Précédemment…

Sur le pont du Red Force, Cylia rempli son devoir de Capitaine en donnant la mort au traitre. Shanks, qui est témoin de la scène, passe rapidement à autre chose. Une fête est alors organisée le soir même, durant laquelle la demoiselle profite avec excès d'un excellent vin. Elle est interpellée par le Roux qui ne lui laisse guère le choix en imposant une dance…

Chapitre 95 : Avoir un temps de retard

Il m'a faite tourner, danser, encore et encore ! A tel point que lorsqu'il me libère enfin de son joug, je suis HS. Je suis couverte de sueur, épuisée et j'ai la tête qui tourne. Contrairement aux fois précédentes, je me suis posée un peu plus loin de lui. Car lorsque je m'asseyais à sa portée, il m'attrapait par le bras et m'embarquait à nouveau. J'ai donc repris la place que j'occupais avant, sur le fauteuil aux côtés de Ben.

-Un… monstre…

Il souffle un nuage de fumée blanche avant de me répondre. Les senteurs de son tabac sont pourtant moins prenantes que ma propre mauvaise odeur.

-Tu penses vraiment que ça suffira ?

Je ravale ma salive avec difficulté.

-De quoi tu parles… ?

La voix du Roux confirme mon appréhension.

-HEY CYLIA ! TU-

-NAN !

Je me relève, bien décider à quitter cette pièce.

-Tout le monde n'est pas infatigable comme toi, Shanks !

D'un pas bien décidé, je passe le pas de la porte, sortant ainsi de cette salle surchauffée. J'entends les moqueries des hommes.

-Vous l'avez fait fuir Patron !

-Pff ha ha ha ! Ouais, ce n'est pas comme ça que vous allez dormir en bonne compagnie !

Alors que je m'éloigne, les railleries continuent de parvenir jusqu'à mes oreilles. Je soupire, étant enfin au calme. Lorsque j'ouvre la porte menant sur le pont, l'air frais chargé des effluves marines me saisit. Cette odeur ne peut laisser aucun marin de marbre, qu'il soit pirate, pêcheur ou soldat… Peu importe car dans le fond, nous sommes tous atteint de la même maladie.

Quand bien même la pluie tombe en continue par fines gouttelettes, j'avance jusqu'au bastingage et m'expose. Malgré la météo, la pleine lune reste visible au loin. Sans doute le nuage de pluie est présent uniquement au-dessus de l'île et de ses alentours proches. Les effets de la fatigue et de l'alcool semblent s'être volatilisés. Mon sang pulse dans mes veines et l'appel du large sonne pareillement que la mélodie des Sirines (1).

Je sens que si je reste ici une seconde de plus, je vais perdre le duel qui se déroule en mon for intérieur. Je fais volteface brusquement, ferme les yeux et avance d'un pas vif. Je m'arrête lorsque mon pied bute contre quelque chose. Surprise, je mets ma main à plat sur la surface devant moi. Lorsque je rouvre les paupières, je tombe sur la vitre d'une fenêtre. J'observe sans rien dire mon reflet, je passe brièvement sur mes cheveux blancs trempés mais je m'arrête lorsque je tombe sur mon regard.

Je me perds alors dans la contemplation des iris d'ors de l'Alicanto. Bien que je sois sous forme humaine, je lutte contre mes instincts sauvages. Tandis que je regarde avec attention mes yeux, je m'interroge sur mon compte. Pourquoi est-ce que je lutte contre ce que je suis ? Pourquoi j'oppose autant de résistance contre cet instinct naturel… ? Je suis un animal, une créature mythologique. Je devrais suivre ce désir omniprésent, répondre à cette envie dévorante de-

-Mais quelle idée de rester plantée ici… ?

Je reconnais la voix de l'un de mes compagnons. Je tourne la tête vers lui, le regardant sans y prêter réellement attention. Il avance jusqu'à moi malgré la pluie qui s'écoule alors sur sa tête.

-Tu as passé toutes ces dernières heures sous la flotte ?

« Ces dernières heures » ? Combien de temps ai-je passé ici ?

-Hum… Je sens son regard sur moi. Je n'en sais rien. Ouais, c'est sans doute le cas ?

