Je crois que j'ai une chance de malade, vous êtes tous particulièrement adorables avec vos reviews. Merci beaucoup !
On se retrouve en bas, bonne lecture ! :)
Newt fusillait Thomas du regard depuis un bon moment maintenant. Depuis que ses deux amis avaient quitté la chambre, en fait.
« Je suis désolé. J'avais dit à Brenda…enfin, elle n'était vraiment pas censée entrer dans ta chambre. »
Le blondinet sentit une nouvelle bouffée de colère monter en lui, et il s'approcha d'un pas rapide vers Thomas, le sang pulsant contre ses tempes. Il n'avait aucune idée de ce qu'il faisait, et il pensa brièvement que ça pourrait peut-être mal tourner, mais il s'en fichait totalement. Tout ce qu'il voulait, c'était rentrer chez lui. Retourner à l'université, préparer ses examens avec Teresa et aller manger chez ses parents.
Il s'arrêta net à moins de dix centimètres d'un Thomas dont l'expression trahissait largement la surprise, mais qui n'avait fait aucun geste pour le repousser.
« Ce n'est pas ma chambre. » Grogna Newt « Et arrête de t'excuser, parce que ça m'agace profondément. »
Il ébouriffa légèrement ses cheveux blonds, complètement à bout de nerf, et recula d'un pas pour reprendre d'une voix plus forte, pleine de hargne :
« Tu sais quoi ? Ce que ton amie a fait…venir ici, me menacer avec une arme pour me faire parler…je ne suis pas expert, mais je crois que c'est le genre de chose qu'on fait, quand on enlève quelqu'un pour lui soutirer de l'argent. Alors arrête de t'excuser, d'essayer d'être gentil avec moi, parce que la vérité c'est que tu m'as emmené ici contre mon gré, que tu m'as attaché à un lit et que si j'essayais de partir, là, tout de suite, tu m'en empêcherais ! »
Newt remarqua que Thomas avait changé d'expression. Il ne paraissait plus surpris, il s'était juste crispé et ne baissait pas le regard, comme s'il encaissait un choc particulièrement dur. Mais le blond ne s'était jamais autant fiché de blesser ou d'énerver quelqu'un. Alors il poursuivit :
« Tu ne peux pas rendre les choses plus faciles pour moi ! Je ne suis pas ton invité, je suis ton otage putain ! Je veux rentrer chez moi, je veux pas mourir pour une histoire d'argent ! Tu as peut-être envie de préserver ta petite conscience en te disant que tu vas faire tout ce que tu peux pour me garder en vie, mais si cette fille l'avait voulu tout à l'heure, ose me dire que tu aurais pu l'empêcher de me tuer ! »
« Brenda n'aurait jamais fait ça. » Répondit catégoriquement le brun
« Qu'est-ce que tu en sais, hein ? »
Newt fit deux pas en avant, comblant la faible distance qui le séparait encore de Thomas, puis, sans lever la voix cette fois, il ajouta :
« Les gens comme vous sont imprévisibles, et ton amie est complètement folle. »
En moins de deux secondes, le blondinet se sentit tiré par le haut de son pull trop grand pour lui, et son dos rencontra avec force un mur, lui arrachant un cri de douleur et de surprise. Quand il ouvrit ses yeux, fermés par réflexe, le visage marqué par la colère de Thomas n'était qu'à une poignée de centimètres du sien, et il était toujours immobilisé par une main ferme agrippée à son haut.
Il coupa sa respiration un instant, paniqué à l'idée d'avoir fait une énorme connerie. Il avait voulu faire réagir le brun, mais en s'attaquant directement à cette Brenda, il avait visiblement dépassé les bornes.
