Merci à ma beta pour son aide, je lui souhaite un prompt rétablissement !

N'hésitez pas à laisser un commentaire par rapport à l'image d'avatar qui a changé ! Le dessin est de mon conjoint, il en est l'auteur et propriétaire.


Précédemment…

Cylia s'est finalement rapprochée de Marco et tous deux ont passé une nuit « agitée » ensemble. Les jours qui suivent se déroulent agréablement, le mariage arrivant dans peu de temps. Mais un événement inattendu survient lorsque la jeune officier cherche à contacter Isao. Elle apprend que le jeune garçon est retenu en détention par l'homme qu'il était venu voir. Son propre père ne reconnait plus son fils et le traite comme un pirate. Elle n'a alors plus qu'un désir : secourir le jeune homme. Il reste à savoir si elle arrivera à le faire…

Chapitre 88 : Dangers

Il me fixe intensément du regard pendant un bon moment, sans rien dire. Me jaugeant en silence, vérifiant la véracité de mes mots.

-Soit, on ne s'opposera pas à ta volonté. Il me fixe avec un grand sérieux. Mais n'oublies pas ce que tu as promis à Oyaji, yoï.

-Non Marco, je compte bien revenir ici même, en un seul morceau. Mais ce ne sera pas seule !

-Quand comptes-tu partir ?

-Il va me falloir voler un bon moment avant d'atteindre la base. Donc même s'il fait nuit, je vais partir maintenant.

-Je préviens Oyaji.

Une vingtaine de minutes après, je suis au port, debout sur la rambarde de notre navire. Je suis vêtue de la tête aux pieds des couleurs de la Marine et le cœur agité par mes inquiétudes pour Isao. Même si je porte mon uniforme d'officier, j'ai toujours le wakizashi à ma taille et le collier est visible autour de mon cou. Je n'ai rien pris d'autre, souhaitant m'alléger autant que possible. C'est d'autant plus important que je vais devoir faire le retour avec un passager.

N'importe quel « bon » officier de la Marine ne serait pas calme avec les grandes figures de la piraterie qui me font faces. Je ne parle pas de mes frères qui sont bien évidemment présents, mais de Père qui est accompagné par nombre de ses fils.

-Pourquoi vous démenez-vous pour nous, Capitaine ?

Bien que la question soit posé par le vieil Albert, je m'adresse à mes cinq compagnons présents.

-Parce que vous êtes ce que j'ai de plus précieux. Même contre le plus grand des trésors, un haut grade ou je ne sais quoi d'autre… je n'échangerais pour rien au monde ce que vous m'avez offert.

-De quoi tu parles ?

L'homme ours m'interroge à son tour. Je fléchie les jambes, me mettant dans une position qui m'est plus confortable pour répondre. Je laisse mon regard dans le vide, me plongeant un moment dans le passé.

-Avant que je ne vous connaisse, j'étais complètement perdue. J'étais un électron libre, qui ne s'accrochai qu'à une unique connaissance.

Mes pensées convergent un moment vers Shanks, mais je reprends rapidement mon histoire.

-J'étais bien animée par la même volonté qu'aujourd'hui, à savoir d'apporter mon aide à ceux dans le besoin. Mais… personne ne peut vivre que pour les autres, je ne fais pas exception à cette règle.

Je les fixe de nouveau, avec sérieux.

-Vous m'avez apporté au quotidien une présence réconfortante que je n'ai jamais connue. J'ai une raison de vivre grâce à vous… Qu'importe les difficultés qui découlent de nos différences, je ferais tout pour vous protéger. Pour défendre ce lien qui nous unis.

Je me redresse, me tenant droite sur mes jambes. Un courant d'air marin fait voltiger le manteau sur mes épaules. Les lampadaires éclairent le quai du port et attirent nombres d'insectes ne sortant que la nuit. L'absence de nuage permet à la lune de nous éclairer de sa pâle lumière.

-Si mon uniforme peut vous aider à vous sortir des problèmes dans lesquelles vous êtes, alors je n'hésiterais pas à l'utiliser.

-Capitaine…

Je perçois de la reconnaissance dans leurs regards.

-Je vais faire l'aller-retour jusqu'à cette Base et je reviens avec notre petit frère.