Je ne fais guère attention à lui. Son intervention m'a fait un peu redescendre sur terre. Je retourne alors de nouveau au bastingage, ignorant l'eau qui s'écoule du ciel noircît. Un étrange sentiment m'empoigne le cœur… Une tristesse accablante, à laquelle se mêle remord et nostalgie. Mais au fond de moi, il y a aussi autre chose que je sens bouillir. Une soif insatiable de liberté… l'envie irrépressible de répondre à l'appel du large. Je sens mon cœur prendre un rythme anormal et ma respiration devient erratique.

-Alors tu l'as retrouvé ta « Cap'taine ».

La voix venant de mon dos était celle de Yassop. J'avais oublié la présence de mon camarade et n'avait pas remarqué celle de Yassop. Durant un court instant, nous n'entendons que les bruits environnants, puis Isao reprend la parole.

-Capitaine.

Je sursaute en entendant la voix juste à côté de moi. Je n'avais pas remarqué qu'il m'avait suivi ici. Les cheveux rouge d'Isao sont trempés. Je vois une partie du bandage sur son épaule, témoignant du fait qu'il n'est pas encore en bon état.

-Tu as le droit de penser à toi. On en a encore pour deux semaines avant de pouvoir reprendre le large. On a trop peu de gars parfaitement valides en cas de tempête. Ici, ce n'est pas le « paradis ». Ça serait trop dangereux pour nous de reprendre notre route dès maintenant…

Il me fait un grand sourire.

-On s'occupera de retaper nos blessés et le navire. Il indique Yassop d'un signe de tête. On a leur aide. Alors… il reprend d'un air sérieux, trop même pour un jeune homme de son âge. Pense à toi pendant ce temps-là. Tu vas-

Il ne finit pas sa phrase, la laissant en suspens.

-Laisse moi le dire à ta place, gamin.

Avant même qu'on ne sent rend compte, Yassop c'était rapproché. Il se place à côté d'Isao, ignorant la pluie.

-Tu va te faire bouffer si tu restes ici. L'appel du large va te dévorer si tu ne lui réponds pas.

Je détourne la tête et ferme les yeux.

-Tu as trop bu ? Tu racontes n'importe quoi, Yassop.

Surprise par son rire, il retrouve mon attention.

-On est qu'au début de la soirée encore (2) ! En revanche, toi, ton regard ne trompera personne. Écoute l'gamin-

-HEY ! Isao intervient, peu satisfait de son surnom.

-et va répondre à ton besoin.

-Humm…

Il a raison. Mais j'aurais préféré qu'il ne me le dise pas… j'ai déjà un mal de chien à résister !

-AAAAAH ! Je m'ébouriffe la tête, MERDE HEIN !

-Ce n'est pas facile pour toi d'avoir à gérer les instincts de ton zoan mythique on dirait.

Je ne réponds pas et cède, prenant alors en partie la forme de l'Alicanto, les deux hommes à mes côtés se décalent légèrement. Je m'arrache une première plume et la donne à Isao, qui m'observe avec surprise. Puis, je m'en retire une seconde et la passe à Yassop cette fois-ci.

-Ne les revendez pas, je pourrais vous retrouver où que vous soyez comme ça.

-Capitaine…

J'ai entendu Isao, mais je ne porte pas attention à se qu'il veut me dire… Il y a autre chose qui me préoccupe l'esprit dans l'immédiat. Et c'est de répondre à ce puissant désir…

-Capitaine !

-Ah ! J'ai failli oublier… Isao, j'te laisse gérer les relations avec la Base.

-Que-

-J'compte sur toi !

Je ne rajoute rien d'autre et prend mon envole après avoir pris la forme complète de l'animal mythique.


Je me sens plus épanouie que jamais d'avoir ainsi répondu à cet intenable désir de liberté… Au final, la sensation de voler est si grisante, que j'en perd toute notion de temps. Combien de jours ai-je pu passer à parcourir les cieux de Grand Line ? Je n'en sais fichtrement rien. La nuit était remplacée par le jour, puis l'inverse se produisait. La fatigue du voyage était compensée bien assez largement par un moral dur comme le fer.