« Brenda n'est pas folle. » Claqua Thomas en détachant chaque mot « Et les…gens comme nous, ceux qui n'ont pas eu ta chance, font ce qu'ils peuvent pour survivre. Mais comment est-ce que tu pourrais comprendre ça ? »
Newt ouvrit la bouche pour répondre, mais il se ravisa immédiatement. Son cœur battait trop vite et son souffle était trop court. Et puis, sans savoir d'où ce courage – ou cette connerie – lui était venu, il serra son poing de toutes ses forces et l'envoya contre la joue de Thomas. Sous le choc, ce-dernier le lâcha et recula de quelques mètres. Il passa une main sur sa joue, l'air un peu sonné, et il leva un regard noir vers Newt qui ne put s'empêcher de déglutir.
Thomas se rua en sa direction, et quoiqu'il fût conscient qu'il ne faisait pas le poids face à lui, le blond se détacha du mur et se prépara à se défendre. Quand ils furent assez proches l'un de l'autre, Newt envoya un premier poing vers le visage de son adversaire qui le bloqua sans peine, puis il revint à la charge aussitôt et grogna de frustration quand Thomas attrapa son deuxième poignet.
« Arrête. C'est ridicule. » Fit le brun
Newt tenta de se débattre, mais Thomas tenait ses poignets trop fermement. Il pensa un instant à le mordre, mais il doutait de pouvoir atteindre le bras de son kidnappeur, alors il tenta de lui envoyer un coup de genoux dans l'entrejambe. Le brun anticipa le mouvement avec un grognement, et pour la seconde fois, Newt se retrouva collé contre le mur. Il haleta en sentant les os du bassin de Thomas cogner les siens et crut hurler de rage lorsqu'il sentit ses poignets être immobilisés au-dessus de sa tête.
« T'es malade ? » S'agaça Thomas
Newt, qui avait fermé les yeux sous le choc, les rouvrit pour se retrouver plongé dans les prunelles brunes beaucoup trop proches à son goût.
« Dommage. Si je t'avais touché, peut-être que j'aurais réduit tes chances de reproduction. »
Thomas écarquilla les yeux, mais il avait plus l'air surpris qu'autre chose. Newt n'avait pas la patience d'attendre de le voir réagir, alors il ordonna d'une voix sèche :
« Fais quelque chose. »
« Faire quoi ? » Demanda Thomas, lui aussi froidement
« Ce que tu veux. Frappe-moi, libère-moi, tue-moi, peu importe. Mais fais quelque chose. Je ne vais pas supporter longtemps d'être en face de toi. »
Le visage de Thomas passa de la surprise à un mélange de colère et de tristesse. Newt ne lâcha pas son regard, essayant de faire le sien le plus dur possible. Il voulait que les choses bougent. Il n'en pouvait plus d'attendre dans cette chambre.
« Je n'ai pas envie de te frapper, encore moins de te tuer. Et je ne peux pas te libérer. »
« Alors lâche-moi au moins. »
« Pour que tu me frappes ? »
« Peut-être. On dirait qu'il n'y a que ça pour te faire réagir. Ça, et le fait de parler de tes amis. »
Thomas sembla se renfrogner aussitôt.
« Ne parle plus d'eux. »
Et c'était précisément ce que Newt voulait. Alors il demanda sur un ton de défi :
« Sinon quoi ? Tu vas m'enlever à ma famille, à mes amis, à toute ma vie ? Oh, attends, c'est déjà fait. Puisque tu ne comptes ni me frapper ni me tuer, ça réduit pas mal tes options. Peut-être que tu vas me priver de douches ou de biscuits ? »
Newt vit Thomas serrer les dents, et il sentit la prise sur ses poignets se raffermir. Il savait qu'il allait trop loin, et il n'arrivait même pas à apprécier cette lueur de détresse et de douleur qui ternissait le regard de son kidnappeur. Il allait devenir fou. Et Thomas qui ne répondait pas ! Il dut se contenter d'un silence durant lequel ils ne se lâchèrent pas des yeux. Puis, alors qu'il n'y croyait plus, le garçon le lâcha enfin et recula.