Ils me répondent d'un puissant cri, accompagné par de larges sourires. Ils ont parfaitement compris le message indirect que je leur ai fait passer.

-Fais attention à toi, mon enfant.

Les gars reprennent leur calme en entendant le grand homme prendre la parole. Je me positionne alors comme pour me mettre au garde à vous, mais je ne le fais pas. Au lieu de ça, je tiens ma casquette et me penche en avant, le saluant d'une manière que je ne ferais que pour lui. J'exprime ainsi le profond respect que j'ai pour lui. Mais je ne me relève pas et lui fais part de ma demande.

-Je vous en prie, prenez soin d'eux en mon absence, Oyaji.

-Entendu, tu as ma parole. Tu peux partir sereine.

Je me redresse et retire ma main de ma casquette.

-Merci…

Je lui fais confiance, je sais qu'il fera attention à eux. Je me retourne donc face à l'étendue d'eau. J'ai de la chance puisque le vent est en ma faveur. Il me faudra faire attention à ne pas changer de cap, au risque de me mettre en danger.


Après plusieurs jours de trajet, j'ai pu arriver vivante à la Base. J'ai eu de la chance car j'ai croisé l'un de nos navires de guerre en chemin. Il rentrait de patrouille et se rendait au même endroit que moi. Heureusement qu'ils étaient là, car peu après nous avons essuyer une tempête. Sans eux, j'aurais été dans une très mauvaise posture. Il n'y a pas à dire, les tempêtes sont vraiment démentes sur ces eaux. Les goûtes qui tombaient du ciel faisaient la taille de ballons de foot !

Une fois sur place, j'ai commencé à m'occuper au plus vite des formalités administratives pour récupérer Isao (1). Évidemment, le Vice-Amiral était trop occupé pour recevoir en personne la simple Capitaine que je suis. Ce n'est pas dérangeant, car je peux enfin libérer Isao de ces lieux. Ce monstre a fait enfermer son propre fils dans une cellule en sous-sol.

Les deux soldats chargés de la surveillance des lieux m'ont escorté jusqu'à lui. L'air est saturé de poussière et d'humidité. Il n'y a que peu de lumière, les seules sources proviennent de vieilles lampes présentent dans le couloir. Seule une sur deux fonctionne encore et celles en marche grésilles pour la plupart. Ça m'étonnerait qu'il ait eu droit à trois repas par jour… Il n'a même pas de lit ou une couverture. Rien, je ne vois même pas une gourde d'eau avec lui. Il est endormi, roulé en boule à même le sol. La Marine n'a jamais été très soucieuse des conditions de vie réservées aux détenus.

-J'espère pour vous qu'aucun problème ne ressortira du bilan de sa visite médicale.

Les deux soldats déglutissent, pris par une panique brusque.

-Mais… Madame, il s'agit d'un pirate... on n'a jam-

-IL FAIT PARTIE DE MES EFFECTIFS, SOLDAT !

J'ai crié sous l'impulsion, la colère a pris le pas sur ma raison et j'ai réveillé Isao d'une manière désagréable.

-Ouvrez et attendez là.

-Oui !

Tandis qu'Isao se redresse afin de s'asseoir sur les fesses et un soldat ouvre la porte de la cellule.

-Clac !

-C'est fait Madame.

Je passe sans remercier le soldat pour m'accroupir devant le jeune Isao qui se frotte les yeux avec les doigts. Lorsqu'il s'arrête et m'observe, je remarque tout de suite ses yeux rougis et ses cernes.

-C'est… c'est vous Cap'taine (3) ? Non… je dois rêver.

-Si, c'est bien moi, je suis désolée pour ce qui est arrivé. Je-

Il vient de se jeter sur moi et m'enserre avec ses bras. Je fais signe aux deux soldats que tout va bien et répond à son étreinte.

-Vous n'avez pas idée à quel point vous m'avez manqué…

-Toi aussi Isao… Tout va bien maintenant, je t'emmène avec moi.

-Hum ! Dites Cap'taine…

-Oui ?

Je le sens resserrer son étreinte et enfouir sa tête dans mon cou.

-Je mérite de vivre ?

Sa question me laisse sans voix un court instant.

-Quelle question… évidemment que tu le mérites.

-Mais, sa voix est tremblante, je suis devenu un pirate !