J'ai eu l'occasion de passer sur une île, enfin… une micro-île. Elle faisait quoi… cent mètres carrés (3) ? Ouais à tout casser. Il y avait néanmoins de l'or ! Malheureusement… le parfum était si envoutant que j'ai tout mangé. Est-ce qu'il appartenait à un pirate encore actif ? Je ne sais pas. Mais dans tous les cas, autant d'objets de grandes valeurs enterré ainsi, c'est louche.

À cause de mon zoan, je serais capable de faire la même chose… Toutefois la raison de ce comportement est tout simple : Le meilleur moyen de préserver sa nourriture… c'est de la mettre dans un trou ! Et je ne l'obtiens pas en pillant. La différence est là, je ne pille pas des villages moi. Par contre, je ne me gène pas pour voler les voleurs. J'ai conscience de ne pas être une sainte, loin de moi l'idée de prétendre une telle chose.

Quoi qu'il en soit, je me suis ré-ga-lée. Du coup, comme il n'y avait plus aucune raison de continuer à rejeter avec autant de frivolité mes responsabilités, il était temps de rentrer. Je pense toutefois que j'avais grandement besoin de cette escapade. Il était vital pour mon esprit de céder à mes pulsions cette fois-ci. En plus, j'ai la sensation d'être bien plus en symbiose que jamais avec mon animal mythologique.

J'ai remarqué que l'une des deux plûmes dont je me suis séparées lorsque j'ai quitté le Red Force est en mouvement. L'autre non, j'en déduis donc logiquement que Shanks et son équipage ont repris le large. Je sais que c'est normal, néanmoins… je ne peux m'empêcher d'avoir une certaine frustration. J'aurai aimé profiter d'avantage d'eux. Le problème, en supposant que s'en est un… c'est qu'à force d'être aussi rarement avec lui, je sens bien que je me détache. Mes sentiments se tarissent progressivement. Est-ce que l'évolution de ma relation avec Marco y est aussi pour quelque chose ?

Ah… ces choses-là sont bien trop prises de tête pour moi ! Pourquoi dois-je être une femme ? Ce serait bien plus facile si j'étais un homme. C'est vrai que je pourrais me renseigner pour retrouver Ivankov, le faiseur de miracle. Mais… nan ! Je ne veux pas avoir une… chose qui se balade entre mes jambes ! J'en ai fait une fois l'expérience et ce n'est pas du tout un bon souvenir!

Je n'ai globalement pas eu trop de problème sur mon trajet retour. J'ai l'île en vue depuis quelques temps déjà, mais je suis bien trop épuisée pour me permettre d'augmenter mon allure. Bien que je n'aie pas eu de tempête, il n'empêche que j'ai tout de même eu droit à une chaleur bien trop accablante. La raison de ce microclimat reste un mystère pour moi…

Par contre, j'ai vraiment besoin de me reposer et de prendre une bonne douche. Bien que, même si mon hygiène laisse vraiment à désirer, personne sur le navire ne trouvera à y redire. Lorsqu'il y a des restrictions d'eau, nous pouvons passer un bon moment sans pouvoir véritablement nous laver. Je suis malgré tout très heureuse de retrouver mon navire et surtout les gars. À peine ai-je eu le temps de changer de forme pour poser mes pieds sur le pont, qu'une remarque fuse. Les sourire de mes membres d'équipage me laisse curieuse quant à la raison de leur amusement ? Je n'ai pas le temps de demander un éclaircissement, qu'ils semblent vouloir me donner d'eux même la réponse.

-Eh bien Cap'taine, ce n'est que maintenant que vous arrivez ?

-Ouais, le pov' Isao, vous lui aviez refiler vot' taf' !

Un homme se met à rire suite à la dernière phrase dites d'une voix forte.

-Pff ! C'était bien amusant de le voir se plier en quatre ses dernières semaines.

Un autre acquiesce d'un mouvement vertical de la tête, les bras croisés sur son torse.

-Hum clair, surtout quand il a dû fouiller dans les affaires de notre Capitaine. Je n'avais jamais vu le petit jeune être autant mal à l'aise.

Je réagis cette fois-ci.

-Il a eu besoin de fouiller dans mes affaires ?

-Oui Cap'taine, répond alors le concerné d'une voix hésitante. Je… n'aurais pas dû ?