Newt se massa un instant les poignets, content de retrouver sa liberté de mouvement et un peu d'air, puis il remit son pull en place d'un geste peu assuré. Et il resta planté là, contre le mur, à fixer le sol en silence. Pourquoi fallait-il qu'il se sente si mal, maintenant ? Il était incapable de regarder Thomas.
« Suis-moi. Tu changes de chambre. »
Il n'y avait rien de dur dans la voix du brun. Il semblait même s'être radoucit. Newt acquiesça faiblement, et il le suivit sans broncher. Maintenant, il en était sûr, l'heure de son rendez-vous avec Teresa était largement passée. Bientôt, on se mettrait à le chercher. Il n'avait plus que cette perspective à laquelle se raccrocher.
-TLYG-
Des céréales et du jus d'orange. C'était tout ce que Thomas avait pu trouver pour le petit déjeuner. Lui, il s'en fichait complètement, mais il n'avait aucune idée de ce que les gens des quartiers nord pouvaient manger le matin. Avec le léger accent anglais qu'avait Newt, il l'imaginait bien prendre le temps de se faire des scones et des œufs au plat. Ou demander à sa bonne de les lui faire.
Il secoua légèrement sa tête lourde de reproches et monta les escaliers. Ce matin, il allait faire manger le blondinet. Depuis qu'il était avec lui, ce fichu gosse de riche n'avait rien avalé d'autre que de l'eau. En fait, après le départ de Brenda et Minho et leur…altercation, il n'avait pas dit un mot non plus. Thomas regrettait même de l'avoir mis dans une chambre qui disposait de sa propre salle de bain et de ses toilettes, et d'avoir préféré bloquer les volets et la porte que de l'attacher. S'il n'avait pas fait tout ça, son otage aurait au moins été obligé de lui parler pour aller aux toilettes et pour boire.
Non, en fait, ce qu'il regrettait vraiment, c'était d'être entré dans le jeu de Newt et de s'être montré violent. D'accord, il ne supportait pas que l'on s'en prenne – même « juste » verbalement – à ses deux meilleurs amis, mais la grimace de douleur et le regard haineux du blondinet ne voulaient pas quitter sa tête. En plus, Newt avait eu raison sur presque tous les points, et sa colère était on ne peut plus normale après tout ce qui lui était arrivé en moins de vingt-quatre heures. Et puis, ce poing dans la figure, il l'avait largement mérité, même s'il ne s'y était absolument pas attendu.
Enfin, c'était pas comme s'il pouvait revenir en arrière…mais il pouvait toujours essayer de se rattraper un peu.
Il glissa la clé dans la serrure et ouvrit la porte pour tomber sur une chambre vide. Le doute s'insinua un instant en lui, mais il entendit le bruit de l'eau dans la salle de bain, et il alla s'asseoir sur le bout du lit. C'était vraiment n'importe quoi, mais il se sentait stressé à l'idée de son premier échange avec Newt après ce qui s'était passé la veille…Brenda avait raison, il déconnait vraiment. Pour la deuxième fois, il avait effrayé et blessé le blond, et pour la deuxième fois, il en était presque malade. Il devait se montrer plus fort que ça, ou il finirait par en payer les frais.
Il était à deux doigts de s'auto-convaincre de ne pas se montrer faible avec son otage – car il se répétait sans cesse que c'était bien ce qu'il était : un otage – quand la porte de la salle de bain s'ouvrit sur la fine silhouette à moitié dénudée de ce-dernier. Habillé d'un jean noir sur lequel il avait dû faire plusieurs ourlés pour le garder sur ses hanches, Newt frottait énergiquement ses cheveux mouillés dans une serviette sous le regard surpris de Thomas, qui, après une petite hésitation, décida de se manifester :
« Newt ? »
Le concerné sursauta et redressa vivement la tête vers le lit où le brun était toujours assis. Puis, avec des gestes maladroits et précipités, il jeta la serviette derrière lui et traversa la chambre, le regard rivé sur le sol, pour s'arrêter devant la chaise de bureau sur laquelle il avait jeté son pull. Il l'enfila malgré les gouttes d'eau qui roulaient encore le long de sa colonne vertébrale et remonta les manches jusqu'à ses coudes presque rageusement.
