Ouais, j'ai un peu de retard dans la publication. Je crois que le « un chapitre toutes les deux semaines » s'arrête ici, compte-tenu du fait que je n'ai plus du tout d'avance, que je risque d'avoir peu de temps pendant ces vacances et que j'attaque 2016 avec mes très aimés partiels.
Mais j'ai plein d'idées et je ne vous abandonne pas !
Bonne lecture :)
Thomas s'était réveillé en sursaut, alerté par le bruit reconnaissable d'une serrure que l'on force. Enfin, reconnaissable quand on venait des quartiers sud de Chicago. Quoiqu'encore à moitié endormi, il avait immédiatement fait le rapprochement entre le cliquetis et Newt.
Alors son otage avait bien compté sur son épuisement pour tenter de s'enfuir…c'était assez logique et prévisible, en fait.
Thomas se retourna mollement dans son lit, l'abandonna à contre cœur après avoir pris le flingue coincé sous son oreiller, et se traîna difficilement jusqu'au bureau où il avait laissé ses vêtements. Il enfila son jean gris foncé qu'il avait déjà porté dans la journée, vérifia que les clés de la Range Rover étaient toujours dans sa poche, puis il passa un pull noir sans vraiment se presser malgré sa certitude que le blond se sauvait. Peut-être parce qu'il était beaucoup moins sûr de son envie de le rattraper.
Pourtant, il coinça l'arme dans sa poche – plutôt mourir que de l'utiliser contre Newt, mais il ne s'en séparait jamais – et il se força à laisser sa chambre pour regagner le couloir. Quelques pas plus tard, il se figea. Par-dessus la rambarde qui offrait une vue plongeante sur le salon, il n'apercevait pas une, mais deux silhouettes dans la faible lumière qu'offrait la lune. L'une d'elle, fine et élancée, était très probablement celle de Newt.
Thomas avait coupé sa respiration, comme tétanisé, incapable d'agir. Puis la silhouette la plus massive plaqua l'autre contre un mur. Il entendit le cri étouffé de Newt, et son corps se réveilla. Une lame avait brillé.
« Où est Thomas ? »
Il se baissa, retira la sécurité du pistolet et glissa ses mains de chaque côté d'un des barreaux de la rambarde du couloir. De là, il pourrait atteindre la tempe de l'homme sans risquer de toucher Newt. Son cœur se serra quand il posa sa main sur la gâchette. Il n'avait jamais tué personne. C'était la limite qu'il s'était promis de ne jamais franchir.
« Réponds. »
Mais il vit la lame se poser contre la gorge de Newt. Il savait que quoi que répondrait le blond, le pion de Janson le tuerait.
« Il n'est plus là. » Fit Newt de manière à peine audible
Thomas écarquilla les yeux, retint son souffle, et au moment où l'homme allait esquisser le geste fatal, il tira. Il le vit basculer sur le côté et n'attendit pas plus longtemps pour s'appuyer sur la rambarde et sauter dans le salon. Il retomba sur ses pieds et accourut vers Newt, poussé par une surdose d'adrénaline.
« Newt ! » Cria-t-il
Le blondinet était toujours contre le mur, les yeux rivés sur le cadavre qui gisait à ses pieds, la bouche entrouverte. Thomas posa ses mains sur ses épaules et commença à l'examiner du mieux qu'il pouvait compte-tenu du peu de lumière qu'ils avaient.
« Newt, ça va ? Tu n'as rien ? Tu n'es pas blessé ? »
Newt ne répondit pas, comme pétrifié, et le brun remarqua alors la légère entaille sur la droite de sa gorge dont un léger filet de sang s'échappait. Ç'avait été moins une.
« Il faut qu'on parte. Tu m'entends ? »
Comme le garçon ne réagissait toujours pas, Thomas le secoua légèrement. Il s'en voulait de le brusquer avec ce qu'il venait de vivre, mais il savait que les hommes de Janson ne venaient jamais seuls. Et comme un écho à ses pensées, la porte d'entrée claqua et deux hommes se ruèrent dans le salon. Thomas eut juste le temps d'attraper Newt par les épaules pour le tirer contre lui avant de se jeter par terre tandis que le bruit de plusieurs balles leur perçait les tympans. Il roula derrière le canapé, le cœur battant à tout rompre. Sous lui, Newt remua enfin.
