Bonjour tout le monde, voici la suite pour ceux qui l'attendait ;)

Je voulais avant tout remercier Cp15 pour sa review sur le dernier chapitre, La Chapeliere (ne t'use pas trop la voix quand même xD), Nesple et tous les autres qui me soutiennent, me lisent et/ou follow cette traduction.

Maintenant, place au chapitre.


Chapitre 14 : Where Do You Run ? (Où est-ce que tu cours ?)

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Lorsqu'elle se réveilla le lendemain, Darcy se sentit bien plus reposée que la veille. Le brouillard à l'intérieur de sa tête s'était estompé et la lumière qui filtrait à travers les stores était moins pénible que la première fois.

« Comment te sens-tu aujourd'hui ? » Demanda le médecin en s'approchant d'elle avec son porte-document.

« Beaucoup mieux. » Répondit-elle avec humeur en se redressant dans son lit. « Mais je meurs de faim. »

La femme lui renvoya un sourire rassuré. « C'est bien souvent ce qui se passe quand on est alimentée que par une sonde. Je vais demander à quelqu'un de t'apporter un plateau repas. Je t'ai déjà fait passer quelques examens la veille, mais j'ai encore besoin de m'assurer que tout va bien. »

Cette fois, l'auscultation dura moins d'une dizaine de minutes et s'avéra moins désagréable que la veille. On lui retira la compresse et le bout de sparadrap qu'elle avait au bras en lui soutenant qu'elle avait été mise sous perfusion durant la totalité du mois qui venait de s'écouler. Darcy fut soulagée de ne pas s'être réveillée avec le cathéter planté dans la peau. Elle, qui détestait les aiguilles, l'aurait probablement arrachée même en gardant en tête les grandes mises en garde de Jane sur le sujet : 'Si on perfuse les gens, c'est pour une raison Darcy. Imagine que ton corps a besoin d'électrolytiques, tu ne peux pas simplement retirer ce qui te maintiens en vie'.

Le médecin lui indiqua une salle d'eau au fond de la pièce où elle put prendre une douche ridiculement longue et chaude pour laver son corps des restes de fatigue. Darcy bénissait les douches et les nuages de vapeurs bouillonnants qui enveloppaient sa nudité. Le quart d'heure passé sous les jets revigorants et bienfaiteurs lui donna la sensation de renaître de nouveau.

À défaut d'avoir un sèche-cheveux, la brune tressa ses longs cheveux en deux nattes identiques. Jane lui avait apporté quelques vêtements propres de la maison qu'elle avait disposée sur l'unique meuble de la salle de bain au début de son hospitalisation. Cela permit à Darcy de porter autre chose qu'une blouse d'hôpital, qui ne cachait absolument rien de sa pudeur.

Lorsqu'elle revint s'asseoir sur son lit, la jeune femme remarqua deux choses : d'abord les exhalations enivrantes qui émanaient de son plateau repas posé sur l'adaptable et ensuite la présence de son amie assise dans l'un des gros fauteuils, le journal du jour ouvert sur les cuisses.

« Salut. » Lança Darcy à son encontre.

Jane leva les yeux de son journal comme un lapin pris en faute. « Oh, salut. Désolée, j'étais juste- »

Darcy écarta ses explications d'un geste de la main, habituée malgré elle à l'esprit scientifique de sa patronne et amie. « Ça va, ce n'est rien. » Elle sauta en travers de ses draps défaits et tira le plateau vers elle. Il était sans doute tard pour qu'on lui serve à dîner et elle se demanda à quel point son corps devait être décalé par rapport à la réalité. Chassant cette pensée de son esprit, elle ne mit pas longtemps à jeter son dévolu sur les lasagnes encore fumantes.

La portion était bien décevante, par contre, mais ce constat ne l'empêcha guère de planter sa fourchette avec avidité dans son assiette et porter un morceau dégoulinant de fromage à sa bouche.

« Comment tu te sens ? » Lui demanda Jane en l'observant manger avec appétit.