« Je sais que tu m'as enfermé dans cette chambre, mais tu pourrais au moins respecter un minimum mon intimité et frapper avant d'entrer. » Bougonna-t-il en s'attaquant aux plis de son haut deux fois trop grand pour lui
Puis il se retourna enfin, et Thomas réalisa seulement à cet instant qu'il ne l'avait pas lâché une seconde des yeux depuis qu'il était sorti de la salle de bain. Il évita d'abord le regard ambré qu'il devinait profondément agacé, et il se força à répondre d'un ton neutre :
« Tu n'aurais rien entendu de toute façon. »
Le blondinet sembla un instant perturbé par la réponse, mais il récupéra vite son air énervé.
« Alors tu aurais pu attendre en dehors de la chambre que je sorte. » Rétorqua-t-il en croisant les bras sur son torse
Thomas haussa les sourcils et se leva du lit.
« Tu as bien insisté hier sur le fait que je devais te traiter comme mon otage, et pas comme mon invité. » Dit-il d'un ton presque défiant
Newt eut du mal à cacher une petite moue dépitée, et malgré la situation, le brun dut prendre sur lui pour ne pas sourire.
« Bref, viens avec moi, il faut que tu manges quelque chose. »
« Je n'ai pas faim. » Répondit catégoriquement le blond
« Si tu ne manges rien, tu ne pourras bientôt plus tenir debout. »
« Au moins, tu n'auras pas à m'assommer avant de me traîner dans un autre lit. On est tous les deux gagnants. »
Ne pas s'énerver. Après tout, Newt avait toutes les raisons du monde d'être en colère…même si Thomas le soupçonnait largement d'avoir déjà un mauvais caractère à la base. Avec lui, il devait la jouer différemment.
« Comme tu veux… » Soupira-t-il en s'avançant vers la porte de la chambre « Tu as raison, tu seras plus facile à supporter. Mais bon…pour t'avoir vu torse nu, je te conseillerais quand même de me suivre. »
Il jeta un coup d'œil derrière lui pour apprécier l'effet de sa pique et ne fut pas déçu en constatant l'air purement révolté de Newt. Enfin, il fit mine de fermer la porte et se stoppa au dernier instant, un sourire satisfait aux lèvres en entendant un « attends ! » précipité.
-TLYG-
Newt fit tomber une bonne dose de céréales dans le grand bol que lui avait donné Thomas. Des anneaux colorés. Il allait manger des anneaux colorés. Comme un gosse. Mais il s'en fichait complètement, parce que contrairement à ce qu'il avait affirmé, il mourait de faim. Même s'il s'était presque habitué à cette sensation désagréable, la première partie de la nuit avait été une véritable torture, et puis…Thomas avait osé lui faire remarquer qu'il était trop fin. Eh bien il allait lui montrer qu'il était capable de manger comme quatre – ce qu'il faisait d'ailleurs la plupart du temps, même si c'était loin de se voir.
Assis au bar de la cuisine américaine – juste en face du brun qui, appuyé contre l'évier, le regardait d'un air absent – il descendit d'une traite son verre de jus de d'orange et commença à manger son petit-déjeuner. S'il avait été seul, il en aurait presque gémit de plaisir.
« Tu as quel âge ? »
Newt leva des yeux surpris vers Thomas et posa sa cuillère. En fait, il trouvait vraiment bizarre que son kidnappeur ne se montre pas terriblement froid et intransigeant envers lui, après ce qu'il avait dit à propos de Brenda…et après son coup de poing. Peut-être que c'était simplement dans sa nature, qu'il était réellement… « gentil »…mais il restait la personne qui bousillait possiblement sa vie pour de l'argent. Et qui venait de lui demander son âge. Il détestait qu'on le lui demande.