Le pauvre, je ne lui ai vraiment pas facilité le travail. J'avais caché tous mes documents et rapport important non traités. La faute de cette habitude que j'ai prise revient à un certain pirate… utilisant un certain zoan !

-Si, bien entendu, je devrais même te présenter mes excuses. D'ailleurs, le navire à l'air comme neuf, c'est cool… et pour nos vivres, ça donne quoi ?

-Je me suis occupé de la demande de ravitaillement, nos calles sont pleines et on n'a plus de traitre à bord.

-Ils… n'ont pas chipoté que ce soit toi qui t'occupe de ça ?

Une nouvelle gêne est visible sur son visage et l'un de nos compagnons lui fait une grande tape dans le dos. Ce qui a pour effet de le faire raller et faire rire tout le monde plus qu'autre chose. Comprenant que ce qu'il pourra dire n'aura aucun effet, il soupire et répond à ma question.

-Si, mais vos derniers rapports ont permis d'appuyer nos dires quant à la version « officiel » des derniers évènements. Pour votre absence, je leur ai dis que vous étiez parti en reconnaissance et qu'on ne bougerait qu'une fois que vous nous en donneriez l'ordre.

Je ne peux pas m'empêcher de sourire.

-BON, la voix brusque de Beart domine tous les bruits environnants. Alors, ça fait quoi de goûter à la vraie liberté pendant plusieurs semaines ?

Je tique, j'ai bien entendu là ?

- « pendant plusieurs semaines » tu as dit Beart ?

Les airs moqueurs sur les visages de mes compagnons ne me rassurent guère. Et personne ne semble avoir envie de me répondre… bande de sadique !

-Allez, dites-moi combien de temps je suis partie !

-Plus de cinq semaines (4), répond finalement Doc'Amort.

Je papille des yeux. Tous gardent le silence et semblent se délecter de ma réaction.

-QUOI ?! IMPOSSIBLE !

Ils explosent de rire.

-Nan mais… je peine à me faire entendre dans le capharnaüm de leurs flux de paroles. Ce n'est pas vrai ! Dites-moi que vous vous foutez juste de ma gueule là !

Un bras est passé sur mes épaules, il s'agit d'Amort.

-Non Cylia, c'est la vérité. Donc, maintenant qu'on t'a attendu, parce qu'on n'en avait pas franchement le choix, on va pouvoir reprendre ?

-Oui et notre priorité numéro un, c'est de trouver de l'alcool. Ensuite, on se rendra à la Base pour recevoir nos nouveaux ordres. Par contre, ça sera expéditif : je refuse que l'on s'attarde là-bas !

Un homme proche de nous deux m'a entendu, il hurle alors pour imposer sa voix aux autres.

-HEY, VOUS AVEZ ENTENDU ? ON VA PILLER UN NAVIRE PIRATE POUR RECUPERER DE L'ALCOOL ! ENFIN !

Des approbations lui répondent avec entrains. Ils savent que lorsque je dis « on va récupérer de l'alcool », ça veut dire : on va piller des pirates. C'est peu flatteur comme méthode pour un navire Marine, mais après tout : tel est pris qui croyait prendre. On ne nous délivre jamais d'alcool avec les ravitaillements, donc je fais comme je peux !

-Oh, d'ailleurs Cylia…

Doc retire son bras de mes épaules, puis il fouille dans sa poche et me donne un bébé un escargophone rouge et noire. Je relève mon regard jusqu'à Amort et l'interroge silencieusement.

-Ça vient d'eux, ils l'ont donné pour que tu puisses les contacter en ligne directe si tu en as besoin.

-Oh… je range l'appareille dans ma poche, voilà qui va être utile. Bon, ce n'est pas tout ça mais je pue le cadavre de poiscaille ! Et j'ai grandement envie de dormir aussi.

Doc'Amort acquiesce de la tête et me répond.

-Tu as raison, va t'occuper de toi. Ça serait bien trop dommage que la seule fleur de cet équipage de brute se laisse aller à cause de notre influence.

Je ne sais pas comment réagir, mais en tout cas, je ressens une certaine gêne suite à ses paroles.

-Euh… ouais. Par contre, je peux te laisser te charger avec Isao de nous trouver une cible proche ?

-Bien entendu, Capitaine.

-Cool… je compte sur vous alors.