« Bien mieux. » Répondit machinalement sa collègue entre deux bouchées. « Vraiment bien, en fait. Je pense même que si on me le demandait, je pourrais venir vous aider Banner et toi au labo aujourd'hui. »

Darcy prit le temps de mâcher lentement sa bouchée tout en observant avec attention la réaction de Jane. Comme elle s'y attendait, la blonde détourna le regard avant de lâcher un 'Ouais' loin d'être convainquant.

« À ce propos, ta mère a téléphoné il y a une semaine pour savoir si tu viendrais fêter Noël avec eux en famille. Ne t'inquiète de rien, j'ai réservé les billets d'avion pour éviter que tu n'aies à le faire. »

« Quoi ? » S'étrangla la jeune femme.

« Oh… Je pensais que tu… » Bredouilla son amie, la déception transparaissant sur ses traits.

Elle s'était certainement attendue à ce que la nouvelle la réjouisse. Darcy soupira longuement. Elle ne pouvait pas vraiment blâmer Jane pour son geste. Ce n'était pas comme si elle se plaignait à longueur de journée de sa famille, elle se contentait simplement de les ignorer dans l'espoir qu'ils fassent de même avec elle. Ce n'était pas non plus comme si elle avait une réelle raison de se plaindre d'eux, ils n'étaient pas mauvais dans le fond, seulement, ils n'arrivaient jamais à se mettre d'accord sur quoique ce soit.

« Ça va, ce n'est pas grave. Merci quand même. » Répondit-elle avant de demander. « Mais comment va-t-on faire avec Loki ? »

« Il t'accompagnera, bien sûr. » Certifia Jane, comme si cela allait de soi.

Darcy cligna une fois des paupières, attendant précisément le moment où Jane se mettrait à rire et lui révèlerait que tout ceci n'était qu'une vaste plaisanterie. Puis, elle s'imagina ce que donneraient les présentations entre sa mère et Loki, l'incontesté Dieu de la Malice Nordique.

« Tu t'attends réellement à ce que j'emmène Loki visiter ma famille ? »

Jane haussa simplement les épaules. « C'était l'idée de Fury. Il s'est dit que tu pouvais le présenter comme ton petit-ami ou un truc dans le genre. »

« Mon quoi ?! » S'écria Darcy, qui commençait à trouver la plaisanterie bien trop longue à son goût. Ils se moquaient d'elle. Ils devaient forcément tous se moquer d'elle !

« Tu auras tout le temps de peaufiner les détails plus tard, en attendant, regarde un peu ce que je t'ai apporté ! C'est une version simplifiée et définitif du pont d'Einstein-Rosen. J'ai pensé que tu pourrais y jeter un œil. »

Darcy, qui se trouvait toujours perdue dans la dimension un Joyeux Noël avec Loki se dit qu'elle pourrait tout aussi bien se pencher sur le problème un peu plus tard. Elle était très douée quand il s'agissait de procrastiner. Son attention se posa alors sur le livre que Jane lui tendait.

« Oui, pourquoi pas, » lança la brune à travers sa bouchée de lasagne, essayant de se montrer aussi enthousiaste que possible. « Yeah, ça à l'air méga fun. »

Elle prit l'ouvrage qui semblait très abimé à certains endroits et tenta de l'ouvrir. Ses yeux parcoururent en diagonale les pages qu'elle faisait défiler sous ses doigts, s'arrêtant de temps à autre sur un mot que son cerveau ne peinait pas à déchiffrer.

« Waouh, » s'exclama-t-elle au bout d'un moment. Une chose était certaine, ce qu'elle était en train de lire avait de quoi surprendre. « Est-ce que c'est vraiment ce qui nous attend ? »

Elle désigna de son index le chiffre que Jane avait inscrit dans la marge. Celle-ci se pencha pour voir ce qu'elle lui montrait avant d'acquiescer.

« C'est bien ça. » Confirma-t-elle avec un sourire.

« Jane, c'est beaucoup d'énergie. » Fit remarquer sa collègue.

« Je sais. »

« Je te rappelle qu'on ne peut pas produire ce genre d'énergie ! » Ajouta Darcy avec conviction. Jane fut sur le point de la corriger avant de s'abstenir.

