre, tu t'occupes du règlement. Il fait un sourire un brin sadique, dans le cas contraire, je rajouterai ça à ta dette.
-Au risque de te décevoir, je ne te laisserais pas ce plaisir. Je gère bien mieux le budget du navire que nous alloue la Marine que le mien. On règlera la note sans problème.
-Ça m'arrange, mais c'est quand même dommage.
Ce sale pirate a un plaisir malsain quand il s'agit de m'agacer et je n'aime pas du tout être endettée envers lui ! Un officier redevable à un pirate… je les aurais toutes faites quand même !
-Aller, je te suis Doc.
On se rends tous les trois jusqu'à notre modeste infirmerie et je m'assoie sur l'un des lits disposés contre la cloison de bois. Le médecin a récupéré quelques outils, mais aucun n'a d'aiguille, à mon grand soulagement. Je jette un coup d'œil à Marco qui s'est adossé à côté de la porte. Bon, tant pis pour la pudeur… après tout, j'ai une brassière sous mon haut. Vivre sur un navire et conserver de la pudeur, c'est deux choses qui sont assez difficilement conciliable. C'est l'une des raisons qui fait que les femmes y sont souvent prohibées. Dans le cas de la Marine, c'est différent, la discipline militaire règle le problème, mais elles reçoivent toujours un peu de traitement de faveur au final. Comme le temps accordé pour les douches, qui est du coup un peu plus long.
Je retire mon t-shirt et mon médecin ne perd pas de temps en commençant à désinfecter les égratignures visibles. Il me le fait même sur le visage, mais heureusement, il m'épargne les pansements.
-Tu as des cicatrices que tu n'avais pas avant, yoï.
Il a quand même un très bon coup d'œil et c'est épatant qu'il se souvienne de tels détails. Il ne m'a pas souvent vu torse-nu, les occasions ont été très rares.
-J'en ai eu quelques-unes pendant des batailles. Certaines étaient serrées quand même, alors forcément… des combats m'ont laissé quelques marques.
Heureusement pour moi, mon visage a été épargné.
-Tu sais Marco, on est des marginaux dans la Marine, alors on doit redoubler d'effort… On n'a pas le choix, mes confrères ne me le laisse pas.
Il garde le silence et ne me quitte pas du regard. Doc se décale un peu pour me laisser de la place et me fait signe de descendre du lit.
-Quelque chose à me signaler Capitaine ? Une douleur quelque part ? Des blessures aux jambes ?
-Non, RAS Doc, je vais bien. J'ai vraiment besoin d'une douche et d'aller au lit. J'imagine que vous avez envie de la même chose-
-Ne t'en fais pas, on s'est déjà douchés au navire, on t'attendait juste. Du coup, je pense qu'on va aller à l'auberge.
-Très bien, va rejoindre les autres et ne vous faites pas de souci pour moi. C'est un ordre, Doc.
Il ne dit rien mais nos regards ancrés l'un dans l'autre parlent à notre place. Je sais parfaitement qu'ils risquent tous d'être soucieux pour moi. Un peu comme des grands frères, enfin… c'est ce qu'ils sont maintenant. Mais je n'ai pas besoin d'être couvée et je suis leur Capitaine. Il est important que je le rappel, même dans ce genre de situation.
-Entendu Capitaine.
Il tourne les talons et se dirige vers la porte de sortie. Raaah… j'ai l'impression de n'être vraiment pas cool…
-Attends !
Il s'arrête et se retourne.
-Dort bien, je détourne le regard, frangin.
Je ne peux m'empêcher de rougir un peu d'embarras.
-Merci, pareil pour toi, frangine.
Et il quitte les lieux pour de bon cette fois-ci. Je remets mon t-shirt et sors de l'infirmerie à mon tour, suivie par Marco. Je vais jusqu'à ma cabine, heureusement, une porte sépare la salle d'eau attenante car il n'a pas eu besoin d'invitation pour entrer. J'attrape une tenue de rechange suffisamment confortable pour que je puisse aussi dormir avec cette nuit. Je me prendrais de quoi m'habiller pour quelques jours avant de partir…
-Je n'en ai pas pour longtemps, je te saurais gré de ne pas fouiller dans mes affaires.
Même si demander ça à un pirate est peine perdu, au moins, je l'aurais dit. Heureusement, les quelques documents un peu sensibles que j'ai ici sont très bien cachés. Je referme la porte de la salle d'eau à clé derrière moi. Comme le dit l'expression, il ne faut pas tenter le diable. Enfin, dans mon cas, c'est plus le pirate. Je retire mes vêtements, qui sentent la transpiration et mon jeans me colle à la peau. Une fois libérée de ça, je les mets dans le bac à linge sale qui est dans un coin de la pièce et me glisse sous l'eau de la douche.
L'eau me détend les muscles, je ferme les yeux et me passe la main dans les cheveux. D'ailleurs, je n'ai pas eu de remarque à ce propos. Je suppose que Misa a pensé que c'était une couleur ratée, comme ça m'est déjà arrivée au cours de mes classes. Bon, peu m'importe, dans le fond ça m'évite d'avoir à ressasser un mauvais souvenir.