« Thomas. » Murmura-t-il d'une voix tremblante
« Ça va aller. »
Rien n'était moins sûr, pourtant, Thomas se redressa rapidement et obligea le blond à en faire de même en le tirant par son pull. Presque aussitôt, de nouvelles balles fendirent l'air pour venir traverser le canapé.
« Ne sois pas stupide Thomas, vous êtes foutus ! » Cria un des hommes
Thomas tenait fermement la main de Newt dans la sienne, et son flingue dans l'autre. Il traversa le salon en courant au moment où les deux hommes quittaient l'entrée. Arrivé à côté des escaliers, il s'immobilisa et poussa Newt derrière lui. Les pions de Janson s'étaient eux-mêmes arrêtés au niveau du canapé qui avait servi de bouclier aux deux garçons un peu plus tôt.
Sans attendre plus longtemps, Thomas visa l'un de deux et appuya sur la gâchette. Sa cible esquiva la balle tandis que l'autre tira.
Thomas entendit Newt hoqueter, mais avant qu'il ne puisse se tourner vers lui, une vive douleur dans le bras lui arracha un cri.
« Thomas ! Tu as été… » Commença Newt dans son dos
« Ça va. »
Il évita de justesse une nouvelle balle en s'assurant d'entraîner le blond avec lui.
« Tu vas crever, enfoiré ? » Grogna celui qui avait tiré
Malgré l'impression que sa peau effleurée par la balle fondait littéralement, il serra encore l'arme dans ses mains et tira. Cette fois, il atteignit sa cible. L'homme tomba avec un gémissement, touché au ventre.
L'autre, qui avait dû prendre le temps de recharger son révolver, revint à la charge, mais Thomas estima que c'était le moment ou jamais de fuir. Si celui qu'il avait blessé se relevait, ils auraient de nouveau l'avantage. Il se tourna vers Newt, croisa son regard affolé et attrapa sa main.
« On y va. » Lui dit-il
Puis, au moment où l'homme encore debout tira, Thomas entraîna Newt avec lui. Il courut le plus vite possible sans cesser de viser les deux pions, cachant le blond derrière son propre corps, jusqu'à ce qu'ils se rapprochent vraiment de l'entrée.
« Petite merde ! » Hurla celui qui tirait avant de les poursuivre
Une nouvelle balle fendit l'air, et les deux garçons eurent juste le temps de se baisser. Le mur derrière eux se fissura sous l'impact sans qu'ils n'y fassent attention, et ils se remirent à courir vers la porte. Thomas poussa Newt devant lui, lui lança les clés de la Range Rover et lui cria :
« Vas-y ! Je te couvre ! »
« Qu-… »
« VAS-Y ! »
Newt semblait au bord de l'évanouissement, mais Thomas savait qu'il pouvait le faire. Pour le moment, c'était tout ce qui comptait. Que Newt puisse s'en tirer.
Les clés dans ses mains tremblantes, le blond lui lança un dernier regard et se mit à courir vers la voiture. Un peu plus loin, un 4X4 était garé – celui des hommes de Janson.
Thomas pivota sur ses talons et n'avança vers la voiture qu'à reculons, prêt à tirer sur l'un ou l'autre des deux restants. Seul celui qui n'avait pas été touché émergea de la maison. Il tira aussitôt, manquant de peu la tête de Thomas qui répliqua rapidement. Il continua à reculer, priant pour atteindre la Range Rover sans recevoir une balle.
Il entendit le moteur vibrer derrière lui. Il n'était plus qu'à quelques mètres de s'en sortir quand la baie-vitrée du salon coulissa. Le deuxième homme, une main appuyée sur la tâche rouge qui s'étendait sur ses vêtements, le visait maintenant aussi.
Thomas coupa son souffle sans s'en rendre compte. C'était foutu. Il se tourna vers la Range et hurla à Newt :
« Dégage ! Roule ! »
Puis il fit volte-face et reprit en joug son premier adversaire, sachant pertinemment que le second le tuerait bientôt. Mais s'il pouvait au moins avoir un autre de ces enfoirés et réduire l'envie du dernier restant de poursuivre Newt…
Le pouls affolé, il tira sa dernière balle, toucha l'homme en pleine poitrine et ferma les yeux en entendant l'autre tiré, prêt à mourir.
