Sortir un chapitre demande beaucoup de travail. Un grand merci à ma beta pour toute son aide. Merci à vous aussi de lire Désir de Liberté.


Précédemment…

Cylia a dû aller récupérer Isao qui était retenu enfermé dans une Base Marine par son père. Sur le retour, ils ont été sauvés in extremis par le Moby Dick alors qu'ils étaient emportés par le vent puissant d'une tempête de sable.

Une fois arrivés à Hand Island, le mariage de Misa et Curiel a eu lieu. Le lendemain des festivités, elle s'apprête à reprendre la mer accompagnée par ses six récents frères…

Chapitre 89 : Retour en mer

Sur le quai du port, Oyaji a pris la peine de venir assister à notre départ, accompagné par Marco et plusieurs de ses fils. Quelques-uns nous ont aidé à charger notre ravitaillement, ce qui était nécessaire afin que l'on puisse arriver sans problème à Woolen Island. Je ne vais pas pouvoir me reposer puisque je dois utiliser les capacités de l'Alicanto pour ramener notre navire à la Base. Bien évidemment, les gars resteront vigilants car en cas de tempête, je ne pourrais pas m'occuper de la navigation sous forme de Zoan. Les vents violents me balayeraient et me mettraient en danger. Raison de plus pour laquelle il nous a fallu prévoir de quoi tenir quelques temps à bord, des fois que le trajet soit plus long qu'il aurait dû. Le tout a été payé avec l'argent assigné par la Marine, mais je me suis arrangée pour que notre halte à Hand Island ne soit pas visible par le QG. Ils savent que j'ai des liens avec Shanks, se qui les intéressent dans une certaine mesure, mais je ne tiens pas à se qu'ils apprennent que j'en ai aussi avec les Shirohige. Ma réputation est déjà assez mauvaise comme ça, inutile d'en rajouter…

Je suis sur la passerelle, face à eux, tandis que mes frères m'attendent à bord. J'ai dû mettre mon uniforme, je n'ai pas vraiment le choix car je ne pense pas pouvoir faire de pause durant le trajet. Ma casquette me protège des rayons du soleil et un léger courant d'air marin soulève ma cape d'officier par intermittence. Avec cette chaleur, bien qu'elle ne soit pas accablante, j'ai dû adapter mes vêtements et j'ai choisi de porter une chemise cintrée jaune avec un pantacourt bleu marine. Le bijou offert par Marco est bien évidemment attaché autour de mon cou, visible grâce aux quelques boutons laissés ouverts sur le col de ma chemise. Un peu plus bas, il y a aussi mon wakizashi. J'ai décidé, après avoir débattu avec quelques Shirohige, de ne plus mettre ma rapière autour de ma taille. En effet, ici il est utopique qu'un officier parvienne à interpeler un pirate en le menaçant juste avec une lame. S'est encore plus vrai s'il s'agit d'une femme. Sur la première partie de Grand Line, j'étais parvenue à me faire une réputation, mais ici je ne suis encore rien.

-Merci de nous avoir accueilli.

Je me penche respectueusement en avant et après un instant, je relève la tête avec le sourire aux lèvres.

-Prends soin de toi, mon enfant.

On se regarde les yeux dans les yeux, partageant un court instant de complicité.

-Je vous promets que je tiendrais ma promesse.

Je songe à l'immense grandeur d'âme dont il fait preuve en m'acceptant alors que je porte les couleurs de son ennemi.

-Je suis désolée de vous importuner avec mes caprices, mais…

Je veux lui montrer que ma détermination est toujours la même.

-J'ai des devoirs à remplir.

Il sait de quoi je parle, car dès que j'ai fini ma phrase, il observe mes frères un peu plus hauts.

-Lorsque vous serez des hommes libres, venez donc me rendre visite.

Je ne vois pas la réaction qu'ils ont en l'entendant, mais de mon côté, une fois la surprise passée, je ne peux pas m'empêcher de lui en être encore plus reconnaissante. Ils ont donc un endroit où se rendre s'ils le souhaitent, en dehors de notre navire. Il est vraiment un grand Homme, il force au respect non pas par sa seule force incommensurable, mais par sa grandeur d'âme. Il a un immense territoire, un équipage tout autant démesuré et il a plus d'un titre enviable par n'importe quel pirate… Il pourrait considérer ceux extérieurs à sa famille avec dédain, pourtant il n'en est rien.