-Soit tranquille, on s'occupe de ça.

Je ne me fais pas plus prier et je file jusqu'à ma cabine. En passant, je jette un coup d'œil aux chambres des gars, rassurée en remarquant qu'elles ne sont pas trop mal rangées. Et surtout, je ne vois pas d'armements ou de balles trainer. C'est donc le sourire aux lèvres que je retire mes vêtements une fois enfermé à clé dans ma salle d'eau. Je prends soin d'enlever l'escargophone de ma poche et mets mes vêtements à laver. J'allume alors le jet d'eau et me glisse dessous lorsque la température me semble suffisamment agréable.

Je sens la crasse qui commence déjà à partir et mes muscles se détendre. Je reste ainsi plusieurs minutes, ayant envie de prendre un peu soin de moi. Les paroles d'Amor me restent en tête. Peut-être me suis-je un peu trop négligée ? Hum, je vais essayer de faire un effort et repousser un peu ma sieste.

Bien motivée à respecter ce que je me suis dit, je sors de la douche une fois que je me suis nettoyée avec attention. Je me sèche et commence alors à faire ce que j'aurai dû faire depuis un bon moment : je m'occupe de mon corps. Ce n'est qu'une fois toute présence de poils et une peau parfaitement lisse que je vais enfin rejoindre mon lit…


-NAVIRE EN VUE DROIT DEVANT !

Nous avons prévu notre coup en éteignant toutes lumières sur notre navire, la nuit noir d'encre nous aide à surprendre l'adversaire. Postée à la proue du navire, je me prépare à changer de forme pour nous faire avancer plus rapidement. Le vent soufflant dans notre dos gonfle nos voiles, me permettant de repousser le moment où j'entamerais ma manœuvre. Mon manteau reposant sur mes épaules bouge en même temps que les courants d'airs s'y engouffrent. Le kimono que j'ai décidé de porter est alors visible, les tons dominants étant le blanc et le noir. Naturellement, lorsque je l'ai acheté avec Misa, je l'avais choisi de sorte à ce qu'il soit agréable à porter pour combattre. La coupe n'handicape pas mes mouvements et met en avant mes courbes de femmes. J'en ai d'autre, mais je préférais rester simplement vêtu. En fin de compte, quand bien même je me fais certes influencer, je n'en demeure pas moins une femme. Même si ça a surpris les gars, je dois dire que je me sens un peu mieux dans ma peau. Je me demande ce qu'en aurait dit Albert ? Peut être aurait-il gardé le silence, il n'était pas un grand bavard. Mais je suis certaine qu'il aurait été surpris. Sans doute aurait-il fini par sourire ?

C'est sûr que je ne les ai pas habitué à être féminine. J'ai même pris la peine de me maquiller discrètement, me mettant du rose au lèvres et en donnant une attention toute particulière à mes sourcilles.

-À quoi est-ce que je pense à un moment pareil moi ? marmonnais-je.

Je regarde brièvement par-dessus mon épaule. Les hommes sont prêts à passer à l'abordage dès que ce sera possible.

-Bien…

Je fais un signe pour qu'on relève les voiles. Habitués à nos manœuvres, certains gars s'étaient préparés à exécuter mon ordre. Dès que je vois qu'elles sont remontées, je passe à l'action et prend ma forme de zoan mythique. Mais alors que j'allais prendre mon envole, Isao m'interrompt, surprenant tout le monde.

-Cap'taine ! Tu… es sûr que ça ira de t'envoler sans quelqu'un pour te couvrir ?

Quelques murmures suivent sa remarque. C'est vrai que nous avons tous agis comme d'habitude, mais il y a une grande différence par rapport à avant. Nous n'avons plus Albert pour couvrir mes arrières… repenser à sa perte suffis à me gonfler de haine et de rancœur. Ce n'est pas plus mal, mon zoan réagi très bien aux ressentiments. Je le regarde en silence et reprend forme humaine pour me mettre juste devant lui.

