Attention, il y a des passages plutôt osés dans ce chapitre.
Précédemment…
Après un check-up auprès de Doc Amort, Cylia ressort de son duel amical contre Marco avec de légères blessures sans conséquences. Une fois ses compagnons rassurés, elle se rend dans sa cabine pour récupérer quelques affaires et prendre une douche. Par contre, laisser le pirate sans surveillance dans sa cabine n'était pas une bonne idée. Il a profité de l'occasion pour fouiner et a trouvé un document confidentiel de la Marine, que la jeune femme avait oublié de détruire… S'en suit alors un jeu de provocation entre l'officier et le pirate, dont le Phoenix à clairement le dessus. Ça commence à aller trop loin lorsqu'ils sont excessivement proches, le pirate étreignant avec force la jeune femme, qui lui répond en lui mordant le cou.
Chapitre 86 : Jouer sans gagner
Bien que j'ai mis toute mes forces, mon geste était visiblement inutile puisque des flammes bleues recouvrent la trace de morsure. Je n'abandonne pas, malgré que ma raison me hurle l'aspect aussi bien déraisonnable que dangereux de cette situation. Je sens que les choses dérapent, je ne les maîtrises pas et je crains que ça aille en s'empirant. Je sais que mon comportement est celui de quelqu'un de borné, je sais aussi que c'est un défaut, mais bon sang… Marco a ce quelque chose qui rend les choses trop attractives pour que je recule.
En tant qu'officier naviguant sur des eaux aussi dangereuses, je suis prévoyante. On ne sait jamais à quel genre de situation on peut avoir à faire, encore plus en étant une femme. Alors actuellement, j'ai toujours un atout dans ma manche. Il s'agit d'une paire de menotte en granite marin, caché dans un placard masqué dans le mur à proximité du bureau. Mais il n'est pas à portée de main…
La main derrière moi descend plus bas, glissant pour le moment sur mon haut, jusqu'à ma chute de rein. Je passe mes bras sous sa chemise pour lui griffer le dos. Geste qui, je me doute, ne doit pas être fort utile à cause de son stupide fruit du démon. Toujours la tête dans mon cou, il me murmure au creux de l'oreille.
-Et bien, c'est tout ? Je ne vais faire qu'une bouchée de vous à ce rythme-là, officier.
Un terrible frisson me parcours de la tête aux pieds, tandis qu'une montée d'adrénaline grisante me pousse à continuer notre « jeu ». Mais c'est le Phoenix qui passe à l'action cette fois, me bloquant toujours contre lui et profite de sa position pour se venger. Il me mord à son tour dans le cou, mais je sens deux de ses dents me traverser la peau. En utilisant un peu de haki, il a pu me couper la peau comme du beurre. La douleur me fait réagir instinctivement et j'essaye de dégager vainement sa tête de là.
Je le sens me lécher doucement l'endroit douloureux, apaisant le moment de panique que j'ai eu. Une autre stratégie me traverse l'esprit, qui devrait me permettre de nous reculer jusqu'à se que les menottes soient à portée de main. Enfin, j'espère que ça va se dérouler comme je l'ai prévu. Sinon je n'ose pas imaginer ce qui pourrait suivre… Bon, ça devrait aller, hein ?
Je décrispe mes mains et laisse mes doigts glisser avec douceur sur la peau de son dos. Alors que jusqu'à présent je forçais moi aussi notre étreinte, j'arrête et m'abandonne dans ses bras. Je dégage ma gorge pour lui en laisser le libre accès mais je ne peux m'empêcher de rougir à cause de ma conduite. C'est presque comme si je le laisse faire ce qu'il veut. Hum rectification faite, c'est exactement ce que je suis en train de faire.
Surpris de mon changement de comportement, il redresse sa tête et plante son regard dans le mien. Mais ce n'est pas suffisant… il lui en faudra plus pour qu'il se laisse aller contre le mur. Je laisse volontairement mon zoan se manifester, faisant bouillir mon sang et resurgir aussi sec le Phoenix en Marco. Bien que nous soyons déjà enlacés l'un contre l'autre, je me laisse choir contre son torse et approche lentement mes lèvres des siennes. Cette fois-ci, c'est à moi de le provoquer.