Mais rien. Il était toujours debout. C'était tellement improbable qu'il se demanda même brièvement s'il n'était pas déjà mort et au Paradis, enfin…en Enfer, mais lorsqu'il ouvrit les yeux, il vit sa propre cible morte, gisant dans l'entrée, et l'homme déjà touché au ventre ramper au sol, comme si…
« Thomas ! Bouge-toi ! » Cria Newt
Thomas se tourna vers la Range Rover sans comprendre. Newt était penché à la fenêtre, côté conducteur. Pourquoi n'était-il pas parti ?
« Qu'est-ce que tu attends putain ?! »
Les élans hystériques dans la voix du blond eurent l'effet de le réveiller, et il se mit à courir vers la voiture. Il ouvrit si fort la deuxième portière avant qu'il crut un instant qu'il allait l'arracher, puis il se jeta sur le siège, et Newt appuya sur la pédale d'accélération en tournant le volant de toutes ses forces.
Thomas dut s'accrocher à son siège et tirer maladroitement sa ceinture tant ils allaient vite. Avant même qu'il ne puisse s'en rendre compte, ils avaient quitté le chemin terreux et pris la route. Il resta d'abord silencieux, au moins le temps que les battements de son cœur ne récupèrent un rythme correct, puis, après que Newt ait pris un énième virage beaucoup trop rapidement, il se tourna vers lui et l'appela :
« Newt… »
-TLYG-
Mais Newt ne l'entendit pas. Il était agrippé au volant, les yeux résolument rivés sur le goudron rayé de lignes blanches. Son pied refusait de quitter l'accélérateur. Il ne savait absolument pas depuis combien de temps ils roulaient. Dix, vingt, trente minutes ? Il avait encore l'impression de ne pas s'être assez éloigné de cette foutue maison.
« Newt, ralentis. »
Newt lui lança un regard furtif, plein d'angoisse.
« Ils pourraient nous rattraper. » Fit-il d'une voix tremblante
« Bien sûr que non…deux d'entre eux sont morts…trois, peut-être. »
Il secoua la tête de droite à gauche.
« Non, j'ai juste tiré dans la jambe du dernier. »
« Mais je l'avais touché dans le ventre avant. Crois-moi, Newt, à l'heure qu'il est, il est soit déjà mort, soit en train de se vider de son sang. »
« Mais s'il y en a d'autres qui… »
« Je sais comment ils fonctionnent. Il n'y en a pas d'autres. »
Thomas avait l'air sûr de lui, mais Newt était encore mort de peur. Il avait failli mourir. Thomas avait failli mourir.
Il avait tiré sur quelqu'un.
Il leva ses yeux affolés vers le rétroviseur intérieur, comme pour vérifier que personne ne les suivait, puis il donna un coup de volant sur la droite.
« Newt, qu'est-ce que tu… »
Avant que le brun ne termine, ils étaient garés à moitié sur la route, heureusement déserte à cette heure de la nuit. Newt croisa ses bras sur le volant, y cacha sa tête et éclata en sanglots.
C'était trop. Il se fichait d'être ridicule aux yeux de Thomas après ce qu'ils venaient de vivre. Il pleura plusieurs minutes, ne retenant aucun gémissement. Il devait extérioriser, sinon, il n'arriverait pas à poursuivre.
Il serra un peu plus le volant entre ses mains. Il n'avait jamais eu aussi peur de sa vie, oui, mais il n'avait jamais été aussi déterminé non plus.
Une main se posa timidement dans son dos, et, sans redresser la tête, Newt grogna :
« Tu es un abruti. »
« Je… »
« Si tu dis que tu es désolé, je récupère ce foutu flingue et je te fais sauter la cervelle. »
Un silence s'installa. Newt en profita pour se redresser et sécher ses yeux encore mouillés de larmes. Il essuya ses joues du revers de la main et tourna un regard accusateur vers Thomas, puis il lui demanda :
« Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais besoin de cet argent parce que ta vie en dépendait ? »
Thomas sembla d'abord surpris, puis il fronça les sourcils.
