I'll Stand By You - The Pretenders
Coqcigrue vient de rentrer à la maison ce soir.
Ginny est ravie et essaye d'attraper le message qu'il doit lui apporter, celui qu'elle attend depuis des jours, et qui n'était pas revenu le soir où elle l'avait envoyé comme à son habitude, une lettre d'Hermione. Mais le hibou virevolte dans tous les sens et refuse de se poser, malgré les mots rassurants de ma mère et les jurons poussés par ma sœur.
Je finis par monter sur une chaise et attraper le hibou quand il se pose sur l'armoire de la salle à manger, évitant au passage un coup de bec.
« Ginny … il ne porte pas de lettres » dis-je à ma sœur. Je vois son visage se décomposer et mon cœur se serre de la voir si triste.
« C'est pas possible ! » s'exclame-t-elle « Ca fait déjà trois jours ! »
Je veux la rassurer mais le hibou se débat dans mes mains et essayes de me pincer.
« Coq ! Calmes toi, qu'est-ce que tu as ?»
Je ne l'ai jamais vu aussi excité, et aussitôt que je le relâche il s'envole le plus loin possible de tout contact.
« Il a l'air affolé » remarque Harry en s'approchant doucement de l'oiseau. Coq tremble mais ne s'envole pas, et Harry parvint à l'approcher au plus près.
« Regardes » souffle il « Sa patte est abîmée. On dirait … »
« Quoi donc ? » s'affole ma mère
« Je pense qu'on lui a arraché le message qu'il portait.»
« Mon Dieu ! »
Le cri ne vient pas de Maman mais de Ginny. « Hermione » souffle elle, assez fort pour que je l'entende. Je ne dis rien et la prend silencieusement dans mes bras. Harry continue à essayer d'attraper Coq, et Maman frotte le bras de Ginny pour la rassurer comme elle peut, mais nous comprenons tous ce que cela signifie.
Il est arrivé quelque chose à Hermione.
Harry propose tout de suite d'envoyer un Patronus chez elle et à Lupin, mais Bill, qui vit à la maison en ce moment pour les préparatifs du mariage, l'empêche à temps de le faire, son cerf est trop connu maintenant et si il y a véritablement eu une attaque il ne vaut mieux pas se faire repérer. Bill envoies son propre Patronus, un guépard, chez Lupin et nous dit de rester la alors que lui-même transplane au ministère prévenir mon père.
Et on attend comme ça pendant une, puis deux heures sans aucune nouvelle de personne. Ginny est folle d'inquiétude et je dois plusieurs fois la retenir de ne pas prendre son balai et d'aller voler chez dans le Londres moldu à la recherche d'Hermione. Ma mère essaye de cacher son angoisse en se distrayant avec des magazines de mariage et Harry, comme à son habitude quand quelque chose arrive, reste dans son coin à se ronger les ongles jusqu'au sang, et sûrement à murmurer que tout est de sa faute.
Quand enfin on aperçoit par la fenêtre une lumière bleutée qui approche vers la maison, on se réunit tous mais quelle n'est pas notre déception quand la forme qui s'approche ne s'avère pas être la loutre de notre amie mais un loup, celui de Rémus.
Sa voix envahit aussitôt la pièce, et malgré le ton qui se veut neutre on peut y entendre de la détresse et même quelque sanglots « Venez au plus vite … attaque… les Granger » murmure le loup avant de s'évaporer dans la nature.
Ginny devient toute blanche, et si je n'étais pas à ses côtés, un bras autour de sa taille, elle serait sans doute tombée au sol. Harry court chercher sa cape d'invisibilité au cas où, et nous nous réunissons autour de Maman dans le salon, la seule qui puisse tous nous transplaner sur place puisqu'elle a déjà emmené Ginny passer des vacances chez Hermione il y a deux ans. Je serre fort la main de ma sœur dans la mienne, et remarque que bizarrement Maman ne lui interdit pas de venir avec nous. Je pense que le ton de voix de Rémus en disait assez pour faire comprendre qu'il était arrivé quelque chose de grave et qu' Hermione avait besoin de nous, tous.
La première chose qui me frappe en arrivant, et après m'être remis de l'horrible expérience qu'est le transplanage à quatre, c'est l'odeur, une odeur de fumée et de brûlé. Ginny veut se précipiter dans la maison, mais Harry la retient par le bras et lui montre les trois personnes qui gardent la porte. Heureusement, le quartier est désert et personne ne nous a vus arriver.
Tonks est là, elle nous attendait avec deux aurors sûrs et nous dit que le ministère a été prévenu. Ils ont été envoyés pour détourner les passants, et évacuer les corps. A ces mots, Ginny vacille presque et je pose ma main sur son épaule pour la soutenir.
Tonks nous explique rapidement que deux mangemorts sont venus attaquer les Granger alors qu'Hermione était visiblement sortie, et elle qu'elle était trop traumatisée pour prévenir qui que ce soit. Il y a eu un appel passé aux policiers moldus après une trace verte dans le ciel, et heureusement les aurors sont arrivés très vite sur les lieux. Elle laisse passer Ginny et lui dit qu'Hermione est dans sa chambre, et ma sœur part tout de suite en courant.
Une fois Ginny partie, Tonks nous en dit un peu plus sur l'attaque. Hermione était sortie acheter des vêtements, sûrement pour notre futur voyage, et quand elle est rentrée elle a trouvé la maison dans cet état. Tout en parlant, on rentre dans la maison et on remarque l'étendue des dégâts. Le mur de l'entrée porte une grande trace noire, toutes les chaises et les tables sont renversées au sol et il y a des traces de lutte un peu partout. La maison a visiblement été fouillée de fond en comble.