« Pourquoi ? » Fit-il froidement
Thomas leva les yeux au ciel et se détacha de l'évier pour s'approcher du bar où il s'accouda en prenant soin de ne pas toucher Newt qui, par réflexe, avait eu un mouvement de recul. Sans laisser paraître quoi que ce soit sur son visage, il répondit :
« Moi, j'ai vingt ans. »
Le blondinet baissa d'abord ses yeux vers son bol à moitié vide et y tourna distraitement sa cuillère. Alors son kidnappeur était plus jeune que lui.
« Vingt-et-un. » Souffla-t-il finalement
Et comme il s'y était attendu, Thomas passa d'une expression neutre à un air étonné. Il se retint de grogner, parce que malgré sa crise de nerf de la veille, il n'oubliait pas qu'il devait mettre toutes les chances de son côté.
« Ouais, je suis majeur dans tous les Etats. Rassuré ? » Demanda-t-il quand même avant de se s'attaquer de nouveau à ses céréales
« Pourquoi rassuré ? »
« Parce qu'on va commencer à me chercher plus tard que si j'avais été mineur. Et que ta peine sera un peu moins lourde si tu es arrêté. »
Newt leva un regard presque inquiet vers son vis-à-vis, réalisant une seconde trop tard ce qu'il venait de dire. Mais Thomas ne semblait pas énervé, juste indifférent. Il haussa simplement les épaules et dit à mi-voix :
« Si je suis arrêté. »
Le blond ne releva pas – il ne voulait pas s'avancer sur un terrain trop glissant – mais Thomas poursuivit :
« Quand je te relâcherai, tu vas t'empresser de diffuser mon prénom et mon portrait-robot ? »
Newt l'imita et haussa les épaules.
« Si tu me relâches, peut-être que oui. Je ne sais pas. »
Le brun eut un reniflement amusé qui fit froncer les sourcils à Newt. Il ne voyait pas ce qu'il y avait de drôle, d'autant plus qu'il avait répondu sincèrement. D'ailleurs, c'était peut-être le plus bizarre. S'il s'en sortait, il n'était réellement pas certain d'aider la police à mettre son kidnappeur derrière les barreaux.
« Je vais te relâcher. »
« Plutôt vivant ou plutôt mort ? »
Thomas soupira et s'éloigna du bar avant de capter le regard de Newt.
« Ça, ça va pas mal dépendre de toi. Tu comptes rester plutôt chiant ou tu vas plutôt m'aider à faire en sorte qu'on en finisse le plus vite possible ? »
Le blondinet ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sorte, perdu entre le choc et le « tu te fous de ma gueule ? ».
« C'était une blague. Tu vas rentrer chez toi vivant. Et en un seul morceau. »
« C'était une très mauvaise blague. » Grogna Newt avec une petite moue presque vexée
Les lèvres de Thomas s'étirèrent en un léger sourire, et Newt sentit son ventre se serrer en se faisant une réflexion stupide et complètement absurde. Celle que dans d'autres conditions…non, dans un autre monde, ils auraient peut-être pu bien s'entendre. Il secoua légèrement sa tête comme pour chasser cette idée et toute trace du syndrome de Stockholm, puis il abandonna son tabouret pour se mettre sur ses deux jambes.
Ils n'étaient pas dans un autre monde, et les conditions étaient telles qu'elles étaient. Alors il devait faciliter sa fuite.
« Hé…puisque personne n'a encore vu d'avis de recherche avec ma photo…est-ce que je pourrais prendre l'air cinq minutes ? » Demanda-t-il d'une voix évidemment plus douce. Face à l'air septique du brun, il s'empressa d'ajouter « Avec toi, bien sûr. »
« Cinq minutes. »
Newt acquiesça vivement et n'essaya pas de contenir un sourire ravi, puis il suivit Thomas qui s'était rapidement détourné de lui pour rejoindre l'entrée de la maison. Arrivé devant la grande porte en bois sombre, le brun attrapa un large manteau noir et le lui lança avant d'en mettre un autre.
