NDA : ce HS ce situe chronologiquement au niveau du chapitre 88, durant le mariage de Misa et Curiel. il est vraiment long : 18 pages word en tout. Autant dire que ça m'a pris un bon moment pour le finir. Ma beta a travaillé très vite, merci à elle.
Bonne lecture !
Hors-série 4 : les festivités qui suivent le mariage
Lorsque les alliances sont aux doigts des nouveaux mariés, l'énorme cortège que forme tous les invités se met en mouvement. Lorsqu'ils pénètrent dans les rues de la ville, de nombreux locaux lancent rubans, serpentins ou pétales de fleurs. La scène a des airs surréalistes, car nombre des personnes formant la troupe sont des pirates.
En cette occasion, Hand Island revêt un visage plus festif que jamais, beaucoup d'artisans ayant souhaité spontanément offrir un moment mémorable à l'illustre équipage de Barbe Blanche, leur protecteur. Des musiques sont jouées par des instruments automatisés, accompagnés par de nombreux bruits et cris d'engouement.
Paré pour accueillir les convivent qui arrivent, la belle place de Hand Island est illuminée par le généreux soleil de ce début d'après-midi. De là, il est possible de voir le Moby Dick amarré au port, composant indétrônable du paysage, face aux emplacement préparés pour accueillir l'énorme famille du marié.
Dès qu'ils sont sur les lieux, tous s'installent sur les bancs spécialement conçus pour cette occasion. Les menuisiers les ont fabriqués avec soin : malgré la quantité, la qualité est toujours au rendez-vous. Le bois est lisse et vernis, la forme bien que simple, garantie une excellente résistance. Après tout, certains convives ont une masse corporelle conséquente. Mais malgré cela, ils sont identiques et permettent de créer une symétrie parfaite. Des tables aussi ont évidemment été réalisées. Les métallurgistes de la ville ont travaillé de paire avec les menuisiers lors de leurs conceptions. Des pieds en métal étaient nécessaires pour supporter les activités qui mettrons à rude épreuve le mobilier…
Bien en vue, un grand siège se démarque sur la place. Une table rectangulaire est placée à coté, sur laquelle est déjà posé du saké. Barbe blanche, dont les infirmières ne sont jamais loin, est le premier à s'installer. Il est rapidement suivi par tous les autres, créant alors un énorme capharnaüm. Il faut du temps avant que tout le monde soit installé. De bonne humeur depuis le début de cette joyeuse journée, le patriarche des Shirohige observe calmement, buvant avec entrain son alcool préféré.
Lorsqu'il voit que tout le monde est bien installé, il dépose le reste du saké qu'il avait en main et se lève. Par se simple geste et sans même avoir besoin d'exprimer sa volonté oralement, tous se taisent. Le respect qu'inspire cet Homme est largement suffisant pour qu'il ne subsiste uniquement que les bruits naturels environnants. Assis proche de lui, se trouve le Second, qui attendait comme prévu que son père exige le silence. Dès que Barbe Blanche se réinstalle sur son siège, il se lève à son tour pour annoncer les animations prévues jusqu'au repas dansant du soir.
-Pour fêter comme il se doit le mariage de notre frère, Curiel…
Des cris d'engouement l'accompagne un instant, il attend et laisse ses compagnons exprimer pleinement leur joie. Il est difficile pour un pirate d'accéder au mariage et d'avoir l'occasion de concevoir un enfant avec une femme qui l'aimerait. Ils sont tous des forbans et sont donc haïs. En plus, une seconde complication s'expose à eux : ils ne peuvent vivre autrement que sur les eaux. Ils sont des fils de l'océan, même l'amour d'une femme et d'un enfant ne peut les retenir sur terre. Autant dire que la très grande majorité n'espère pas concevoir une famille, alors en avoir une grâce à leur paternel, cela les ravirent.
Par contre, lorsque l'un des leurs parvient à conquérir le cœur d'une demoiselle et qu'il y a un mariage… l'équipage est alors extrêmement enthousiaste. Ce qui est donc le cas pour ce jour de fête !
Le flegme qui caractérise Marco lui permet de rester posé malgré la folie contagieuse de ceux face à lui. Ses paupières ne sont pas grandes ouvertes, lui faisant un regard très impassible. En cette occasion spéciale, comme une majorité des invités, il a fait des efforts pour adapter sa tenue vestimentaire. Il porte une chemise blanche dont juste les premiers boutons sont ouvert, ne laissant visible qu'uniquement le haut de son fier tatouage, mais le Joly Roger de son Capitaine est brodé en noir dans son dos. De la même couleur que l'emblème, son pantalon a une coupe droite. Seul la discrète boucle de la ceinture en cuir est quant à elle métallisé. Le calme revenu et toujours les mains dans les poches, il reprend.
-Des activités ont été organisées pour toute l'après-midi. Je vous en fais donc une brève présentation.
Sa voix est forte et l'expérience jouant, il parvient à se faire entendre sans avoir besoin d'artifice. Devant lui, ses nakama écoutent, bien que quelques-uns ne sont pas vraiment très attentif. Mais la masse que forme les invités permet de camoufler leur inattention.
-Père prendra la parole en premier, pour porter quelques mots à l'attention des mariés. La mère de Misa s'exprimera aussi juste après. Ensuite, la mariée devra passer l'épreuve.
La susnommée réagie à l'entente de ses paroles, surprise et n'en ayant visiblement pas été informée… Pleine d'interrogation et étant au premier rang, face au Phoenix, elle le questionne du regard. Ce dernier lui répond avec un sourire amusé.
-Rien d'étonnant, tu te marie avec l'un des fils de Barbe Blanche après tout.
Cette fois-ci, son attention se dirige vers son mari, qui lui murmure d'une voix apaisante dans l'oreille.
-Ne t'en fais pas, ce n'est juste qu'un petit jeu inoffensif. Vois ça simplement comme l'une des coutumes de ma famille.
Les paroles de son mari, bien que rassurantes, ne répondent pas à toutes ses interrogations.
-Yoï, Curiel ! On ne moucharde pas.
-Marco… désolé, mais avec le regard qu'elle a… comment je peux résister ?
Des rires suivent ses paroles, les spectateurs s'amusant déjà.
-Tu te démerde.
Il ignore alors la remarque suivante de son frère, ne l'écoutant même pas et reprend.
-Donc, les invités se calmes de nouveau, après ça on aura notre traditionnel malmenage de Marine. Cette fois-ci, comme on n'en a pas attrapé un avant le mariage, on fera avec notre future recrue. Elle n'a qu'un grade de Capitaine… mais elle nous réservera quelques surprises.
Assise non loin de Misa, aux cotés de ses compagnons, c'est cette fois-ci à Cylia d'être surprise. La bouche légèrement entrouverte, il n'y a pas le moindre son qui passe la barrière de ses lèvres maquillées. Trop choquée, la demoiselle ne comprend pas et s'inquiète pour son sort. D'autant plus qu'elle a été choyée et habillée comme une belle jeune femme ! Elle ne porte pas de vêtement lui permettant d'être « malmenée ». Sa robe turquoise est trop féminine, en plus de la coupe qui moule son corps et un nœud papillon lui ceinture la taille. Elle lui arrive au-dessus des genoux, laissant nue une bonne partie de ses jambes. Les sandales à talon ne lui permettent clairement pas de bouger librement non plus. Ne pouvant pas retenir sa langue, elle parle d'une voix forte qui contraste tout de suite avec son apparence.
-Marco ! Ce n'est pas vrai ?
-D'où tu te permes d'interrompre mes explications, Cylia ?
Le ton n'était pas sévère, mais la remarque a eu l'effet escompté par le pirate. Les trop nombreux regards rivés sur elle la déstabilisent plus qu'elle ne l'était déjà. Les joues rendues légèrement roses par le maquillage, virent subtilement au rouge. Bien qu'étant un peu trop éloigné pour remarquer ce détaille-là, d'autres signes informent le Commandant de la gêne naissante chez la jeune femme.
-Je… Sa voix est hésitante dans un premier temps. Mais elle se reprend. OUI JE ME PERMETS DE L'OUVRIR ! Parce qu'il est hors de question que j'accepte un bizutage dans cette tenue ! Et ne songe pas à-
-Utiliser l'un de tes compagnons ? Finit-il à sa place. C'est un officier de la Marine qu'il nous faut, que je sache… tu en es la seule représentante ici. Il sort l'une de ses mains de sa poche pour la pointer d'un doigt accusateur, tu oserais perturber ce mariage, yoï ?!
Au même moment, Misa allait intervenir, souhaitant sauver son amie qui se trouve dans une situation gênante. Ce genre de tradition n'est pas importante selon elle… ce qui importe c'est que son mariage soit un moment mémorable. Toutefois, son conjoint lui demande de ne pas intervenir, posant un doigt sur les lèvres de sa femme au moment où elle allait dire quelque chose. Le sourire amusé qu'il lui fait fini de la convaincre de garder le silence, charmée par son mari. Malgré tout, une pensée fleurie dans son esprit, présentant ses excuses mentalement, tandis qu'elle est en proie aux remords.
