Vous avez probablement remarqué que j'étais plus vraiment dans le rythme « un chapitre toutes les deux semaines », et j'en suis désolée !
Je vous souhaite quand même une bonne lecture pour un chapitre biiiiien moins riche en action que le précédent. On se retrouve en bas pour des infos sur la suite !
Thomas gara la voiture le plus loin possible du petit restaurant perdu sur l'aire d'autoroute. Il tourna son regard vers Newt, endormi depuis quatre bonnes heures, la joue écrasée contre la vitre et la respiration tranquille. Quand il dormait, le garçon était vraiment attendrissant – quand il était réveillé, ses piques régulières avaient tendance à faire passer son physique agréable en second plan. Un léger sourire étira les lèvres de Thomas, mais s'évapora rapidement. Il passa ses mains sur son visage fatigué et grimaça en sentant la blessure de son bras le lancer.
Il était tellement perdu. Comment Newt avait-il pu changer d'avis comme ça ? Comment pouvait-il faire le choix de risquer sa propre vie pour celui qui l'avait enlevé ? Après ce qui s'était passé cette nuit…
Thomas sentit son cœur se serrer douloureusement. Il avait failli faire tuer Newt…
Il posa une main légèrement tremblante sur l'épaule du blondinet et le secoua doucement. Le garçon ne mit pas longtemps à émerger, s'étirant d'abord avant de tourner ses yeux ambrés vers Thomas en ébouriffant ses cheveux.
« On est sur une aire d'autoroute. » Dit Thomas « Si tu veux boire quelque chose ou aller aux toilettes… »
« J'aimerais bien. » Répondit Newt d'une voix encore endormie « Mais il y a plus intelligent qu'aller montrer ma tête dans un lieu public quand des photos de moi doivent circuler un peu partout. »
Thomas acquiesça, puis il laissa son regard se perdre derrière le pare-brise et demanda :
« Est-ce que ça ne serait pas mieux comme ça ? Que quelqu'un te reconnaisse et que tu rentres chez toi aujourd'hui ? »
Il n'osait pas regarder Newt. Il n'avait aucune idée de l'air du garçon, mais ce-dernier ne tarda pas à répondre :
« Tu es vraiment en train de me tenter ? »
« Disons que...je veux que tu saches que tu peux toujours décider d'être raisonnable et changer d'avis. Tu peux sortir de la voiture, là, maintenant, et ne pas y remonter. »
Cette fois, il regarda Newt. Son expression était légèrement surprise, mais il était difficile de savoir ce qu'il pensait.
« J'en ai vraiment envie. » Souffla Newt « Mais le fait d'avoir eu une enfance dorée ne fait pas de moi quelqu'un d'insensible. »
« Ça ne ferait pas de toi quelqu'un d'insensible. Plutôt quelqu'un qui écoute à raison son instinct de survie et qui n'a pas spécialement envie de mourir pour une personne qu'il ne connait pas. »
« Et si je descends, qu'est-ce que tu vas faire ? Epouser une riche héritière ? Compter sur la loterie ? Braquer une banque ? »
Thomas fronça les sourcils et secoua sa tête.
« Non, non je ne vais pas braquer une banque…ni faire le reste, mais… »
« Tu vas attendre que d'autres gars te tombent dessus et te tuent, alors ? »
« Au moins, j'attendrai seul, et je mourrai seul. Pas avec toi. »
Newt soupira et se mit à le regarder avec colère.
« Quelle belle fin, Thomas. » Claqua-t-il
« Je ne te comprends pas. » Répondit Thomas – il était soudainement agacé par le comportement du blond « Tu étais en train de t'enfuir quand ces gars sont arrivés, et c'est normal. Je t'ai enlevé, je…tu es en danger avec moi. On se connait pas, tu me dois rien, et tu as une famille qui t'attend dans la peur, et… »
« Tu crois que je ne sais pas ça ? Que ça me rend pas malade de savoir que mes parents flippent ? Que ma meilleure amie a sûrement raté ses examens à cause de moi ? Que je n'ai pas mal au ventre à l'idée de revivre la même scène que cette nuit ? »
Thomas donna un coup sur le tableau de bord, faisant sursauter Newt. Il était énervé pour de bon. Enervé parce qu'il ne comprenait rien. Parce qu'il voulait à la fois que le blond reste avec lui et parte.