Je fais un dernier signe de tête en guise d'au revoir et commence à faire demi-tour. Mais avant que j'aie pu le faire, Misa m'interrompt avec sa douce voix cristalline.

-Attends !

Je me retourne dans sa direction et je la vois accourir vers moi jusqu'à ce qu'elle me saute dans les bras. Après une petite seconde passée, je réponds à son étreinte.

-Je suis rassurée de savoir que tu es bien entourée. Prends soin de toi, promets-le-moi !

Elle se recule d'un pas en me tenant toujours par les épaules.

-Oui, je n'oublierais pas non plus tes recommandations et tâcherais d'être plus… féminine, Himouto-san (1.

L'étonnement passé, elle se met à avoir les larmes aux yeux.

-Oui ! Snif, Onee-san ! Bouuhouu...

Elle se met à pleurer à chaudes larmes. Après quelques secondes, elle fait demi-tour et court jusqu'à son mari qui la réceptionne avec douceur.

-Elle… SNIIF ! Elle m'a… appelé petite-sœur, chouchou (2) ! Bouuuhoouu…

Il l'a prend tendrement dans ses bras, l'air content qu'elle soit heureuse.

-Oui, oui…

Alors que je m'apprêtais à me rendre sur le navire, le sourire aux lèvres, une main se posant sur mon épaule me fait sursauter. Je suis alors encore une fois interrompue par quelqu'un.

-Tu ne penses tout de même pas partir comme ça, yoï ?

Je me retourne vers le Phoenix qui est arrivé bien trop proche de moi en un si court laps de temps. Mais à peine est-il face à moi que ses bras m'enserrent la taille pour m'attirer encore plus près de lui. J'allais répliquer mais il me prend de court une nouvelle fois et dépose ses lèvres contre les miennes, glissant même sa langue dans ma bouche. Une fois les premières secondes passées, je tente de le repousser mais rien n'y fait. J'entends les sifflements de ses compagnons sur le quai, ne se privant pas de regarder le « spectacle » qui leur est offert gratuitement. C'est suffisant pour me déstabiliser. De plus, l'une des mains de Marco est baladeuse et ne m'aide pas à reprendre mes esprits, bien au contraire.

Les moments passés hier après la fin des festivités du mariages se rappellent avec intensités en moi. Je me souviens du plaisir de me sentir désirer, la satisfaction et l'appréhension que j'avais eu en voyant le regard hardant que posait le Phoenix sur moi une fois seule avec lui. Lorsque je sens sa main glisser sur ma cuisse, je me rappelle du geste identique qu'il avait eu, réveillant un puissant désir tandis qu'il faisait remonter les pans de ma robe. Il est clair qu'il est le seul à me faire un tel effet, même avec Shanks c'est différent, quand bien même l'amour que je lui porte rend les choses plus intenses.

Il finit par rompre le baiser mais je ne bouge toujours pas. Il approche doucement sa bouche de mon oreille et me parle tout bas. Sentir son souffle ainsi me provoque des frissons, accentuant la sensation de chaleur qui m'envahit. Il n'y a aucun doute, je dois avoir le visage bien rouge…

-Je ne lâcherais pas le morceau, je compte bien gagner face à lui. J'ai déjà obtenu une victoire : j'ai conquis ton corps, le reste viendra en temps voulu…

-Co… comment a-t-on pu en venir là, Marco ? On n'était que des amis, de bons amis certes mais… il n'y avait rien de ça entre nous.

Contre mon gré, ma voix est hésitante, lui prouvant une nouvelle fois avec une évidence flagrante qu'il me fait bien trop d'effet.