« C'est vrai. » Répondit-elle à la place. « Mais je pense que je connais quelqu'un qui peut. »

Au même moment, des pas précipités surgirent dans le couloir. Alertées, les deux jeunes femmes s'entre-regardèrent avant de détourner leur attention vers la porte de la chambre. Quelques secondes plus tard, les voilà qui rejoignait une horde d'agents en uniforme qui se précipitaient à travers le corridor.

« Qu'est-ce qui se passe, ici ? » Dû crier Darcy à travers la confusion qui s'était créée.

« Aucune idée ! » Lui répondit Jane sur le même ton.

Toute l'unité s'était rassemblée dans une des salles qui servaient de débriefing aux agents. Chaque étage en possédait une, mais Darcy ne les avait jamais vu aussi pleines à craquer. Des collègues en uniforme s'étaient postés autour d'un écran de télé qui diffusait en direct la parole d'un journaliste.

« … réunis autour de la résidence du millionnaire Tony Stark à Malibu, qui, il y a quelques instants, a été le théâtre d'une attaque de masse organisé par le Mandarin. Mr. Stark, aussi connu pour être l'inventeur du costume d'Iron Man et pour sa participation à la Bataille de New York, avait préalablement provoqué le Mandarin jusqu'à amener ce dernier à venir à sa rencontre. »

« Après avoir communiqué son adresse, il y a de cela quelques jours, Mr. Stark aurait supposément dû rester caché, mais une source nous a confirmées que lui et sa partenaire, la PDG de Stark Industries Mlle Virginia 'Pepper' Potts, ainsi qu'une scientifique du nom de Maya Hansen étaient présents lors de l'attaque milité par le Mandarin. On nous a assuré que Mlle Potts et le Dr Hansen se portaient bien, mais aucun signe de vie n'a été rapporté concernant Mr. Stark. Les recherches se poursuivent inlassablement, mais les chances de survie restent très minces. Au moment où nous vous parlons, Tony Stark est présumé mort. »

Une cacophonie de tous les diables éclata autour de Darcy, noyant le restant des paroles du journaliste à la télévision. En se tournant vers elle, Darcy perçut le visage livide de Jane.

Elle entrouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais une voix retentit à travers les haut-parleurs au-dessus d'eux.

« Que tout le monde garde son calme. » Résonna la voix modifiée de Nick Fury.

Darcy échangea une œillade interrogative à l'attention de Jane, qui lui répondit en secouant la tête, tout aussi déconcertée qu'elle. Cela supposait que Fury ne se trouvait pas dans la base. Elle présuma que sa voix devait être retranscrite en temps réel dans les différences bases dispersées à travers tout l'Etat.

« Stark n'est pas mort. Nous avons réussi à percevoir la signature énergétique de son costume. Les départements de recherche sont déjà sur le coup, il en va donc pour les agents non affiliés de retourner immédiatement à leur poste respectif sans perdre plus de temps. »

Les haut-parleurs grésillèrent un instant, comme animés par des parasites avant de s'éteindre définitivement.

« Voilà qui sonnait intensément dramatique ! » S'exclama Darcy, toute contente d'avoir un peu d'action.

« Eh, là-bas ! » Aboya une voix au loin. La jeune femme aperçut un agent qu'elle ne connaissait pas s'avancer vers elle d'une démarche droite. Sa peau était sombre et il paraissait tout aussi grand que Thor dans son souvenir. « Vous n'êtes pas autorisée à sortir. »

« Sortir d'où ? » Itéra-t-elle. « De la chambre d'hôpital ? Ouais, je sais, mais je me sens beaucoup mieux maintenant. »

En le voyant approcher, Jane se raidit tout à coup à ses côtés, les yeux rivés vers le sol.

« On était supposé vous emmener à l'étage inférieur une fois réveillée. » Ajouta-t-il d'un ton bourru.

« Vraiment ? » S'enquit la brune en jetant un œil confus à sa camarade.