« Si tu restes, je ne peux pas garantir ta sécurité. Tu comprends, ça ? Si tu ne descends pas maintenant, tu vas peut-être y rester. »
« J'ai confiance en Teresa plus qu'en n'importe qui. Elle sera rapide, on aura l'argent en un rien de temps, je te jure, et personne ne remontera jusqu'à toi. »
Newt avait vraiment l'air déterminé, mais c'était loin d'être suffisant pour Thomas. Ces quatre dernières heures, il n'avait pu que penser aux risques qu'il lui avait fait courir.
« Thomas…si je pars, je vais être interrogé, surveillé. Je ne pourrais pas simplement retirer autant d'argent de mon compte sans que mon père en soit informé, et si je suis libre au moment de demander ce service à Teresa, je suis loin d'être sûr qu'elle accepte. J'y ai réfléchi, vraiment. J'ai la possibilité de faire en sorte que tu ne meures pas. Si je ne fais rien…si je te laisse mourir, je m'en voudrais toute ma vie. »
Thomas soupira profondément. Il était incapable de sortir Newt de la voiture en utilisant la force, même s'il savait que c'était le mieux à faire. Il ne voulait pas mourir. Tout aurait été tellement plus simple si le blondinet avait continué à croire que cet argent n'était pas une question de survie.
« Tu as peu trop râlé pour que je te prenne pour un peureux… » Fit Thomas en le regardant « Mais je te pensais beaucoup plus censé et moins intrépide que ça. »
« Pour être sincère, moi aussi. » Répondit Newt, très sérieux
Thomas se retint de soupirer – à ce stade, il avait l'impression que ça ne servait plus à rien. Il fallait qu'il prévienne Brenda et Minho qu'il serait bientôt au Kansas – sans parler de ce qui s'était passé avant le départ pour éviter de les voir débarquer.
« Je vais prendre de l'essence. Tu…tu veux quelque chose ? »
« Non, merci. »
Un léger sourire étira les lèvres de Newt, et Thomas eut un instant l'impression qu'il se moquait un peu de lui. Il quitta la voiture en haussant les épaules, et ses pensées se focalisèrent rapidement sur la suite des événements. Newt avait sûrement raison, appeler cette fille, Teresa, était sans doute la meilleure solution pour obtenir l'argent rapidement. Il ne voulait pas en parler à Minho et Brenda pour le moment – quelque chose lui disait qu'ils ne cautionneraient pas sa confiance presque aveugle en Newt.
Il composa le numéro de son meilleur ami tout en tirant la pompe à essence, priant pour que son mensonge soit le dernier.
-TLYG-
Newt avait mal au ventre à s'en plier en deux. Sa main, refermée sur le téléphone de Thomas, tremblait. Il l'avait fait. Il avait composé le numéro de Teresa. Il allait bientôt entendre sa voix.
Il regarda Thomas qui lui adressa un léger sourire encourageant, et il lança l'appel.
Deux sonneries plus loin, il l'entendit enfin, la voix fatiguée de sa meilleure amie :
« Teresa Agnès…j'écoute. »
Newt se mordit la lèvre, ferma les yeux et répondit dans un souffle :
« Teresa, c'est moi. C'est Newt. »
Il s'écoula peut-être une ou deux seconde avant que la jeune femme ne sanglote :
« N-Newt ? Oh mon dieu Newt ! Dis-moi que tu vas bien ! »
Newt eut l'impression qu'on lui broyait le cœur. A cet instant plus qu'à n'importe quel autre, il aurait tant voulu prendre son amie dans ses bras et s'excuser. Mais il devait se reprendre. Plus vite cette histoire serait terminée, plus vite il rentrerait auprès de ses proches.
« Je vais bien Te', ne t'inquiète pas. »
Teresa eut un soupir soulagé mais tremblant.