-Bien sûr que non ! Par contre, regarde une minute comment je suis habillée. Il est évident que je ne-
-Oh, ne t'en fais pas pour ça va. Il lui coupe de nouveau la parole, ayant réponse à tout. On a été chercher ton uniforme dans ta cabine, tu pourras te changer. Bizuter un officier de la Marine qui ne porte pas son uniforme… ça serait bien moins amusant.
Des rires répondent à ses dernières paroles, empêchant la jeune femme de se faire entendre. Lorsqu'ils cessent, Marco est déjà passé à autre chose. Tout un tas de scénario abracadabrantesques passent dans l'esprit un peu trop créatif de Cylia… « Ils ne vont pas m'attacher pour que je joue à la figurante d'un jeu de lancer de couteau ?! ». Elle finit par se reconcentrer sur les paroles du Phoenix qui a poursuivi ses explications, tentant alors de repousser ses inquiétudes à plus tard.
-Donc, voilà pour le jeu de la jarretière. On compte sur votre participation, qui contribuera à payer cette journée.
Des sifflements et houlement de la foule excitée confirmèrent qu'il y aura bien assez de participation. Compréhensif quand on sait qu'il est proposé à ses Messieurs d'enchérir pour avoir peut-être la chance de retirer la jarretière de la belle mariée. Les femmes ont également la possibilité d'enchérir, mais c'est pour tenter d'empêcher les hommes d'arriver à leurs fins. Le seul qui n'est absolument pas d'accord avec ce jeu d'enchère est bien évidemment Curiel, bien que sa femme relativise.
-Ensuite, le second de Barbe Blanche obtient le calme très rapidement, étant très respecté, vous aurez l'occasion de montrer votre agilité ou d'éventuellement vous remplir les poches. Un concours de tir de précision et de lancer de couteau est prévu, avec pari. Le gagnant du concours obtiendra un bon de réduction de 40% valable sur l'un des articles de son choix dans l'une des armureries en ville.
Les regards brillants par l'envie d'obtenir ce fameux bon de réduction permettent de savoir qu'il y aura encore bon nombre de participants. Marco jette un coup d'œil discrètement à l'un des organisateurs du mariage. Ce dernier comprend le message est fait lui aussi signe à d'autres personnes qui exécutent alors ses ordres.
-Pour les inscriptions, reprend Marco, il vous faut mettre votre nom dans l'un des cahiers qui circules déjà parmi vous. Après ça, des jeux d'argent vous seront proposés à tous, grâce à l'assistance des artisans de l'île encore une fois. Avec flegme, il continu ses explications. Ça vous permettra de vous divertir jusqu'au repas dansant ce soir. Les musiciens qui joueront pour l'occasion sont des volontaires. Remerciez-les de nous distraire ce soir.
Une ola lui répond au moment où il baisse la voix. Bien plus calme qu'eux mais non moins de bonne humeur, Marco regarde brièvement son père pour lui faire savoir qu'il a fini d'énoncer le programme. Il retourne donc s'assoir, pour profiter comme tout les autres de cette journée importante.
-Mes fils, Barbe Blanche prend la parole en restant assis, je souhaite le meilleur pour chacun d'entre vous, il regarde Curiel tout en continuant de s'adresser à toute sa famille. Ce soir, festoyez, buvez et fêtez le mariage de votre frère comme il se doit !
De puissants hurlements d'approbations lui répondent et sous sa moustache se dessine un grand sourire, à l'image du Joly Roger de l'équipage. Ceux externe à l'équipage ne peuvent que constater combien cette « famille » est unie par de puissants liens.
Prendre la parole après ça n'est pas aisé, d'autant plus qu'il y a vraiment beaucoup de personne présente. Toutefois, malgré qu'elle soit de nature plutôt discrète en société, la mère de Misa se lève. Trop peu de monde l'a remarqué, le brouhaha environnent est bien trop dominant pour que cette Dame puisse se faire entendre. C'est pourquoi Shirohige lève la main, obtenant l'attention de tous très rapidement. Il ne dit rien, se contentant de croiser le regard de la Dame attendant toujours debout. Cette dernière, reconnaissante de son intervention, le lui témoigne d'un mouvement de tête.
-Je ne vous embêterais pas longtemps, mais je voulais exprimer mon bonheur et ma reconnaissance de vive voix. Peu à l'aise, elle joint ses mains sur son ventre. Aujourd'hui, c'est ma fille que je marie, Monsieur Edward, avec votre fils. Avec votre première arrivée dans notre ville, nous avons appris à mieux vous connaitre. Bien qu'ils soient des pirates, vos fils nous ont démontré à tous qu'ils adoptent parmi nous une conduite exemplaire. Vous avez de quoi être fière. Elle sourit tout en regardant le grand homme assis devant elle. Vous savez… ma fille est très rapidement tombée sous le charme de notre gendre.
Après avoir dit ses quelques mots, elle marque un court temps de pause et adresse un sourire tendre à sa fille, , elle relève le menton, n'ayant pas fini de s'exprimer.
-Alors, avec mon mari nous avons vite appris à connaitre votre fils ! Nous avons été rassurés de la personne que nous avons découverte. C'est un homme sincère et bien. C'est droit dans les yeux qu'elle lui parle, tout en prenant une voix plus douce. Le bonheur de nos enfants nous suffit à faire le nôtre, n'est-ce pas ?
Avec assurance, il lui répond sans tarder, content des mots qu'elle a prononcé.
-Absolument.
Un silence s'installe un court instant suite à l'échange entre les « parents ».
-Bon, Curiel prend la parole, et si on faisait passer l'épreuve à ma chère et tendre femme ?
L'engouement des convives est unanime.
Curiel se lève et invite Misa à le suivre. D'une main hésitante, elle attrape la sienne et l'accompagne jusqu'au dégagement situé entre les tables. Curiel sort un bandeau en soie blanche et le glisse devant les yeux de la mariée. Automatiquement, elle touche du bout des doigts le tissu qui lui masque la vue. Son homme lui attrape la main, l'enserrant dans la sienne plus grande et chaude. La sensation apaise immédiatement les battements du cœur de la jeune amoureuse.
-Ne t'en fais pas, ce n'est qu'un jeu. Tu n'oublies pas que je t'ai juré de te protéger, quoi qu'il arrive ?
Elle lui répond d'un doux sourire. Les mots apaisant de son conjoint achèvent toute inquiétude qu'elle pouvait avoir. Il libère sa main et recule, d'autres hommes se lèvent et rapidement tous s'alignent. Le groupe dont Curiel fait partie est composé de personnes variées. Plusieurs caractéristiques physiques différencient chacun d'entre eux : la taille, la morphologie, le visage… Jamais Misa ne se tromperait et prendrait l'un d'entre eux pour Curiel. Toutefois, maintenant qu'elle ne peut plus utiliser sa vue, les choses se corses…
Une personne se place aux cotés de la mariée et la positionne devant l'une des personnes de la file.
-Madame, face à vous se trouve un premier homme. Neuf autres vont vous être présentés. Vous devez retrouver votre conjoint parmi eux, tout en gardant le bandeau sur vos yeux.
De nombreux scénarios avait immergé dans son esprit lorsqu'elle avait entendu qu'elle devait passer une « épreuve ». En même temps, elle a parfaitement conscience que même si elle l'aime, Curiel est l'un des Commandants des Shirohige Kaizokudan. Elle a réellement pensé que ça la dépasserait…
Sans attendre plus longtemps, elle se lance, bien décidée à remporter cette épreuve. Elle avance ses mains jusqu'à la première personne. Elle place ses mains de part et d'autre de son buste, jaugeant la taille qu'il a. Elle s'aperçoit tout de suite qu'il n'est pas Curiel.
-Ce n'est pas vous…
-Non en effet !
Un part un, elle les passe tous en revu. Rapidement, deux groupes sont formés : Ceux qui sont hors-jeu et ceux pour qui sont encore en course. Elle a en tête une méthode pour déterminer qui parmi eux est son conjoint : elle leur attrape le menton et leur fait une légère caresse. De cette étrange manière, elle finit par en éliminer plusieurs. Jusqu'à présent, elle n'a pas commis d'erreur : son mari est toujours en course. Lorsqu'il se retrouve pour la seconde fois devant elle, sa méthode de procéder est la même. Un sourire se dessine sur ses lèvres lorsqu'elle sent l'homme frémir sous ses doigts. Elle n'a alors pas le moindre doute.
-Je t'aime.
Elle n'a pas le temps de retirer son bandeau que son mari l'embrasse avec ferveur. Les sifflements et remarques des témoins ne se font pas attendre. Quand bien même, les deux conjoints continuent leur baisé fougueux.
Pendant ce temps, Marco s'approche discrètement de Cylia. Lorsqu'il dépose sa main sur son épaule, elle sursaute vivement. La jeune officier n'avait même pas remarqué qu'il s'était glissé jusqu'à elle. Malgré la présence de ses compagnons à ses côtés, elle déglutie, songeant au bizutage qui l'attend. Avec les convives encore très bruyant, Cylia n'entendrait pas si le Phoenix lui parlait. Mais elle n'en a pas besoin, elle a compris qu'il venait la chercher. Elle tente vainement de l'appâter avec un regard suppliant, mais elle n'arrive qu'à l'amuser. Il avait en réalité anticipé qu'ils n'auraient pas d'autre officier de la Marine à maltraiter. Au fond, ce n'est pas plus mal qu'elle refuse d'intégrer l'équipage, pour l'instant. Au moins, il aura d'autres occasions pour la titiller. En y songeant, il se demande comment se passera leur première rencontre en tant qu'ennemis ?