-Je ne démentirais pas ce que tu viens de dire, mais tu m'as charmé. Il est dangereux de faire ça à un pirate, parce que contrairement à vous autres Marines, s'il on a vraiment envie de quelque chose, on le prend. Tu me tomberas dans les bras, corps et âme, je peux te l'assurer. Je sais aussi qu'à présent tu auras du mal à te satisfaire ailleurs, ma belle.

Entendre les encouragements de ses frères non loin me fait redescendre sur terre, bien que je n'arrive pas à calmer les battements fous de mon cœur… Je prends la forme de mon Zoan, l'obligeant ainsi à se reculer de quelques pas. Son sourire satisfait m'énerve. Je parcours les quelques petits mètres restant entre le pont de mon navire et la passerelle dans les airs. Une fois les pieds sur le parquet, je n'ose même pas regarder mes frères en parlant.

-Assez perdu de temps, retirez la passerelle et relevez l'ancre en quatrième vitesse. Je nous ramène à la Base !

Ils me répondent ensemble positivement avant de faire se que je leur ai demandé, mais j'entends bien l'amusement dans leurs voix. Je me murmure à moi-même, toujours sous les effets du charme que Marco a osé exercer sur moi.

- Tss ! Je déteste ce pirate…

Je respire un bon coup afin de tenter, en vain, de reprendre le contrôle de moi-même. Quelques minutes se déroulent ainsi, avant que je ne finisse par reprendre la forme de l'Alicanto et de m'envoler afin de créer les liens avec le navire pour l'attirer au large de Hand Island.


Le trajet jusqu'à Woolen Island s'est déroulé sans trop de heurt. On a eu une puissante rasade de vent mais elle était en notre faveur, nous propulsant plus vite vers notre destination. Les gars ont même déployé la grande voile, ce qui m'a permis de m'alléger un peu de mon fardeau. Un monstre marin a tenté de nous dévorer mais le vieux Albert s'est chargé de son cas. Il n'en a pas eu pour longtemps avec son fusil de précision chargé de balles renforcées avec du haki.

Finalement, nous avons pu jeter l'ancre dans le port de la modeste Base Marine de Woolen Island. J'ai de la chance car le responsable de cette Base ne m'a pas refusé l'accès malgré les derniers évènements. Donc, dès que j'ai pu laisser les gars s'occuper de charger le ravitaillement à bord, je me suis éclipsée pour exprimer ma reconnaissance au Commodore Haiiro (3). Ce dernier m'a répondu qu'il était content du travail que j'ai effectué avec mon unité. Ses effectifs étaient bien trop petits pour pouvoir protéger le secteur, rien que défendre l'île des pirates n'était pas toujours évident. Il a ensuite conclu notre échange avec ces quelques paroles :

-Vous comprendrez par contre qu'au vu de la quantité de mes troupes, je ne pourrais pas être en mesure de vous apporter un soutien en cas de conflit. De plus, envoyer des unités de renfort pour votre équipage me positionnerait automatiquement auprès de nos autres confrères comme votre allié. Nous sommes du même camp, mais c'est tout. Tout se que je peux faire pour vous, hormis en cas d'ordre du QG, c'est vous autoriser à mouiller votre navire dans notre Base et à vous ravitailler. Mais… il prend un air menaçant, vous n'impliquerez jamais ma Base dans l'une de vos batailles. N'est-ce pas Capitaine (4) ?

Je lui ai évidemment répondu positivement. Au moins, il n'est pas contre nous et c'est déjà ça. Même si je ne pense pas avoir à me ravitailler sur son île à l'avenir, vu que je vais demander un nouveau secteur d'affiliation à notre Base de rattachement, le G2. Alors, dès le retour de tous mes hommes, nous reprendrons le large.

Une fois de retour dans le bâtiment abritant les écluses de la Base, là où sont stationnés les navires en attentes, je me rends au quai sept afin de retrouver mes six frères. Cette pensée me fait un peu bizarre encore, les moments passés à Hand Island avec eux se rappellent agréablement à moi. Un sourire fleuri sur mes lèvres sans même que je le souhaite.

-Cap'taine ! Hèle Isao depuis le pont, dépêche-toi de nous rejoindre !

Bon sang, je me ferais limite engueuler… C'est le monde à l'envers. Ils m'auront tout fait !