« Ouais, rejoindre ton petit copain. » Renchérit l'agent, passablement agacé.

« Loki ? » Devina-t-elle, surprise.

« Lui-même. » Confirma l'homme tandis qu'elle se réjouissait de la nouvelle.

« Ça tombe bien. Je voulais m'entretenir d'une chose avec lui. » Lâcha-t-elle avant que l'homme ne lui agrippe fermement le bras.

Darcy se dit que cela n'était pas franchement nécessaire, mais préféra garder le silence face à l'agent qui se révéla sourd à ses protestations.

« On se voit plus tard ! » Lança-t-elle à son amie.

Tous deux se dirigèrent vers l'ascenseur qui les mena à l'étage inférieur. Les portes s'ouvrirent et Darcy put apercevoir le numéro inscrit sur le mur. Quatorzième étage. L'unique division qui abritait les cellules de détention. Il n'y en avait pas énormément, car la base du Nouveau-Mexique était principalement destinée aux recherches, mais on n'était pas à l'abri de quelques situations d'urgence. Et apparemment, c'est comme ça qu'il la qualifiait.

Elle adressa un regard dégoûté à l'agent.

« Ne vous inquiétez pas. » Murmura-t-il d'une voix étonnement douce. « C'est seulement l'histoire de quelques jours pour laisser le temps aux mieux placés de passer à autre chose. »

« Qu'ils aillent se faire foutre. » Lança-t-elle avec une éloquence sans pareille. Jane était au courant. Jane allait le payer.

L'homme renifla doucement et la conduisit à l'intérieur du quartier avant de s'arrêter à mi-chemin. Des gardes étaient postés devant chaque porte blindée. L'une d'entre elle scanna son pass d'accès dans la fente d'un cadran électronique pour déverrouiller l'une des portes.

La cellule qu'on lui présenta était exiguë, mais avait le mérite d'être propre. Les murs étaient faits du même métal que ceux des salles d'entraînement et un petit banc rembourré sur lequel était étendu Loki longeait le côté le plus éloigné de la cellule. L'un de ses poignets était menotté et relié à un crochet dans le mur.

Lorsqu'il l'aperçut dans l'encadrement, l'homme se redressa vivement sur son banc tandis qu'une lueur fugace d'où se mêlait joie et surprise traversa ses traits. Darcy s'abstint de lui rendre son sourire, c'était une bonne chose qu'il soit content de la voir, mais il le regretterait rapidement une fois qu'elle déchargerait toute sa frustration sur lui. Et malheureusement pour lui, elle avait de la ressource. Dieu merci, sa gorge ne lui faisait plus du tout défaut.

« Darcy. » L'entendit-elle souffler avec ce qu'elle reconnut être du soulagement. Elle lui accorda un petit signe de la tête, loin d'être à l'aise par la présence des agents à ses côtés.

L'un des gardes, une femme, censée surveiller la cellule confia une paire de menottes au collègue, qui l'avait accompagné jusqu'ici. Darcy leur lança un regard sceptique.

« Vous vous moquez de moi. » Lâcha-t-elle.

Elle vit l'homme hausser les épaules en réponse. « Désolé, c'est la procédure standard. »

La jeune femme leva les yeux au ciel. Elle était bien consciente qu'il ne servait à rien de leur en tenir rigueur, après tout, ils ne faisaient qu'obéir aux règles, néanmoins elle ne pouvait s'empêcher de trouver leur respect des procédures ennuyantes. Darcy se promit qu'une fois sortie d'ici, Fury en entendrait parler longtemps.

L'un des agents qui se tenait derrière elle lui fit signe de s'asseoir sur le banc opposé à celui de Loki, et comme son voisin, lui menotta le poignet à l'aide d'un crochet métallique emprisonné dans le muret.

L'agent hocha une dernière fois la tête à leur attention avant de refermer la porte de la cellule derrière lui, la laissant seule avec Loki.

« Darcy, » commença ce dernier.

Elle tourna aussitôt la tête vers lui. « Tu as utilisé la magie. » Le coupa-t-elle froidement. Sa voix était devenue extrêmement sèche en s'adressant à lui.