J'augmente l'intensité de la chaleur de l'eau et la laisse couler un moment sur ma peau. Je m'adosse à la paroi de la cabine de douche et lève le menton pour sentir le liquide me réchauffer le visage. Ça fait un bien fou et je me sens déjà moins poisseuse que tout à l'heure. Le combat contre Marco m'a bien fait transpirer… D'ailleurs, il était perdu d'avance. Je soupire en songeant qu'il m'a fait rentrer avec un peu trop d'aisance dans son jeu.
Les officiers de la Marine sont censés être stratégique, donc avoir un tempérament manipulateur. Dans mon cas, je sais me servir de ma tête pour user de stratégie mais ce n'est jamais parfaitement abouti, car je ne suis pas vraiment manipulatrice. En plus, dès qu'une personne me connait un peu, elle arrive à lire en moi. Heureusement que les gars m'apportent une aide non négligeable.
Je rouvre les yeux et attrape le savon posé à côté de moi. Je me mets dos au jet d'eau et commence à me frotter le buste avec, le faisant alors mousser. Je me retourne pour me nettoyer sous tous les angles, faisant glisser le savon coincé dans la paume de ma main. Je songe à la fin du duel contre Marco. Lorsque je me suis retrouvée dos à terre, sans la moindre force pour lui échapper.
Une image s'impose dans mon esprit, celle de la silhouette de Marco tout en grandeur, qui me fixe alors que je suis à terre contre un arbre. La pleine lune brille dans son dos avec une couleur argentée. Le pirate éclaire légèrement autour de lui grâce à la lueur bleutée des quelques flammes dansantes sur son corps.
Je continue de me passer doucement le savon sur le corps. Je referme les paupières en revoyant la scène qui s'est déroulé il y a peu de temps. Les détails apparaissent alors, comme le vent frais qui fait voleter sa chemise ouverte sur son torse. Son regard qui reste plongé dans le miens, un regard sauvage, tout comme ses lèvres recourbées en un sourire satisfait. Pourquoi suis-je restée en simple spectatrice ?
Même sans avoir la force de lutter physiquement, j'aurais pu tenter d'ouvrir le dialogue. De faire quelque chose… Mais pour être honnête avec moi-même, je crois qu'il m'a bien trop déstabilisé. Ce qui a suivi n'est pas pour m'aider et y repenser me perturbe d'autant plus. On était tous les deux sous l'influence de nos zoan, mais dans son cas, cumulé à son profil de pirate, il était encore plus sauvage. Je devrais prendre des distances. Et pourtant… je fais complètement l'inverse.
Je coupe l'eau et sort de la douche. Je m'habille avec une tenue ample avant de sortir de la pièce. Lorsque j'ouvre la porte, je le retrouve assis sur ma chaise, les pieds sur mon bureau, en train de lire un dossier du boulot dont il a visiblement réussi à mettre la main dessus. Mon arrivée ne semble en rien le déranger et s'est sans relever le regard de sa lecture qu'il me répond sur un ton passablement las.
-Tu as été longue, yoï.
Non mais il a un don pour me faire sortir de mes gongs ! Il jette le dossier sur le bureau face à lui et relève le regard jusqu'à moi. Ce pirate me provoque beaucoup trop !
-Enfin, tu m'as au moins permis d'avoir une lecture intéressante pour m'occuper.
Ne me dit pas que j'aurais oublié ça ici en le consultant l'autre jour ? Je tilt et attrape avec précipitation le dossier qu'il vient de lire.
-Merde…
Et si, j'ai laissé le dossier qui détail toutes les patrouilles très récemment appliquées sur ma zone d'affection. La colère se transforme alors en panique, un tel document entre les mains de l'ennemis pourrait causer de gros problèmes. Déjà, comment expliqué le fait qu'ils aient pu en prendre connaissance ? Ce genre d'information est normalement détruite après prise en compte.
Honte à moi… j'aurai dû suivre la procédure quitte à ce que j'oublie une partie des infos. En même temps, je n'avais pas prévu à l'origine que je viendrais ici avec le navire du boulot ! Rien que l'idée d'approcher les Shirohige en portant l'étendard de la Marine me parait particulièrement stupide. Merde merde merde ! Je fouille dans l'un des tiroirs et en sort un briquet. Toujours confortablement assis, Marco s'amuse de mon état. Les bras croisés derrière sa tête, il m'observe le sourire aux lèvres.
Tandis que je brule le document dans une corbeille métallique prévu à cet effet, il ne peut s'empêcher de se moquer de mon geste.
-Tu ne penses pas que c'est déjà trop tard ?
Je reporte mon attention sur lui, tandis que je laisse le document finir de brûler (1).
-Si, malheureusement ma négligence est à blâmer.