-Oï, parle un peu mieux que ça à la Capitaine, le reprend Doc Amort. Surtout quand on est dans une Base de la Marine.

J'ai de bonnes oreilles, alors j'ai pu entendre la remarque qui a été dite. Je n'aurais pas besoin d'en rajouter moi aussi, du moment qu'il comprend le message, ça suffis... Une fois à bord, je joue mon rôle d'officier. On a des témoins et j'ai une image suffisamment mauvaise auprès de mes confrères, il me faut faire attention.

-FORMEZ LES RANGS !

Bien que parmi eux quelques-uns ont sursautés, comme Isao, d'autres plus calmes et s'y attendant n'ont pas été surpris par mon comportement. Bien sûr, j'ai toujours la même tenue qu'à mon départ de Hand Island. La chemise jaune pâle et le pantacourt bleu ont tous deux besoins d'être lavés par contre. J'ai naturellement transpirée, bien que l'odeur ne soit pas très présente, il n'empêche que je me sens sale.

-REPOS.

Alors qu'ils étaient -presque- au garde à vous, ils prennent une pose plus naturelle sans rompre le rang.

-Le ravitaillement est-il à bord ?

C'est le vieil Albert, le plus âgé d'entre eux, qui me répond.

-Oui, Madame.

-Bien… nettoyez l'intérieur du navire, l'extérieur est pris en charge par les charpentiers de la Base. Je ne veux pas trouver la moindre cochonnerie du pont à la calle ! Est-ce clair ?

Ils me répondent d'une voix unique.

-OUI !

-Bien… je compte sur vous. Rompez.

Non sans quelques soupirs, ils partent donc exécuter mon ordre. Ils sont les seuls responsables du désordre qu'il y a sur le navire, alors c'est à eux de le nettoyer. Tout en songeant à se que je vais faire, je me dirige vers mes quartiers. En attendant qu'ils finissent, je vais prendre une douche. Il va enfin m'être possible de me vêtir proprement ! Après, je vais prendre des nouvelles des membres de l'équipage. Ils devraient arriver dans les jours à venir, la date butoir de la reprise du travail étant lundi.

Une fois dans ma cabine, je ferme la porte à clé. Vu que des personnes pourraient me voir ici grâce au hublot, je ne me déshabille qu'une fois dans la salle d'eau. Mais lorsque mon pantacourt tombe par terre, un bout de feuille atterrissant sur le sol carrelé attire mon regard. Intriguée, je le ramasse et remarque à ses petits mouvements qu'il s'agit d'une vivre card. En regardant plus soigneusement, je trouve dans la poche arrière située sur la fesse gauche une lettre grossièrement pliée. Je l'ouvre et lis le contenu à voix haute.

« Alors la Miss, est-ce que je ne te manque pas en cet instant précis ? J'imagine que si tu as trouvé cette lettre, c'est que tu dois être arrivée à Woolen Island et que tu allais prendre ta douche. J'en déduis donc en toute logique que tu dois être nue, non ? »

Bon sang, je pose ma main devant ma bouche et me sens rougir. Bien que ça ne soit pas le cas, j'ai comme la désagréable sensation qu'il est en train de me regarder. Je continue toutefois ma lecture…

« Dommage que je ne sois trop loin pour te faire passer un moment aussi mémorable que la nuit dernière. »

Des images quelques peu…hum… immorales, me traversent l'esprit contre mon gré.

« Bref, pour repasser à un sujet plus sérieux, Cylia… tu dois te demander à qui appartient la vivre card qui t'a été confiée. »

Bien évidemment que je veux le savoir !

« Je vais te donner la réponse, mais avant laisse-moi te prévenir : Tes gars reviendront très certainement vers nous un jour. La Marine ne pourra pas les retenir éternellement etlorsqu'ils en auront l'occasion, ils la quitteront aussi bien pour te libérer d'eux pour ta carrière, que pour retrouver pleinement la liberté. Ça n'en fait absolument aucun doute. Lorsque ce jour arrivera, dis leurs de nous contacter via l'île des Hommes-Poissons. Mais tu sais, lorsque tu seras libérée de ce devoir, je te conseille d'avoir pu t'intégrer correctement auprès de tes confrères. Sinon… tu sais à quoi t'en tenir lorsque ce moment arrivera. Où que tu sois et quelques soit ton grade, n'est-ce pas ? Je sais déjà que ça ne sera pas le cas, donc j'attends ce moment avec impatience.»