Il eut l'air décontenancé par le ton sans ambages qu'elle employa avant de répondre avec prudence. « Je… oui, c'est vrai. » Admit-il.

« Beaucoup de magie. » Rétorqua-t-elle.

Le dieu hésita avant d'acquiescer prudemment.

« Pourquoi as-tu fait ça ? »

« Je ne peux pas te le dire. » Répondit-il rapidement.

Elle s'appuya contre le mur et étendit ses jambes le long du banc avant de relever la tête pour l'observer avec dureté. « Et pourquoi ça ? »

« Parce que je ne peux pas. » Pesta-t-il.

L'expression de Darcy resta inchangée, mais elle se pria à baisser le ton.

« Pourquoi ça ? » Répéta-t-elle une seconde fois.

« Parce que je ne peux pas. » Riposta-t-il sans rien cacher de sa colère cette fois.

Elle ignora son poignet entravé au mur et dont l'extrémité pendouillait au niveau de son épaule. L'alliage qui composait les menottes coupait toute circulation rendant sa peau aussi froide que le métal. Peu importe le temps que ça lui prendrait, elle obtiendrait coute que coute les réponses à ses questions.

« Tu as utilisé la magie. » Insista-t-elle toujours sur le même ton monotone.

Il garda le silence.

« Et tu ne peux pas me dire pourquoi. » Termina-t-elle.

Il demeura mutique.

« Jane m'a dit qu'ils ne pensaient pas que je me réveillerais un jour. » Dit-elle, la froideur palpable dans sa voix au point qu'il ressentit ses mots trancher sa chair comme le ferait une lame de couteau. « J'ai failli mourir et tu ne veux pas me dire pourquoi. »

« C'est plus prudent si tu ne sais rien. » Répondit tranquillement son voisin, ses yeux la suppliant de laisser tomber ce qui ne fit qu'attiser encore plus sa colère.

« J'AI FAILLI MOURIR, LOKI ! » Lui hurla-t-elle. « Cela n'a-t-il donc aucune importance pour toi ? »

« Bien sûr que non. » S'emporta-t-il avec animosité avant de se lever d'un bond de son banc.

« Je veux dire, outre ce qui nous lie magiquement l'un à l'autre ! » Répliqua-t-elle, sautant à son tour sur ses pieds. « Est-ce que ma mort t'importe-t-elle peu à ce point ? »

« Je… pas… vraiment. » Lâcha-t-il avec beaucoup de difficulté.

« Alors pourquoi, » demanda-t-elle à travers les larmes qui profilaient à travers ses yeux. Elle pensait avoir passé le cap où il ne se souciait d'elle que comme d'un otage magique. Apparemment, elle avait bien plus tort qu'elle ne l'aurait admis. « Pensais-tu que cela valait la peine de risquer ma vie pour ton stupide tour de magie ? »

« Je ne peux rien te dire. » Répéta-t-il avec une lenteur exagérée, comme si elle n'était rien d'autre qu'une enfant inapte à comprendre les bases les plus simples.

« Alors quoi, tu penses que mon cerveau n'est pas à même de comprendre cette information d'une importance capitale ? » Cracha-t-elle avec sarcasme.

« Oui, totalement. » Grogna-t-il.

« Urgh ! » Rugit-elle. « Espèce de sale bâtard, prétentieux baiseur de cheval ! Ce n'est pas à toi de décider ! »

« S'il y avait un autre moyen, crois-moi que je l'aurais préféré. » Dit-il patiemment, reprenant peu à peu son masque d'impassibilité.

« Et tu ne peux pas me dire pourquoi ? » Demanda-t-elle en haussant le ton.