« Est-ce que ça aurait changé quelque chose ? »
Newt eut un rire jaune. Sur le moment, non. Si le soir où il l'avait enlevé, Thomas avait débarqué en lui disant qu'il avait besoin de sa thune pour ne pas crever, Newt savait qu'il aurait quand même essayé de se barrer. Mais après…
« Après que ton amie sois venue, j'ai cru que tu m'avais enlevé juste pour…t'enrichir. Mais ces gars…tu leur dois de l'argent, non ? »
Thomas acquiesça simplement. Newt se cala dans le fond de son siège, inspira et expira profondément. La peur qu'il avait ressentie lorsque cet homme avait tenté de le tuer, est-ce que Thomas la subissait continuellement ?
Il se demanda s'il aurait été capable d'enlever quelqu'un si sa vie dépendait d'une partie des dollars de cette personne, et la réponse le fit frémir. Oui. Il le ferait. Et s'il n'y avait pas d'autres solutions, il était sûr que Teresa l'y aiderait.
« Ça change tout, Thomas. »
-TLYG-
Les yeux ambrés, encore humides et rougis, le fixaient avec sérieux. Il n'était pas sûr de comprendre ce que Newt voulait dire, mais le garçon ne lui laissa pas le temps de poser de questions, enchaînant rapidement :
« C'est…tu avais l'air tellement calme. Tout à l'heure. »
« Ce n'était pas la première fois. » Avoua Thomas
Newt parut horrifié de l'apprendre.
« Qu'on essayait de te tuer ? »
Thomas hocha la tête.
« Tu n'as que vingt ans. » Souffla Newt en fermant les yeux
Vingt ans, quinze, trente, il n'y avait pas d'âge pour mourir quand on décevait Janson. Mais Thomas se garda de le dire, et Newt reprit :
« Combien ? »
Thomas ouvrit la bouche pour répondre, mais sa voix se bloqua dans la gorge.
« Combien ? » Répéta Newt. « Combien pour qu'ils te laissent tranquille ? »
La vérité, c'est que Thomas n'en savait rien. Il connaissait le montant des pertes qu'il avait causé, mais il n'était même pas sûr que donner cet argent à Janson suffirait à se racheter. Après tout, on ne lui avait même pas laissé négocier un remboursement. Du jour au lendemain, on avait juste essayé de le tuer. Il répondit quand même :
« Deux-cent cinquante mille dollars. »
Newt acquiesça simplement. Il ne paraissait pas impressionné par le chiffre.
« Mon père les a largement. » Finit-il par dire
Obtenir cet argent de lui était le but depuis le début, mais étrangement, en parler avec le blond mettait Thomas terriblement mal à l'aise.
« Je sais comment tes amis veulent fonctionner, mais je pense qu'il serait plus sûr…et plus rapide que j'appelle Teresa, demain. Elle nous aidera, je te le jure. »
Et maintenant Newt parlait de coopérer ? Quoi qu'il se soit passé dans la tête blonde du garçon, Thomas était incapable de le comprendre.
« Que…Newt, je…tu viens de manquer de mourir. A cause moi. Pourquoi est-ce que tu ne t'énerves pas ? Tu devrais… »
« Faire une crise d'hystérie ? T'en coller une ? Oui, sûrement. » Répondit sérieusement le garçon. Il passa une main sur son visage et poursuivit « Je n'avais pas pleuré devant quelqu'un depuis que je suis gosse, je crois. C'est suffisant. Et il faut bien que j'y mette du mien si je veux que ça se termine avant que je ne sais pas qui envoie encore des gars pour nous cribler de balles, non ? »
« …oui, je suppose. »
Newt renifla. Thomas voyait bien que le court moment qu'il s'était accordé pour pleurer était loin d'être « suffisant ». Lui, il avait une triste habitude du bruit des coups de feu et de la peur de mourir.
Il ferma les yeux un instant et pris quelques secondes pour respirer. Tout était allé tellement vite. Il avait à peine eu le temps de s'inquiéter pour lui, trop occupé à vouloir sauver Newt à tout prix.