Le pirate n'arrive pas à se lasser de l'expression que prend son visage lorsqu'il la taquine. Elle n'est pas difficile à énerver et il n'a jamais besoin d'insister pour y parvenir. Mais se qui lui plait le plus, s'est lorsque sa gêne prend le dessus. Elle ne lui avait encore jamais fait le coup des yeux de merlan frit, il ne s'y attendait pas et s'en amuse plus qu'autre chose. Les lèvres de l'homme s'étirent en un sourire, prenant déjà du plaisir à l'échange silencieux. Cette femme est unique en son genre. Lors de leur première rencontre, il avait bien remarqué la peur qui l'habitait. Mais il n'avait perçu aucune haine lorsqu'elle avait posé son regard sur son torse.
Se qui était au début de la curiosité s'est transformé en intérêt au fur et à mesure qu'il avait appris à la connaitre. Au final, peut être qu'il aurait mieux valu qu'elle soit un homme ? De cette manière, il ne se serait pas fait avoir à ressentir cette attirance physique. Il l'aurait vu comme un jeune frère. Le destin en a décidé autrement mais aujourd'hui il a quand même réussi à arriver à ses fins. Ce besoin d'être désiré qu'ils ressentent l'un pour l'autre est l'un des moteurs de leur relation. L'attraction naturel qui pousse leurs deux zoan se rapprocher n'empêche pas qu'ils apprécient sincèrement la présence de l'autre.
Malgré les apparences, leurs jeux contribuent aussi favorablement à cette relation. Mais bien souvent, c'est Cylia qui est la cible des provocations du pirate. Le « traditionnel bizutage de Marine » est une version du « Lapin et du chasseur ». Dans le cas présent, les rôles de proie et de prédateurs sont octroyés respectivement à Cylia et aux pirates.
Lorsque la jeune officier voit le sourire un brin sadique de Marco, elle se pince les lèvres, se demandant par la même occasion se qui l'attend. Non sans une réelle appréhension, elle se résigne à suivre le Phoenix. Il la conduit à l'écart, avant de la confier à un riverain. Ce dernier l'amène jusqu'à sa maison située en bordure de la grande place. L'homme d'âge mûr lui remet alors son uniforme et lui indique une pièce où se changer. Devant le regard dubitatif de la demoiselle, il ne fait que hausser les épaules. Elle soupire en repensant au fait qu'ils ont fouillé dans ses affaires. Mais après tout, ce sont des pirates.
Elle s'enferme dans la modeste pièce, qui est une salle d'eau, afin de se changer. Non sans difficulté vu que la robe n'est pas facile à retirer, moulant les formes de son corps. Rien n'a été oublié, de la veste à la casquette en passant par le foulard bleu. Ils lui ont même fourni l'un de ses tailleurs blancs. Lorsqu'elle a fini de s'habiller, elle laisse sa robe soigneusement pliée dans la salle de bain et ressort. Elle tombe sur le propriétaire des lieux qui l'observe avec curiosité. Ils quittent ensuite rapidement la maison pour retourner chacun de leur cotés participer aux festivités.
« Pourquoi je n'arrive pas à m'enlever cette boule de l'estomac ?! » Le cœur palpitant, Cylia prend son courage à deux mains. Lorsqu'elle arrive sur place, un silence de mort s'installe brutalement. Dire qu'elle n'est pas à l'aise est un euphémisme. Tandis qu'elle détourne le regard des convives, un bras se glisse sur ses épaules. Elle sursaute lorsque Marco, qui a sa bouche juste à côté de son oreille, parle d'une voix portante.
-Voilà notre officier préférée ! Les huit participants qui ont été tirés au sort devront la capturer le plus vite possible. Si c'est elle qui arrive à immobiliser son poursuivant, il sera disqualifié.
Il parle soudainement plus bas, de manière à ce qu'elle seule l'entende.
-Le premier prix est un objet fait avec le même or que tu avais dégusté sur notre navire. Tu t'en souviens… ? Celui qui t'a fait tourner la tête. Tu peux tenter toi aussi de gagner le lot en jeu. Pour ça, tu dois soit les disqualifier soit leurs faire dépasser dix minutes au chrono.
Les mots du Phoenix ont visé juste, une lueur de gourmandise a traversé les prunelles de la jeune femme. Elle adresse alors quelques mots au pirate, sur la même intonation que lui.
-Qui sont les participants, Marco ?
Il lui fait une grande tape dans le dos, la déséquilibrant vers l'avant. Tandis qu'elle reprend son équilibre, il lui répond vicieusement.
-Comme si j'allais révéler cette information à l'ennemi… Tu verras au fur et à mesure.
-Hey !
Alors qu'elle râle dans son dos, il ignore son mécontentement, non sans s'en amuser.
-Aller, c'est toi qui passe en premier Myck (1) !
Le susnommé se lève de sa place, Cylia le scrute alors attentivement. Elle a conscience que cet homme sera le premier qui va essayer de l'attraper. Même si le Phoenix a dit qu'elle pouvait tenter de gagner le lot en jeu, elle sait que c'est pratiquement mission impossible. Elle est sensée arriver à immobiliser ses huit adversaires ? On parle de pirates qui affrontent la Marine depuis bien longtemps, des membres de l'équipage de l'Homme le plus fort du monde. Elle n'est qu'une Capitaine dans les rangs de la Marine… Elle ne se considère pas comme une défaitiste, mais comme quelqu'un de réaliste. Néanmoins, elle compte bien les ralentir le plus possible.
Tandis que Marco est retourné s'asseoir, d'une voix suffisamment forte, il donne une dernière information pour la jeune femme.
-Oh, l'utilisation d'arme et de fruit du démon est interdit. Mais vous avez le droit d'utiliser vos poings et vos jambes tous les deux. Et dernier point, on ne te laissera pas trop t'éloigner. On tient à pouvoir regarder ça, ce n'est pas la peine de songer à aller courir dans les rues de la ville.
Lorsqu'elle entend les mots du pirate, une pensée fuse dans son esprit : « Encore heureux que les armes sont interdites… Je n'ai pas envie de me prendre un tir direct dans la jambe ! Mais même ainsi… je n'ai aucune chance de gagner. Au moins, ils ne comptent pas me casser quelque chose, hein ? ». Dire qu'elle n'est pas rassurée est un euphémisme. Mais malgré tout, elle a un minimum de fierté. Alors après avoir fermé les poings, elle ajuste la casquette sur sa tête et relève le menton.
Tandis que le dénommé Myck se rapproche, elle le scrute. Ce premier concurrent n'a pas une carrure imposante. Certes, l'homme est plus grand qu'elle -ce qui n'est pas difficile- mais il est plutôt fin. Comme tous les invités, il a fait des efforts vestimentaires en portant un costume bordeaux et noir avec un col ouvert. Il a fait le choix de conserver ses armes sur lui et comme bon nombre de ses frères, il reste prudent. La vie sur Grand Line réserve toujours des surprises, il faut s'attendre à tout. De plus, il y a un concours de tir organisé pour le mariage. L'utile est joint à l'agréable, ils ont une excuse toute trouvée pour justifier le port d'arme.
La présence d'une arme à feu de longue portée à la taille de son adversaire la rassure aussi. C'est sans doute quelqu'un qui n'est pas un expert en combat rapproché. Un sniper doit savoir se déplacer vite, car après un coup, sa position est révélée. Donc généralement, ils ont de bonnes foulées… Mais bon, elle aurait pu tomber sur bien pire comme premier adversaire. Du moins, c'est ce qu'elle pense.
Lorsque le pirate, qui était assez loin d'elle, se met à courir, elle se tend tout de suite. Elle passe un bref coup d'œil sur le publique et comprend aux visages amusés que ça a déjà commencé.
-Tss ! C'est petit ça…
Réfléchissant à toute allure, des questions/réponses fusent dans son esprit. « Ai-je envie de gagner ? Bof, si je veux grignoter de l'or, je vais faire une chasse avec les gars. Ai-je envie de perdre ? Pas vraiment… Comment je vais m'y prendre avec ce gars ? Fuir ? Où l'affronter ? Humpf ! Je n'ai pas envie de faire plaisir à ces pirates qui s'attendent à ce que je fuie ! »
Finalement, elle reste sur place et finie par se positionner pour affronter son premier adversaire. Dans le publique, les premières réactions ne se font pas attendre :
-HEY, L'OFFICIER A DU CRAN !
-ALLEEEZ MYCK !
Dans la foule, certaines voix se démarques, en particulier celles des compagnons de la demoiselle, absolument pas surpris de la décision qu'a prise la participante-forcée.
-ALLLLLLEEEEEZZZ CAPITAIIINNNEEEUUHH !