« Ce n'est pas mon rôle de te révéler quoique ce soit. » Dénigra-t-il. « Tu es humaine. »

« Oh, merde alors ! Ne me dis pas qu'on est de retour à ta période 'Sa Sainteté Prince d'Asgard'. Ouais, je suis humaine. Je suis Darcy Lewis, la femme qui te réveille tous les matins. Celle qui te prête ses livres. Celle qui connait l'énorme secret qui se cache derrière la fameuse lettre M. Et, ah oui, c'est vrai, celle que t'as été à deux doigts de tuer- »

Sa dernière phrase se perdit dans un hurlement étouffé tandis que le monde autour d'elle basculait à la renverse. Darcy se sentit propulser contre le mur alors que les restes d'une l'explosion faisait écho à l'intérieur de ses oreilles, vrillant ses tympans dans un bruit sourd. Au-dessus d'elle, de la poussière tombait du plafond et des morceaux de métaux se décrochèrent pour atterrir à ses pieds.

Le monde entier s'effondrait. Ce fut, du moins, ce qui lui sembla à première vue.

Un énorme morceau de plâtre céda des lambris et s'écrasa sur sa jambe lui arrachant une exclamation de douleur. Les décombres se mirent à pleuvoir sur eux suivi d'une volée de poussière qui aveugla ses sens. Darcy toussa et ferma les yeux en se protégeant tant que bien mal des particules qui se frayaient un chemin à l'intérieur de ses poumons. Puis, soudain, il cessa de pleuvoir des cendres. Darcy leva la tête, clignant plusieurs fois des yeux pour habituer son regard à la vision des débris et des décombres autour d'elle, mais tout ce qu'elle entrevit fut le corps de Loki penché sur elle de façon à la protéger.

« C'était quoi ce truc ? » Toussota-t-elle.

« Chut. » Chuchota-t-il aux aguets. La brune tenta de rester immobile. Elle essayait par tous les moyens d'ignorer la douleur cuisante qu'induisait le poids du plâtre sur sa jambe et qui rendait les bords de sa vision flous.

Finalement, le monde renonça à tournoyer dans tous les sens lui laissant l'occasion de jauger les dégâts qui l'entouraient. La structure de la pièce était toujours intacte, mais les murs de leurs cellules s'étaient écroulés de sorte qu'un dédale formé de ruine et de gravats gisait sur le sol. Ils avaient eu de la chance que le complexe ne se soit pas entièrement effondré sur eux. Une odeur de brûler flottait lourdement dans l'air et le silence était brisé par des cris stridents au loin.

Darcy rassembla tout ce qui lui rester de force et de courage pour repousser les débris de plâtre qui gardaient sa jambe prisonnière. Cela lui demanda beaucoup d'énergie de ne pas gémir de douleur et une partie d'elle était reconnaissante envers les analgésiques toujours présents dans son organisme. Elle en était sûre maintenant, sa cheville était belle et bien cassée.

« Ce n'était pas un accident. » S'éleva la voix de Loki dans un murmure presque inaudible.

Durant une seconde, ils purent entendre des bruits de détonation au loin.

« Une embuscade… au SHIELD ? » Bredouilla la jeune femme. Le SHIELD n'était-il pas censé être intouchable ?

Loki jeta un œil vers la porte à présent grande ouverte de leur geôle.

Un instant, Darcy pensa qu'il allait en profiter pour la laisser en plan et s'échapper. Après tout, quel meilleur moment que celui-ci pour prendre la fuite ? Puisqu'il ne se souciait clairement pas de son sort quand il décidait de jeter des sorts à la hâte, pourquoi se sentirait-il obligé de veiller sur elle maintenant ?

Elle se sentit trahit bien avant qu'il n'ait tenté quoique ce soit et se maudit d'être devenue une telle guigne. Quiconque dans pareille situation se serait dit que Loki l'abandonnerait, mais la jeune femme tenta finalement de se convaincre du contraire.

Il ne pouvait décemment pas s'enfuir et la laisser là. Tout simplement à cause du lien indéfectible qui les liait à l'autre et qui les faisait se tordre de douleur dès que l'un décidait de trop s'éloigner de l'autre. Loki parut s'en souvenir en même temps qu'elle et se tourna pour la dévisager.

« Peux-tu marcher ? » Demanda-t-il.

« Mec, sens-toi déjà chanceux que je sois encore consciente. » Rétorqua-t-elle faiblement.