-À ce rythme, c'est moi qui ne vais faire qu'une bouchée de vous, Fushichō Marco.
Bien qu'une gêne, que je masque, perdure au fond de moi, je dépose mes lèvres sur celle du pirate. Contrairement au premier baisé que l'on s'est échangé plus tôt, celui-ci devient rapidement moins chaste. Ayant pris les devants, je continue sur ma lancé et fais donc perdurer l'effet de surprise, ce qui me permet de détourner son attention. Je le pousse un peu et on recule jusqu'à ce qu'il soit contre le mur. Un défi muet c'est lancé pour celui qui aura la dominance sur l'autre. Mais bien que mon objectif reste toujours de détourner le plus possible son attention, je n'aime pas vraiment ce qui est en train d'arriver.
Je me fais avoir par l'ardeur et l'audace dont il fait preuve. Je ne suis pas une sainte, dans le sens où j'ai déjà eu quelques aventures, mais… je menais la danse. À part avec une personne, mais le contexte était différent.
Il est toujours dos au mur, mais il m'a placé entre ses deux grandes jambes. Son bras m'enserre la taille, mais la main se veut baladeuse puisqu'elle tient fermement mes fesses. L'autre s'est faufilée sous mon haut et caresse ma chute de reins. Un affolement s'empare de moi lorsque je la sens remonter et dégrafer habilement mon sous-vêtement. Ce qui me pousse à précipiter un peu mon plan et ouvrir discrètement la cachette où sont stockées les menottes. Je détourne son attention tout en essayant de ne pas faire de bruit pendant ma manœuvre.
Mais à peine je les ai attrapé, qu'il me prend de cours et me renverse par terre. Je n'ai même pas le temps de réagir qu'il les a récupéré et déposé sur mon buste pour m'empêcher d'utiliser ma forme de zoan. Affaiblie par le granite et très largement dépassé par sa force, je ne peux rien faire contre lui… Il se place sur moi, me met les menottes aux poignets qu'il coince avec l'un des pieds de mon bureau. Le poids du meuble chargé par les nombreux livres et documents me retient prisonnière.
Maintenant, je me retrouve les bras tendus, bloqués par les menottes et complétement immobilisée sous le poids du Phoenix installé sur mes hanches. Je ne peux que remuer mes jambes… Paniquée par cette situation qui a complètement dérapée, je frappe le pirate avec mes genoux ce qui lui amène un sourire dangereux. Je sais que j'ai définitivement perdu lorsqu'il retient l'un de mes coups. Il change alors de position et s'allonge complètement sur moi, se plaçant entre mes jambes. Ainsi, je ne peux strictement plus rien faire contre lui…
Cette simple constatation suffit à faire battre à tout rompre mon cœur dans ma poitrine. J'appréhende ce qu'un pirate tel que lui, dans ses conditions, peut être capable de faire. Il approche son visage du mien et je sens mon assurance se faire la malle. Ce n'est sans le moindre doute pas pour lui déplaire, à l'inverse, ça ne doit que l'attirer d'autant plus. Mais quand bien même… mon esprit ne se laissera pas dominer pour si peu ! Nos regards se croisent, une lueur sauvage brille dans ses yeux et de petites flammes bleues lèchent sa peau par endroit. Il se passe la langue sur les lèvres, le rendant alors plus prédateur qu'homme. Je commence à cerner la raison pour laquelle les pirates comme lui sont craint finalement. Mais… c'est bien trop tard maintenant.
- « Qu'une bouchée », c'est bien ça ?
Une main baladeuse se glisse sous mon haut, remontant dangereusement alors que mon sous-vêtement a été dégrafé il y a un moment maintenant. Il glisse sa tête dans mon cou et attrape le lob de mon oreille avec ses dents. Aussitôt, un frisson me parcourt, étant naturellement sensible à cet endroit… Juste au moment où sa main allait atteindre un endroit bien trop gênant pour moi, un bruit l'arrête dans son mouvement.
-Beuleu beuleu…
Le souffle court, il me faut quelques secondes avant de remettre les pieds sur terre.
-Ma- Marco…
Tandis que l'animal continu à s'époumoner dans la poche de mon pantalon, il n'esquisse toujours pas le moindre mouvement.