-Je te remercie de t'inquiéter pour moi, Isao, mais… je reporte mon attention sur le navire ennemis, ne t'en fais pas. J'arrive maintenant à me recouvrir de haki sous ma forme de zoan. Et je le dois justement à Albert…

Dès ma phrase finit, je m'écarte de lui avant de remplacer mon corps d'humaine par celui de l'Alicanto. Cette fois-ci je prends mon envole et me lie rapidement au navire. Nous rattrapons alors rapidement nos adversaires qui sont pris de court lorsqu'ils remarquent enfin notre présence. L'effet de surprise était encore plus de mise car ils avaient sortie boissons et nourritures. Mais ma colère est plus vive que jamais lorsque je remarque qu'ils ne se contente pas seulement de ça : ils « profitent » également de bonne chaires… Des femmes en nombre, sans doute le butin d'un dernier raid, sont visiblement très mal traitées. Je pousse un cri de rage face à cet affreux spectacle. Malheureusement… ce genre de pratique est monnaie courante parmi les pirates. Peu d'entre eux ont des principes différents et payent une lourde image auprès des civils.

C'est donc expéditif. Les gars sont également très remontés lorsqu'ils comprennent le traitement de ses femmes. Le combat est expéditif et le Joly Roger est récupéré comme preuve pour notre retour à la Base. Les femmes sont accompagnées sur notre navire et les larmes et hématomes témoignent de leurs souffrances. Tous les objets de valeurs sont repris des défunts, ainsi que plusieurs vêtements. Il y avait également de l'alcool. Nous avons finalement bien fait d'en chercher. Doc est directement aller s'occuper des rescapées. Après avoir délégué des responsabilités à Isao, je me rends également à l'infirmerie. Je suis bien consciente que la présence d'un officier, de plus féminin, les rassura au moins un peu…

Une fois arrivée sur place, je me rends compte que j'avais raison. Leurs regards emplis de détresse me touchent, quand bien même j'y ai déjà eu affaire par le passé.

-On a récupéré des vêtements pour chacune d'entre vous. Mes compagnons ne devraient plus tarder à vous les apporter. Oh, avec tout ça, j'en oublie de me présenter. Je suis Cylia, Capitaine de la Marine. Nous vous garantissons à présent notre protection. Je vous demanderais de coopérer et de m'expliquer vos histoires respectives. Elles seront consignées par écris et rapportées à la Base du G-2, où vous serez conduites.

Des soupirs de soulagement ainsi que des remerciements et des larmes me répondent. J'en déduis qu'elles vont coopérer, elles doivent donc très certainement venir d'une île des environs et ne sont sans doute pas des anciennes pirates. Mais ce n'est pas pour autant que l'on va baisser notre garde, après tout, sur la Route de Tous les Périls, il faut toujours être vigilent. Baisser sa garde, même si les personnes à qui nous avons affaire nous semblent inoffensives, ça peut couter la vie à tout un équipage. En tant que Capitaine, j'ai pour devoir d'assurer la sécurité de tous ceux présents à bord.

S'est donc équipée de feuilles et de stylos que je mets par écris tout ce qu'elles me disent, l'une après l'autre. Lorsqu'elles ont toutes consulté Doc'Amort, je l'envoi s'assurer que les gars ont bien préparé les cabines pour que ces femmes puissent se reposer jusqu'à notre arrivée. En attendant, je continue ma mission actuelle en consignant la triste histoire de ses dames. La nuit est déjà bien avancée lorsque Doc fini par revenir me voir.

-Capitaine, elles pourront utiliser les dortoirs dix à dix-sept. On a mis les vêtements récupéré dans les placards et des tours de gardes ont été mis en place.

-C'est parfait, merci. Je reporte de nouveau mon attention sur les civiles. Je vais vous escorter et vous expliquer comment s'organisera votre séjour parmi nous. Je vous rappel de nouveau que vous êtes ici en sécurité et moi-même ainsi que mes hommes sommes à votre écoute si vous avez besoin de quoi que ce soit.

Je me lève de la chaise sur laquelle j'étais assise et remarque que Doc attends pour nous accompagner.

-Si vous voulez bien nous suivre.

Lorsqu'elles sont toutes installées dans leurs dortoirs, les premiers hommes de garde arrivent. Exceptionnellement, ils portent les casquettes de la Marine sur leurs têtes. C'est le minimum que je leurs demande lors de situations comme celle-ci. Je leur donne les dernières consignes avant de les laisser travailler.