Elle vit ses lèvres se retrousser de dégoût, et l'instant d'après, voilà qui passait un bras sous ses cuisses et l'autre dans son dos. Darcy se mordit la lèvre jusqu'au sang lorsqu'elle sentit sa cheville être soulevée aussi brusquement. Loki sembla le remarquer, car il fit en sorte de réarranger la position de ses mains.

Il se fraya un chemin parmi les décombres jusqu'aux restes de ce qui avait été autrefois la porte de leur cellule. La brune se débarrassa de la menotte brisée qui pendouillait autour de son poignet droit, avisant le mur détruit auquel elle était rattachée quelques minutes auparavant. Puis, s'approchant par instinct, elle passa ses bras autour des épaules de Loki afin de le faciliter dans sa tâche. Loin d'elle l'idée de devenir un fardeau.

« On doit rapidement sortir avant que les murs porteurs ne cèdent. » Lui souffla-t-elle.

« Oui, j'en suis bien conscient. » L'entendit-elle maugréer.

Il traversa l'excédent de mur avant de s'arrêter aussitôt. L'agent qui gardait leur cellule n'avait pas été si chanceuse. Elle avait dû se prendre de plein fouet l'une des poutres qui soutenait le plafond, sa silhouette recroquevillée gisait en travers du sol, recouvert de poussière.

La main de la jeune femme agrippa le col en cuir du dieu qui la maintenait. Elle vit le regard de Loki balayer avec nonchalance le cadavre alors qu'elle-même ne pouvait arracher ses yeux de la forme qui reposait à leurs pieds. Sentir la mort de si près la rendait morbide. Darcy se sentit presque captivé en observant le sang écarlate s'écouler silencieusement de la plaie tandis que sa peau blafarde luisait à la lueur des quelques néons qui grésillaient encore. Elle se souvient alors la colère qu'elle avait ressenti à l'égard de cette femme qui l'avait menotté et emprisonné. Cette femme dont elle ne connaissait ni le nom, ni la vie, mais qui gisait à présent morte à quelques mètres d'elle parmi les innombrables corps dispersés dans le couloir.

« On a besoin d'une protection. » Retentit la voix de Loki près d'elle.

Les sourcils de Darcy se froncèrent en l'écoutant. « Comme quoi ? »

« Leurs armes feront l'affaire » Dit-il avec une simplicité qui la déconcerta.

« Non. » Ses yeux s'écarquillèrent, mortifiée. « Non, on ne peut pas… on ne peut décemment pas dépouiller un mort ! »

« Ce n'est pas comme si on avait vraiment le choix. » Répondit-il en s'accroupissant près du corps sans vie de la femme, Darcy en équilibre précaire sur ses genoux. Elle aurait pu trouver ça romantique si les circonstances avaient été différentes. « C'est une maigre consolation, mais je ne pense pas que ça leur servira là où ils se trouvent. »

« C'est totalement débile ! » S'exclama-t-elle tandis qu'un peu de poussière leur tombait dessus. « On devrait se dépêcher de sortir d'ici au lieu de perdre du temps. »

Loki se pencha un peu plus sur la femme, ses mains farfouillant avidement ses poches dans l'espoir de trouver une chose bien précise. « Oh crois-moi, ce qui nous attend là-haut est pire. »

« Comment tu peux en savoir autant ? » S'entendit-elle demander avec une certaine pointe d'agacement. « Pourquoi tu ne me dis pas simplement ce qui se passe ? »

« Est-ce que tu sais comment ça fonctionne ? » Questionna-t-il en lui tendant un petit boitier noir.

« Sans problème. » L'arme qu'il lui tendait eut le mérite de dissiper une seconde ses doutes et lui arracha même un petit sourire. « C'est un taser, j'ai déjà mis K.O ton frère un jour avec ce petit bijou. »

« J'ai hâte de connaître toute l'histoire. » Répondit distraitement le dieu sans même afficher un rictus. Toute son attention était dirigée sur la recherche d'une chose bien précise. « Aucun pistolet n'est à ma hauteur. » Murmura-t-il avant de poursuivre. « Et t'en donner un serait vraiment irresponsable. »

« Hey ! » Protesta la brune tandis qu'il repoussait le flingue.