-Ne prends pas en compte la merde qu'a pu te dire le Vice-Amiral, Isao. Ne te laisse pas toucher par ça !

Il y a un moment de silence. Il fini par se décaler et se relever. J'en fais de même, mais avant de quitter cet endroit je l'entends prononcer une dernière parole, le regard dans le vide.

-Mais c'est mon père…

Une discussion s'impose, mais ça sera après avoir quitté la Base. Déjà, il a besoin de se rassasier correctement.

-Messieurs, où est le réfectoire ?

Une bonne heure après, nous quittons la Base. Aucun navire prenant le large n'a accepté de nous accueillir à son bord. Ma présence ne pose pas de problème, par contre, c'est Isao qu'ils refusent. Autant dire que je me suis prise la tête avec plusieurs officiers. Peu importe, je ferais le retour avec Isao et on rentrera en un seul morceau ensemble.

Je donne discrètement l'Eternal Pose de Hand Island à Isao, ainsi que le mini-escargophone des Shirohige. Je les avais mis dans l'une des poches de mon uniforme avant de partir. Mes consignes pour lui sont simple, il doit vérifier notre cap, nous couvrir en cas de nécessité et demander de l'aide grâce à l'escargophone si on a un problème. Je pense notamment à la météo, si on est pris dans une tempête ça pourrait être très dangereux.

Je vais travailler mon endurance encore une fois, mais à force, ça ne me pose plus de problème. La difficulté vient des lieux où nous sommes, le Nouveau Monde n'est pas un endroit de tout repos. Même si le ciel est dégagé et qu'il n'y a pas de nuage en vue, le temps peut tourner très vite.


Finalement, le retour est clairement moins agréable que l'allé. Même si au début ça avait commencé sans accro, nous avons eu droit à des grêlons. Mais il ne s'agissait pas de grêlons « classique » … Nan, ceux-là faisaient la taille d'un homme ! Si Isao ne maîtrisait pas le haki de l'armement, on aurait eu de sérieux problèmes. Même si j'ai essayé de les éviter, c'était quasiment mission impossible.

Ensuite, nous avons eu une averse. La pluie était torrentielle mais ça aurait pu être pire, car il n'y avait pas d'orage et les goûtes étaient de tailles normales. Mais alors que l'on ne doit plus être bien loin de Hand Island, mes instincts de zoan me préviennent d'un grand danger. Mon cœur palpite, faisant pulser le sang dans mes veines. Une peur me prend aux tripes. Je n'ai qu'une envie, s'est de virer de bord et accélérer au plus vite pour tenter de gagner un peu de temps.

Je ne peux pas parler sous cette forme, mais Isao a ressenti sans le moindre doute qu'il y avait un gros problème. Je ne cherche plus à me rendre à Hand Island, mais à fuir un danger me dépassant. Le vent peut être le pire de mes ennemis…

-Oui ?

Je reconnais la voix de Marco. Isao a fait se que j'attendais de lui sans que je le demande. Je stabilise le plus possible mon vol pour qu'il puisse parler à l'escargophone sans trop de difficultés.

-Euh… B'jour, je suis de l'équipage de Cylia, Isao…

-Oh, le gars qu'elle est partie chercher. Vous avez un problème ?

-Et bien, elle a brusquement viré de bord, on ne suit plus le cap pour Hand Island. Elle a augmenté son allure aussi…

-Vous êtes où ?

La voix de Marco est devenue soudainement sérieuse.

-Je… je ne connais pas notre position exacte…

-Une minute, ne quittes pas.

Il y a un court moment de silence dans leur échange, jusqu'à ce que l'on entende de nouveau la voix atténuée du Phoenix.

-Oï Curiel, prévient Oyaji qu'on doit aller récupérer Cylia et son gars en urgence, ils ont une tempête au cul ! Bon… la voix est plus claire, il a replacé l'escargophone devant sa bouche. Tu vas répondre à mes questions, que je puisse établir au mieux votre position.

-Entendu M'sieur !

Ils s'échangent questions et réponses pendant un moment, jusqu'à ce que Marco raccroche en prévenant qu'ils font au plus vite pour nous rejoindre. Mais malgré toutes nos initiatives, je sens l'inéluctable approcher. Et Isao me le confirme avec effroi…

-Cap'taine, il y a un truc qui m'a l'air très mauvais au loin… Je vous tiens au courant si ça se rapproche trop.