-Ça pourrait être très important… laisses moi répondre.
Voyant qu'il ne réagit toujours pas, je le rappel avec un ton colérique.
-MARCO !
Il soupire et se redresse, il ne me détache pas et je l'observe, intriguée. Il récupère l'escargophone dans ma poche et j'ai un moment de panique en le voyant décrocher. Bon sang, ça pourrait être mes chefs ! Mais lorsqu'il le dépose à côté de ma tête, je comprends alors ses intentions. Il demeure dans le silence en s'asseyant à côté de moi, qui suis toujours attachée par mes menottes en granite marin.
-Capitaine !
Je reconnais la voix de Doc et tout de suite, je m'inquiète en me demandant ce qui est arrivé.
-Qu'est-ce qu'il se passe, Amort ?
-Vous pouvez venir ? On a besoin de vous, maintenant !
-Qu-
Je suis coupée par le gentil Beart, l'homme ours semble lui aussi tourmenté.
-Ouuais, venez nous sortir de là !
-Vous êtes où ? Il s'est passé quelque chose de grave ?!
-À l'auberge, Capitaine.
Le vieil Albert n'a répondu qu'à la première de mes questions, ne me rassurant du coup aucunement.
-On vous attends, terminé !
-Non att-
-Catchac.
Ils ont raccroché, je n'ai pas à demander à Marco de me libérer qu'il est déjà en train de le faire. Pendant la communication, il s'est levé et a trouvé les clés qui étaient dans le placard incrusté au mur. Alors que les chaines tintent en touchant le sol, je me masse les poignets et m'assoie, non sans rougir en songeant à ce qui allait se passer. Lorsque je me relève, je passe mes mains dans mon dos pour remettre mon sous-vêtement. En même temps, je demande quelques renseignements à Marco sans oser le regarder.
-Tu peux me conduire à l'auberge où ils sont logés ?
-Bien sûr, par contre, prends tes affaires avant d'y aller. On n'aura pas à retourner au port comme ça.
Sous l'impulsion du moment, je relève la tête pour lui exprimer mon désaccord.
-Plus tard !
-Non, miss. Enfin, à moins que tu ais une idée derrière la tête… on pourrait reprendre là où on en était tout à l'heure.
Je réprime de justesse un mouvement de recul. Je ne veux pas lui donner cette satisfaction. Mais il laisse son regard vagabonder sur moi, sans masquer son désir. Je ne me laisse pas démonter pour un rond, cette fois il n'est plus question de « jeu » mais de savoir ce qui ne vas pas avec les gars !
-MARCO !
Sa réaction à mon changement de comportement me déstabilise, il me fait un sourire apaisant et dépose sa main sur mon épaule d'un geste bienveillant. Comment peut-on changer aussi radicalement en si peu de temps ?!
-Ne t'en fais pas Cylia, réfléchie calmement un instant. Si quoi que ce soit serait arrivé à tes frères, tu ne penses pas que j'aurais été contacté aussitôt ?
Il est vrai que je suis sous sa responsabilité, d'une certaine manière c'est la même chose pour les gars. Il dit vrai, s'il y avait eu un réel problème, il aurait été contacté par ses nakama. Je ne doute pas un seul instant qu'ils sont tout comme moi gardé à l'œil. Les paroles du Phoenix me calment rapidement, bien que je doive les rejoindre rapidement, il n'y a pas de réelle urgence. Ils n'ont pas voulu m'en dire plus par escargophone, donc c'est surement une nouvelle connerie. Je passe à côté du Phoenix sans le regarder et attrape déjà quelques vêtements pour les mettre dans un sac.
-Ok… j'en ai pour une minute et on y va, à pieds par contre.
Il rit discrètement, se moquant sans doute de moi. Je n'ai plus la force pour prendre ma forme de zoan complète… Comme promis, il ne m'a pas fallu plus d'une minute pour prendre le nécessaire pour les prochains jours. Mais Marco m'arrête au moment où j'allais fermer le sac.
-Attends, mets ça avec.
Je fais de gros yeux en fixant d'un air béat les menottes en granite marin qu'il me tend.
-Euuuh…
-Ne pose pas de question, fais le juste.
