Gilles observait les flammes qui dansaient à quelques pas de lui. Elles commençaient à lui apparaître troubles, presque floues quand il les fixait trop longtemps, et ses yeux le piquaient un peu.

"Je suis impressionné par un plan aussi audacieux, avoua Lord Locksley en souriant à son fils aîné. Mais ça aurait pu très rapidement dégénérer. Rien qu'avec ce qu'il a failli arriver à ton frère, tu...

-Je le sais, Père. Mais le Shérif ne nous a pas vraiment laissé le temps de nous préparer. Et puis Gilles est toujours entier, non ? plaisanta Robin en ébouriffant les cheveux de son cadet.

-Très drôle, marmonna le jeune homme en s'écartant. Pourquoi n'évoques-tu jamais les déboires que tu as rencontrées en te battant contre Nottingham ? D'après Marianne, ça n'était pas vraiment fameux.

-Elle n'a jamais dit ça ! Tu inventes complètement."

Le jeune voleur sourit en fixant le sol et se frotta les yeux.

"Tu es fatigué ? remarqua son père en avançant une main pour la poser sur son genou. Je devrais peut-être vous laisser prendre du repos. La journée a été éprouvante et je vois que vous ne chômez pas, ici.

-C'est Azeem qui fait le plus gros du travail de gestion, l'informa son plus jeune fils. Robin se contente de parader dans le camp et de donner des ordres.

-Hé, tu veux bien cesser de m'enfoncer une minute ? Père, dites-lui d'arrêter ! Moi, il ne m'écoute jamais.

-C'est toi qui inventes, cette fois, rétorqua Gilles en appuyant par réflexe sa tête sur son épaule."

Il ferma les yeux et respira l'odeur si particulière qu'avait la nuit, surtout lorsqu'elle était mélangée au feu de bois.

"Je suis vraiment heureux que vous soyez si proches, murmura Lord Locksley avec, le jeune homme l'entendit, un tendre sourire dans la voix. Je n'avais pas l'espoir de voir ça un jour, mais je remercie le Ciel de m'avoir donné cette chance.

-Heu... à ce propos, Père..."

L'estomac de Gilles se contracta à ces mots et, à contrecœur, il se redressa de l'épaule de son frère. Robin lui jeta un coup d'oeil dans lequel il lut une nervosité identique à la sienne, puis il s'enquit auprès de Lord Locksley :

"Vous... vous n'êtes pas sans ignorer que nous vous avons cru mort pendant près de huit mois. Où étiez-vous pendant tout ce temps ?

-Eh bien, c'est une histoire étrange, mon garçon..."

Lord Locksley prit une brindille à ses pieds, la cassa entre ses doigts et la jeta dans le feu. Il avait vraiment les mêmes tics que Robin quand il réfléchissait, remarqua Gilles.

"J'étais persuadé que les hommes de Nottingham m'avait enfermé dans une cage en fer, suspendue à plusieurs mètres de hauteur, et qu'ils m'y avaient laissé pour mort, répondit leur père. Pourtant, les marchands qui m'ont trouvé près du château affirment que j'étais étendu sans connaissance à quelques pas des ruines, les vêtements brûlés, déchirés et crasseux mais sans la moindre blessure."

Ses fils échangèrent de nouveau un regard. D'accord, jusqu'ici, ça semblait normal. Ressusciter impliquait bien de redonner vie au corps, pas étonnant que Lord Locksley se soit retrouvé éclatant de santé. Et le processus n'impliquant probablement pas de raccommoder des vêtements, l'état des frusques avec lesquelles Robin l'avait enterré faisait également sens.

"Je... J'imagine qu'ils vous ont trouvé pendant que le shérif incendiait le château, supposa Robin en pressant l'épaule de leur père. Un courageux parmi eux vous aura sauvé avant que vous ne soyez blessé et n'aura pas voulu l'admettre...