Je fais déjà au plus vite. Je bats presque frénétiquement des ailes et plane sur de courtes distances pour tenter de conserver un peu d'énergie. J'espère arriver à gagner suffisamment de temps au moins... Les côtes de Hand Island ne doivent pas être trop éloignées de notre position actuelle. En plus, ils connaissent l'emplacement de la Base Marine qu'on a quitté, donc retracer notre itinéraire ne leur posera pas de problème. Les échanges entre Marco et Isao ont dû leur permettre de trouver où nous sommes au moins de manière approximative.

-Ça se rapproche, on ne va pas assez vite !

Je vous en prie Oyaji, arrivez rapidement…

-On dirait une tempête de sable… (2)

J'entends le bruit du vent fou non loin derrière nous. Ce n'est plus qu'une question de minutes… S'il y a du sable, je peux au moins le protéger de ça. Je virevolte et rattrape Isao dans mes serres au moment où il se laisse tomber. Il n'a pas résisté et encore une fois, il a compris mes intentions. Je le tiens le plus possible contre moi. Je le sens bouger, sans doute essaye-t-il de se protéger du sable avec ses vêtements. Moi… je ne vais pouvoir rien faire pour me protéger, jusqu'à se que j'arrive à trouver le Moby Dick grâce au haki.

Je me fais propulser brusquement en avant par un puissant vent. L'inéluctable est finalement arrivé, je ferme les yeux pour me protéger des grains violents et me fais balloter contre mon gré par la tempête. Rapidement, je ne cherche plus à résister aux puissants vents, ayant compris que s'était juste de l'énergie gaspillée. Le temps me semble passer lentement et je n'ai qu'une hâte, c'est d'être libérée du joug de cette tempête. Je garde mon haki aux aguets, recherchant la présence du navire qui doit nous porter secours.

Après un bon moment, je sens finalement des présences humaines non loin de notre position. Le vent nous porte dans leurs directions mais je ne sais pas encore s'il s'agit d'eux ou non. Un nœud à l'estomac se forme et la crainte de faire une mauvaise rencontre est présente. Je ne suis pas en état pour me lancer à corps perdu dans une bataille, en plus nous ne sommes que deux…

J'entrouvre les yeux malgré le sable lorsque je sens que l'on est proche du navire. Un soulagement comme je n'en ai jamais connu me saisit alors en reconnaissant le Moby Dick. Je bouge mes ailes et ma queue pour tenter de corriger un peu notre trajectoire. Je sens que nous allons dans la bonne direction et ils se sont placés eux aussi comme il faut pour que je ne les manques pas. Le seul hic provient de notre vitesse, nous sommes propulsés bien trop rapidement par le vent. L'atterrissage va être très mauvais, mais je vais faire le nécessaire pour protéger Isao.

Ce que j'avais prévu arrive en effet et je conserve ma forme de zoan pour amortir autant que possible les chocs. Malgré mon corps de zoan, la chute fut douloureuse. Par contre, je n'ai pas l'impression qu'il y a quelque chose qui se soit cassé, c'est au moins ça. Ce qui m'inquiète rapidement pendant nos roulés boulet, s'est que l'on ne s'arrête pas. Je commence à craindre la violence du choc lorsque vais butter contre quelque chose. Un mur serait moins dangereux que l'un des mats…

Mais l'arrêt ne fut pas brutal puisque se sont de puissantes mains qui arrêtent ma course folle. Je reprends forme humaine et je m'assure qu'Isao va bien avant même de regarder qui m'a aidé. Le vent souffle fort et par réflexe, je pose ma main sur ma tête pour éviter que la casquette de mon uniforme s'envole. Rassurée, je relève la tête et remarque que la personne qui m'a stoppé avec une facilité déconcertante n'est autre que Joz, le Commandant avec une force peu commune.

On n'échange pas un seul mot et il nous aide à nous mettre à l'abri. On se retrouve alors dans l'un des bâtiments du pont, en sécurité. Je remercie rapidement le Commandant et m'écroule contre le mur, épuisée. Mon corps est douloureux et des bleus vont sans le moindre doute faire leurs apparitions un peu partout. Je tente de reprendre mon souffle. Je dégouline de sueur à cause des efforts bien trop soutenu que j'ai eu à fournir.