-MONTREZ LEUR QU'ON NE RECULE PAS !
-ON EST FIER DE VOUS !
Mais malgré toute leur bonne volonté à se faire entendre par elle, c'est vain. Elle a conscience du type d'adversaire qu'elle va avoir à affronter et s'y préparer mentalement est une étape nécessaire. C'est pour ça que les encouragements de ses frères ne lui parviennent pas, elle est bien trop concentrée. Le pirate remarque qu'elle ne compte pas fuir et il s'arrête lorsqu'il est juste devant elle. Ils se jaugent tout deux du regard, puis s'observent un peu plus en détail un court instant.
Cylia pose son attention un instant sur le Joly Roger marquant la peau de sa gorge. Cylia vêtu de son uniforme n'a aucune arme avec elle. « Peut-être est-elle plus habituée aux corps à corps ? » songe alors le fils de Barbe Blanche. Puis il remarque que sa morphologie reste somme toute très fine, c'est une femme qui n'est pas une acharnée de la salle de sport.
Son regard se pose sur un autre détail et non des moindres, les épaulettes indiquent qu'elle est Capitaine. Bien sûr, son grade a été dit oralement à plusieurs reprises, ce n'est en rien un secret qui vient d'être révélé. Pour dire vrai, il n'avait absolument pas prêté attention à la jeune femme jusqu'ici. Il n'avait rien écouté sur son sujet, ne s'intéressant absolument pas à elle. « Elle ne maîtrise pas le haki et manque sans le moindre doute d'expérience en combat. » un sourire mesquin étire les lèvres du pirate. Ça n'échappe pas à la jeune officier, qui est encore plus méfiante.
C'est Myck qui engage les hostilités, accompagné par les cris des spectateurs réjouis. Il met de la force dans ses coups, bien qu'il ne soit pas une montagne de muscle, il en a bien plus que Cylia. Mais la jeune femme ne se laisse pas faire. Loin de se démonter pour si peu, elle esquive agilement ses coups. La Marine lui a appris un art se rapprochant du Judo, s'est nécessaire lorsqu'on exerce un métier où il faut savoir immobiliser quelqu'un trop souvent habitué à user de sa force. Mais face à elle se trouve un pirate qui est très loin d'être à son premier affrontement face à un officier… Sans pouvoir utiliser son fruit du démon, elle se retrouve rapidement en difficultés.
Les minutes passent et contre toute attente, Cylia tient bon. Jusqu'à ce qu'elle trébuche sur une bouteille et que son adversaire en profite pour la bloquer à terre.
-Dix minutes et cinq centièmes !
Le regard presque outré de l'homme vaut son pesant d'or. Il finit par soupirer de dépit et se relève, libérant par la même occasion Cylia. Sans un regard en arrière, il retourne s'asseoir, frustré. Bien qu'elle pourrait être contente, le sentiment qui domine la Capitaine est négatif. Elle songe au comportement de Myck « Il aurait pu au moins me décrocher un mot… les pirates alors… ». Elle soupire en se relevant.
-C'est qui le prochain ? Demande alors la jeune femme.
XxxxX XxxxX
-Pour récapituler, Curiel rappel les temps effectués jusqu'à présent. Pour le moment le temps à battre est de deux minutes trente. Il reste deux candidats !
Le second à être passé avait un temps inférieur à dix minutes. Donc Cylia n'avait déjà plus aucune chance de remporter le lot. Malgré qu'elle tente de se persuader de l'inverse, elle a ressenti un pincement au cœur à l'idée de ne pas pouvoir profiter d'un petit encas pour cette nuit… Mais ce qui est le plus enrageant n'est pas ça, c'est plus le manque de considération qu'elle a ressenti de ses adversaires.
-ÇA SUFFIT !
Ces mots criés suffisamment fort pour se faire entendre par tous ne proviennent pas de la demoiselle. Ils viennent d'Albert, l'un de ses compagnons. Tous sont plutôt surpris lorsqu'ils voient le vieil homme vêtu d'un uniforme de soldat. Il s'avance d'un pas lent jusqu'à Cylia, puis dans un geste de soutien, dépose sa main sur son épaule.
-Va t'asseoir, laisse-moi prendre le relais.
Elle ne sait pas comment réagir, hésitante.
-Laisse-moi prendre soin de toi.
Il plante son regard dans le sien, elle y lit une détermination qui la convainc de céder. Les rapports qu'entretien Cylia avec son équipage sont atypiques, surtout sur un navire de la Marine. Mais le lien qui lie ces deux-là est différent. Elle voit, d'une certaine manière en cet homme, une figure presque paternelle. Il est la seule personne avec laquelle elle navigue qui exerce une autorité sur elle. Non pas que ça la dérange, bien au contraire elle apprécie ça, car il agit toujours pour elle, son bien-être le préoccupe toujours.
-HOOW ! COMME SI ON ALLAIT SE CONTENTER DE BIZUT' UN POV' SOLDAT FAIBLARD !
La réaction de Cylia ne se fait pas attendre. Le regard furieux qu'elle lance au pirate qui vient de tenir ces propos en dit long. Elle ne permettra pas qu'on rabaisse ainsi Albert en sa présence. Mais le vieil homme raffermis la prise qu'il a sur l'épaule de la jeune femme. Il attire ainsi son attention, la calmant par la même occasion. Il sourit en remarquant les yeux jaune d'or, puisque le fait que le zoan mythique se manifeste prouve que sa colère n'est en rien simulé.
Il enlève sa main et se tourne vers le provocateur, avec toujours la banane (3).
-L'habit ne fais pas le moine, Monsieur. Vous devriez le savoir en naviguant sur ces eaux… hum ?
L'attitude pleine d'assurance et de confiance qu'a Albert immisce suffisamment de doute à l'auteur des derniers propos tenus.
Misa, qui était retournée s'asseoir avec son chéri, a visiblement compris ce qu'il se trame. Elle glisse quelques mots à son mari, qui alors s'exprime verbalement en la faveur du vieil homme.
-Hum, je suis d'accord avec lui. Alors pourquoi pas ? En plus les deux dernières personnes à jouer sont d'un tout autre niveau. Ça irait trop vite face à Cylia. Oyaji ? Qu'est-ce qu'on fait ?
Le mari décide de remettre la décision aux mains de son père, Shirohige. Ce dernier observe avec attention Albert et ce qu'il voit l'intrigue. Souhaitant également faire plaisir aux mariés, il ne s'y oppose pas.
-Quel est ton nom ?
-Albert.
-Tu prend la place de Cylia pour la suite.
Rien d'autre n'est dit, mais ces quelques mots suffisent. Après un dernier coup d'œil à son compagnon, comme pour s'assurer que tout ira bien, Cylia retourne s'asseoir pour être témoin de ces deux dernières manches prometteuses.
-Bon et bien… c'est donc à mon tour !
L'homme qui se lève est grand, vraiment très grand. Sa stature est sommes toute normal, pour sa taille. Il n'a pas l'air d'être une montagne de muscle mais rien ne permet de savoir dans quoi il est spécialiste. Ce n'est pas ses cheveux noirs soigneusement coiffés qui permettrons d'apprendre quelque chose à son sujet. Comme tous les invités présents au mariage, il a fait attention à sa tenue. Il a un jeans noir avec une chemise grise aux manches courtes. L'emblème de son équipage est tatoué sur ses deux mains.
Soit il a voulu se reposer sur la confiance qu'il a en ses frères, soit il est simplement spécialisé au corps à corps. C'est le constat qu'il est possible de faire en remarquant l'absence d'arme visible.
Le pirate pose lentement l'un de ses pieds sur la table, pour finalement s'en servir d'appuis. Il fait alors un saut épatant pour se rapprocher le plus rapidement possible de sa cible. Mais c'est sans compter les compétences du vieil homme… Étant un tireur d'élite, il sait changer de place avec agilité et vitesse. Il utilise alors lui aussi son environnement, composé de tables et chaises pour se déplacer plus rapidement. Se joue alors un jeu de pourchasse entre les deux individus. Les cris d'encouragements fusent, certains spectateurs tentent bien de mettre des bâtons dans les roues du vieux soldat… mais en vain. L'agilité du vieil homme épate tous ceux qui le voient en action pour la première fois.
Après un long moment, le poursuivant s'arrête, un peu essoufflé.
-J'ai perdu depuis un moment déjà, mais je voulais t'attraper par principe… Mais tu m'as scotché ! Tu ne manques vraiment pas d'agilité pour ton âge !
Ils se rapprochent tous les deux et se serres la main. Mais le vieil homme ne le relâche pas, surprenant un peu tout le monde.
-Je me débrouille sans doute bien, mieux que la Capitaine, mais j'ai l'expérience avec moi. Elle n'est pas moins méritante, au contraire. Elle est jeune et peu habituée à avoir affaire à des gars de votre calibre. Pourtant elle ne s'est pas dégonflée.
Considérant ces quelques phrases suffisantes, il ne rajoute rien de plus. Ce qu'il a dit était empreint de sincérité. La fierté qu'il éprouve s'est faite ressentir aisément par ceux qui ont pu l'entendre lorsqu'il a commencé à parler de Cylia.