-Non, Robin. Ils n'étaient de passage dans la région que depuis quelques jours. Vous n'avez aucune idée de ce qui a pu m'arriver pendant tout ce temps ? Quand tu es rentré au château, Robin... il n'y avait aucune trace de moi ?"

L'archer baissa aussitôt les yeux au sol, et Gilles le vit esquisser le geste de tendre la main pour ramasser un débris au sol et le manipuler machinalement. Conscient que ce geste le trahirait sans doute auprès de leur père, il se dépêcha de coincer son bras avec le sien et de poser sa tête sur son épaule pour que son geste paraisse plus naturel. Robin sembla se reprendre et releva la tête vers les flammes.

"Des ruines du château, je n'ai pu ramener que Duncan, dit-il doucement.

-Duncan... Je suis désolé que tu aies dû le voir mourir aussi. Il était parmi nous depuis si longtemps qu'il était devenu comme un membre de notre famille."

Robin hocha la tête et sourit tristement à Lord Locksley quand celui-ci lui pressa l'épaule en un geste de réconfort.

"Les soldats du shérif vous retenaient peut-être quelque part, lâcha soudain Gilles sans redresser la tête. Il avait bien une sorcière parmi ses conseillers. Qui sait quelles horribles expérimentations elle a pu mener sur vous pour parfaire ses sortilèges tordus... Ça expliquerait pourquoi vous avez été inconscient si longtemps. Les soudards de Nottingham ont dû se débarrasser de vous peu de temps après sa chute, en pensant que vous seriez tué par des bandits ou des bêtes sauvages."

Son souffle s'accéléra dans sa poitrine et le jeune voleur s'efforça de rester impassible. Il sentit Robin bouger la tête pour le dévisager, et il devina aussi le regard de son père à la périphérie de son champ de vision.

"Une sorcière ? répéta Lord Locksley en fronçant les sourcils. On me l'a rapporté, mais je pensais qu'il ne s'agissait que d'une légende.

-Non, c'est bien le cas, renchérit Robin très vite. Nous avons tous les deux vu de quoi elle était incapable. N'est-ce pas, Gilles ?

-Oui."

Le comte se tut pendant quelques instants. Il dévisagea ses fils tour à tour; un regard que son cadet lui rendit avant de feindre un frisson de froid.

"Vous devriez rentrer au chaud pour vous coucher, suggéra aussitôt Lord Locksley. La journée a été riche en émotions.

-Vous avez raison. Et puis, Gilles devient ronchon quand il n'a pas eu ses huit heures de sommeil, rétorqua Robin malicieusement.

-Je suis désolé de te dire ça, mais il me semble que tu te confonds avec ton frère, mon fils."

Gilles rit, laissant la tension nerveuse retomber doucement. Allons, ce n'était peut-être pas aussi grave qu'il le pressentait... Il avait enfin son père, il était heureux. Il voulait désespérément profiter le plus possible de ces moments miraculeux.

"Prenez donc ma cabane pour ce soir, Père, proposa Robin en lui pressant l'épaule. Gilles et moi, nous dormirons là-bas, à la lisière du campement, à l'endroit où il a élu domicile.

-Pourquoi choisir un lieu si éloigné de tes camarades ? s'enquit le père en fronçant les sourcils.

-Je ne suis pas la personne la plus populaire de ce campement, répondit Gilles évasivement.

-Suivez-moi, Père. Je vais vous montrer mon habitation, lança le jeune noble."

Avant de partir, Lord Locksley fit quelques pas vers son cadet, puis il prit son menton entre ses doigts et lui releva la tête pour lui faire un baiser sur le front. Gilles était tellement heureux qu'il était certain que, si son stock de larmes ne s'étaient pas totalement vidé un peu plus tôt dans la journée, il se serait remis à larmoyer. Robin sourit et entraina leur père, sous le regard inquisiteur de Frère Tuck et Azeem, qui les observaient depuis une branche d'arbre renversée, un peu en retrait. Le jeune voleur comprit sans peine ce qu'ils attendaient. Trop fatigué pour aller leur parler, il tourna les talons pour rejoindre sa cabane.