Il voulut se détacher, prendre le volant à la place du blond, mais c'est ce moment précis que la douleur dans son bras décida de se rappeler à lui. L'adrénaline retombée, il était bien moins facile de l'ignorer. Il plaqua sa paume sur sa blessure avec un gémissement qu'il détesta laisser sortir. Il n'avait pas le droit de se plaindre. Newt aussi avait été blessé, et il était complètement innocent.
-TLYG-
Newt se redressa dans son siège. Thomas venait de gémir, lui rappelant qu'une balle avait effleuré son bras.
« Ça va ? » Demanda-t-il
Thomas acquiesça avec un sourire forcé, et Newt se fit la remarque qu'il avait été bête de poser la question. Evidemment, que ça n'allait pas. Il se pencha vers Thomas et ouvrit la boîte à gant où il avait trouvé l'arme qui lui avait servi à tirer sur l'un des trois hommes. Elle contenait aussi une trousse rouge barrée d'une croix blanche, et comme il l'avait pensé, il y trouva de quoi les soigner un minimum. S'il ne portait pas cette Brenda dans son cœur, il devait reconnaître qu'elle avait pensé à tout.
« Enlève ton pull. » Fit-il en se nettoyant les mains avec une solution hydro alcoolique
Il fronça le nez quand l'odeur du produit lui piqua les yeux, et davantage encore quand il remarqua que Thomas ne bougeait pas. Le garçon le regardait avec un air totalement perdu. Un air de chien battu, comme à peu près tout le temps ces trois derniers jours.
« Il faut qu'on nettoie ça, si tu ne veux pas que ça s'infecte. »
« Toi aussi, tu es blessé. » Répondit Thomas
Par réflexe, Newt posa sa main contre sa gorge et vit le brun baisser les yeux, comme s'il était honteux.
« Je ne sais pas ce que tu as fait pour que ces gars veulent te tuer, et je t'ai vraiment maudit sur dix générations environ quarante fois depuis que tu m'as kidnappé mais…je sais que tu ne mérites pas ça. »
Thomas leva un regard surpris vers lui. Newt lui-même ne savait pas pourquoi il avait dit ça, mais il le pensait. Il suffisait de voir le garçon assis en face de lui pour pouvoir jurer qu'il ne méritait pas de mourir.
Newt avait sans doute vécu les trois pires jours de sa vie, et les pires minutes moins d'une heure plus tôt. Il avait vraiment cru mourir quand l'un des hommes avait commencé à entailler sa gorge, et il avait ensuite été persuadé qu'une balle l'achèverait. Pourtant, il ne pouvait pas en vouloir à Thomas. Plus maintenant.
« Et si je le méritais ? »
« Tu as vingt ans. Comment est-ce que tu pourrais… »
« Le simple fait de t'avoir kidnappé devrait te faire penser que je le mérite. Je ne sais même pas pourquoi tu n'es pas parti, tout à l'heure. Pourquoi tu as tiré sur ce gars, pourquoi tu n'es pas parti sans moi ? Tu allais t'enfuir quand ces gars sont arrivés, alors pourquoi… »
Newt claqua sa langue contre son palet. Il voyait bien que Thomas était complètement paumé, il entendait la colère et l'incompréhension dans sa voix, mais il n'avait aucune vraie réponse à lui apporter.
« Je n'en sais rien, d'accord ? J'y ai peut-être pensé une demie seconde, en montant dans la voiture. Mais…j'en sais rien. Toi aussi, tu aurais pu partir sans moi, non ? En les entendant, tu aurais pu les laisser me tuer et t'enfuir par la fenêtre. »
« J'aurais été le dernier des enfoirés. Je ne t'ai pas sauvé, je t'ai juste empêché de mourir à cause de moi. »
Newt soupira.
« Si tu veux. Mais peu importe. Tu ne m'entendras jamais dire que tu as bien fait de m'enlever, mais je…je peux envisager qu'il y ait une vraie raison. Je ne vais plus essayer de m'enfuir, Thomas. Je vais juste faire en sorte qu'on en finisse rapidement, qu'on vive, et qu'on reparte chacun de notre côté en un seul morceau. »
Il n'arrivait pas à croire qu'il disait ça. A en juger par l'air de Thomas, lui aussi devait se demander s'il ne rêvait pas, ou si le choc n'avait pas rendu Newt complètement fou.
