Ce chapitre est plus long que les autres, mais c'est à titre exceptionnel. Je souhaitais mettre un certain nombre d'événements et sans baisser la qualité. Donc je me suis retrouvé avec un chapitre double à publier lol. N'hésitez pas à me laisser vos impressions, si le chapitre était agréable à lire, immersif, trop long ou non.

Bref, merci à tous les lecteurs de lire Désir de Liberté, ainsi qu'à tous ceux qui ont follow favorite. Merci aussi à ceux qui laisse des reviews, ça encourage.

XxxxxX

Précédemment…

Cylia retourne finalement à Woolen Island avec ses six « nouveaux » frères afin de récupérer le reste de l'équipage. Lors de la première soirée sur l'ile, alors qu'elle s'apprête à partir en ville avec ses compagnons, elle tombe sur le journal parlant d'un jeune pirate « tout feu tout flamme ».

Chapitre 90 : Prévenir - Pressentir

Je lis attentivement l'article qui parle des derniers faits de l'équipage des « Spade Pirates ». Il y a quelques jours, le Capitaine aurait « cramé » une Base Marine après avoir récupéré un nouveau membre d'équipage. Les navires qui sont partis à sa poursuite ont eux aussi « brûlé à cause de coups de poings enflammés ». Ceux qui ont pu survivre en sautant dans l'eau à temps ont rapporté « l'absence total de pitié du pirate ». Bien sûr, il est présenté sous son plus mauvais jour.

Mais il ne faut pas oublier que la Marine ne fait pas dans la douceur avec ses adversaires, bien que certains respectent le protocole et demande aux pirates de se rendre avant de tirer, tous ne le font pas. La plupart, soit épris par la crainte, soit par la haine, tirent à vue dès qu'ils voient un criminel avec un avis de recherche sur la tête. Après tout, ils n'ont pas pour obligation de les attraper vivant, puisqu'il est indiqué « mort ou vif » sur les avis de recherches...

Demain, lorsque je vais recevoir les dernières informations en provenance du QG, je vais sans le moindre doute le retrouver dans la pile des ennemis à arrêter en priorités. Toujours dans la salle de repos à proximité des gars qui finissent leur partie de poker, je tire sur le dossier de la chaise la plus proche de moi. Je m'assois dessus confortablement, déposant mes pieds croisés sur la table face à moi. Je continue de parcourir les articles du journal, certains ne m'intéressants pas du tout. Comme « La tant attendu visite du Tenryubito Saint Miosgard (1) sur l'île des cygnes », comment les gens peuvent être ravis de la venue d'un personnage aussi écœurant qu'un noble mondial ? Il arrive souvent lors de leurs visites qu'ils trouvent et emportent de belles femmes pour en faire des épouses. Je ne parle même pas de leur droit de vie et de mort sur le « bas peuple ». Je n'ai encore jamais eu à faire avec eux et je croise les doigts pour ne jamais avoir une mission d'escorte… Au moins avec mon équipage actuel, il y a très peu de chance que ça arrive.

Oh tiens, « L'équipage du terrible Yonkou Akagami no Shankspoursuit une compagnie commerciale, pour de sombres raisons. ». Il est indiqué plus de détail sur la compagnie en question ainsi que la localisation supposée des derniers navires coulés. J'imagine que c'est dans l'intérêt du Gouvernement Mondial de donner le plus d'information possible au grand publique sur l'emplacement approximatif des navires des Empereurs. Après tout, ça les arrange quand les pirates s'entretuent, puisque ceux qui s'en prennent à un Empereur se mangent un mur et disparaissent. Enfin, c'est souvent le cas. Mais parfois les choses se passent différemment et finalement une alliance est conclue entre les deux équipages. Les pirates sont imprévisibles, donc ce genre de chose arrive.

Je finis par être plongée dans ma lecture et je sursaute quand une main se pose sur mon épaule. Je délaisse le journal et relève le menton pour poser mon regard sur le groupe. Chacun a un sourire aux lèvres.

-Ah, désolée, je n'avais pas remarqué que vous aviez fini. On peut y aller ?

-On l'avait bien remarqué Cap'taine. Ouaip' c'est bon, Beart a fini de se faire plumer cette fois.

-Tu peux parler Tom ! Tu n'as pas été franchement mieux, tu as pas mal perdu ce soir toi aussi…

-Humpf, merci de me le rappeler, mauvais frère.

Leur dispute m'amuse. Je me redresse et passe mes bras par-dessus les épaules des deux perdants.

-Bon, on se fait cette tournée des bars les gars ?

Ils répondent à l'unisson d'un cri viril. C'est donc dans la bonne humeur que l'on se rend tous ensemble en ville afin de boire comme des trous… J'ai prévu le coup pour le retour : je garde mon uniforme afin que l'on puisse rentrer au navire. Sinon, les gardes à l'entrée de la Base risquent de nous refuser l'accès. Je compte me faire plaisir, puisqu'il n'y a pas de danger sur cette île et que ma réputation ne peut pas être bien plus basse qu'elle ne l'est actuellement… Je pense qu'il y a de forte chance que je ne tienne pas bien sur mes deux jambes en rentrant. Donc, je n'aurais pas la force d'argumenter face aux soldats de la Base. C'est là que mon uniforme jouera son rôle pour que l'on puisse retrouver nos lits. On a qu'une vie ! Je ne tiens peut-être pas beaucoup l'alcool mais j'aime son goût et j'apprécie encore plus faire la fête. Donc parfois, même si ça reste occasionnel, je me lâche un peu. Ça sera le cas ce soir !