« J'ai eu tellement peur ! Tellement…où est-ce que tu es ? Je…je viens te chercher immédiatement ! Je vais appeler ta mère et… »
« Non ! Teresa, écoute-moi, s'il te plait. »
« Que…ne…ne me dis pas qu'on te retient ? Tu n'es pas seul ? Oh mon dieu Newt, est-ce qu'on t'a fait du mal ? Est-ce que tu sais où tu es ? »
Newt leva les yeux vers Thomas, mais le garçon fixait le sol, l'air terriblement mal. Il se reconcentra sur son appel, quoiqu'à bout de mots. D'eux deux, Teresa avait toujours était celle qui gardait son sang-froid. Et là, elle pleurait et parlait d'une voix étranglée.
« Teresa, je vais bien, personne ne m'a fait de mal, je te promets. Mais… »
« Mais ? » Fit la jeune fille dans un autre sanglot
« J'ai…je suis infiniment désolé de te demander ça, mais j'ai besoin que tu te calmes et que tu m'écoutes attentivement. Où que tu sois, assis-toi et souffle. Dis-toi que je suis vivant, que je vais bientôt rentrer à la maison. C'est une promesse. Mais écoute-moi avant. Tu peux faire ça pour moi ? »
Il s'en voulait terriblement de demander quelque chose d'aussi difficile à sa meilleure amie, mais il n'avait pas le choix. Il entendit Teresa renifler, puis quelques secondes passèrent comme si elle prenait le temps de reprendre son souffle. Enfin, d'une voix moins tremblante, elle dit :
« Je t'écoute. »
« Je…je suis avec un garçon au Kansas. Un garçon de notre âge qui a pas mal de problèmes. »
Newt inspira et fit tous les efforts du monde pour ne pas regarder Thomas, assis à côté de lui dans le canapé.
« Il…il a vraiment besoin de beaucoup d'argent. »
Teresa hoqueta.
« Il te retient en otage. » Souffla-t-elle
Newt sentit toute la détresse dans l'affirmation de la jeune femme. Il pinça l'arête de son nez et reprit :
« C'est…à la base, oui. Mais…mais c'est plus compliqué que ça. Je…écoute, je t'expliquerai tout en détail quand je serai rentré, d'accord ? Pour l'instant, j'ai besoin que tu m'aides à avoir cet argent. »
« Evidemment, je…je ferai n'importe quoi Newt, mais…je t'en prie, dis-moi que… »
« Il ne m'a rien fait, je te jure. Ça va te paraître fou dit comme ça, mais je te promets que je vais très bien. Ce n'est pas quelqu'un de mauvais, il ne me blessera pas. Je t'expliquerai tout plus tard, d'accord ? Pour l'instant, j'ai juste besoin que tu me promettes que tu ne parleras à personne de cette conversation. »
« Quoi ? Il…Newt, tu…je dois prévenir ta mère, et la poli-… »
« Non, surtout pas ! Si tu récupères deux-cent cinquante mille dollars et que tu nous les fais parvenir sans que personne ne soit au courant, je serai très vite rentré. La police n'a pas besoin de savoir, je n'ai pas envie qu'elle sache. Et si tu préviens mes parents, tu passeras forcément à l'interrogatoire. »
« Tu ne te rends pas compte de ce que tu me demandes. »
Teresa s'était remise à pleurer, plus discrètement cette fois.
« J'ai eu tellement peur, Newt. Je me suis imaginée le pire pendant tous ces jours, et tes parents…tout le monde te cherche, et tu me dis que je ne peux même pas les prévenir que tu es en vie ? »
« Je sais…je suis désolé pour tout ça. Je ne m'excuserai jamais assez, mais…Teresa, je suis avec lui de mon plein gré maintenant. S'il n'a pas cet argent, il va mourir. »
« Et alors ? Tu es manipulé, Newt ! Tu fais un syndrome de Stockholm, mais il faut que tu ouvres les yeux ! Qui qu'il soit, ce gars vient de nous faire vivre l'enfer ! Tu ne lui dois rien, alors je t'en supplie, dis-moi juste où tu… »
Newt essaya de ne pas montrer à Thomas qu'il commençait à perdre espoir. Il ne le regarda pas par peur de se trahir, souffla, et répondit :
« Teresa, je t'en prie. Tu dois me faire confiance. J'ai toute ma tête, et je ne changerai pas de position. Je ne le laisserai pas mourir, alors je ne rentrerai pas tant qu'il n'aura pas cet argent. »
Pendant un instant, seul un « Newt » étouffé lui répondit. Il imaginait avec douleur Teresa se torturer le cerveau pour savoir quelle décision elle devait prendre. Il sentait déjà poindre la culpabilité en lui, honteux d'imposer ça à la personne qu'il aimait le plus au monde. Mais il n'avait pas le choix…il devait sauver Thomas.