Le blond pinça ses lèvres, à des années lumières de comprendre ses propres décisions.
Oui, il voulait que ça se termine. Oui, il était mort de peur et il détestait le fait d'être impliqué dans quelque chose d'aussi dangereux. Mais il ne pouvait pas laisser Thomas mourir. C'était au-dessus de ses forces.
« Tu me laisses te soigner, maintenant ? » Demanda-t-il alors pour éviter de trop penser
« Si tu me laisses m'occuper de ça avant. »
Thomas désigna la plaie rougeâtre qui avait cessé de saigner sur la gorge de Newt. Avec un sourire à peine dissimulé, le blond lui tendit la trousse de secours.
Thomas l'imita, nettoyant ses mains avant d'imbiber un morceau de coton de désinfectant.
« Ça…ça va piquer un peu. »
« C'est rien. » Répondit Newt. « Je me vengerai dans dix petites secondes. »
Sa remarque eut l'air de détendre Thomas qui cessa de trembler. Le garçon passa le coton sur la plaie avec toute la délicatesse du monde, puis il détacha un morceau de compresse, un de scotch, et il recouvra la blessure avec. Une lueur de pure tristesse brillait dans ses prunelles, et Newt leva les yeux au ciel en entendant un énième :
« Je suis désolé. »
« J'avais cru comprendre. » Soupira-t-il
Thomas s'éloigna légèrement de lui, et, sans le regarder, il enleva son pull avec des gestes fébriles. Il tendit ensuite son bras devant lui, et Newt passa une main sous son biceps avant de se concentrer sur la large blessure qui traversait le triceps.
Il voulut dire quelque chose pour décoincer un peu Thomas, lui faire remarquer qu'il était bien plus musclé qu'il n'en avait l'air sous ses vêtements, mais il pensa que c'était peut-être déplacé. Il mordit sa joue et observa plus longuement la blessure. La balle avait seulement effleuré le bras, mais les premières couchent de l'épiderme avaient été brûlées et du sang s'échappait toujours de la plaie. Newt s'approcha un peu plus de Thomas, cala son genou contre son siège, entre les jambes du garçon qui s'était entièrement tendu.
« Désolé…toi, pour le coup, ça va vraiment piquer. »
Thomas ne répondit pas, et Newt tamponna d'abord une compresse sur la blessure pour en enlever une bonne partie du sang. Il se mordit la lèvre inférieure en sentant Thomas tressauter, puis il se concentra sur tous ses gestes pour ne pas trembler et faire souffrir le moins possible son patient improvisé. Quand la plaie fut désinfectée, il leva des yeux inquiets vers Thomas.
« Ça va, ne t'inquiète pas. » Le rassura ce-dernier avec un léger sourire
Alors il continua, le cœur un peu plus rapide qu'habituellement – mais bien moins que plus tôt dans la nuit – et apposa enfin la compresse qu'il fit en sorte de bien fixer.
« On y est. » Souffla-t-il avec un sourire satisfait
« Merci. »
Newt haussa les épaules, et il retrouva sa place sur son siège.
« Non, vraiment. Merci, Newt. »
Surpris par le ton sérieux de Thomas, il leva de nouveau les yeux vers lui. Les prunelles brunes le fixaient intensément, comme si le garçon cherchait à transmettre toute sa gratitude par elles. Newt baissa rapidement ses yeux, toussota et reprit le volant entre ses mains. Troublé, il se contenta de demander :
« On y va ? »
A côté de lui, Thomas remit son pull et ouvrit sa portière.
« Oui, mais je conduis. »
« J'étais paniqué, tout à l'heure, je conduis mieux d'habi… »
Mais Thomas avait déjà fermé la portière. Une moue vexée sur le visage, Newt se glissa néanmoins sur le siège d'à côté. En fait, ce n'était pas si mal. Peut-être qu'il allait dormir un peu. Il allait avoir besoin d'être complètement remis de ses émotions, pour affronter celle de Teresa, le lendemain.