À sa grande surprise, son frère le rejoignit quelques minutes plus tard. Il aurait pourtant cru qu'il profiterait de l'occasion pour s'entretenir un peu plus longtemps avec leur père de sujets qui ne le concernaient pas. Évoquer des souvenirs de l'enfance de Robin, de sa mère, de ce qui les avait opposés, d'affaires de nobles... Mais non, Robin grimpa l'échelle de cordes alors que Gilles venait à peine d'ôter ses chausses et sa veste pour aller se coucher.

"Tu reviens déjà ? s'étonna le jeune voleur en grimpant dans son lit. J'étais persuadé que vous auriez plein de choses à dire dans mon dos.

-Nous n'avons pas besoin d'attendre que tu partes pour nous confier des choses, rétorqua Robin en souriant."

Il prit appui sur le mur en bois pour ôter ses bottes. Après quoi, il défit sa ceinture, sa veste et jeta le tout dans un coin.

"Je ne te crois pas, répliqua Gilles pendant que son frère le rejoignait. Tu meurs d'envie de te plaindre de mon impatience, de mon insolence et de la façon dont je me suis comporté avec toi, je le sais !

-C'est vrai, répondit Robin en se glissant paresseusement sous les couvertures. Mais je n'ai pas besoin de me cacher pour me plaindre de ça. Petit Loup et ses frères et sœurs passent bien leur temps à se disputer devant Petit Jean et Fanny."

L'archer posa la tête sur l'oreiller, mais il demeura un moment à fixer le plafond de bois.

"Je ne sais vraiment pas comment tu as fait, avoua-t-il enfin, mais tu as ramené notre père.

-Est-ce que tu crois... que nous l'avons retrouvé définitivement ? murmura le jeune voleur, la gorge nouée.

-C'est difficile à dire, pour le moment... Mais je l'espère de tout mon coeur.

-Tu ne m'en veux plus, pour le rituel ?

-J'aimerais pouvoir continuer à te le reprocher... mais ce n'est pas comme si je n'étais pas aussi soulagé que toi de revoir notre père. Mais c'était quand même très mal, Gilles, le menaça-t-il d'un air sévère."

Le jeune homme hocha la tête et se glissa sous le bras de son frère pour se caler plus confortablement contre lui.

"Tu n'as pas eu assez de câlins pour aujourd'hui ? le taquina Robin en souriant, mais il resserra son étreinte autour de ses épaules."

Dehors, la nuit était tranquille et calme. Les deux frères ne s'éveillèrent pas une seule fois jusqu'au matin.

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Les bruits de pas précipités, les fougères qu'on écrase, les murmures et les cris tirèrent peu à peu Robin du sommeil. Gilles, qui ne dormait jamais vraiment sur ses deux oreilles, clignait déjà des yeux et avait entrepris de se faufiler hors des bras de son frère.

"Qu'est-ce qui se passe ? lui demanda ce dernier pendant que son cadet, plus rapide que lui, se penchait par la fenêtre pour voir ce qui avait causé ce remue-ménage.

-Les hommes que tu as désignés pour monter la garde près de la rivière sont de retour, lui répondit Gilles en plissant les yeux. Mais ils avancent de manière bizarre... je crois qu'ils portent quelqu'un avec eux.

-Qu'ils portent quelqu'un ?"

Robin se dépêcha d'enfiler ses chausses et sa veste et accourut auprès de son frère. Mais le feuillage dense qui s'étendait sous eux les empêchait de voir correctement ce qu'il se passait; tout juste distinguaient-ils des silhouettes fragiles qui se hâtaient vers le même endroit, entre les trouées de feuillage.

"Dépêchons-nous, lança Robin en gagnant la porte sans attendre de réponse de son frère."

Dehors, les clameurs et les lamentations se faisaient plus puissantes. Les deux frères échangèrent un coup d'oeil et accoururent vers le point de rassemblement.

"Que se passe-t-il ? demanda le chef des voleurs en se frayant un chemin dans l'assemblée.