C'est bras-dessus bras-dessous, chahutant bruyamment, que nous sortons du navire. La ville n'est qu'à quelques minutes de marche de la Base. Il fait nuit tôt ici, donc bien que nous ne sommes qu'en début de soirée, il fait déjà nuit noire. Mais le vieil Albert est prévoyant puisqu'il a pensé à prendre une lampe. Moi, je n'ai pas d'excuse, j'en ai même pas ! Alors, c'est guidés par cette lumière et celles des lampadaires au loin que nous avançons dans cette nuit noire.

On arrive finalement dans un premier bar, des accordéons jouent des airs joviaux qui me sont inconnus mais qui nous attire naturellement. Les lumières des lampadaires à huile me permettent de lire le nom de l'enseigne sur son écriteau en bois blanc, « L'mouton noir ». Ce nom me plait. Lorsque l'on passe la porte et que l'on entre à l'intérieur, une odeur de bière et de vieux bois nous prend au nez. Les fenêtres entrouvertes laissent le parfum salé des eaux du Nouveau Monde se mêler aux autres effluves. Certains désapprouveraient de trainer dans un tel endroit, surtout que même notre arrivée ne parvient pas à faire détourner les têtes. Les festivités sont le centre d'attention de tous les hommes, dont une bonne flopée est déjà ivre.

-Aller, c'est ma tournée !

On regarde tous Isao, qui semble d'humeur généreuse.

-Dans ce cas-là, prends-nous de la bière.

-Ouaip, j'acquiesce dans le même sens qu'Albert, on passera à des choses plus sérieuses plus tard. Je lève un poing en l'air, pleine de fougue. On a toute la soirée devant nous !

-HOOOWW !

XxxxxxxX

De toute ma vie, je n'ai jamais eu le mal de mer. Mais en ce moment précis, j'ai la sensation d'affronter la pire des tempêtes possible tant j'ai l'impression que notre navire tangue… Alors qu'en fait, on est toujours à quai...

-Toc toc toc…

-Humpf…

C'est un mammouth qui est en train de démolir ma porte nan ?! La lumière ultra agressive qui passe par le hublot n'est pas suffisamment dérangeante ?! Je vais juste patienter jusqu'à ce que ça s'arrête.

-Toc toc toc…

-T'AS RIEN DE MIEUX À FAIRE QUE DE M'EMMERDER ? GABIER DE POULAINE (2) !

La porte s'ouvre si lentement qu'un long grincement strident achève ma pauvre tête… Je m'enfonce le coussin sur la tête avec agacement, ça n'empêche pas mon ennuyant invité non désiré de rentrer dans ma cabine. J'entends au bruit de ses pas qu'il avance jusqu'à se mettre à côté de moi.

-Cap'taine… murmure l'intrus tout bas.

Je reconnais la voix de Doc Amort. Je grogne de mécontentement une nouvelle fois, laissant s'exprimer ma frustration de devoir sortir de mon lit. Je me reprends ensuite, mon frère attendant respectueusement que je finisse de me réveiller. J'enlève alors le coussin et me redresse pour me mettre en position assise. J'ai toujours les vêtements que je portais la veille. Je me souviens que les gars ont dû m'aider à atteindre la Base et mon lit. Je n'arrivais même pas à mettre un pied devant l'autre… Je me suis torchée la gueule comme jamais. C'est une chose que j'évite normalement. En principe, je m'arrête avant la limite, mais hier soir j'ai été prise par l'envie de participer à leur folie joyeuse, même si c'était bien trop excessif pour moi…

Je me frotte les yeux, attendant que mes vertiges se calmes un peu avant de lentement soulever mes paupières. Je soupire et me passe une main lasse derrière la tête, tout en me parlant à voix basse.

-Je sens que la journée va être incroyablement longue aujourd'hui…

Je relève le menton pour m'adresser à mon frère qui a un sourire qui exprime une compassion mêlée à un soupçon d'amusement.

-Désolé, j'ai été un peu… agressive.

Je n'oublie pas que j'ai mes devoirs d'officier à remplir donc je ne pourrais pas me reposer aujourd'hui, malheureusement.

-Il n'y a pas de problème, je t'ai apporté ça.

Il me tend un verre d'eau dans lequel un cachet effervescent fini à peine de se dissoudre. Je l'attrape et lui lance un timide « merci », avant de grimacer en goutant une première gorgée. C'est amer et ça n'a rien d'agréable de boire ce truc au réveil.

-Courage, me soutient-il. Ça va t'aider à te remettre sur pied pour ton boulot.

En l'entendant, je me résigne à faire ce qu'il m'a demandé, sachant que mon état est plus que déplorable pour travailler. Je lui tends le verre une fois vide, il l'attrape poliment et attend de nouveau.

-Il est quelle heure ?

-Onze heure trente, on a réceptionné des documents pour toi. On a dit à l'officier qui venait les apporter que tu étais trop occupé pour le recevoir, on a dû gérer un peu le coup mais il a fini par accepter de laisser le dossier entre nos mains.