C'est aussi lui qui coupe court aux quelques bavardages naissants. Osant même défier les pirates de Barbe Blanche et s'adressant à eux sur un ton provocateur.
-Hum… à qui le tour ?
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Finalement, d'autres participants ont été désignés. Une vingtaine de pirate ont été choisis, tous curieux de cet étrange phénomène qu'est Albert. En réalité, même les compagnons du vieil homme étaient surpris. Mais après le quatorzième, Edward Newgate est intervenu et a arrêté ici le jeu de sa seule voix. Dès lors, le prix du « jeu concours » a été remit au vainqueur.
Barbe Blanche avait une raison pour réagir. Bien qu'Albert sache très bien masquer son « problème », il n'a pas pu tromper Shirohige. Il en est de même pour ceux ayant un regard aiguisé. En effet, même s'il tente de le cacher grâce à l'ombre de sa casquette, son visage est couvert de sueur et le sang pulse si fort dans ses veines qu'il a des rougeurs. C'est anormal pour quelqu'un ayant une si bonne agilité… son corps devrait supporter sans peine cette stimulation physique. S'il a brusquement autant de difficultés, c'est qu'un problème le handicap. Et effectivement, un mal le ronge… la douleur extrême provenant à l'intérieur de son corps le plierait en deux, s'il n'avait pas une volonté à toute épreuve.
L'ombre de la mort plane dangereusement au-dessus de lui. Il a même conscience qu'il n'en a plus pour bien longtemps et que le temps lui est compté. Mais même si Doc Amort est naturellement au courant, il est contraint à garder le secret. Car la dernière volonté du vieil homme est de rester jusqu'à ses derniers instants aux côtés de sa protégée : Cylia. Ce petit bout de femme toujours pleine de bonne volonté et de gentillesse est son trésor. Hors de question pour lui d'être mis de côté et il sent qu'elle aura besoin de lui. Il espère juste que son corps tiendra jusque-là…
Prétextant un besoin de se laver et de changer ses vêtements « inconfortables », il s'éclipse. Discrètement, Marco demande à ce qu'un des docteurs de l'équipage s'occupe de lui. Son ordre est rapidement relayé, puis après quelques minutes quelqu'un se lève et part dans la direction du vieil Albert. Attentif, le Phoenix commence l'activité suivante lorsqu'il remarque que le compagnon de Cylia est hors de vue. Il se lève et l'attention est vite redirigée vers lui.
-Vous pouvez commencer les enchères pour le jeu de la jarretière, annonce-t-il d'un air nonchalant.
Les cris d'enjouements des pervers se font entendre. Dans la cohue, Cylia se lève. Doc Amort, désireux d'aider le vieil Al' a masquer la triste vérité à Cylia, s'inquiète tout de suite.
-Cylia ! Il se met debout si brusquement qu'il manque de tomber du banc sur lequel il était assis. Merde… attend, je t'accompagne !
Surprise, la jeune femme ne refuse pas.
-Si tu veux… mais j'allais juste demander quelque chose à Curiel.
Cylia ne relève pas, se disant que de toute manière ses « frères » -les appeler ainsi lui fait encore bizarre- ont parfois des comportements qu'elle ne comprend pas. « Après tout ce sont des hommes. Chercher à les comprendre parfaitement ne m'est pas accessible ».
Il la scrute, se demandant si elle n'a réellement rien remarqué. La connaissant, il sait que si ça avait été le cas, elle aurait réagi vivement. Mais dans le doute, il préfère garder un œil sur elle. « Tu m'en dois encore une, Al' » songe-t-il alors.
-D'accord, d'accord ! Je viens avec toi.
Ils se rendent donc côte à côte auprès du couple de marié. Curiel, qui écoutait une discussion très animée entre la mère et le père de Misa, se retourne à l'entente de son nom.
-Hum ? Cylia ? Lorsqu'il remarque qu'elle a encore son uniforme, il sourit. Que me veut notre « officier bizutée » ?
Elle tique, mais passe à autre chose, n'ayant pas envie d'avoir à se prendre la tête.
-Est-ce que tu connais quelqu'un qui pourrait m'estimer...
Elle ferme les yeux un moment, se concentre, afin de ne laisser qu'à peine une infime partie de son corps se changer en Alicanto. Elle passe sa main discrètement sous son haut, accédant à la peau de son ventre d'où elle s'arrache quelques plumes. Elle contient avec difficultés de petites larmes qui commençaient à naitre dans ses yeux. Silencieux, les deux hommes à ses côtés l'examinent curieusement.
-ÇA !
Elle plaque une poigné de ses plumes d'ors sur la table. Bien qu'elle ait fais du bruit, elle n'a pas attiré l'attention plus que ça. En effet, l'annonce du jeu de la jarretière commençant bientôt a eu beaucoup d'effet. Les discussions environnantes sont très animées, surtout aux tables proches du couple de marié.
-Capitaine… tu t'es-
-Arrachée plusieurs de mes précieuses plumes ?! La coupe-t-elle d'un ton colérique. La réponse et OUI, stupide créature !
Les yeux de la jeune femme brillent d'un jaune intense, à l'image de ses plumes. Elle s'appuie sur la table et se frotte les yeux.
-Cylia, ça ne va pas ? s'enquit alors Amort.
Elle relève la tête dans sa direction, avant de se redresser. La lueur de ses prunelles n'ayant pas du tout changé, ça inquiète d'autant plus son compagnon. Il sait que le zoan mystique c'est manifesté avec vigueur. À tel point qu'elle en a perdu en partie la tête. « Étrange comme réaction… Elle peut oublier une partie de qui elle est avec ce fruit du démon. Il faudrait que je fasse quelque recherche là-dessus. » songe alors le docteur.
-Si, ça va très bien ! L'irritation s'entend toujours dans sa voix. Elle redirige son attention sur Curiel, qui n'avait rien ajouté. Tu ne veux pas qu'un autre homme retire la jarretière sur la cuisse de ta femme ? Alors faisons équipe, moi non plus je n'en ai pas envie.
Il attrape les plumes et Cylia tourne immédiatement la tête.
-Ça marche !
Il se lève à son tour, la jeune femme échange alors quelques paroles avec Doc Amor puis ils partent tous les deux. Elle souhaite remettre les vêtements qu'elle portait avant qu'on lui fasse enfiler son uniforme. Doc Amor ne voulait pas la laisser seule, il lui a juste demandé de pouvoir l'accompagner.
Le Phoenix, qui était non loin de là, a compris tout ce qu'il s'est passé. Bien qu'il n'ait pas pu entendre leurs échanges à cause du brouhaha, il n'est pas né de la dernière pluie. Mais ce qui attire le plus son attention, c'est la réaction vive de l'utilisatrice du Tori Tori no Mi model Alicanto. Connaissant bien les difficultés à maitriser ce type de fruit du démon, il s'interroge sur le devenir de la demoiselle. Il est possible qu'elle perdre totalement la raison un jour.
Mais il la sait bien protégé, pense-t-il en songeant à la marque que lui a confié Shanks. Qu'un officier de la Marine ait reçu cette distinction de la part d'un Empereur, c'est incongru. Mais cette information a déjà fait le tour du Shin Sekaï. Elle aura donc la paix et comme elle est de la Marine, même eux ne devrait pas s'en prendre à elle. Enfin ça, c'est de la théorie. Mais elle a promis à leur père de rester en vie. Elle tiendra sa promesse. La Marine ne doit pas être informée des rapports qu'ils entretiennent avec elle. Il l'utiliserait et c'est sans doute déjà le cas à cause de ses rapports avec Le Roux.
Mais de toute manière, ils retirent des avantages à se qu'elle soit chez l'ennemis. En effet, elle acquière de l'expérience en combat et stratégie. Ils n'auront pas à bord une novice qui pourrait faire preuve d'imprudence. Ils pourraient aussi lui soutirer quelques informations et renseignements, à l'occasion. De plus, l'avantage qu'il retire à ce qu'elle soit chez l'ennemis, c'est qu'il se délecte à l'idée de la leur voler. L'envie de l'empêcher de repartir de cette île est bien présente, mais il respecte ses choix. Il ne la contraindra pas. Tout du moins, c'est le cas pour le moment.
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-C'EST MOI QUI GAGNE !
Curiel est debout sur sa chaise, un pied sur la table, un poing vainqueur en l'air.
-RETIREZ LA JARTIERE COMMANDANT !
Plusieurs hommes témoignent leur impatience à assister à ce moment au charme plutôt érotique. La mariée est au naturel très belle, avec sa longue chevelure blonde et ses beaux yeux bleu océan. Son corps est devenu plus adultes avec le temps qui passe, mais malgré tout elle conserve une petite taille et un visage aux trais légèrement arrondis. C'est ce cocktail qui a charmé le pirate. En plus, tout deux étant passionnés par les armes à feu, l'alchimie à tout de suite fonctionnée.