-Robin... Nous avons eu un accident en montant la garde près de la rivière, balbutia l'un des hors-la-loi, visiblement sous le choc. Tout d'un coup, sans prévenir, Gontran a glissé dans l'eau et il s'est cogné la tête sur un gros rocher... Il est mort, Robin !"

L'archer hocha la tête, la gorge nouée. En laissant son regard errer alentour, il avait aperçu le cadavre que ses hommes transportaient et avaient déposé au milieu du campement.

"Je suis vraiment désolé pour Gontran, murmura-t-il en pressant l'épaule du voleur. Je sais que vous étiez très amis."

L'homme hocha la tête et s'éloigna, la mine basse, en direction des cris et des lamentations de la femme de Gontran et de leurs enfants. Robin, le coeur serré par la compassion, se fraya un chemin à travers les habitants de Sherwood pour leur offrir quelques paroles d'empathie. C'était son rôle, en tant que chef. Gilles ne le suivit pas mais ça ne le surprit guère. Ce n'était pas parce que c'était son frère que les gens l'appréciaient forcément plus qu'avant.

"Je suis désolé, répéta-t-il à la femme du défunt, qui étouffa un sanglot et se blottit contre sa poitrine pour pleurer un instant. Je sais que c'est un maigre réconfort, mais le groupe s'occupera toujours de toi et de tes enfants."

Elle hocha la tête, les yeux rouges. Robin s'éloigna, dispensa quelques paroles de consolation aux amis du mort et termina devant Frère Tuck, qui se frayait un passage dans la foule pour rendre les derniers rituels au corps de Gontran. Azeem se tenait juste derrière lui.

"Nous avons surveillé ton père toute la nuit, déclara le maure à voix basse, d'un air à la fois sérieux et perplexe. Et il ne s'est rien passé d'anormal. Je commence à croire... qu'il est bel et bien humain...

-C'est bien ce que je vous avais dit !

-Oui, mais nous devrions tous continuer à faire attention. Il est trop tôt pour penser que toute menace est écartée."

À l'orée de la clairière, Robin vit la haute silhouette de son père qui s'était avancée pour voir ce qu'il se passait. Gilles n'avait eu aucun mal à le repérer et il se tenait juste à côté de lui, ses émotions de gratitude et de joie encore tellement palpables que l'archer pouvait les sentir d'ici.

"C'est bien triste, ce qui est arrivé à cet homme, déplora Lord Locksley quand il les rejoignit.

-Nous avons perdu beaucoup plus d'hommes quand le Shérif nous a attaqués il y a quelques semaines, soupira Robin en entrainant son frère et son père vers l'un des feux de camp où certains de leurs camarades étaient aussi allés se rassembler. Mais ces pertes demeurent une épreuve pour nous tous."

Ils tenaient tous un bol grossièrement taillé dans le bois et rempli d'une bouillie de graines et de lait de chèvre qu'ils mangeaient tous les jours en cette saison. Un morceau de pain les accompagnait. Sans qu'on lui demande quoi que ce soit, Gilles trottina vers les femmes qui préparaient le repas matinal et récupéra trois récipients de l'épaisse bouillie pour les porter à son père et son frère.

"Merci, mon garçon, sourit Lord Locksley en tendant la main pour lui effleurer brièvement la joue, faisant scintiller des milliers d'étoiles dans les yeux du jeune homme."

Il tendit ensuite sa part à son frère et prit place à côté de lui, comme s'il n'osait pas vraiment s'assoir au milieu.

Il devenait très rapidement lassant de manger tous les jours la même chose, surtout aussi fade, mais les hivers offraient peu de possibilités, en ce qui concernait les fruits et la viande fraîche. À chaque fois qu'il voyait son frère dévorer la bouillie comme s'il devait profiter de la moindre occasion de pouvoir manger, Robin se sentait coupable. Même maintenant, dans ce camp relativement sec et abrité où tout le monde s'entraidait, le dénuement dans lequel Gilles avait dû vivre toute sa vie se faisait cruellement ressentir, à certaines occasions. D'ailleurs, en croisant le regard que leur père posait sur le jeune voleur, Robin comprit qu'il pensait la même chose. Gilles finit par s'en apercevoir et il la dévisagea l'un et l'autre, essuyant l'air de rien la trace de nourriture sur sa pommette.