« Il fait froid. » Se justifia-t-il en tournant la clé dans la serrure
Newt enfila le manteau sans ronchonner, même s'il aurait largement pu en mettre un deuxième de sa carrure à l'intérieur – d'ailleurs, il était quasiment sûr d'avoir vu une lueur de moquerie dans les yeux de Thomas qui, lui, était presque assez épais pour le sien. Mais bon…peu importait, parce qu'il allait pouvoir observer les alentours autrement que par sa fenêtre qui ne donnait que sur de hauts arbres.
Il emboita le pas au brun et prit d'abord une grande bouffée d'air frais, content de ne plus se trouver entre les murs de cette maison qu'il détestait. Puis son enthousiasme retomba rapidement. Les arbres délimitaient naturellement le large jardin de la villa, laissant simplement une entrée assez grande pour deux voitures, mais qui ne donnait que sur un chemin terreux dont Newt ne voyait même pas le bout. Il devina facilement que la première maison devait se trouver à une très bonne distance de celle-là. Ils avaient bien choisi la baraque…ça n'allait pas être facile de ne pas se faire rattraper. Il ne savait même pas qu'il existait encore de tels endroits dans l'Illinois.
En tournant la tête sur sa gauche, il aperçut sa Berline, couverte d'une fine couche de givre. Evidemment, il était impensable que Thomas ou l'un de ses amis n'ait pas pensé à en garder les clés et son portable – qui de toute façon devait être déchargé depuis un moment déjà. Il s'imagina alors Teresa, appelant désespérément en priant pour qu'il finisse par décrocher, et son cœur se serra violemment. Si lui était toujours mort de peur, il n'imaginait pas ce que ses parents et sa meilleure amie devaient ressentir, ignorant totalement ce qui avait pu lui arriver. Il leva un regard empli d'amertume vers le dos de Thomas, puis il s'avança en sa direction pour s'arrêter à sa hauteur.
« Est-ce que je…je sais que ce n'est pas dans ton intérêt, mais…si je pouvais simplement prévenir mes proches que je suis vivant… »
Le brun tourna les yeux vers lui, et Newt comprit immédiatement qu'il n'accepterait pas. Cependant, l'idée de laisser Teresa dans l'ignorance encore plus longtemps l'obligea à tenter une dernière fois sa chance.
« S'il te plaît, je n'en dirai pas plus ! Tu…tu imagines ce que ça peut faire ? Ce que tu ressentirais si un de tes amis disparaissais et que tu n'avais aucune nouvelle de lui ? »
« Je suis désolé… » Souffla Thomas avec une moue contrite « Je ne peux pas te laisser allumer ton portable à cause du GPS. Même deux minutes…ils essaient sûrement de te localiser en ce moment. »
« Et si tu me prêtais le tien ? Ils n'auront pas le temps de tracer ton numéro. »
Thomas soupira et passa ses doigts dans ses cheveux ébouriffés.
« Il y a d'autres personnes qui essaient de me localiser et qui ont mon numéro. Je ne l'allume qu'une fois par jour pour m'assurer que tout va bien pour Brenda et Minho et…et de toute façon, je ne peux pas. Encore une fois, je suis vraiment désolé, et je te jure que ça ne m'amuse pas, mais j'ai besoin que ta famille et tes amis s'imaginent momentanément le pire. »
Newt serra les dents et lâcha le regard noisette pour se concentrer sur le chemin terreux. Il voyait et entendait à la voix de Thomas qu'il était réellement désolé, mais il se fichait des états d'âme de son kidnappeur quand ceux qu'il aimait devaient être morts d'inquiétude.