« Aaah ! » S'exclama-t-il vivement lorsque ses doigts rencontrèrent le manche d'un poignard. « Maintenant, on peut y aller. »

Il glissa sa trouvaille dans un des supports en cuir de son uniforme avant de se redresser et raffermir sa poigne autour du corps de la jeune femme. Il ne lui jeta pas même un regard, toute son attention dirigée vers sa mission à accomplir.

« On ne peut pas partir comme ça, » l'arrêta Darcy. « Il faut d'abord qu'on aille s'assurer que Jane va bien. »

« Elle est en compagnie de votre monstre vert, tout ira bien pour elle. » Assura-t-il.

« Tu n'en sais rien ! »

« Nous n'avons pas le temps d'aller vérifier. On doit impérativement nous enfuir d'ici. »

« Comment ça ? » Elle l'observa une seconde avant de demander. « Nous enfuir ? Et comment veux-tu qu'on fasse ça ? »

Ils entendirent du mouvement au bout du corridor et se figèrent d'un même homme. De sa position, Darcy pouvait sentir les battements frénétiques du cœur de Loki se mêler à ses propres pulsations jusqu'à s'accorder parfaitement. Loki ne semblait pas tranquille. Son corps était tendu au maximum et ses muscles anticipaient quelque chose d'effrayant à venir. Le voir aussi raide fut suffisant pour que Darcy souhaite se trouver à des milliers de kilomètres d'ici.

Puis, elle entendit des pas précipités s'avancer dans leur direction. Au début, elle pensa qu'il s'agissait de leurs collègues du SHIELD à cause des uniformes de marines qu'ils abordaient, mais plus elle les voyait s'approcher, plus elle se rendit compte que ces personnes-là n'avaient rien d'amicale. Ils étaient entièrement vêtus de noir, leurs visages masqués, chacun en position défensive, marchant un pas derrière l'homme en tête de groupe.

Ils étaient cinq, pointant d'énorme pistolets pareils à des pistolets à eau qu'on retrouvait dans les magasins de jouets et avec lesquels on s'amusait petit. D'ordinaire, Darcy n'aurait pas été aussi effrayé face à ces hommes armés, après tout, elle avait un Dieu à ses côtés. Cependant, le Dieu en question était déjà occupé à la porter et semblait rouillé par le manque de pratique.

Elle sentit les pulsations de son cœur s'acharner à l'intérieur de sa poitrine et l'adrénaline parcourir ses vaisseaux à la vitesse du son.

Les bras protecteurs de Loki se resserrèrent instinctivement autour de son corps.

« Donnez-nous la fille. » Ordonna le leader sans les lâcher du regard.

Les doigts de Darcy s'agrippèrent précautionneusement autour du col de Loki tandis que s'accumulait le sentiment de panique au creux de son estomac. Une chose la rassurait, Loki ne pouvait pas l'abandonner au risque de les condamner tous les deux.

À sa grande surprise, elle le vit sourire. Ses muscles s'étaient décontractés et Darcy remarqua qu'il était resté entièrement immobile depuis le début. Comme s'il s'était attendu à leur faire face et que rien ne pouvait le surprendre.

Comme si c'était possible, Loki l'attira plus près encore afin qu'elle soit entièrement recroquevillée contre son torse. Un voile noir passa devant ses yeux et l'instant d'après, Darcy prit conscience d'une chose, des flocons de neige effleuraient doucement son visage.


Oyé ! Oyé ! Avis aux lecteurs intéressés. Je recherche un(e) béta-lecteur(trice) courageux(se) pour m'aider dans ce périple qu'est la traduction afin de poursuivre la chasse aux fautes d'orthographe et/ou tournures de phrases étranges et peu fluides. Cela faciliterait grandement la lecture et ne rendrait cette fiction que plus agréable à suivre.

Merci à ceux et celles qui se porteraient volontaires de me laisser un MP, je vous répondrais rapidement.