-Non mais-
-Et tu pourras considérer avoir rembourser ce que tu nous dois.
Touché, coulé ! Là, il vient de trouver une bonne raison de faire comme si de rien n'était. Enfin presque, mais je vais faire comme si pour éviter qu'il ne change d'avis. De toute manière, s'il en veut vraiment une paire, il pourrait parfaitement la récupérer sur leur navire…
Tandis que je fais ce qu'il m'a demandé et que je me relève avec le sac fermé sur l'épaule, il est déjà de dos en train de sortir de la cabine.
-De toute manière, tu te retrouveras rapidement de nouveau endettée. Donc ça ne change rien, yoï.
-Comment tu pourrais savoir ça ?!
Il hausse le ton pour que je l'entende toujours, tandis qu'il s'éloigne dans le couloir. Je me dépêche de sortir de la cabine, tout en ayant l'oreille attentive.
-Un pressentiment, miss l'officier ! Et je te connais à force…
Par prudence, je ferme la porte de la cabine à clé et la cache sur la garde du wakizashi à l'aide d'un discret ruban, puis je trottine pour le rattraper.
-Enfin, reprend Marco, je ne te connais pas encore suffisamment.
Lorsque je suis à sa hauteur, on est déjà sur le pont. L'air frais de la nuit, emplis des embruns marins me fais frissonner un moment, ce qui me permet de finir de passer outre ce qui s'est passé il y a quelques minutes à peine. Tandis que nous avançons jusqu'à la passerelle qui mène au quai, je l'interroge sur ce qu'il a voulu dire à l'instant.
-Tu ne me connais pas assez ?
Avec un sourire en coin, il me regarde et une lueur étrange brille dans ses yeux. C'est comme si les flammes du Phoenix ne demandaient qu'à sortir, un aspect sauvage de sa personnalité qui ressort avec véhémence, me laissant comme hypnotisée. L'alicanto n'est plus de marbre face au charme de son zoan.
-Je ne vais plus me contenter de te connaitre comme le ferait un ami ou un frère, Cylia.
Je ne dis rien, gardant toute mon attention sur les mots qui sortent de ses lèvres. Son regard se pose sur le wakizashi à ma taille, je le remarque bien mais le laisse poursuivre dans le silence.
-Je ne resterais pas à la seconde place longtemps, ma meilleure arme sera de prendre les devants avec toi. Alors même si je sais lire en toi comme dans un livre…
Ce n'est jamais agréable d'entendre ça. Je suis vraiment autant prévisible que ça ? Il se rapproche un peu plus, ne laissant qu'un trop court espace entre nous. Il penche sa tête pour mettre sa bouche à côté de mon oreille, me parlant alors tout bas.
-Je laisserais mes mains parcourir ton corps autant de fois que nécessaire pour que je le connaisse dans les moindres détails.
Ma réaction est instantanée : je me sens rougir très vivement. Il décale son visage pour le mettre juste devant le mien et je… je n'en peux plus !
-Trop…
-Trop ?
-RIEN !
Je le contourne avec la tête haute avant de reprendre la marche, je l'entends rire et ça a pour seul effet de me faire accélérer le pas. Lorsque j'arrive au milieu de la grande place bordant le port, je m'arrête sans me retourner. Les pas derrière moi continus et Marco finit par arriver à ma hauteur puis me dépasse.
-Bah alors, tu ne me laisses plus derrière ?
-Humpf !
Je devine parfaitement la tête qu'il doit faire, à se moquer de moi encore et toujours, ce stupide Phoenix !
-Et arrêtes de sourire comme ça !
Il se met à rire, marchant toujours avec nonchalance, les mains dans les poches.
-Baissez d'un ton, Mademoiselle l'officier, sinon vous allez finir au trou pour tapage nocturne.
Je me racle la gorge, abominablement gênée car il a entièrement raison.
-Je ne le referais plus…
Il s'est encore foutu de ma gueule. Je déteste ce pirate. Mais au moins, maintenant nous marchons en silence dans la ville déserte. Nous sommes éclairés par les lampadaires qui émettent une lumière jaunâtre, attirant les insectes nocturnes. L'air transporte toujours le parfum des eaux du Nouveau Monde. Cette odeur me détend, tout comme le calme de la nuit. Après un bon quart d'heure de marche, on se retrouve devant un établissement avec une devanture aussi atypique que tous les commerces de cette ville. Elle ressemble au dessin d'une maison faite par un enfant. Le toit est d'un rouge très vif, les fenêtres carrées sont fermées par des volets et la symétrie est parfaite.