Je suis convaincue qu'il avait un sourire provocateur en écrivant ce passage… Ce pirate m'énerve vraiment à se penser toujours plus fort ! Bon… il l'est, certes… mais ce n'est pas une raison pour en profiter !

« Donc, n'oublies pas que tu es l'une des nôtres, ce n'est qu'une question de temps avant que tu ne portes la marque d'Oyaji toi aussi. Je lui ai demandé et on en a discuté un moment ensemble avant de prendre la décision de te remettre cette vivre card. Elle te permettra de nous retrouver et de t'informer de l'avancement de son état de santé. On compte sur toi pour nous fournir tout renseignement susceptible de nous aider à le soigner. »

Hein… ?

« Tu l'as sans doute compris, mais je te le note quand même. Cette vivre card est celle de père, on te la confie même si tu es chez l'ennemis car on sait parfaitement que tu es avant tout rattachée à notre cause. C'est pour ça que tu n'hésiteras pas à nous transmettre quoi que se soit d'utile provenant de la Marine, qui est toujours très bien informé. On compte sur toi. »

Je n'ai pas encore rejoint leur équipage que je sache ! De quel droit il me dit ça ?! Et comment peuvent-ils me demander de trahir la Marine en leurs fournissant des informations confidentielles ?! Je suis quelqu'un de loyale et ils le savent, c'est pour cette raison qu'ils m'ont laissé en possession d'un objet aussi précieux. Il ne doit en aucun cas tomber entre les mains de la Marine, je ne permettrais jamais que ça arrive… donc, je les trahis déjà rien qu'en agissant ainsi. Ils m'ont bien eu sur ce coup ! Et de toute manière, ils savent très bien que si la vivre card rétrécit, je ferais tout mon possible pour trouver une solution. Il est évident que je leur en ferais part, afin qu'ils puissent exploiter mes pistes. Quand à ce qui est de les retrouver, avec ça ce n'est pas mission impossible même s'ils sont au milieu de nulle part. Tout ça veut dire qu'ils ont fait d'une pierre deux coup et que je me suis faite avoir en beauté. J'ai envie de prendre l'escargophone pour appeler Marco et lui exprimer toute mon indignation ! Mais je suis sur qu'il se moquerait une nouvelle fois de moi…


Je soupire et met la lettre en évidence dans la salle d'eau pour ne pas oublier de la brûler en sortant de la douche. Je ne mets pas longtemps pour me laver et me rhabiller avec des vêtements propres. J'enfile donc un tailleur blanc et jaune pâle, avec les accessoires obligatoires à porter pour tout officier. Je regarde un moment la vivre card, me demandant où je pourrais bien la mettre… Jusqu'à se qu'une idée me vienne. Je vais passer une commande chez un orfèvre, afin de confectionner un petit bijou pour y cacher la vivre card.

J'ai eu l'opportunité de discuter lors de ma visite du village de cette île à un ancien maître artisan de Hand Island, arrivé récemment à l'occasion de son départ à la retraite. Il est venu ici afin de pouvoir profiter de ses petits-enfants, sa fille s'étant mariée jeune avec un éleveur de mouton d'ici. Une belle histoire d'amour, elle avait choisi une voie différente de son père en se spécialisant dans la couture et la confection de vêtements incrustés de bijoux. Son mari actuel est son fournisseur, dont elle est tombée éperdument amoureuse.