Je suis surprise d'apprendre cette nouvelle et surtout gênée de ne pas avoir remplis correctement mon devoir.

-C'est de ma faute si vous avez été dans cette situation, je n'ai pas bien géré du tout sur ce coup. Pardon…

Il rit un peu avant de me répondre gaiement.

-Décidément, c'est la gueule de bois qui te fait t'excuser autant ? Ne t'en fais pas, on a tous été ravis que tu partages cette soirée mémorable avec nous. Avoir à te ramener à la Base dans l'état où tu étais nous a surtout bien amusé !

-Humpf… ouais, merci pour ça.

Il me met devant les yeux ce que je devine être le fameux dossier dont il m'a parlé à l'instant.

-Je te laisse ça sur ton bureau ?

-Ouais, je bûcherais ça demain… je ne me sens vraiment pas d'attaque à plonger dedans dans mon état.

-Le contraire serait surprenant ! Bon je te laisse, n'oublies pas de te changer !

-HEY, je ne suis pas non plus idiote hein ! Je suis juste malade à cause de la charge (3) que je me suis prise !

-Pff… ha ha ha !

Il sort de ma cabine en riant de bon cœur, à mes dépens bien sûr. Mes vêtements sentent l'alcool et j'ai dormis sur le lit avec ça sur moi. Je vais être bonne pour changer les draps. Je me lève, lentement, puis me dirige directement vers la salle d'eau après avoir attrapé une tenue correcte pour cette nouvelle journée à Woolen Island.

L'eau bien fraiche de la douche m'aide à reprendre mes esprits, mais malgré tout je me sens toujours malade. Je prends sur moi et sort de ma cabine avec des vêtements propres. En montant sur le pont, j'ai croisé les gars et je les ai prévenus que je me rendais en ville. Je leur ai laissé quartier libre, les sommant malgré ça de se préparer à un long voyage.

En traversant la petite Base, j'ai senti quelques regards se braquer sur moi, non pas que je ne sois pas habituée à être dévisagée mais… cette fois j'en ai remarqué quelques-uns particulièrement persistant. Hum… je me demande s'il ne s'agit pas de ceux qui aurait été de garde la vielle ? Ma réputation n'est plus à faire auprès de mes collègues, mais alors là…

Heureusement que mon haki de l'observation est assez peu développé. Je ne parviens à l'utiliser que pour détecter des présences humaines proches et anticiper les coups de mes adversaires. C'est déjà très utile ! Mais quelqu'un sachant masquer sa présence me paraitra invisible et je ne peux pas l'utiliser pour mieux entendre. Heureusement, car dans le cas présent, je sens que je n'aurais pas pu m'empêcher d'écouter les médisances dans mon dos.

Une fois à l'extérieur de la Base, il me faut suivre le sentier en terre plusieurs minutes pour atteindre la voie menant à la chaumière du maitre joaillier à la retraite. Il vit dans la même bâtisse familiale que sa fille et son conjoint, ainsi que ses petits-enfants. Ils sont tous très accueillant, appréciant la présence d'un officier parmi eux, car la Marine a permis de mettre fin aux problèmes de l'île. Ils ne haïssent pas non plus les pirates, du moins c'est le cas pour eux car Hand Island est sous la protection des Shirohige.

Tout le monde ne me voit pas d'un mauvais œil puisque les journaux n'ont pas parlé d'une manière négative de moi, au contraire. Ceux parmi les civils qui ont une mauvaise opinion ont généralement de la famille dans les rangs de la Marine ou bien ils ont été témoins d'une bataille que j'ai mené avec les gars. Je ne suis pas du genre à faire de prisonniers et aucun des hommes sous mes ordres est tendre. C'est un critère de recrutements important pour moi, je ne peux pas prendre le risque d'avoir quelqu'un qui serait rebuté par l'idée de tuer.

Sous le toit de cette chaumière, je sais qu'ils apprécient ma présence et ça m'est agréable. C'est l'un des aspects agréables du métier d'officier de la Marine. Lorsqu'un des enfants jouant dehors me voit arriver, il rentre en courant dans la maison et prévient ses parents de ma présence en criant joyeusement. Du coup, la mère arrive sur le palier de la porte et m'attends avec un sourire, les mains jointes devant elle. Lorsque je la rejoins finalement, je me courbe légèrement en avant pour la saluer, attrapant d'une main la visière de ma casquette pour éviter qu'elle ne tombe.

En me redressant, je laisse mon regard la scruter discrètement, elle porte de nouveau une jupe longue comme lorsque je l'ai rencontré la première fois. Le bleu pastel de son bas se mari bien avec le jaune pâle de son chemisier. Ses lèvres rosées ressortent avec sa peau claire et sa chevelure rose pêche est attaché grâce à un bandeau blanc. Sa taille est fine et sa poitrine est celle d'une vraie femme. Malgré le fait qu'elle a déjà trois enfant, elle est vraiment belle… Je me reprends afin de ne pas paraitre incourtoise et lui parle avec considération.

-Bonjour Madame Mio, comment allez-vous ?

-Oh, bonjour Mademoiselle ! Très bien, merci. Vous rentrerez bien prendre un peu de thé ? J'ai fait quelques gâteaux, ils sortent tout juste du four !

-Bien sûr, merci pour votre accueil.