Je suis Marco qui passe par la porte d'entrée, on monte un étage et il s'arrête dans un couloir juste devant une porte avec un écriteau numéroté « 12 ». J'entends les voix de mes frères, qui sont visiblement dans cette chambre.
-Ils sont là, on les rejoint ?
-Ouais, toques avant d'entrer. On n'est jamais trop prudent avec eux…
J'ai pris cette habitude après avoir interrompu deux de mes gars sur le navire qui étaient en train de faire des… choses, à une femme dénudée. Bon, du peu que j'ai vu elle avait tout à fait l'air consentante et ils me l'ont confirmé le lendemain. Mais… après leur avoir passé le tir de leur vie, je me suis jurée d'être plus prudente à l'avenir.
Nous n'attendons pas de réponse pour entrer dans la pièce. Et là, j'ai un moment de flottement. Marco avait tout à fait raison et pour dire vrai, je ne vois absolument pas en quoi ma présence est requise. Ils sont tous les cinq en train de jouer aux cartes avec des Shirohige, des bourses de pièces trainent au sol, mêlées à des sacs de toiles appartenant à la Marine.
-Huummm…
Je réfléchi à vive allure et l'espace d'une seconde un scénario très déplaisant se joue dans mon esprit. Lorsque l'on est arrivé, c'est comme si les personnes dans la pièce s'étaient brusquement mise en « pause ». Ils ont arrêté leurs mouvements et ils nous fixent. Je romps ce moment quelque peu perturbant pour tenter de me prouver que ma supposition est fausse.
-Rassurez moi, vous n'avez misé que de l'argent, n'est-ce pas ?
Tous les cinq échangent un regard, avant que l'un d'entre eux me répondre, d'une voix hésitante.
-Euh… non Capitaine…
Je sens refluer ma colère. Ils déglutissent tandis qu'en face d'eux les Shirohige ont de grands sourires.
-Vous n'auriez jamais osé parier du matériel appartenant à la Marine, hein ?
En réalité, je sais qu'ils en sont parfaitement capable. Ils sont des pirates dans l'âme, alors s'imposer ce genre d'interdit leur est impossible. C'est tout bonnement contre nature pour eux, ils ne peuvent pas s'empêcher de faire des conneries…
-Et bien c'est-à-dire que…
La phrase est laissée en suspens et aucun d'entre eux n'ose la finir.
-Vous êtes en train d'aggraver votre cas, là. Je vous recommande très fortement de me répondre !
Bien que j'ai parlé avec calme, mon mécontentement transparaît dans mon intonation. Ils déglutissent et le vieil Albert, un peu plus « sage » que les autres, me donne enfin une réponse.
-Si capitaine, on a parié nos uniformes. Il n'en reste plus qu'un en jeu.
Je suis sur le cul… comment il peut dire ça avec calme ?! Cet homme m'étonnera toujours.
-Vous m'avez appelé en urgence pour tenter de vous les récupérer, c'est ça ?
Alors que Marco s'amuse de cette situation, je soupire et me passe une main lasse sur le visage. Je joue comme un pied au poker… alors contre des joueurs habitués, je n'ai aucune chance !
-Vous me les aurez toutes faites, sérieux…
-Ne vous en faites pas, Capitaine !
Doc tente de me rassurer, je relève la tête et le regarde avec un tout petit espoir.
-Il reste encore le mien en jeu ! Vous allez voir, je vais les récupérer !
Son adversaire le reprend, attirant de nouveau l'attention sur la partie en cours.
-Montres ton jeu mec, après on verra si tu les récupères ou non.
D'un même mouvement, ils abattent leurs cartes. Amort a un carré d'as et en face… il y a une quinte flush.
-Oups…
Je me frappe le visage avec la main, ils viennent de perdre tous leurs uniformes… Marco lui se marre bien, mais je n'en peux plus de leurs conneries ! Je me baisse et attrape le perdant par le col avant de le secouer comme un prunier, déclenchant une vague de moquerie des pirates.