Alors vêtue de cette robe de princesse d'un blanc immaculé et ses cheveux coiffés en une couronne sur l'arrière de sa tête, agrémentés de fleure marine bleu -offerte par le commandant Namur- lui donne un charme fou. L'idée de regarder Curiel retirer la jarretière de la cuisse de sa femme fait perdre la tête à nombre de spectateur. Ce dernier défend sa belle avec vigueur, il est hors de question pour lui de faire sa devant ses frères. Son argument étant qu'il le fera, mais pas avant la nuit de noce. Lorsqu'ils seront seul, là il se permettra de la lui enlever.
C'est alors qu'intervient l'un des membres de la division de Curiel, un jeune d'une vingtaine d'année aux long cheveux blond. Tout en mâchouillant un brin de blé sec, il se présente devant son Commandant peu rassuré, en voyant l'okama qu'il amène avec lui en robe de marié.
-Vu qu'il ne vous ai pas possible de trouver un terrain d'entente, avec les gars on s'est dit qu'on allait vous sortir de ce mauvais pas M'sieur.
La politesse et le respect contraste avec l'amusement dépeint par l'extrémité de ses lèvres.
-Vous n'êtes pas sérieux, hein ?
Le sourire du jeune s'agrandi.
-On a trop d'estime pour vous Commandant, pas question de laisser qui que se soit d'autre que vous poser un regard désireux sur votre femme. Mais on n'avait pas d'autre alternative, il fallait bien trouver un compromis avec les autres… C'est à vous de choisir. Il se retourne vers l'okama et l'invite à s'asseoir sur une chaise placée dans le dégagement. Si vous permettez, je retourne m'asseoir Commandant !
-Je m'suis fait rouler.
Non sans soupirer, il s'approche avec regret de l'okama, accompagné par de nombreux rires.
Toutefois, une personne partage encore moins l'amusement général. Une violente colère s'empare de Cylia et afin de garder pour elle seule cette agressivité montante, elle décide de se retirer. Elle est encore accompagnée par Doc' Amort, qui a compris la situation tout de suite. C'est Cylia qui rompt le silence, tentant de prendre sur elle afin que sa voix reste calme.
-Où est Albert ?
-Il se repose, Capitaine.
La jeune femme s'inquiète alors pour lui. Même si elle ignore qu'il n'allait pas bien, elle sait qu'il n'est pas de la première jeunesse. Après tout, même s'il est un incroyable combattant il a soixante-quinze ans.
-Je vais le voir ?
Le médecin à la voix électroniquement déformé demande plus pour la forme. Il connait déjà la réponse.
-Hum, elle lui répond positivement d'un mouvement de tête.
Alors qu'il était déjà en train de partir, Cylia l'interrompt.
-ATTENDS !
Elle le rattrape en courant lentement, ses talons et sa robe ne l'aidant pas à bouger. Derrière son masque, Doc Amort ne peux s'empêcher de sourire. La maladresse de sa Capitaine dans cette tenue la rend plus mignonne que ce à quoi elle les a habitué, lui et leur équipage.
Lorsqu'elle est à sa hauteur, elle l'attrape par le poignet. Son regard ramène le sérieux chez son interlocuteur, qui l'écoute alors avec une attention non feinte.
-Doc', je te le confie. Prend soin de lui.
Il hoche la tête.
-C'est promis, Capitaine.
Elle le relâche, rassurée et il repart. Mais bien que cet échange l'ait faite penser à autre chose, le courroux du zoan mythique ne s'est pas apaisé. La sensation de s'être faite embobiner par les pirates ne fait que rajouter de l'huile sur le feu. Elle choisi donc de s'isoler un petit moment, marchant dans l'une des rues de la ville. Elle s'arrête à la terrasse d'un café, sortant un billet du petit portemonnaie qui est toujours caché sur son uniforme et qu'elle avait récupérer. Elle l'avait ensuite discrètement glissé dans son décolletée, faute d'avoir une poche…
Bien qu'il y ait un énorme mariage, les rues de la ville sont très vivantes rien qu'avec la présence des habitants. Toujours sur les nerfs, Cylia pousse un soupire. À cause de sa tenue, elle est forcée de croiser les jambes sous la petite table ronde. Elle ferme les yeux et essaie de se détendre un peu.
-Qu'est-ce que je vous sers Madame ?
Elle sursaute en entendant la voix du serveur. L'homme au bouc souri de sa réaction et attends calmement.
-Un jus d'orange, s'il vous plait.
-Je vous apporte ça.
Alors qu'il fait demi-tour, Cylia rajoute.
-Et le journal si vous l'avez !
Il regarde par-dessus son épaule et lui répond.
-Je vous l'apporte, mais je le récupère quand vous avez fini.
Puis il retourne dans son établissement.
-Vous permettez que je vous tienne compagnie Madame ?
Cylia regard l'homme qui se tient sur sa gauche. Elle ne le connait pas. Ses vêtements sont simples, il porte un jeans foncé avec un t-shirt sobre. Il est brun, bien rasé et il n'est pas trop grand. Ce sont là les point que relève la jeune femme. Toutefois, elle a envie de calme est n'est pas de bonne humeur.
-Non, j'avais besoin de m'isoler un peu. Il y a plein de place ailleurs.
Il ne l'écoute pas et s'installe malgré tout sur la chaise d'en face.
-C'est vrai qu'il y en a ailleurs, mais je n'aurais pas une si belle compagnie.
Le serveur revient pour lui ramener ce qu'elle a commandé.
-Je vous paye la note !
Il lui fait un clin d'œil et comme promis sort un billet pour régler sa boisson. « Je sens que ma patience va encore être mise à rude épreuve… » pense alors Cylia.
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Malgré qu'il se soit passé un certain temps, l'homme n'est pas parti. Il est resté à scruter et parler encore et encore, ne laissant pas tranquille Cylia qui parvient à faire avec, lisant les articles du journal. Lorsqu'il se rend compte que la situation ne changera pas malgré ses efforts, il change sa stratégie de drague.
Cylia sent un pied frôler d'abord le sien, avant d'y aller plus franchement. Elle ressort alors brusquement de sa bulle, relevant le menton et passant son attention du journal à l'homme. Il lui fait un sourire charmeur, tandis qu'elle le fixe des yeux.
-Votre regard est hypnotisant… Le soleil est pâle à coté du jaune de vos yeux. Ils ont changé d'ailleurs, n'est-ce pas ?
Tandis qu'il remonte son pied un peu plus haut, accentuant ses caresses sous la table, il reprend. Même en n'obtenant pas de réponse il continu ses questions, comme fasciné.
-À quoi est-ce dû ? Il réfléchit. Oh… serait-ce grâce à l'effet que je te fais ?
Le passage du vouvoiement au tutoiement finis d'achever les dernières barrières de Cylia. Elle lui reparle enfin, avec un faux calme qui ne masque même plus l'agressivité contenue.
-Écoute moi bien, soit tu retire ton pied et tu dégage illico-presto… Sois je te brise les deux jambes.
Il marque un temps d'arrêt, ne parvenant pas à réagir, trop choqué. Il finit par enlever son pied lorsque le regard qu'il perçoit devient plus sévère. Il sursaute vivement lorsqu'une personne pose sa main sur son épaule.
-Ce n'est pas le genre de femme qui convient à n'importe quel homme. Elle est bien trop dangereuse pour toi, yoï.
Les paroles qu'a eu le premier Commandant ont eu de l'effet. L'homme décide de laisser tomber cette affaire, qui s'est avérée être trop risquée pour lui. « Une folle furieuse, cette femme n'est pas normale ! » Songe-t-il en partant, laissant sa place à Marco qui s'y assoit.
-Merci.
La voix de Cylia est empreinte de sincérité, elle allait vraiment lui sauter dessus… mais ça n'allait pas être dans le bon sens du terme.
-Ce côté sauvage fait ton charme, encore plus quand tu es habillée comme ça.
Elle lui sourit.
-Marco, je ne suis pas de nature possessive, mais mes plumes… j'y tiens énormément. Tu dois savoir ce que je ressens, non ?
-Oui, mais j'ai plus de maitrise que toi.
Cylia rigole et lui répond.
-En même temps, je ne serais jamais aussi calme que tu peux l'être.
-Si tu l'étais, nos rapports manqueraient de piquant.
Elle est gênée par les sous-entendus mais tente de ne pas trop le montrer. N'ayant pas envie de jouer à ce jeu, elle change rapidement de discussion.
-Ils en sont où dans les activités ?
-Le concours de tir et lancé de couteau est fini. Les jeux d'argent ont commencé.
En entendant le mot « jeu d'argent », Cylia n'a pas trop envie d'y retourner tout de suite. Elle n'a pas envie de se faire plumer (3). L'absence de réponse venant de Cylia informe le Phoenix qu'elle n'a pas l'intention de partir dans l'immédiat.
-Mais… est-ce que tu ne devrais pas y retourner ?
Marco saisi l'opportunité pour la taquiner.
-Tu voudrais que je parte ?
Il lui pose la question sur un ton volontairement sec. La réponse ne se fait pas attendre.
-Non, pas du tout, au contraire !
Elle a réagi exactement comme il le pensait. Il change alors d'attitude, prenant une posture plus détendue.
-Oh… il dépose nonchalamment son bras sur la table. Vous appréciez la présence d'un pirate ennemi à vos côtés, Capitaine ?