Elle m'invite à la suivre jusque dans leur salle de séjour, la pièce spacieuse laisse entrer la timide lumière du soleil grâce aux fenêtres dont les encadrements sont en bois gris. Les pierres blanches du mur sont apparentes même à l'intérieur de la chaumière. Remarquant qu'ils ont tous retiré leurs chaussures, je me dis que je vais faire de même. Après tout, on voit bien que la mère de famille entretien bien les lieux, il n'y a qu'à remarquer l'absence de poussière ou la brillance du parquet pour s'en rendre compte. La propreté est irréprochable et bien qu'ils vivent de moutons, leurs odeurs ne sont pas présentées ici. Au contraire, il règne un bon parfum de végétation et l'air frais de la campagne est vraiment agréable. Le tout cumulé au tapis crème rembourré, sur lequel se trouve des sièges confortables et la cheminé juste en face, ça donne vraiment envie de se poser et de rester ici tranquillement durant des heures…

En remarquant ma présence, le grand père, qui était assis sur un fauteuil, se lève. Les trois enfants de la famille sont debout, attendant sagement, malgré l'excitation facilement lisible dans leurs yeux brillants. Voyant que je me baisse pour me déchausser, Madame Mio tente de m'arrêter, visiblement un peu embarrassée de mon geste.

-Non, ne vous embêtez pas voyons ! Gardez vos chausses, quand même…

Je les retire malgré tout et les déposes juste à côté de la porte d'entrée. Une fois de nouveau à sa hauteur je lui souris, amusée par sa réaction.

-Pour être franche avec vous, votre maison est tellement agréable et propre que je dois avouer que j'ai envie de marcher pieds nue.

Je m'avance de quelques pas, afin de pouvoir saluer également les autres membres de la famille. Mais juste avant d'arriver jusqu'au grand-père, je regarde rapidement par-dessus mon épaule et fais un clin d'œil à Madame Mio.

-Et puis, je me sentirais mal de causer plus de travail à une aussi belle femme…

C'est plus fort que moi, elle a trop de charme. J'imagine que le fait de vivre avec des hommes au quotidien ça m'influence... Lorsque je la vois être gênée, je ne peux m'empêcher d'être bêtement contente. Elle finit par me répondre après s'être rapidement reprise, toujours avec une douce voix.

-Merci… je vais chercher du thé.

Je serre la main du papy dont la taille dépasse à peine celle des enfants. Il porte des vêtements de laine et des chaussons aux pieds. Sur sa tête, il a un béret atypique avec de nombreuses finitions assez discrètes à but décoratif. Je sais qu'il y a de l'or, vu que mon zoan réagit.

-C'est toujours un plaisir de vous voir, Capitaine.

Ce vieil homme a déjà fait affaire avec des officiers de la Marine dans le cadre de son travail d'orfèvre par le passé. Il connait donc les grades et est naturellement très à l'aise.

-Pareillement Monsieur ! Vous savez, vous avez vraiment de quoi être fière. L'hospitalité de votre famille est exemplaire et peu commune.

Le compliment lui fait plaisir et il ressert d'avantage sa poigne sur ma main avant que nous arrêtions notre poignée.

-Si vous me le permettez, je vais me rassoir. Ah là là, mon dos n'est plus ce qu'il était. Il se réinstalle dans son fauteuil, je vous en prie faites comme chez vous !

Avant de m'assoir, il m'est impossible d'oublier de dire bonjour aux enfants. Ils ne me quittent pas des yeux une seule seconde… je suis une vraie attraction ou une curiosité, ça reste à définir.

-Salut les enfants ! Vous allez bien ?

-B'JOUR M'DAM' !

Le grand père reprend les petits, qui ont répondu avec un peu trop de vigueur dans la voix.

-Allons, elle entend très bien ! Calmez-vous un peu... pourquoi vous n'iriez pas voir les agneaux ?

-AH OUAIS !

Ils partent en courant jusqu'à l'extérieur, se bousculant en chemin sans aucun ménagement.

-Ah les enfant… excusez les, ils ont beaucoup trop d'énergie dès qu'il y a un invité à la maison.

Je me permets enfin de m'asseoir et au même moment Madame Mio revient avec un plateau dans les mains.

-Je vous en prie, il n'y a rien à pardonner. Heureusement qu'ils ont plein d'énergie, mieux vaut ça que l'inverse non ?

C'est la mère des petits qui me répond, en même temps qu'elle dépose trois tasses de thé sur la petite table présente entre les fauteuils. Des gâteaux, dont une agréable odeur de fruits me chatouille le nez, sont déposés avec.

-Vous avez tout à fait raison. Ils sont rarement malades mais… elle s'assoit à son tour en croisant les jambes, avec la météo printanière de l'île, il fait toujours assez humide. Alors il m'arrive de devoir rester à leurs chevets lorsqu'ils ont de la fièvre.

-Vous êtes une bonne mère. Vous devez définitivement être fière d'elle, n'est-ce pas ?

Je me suis adressé au père de Madame Mio, qui me répond d'une voix pleine d'assurance.

-Bien sûr !

Je lui retourne son sourire avant de commencer à déguster le thé, qui est aux fruits rouges. J'en bois plusieurs gorgés avec gourmandise, ne déposant la tasse que lorsqu'elle est aux trois quart vide. Je continue à la fixer, pensive.