Ces gens étaient très accueillant, m'invitant même à boire le café dans leur chaumière. C'est lors de telle rencontre que je me rappelle de la raison qui me pousse à être dans la Marine, qui reste la mieux placée dans la lutte contre la piraterie sauvage. Les équipages qui respectent les civils sont rares, où alors certains évitent juste de faire trop de tapage afin d'éviter de rentrer de trop dans le collimateur de la Marine. Les informations dont je dispose grâce à mon emploi sont très utiles. Mis à part les dossiers tenus secrets, je peux me renseigner sur n'importe quel individu ayant une prime sur sa tête. Autant dire que c'est vraiment pratique, il n'y a qu'avec elle que je peux disposer d'un tel outil.

Maintenant que je suis enfin à mon aise, je m'installe sur la chaise de mon bureau. J'ai mis la vivre card dans ma poche et je brûle la lettre de Marco dans la corbeille métallique. Je commence alors à appeler un par un tous mes hommes afin de savoir la date de leur arrivé. Évidemment, je fais ça sur la durée. Donc je ne suis pas surprise d'entendre toquer à ma porte entre deux appels, après être restée enfermée ici pendant je ne sais combien de temps. Je me lève afin d'ouvrir aux gars qui ne sont pas du tout discret, me souvenant que j'avais laissé ma porte fermée à clé.

-C'était bien long, mais on a fini Cap'taine !

-Ouais, j'ai cru que j'allais y passer avec l'odeur qu'il y avait dans les chiottes…

Je tique en entendant cette phrase, qui en dit plus qu'on ne dirait de prime abord.

-Quoi ? Je l'interroge donc, qu'est-ce que tu as dit ?

-AH ! Il se gratte l'arrière de la tête, rien du tout M'dam, c'est tout propre là ! Ah ah ah…

Il rit nerveusement, sous les regards perçant de ses frères. Je ne pousse pas plus loin mes questions et je passe à autre chose.

-Bon, vous avez fait vos cabines ?

-Ouaip !

-Les cuisines ?

Ils acquiescent de la tête.

-Le réfectoire ?

-Hum hum !

-Les douches ?

J'obtiens la même réponse.

-Les couloirs ? La salle d'entrainement ? La salle de réunion ? La salle de repos ? Le pont ?

-Hum hum hum !

-Les calles ?

-Euh…

-Je m'en suis occupé avec Beart, c'est bon !

-Vous avez vraiment nettoyé tout le navire ?

Ils répondent énergiquement en remuant la tête de haut en bas. Sous leurs regards inquisiteurs, je me mets à rire joyeusement.

-Vous… vous êtes de vraie fée du logis ! Quelle efficacité, bravo ! Ha ha ha !

-Hey ! Ce n'est pas gentil de dire ça !

-Ouais, c'est loin d'être un compliment !

J'essuie une larme sur ma joue et mets mes mains devant moi en signe de défense.

-C'est bon, désolée ! Aller, vous avez bien travaillé les gars, vous avez quartier libre. Je vais descendre avec vous en ville boire un coup si vous voulez, dès que j'ai fini les deux trois appels qui me restent à passer.

Ils me répondent par un cri joyeux, ravis par ma proposition.

Ils me tournent le dos et l'un d'entre eux lève brièvement la main en l'air en guise de salut. Tandis qu'ils s'éloignent, je les entends discuter entre eux.

-Un poker, ça vous dit ?

-Ouais, mais sans Cylia, c'est moins rentable pour moi…

-Pff… tu parts déjà l'esprit perdant ? Tu devrais prendre exemple sur la Cap'taine ! Elle au moins, à chaque fois elle espère gagner !

-Mouaaiis…

-La discrétion et vous, ça fait deux !

Un petit peu mécontente, je referme la porte en la claquant avant de me rasseoir sur mon siège.

On a quand même développé une relation bizarre, différentes de celle qu'à un « bon » officier avec ses soldats. Ce n'est pas non plus identique à celle d'un Capitaine avec ces matelots, que ce soit en piraterie ou ailleurs… Nos rapports sont ceux d'égal à égal, à la différence près qu'ils respectent ma position d'officier supérieur et donc mes ordres. Bien que ce ne soit pas juste cette simple position qui m'a permis d'obtenir de la part d'homme tel qu'eux de la considération et de l'obéissance. Il est encore plus compliqué d'avoir les résultats actuels avec eux qu'avec une unité de soldats « standards » de la Marine.