-Mais tu ne pouvais pas éviter de perdre ?! Et pourquoi avoir miser vos uniformes ! Je fais comment pour les récupérer moi ?! Je joue comme un pied au poker ! Je vais dire quoi à mes supérieurs, que vous les avez perdus en les pariant ?! Je vais ENCORE me prendre un tir !
Je laisse ma tête tomber mollement contre son torse et je soupire une nouvelle fois, déprimée par la situation.
-Vous n'en manquez jamais une… Aaaah… Vais-je vraiment arriver à faire carrière un jour ? Je me rapproche plus du renvoie qu'autre chose là…
-Ne dites pas ça Capitaine !
-Ouais, les frères jumeaux poursuivent sur une même lancée, on a besoin de vous ! Vous êtes une super officier !
-Je suis une officier incapable d'empêcher que vous fassiez des conneries !
-Tentez de les récupérer, Capitaine. Vous pourriez sauver le coup.
Le conseil est passablement valable mais il y a un hic.
-Je n'ai pas un rond…
-Bah, on a toujours les fonds provenant du dernier ravitaillement Capitaine !
-NAN, je ne vais pas tomber suffisamment bas pour utiliser les fonds publics dans une partie de Poker !
Oui, si je les perdais de manière aussi lamentable, je crois que je ne m'en remettrais pas.
-Je peux te les avancer, yoï.
Je me retourne vers Marco, qui est nonchalamment adossé contre le mur à côté de la porte. Oh… rien n'est gratuit avec un pirate, s'il me propose ça-
-Mais je mettrais ça sur ta nouvelle dette.
Je le savais, mais je ne peux pas refuser…
-Merde… ok Marco, j'accepte.
J'ai l'impression de faire un emprunt à un mafieux là. Il fait un sourire victorieux et les bras croisés, il rajoute une dernière information.
-Par contre, je participe moi aussi.
Hein ?
-Oh, vous venez jouer avec nous, Commandant ?
Il se redresse pour venir s'asseoir à coté de ses nakamas.
-Ouais.
-On va se faire plumer si vous participez !
-Oh, vous avez peur ?
Il les provoque, mais en même temps, s'ils ne participent pas je ne pourrais pas récupérer les uniformes.
-Nan Commandant ! Mais il ne faudra pas nous en vouloir si vous perdez votre mise !
-Ouais, on va vous battre !
-Je demande à voir, yoï.
Il me fait un discret clin d'œil, aah… il les a convaincus pour m'arranger ! Je suis sûr que c'est le message qu'il veut me faire passer et maintenant je lui en dois une de plus ! Je ne vais jamais m'en sortir avec lui. Sans parler que contrairement à lui, mes chances de gagner sont… pratiquement nul.
Vingt minutes plus tard…
-Vous avez encore gagné Commandant !
Comme les autres, je me suis faite plumer par Marco. Sauf que ma mise est partie encore plus vite que celle de mes adversaires. Maintenant, les uniformes sont tous entre les mains du Phoenix…
-Capitaine…
Je tourne la tête vers mes frères, je vois bien à leurs visages qu'ils ont un peu de remord. Enfin c'est le cas de Doc et Albert, les autres se marrent. Visiblement, tous n'ont pas conscience du tort qui découle de leurs conneries.
-Tu veux les récupérer, Cylia ?
Je reporte mon attention sur Marco qui me regarde avec amusement.
-À ton avis ? Évidemment, je vais avoir des problèmes sinon.
-J'accepte de te le restituer, mais ça ne sera pas gratuit Miss.
-Rien n'est jamais gratuit avec un pirate.
-Tu refuses ?
-Qu'est-ce que tu veux ?
-Je verrais...
-Ça m'aide vachement à prendre ma décision… Si j'acceptes je ne sais même pas ce que tu pourrais réclamer en retour !
-Je pense que je vais changer d'avis... Sur le marché noir, je devrais pouvoir en toucher-
-Ok ok ! Tu as gagné Marco, j'accepte. Rends-les aux gars s'il te plait.