« Quand est-ce qu'on va partir d'ici ? » Demanda-t-il en essayant de garder une voix calme
Le brun tourna la tête vers lui, et, après une petite hésitation, il lui répondit finalement :
« Après demain. »
Newt pensa à ce que Brenda avait dit la veille, à propos du fait qu'elle et l'asiatique reviendraient, et pas les mains vides. Ils devaient sans doute parler d'une autre voiture, et de tout ce qui pourrait aider Thomas à quitter l'Etat et à se cacher plus facilement. Mais lui, il ne quitterait pas l'Illinois. Il s'enfuirait avant.
Réponses aux reviews :
TheKirara : M'ouais, bon, si tu es en terminale S, je compatis totalement ! Heureusement que j'ai pris de l'avance, parce que vu le boulot que j'ai, je serais à un chapitre tous les deux mois sans ça x) Mais je dois avouer que je n'ai plus que deux chapitres d'avances, je commence à stresser ! Pour tout te dire, j'ai imaginé cette histoire en écoutant Stockholm Syndrom de Muse, alors le mot devait forcément ressortir :D AAAAAH mais attends il FAUT que tu lises les livres ! C'est tellement différent, et Newt est tellement in love de Thomas dedans x) Ton « owi ils vont se foutre sur la gueule » m'a tuée putain, j'en pouvais plus ! Ecris des pavés si tu veux, j'adore ça moi ! Et tu sais, je suis d'une pureté telle que je n'ai jamais pensé à un truc cochon en écrivant « Newt attaché au lit », non mais genre jamais…jamais, jamais. Merci pour ta review :D
Papuche-chan : Oh putain je vais t'appeler Jerry maintenant ! Franchement, je stalkerais bien Newt avec toi. Juste pour vérifier qu'il va bien, tu sais. Toutes les phrases peuvent faire obscènes quand c'est de toi... J'avais pensé à faire en sorte que Thomas rejoigne Newt sous la douche, mais j'ai contenu mes ardeurs. Ça aurait été un peu bizarre, non ? « Hey, je t'ai kidnappé, tu me détestes, mais soyons honnêtes : je suis une bombe sexuelle, tu es une bombe sexuelle. On baise ? ». Ah nan, franchement ça le fait grave. Newt aurait haussé les épaules, et « Why not ? ».
The Queen of Rats : Haha tellement ça, et Thomas accepterait même de payer une rançon x) Merci beaucoup ! :D Je dirais que la vraie action commence vraiment à la fin du chapitre 7 et dans le 8, maintenant que tout est installé :) à bientôt ! :D
Maeva Cerise : Hooo tu n'aimes pas Brenda :') Tu m'as faite rire x) Merci ! :)
Nekotana : Peu importe comment tu as atterri ici, tu es la bienvenue :p C'est très encourageant, merci. Ça me fait plaisir que tu te sois lancée dans ma fic sans spécialement shipper le Newtmas ^^ Je pense que les proches de Newt s'inquiètent déjà depuis un petit moment :') (même si je vois bien Teresa profiter de l'absence de Newt pour faire une putain de fête dans son appart'). Merci beaucoup pour ta review, bisous ! :D
Skouare Enix : Hmmm « super » Tommy je sais pas :p Je dirais « super boulet » x) Haha t'es trop mignonne :D Tu as une chance de malade ! J'aimerais tellement me faire un road trip, je rêve trop de conduire comme une malade aux Etats-Unis (à la recherche de Beacon Hills xD), en Angleterre, en Irlande et en Islande :D Mais la Nouvelle-Zélande et l'Australie, je signerais aussi x) Obligée, je le ferai un jour ! Il faudra que tu me racontes quand tu rentreras :D
Morgane-Ravenclaw : Oooow merci, c'est vraiment adorable ! A chaque fois que je relis mes chapitres, c'est ce que je me dis, « Thomas, t'es tellement une victime » x) Merci encore, vraiment :)
Clemladin : Contente que tu aies aimé :D Ton « c'est le bordel » suivi d'un « j'ai adoré » est vachement marrant quand même x) Tu auras sans doute deviné que oui, Newt va tenter de s'enfuir, c'est pas drôle sinon ! Et désolée, jeune homme :p