-Excellent…

-Vraiment ?

Je relève les yeux jusqu'à la Dame pour lui répondre avec sincérité.

-Absolument.

Elle semble réjouie de ma réponse et me propose de gouter aux gâteaux. Je ne me fais pas prier pour le faire, croquant et les savourant avec délice. Bon sang que c'est bon…

-Alors ? Qu'en pensez-vous ?

-C'est divin, votre conjoint à décidément beaucoup de chance.

Elle rit et rougit un peu.

-Seriez-vous d'accord pour apprendre aux cuisiniers de mon navire à préparer ce que vous avez fait ? Je m'arrangerais personnellement pour que vous soyez amplement payé pour ce service.

Elle ne me répond pas tout de suite, trop surprise par ma demande.

-Vous les avez aimé à ce point-là… ?

Je lui réponds avec assurance.

-Oui.

-Eh bien… elle met un doigt devant sa bouche et réfléchi un moment avant de me répondre. Ça serait avec plaisir…

-Génial ! Vous m'en voyez absolument ravis.

-Ma fille est pleine de talent ! Elle assure même en cuisine.

-Je suis entièrement d'accord avec vous !

-Maah voyons tous les deux, arrêtez…

On s'échange un regard complice avec le vieil homme et j'en profite pour entrer enfin dans le vif du sujet.

-Sinon, je suis initialement venue pour vous faire une demande Monsieur.

Il reprend tout de suite son sérieux, voyant à mon regard que je le suis.

-Je vous écoute.

-Je sais que vous êtes maintenant à la retraite, mais j'aurais besoin de votre talent pour me confectionner un bijou, officieusement.

Il ne me quitte pas du regard, restant attentif à ce que je lui dis.

-J'ai reçu un objet de grande valeur qu'il me faut pouvoir bien cacher tout en le gardant toujours sur moi. C'est pour ça que j'ai songé à un bijou avec un dispositif qui serait bien pensé.

-Hum…

-Je vous pairais avec de l'or, non pas avec des Berry.

J'ai toujours de quoi casser la croute sur le navire… Il réfléchit un moment, durant lequel le silence est présent dans la pièce. Je préfère ne pas passer par une boutique, afin qu'il n'y ait pas de trace sur le bijou. A l'intérieur, il y aura la vivre card de Père, alors je ne peux pas prendre le risque de laisser une piste quelconque. Je renchérie afin de tenter un peu plus de le convaincre de faire ce travail pour moi. J'avais prévu un atout si jamais il était hésitant, j'ai fait faire à Hand Island un bébé escargophone à celui que Marco m'avait donné (4). Il est d'apparence neutre, mais il permet aussi de les contacter.

-La Base Marine de cette île est très modeste, trop même pour garantir vraiment votre sécurité. Si jamais un jour ils sentent qu'ils ne seront pas capables de vous protéger d'une menace, il risque de se passer deux choses : soit ils vous laisseront tomber, ils frémissent en m'entendant. Ou bien ils appelleront du renfort, en supposant qu'ils arrivent à temps pour éviter le pire…

Je dépose un doigt sur la coquille de l'animal dormant paisiblement.

-Si ça arrive, contactez-les le plus tôt possible et prenez le large en direction de Hand Island à bord d'un navire sûr, le temps qu'ils arrivent. C'est le mieux que je puisse vous offrir en échange de ce service, qui doit rester officieux je vous le rappelle.

Je vois tout de suite à son regard que ce que j'ai proposé l'a convaincu. Je sais aussi que Père ne les abandonnera pas à leur sort. Il n'est pas ce genre d'homme, au contraire même. C'est l'un des nombreux points qui fait qu'il force au respect.

-C'est d'accord, je vous le ferais.

Logique, je lui propose un moyen de protéger les siens en cas de pépin. Il attrape l'animal sur la table et le tend à sa fille, lui murmurant au moment où elle le récupère.

-Mets le en sécurité, dans un endroit facilement accessible pour nous. Il me regarde de nouveau, me parlant d'une voix assurée tandis que Madame Mio s'éclipse. Vous pouvez compter sur moi pour votre bijou. Dites-moi juste quel type d'objet vous voulez cacher avec ?

Je ne peux pas lui dire, je ne veux pas prendre le moindre risque… si je lui réponds « une feuille », s'il connait le principe de la vivre card, il saura tout de suite que c'est ça.

-C'est assez petit et ça a la forme d'un tube.

Ce n'est pas faux, une fois enroulé, ça peut prendre cette forme…

-Hum… il réfléchit, se caressant le menton d'une main. Je vais vous faire un bracelet de cheville, discret et résistant. Vous m'avez dit que vous avez de l'or ? Vous voulez que je vous le confectionne avec ?

-Ça serait arrangeant en effet, tout se dont vous n'aurez pas besoin, vous pourrez le garder.

S'il est fait d'or, je pourrais l'attirer à moi si je le perdais, sait-on jamais. Pour un si petit objet, je n'ai pas besoin de faire un lien, ni d'être dans ma forme de zoan.

-Ok, quel délai vous pouvez me laisser ?

-Si tout va bien, je reprends le large lundi avec mon unité. J'en ai impérativement besoin avant de partir.

Il tique un peu.