Je me lève pour sortir de la chambre et juste avant de la quitter, je me retourne afin de prendre une mesure de « sécurité ».
-Le prochain qui perd son uniforme, je jure de le laisser au service du Vice-Amiral Garp pendant un an.
Ils blêmissent tous les cinq.
-Vous…
-Si, j'oserais le faire. Un an à subir ses entraînements de fou, si vous reperdez vos uniformes. Alors que ça ne se reproduise pas !
Je m'en vais avec Marco après qu'il leur ai rendu leurs précieux uniformes. Je le laisse passer devant et il me conduit vers une autre auberge, à quelques mètres de celle-ci. Bien que l'on garde le silence sur le chemin, dès qu'il ouvre la porte de ce que je devine être notre chambre, je lui pose la question qui me brûle les lèvres.
-Tu ne sais vraiment pas ce que tu veux me demander, Marco ?
-Si, mais si je te l'avais dit, tu aurais refusé. Comme je sais que tu n'as qu'une parole, tu ne feras pas demi-tour maintenant.
Je ne sais pas si j'ai vraiment envie de savoir, vu ce qu'il vient de me dire…
-Et… c'est ?
-Tu verras. Je vais me changer. Tu n'as qu'à y réfléchir en attendant. Ce que je peux te dire, c'est que je peux t'assurer que tu ne le feras pas à contre cœur. Au contraire même…
Il va dans la salle de bain attenante à la chambre et referme la porte derrière lui. Je regarde alors sommairement le lieu où je vais passer la nuit. C'est simple, les murs sont recouverts d'une peinture verte olive et trois photographies représentant des paysages sont accrochées côte à côte. Deux étagères blanches à placard coulissant sont à disposition dans un renfoncement du mur. Deux lits assez grands sont placés symétriquement, accompagnés par des tables de nuit. Les contrastes du vert des murs et du blanc cassé des meubles donnent un certain charme à cette chambre simple mais spacieuse pour seulement deux personnes.
Les volets sont déjà fermés et la pièce est éclairée grâce au lustre en papier kaki accroché au plafond. Je laisse mon sac par terre. Je rangerais correctement mes affaires demain. En attendant, je suis crevée, alors j'éteins la lumière avec l'interrupteur à côté de moi et me déplace vers l'un des lits. Mais avant que je ne l'atteigne, la porte de la salle de bain s'ouvre.
À suivre…
Note : Dans le chapitre suivant, je préviens qu'il y aura un lemon. Il n'est pas obligatoire de le lire pour comprendre la suite des événements, tant que vous savez qu'il a eu lieux. Bon, je flood en prévenant, mais je ne pouvais pas faire autrement… Il ne fera pas tout le chapitre, il y a des annotations au début et à la fin. Sinon, ma beta l'attend depuis un bon moment maintenant. Elle était au courant qu'il allait arriver, mais elle ne savait pas quand.
Réponses aux reviews anonymes :
Sou
Je suis diabolique hein ! BOUWA HA HA *rire de méchante*
Hum hum… qu'as-tu pensé de ce chapitre alors au final ?
En tout cas, je te remercie pour ta review, à bientôt.
Maet
Je vais me répété mais ce n'est pas grave…
BOUWA HA HA *rire de méchante*
Ouais, c'est vilain ! Mais c'est ça qui est cool ! Et je vous refais le même coup encore cette semaine hé hé hé. Durant les derniers chapitres, l'histoire n'avance pas beaucoup en matière de temps, mais pour se qui est de la relation entre les personnages il y a de grands pas. Moi aussi j'apprécie, c'est très agréable d'écrire les péripéties de Cylia face à Marco.
En tout cas, merci pour ton retour et je te dis à bientôt !
Soceitie
Ah ah ah c'est sûr que c'est plus agressif ! Mais je me demande s'il l'aurait laissé faire ? Et comment il aurait réagi ensuite ? Oh, ça aurait pu être marrant à écrire en tout cas.
XxxxxxxxX
Merci de lire cette fanfiction, je tiens encore à remercier ma beta pour son aide. Sinon, vous auriez des fautes et des maladresses dans les chapitres. Car oui, j'ai deux mains gauches...
N'hésitez pas à laisser une review !
PS : la suite sera mise en ligne dans 15 jours.