-Cap'taine…

La voix peu rassurée d'Isao me rappel à la réalité. Je me relève non sans pousser de légers gémissements de douleur et dépose une main rassurante sur son épaule.

-Ne t'en fais pas, tout va bien.

Il me regarde dans les yeux et se calme en voyant que je n'ai absolument pas peur.

-Ouf…

Je ne lui réponds que par un sourire. Je relève le menton et remarque le nombre de personne présente dans la pièce. Un navire de cette taille nécessite beaucoup de monde pour manœuvrer, donc même pour simplement venir nous chercher, ils ont dû rassembler bon nombre de membre d'équipage. Parmi ceux présent ici, il y a plusieurs visages familiers comme mon ami Haris, Joseph le dragueur et bien d'autre. Sur un grand siège, il y a bien sûr le Capitaine du navire avec le second de l'équipage à ses côtés, Marco.

Je me courbe respectueusement en avant, mettant la main sur la tête de Isao pour qu'il en fasse de même. Je tiens à les remercier comme il se doit.

-On vous remercie pour avoir répondu à notre appel.

Je me redresse et retire ma main de sa tête. Isao se remet droit lui aussi et écoute sans dire un mot.

-Si vous n'étiez pas venu, on aurait eu des problèmes…

-Je suis rassuré de voir que tu vas bien, mon enfant.

Entendre la voix puissante d'Oyaji me calme. Je cherche du regard mes gars, mais je ne les vois pas ici.

-Ils sont restés à Hand Island ? Ils vont bien ?

-Tu parles de tes frères yoï ?

Je lui réponds d'un hochement de tête.

-Ils étaient en train de dormir, ce n'est pas étonnant vu ce qu'ils ont ingurgité comme alcool.

Il comprend à mon regard que je m'interroge sur ce qu'il vient de me dire. Il poursuit donc, un léger sourire aux lèvres.

-Ils étaient trop inquiets pour vous deux, alors ils ont noyé ça dans le rhum.

Je soupire, il y a plus intelligent à faire dans ce genre de situation mais je ne peux pas vraiment leur en vouloir. Je leur ferais passer le message une fois que les choses seront de nouveau calmes. Une pensée me traverse subitement l'esprit, un s'agit d'un « détail » que j'avais omis à cause du feu de l'action.

-Et le mariage ?

En principe s'était pour… hier je crois… Cette fois ci, c'est Père qui me réponds.

-La cérémonie se déroulera aujourd'hui. Repose-toi en attendant que l'on arrive à Hand Island.

-Très bien.

Je ne vais pas me faire prier, je suis tannée. Je sens que la journée va être bien longue. Marco poursuit après Père, donnant quelques explications en plus.

-La tempête va retarder notre trajet pour Hand Island. Il va falloir qu'on la traverse mais ce n'est l'histoire que de quelques heures grand max. Haris va vous amener dans une cabine où vous pourrez dormir.

Le susnommé hoche de la tête en voyant le regard du Commandant se poser sur lui. Il me fait signe de la main de le suivre. Je soupire discrètement, rassurée de la tournure des choses. Je salue d'un signe de la tête Oyaji avant de me mettre à le suivre, Isao sur mes talons.


Il n'y a pas à dire, les robes ce n'est pas mon truc…

Dès que nous sommes arrivés à Hand Island, on m'a arraché au lit dans lequel je dormais et jeté dans une salle d'eau pour que je me décrasse. À peine ai-je terminé ma douche que j'ai dû m'habiller avec le seul vêtement propre à ma taille présent dans la pièce. C'est-à-dire la robe de demoiselle d'honneur que Misa avait choisi pour moi.

Elle est d'un bleu claire turquoise avec des jupes superposées, elle arrive au-dessus des genoux et est faites en partie en dentelle et tulle (4). Il y a un joli nœud papillon en satin noué autour de la taille. Elle est raffinée, féminine et délicate. Ce qui est diamétralement opposé avec ce que je porte d'habitude. En même temps, j'ai toujours sur moi des vêtements fait pour pouvoir facilement bouger en cas de besoin.