-S'il y a quoi que ce soit, appelez-moi. Ne relâcher pas votre vigilance, on ne sait jamais. Vous pourrez en profiter pour boire avec les autres lorsque vous aurez rempli votre devoir. Je leur fais un sourire encourageant. Bon courage et à tout à l'heure.

À suivre…

(1) Sirines : des créatures de la mythologie, ailées et disposant d'un chant dangereux.

(2) On a envie de lui dire qu'il fait nuit depuis un moment quand il dit ça.

(3) Cent mètres carrés : pour ceux à qui ça ne parle pas du tout, en gros, ça correspond à une maison « ouvrière ». Je tiens à surligner qu'il n'y a rien de péjoratif dans se que je dis hein ! C'est pour donner une petite idée.

(4) En fait, ça correspond environs à mon propre retard. C'est un petit clin d'œil, comme le titre d'ailleurs.


XxxxX Réponses aux reviews anonymes XxxxX

Suuuricate(hum, quelque chose me dit que c'est la même personne qu'en dessous.)

Bonsoir !

Comme on dit, après la pluie vient le beau temps. Il était important de faire un moment plus « léger » pour Cylia et son équipage après se qu'ils ont vécu. Apparemment, le jugement rendu à globalement plus j'ai l'impression. Dans tout cas, il était nécessaire qu'elle soit aussi sévère. Elle n'avait pas d'autre choix pour protéger son équipage correctement.

C'est vrai que j'ai vraiment beaucoup de chance d'avoir des lecteurs qui laissent des reviews aussi gentilles que la tienne. Vous tous, vous n'avez pas idée à quel point vous êtes une source de motivation. Sans ça, je ne pense pas que j'aurais pu écrire autant de chapitre.

Ma béta est super, elle fait un excellent travail et me permet de gagner un temps fou. Elle en a du courage oui, parce que mine de rien je lui en donne du boulot… Vous n'avez pas idée à quel point d'ailleurs.

Merci de la review, j'espère que tu suivras cette fanfiction jusqu'à son dernier chapitre (ce n'est pas pour tout de suite).

Surricate

Re ?

Oui en effet, j'ai eu un peu trop de… complication dans ma vie. Je me remotive et remets la machine à écrire en route. Enfin non… Mon PC portable et Word plutôt, on est au 21ième siècle quand même.

Je tiens à te rassurer sur un point : je n'abandonnerais pas Désir de Liberté. J'ai peut-être des haut et des bas, mais les chapitres sortiront finalement toujours.

Dagon Aalssy

Merci beaucoup de ton retour, ça me fait très plaisir.

Je suis désolé du temps que j'ai mis pour écrire ce chapitre. Comme je l'ai déjà expliqué, j'ai eu des complications dans ma vie. Ça a impacté sur l'écriture de Désir de Liberté. Je te rassure sur un point : il n'y a aucune chance que je la laisse tomber. Elle va se poursuivre et je vais faire des efforts pour reprendre un rythme assez régulier.

Omicrom

Oh, alors ça c'est vraiment très gentil *rougi*

Comme je l'ai déjà dit, je compte bien poursuivre jusqu'au dernier chapitre cette fanfiction. Je suis désolé du temps que j'ai mis pour écrire ce chapitre. Je compte progressivement reprendre un rythme régulier.

Vraiment, merci beaucoup pour ton soutien.

XxxxxXxxxXxxxXxxxxXXxxxxXxxxXxxxXxxxxXXxxxxXxxxXxxxXxxxxXXxxxxXxxxXxxxXxxxxXXxxxxXxxxXxxxXxxxxX

Voilà enfin la suite. Je suis désolé du temps que j'ai mis pour l'écrire. Ce n'est absolument pas un manque d'inspiration ou autre chose… Déjà, le scénario est écrit depuis belle lurette. Ensuite, le motif est plus personnel. Mon émotif en est la principale raison… mais ne vous en faites pas ! Je reprends l'écriture progressivement. J'espère que vous ne m'en voulez pas trop…

Sinon, pour ceux qui pourrais se demander, je vais mieux. C'est juste une question de temps.

En tout cas, merci beaucoup pour votre soutien !

Votre auteure qui vous aime, Cel'mon.

Prochaine publication, Chapitre 96 : missive et négociations.