"Je sais que ce n'est pas très élégant, admit-il, mais les habitudes ont la vie dure. D'autant plus que nous ne sommes pas certains de retrouver un château de si tôt.

-Mais oui, notre château ! s'exclama Robin. Merci, Gilles. Je n'arrive pas à croire que j'aie pu oublier ça."

Il donna une tape reconnaissante dans la cuisse de son frère et se tourna vers Lord Locksley.

"Père, il y a quelques jours, j'ai appris que notre oncle Jean avait l'intention de profiter de votre... disparition et de mon statut de hors-la-loi pour s'accaparer vos terres, lui révéla-t-il. Vous ne pouvez pas le laisser faire ça. Maintenant que tout le monde sait que vous n'êtes pas mort...

-Jean n'aura vraiment jamais de cesse d'essayer de me prendre ce qui m'appartient, soupira le comte, accablé. J'aurais dû me douter qu'il tenterait une chose pareille. Je vais aller lui parler. Sais-tu où il demeure en ce moment ?

-Oui, nous sommes allés lui rendre visite i peine une semaine.

-"Nous" ? Tu veux dire, ton frère et toi ?

-Non... J'y suis allé avec Marianne."

Un sourire naquit aussitôt sur le visage de Robin, même s'il était mâtiné d'une légère tristesse, qui ne parvenait pas à ternir son éclat.

"Vous vous souvenez de Marianne Dubois, la sœur de Pierre ?

-Bien sûr, comment pourrais-je l'oublier ? Sa famille et la nôtre sont des amies de longue date."

Le père et le fils aîné se lancèrent dans une discussion animée. Comme il était bon de pouvoir de nouveau évoquer ces temps moins difficiles, où il était plus heureux, avec quelqu'un d'autre que Duncan. Bien sûr, cette période était teintée de chagrin à cause de la mort de Pierre, et de gêne pour le froid qui avait régné entre Lord Locksley et son fils. Néanmoins, cette conversation éclaira un peu le moral de l'archer après les tragiques nouvelles précédentes.

"Je vais aller rendre visite à Jean tout de suite, déclara Lord Locksley après avoir vidé l'entièreté de son écuelle. Je ne peux pas laisser croire plus longtemps que je suis mort. Robin, aurais-tu une monture à me prêter ?

-Je ne sais pas si c'est très prudent, Père, répondit Robin, hésitant. Le Shérif est peut-être mort, mais vous restez vus aussi un hors-la-loi aux yeux de la justice tant que Richard ne nous a pas graciés."

Au bout d'un seconde de réflexion, Lord Locksley hocha la tête, même si son regard dur laissait clairement voir ce qu'il pensait de cette injustice.

"Je vais envoyer un messager à Marianne pour qu'elle arrange une rencontre, comme la dernière fois, proposa son fils aîné. Ce sera plus sûr.

-Très bien. Je te laisse t'occuper de ça, Robin. Et une fois que tu auras terminé, dis-moi ce que je peux faire pour t'aider avec tout ces gens que tu as rassemblés. Je n'ai pas l'intention de rester sans rien faire.

-Bien sûr, Père. Je m'en occupe tout de suite."

Robin sourit une nouvelle fois à Lord Locksley et s'éclipsa. Il eut le temps de voir leur père se pencher vers Gilles pour lui proposer de lui faire visiter le campement, et il ne put s'empêcher de se dire que, peut-être, les choses finiraient par se tasser et qu'ils n'auraient plus qu'à attendre le retour du roi. Mais ce calme soudain pouvait tout aussi bien annoncer l'arrivée d'une terrible tempête.