Je suis maintenant assise sur une chaise et coiffée, maquillée, épilée par des femmes que je ne connais pas. On m'a même fais mettre des talons aux pieds ! Soi-disant ça ne me fait pas de mal de gagner quelques centimètres. Eh bien moi j'aime ma taille modérée ! J'y suis habituée à force de côtoyer des marins, eux qui ont les muscles et la carrure nécessaire au travail physique en mer.

Elles ont réussi à masquer les bleu et cicatrices apparentes sous des crèmes couleur peau. En me regardant dans un grand miroir une fois prête, je dois quand même avouer qu'elles ont vraiment fait du bon travail. Maintenant que j'ai fini cette lourde tâche, je vais directement sur les lieux de la cérémonie.

Aujourd'hui sur l'île de la main, nous avons un beau temps. C'est important car la cérémonie se déroule en plein air, des énormes rangées de banc blanc sont alignées sur l'herbe tondu et les convives ont soignés leurs présentations. Pour certains pirates, on devine au premier coup d'œil avec amusement que les efforts fournis ont été conséquent. Pour certains, la tenue choisie leur va merveilleusement bien. Comme Izou, qui a mis une veste et un pantalon de costard blanc, avec une chemise rouge et des chaussures à talon. Le tout lui donne un look sympa et s'est tout à fait adapté pour le contexte actuel. Tandis qu'il n'a commis aucune maladresse, on ne peut pas en dire autant de Blamenco. Le Commandant de la sixième division, dont les deux poches situées sur le cou attirent indubitablement le regard, porte une salopette noire avec une ceinture en tissu de même couleur. La seule touche de couleur vient de son tricorne habituel qui est mauve orné du Jolly Roger blanc de l'équipage. Mais je dois bien reconnaître que tous ont fait des efforts pour cette journée.

Des fleurs bleues et blanches sont disposées pour parfaire la décoration et un tapis couleur océan est déroulé sur lequel se tient le couple. Misa est parée d'une magnifique robe d'un blanc pur bordée de dentelles. De nombreuses couches de voilage légère sont superposées sous sa taille, créant une couronne effleurant le sol autour d'elle. Sa longue chevelure blonde semble plus brillante que jamais et de belles fleurs ont été misent dans sa coiffure élaborée avec soin. Il est évident qu'elle attire la majorité des regards, mais Curiel, qui donne toujours l'impression d'être un homme taillé pour le combat avec son corps musclé et ses bazookas, laisse une sensation bien différente en ce beau jour. Il est habillé d'une costume bleu marine sous lequel apparaît une chemise blanche. Un nœud papillon dans les mêmes couleurs que sa tenue lui noue le col fermé autour de la gorge. Un petit foulard apparaît même hors de la poche de sa veste, impeccablement plié. À ses pieds, il a des chaussures de ville noires et l'emblème des Shirohige demeurant sur son menton reste bien visible à la vue de tous.

On a une belle vue sur le roulis des vagues qui brillent sous les rayons du soleil. Les mariés se tiennent face à l'étendue d'eau et le Maire devant eux récite un texte de loi pour officialiser la cérémonie. Lorsque la fameuse question arrive, les mariés se répondent consécutivement « Oui » en se regardant dans les yeux. Misa ne masque pas sa joie et une petite larme de bonheur perle sur sa joue. Même pour le Commandant Curiel, bien qu'il ne pleure pas, il est facile de lire l'émotion sur son visage. Une fois le registre signé, le maire officialise le mariage par une phrase attendu.

-Par les pouvoirs qui me sont conférés, je vous déclare mari et femme. Vous pouvez embraser la mariée !

Un tonnerre d'applaudissement accompagne l'heureux couple. Tous deux s'embrassent chastement, déclenchant des sifflements de la part de certains convives. Ils marchent le long du tapis qui est recouvert de pétales de fleur lancés par les invités qui sont proches des deux mariés. Des félicitations fusent, à commencer par Père qui ne masque pas son plaisir à voir son fils heureux.

Ensuite, toutes les femmes célibataires se mettent derrières Misa et attendent qu'elle lance son bouquet. Moi je ne participe pas, j'ai préféré me placé en spectatrice à quelques mètres du groupe. Mon amie jette les fleurs, mais elle y a mis un peu trop d'énergie et elles partent trop haut pour le groupe de femmes. Tout le monde fixe des yeux le bouquet. Une rasade de vent l'ayant aidé à arriver plus loin qu'il n'aurait dû. Lorsque je le vois me tomber dessus, je l'attrape bêtement sans le vouloir. Puis, il y a un court moment de silence.