-Ça fait court… il soupire, mais vous pouvez compter sur moi, vous l'aurez dans les temps. Par contre, j'ai besoin de m'y mettre tout de suite.

Je me lève et bois rapidement le fond de ma tasse de thé, qui a malheureusement refroidi. Je repose le récipient désormais vide et m'essuies la bouche d'un revers de la main.

-Je vous apporte ça tout de suite.

Madame Mio revient au moment où je commence à faire demi-tour.

-Vous repartez déjà ?

-Oui mais je reviens dans deux minutes apporter l'or à votre père.

Ce dernier, qui s'est lever pour me raccompagner jusqu'à l'entrée, me reprend avec retenu.

-Deux minutes ? C'est vrai que l'on n'est pas loin de la Base, mais-

Je le coupe et lui demande le sourire aux lèvres.

-Qui a dit que j'y allais à pieds ?

Je vois que tous deux s'interrogent sur ce que je viens de dire. Je remets mes chaussures et sort dehors avec eux. Le père de famille arrive à ce moment-là de la bergerie, qui est un grand bâtiment visible depuis l'extérieur de leur chaumière. Il est accompagné par ses enfants, dont l'un des trois est sur ses épaules. C'est un grand homme moustachu, très bon vivant et festif. J'ai pu boire avec lui la vieille puisque nous l'avons croisé au bar. Heureusement pour moi, il est reparti chez lui avant de me voir dans un état peu glorieux…

-AH, M'DAM' CAPITAINE !

Il a pris l'habitude de m'appeler comme ça en entendant mes frères m'appeler de cette manière.

-VOUS NOUS QUITTEZ D'JA ?

Il a une forte voix, alors dès qu'il monte un peu le volume, on l'entend de loin. C'est déjà trop fort alors qu'il est encore assez éloigné…

-OUI MONSIEUR, MAIS JE REPASSE DANS DEUX MINUTES !

Je reporte mon regard sur sa femme et le grand père qui sont à mes côtés.

-Vous devriez reculer un peu.

Ils s'échangent un regard interrogateur avant de faire ce que je leur demande. Lorsque c'est bon, je prends la forme de mon zoan mythique. Ils ne m'avaient bien évidemment jamais vu ainsi et l'effet de surprise est là. Les premières secondes passées, j'entends les enfants pousser des cris émerveillés, des étoiles plein les yeux.

Finalement, lorsque j'ai rapporté l'or, ils m'ont invité à rester pour déjeuner. J'ai accepté et j'ai pu convenir d'une date avec Madame Mio pour qu'elle donne un cours de cuisine aux gars qui sont responsable des repas à bord. Lui expliquant qu'ils sont tous de bons hommes et lui donnant mon feu vert pour qu'elle leur remonte les bretelles si c'est nécessaire. Il ne faut pas croire, mais ce petit bout de femme a aussi du caractère… Je l'ai découvert quand son mari m'a raconté des anecdotes à son sujet, hier soir.

XxxxxX

Les jours qui suivent sont passés rapidement, j'ai lu avec attention tous les documents qui m'ont été remis et j'ai brûlé les dossiers confidentiels. J'ai fait une fois la bêtise, je ne la referais plus ! Les gars sont arrivés aux dates qu'ils m'avaient indiqué et ils se sont préparé au départ en prévoyant ce qui leur sera nécessaire. Les cuisiniers ont pris leur cour avec Madame Mio et revenant plus discipliné qu'avant. Elle avait pris note de mon feu vert, donc elle ne s'est pas gênée pour leur apprendre des règles de savoir vivre et de politesses. Dire qu'ils étaient d'anciens pirates et que même moi j'ai du mal à leur apprendre ça… enfin, il faut dire aussi que je me suis un peu laisser-aller dans ma conduite moi aussi…

J'ai récupéré la commande juste avant notre départ lundi très tôt. Le papy a fait comme il m'avait dit. J'ai donc maintenant un bracelet de cheville en or, mais le bijou aux délicates finissions est en réalité un tube creux, ça me permet d'y glisser la vivre card de Père. Comme à mon habitude, je porte aujourd'hui l'uniforme sous lequel j'ai un tailleur jaune pâle. J'ai décidé de mettre une jupe, mais j'ai prévu le coup en mettant un short discret dessous… sait-on jamais. Maintenant que cette zone a été sécurisée, il y a peu de chance d'y faire de mauvaises rencontres, mais nous sommes dans le Nouveau Monde, alors il faut toujours être vigilent.

Lorsque nous avons pris le large, le soleil était encore bas dans le ciel. Ses rayons orangés créaient de nombreuses ombres, qui se reportaient sur la façade de la Base peinte avec un camouflage bleu. L'île étant printanière, la rosée du matin était fraiche, me faisant parfois frissonner. J'essaye d'être plus féminine, c'est pour ça que j'ai mis une jupe afin de tenir ma promesse à Misa… mais ce n'est pas évident ! Je comprends pourquoi les femmes disent souvent : « Il faut souffrir pour être belle ». Je ne sais pas si je suis belle, mais les gars ont été surpris de ne pas me voir en pantalon. J'ai senti que pour quelques-uns, ça les avaient vraiment perturbé. Aurais-je été trop longtemps un garçon manqué ?