« Passe le moi. »
Newt crut d'abord qu'il avait mal entendu, alors il demanda :
« Pardon ? Qu'est-ce que tu as… »
« Passe-moi le gars à qui je suis censée apporter deux-cent cinquante mille dollars. »
« Pourquoi ? Je ne… »
« Newt. Tu me demandes quelque chose d'absolument énorme, alors tu peux au moins m'accorder ça. »
Newt resta sans voix, trop étonné par la demande de sa meilleure amie.
« Newt ? » L'appela la voix inquiète de Thomas
Alors il leva les yeux vers lui, éloigna le téléphone de sa bouche et murmura, gêné :
« Elle…elle veut te parler. »
Thomas haussa les sourcils, mais il tendit la main sans poser de question. Newt lui laissa prendre le téléphone, la gorge serrée. Un court instant après, le brun se leva.
« Newt… » Souffla-t-il en posant sa main sur le téléphone « Ton amie veut que je change de pièce. Tu… »
« Que…non, d'accord, je reste là. »
Thomas le remercia par un sourire et s'éloigna aussitôt, laissant Newt seul au milieu du petit salon, sur le canapé moelleux qui faisait face à une belle cheminée où le feu crépitait. Il s'installa plus confortablement, s'enroulant dans une couverture en essayant de se détendre. S'il ne soufflait pas un coup, il allait fondre en larmes. Il avait parlé à Teresa. Il avait enfin entendu sa voix. Ce qu'il avait tant voulu durant les premiers jours de sa captivité…et il l'avait fait uniquement pour lui demander une chose si égoïste. Il se demanda brièvement comment, si les rôles avaient été inversés, il aurait réagi. Sans doute comme sa meilleure amie…
Il ne lui restait plus qu'à prier qu'elle ne fasse pas encore plus culpabiliser Thomas. Ou pire, qu'elle arrive à le convaincre de partir seul et sans l'argent.
Newt soupira et ramena ses jambes contre son torse pour poser sa tête sur ses genoux. Quand et comment en était-il arrivé à se soucier de Thomas, déjà ?
-TLYG-
« Newt… »
La voix de Thomas. Douce et agréable, comme la plupart du temps. Newt se demanda vaguement s'il rêvait, l'esprit embrumé, puis il sentit une main le secouer doucement. Il ouvrit les yeux sur le visage angoissé de Thomas. D'abord, ça ne le surpris pas plus que ça. Après tout, le brun avait toujours cette mine. Puis il se rappela de l'appel à Teresa, et son cœur fit un bond immense. Il se redressa dans le canapé, cette fois complètement réveillé. Comment avait-il pu s'endormir ?
« Hé, du calme, tout va bien ! » Fit Thomas « Je voulais juste te dire que tu devrais aller dans un lit. La maison est moins impressionnante que la première, mais ils ont des chambres, tu sais. Alors… »
Newt secoua la tête. C'était loin d'être le moment de dormir, même si les événements survenus dans la nuit l'avaient visiblement épuisé.
« Pourquoi est-ce que Teresa voulait te parler ? Ça a duré longtemps ? J'ai dormi longtemps ? »
Un léger sourire étira les lèvres de Thomas. Un sourire triste qui serra le ventre de Newt.
« Tu ne dors que depuis une petite trentaine de minutes, je suppose. Je viens juste de raccrocher. Il est treize heures, tu veux manger quelque chose ? »
« Non, je veux juste que tu me répètes ce que Teresa t'a dit. »
« Elle m'a d'abord promis de m'émasculer s'il t'arrivait le moindre mal. »
Thomas eut un petit rire, mais Newt grimaça.