Finalement, une vingtaine de minutes plus tard, j'ai fini de remplir mes devoirs pour la journée. Demain il me faudra récupérer les dernières informations globales provenant du QG... Mais ça sera pour plus tard ! Je retrouve donc mes frères, réunis autour d'une table ronde dans la salle de repos. Je remarque que l'un d'entre eux a un as qui dépasse légèrement de la poche située sur ses fesses. Je souris en la remarquant, mais ne dis pas un mot là-dessus. Je devrais peut-être mais bon… peu m'importe la moralité, je n'ai pas envie d'intervenir.

-Ah ! Cap'taine tu as fini ? Ça ne te dérange pas qu'on finisse la partie ?

-Ouais, c'est bon. On pourra reprendre le large avec l'équipage au complet en principe dès lundi.

-Ooooh !

-C'est cool ça, on va reprendre l'aventure ! Tu suis ou pas, Beart ?

-Huuuummm…

-Ah et finissez hein, je leurs répond par la positive à leur demande. Il n'y a pas de problème les gars.

-Je suis !

-Pff… il va encore se faire plumer…

-Chuuuut ! Tais-toi !

Tiens, on dirait le journal… Je l'attrape et un très large sourire apparaît en voyant la couverture. Alors il fait déjà autant de bruit ? Je m'asseye et lis avec empressement l'article, concernant un jeune pirate « tout feu tout flamme ».

À suivre…

XxxxxxX

(1) Himouto-san : c'est une formulation polie pour dire « petite sœur » en Japonais.

(2) Chouchou : oui vous avez bien lu, Curiel se fait surnommer comme ça par sa femme et par d'autres personnes de son entourage aussi maintenant ! Le pauvre, crédibilité moins mille.

(3) Haiiro : gris en Japonais.

(4) J'ai remarqué que j'avais commis une maladresse lors du précédent chapitre. Donc pour clarifier ça, Cylia est Capitaine non pas Commandante (c'est son ancien grade). Je vous invite à regarder les détails de la hiérarchie de la Marine que j'ai posté à la fin du chapitre 88.


Réponses aux reviews anonymes :

Maet

Salut !

Mine de rien, je n'aurais pas aimé être à leur place pendant la tempête. Ça doit être flippant à vivre, surtout quand on est trouillarde comme je le suis. Oui, je reconnais que le passage du mariage n'est pas bien long, il y avait matière à écrire mais j'ai fait le choix d'avancer. J'ai consacré beaucoup de chapitre sur cet « arc », alors une différence par rapport à mes habitudes s'est peut-être faite ressentir car j'ai choisi de clôturer ça avec le chapitre précédent. J'ai encore besoin d'apprendre en temps qu'auteure de fanfiction.

Son retour au travail n'est pas encore fait, mais il va se passer certains événements lorsque ce sera le cas. Je n'en dis pas plus, tu verras par toi-même avec les chapitres à venir.

Merci du retour, à bientôt !

9

Salut !

Merci pour le compliment, les yeux sont importants que l'auteur du dessin il m'a dit qu'il a accordé beaucoup de temps sur ça. Pour te répondre, il a été fait d'abord sur papier à la main puis sur ordinateur pour le coloriser. Je vais rechercher un site ou je pourrais le publier pour vous le montrer en HD, que l'image est réduite c'est dommage.

S

Yop !

Bah je t'en prie, n'hésites pas si tu en as d'autres. Je n'oublie pas les HS, promis, mais j'ai un peu de mal avec les timings depuis un certain temps. Je dois me mettre un bon coup de pieds aux fesses et là je trouverais miraculeusement le temps de les écrire. Car en faire aussi un sur Marco par rapport à son point de vue sur le dernier arc serait effectivement intéressant et enrichissant pour les lecteurs.

Merci pour ton retour, je ne suis pas du genre à abandonner quelque chose que j'ai déjà commencé. Surtout que ça fait deux ans que je travaille dessus ! *fière*


Désolé pour le retard, je n'ai pas d'excuse j'ai oublié tout simplement… la suite arrive en principe dans quinze jours.