Bref, en tout cas, nous avons un vent favorable en ce moment. Nous avons l'habitude de ce coin du Nouveau Monde, alors on évite les courants qui nous conduiraient dans des zones avec des météos trop dérangeantes. Naviguer avec un effectif complet est quand même bien plus agréable… Ils m'ont manqué mine de rien. Ça fait du bien de reprendre le service avec eux. Plusieurs ont remarqué des changements dans nos rapports entre moi et les six hurluberlus qui m'ont causé bien des soucis pendant la permission. Pendant un repas, j'ai expliqué à l'équipage au complet quelques-uns des événements qui se sont déroulés ces derniers jours. J'évite par contre le sujet des Shirohige, ne nommant pas non plus l'île où nous étions. J'ai dû gérer habillement pour qu'ils ne se posent pas de questions qui pourraient être compromettantes. Ils savent par contre que Beart, Doc Amort, Isao, les deux jumeaux tireurs Tim et Tom, le vieil Albert et moi-même avons fait un serment de fraternité. Ils n'avaient nulle part où aller ni de famille et maintenant, ce n'est plus le cas. Ils ont bien pris la nouvelle, même les quelques soldats et l'officier de la Marine que j'ai sous mes ordres les ont félicités.

Le trajet vers le G-2 se déroule sans accros, j'ai quelques fois tiré le navire pour gagner du temps et éviter certaines intempéries. On a malgré tout traversé une tempête, mais nous nous y sommes habitué avec le temps et nous l'avons fièrement traversé sans avoir de complications. Notre arrivée à la Base se déroule normalement, les procédures sont respectées et je reçois une convocation au bureau de l'un des sous responsables. J'ai reçu un ordre de mission classifié secret pour mon unité, on m'a expliqué le fait que mon secteur soit devenu une zone sûre est apparemment arrangeant car je suis maintenant disponible. On m'a fait comprendre que je pourrais aussi y trouver mon compte, en me permettant plus de liberté. Le seul hic, c'est que s'il y a un problème sur ma zone affectée, je pourrais être en partie tenue responsable. Il y a toujours besoin d'un bouc émissaire lorsque l'image de la Marine est salie…

La mission que l'on nous confi est en provenance directe du QG et je n'ai pas le droit de la refuser, alors je suis obligée de l'effectuer. Et elle ne me plait pas. Mais je vais devoir faire avec, en masquant à l'équipage mes craintes. Si l'officier commandant n'est pas serein, comment les soldats peuvent-il l'être ? Même si je les vois tous autrement que simplement des hommes sous mes ordres. Ils me sont tous précieux et je donnerais ma vie pour eux sans hésiter.

Il m'a été demandé de me rendre le plus rapidement possible sur les lieux de la mission et je dois partir immédiatement. Le ravitaillement a apparemment été chargé pendant mon entrevu avec mon supérieur. Dès que j'ai mis les pieds sur le pont de notre navire, j'ordonne que l'on mette les voiles. Dès que notre cap est bon et que l'on s'est éloigné de la Base, je leur ordonne de former les rangs. Sous le soleil éclatant de l'après-midi, je m'exprime face à eux d'une voix claire et forte. Je veux leurs donner nos prochains objectifs, même si je ne suis pas forcée de le faire et que beaucoup auraient gardé secret les détails de cette mission. Moi, je leur fais confiance et c'est réciproque, c'est ça qui fait notre force d'après moi. Nous qui ne pouvons pas compter sur l'appuis des autres Marines...

-Messieurs, nous avons reçu une mission de grande importance. Elle nous a été transmisse par le QG de Marineford. Aucunes informations la concernant ne doit être transmisses au grand public.

Ils m'écoutent avec une réelle attention.

-Nous devons porter secours à un navire de renseignement qui est menacé d'être découvert par la flotte d'un équipage pirate qui est dans le même secteur. Notre objectif est de faire diversion pour les éloigner le plus possible, le temps qu'il quitte la zone dite « sensible ». On va avoir affaire avec lescrochus (5), nous mettons le cap sur les lieux où se trouve l'un de leurs groupuscules. Dès que nous l'aurons vaincu, ils se concentrons sur les lieux où nous aurons donné l'attaque, laissant le champ libre au navire de renseignement. La suite des opérations est organisée par le Contre-Amiral qui m'a remis l'ordre de mission. On doit reprendre le large jusqu'à un point de rendez-vous lorsque nous aurons gagné la bataille. On retrouvera des renforts pour nous permettre de vaincre nos poursuivants. Ça permettra de faire d'une pierre deux coups, en protégeant le navire de renseignement et en arrêtant une bonne fois pour toute les crochus.

L'un des gars avance d'un pas, il s'agit d'un homme intelligeant, au physique de combattant. En faisant ça, il demande à prendre la parole.

-Une question ?

-Oui Cap'taine.

-On t'écoute.

-Si cet équipage menace un navire de renseignement de la Marine, pourquoi elle ne s'occupe pas de les neutraliser en utilisant sa force brute tout simplement ?

S'il était à bord de l'un des navires avec les règles standards et strictes de la Marine, il se serait fait sacrément remonter les bretelles pour insubordination. Mais entre nous, ça se passe différemment puisque je considère ça comme étant constructif.

-Non, cette mission ne pouvait être réalisé que par nous pour une raison bien précise.