« Ça lui ressemble bien, oui. Et ensuite ? »
« Ensuite, elle m'a dit qu'elle serait là demain avec l'argent. Elle vient en avion. Elle a déjà pris son aller, et vos retours. »
« Quoi ? Sérieusement ? » S'écria Newt dans un élan de joie « Tu vois, je savais qu'elle t'aiderait ! »
Thomas acquiesça, souriant toujours discrètement, mais sans montrer d'enthousiasme. Celui de Newt retomba alors. Il fronça les sourcils, attrapa Thomas par le poignet et le tira vers lui pour l'obliger à s'assoir dans le canapé. Le brun ne protesta pas et s'installa à côté de lui.
« Souris, Tommy. Tu es sorti d'affaires. »
Thomas tourna vivement la tête vers lui, les yeux écarquillés.
« Tommy ? » Répéta-t-il
Newt haussa les épaules. Ça lui était juste venu comme ça. Pour le moment, c'était autre chose qui l'intéressait. Alors il planta ses prunelles ambrées dans celle de son vis-à-vis et demanda :
« Tu me racontes comment tu en es venu à devoir deux-cent-cinquante mille dollars à quelqu'un, alors ? »
Thomas baissa les yeux, et répondit à voix basse :
« Je t'épargne les détails trop clichés de mon enfance dans les quartiers pourris de la banlieue ? »
Newt réfléchit un instant. En y pensant, la vie de Thomas l'intéressait. Ce garçon était vraiment intriguant. Il avait côtoyé assez de misère pour en venir à enlever quelqu'un, mais il restait beaucoup trop gentil pour jouer le rôle d'un vrai kidnappeur. Cependant, il ne voulait pas brusquer Thomas. Après quelques nouvelles secondes de réflexion, il opta pour un :
« Comme tu veux. »
Le brun sourit, baissa les yeux, et commença :
« Tu sais quoi ? Le pire, c'était que j'étais pas si mal parti. Je suis pas le fils de deux drogués, je suis pas né dans un squat et j'ai vraiment été aimé par ma mère. C'est plutôt elle, qui n'a pas eu de chance. Elle s'est laissé avoir par un jeune chef d'entreprise dans le bar où elle travaillait, un peu avant ses trente ans. Je suis né, et le gars a bien été obligé d'avouer à ma mère que toutes ses promesses étaient des mensonges et qu'il était marié, quand il a refusé de me reconnaître. »
Newt baissa les yeux à son tour, le cœur serré en se disant qu'il n'avait pas encore entendu le pire.
« On s'est vite retrouvés dans les quartiers sud, ma mère et moi. J'ai très tôt rencontré Minho, et Brenda un peu plus tard, au lycée. »
L'air triste de Thomas s'évapora un court instant derrière une mine attendrie, et Newt s'en voulut aussitôt d'avoir critiqué ces deux-là.
« Quand ma mère est morte, c'est les parents de Minho qui m'ont hébergé. J'avais quinze ans, et ils ont refusé de m'envoyer pourrir dans un foyer. C'est aussi à cette période que j'ai appris le nom de mon père…et que je suis allé le voir. »
La voix de Thomas avait légèrement tremblé sur les derniers mots, alors, par réflexe et par instinct, Newt se rapprocha de lui et posa sa main dans la sienne. Les prunelles brunes se levèrent vers lui, pleine de reconnaissance.
A cet instant, il était plus que difficile pour Newt de se dire qu'il en avait à un moment voulu à ce garçon.
« Il m'a rembarré. » Reprit Thomas avec un petit rire amer « Il m'a dit qu'il avait un fils, un vrai fils, et qu'il ne voulait pas entendre parler de moi. Il a dit qu'il appellerait la police s'il me voyait encore tourner autour de chez lui, qu'il était influent dans la ville, et que je finirais en prison. Alors je suis juste parti, et…et je n'ai pas été foutu de me contenter de ce que j'avais chez Minho. Quand l'occasion s'est présentée de me faire de l'argent facile pour me tirer de ces quartiers pourris et en tirer mes amis…je l'ai saisie. »
« Le trafic de drogue, c'est ça ? » Demanda Newt
Thomas acquiesça. Tout paraissait tellement plus clair maintenant.