Je ne peux pas rester à rien faire… il pourrait représenter une menace pour nos navires. Connaitre nos itinéraires leur permet d'avoir un énorme avantage. J'ai enfin pu rétablir l'ordre dans ma zone affectée et voilà qu'en quelques minutes, je suis à un cheveux de faire tout capoter ! Je me rapproche du bureau et dépose mes mains à plat dessus. Il ne bouge pas d'un iota, une lueur d'amusement perdure dans ses yeux. Voilà qu'il se met à avoir l'ascendant sur moi en tant que pirate… Je dois ABSOLUMENT rattraper le coup d'une manière ou d'une autre ! Il le sait, c'est pour ça qu'il a ce stupide sourire !
-Marco !
Il ne dit rien, continuant de me fixer de la même manière. On s'observe en silence, mais alors que lui est d'un calme olympien, je suis au bord de la panique. Et je suis certaine que ça ne lui échappe pas.
-Qu'y a-t-il ?
-Tu le sais très bien…
Il ne répond pas plus, m'obligeant donc à lui formuler clairement ma demande.
-Je t'en prie, ne fais rien à l'encontre des navires de patrouilles… ça fait des mois que je travaille sur la sécurisation de ce secteur. Les eaux sont enfin devenues navigables pour les navires civils, ça a fortement profité au commerce des îles alentours.
-Hum…
-Marco !
Il daigne se lever de ma chaise, s'appui avec sa main sur le bureau au-dessus duquel il se penche. Étant plus grand que moi, sa tête se retrouve un peu plus haute que la mienne, m'obligeant à lever le menton pour continuer à le regarder dans les yeux.
-Je n'ai aucune pitié à l'encontre des Marines, ils sont nos ennemis, les ennemis d'Oyaji. Sur ses eaux, c'est tuer ou être tuer. Mais on ne craint pas la Marine, alors…
Il laisse sa phrase en suspens. Il se redresse et trop perturbée, je mets un peu plus de temps que lui pour me remettre droite. Qu'est-ce que s'était que cette réponse ? Comment dois-je l'interpréter ?!
Il attrape la casquette de mon uniforme qui traine sur la chaise et fait le tour du bureau. Je le suis du regard, me retournant lorsqu'il se trouve derrière moi. Il lève le bras et dépose la casquette sur ma tête et ne parvenant toujours pas à décoder son comportement, je le laisse faire en silence. Lorsqu'il rapproche encore nos deux corps, je ne peux m'empêcher d'esquisser un mouvement de recul, mais le bureau derrière moi m'empêcher de fuir.
Fuir un pirate ? Mais ce n'est pas n'importe quel pirate… sa prime est astronomique, ses antécédents sont effrayants et sa force est écrasante. Il dépose ses bras de part et d'autre de mon buste. Nos deux corps se touchent. Il glisse sa tête dans mon cou et remonte l'une de ses mains pour pouvoir décaler mes cheveux tout en me murmurant dans le creux de l'oreille.
-Leur présence ne sera toléré que selon ce que l'on peut en obtenir. Notre offre tient toujours, en passant…
Je sens sa main se glisser dans mon dos, j'essaye alors de le repousser en mettant mes mains entre nous mais je manque de force pour parvenir à me dégager de sa prise.
-Mais je dois avouer que cette situation ne m'est pas déplaisante, cette innascibilité vous donne un charme fou… officier.
Un brusque frisson me remonte tout le long de l'échine et mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine. Aucun doute, Marco est un pirate bien trop dangereux pour mon propre bien. Mais il me sous-estime un peu trop là ! Je sens une colère sourde remonter en flèche, il va voir si je vais lui laisser l'ascendant sans riposter ! Je n'ai pas la force de me soustraire de son étreinte, alors je vais utiliser cette proximité à mon avantage. J'en abuse donc en l'enserrant de mes bras pour raffermir notre position. J'approche alors mon visage de son cou et avec une vigueur nouvelle, je le mords fortement.
À suivre…
(1) Ne refaites pas la même chose chez vous, un feu même petit peu vite devenir très dangereux.
Réponses aux reviews anonymes :
Sou
Ah, tu as une préférence pour Marco maintenant alors ? Ça dépend des lecteurs, certains sont toujours pour Akagami.
Je n'avais plus du tout d'avance, du coup je devais changer le rythme de parution pour arriver à tenir ma parole. Lorsque je dis que je publie la suite tel week-end, je tiens à respecter se que j'ai annoncé.
Parfois ça m'arrive aussi de relire des chapitres de fanfiction qui m'ont particulièrement plus. Donc je peux te comprendre… Je pense que tu as apprécié ce chapitre, hein ? La relation entre nos deux zoan a encore été mise en avant.
Merci pour la review, ça me fait plaisir et à bientôt.
9
Je suis pas gentille à couper pendant des moment clé n'est-ce pas ? Mais… c'est plus fort que moi ! Ce n'est pas de ma faute. Enfin si un peu quand même, mais ce n'est pas grave. Je suis soulagé que le combat entre Marco et Cylia a plus, ce n'est pas facile d'écrire les scènes de combat.
Bon, sinon je te dis à la prochaine ! Merci de la review.
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Dans deux semaine : Chapitre 86 : Jouer sans gagner (4600 mots environs).
PS : J'espère avoir bien répondu à tous ceux qui ont posté une review. Si jamais ce n'est pas le cas, faites-moi signe !