-AAAAH ! NAN JE N'EN VEUX PAS MOI !

Me marier ?! Très peu pour moi, oui ! Je laisserais volontiers ma place à quelqu'un d'autre… Ma réaction fait rire les témoins de la scène. Même mes propres frères se moque de mon malheur…

Rapidement, nous commençons les festivités en l'honneur des nouveaux mariés. Une ballade en ville a donc lieux, qui a pour but de nous conduire sur la place principale de la ville où des musiciens attendent notre arrivée. Le repas prévu pour ce midi est gustativement hors pair, je ne parle même pas de l'immense gâteau prévu pour nourrir l'immense appétit de tous les convives !

Après le repas, des animations ont été prévu, comme le jeu de comédiens professionnels. Bien évidemment, le publique étant constitué très majoritairement de pirate, la Marine en prends violemment pour son grade. Ça faire rire tout le monde, même mes compagnons qui restent pirates dans l'âme. Je suis la seule a avoir une réaction différente. Qui est d'être pour la deuxième fois de cette journée, terriblement gênée.

Ensuite, nous avons plusieurs spectacles, fais parfois par des membres de l'équipage de Barbe Blanche. Comme du jet d'arme blanche, du tir de précision avec une arme à feu les yeux bandés ou une descente de tonneaux de rhum par un homme qui pourrait faire concurrence à Shanks vu sa descente… Bon, il ne faut pas oublier que malgré les efforts fournis, on reste au mariage d'un pirate !

L'après-midi se déroule donc sous le soleil et avec bonne humeur dans une ambiance joviale. Tout a été prévu pour qu'il n'y ait pas de temps mort et que tout le monde s'amuse. On m'a même demandé à un moment de jouer à un jeu de rôle, je dois faire semblant d'être une officier -se que je suis en vrai- et d'essayer de capturer un pirate -qui est joué par quelqu'un qui en est un en vrai-. Un léger détail qui n'en est pas des moindre : cet homme est clairement beaucoup plus fort que moi. Donc on a fini par inverser les rôles… Il a récupéré les menottes et je suis contrainte de le fuir. Les armes et fruits du démon sont interdit, alors forcément, je ne suis pas avantagée car lui il a le soutien de tous ses frères. J'ai évidemment fini par perdre et on s'est foutu de moi pour la énième fois de la journée. Je suis certaine qu'ils avaient prévu ce coup-là !

Durant la soirée qui est arrivée finalement assez vite, j'ai pu danser, boire et festoyer avec bon nombre de membre de l'équipage que je ne connaissais pas. Dès que l'on m'a laissé tranquille, je me suis éclipsée avec mes frères et Isao sur une table inutilisée dans un coin un peu plus calme. Tandis qu'Isao nous regarde avec suspicion, on s'échange un regard complice avec mes cinq frères. Le vieil Albert dépose une bouteille de Saké sur la table avec six coupelles. Il les rempli et l'incrédulité d'Isao nous fais sourire. Je prends la parole, au nom des autres.

-Si tu es d'accord, Isao, on voudrait que tu deviennes toi aussi notre frère.

Il en reste sans voix et amusés, nous attendons sa réponse.

-Vous… voulez vraiment de moi ?

Beart, l'homme ours, parle d'une voix un peu trop forte, attirant l'attention de quelques personnes proches.

-ÉVIDEMMENT, GAMIN !

Il se met à rire de bon cœur, rapidement suivi par les autres. Bien que je partage leur plaisir, je reste un peu plus calme, lui faisant comprendre la véracité de notre proposition par un regard assuré. Il ne reste alors pas plus longtemps sur l'incertitude et ses doutes ont été balayés par des rires francs. Il attrape alors la bouteille et remplis de lui-même les coupelles. Le silence a repris place entre nous, ce moment étant important dans nos vies.

Les coupelles sont bues et des bras se glissent sur les épaules des autres. Un cri puissant est poussé par les hommes, heureux d'être en ce jour libres et plus jamais seuls. Je me jure silencieusement que je leur rendrais totalement leur liberté. Non pas dans plusieurs années, mais dans les délais les plus brefs qui me seront possibles.