Réponses aux reviews :
WeirdWolfAddict : mouahaha je suis si cruelle ! Mais ce chapitre ne se termine pas d'une façon horrible, pas vrai ? Je me rattrape ? :D Merci beaucoup ! :)
LittlePoiZon : Arf, ton plan de Thomas qui dort avec Newt était brillant…mais non ! Pas de Minho non plus pour ce chapitre mais imaginer ta version de l'intrusion m'a bien faite rire x) Merci :D
Tanthor : Woh, merci beaucoup ! Haha, j'aurais dû appeler dû appeler cette fic « Stockholm Syndrome » x)
Haliska : Merciii ! :D Promis, la romance est en route, elle arrive trèèèèèès bientôt !
Morgane-Ravenclaw : Pauvre Tommy, quand je lis les reviews il me fait encore plus de peine x) Mais j'approuve totalement !
Naws-you : Rah c'est trop mignon, merci ! Tu as deviné pour les gars, bravo (j'ai eu des hypothèses vraiment bizarres mais assez marrantes). Surtout n'hiberne pas jusqu'au prochain chapitre hein, ça serait bête de rater les fêtes ! Merci pour tous ces compliments :D
Papuche-chan : Je trouve ça à la fois bizarre et marrant de te répondre là, comme au tout début :') l'époque où je n'étais pas encore amou- ah non, pas ici pas ici ! Putain en relisant ta review j'ai ri quand tu parles du jeu de rôle et du « #Relationsaine » x) Surtout qu'en ce moment je te parle par texto comme 99,99% du temps, le 0,1% étant composé de nos heures de sommeil. Bref, toi je vais pas te dire merci, je vais te dire je t'aime.
La Dictateuse : AH ! Une papaye sauvage apparaît ! Pokeball go ! J'espère que je l'ai attrapé, je vais pouvoir la forcer à écrire son newtmas comme ça…elle devrait rentrer dans la pokeball, elle est si petite :D Bon, en vrai, merci ma papaye, tu es trop mignonne (et trop petite). Merci merci merci, et ui, il y aura probablement une rencontre Thomas/Teresa. Je connais ton amour pour Teresa mais…mais moi je l'aime bien alors c'est comme ça mouhahaha :D
Skouare Enix : Raaaah ça y est tu repars pour un monde meilleur ! Chanceuse ! Merci de reviewer dès que tu le peux, c'est juste trop adorable :D Eclate toi bien !
Clemladin : Oh mais Thomas avait plus ou moins deviné que Newt allait essayer de se barrer, promis, il n'est pas si con x) Haha « quand est-ce que des gens vont venir tuer Thomas ? Nan parce que j'en ai marre qu'il soit vivant moi oh ! » x) Au prochain chapitre, alors )
Ewhylan : Newt en train de faire Prison Break, tu m'as faite rire x) Je me suis entraînée, j'ai même réussi à ouvrir une porte avec un cure dent quoi ! (Nan, nan, je m'ennuie pas…) Dis comme ça, ok, Newt passe pour un énorme manipulateur…bon, d'accord, il l'est carrément x) Merci beaucoup pour ta review :D
The Queen of rats : Haaaaaa désolée ! Promis, je veux tuer personne à part James Dashner ! Moi je me ferais bien enlever par Dylan O'Brien plutôt, et après on enlèverait Thomas Brodie Sangster, ça serait trop géniiiial ! Allez, merci beaucoup :p
Maeva Cerise : Tu es rassurée ? Personne n'avait une tête de limace géante, tu vois :D ça aurait été probable, remarque…ou pas d'ailleurs, mais quand même, tu as bien fait de te méfier ! J'avoue qu'ils doivent être trop mignons Newt et Thomas comme ça :3 Merci pour ta review, j'ai bien ri !
Guest : Merci beaucoup, c'est très gentil d'avoir pris le temps de laisser une review ! :) C'est toujours un plaisir de découvrir de nouveaux lecteurs :D Et une review pleine de compliments quoi :3 Merci encore !
Mo : constructive ou pas, une review fait toujours plaisir, ne t'inquiète pas :D (quand tu passes des heures sur un chapitre, tu mangerais les compliments par dizaine pour t'en remettre…) Et puis ta review est toute mignonne, et je suis honorée d'y avoir eu le droit si tu n'en laisses jamais :D Merci beaucoup et désolée de t'avoir fait attendre !