Bien que je réponds à cette question pour lui, je sais que tous attendent les explications que je vais donner.

-Les derniers navires de la flotte commerciale poursuivi par l'empereur Akagami no Shanks se trouvent à proximités.

J'entends plusieurs d'entre eux déglutir, d'autres pâlisses et certains échanges quelques paroles tout bas. Je remarque par contre que certains n'ont presque pas réagi, dont mes six frères.

-Hey, un peu de silence les gars ! Calmez-vous.

Ils se reprennent et me regardent attentivement. Je porte ma main sur la garde du wakizashi discrètement attaché à ma taille.

-C'est quelqu'un de bon vivant, avec qui il est agréable de passer du temps. C'est l'ennemi de la Marine, donc en toute logique, il est aussi le nôtre mais… il est avant tout un ami proche. Vous m'êtes plus précieux que ma propre vie et je sais que vous ne ferez rien de stupide. Donc vous n'avez rien à craindre.

Je souris en me plongeant un court instant dans mes souvenir.

-Ce n'est un secret pour personne mais… vous savez, je tiens beaucoup à mon lien avec lui. Si jamais on venait à le croiser, je prendrais les devant et il n'y aura aucun problème.

Ils le savent au QG, c'est pour ça que cette mission nous a été confiée. S'ils avaient choisi de mobiliser des troupes sur place, ils auraient pris le risque d'attirer son attention. Ils auraient résolu un problème pour en avoir un bien plus gros sur les bras. Je ne sais pas ce qu'il y a comme information à bord de ce navire, mais j'ai l'impression qu'ils y tiennent beaucoup.

Pour ce qui est de la situation actuelle, les gars de mon unité seraient capables de s'entendre avec Shanks. Ils sont festifs et ont une âme de pirate libre. Les quelques soldats et l'officier sous mes ordres sont habitués à fréquenter ceux qui devraient être leurs ennemis. Donc ils sauront se tenir et en plus ils écoutent bien ce que je leur dis, je sais qu'une rencontre se passerait sans accros.

-J'ai eu les informations sur les têtes que l'on doit vaincre, je nous en sais parfaitement capable. Cette mission est l'occasion de montrer notre force et notre utilité, de monter en grade dans les mois à venir ou bien de vous rapprocher de votre liberté promise.

Ils sont brusquement plein de vivacité, bouillonnant de l'intérieur.

-On va leur montrer de quoi on est capable !

-HOOOOWW !

Plein de combattivité, certains dégainent leurs armes et d'autres lèvent le poing en l'air, le tout en hurlant comme des bêtes. Ils donnent l'image d'un groupe uni, prêt pour le combat qui nous attend. Je suis rassurée de les voir ainsi. C'est l'objectif que j'avais.

-Capitaine.

Je sursaute en sentant la main du vieil Albert sur mon épaule. Tandis que les autres ont défait les rangs et continuent leur bruyant manège, il ne prend pas part à la folie ambiante.

-Tu les as rassuré et préparé mentalement pour la mission. Mais tu n'as clairement pas le même état d'esprit.

Je soupire et réfléchie un moment avant de me décider de le lui avouer, à lui seul. Il n'est pas un jeunot, comme il le répète souvent. Alors dans cette situation, j'imagine que je peux me confier à lui, du haut de ses soixante-quinze ans, il est une oreille attentive idéale.

-J'ai un mauvais présentiment Albert.

-Tu ne la sens pas cette mission ?

-Non, du tout même… mais je ferais le nécessaire pour les protéger.

Je ne parle pas des informations transportées par le navire de renseignement et il le comprend tout de suite.

-Dans ce cas-là, moi je resterais à tes cotés.

-Je-

Il me coupe la parole avant que je ne puisse finir ma phrase.

-Ce n'est pas négociable, ils sauront se défendre sans moi. Fais leurs confiances.

Je soupire, cet homme est une vraie tête de mule… comme la plupart des personnes du troisième âge.

-Je ne suis pas un jeunot, pour moi tu m'es bien plus chère que ma propre vie. Et puis, ils tiennent aussi à toi, alors quoi qu'il arrive, laisses moi te soutenir.

Je lui fais un sourire timide.

-Avoir un homme aussi fort que toi pour couvrir mes arrières est rassurant, merci Al'.

À suivre…


(1) Le Tenryubito Saint Miosgard : je ne l'invente pas, il est dans l'histoire. Vous pourrez trouver des informations facilement sur le web à son sujet.

(2) Gabier de poulaine : Marin incapable, bon à rien.

(3) Charge : dans ce contexte, ça veut dire « cuite ».

(4) Il s'agit juste d'une hypothèse de ce qui pourrait être possible, même si c'est bizarre.

(5) Les crochus : ils ne sont ni de l'anime ni du manga. Si vous saviez combien de temps je me suis enquiquiné à chercher un nom ! C'était dur…


Réponse à S

La semaine prochaine je publie le HS sur Shanks. J'espère qu'il te plaira et qu'il répondra à tes interrogations. Celui sur Marco sera plus tard, vu qu'on vient de parler de lui et des Shirohige pendant un bon moment. Merci du retour, j'espère que ce chapitre t'a plus.

XxxxxX

La suite arrive dans 15 jours, il s'agit du HS sur Shanks. Il n'est pas bien long, il est un peu plus court que les chapitres habituels.