Reprenant une dernière fois pour ce soir mon rôle de Capitaine, je leur parle à tous d'une voix pleine d'assurance.

-Ce soir on profite, mais demain quinze heures, on remet les voiles les gars !

À suivre…


(1) Isao : N'hésitez pas à jeter un coup d'œil au « rappel des personnages secondaires » pour vous rafraichir la mémoire au besoin.

(2) Une tempête de sable dans un tel endroit, c'est marrant et très bizarre.

(3) Cap'taine : J'ai du mal avec les grades, il n'y a rien à faire... Donc je vous mets un rappel de la hiérarchie à la Marine pour vous aider (source : One Piece Wikia)

Classement des Insignes

Amiral Commandant en Chef

Amiral

Vice-Amiral

Contre-Amiral

Commodore

Capitaine (le grade actuel de Cylia)

Commandant (son ancien grade)

Lieutenant Commandant

Lieutenant

Lieutenant Junior

Officier

Division des Infanteries et des Marins

Adjudant

Sergent (Le Sergent Chef étant le rang au dessus de celui de Sergent)

Vice Lieutenant

1ère Classe

2ème Classe

Nouvelle Recrue (3ème Classe)

Apprenti

Rangs Spéciaux

Inspecteur Général

Instructeur

(4) Tulle : Le tulle est un tissu transparent et vaporeux formé par un réseau de mailles régulières de fins fils de coton, de lin, de soie, de laine ou plus récemment, de fibres synthétiques (source : wikipedia).


Réponses aux reviews anonymes :

Maet

Coucou, merci pour ton retour ! J'aime écrire des choses originales, alors le lemon devait l'être aussi. En plus, ça rentre bien dans le contexte de leur relation à ce moment-là de l'histoire. Les hommes sont toujours plus ou moins jaloux, ils sont possessifs et il ne déroge pas à cette règle. Effectivement, j'ai laissé un bon suspens à la fin du dernier chapitre. Celui-ci fais une bonne ouverture sur les événements à suivre.

Je ne peux pas vraiment répondre par rapport à ton questionnement sans flood… Donc je ne te dirais que de patienter, tu auras les réponses en temps voulu promis !

S

Yop, je confirme qu'il y a eu un bug. Je ne sais pas si j'ai commis une maladresse ou si ça venait du site… Mais je te remercie de m'en avoir informé. N'hésite pas si tu constates quelque chose du même genre une autre fois. Oh, j'ai transmis ton commentaire sur le dessin à mon homme.

Effectivement il y a une relation assez compliquée entre Shanks Cylia et Marco. C'est l'une des intrigues de Désir de Liberté. Merci pour ton encouragement, ça me fait très plaisir. Je compte bien mener jusqu'au bout cette fanfiction, je te rassure !

Sinon, pour te répondre je n'ai toujours pas réussi à reprendre de l'avance dans les chapitres. Je n'ai même pas encore fini le chapitre 89, c'est pour dire. Je n'oublie pas le HS sur Shanks, j'aimerais me lancer dessus prochainement. Pour se qui est d'écrire un HS sur se que tu m'as demandé, c'est possible. Après la question est de savoir si je peux arriver à trouver le temps nécessaire pour le faire.

Sou

Moi aussi j'aime bien la relation que les deux utilisateurs de zoan mythique ont. Je te remercie pour le compliment ! Je suis contente que le lemon ait plus.

Je tiens à garder un rythme qui est régulier, car cette fanfiction est très longue, donc pour arriver à la finir il me faut publier à minima tous les 15 jours. J'apprécie davantage de mettre en ligne un chapitre tous les 15 jours, c'est plus agréable et ça me met moins de pression. Je me permets de mettre davantage de qualité, ils sont un peu plus long (4000-5500 mots contre 3000). Après, je n'arrive toujours pas à récupérer de l'avance. Il faudrait que je me mette un coup de pied dans les fesses pour y arriver je crois !


Note : N'oubliez pas que nous sommes à Hand Island, alors les choses propres à la réglementation des mariages peuvent être un peu différentes. Ne me tapez donc pas sur les doigts hein !

La suite aura pour nom : « Chapitre 89 : En mer ». Je n'ai pas encore fini de l'écrire, mais elle arrivera dans 15 jours.