Mais contrairement à se qu'il s'attendait, elle ne se laisse pas démonter et lui répond avec franchise.
-La votre, oui, beaucoup.
Mais il ne laisse pas paraitre la surprise sur son visage, comme le pensait Cylia. Un sourire satisfait étire ses lèvres. Il se lève et elle l'observe tandis qu'il se place debout à côté d'elle.
-Tu sais, avoir pour moi seul ta compagnie n'est pas pour me déplaire. Mais je ne peux pas profiter de te voir dans cette tenue en étant installé comme ça.
Il rentre à l'intérieur du café et Cylia réfléchi un moment. Plein de questions et suggestions lui passant à l'esprit. Lorsqu'elle se décide, elle attrape le journal laissé sur la table avant de rentrer à son tour. Elle le dépose sur le petit contoire avant de chercher le pirate du regard. Elle le trouve assis sur une banquette placer contre le mur du fond de la salle.
Il a commandé des boissons pour tout les deux. Tandis que l'un des deux verres est placé devant lui, le second est à ses côtés. Elle s'assoie alors à la gauche du Phoenix, engageant cette fois-ci la discussion avec lui. Ils parlent tous deux un bon moment. Peut-être est-ce le fait d'être habillée comme une femme qui lui fait gagner en assurance ? Toujours est-il qu'elle n'est pas gênée lorsqu'elle sent son regard vagabonder sur elle.
Ils finissent par discuter de son travail, elle lui raconte alors qu'il y a un pirate que la Marine ne traque pas assez au vu des crimes que lui et son équipage ont commis.
-L'équipage de Rack-all (4), tu as dit ?
-Oui, c'est bien ça.
-J'ai des informations sur lui et leurs prochaines destinations.
-Vraiment ?
-Oui. Mais qu'est-ce que tu as à me proposer en échange de cette info, yoï ?
La question fait réfléchir un moment Cylia, qui après réflexion, le regarde avec un air qui intrigue le Phoenix.
-Est-ce que tu as des dés sur toi ?
Il fouille dans sa poche et dépose un jeu de dés devant elle.
-Voilà le marché que je te propose… On fait une partie, si je gagne tu me donnes ton info gratuitement.
Elle prend une gorgée de sa boisson, laissant durer un moment le suspense.
-Si je gagne ?
-Tu me donne aussi l'information.
Il rigole, plus amusé que moqueur.
-Ce n'est pas très équitable !
-Je n'ai pas fini ! Je t'offre aussi un baisé, mais… Elle détourne son regard, un vrai.
Voyant sa gêne plus qu'évidente, Marco n'hésite pas bien longtemps. Dans tous les cas, il comptait bien lui donner cette information. Il partage son avis sur l'équipage qu'elle prend pour cible. Ces gars auraient juste se qu'ils méritent en mourant. Mais il est important qu'elle apprenne que des échanges de renseignements doivent être gagnant pour les deux parties.
-Entendu.
En entendant sa voix, Cylia lui renvoie un timide sourire, lui faisant comprendre qu'elle est quand même contente qu'il accepte.
-J'ai juste une question.
-Oui ?
-Aurait tu fais la même offre à n'importe qui ?
Son interrogation lui déplait, Marco le remarque et sourit discrètement.
-Non mais ça ne va pas de demander ça ?!
-Donc ? Tu vendrais-
-C'est parce que c'est toi ! Tu es satisfait, on peut commencer maintenant ?
-Absolument. Te taquiner est un vrai plaisir dont je ne me lasse pas.
-Ce n'est pas partager !
Après lui avoir lancé un regard noir, elle attrape les dés.
-Je me doute. Donc à quoi tu veux jouer ?
-Une version détournée du Black Jack. Le but est de se rapprocher le plus possible d'un total de 21 sans dépasser. Il y a six manches.
-Si c'est un match nul ?
-On joue une dernière partie. Ça te va ?
-Lance tes dés, Miss. Je suis pressé de gagner.
-Non mais c'est quoi cette confiance disproportionnée !
Il ne répond pas, se contentant de la regarder, le sourire aux lèvres. Elle lance les dés, le jeu peux alors commencer…
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-22, tu as perdu yoï.
-Non… ce n'est pas vrai !
-Si, je reconnais que tu as bien combattu mais se n'était pas suffisant.
-Comment as-tu pu faire pile 21 sur cette septième manche ?! Franchement ça me dépasse…
-Et bien tu viens de te répondre.
-Comment ?
-Ça te dépasse.
-Humpf !
Elle relève le menton, contrariée d'avoir perdue de cette manière. Mais ce n'est pas de l'avis de Marco, qui le lui attrape entre deux doigts avant de lui faire tourner la tête. Ses lèvres frôlent les siennes. Puis il lui murmure au creux de l'oreille, la faisant frémir en sentant son souffle chaud.
-Je compte bien à se que tu remplisses ta part du marché. Si tu avais gagné, j'aurais joué le jeu et je t'aurais donné ton info' sans rien te demander. Maintenant, à toi de me montrer que tu as une parole.
Puis il la libère et s'installe confortablement sur la banquette.
-J'imagine que tu ne te conteras pas d'un simple baisé ?
-Tu imagine bien.
Elle soupire et jette un coup d'œil sur la salle qui -heureusement pour elle- est vide. Les quelques clients du café préfèrent profiter du soleil sur la terrasse. Elle ferme les yeux et tente de se raisonner pour calmer son agitation. Si elle lui a proposer ce deal, s'était qu'elle aussi dans le fond ça lui allait quand même. Avec le temps qu'elle a pu passer durant son séjour à Hand Island en compagnie du Phoenix, elle s'est mise à le percevoir d'une manière bien différente.
Elle n'est pas de ses femmes qui aiment particulièrement être l'objet de l'attention des hommes. Non, durant toute son enfance et son adolescence, elle était un vrai garçon manqué. Elle portait les vêtements trop petits de son frère et ne s'entendait pas avec les filles de son âge.
En arrivant ici, elle n'a eu que des hommes dans ses fréquentations. Misa était la seule exception. Tous ses compagnons d'équipage sont des hommes et elle serait gênée d'être perçue comme une belle femme. Mais au final, il est quand même possible d'être féminine en vivant sur un navire. Il y a des femmes Capitaine pirate ainsi que des officiers de la Marine, elles ont su faire leur place.
Dans le fond, même si elle a batifolé durant ses classes de la Marine, elle a très vite changé. Aujourd'hui, elle s'en contre fiche, ça ne l'intéresse même pas. Mais... ce n'est pas le cas avec Marco. Elle a besoin qu'il la regarde, mais d'une manière radicalement différente des autres hommes. Elle désir maintenant lui plaire et sait que c'est réciproque.
En jouant ce jeu de séduction, tous deux gagnent une satisfaction. Alors, pourquoi devrait-elle hésiter encore à être entreprenante ? Lorsqu'elle rouvre les yeux, elle est déterminée. Elle va lui faire tourner la tête, à ce Phoenix !
Alors, elle se lève pour se rassoir sur ses genoux, face à lui. Il lui passe un bras autour de la taille, l'enserrant alors et lui faisant passer un message indirect : « je ne te laisserais pas fuir ». Mais elle n'en a pas l'intention, au contraire, elle lui caresse la joue du bout des doigts et approche lentement sa bouche de la sienne. Elle marque un temps d'arrêt lorsqu'elles se frôlent, augmentant leur désir. Leurs lèvres ne se lient finalement pas, elle se redresse et caresse avec sa bouche son oreille. Léchant le contour avant de descendre jusqu'à son lob qu'elle attrape en bouche. Lorsqu'elle délaisse l'oreille, elle passe une main sur la nuque du Phoenix et l'embrasse finalement.
Leur baisé est fougueux, la langue du pirate prenant possession immédiatement de la bouche de sa belle. C'est elle qui met fin à leur batifolage et ils se regardent un moment dans les yeux, leurs deux visages très proches l'un de l'autre. Puis, il baisse le regard et porte un œil indiscret sur le décolleté plus bas.
-Même tes sous-vêtements te mettent en valeur.
Elle se dégage de son emprise pour se relever et réponds à sa dernière remarque.
-Je n'ai pas eu le choix de les mettre, on ne m'avait laissé que ça quand je suis ressortie de ma douche.
-Ils ont bien fait. Il marque un temps d'arrêt avant de changer de sujet. Tu trouveras l'équipage de Rack-all à la frontière du territoire du Roux. Ils sont actuellement à Skull Island pour recruter, tu devrais le trouver dans le secteur proche d'Izilia Island pour les mois à venir.
-Izilia Island ?
-Oui, il s'est mis à dos les Sad Moon (4). Ils pensent qu'en restant à la frontière du territoire d'un Empereur ils devraient être tranquille.
-Comment tu sais tout ça… ?
Il se lève à son tour avant de lui répondre, non sans afficher un sourire au coin de ses lèvres.
-J'ai mes sources.
-Mouais… bon et si on rejoignait les autres ?
-Hum, il commence à se faire tard, il est temps d'y retourner.
Effectivement, le soleil décline et prend des teintes orangées. Ils marchent alors côte à côte jusqu'à la place où les tables ont déjà été préparer pour le repas à venir. Cylia trouve Albert en compagnie de ses compagnons.