« Il y avait cet homme dont on entendait pas mal parler, au lycée. Minho, Brenda et moi, on avait évidemment interdiction de l'approcher. Je trouvais ça injuste. Après tout, ce gars avait déjà tiré de la misère deux élèves de mon âge, dont un que je haïssais…un petit con qui avait essayé de s'en prendre à Brenda quand elle avait refusé de coucher avec lui, et avec lequel je m'étais battu. Ça me débectait de voir que cet enfoiré était en train de s'en sortir alors que je piétinais…j'ai appris un peu trop tard que ce n'était pas s'en sortir, de bosser pour le grand patron. »
« Parce que…toi aussi tu as rejoint le réseau ? »
« Non seulement je l'ai rejoint, mais j'y suis resté. Ça allait faire cinq ans, quand j'ai commis ma première erreur. Je suis d'abord allé revoir mon…père, je ne sais pas pourquoi. Peut-être que j'espérais qu'il avait changé d'avis, au bout de toutes ces années ? J'ai même entraperçu mon demi-frère, il a l'air d'être un chouette gosse. J'aurais aimé lui parler, mais mon père ne m'en a pas laissé le temps. Il m'a dit de dégager, m'a même collé un couteau entre les côtes, alors je suis parti. Encore. Je ne sais pas si c'est ça qui m'a distrait, qui a fait que je me suis laissé avoir, mais j'ai vraiment merdé après ça…»
Newt fronça les sourcils, essayant de rester concentré et de ne pas se laisser envahir par ses émotions. Même s'il était persuadé qu'il étranglerait le géniteur de Thomas s'il le voyait, là, tout de suite.
« Un truc con, mais qui a coûté de l'argent. » Poursuivit Thomas « Deux-cent mille dollars. Je transportais pour la première fois une cargaison de cocaïne, et…enfin, j'ai tout simplement été braqué. Au début, je me suis estimé heureux que les gars ne m'aient pas tué, puis, quand le patron a refusé de m'entendre pour que je m'explique sur la perte de la cargaison…j'ai compris qu'il aurait été moins compliqué que je meure le jour du vol. »
« Mais…même si les mecs dans les cartels sont complètement tordus…ce n'était pas de ta faute. Ils ne considèrent pas que ça l'est, non ? Pourquoi ils ne t'ont pas laissé t'expliquer ? »
Thomas haussa les épaules, soupira et répondit :
« Je ne sais pas. Peut-être qu'ils ont senti que je pensais à quitter le réseau et qu'ils ne me pensaient pas assez fiables pour me laisser partir vivant ? Je n'y ai pas vraiment réfléchi. A partir du moment où ils ont essayé de me tuer pour la première fois, j'ai juste passé mon temps à m'en vouloir d'être un ami aussi merdique pour Brenda et Minho. Et puis…j'en suis arrivé à te kidnapper. »
Newt hocha la tête, prenant le temps d'assimiler chaque mot.
« Je me demande si ça aurait été différent, si j'avais su ça avant que tu casses la vitre de ma voiture. » Dit-il finalement, sans vraiment réfléchir
Il avait envie de se dire que oui, qu'il aurait tendu sa main à Thomas sans ne connaître rien d'autre de lui que son histoire, mais il en doutait un peu.
« En tout cas, ça aurait été différent si j'avais été capable de me réjouir de ce que j'avais au lieu de trop regarder les autres, comme Minho l'a toujours fait. Je me demande vraiment pourquoi un gars aussi formidable que lui continue à se faire chier pour quelqu'un comme moi. »
« Peut-être parce que tu en vaux la peine. »
Thomas eut un nouveau rire amer, et Newt se fit la réflexion qu'il aimerait vraiment, un jour, l'entendre rire sincèrement. Puis il se rappela qu'il n'y aurait pas « d'un jour », puisqu'il rentrerait chez lui demain. Le manque d'enthousiasme que faisait naître cette pensée en lui le déconcerta un instant, mais le brun l'arracha à ses pensées en lançant un :
« Je n'arrive pas à croire que ce soit toi qui dise ça. »
« Que tu en vaux la peine ? Tu as peut-être…d'accord, tu as fait d'énormes erreurs. Mais ça ne veut pas dire que… »
« Si, crois-moi, Newt. Ça veut tout dire. Pendant plus du quart de ma vie, je n'ai pris que des décisions égoïstes. »
« Tu n'as que vingt ans, et tu étais paumé, c'est… »
Thomas lui lança un regard presque énervé, mais Newt ne détourna pas les yeux.
« Pourquoi est-ce que tu me cherches des excuses ? »
Newt soupira.
« Je n'en sais rien. »
C'était vrai, il n'en savait rien. Pourtant…
« Je suis juste content que tu ne sois pas le méchant de l'histoire, et je n'ai pas envie que tu crois que tu l'es. »
La colère de Thomas se changea en surprise.
« Tu n'es pas quelqu'un de mauvais. Regarde, malgré les circonstances complètement désastreuses de notre rencontre, je n'ai pas été capable de te détester plus de quelques heures. Tout est arrivé très vite, mais si j'ai changé d'avis, c'est parce qu'il y a une vraie raison, tu ne crois pas ? »
Et j'ai volontiers accepté l'idée que tu n'avais peut-être vraiment pas eu le choix, ajouta-t-il mentalement, et j'ai été heureux d'apprendre que c'était le cas, et je comprends pas le foutu fonctionnement de mon cerveau mais l'idée de partir demain pour ne plus jamais te voir me donne mal au ventre. Et si tu continues à me regarder comme si j'étais un objet absolument fascinant, je vais…
« Newt. »
Newt dut se retenir de ne pas secouer sa tête pour se raccrocher à la réalité. Une réalité absolument déroutante. Captivante, peut-être, comme Thomas à cet instant. Ou était-ce simplement la façon qu'il avait de le regarder ?
Newt pouvait sentir son cœur s'accélérer. Il avait honte, et il était sûr d'être à deux doigts de rougir. C'était absolument ridicule. Absolument dingue, comme tout ce qui lui était arrivé ces-derniers jours.
Non, ça, c'était plus dingue encore.
« C'est n'importe quoi. » Souffla-t-il
« C'est ce que j'essaie de te dire depuis tout à l'heure. » Répondit Thomas dans un léger rire nerveux
N'importe quoi. Définitivement. Pourtant, il ne bougea pas quand Thomas avança une main fébrile vers lui, et il frissonna même quand cette main se posa dans sa nuque. Le souffle court et le pouls rapide, il s'accrocha au pull de Thomas et pencha lentement son visage vers lui, attiré par les doigts contre sa peau chaude.
Il n'avait aucune idée de ce qu'il faisait. Il ne s'était jamais senti aussi peu maître de lui-même. Il était comme hypnotisé, obsédé par les lèvres d'un garçon qu'il avait cru détester quelques jours plus tôt. Pas juste ses lèvres, en fait. Lui tout entier.
Il abandonna le regard profond de Thomas pour fermer les yeux, puis leurs lèvres se rencontrèrent.
BON ! Avant que vous entamiez la danse du Newtmas, je vous donne trois petites infos :
- Il va falloir attendre encore un peu pour la suite, parce que je suis chargée de travail (mais pas deux mois non plus, en principe)
- On approche de la fin. Il est très probable qu'il ne reste plus que deux chapitres.
- J'espère que vous ne vous êtes pas ennuyés avec ce chapitre, j'avais vraiment besoin d'en écrire un peu plus calme pour relancer l'action au prochain. Parce que vous aurez sûrement compris que tout ne va pas se passer comme prévu (sinon c'est pas drôle)
Et juste pour m'amuser et parce que j'ADORE quand vous y allez de vos hypothèses, je vous dis un petit gros truc : Teresa et Thomas cachent quelque chose à Newtie. Mais quoi ?! Sont-ils en réalité des illuminati ? Des envoyés du WICKED ? Des fans d'Hunger Games (les traîtreeeeeeeeeees) ?!
La réponse au prochain épisode huhuhu…
Réponses aux reviews
La Dictateuse : Oh ! Ma râleuse préférée ! Non en vrai tu peux être gentille parfois, tu m'as écrit plein de trucs trop mignons. C'est louche…en vrai, je sais pas si tu t'en souviens, mais je suis contente que tu aies capté ma référence un peu méchante à Death Cure avec le coup du « je te fais exploser la cervelle » que Newt dit à Thomas :') On est trop malsaines d'en rire x)) Bon, du coup on a la réaction de Teresa « face » à Newt, mais on sait toujours pas ce qu'elle a dit à Thomas, faudra attendre encore un ou deux chapitres ma papaye :3 Tu pas m'en vouloir ? Merci pour ta review mon hobbit d'amour !