-Je vais voir comment va mon vieux Al'.
Il ne dit rien, se contentant de l'observer du coin de d'œil avant de partir lui aussi de son côté.
Lorsqu'elle s'approche de la tablée joyeuse, elle se fait rapidement remarquer. Ils la hèlent bruyamment, les quelques verres qu'ils ont pu boire leurs font déjà un peu effet.
-CAAPII-
-NAAAN ! interrompt l'un d'entre eux.
Ils murmurent peu discrètement, Cylia s'arrête et regarde avec une once de méfiance le groupe. Ils se retourne alors tous vers elle, un large sourire aux lèvres.
-FRAN-GINE FRAN-GINE FRAN-GINE !
Malgré leurs voix criardes, ils n'attirent pas réellement l'attention des autres convives autours d'eux. Les pirates de Barbe Blanche n'étant pas calme, bien au contraire, la fête du mariage fait un bruit énorme. Surtout que les plats ont commencé à être servis et l'impatience monte, car il faut attendre que toutes les tables soient servies avant de pouvoir entamer le repas.
Bien qu'elle tente en vain de le masquer, la petite attention de ses compagnons lui fait plaisir. Elle finit par s'asseoir à leurs côtés, sur une chaise qu'ils lui avaient gardée exprès. Elle est assise entre Beart, qui a une forte carrure en plus d'être vraiment grand et Doc Amort. Le médecin, bien qu'ayant soigné sont apparence, conserve sur lui plusieurs objets qui donne une étrange impression à quiconque le voit pour la première fois.
Il a une petite enceinte ronde insérer dans sa gorge, ainsi qu'un foulard qui remplace le masque qu'il porte habituellement. Pour manger, il glisse sa nourriture sous son cache. Amort est un homme qui aime garder une part de mystère et il joue son rôle jusqu'au bout.
Face à eux se trouve les deux jumeaux, Tim et Tom, habillés en costard… mais avec un stetson noir sur la tête. Isao, le roux au physique ravageur auprès des femmes, a conservé son sabre avec lui. Le seul qui semble « normal » parmi tous ses hommes, s'est le vieil Albert. Mais ses talents en matière de combat ne sont plus à prouver. Derrière ses lunettes rondes de papi, se cache un redoutable adversaire pour les jeunes (5).
En observant cette scène, on pourrait se demander ce que fait une femme au milieu de se groupe assez louche. Sa belle robe bleue et sa silhouette fine contraste drastiquement.
-Dis moi Al', comment te sens tu ? Cylia s'interroge sur le bien être de son précieux compagnon.
-Je vais bien, informe le vieil homme. J'ai juste eu besoin de calme.
La mascarade fonctionne pour tous, y compris Cylia qui est rassurée. Mais le docteur n'est pas dupe : il sait que c'est simplement les cachets qu'il a pris qui lui permettent de masquer la vérité.
-J'me d'mande se qu'il y a de bon à bouffer ce soir !
L'alcool ingurgité par Isao rend sa langue bien moins courtoise qu'à son habitude. Le plus jeune du groupe a du mal à supporter les « quelques » verres qu'il a pris avec ses frères durant l'apéritif. Mais personne n'est dérangé par ce changement, à vrai dire, à part Cylia, ils n'ont même pas prêté attention à ce détail.
-Je ne sais pas, répond la jeune femme, mais l'aspect de cette entrée donne envie.
-Bah, vu ce à quoi ça semble une fois que ça sort par le trou d'bal', on s'en fou.
Les rires accompagnent la tirade de Beart, mais ce n'est pas de l'avis de Cylia.
-Je ne suis pas d'accord ! Personnellement, je n'y toucherais jamais si ça ressemblait à ta merde. Après… elle hausse les épaules, chacun ses goûts.
Les discussions se relance continuellement, accompagnant le repas qui est exceptionnel. Le soleil fini même par disparaitre par-delà l'horizon, laissant la place être éclairée uniquement par les lampadaires et guirlandes lumineuses. Lorsqu'enfin tous ont fini de manger, des airs plus rythmés sont jouées par les musiciens. Plusieurs commencent alors à se mettre sur la piste pour danser ou juste faire les pitres.
Cylia se lève de table, sous les regards de ses compagnons qui ne tardent pas à réagir.
-Tu vas danser ? demande l'un des jumeaux.
-Oui !
-Vec' moi !
Isao tente de se mettre debout brusquement. En vain, il manque de se vautrer par terre. Il se fait bien évidemment charrier par les autres.
-Ah, j'donnerai 1 000 Berry rien que pour mater ça !
-Gamin, apprend déjà à tenir debout après quelques verres, avant de vouloir jouer les grands !
-Non merci Isao, Beart est-ce que tu m'accompagnerais ?
La réponse négative ne fait que renforcer les moqueries dont le sabreur est la cible. Toutefois, il y en a un qui avait surtout relevé la seconde partie de la phrase.
-Ouaiis ! Répond avec enjouement l'homme ours.
Le duo se rend alors jusqu'à la piste, qui est un dégagement laissé entre l'orchestre et les tables. La différence de gabarie et d'expérience rend la danse un peu maladroite. Ça ne les empêche pas de profiter de cet instant, qui sera plus tard un bon souvenir.
Ils restent ensemble pendant un moment, jusqu'à ce qu'ils participent à la danse du Limbo (6). Ils ont été rejoints par le reste de leur petit groupe, hormis Isao qui est trop alcoolisé et Albert qui -d'après ses dires- est "trop vieux" pour ce genre de chose. Lorsqu'elle a perdu à son tour, Doc Amort profite de l'occasion pour saisir la main de sa Capitaine. Il passe un bras autour de sa taille et ils commencent tout deux à danser ensemble. Il ne lui a guère laissé le choix, mais de toute manière elle n'aurait pas refusé.
Elle passe de bras en bras, dansant avec ses frères les uns après les autres. Jusqu'à ce qu'ils se retrouvent séparés, certains ayant été distrait par des pirates faisant les pitres tandis que d'autre s'étaient lancés dans des discussions avec eux. Des heures durant, la jeune femme danse, ne faisant que des courtes pauses avant d'être sollicitée pour retourner sur la piste. Non pas que ça la dérange, au contraire, la soirée est, de son point de vue, fabuleuse. De plus elle a pris en assurance, se sentant finalement à l'aise dans sa tenue de « vrai femme ».
Aux environs d'une heure du matin, elle ne tient plus. Non pas que l'alcool lui ait fais trop d'effet, elle n'a que très peu bu, se contentant de quelques gorgés par politesse lorsqu'il lui était servi un verre. La journée et cette soirée l'ont épuisé. Alors après avoir souhaité une bonne nuit à ses frères, non sans oublier de leur recommander de faire attention à eux, elle se dirige vers l'auberge.
Elle ne croise pas un chat sur la route. Heureusement, les rues pavées ne sont pas sombres et l'éclairage publique jaunâtre lui permet de voir correctement. Même les bruits de la fête sont atténués avec la distance et les bâtiments. « Je sens que je vais vraiment bien dormir… » songe Cylia en pénétrant par la porte arrière laissée ouverte par le réceptionniste. Elle monte jusqu'à la chambre qu'elle partage avec le Phoenix, qu'elle n'a pas recroisée depuis qu'elle l'a laissé avant le repas.
Elle soupire et rentre dans la sobre pièce, les bras ballant le long du corps. Elle va alors jusqu'à la fenêtre, d'où elle tire le rideau pour apercevoir la lune brillante comme un bijou. Le sourire aux lèvres, elle se perd dans ses pensées.
C'est la fin de la première partie. La seconde sera beaucoup plus courte, vu qu'il s'agit juste d'un lemon. Ça sera un petit « extra » qu'il n'est absolument pas nécessaire de lire.
(1) Myck : c'est juste un nom que j'ai choisi comme ça.
(2) Avoir la banane : c'est l'expression qui veux dire « être souriant ».
(3) « Elle n'a pas envie de se faire plumer » : ouais, un jeu de mot !
(4) Les équipages de Rack-all et Sad Moon : Il fallait bien inventer des noms…
(5) « […] se cache un redoutable adversaire pour les jeunes » : Comme il avait des problèmes de santé, Albert ne représentait pas un opposant sérieux pour des combattants aguerris. Sa grande faiblesse s'était son endurance.
(6) La danse du Limbo : Il faut passer sous une barre sans la toucher, le buste orienté vers le ciel. La difficulté monte au fur et à mesure que la barre est plus basse.
Note : Je ne sais pas quand sera finis le prochain chapitre. Certains sont au courant, mais dernièrement j'ai beaucoup de difficultés à me faire à un nouveau rythme de vie. Rien qu'au niveau de la santé se n'est pas mirobolant. Alors j'ai du mal à me poser sur l'écriture. Soyez assurés que je vais continuer et finir cette histoire de la manière qui était prévu. Rien ne changera là-dessus, c'est juste que je ne sais pas quand combien de temps ça va me prendre…
Un grand merci à tout ceux qui lisent cette fanfiction, ainsi qu'à ceux qui laisse un commentaire.