Lady Lacey Lucky : Tu es toute pardonnée, vu la longueur et la mignonneté de ta première review ! Pour tout te dire, je n'aime pas Brenda non plus. Mais bon, pour les besoins de la fic… x) Haha tu m'as faite rire en me rappelant le coup du tome 3 avec Janson qui veut le cerveau de Thomas (et après je me suis roulée en boule parce que je me suis rappelée d'autres événements du tome 3…). Yep, il y aura une rencontre Thomas/Teresa, qui risque d'être un peu surprenante je pense. Enfin j'espère ! Allez, merci beaucoup ! :D
Maeva Cerise : Haha je suis contente que les réactions de Thomas et de Newt t'aient plu :D Mon dieu le « je te soigne tu me soignes par la barbichette », mais tu m'as tuée là XD Merci !
Papuche-chan : Ow quand je te réponds là j'ai l'impression de retourner dans le passé, le temps où toi et moi on ne bai- …enfin you see what I mean ! Je te ferai bien une réponse trèèèèèès longue, mais au moment où j'écris ces mots, l'amour de ma vie me fait un petit caprice, alors je vais m'occuper d'elle :3 Bisous ma papuchouille d'amour !
Sexrek : Merciii ! C'est super gentil :D Niveau avancée on y est là, hein ? J'espère que tu as aimé ce chapitre, du coup ^^
Clemladin : Merci, contente que tu aies aimé :D A la prochaine :)
Ewhylan : Partiels passés, mais maintenant c'est le moment du nouveau semestre, des exposés, des DST, des tonnes de livres à lire (je suis en Histoire…), dur quand j'aimerais passer ma vie à écrire x) Mouahaha oui je tenais à ce que Thomas tue des geeeeens (non, je suis pas sadique non plus !). Evidemment que Thomas allait sauver Newtie, voyons, l'amour de sa vie ! Et puis j'aurais pas eu l'air con pour écrire pour Newtmas sans Newt xD Hey, ça s'entend un bruit de serrure ! Je le sais, moi-même, quand j'essayais d'ouvrir la porte de la pièce où sont cachés les sujets de partiels…euh, j'en ai trop dit. Allez, merci pour ta review, elle m'a fait super plaisir ! :D
Math'L : Merci beaucoup ! :D Désolée pour avoir tardée avec cette suite !
Mo : Je réponds toujours aux reviews ! :) Surtout quand elles sont aussi mignonnes, quoi ! Désolée pour l'attente hein, et merci pour tes encouragements :D
Blackghost : Merci, c'est très encourageant :) a très bientôt !
Mirtie252 : Waouh merci, c'est adorable :) j'espère vraiment que cette suite t'aura plu !
LittlePoiZon : Oh mon dieu la lecture par screenshots, trop mignon XD Ils s'embrassent quand…hum…tu as ta réponse je crois haha x)
jeanne pointu : Merciii c'est trop sympa :D Un peu tard mais passe aussi une bonne année :) En espérant te retrouver sur ce chapitre, je te dis à bientôt :)
42 : Haha une review est toujours bienvenue, alors merci x)
Cendres : Merci beaucoup, c'est adorable :D
AngelWinchester44 : Ok, ça c'est de la review x) Merci BEAUCOUP ! Tellement de compliments, je vais rougir quoi ! x) Tu as de la chance, tu arrives quand je publie la suite haha :) Je suis contente de retrouver autant de fois le verbe « adorer », c'est bon signe en général, alors t'inquiète pas x) ça me fait vraiment plaisir que tu aimes la relation entre Minho et Thomas, que tu apprécies Brenda, et…que tu attendes avec impatience le Newtmas xD J'ai un peu la pression du coup, j'espère que ce chapitre t'aura plu ! Vraiment, merci beaucoup. C'est toi qui m'as encouragé à poster ce soir :) du coup, à très bientôt j'espère ! ^^