En voyant deux officiels du ministère qui portent le noir, des médicomages spécialisés, Harry demande à Tonks la question que je n'ose même pas poser.
Et Tonks nous confirme le pire. Les Granger ont subi le sortilège de la mort et en sont morts sur le coup.
Et si Hermione était rentrée dix minutes plutôt, elle aurait sûrement subit le même sort. Je sens mon cœur se resserrer, la tête me tourne et il faut que je m'assoie pour ne pas que je tombe.
Les Granger sont morts.
Hermione est orpheline et a failli mourir.
Les mots me tournent en boucle dans la tête et une forte envie de vomir me tord l'estomac. Avant même que je puisse réagir, les larmes dévalent mes joues et ma tête tombe entre mes mains. Je n'arrive pas à y croire, et je ne sais plus quoi penser. On aurait dû être là pour les protéger. Tout ça c'est notre faute.
Quand je lève la tête, Harry détourne les yeux pour que je ne voies pas ses yeux rouges et Tonks ne cache pas ses larmes.
Je dois trouver Hermione, la serrer dans mes bras et m'assurer qu'elle est sauve. Je fais un signe de tête à harry que je vais monter en haut, il acquiesce d'un hochement de tête et me suit sans dire un mot.
Hermione est recroquevillée dans sa chambre, tous ses livres et ses cadres sont tombés au sol et ses vêtements ont tous été jeté en vrac au sol. Sa tête est posée sur l'épaule de ma sœur, qui se contente de bercer tendrement Hermione. Celle-ci n'a même pas levé la tête quand la porte s'est ouverte, et semble perdue dans son monde. Ginny lui passe lentement la main dans les cheveux en lui murmurant dans l'oreille des choses que je n'entends pas et leurs mains sont accrochées l'une à l'autre.
Elles restent comme ça toute la nuit.
Ce n'est que le lendemain qu'on apprend ce qu'il s'est passé. Bill rentre à maison tôt le matin, après avoir passé sa nuit au ministère et nous explique ce qu'il a appris. Les aurors ont réussi à remonter les sorts jusqu'à leur émissaires. Il nous confirme que les parents d'Hermione ont été tués par Dolohov et Greybac, qui apparemment espionnaient Hermione depuis quelque jours, ce qui explique la lettre qu'ils ont arraché à Coq. Bill n'ose regarder personne dans les yeux quand il dit d'une voix blanche qu'ils ont retrouvé la lettre dans une poubelle de la rue voisine, une lettre qu'avait écrit Ginny à Hermione et qui a peut-être confirmé aux deux Mangemorts qu'Hermione résidait chez ses parents. La seule chose qu'ils n'ont pas pu déterminer est pourquoi ils ont attaqué quand Hermione n'était pas dans la maison au lieu d'essayer de la tuer.
" Ils veulent nous perturber" me souffle Harry à l'oreille " Il veut nous faire souffrir avant de nous éliminer pour de bon"
Je suis parcouru d'un frisson en pensant à quel point on peut être cruel et fou pour enlever à une fille de dix-sept ans la seule famille qu'il lui reste dans le seul but de s'amuser un peu avant d'essayer de l'assassiner. Bill ne remarque pas mon trouble et continue son récit.
Les aurors ont inspecté tout le quartier et interrogé tous les voisins, puis ont effacé et modifié certaines mémoire, puis se sont rendu au commissariat local et ont modifié des rapports, pour qu'officiellement les Granger soient morts de balles perdues par une bande cambrioleurs, et même si je ne comprends pas la moitié de ces mots je sais que de nombreux aurors ont été affiliés au cas.
C'est un cas à part, nous explique Tonks quand elle vient prendre des nouvelles d'Hermione vers midi, le monde moldu et sorcier étant étroitement relié à Hermione et aux Granger, le ministère ne peut pas laisser des moldus s'occuper seuls de la succession et du devenir d'Hermione. De plus, le ministère devient de moins en moins sur en ce moment, et n'importe qui ne peut donc pas s'occuper du dossier Granger.
Tonks repart, puis revient le soir même passer un moment seul avec Hermione, qu'elle considère comme une petite soeur, puis redescend nous dire que l'enterrement aura lieu dans trois jours et que la veille un notaire viendra s'occuper de son cas.
Hermione reste dans la chambre de Ginny toute la journée et ne descend que le soir pour dîner. Et pendant trois jours, Hermione ne parle pas.
Elle ne dit rien quand Kingsley lui-même vient lui expliquer que le ministère a pris soin l'enterrement et que d'ailleurs Rufus Scrimgeour passera prochainement nous lire à nous trois le testament de Dumbledore. Elle ne dit rien quand Harry et moi la serrons dans nos bras ou l'embrassons sur la joue, se contentant nous resserrer un peu plus contre elle ou nous sourire faiblement. Elle ne dit rien quand mes parents l'enlacent ou que Bill et Tonks jurent par tous les dieux qu'ils la vengeront, mais ses yeux crient merci .
Et pas une seule fois elle ne lâche la main de Ginny.
Le notaire, un petit cracmol appelé Schneider comme prévu pour régler de nombreux détails. Apparemment, Hermione a beau être majeure chez les sorciers, elle ne le sera pas avant ses dix-huit ans chez les moldus, et donc à besoin d'un tuteur pour l'espace de quelque semaines. Le petit homme l'interroge longuement sur sa famille moldue pour savoir qui pourrait endosser le rôle de parent adoptif, mais Hermione explique qu'il ne lui reste qu'un grand-père trop vieux pour s'occuper d'elle et une tante qui habite à Singapour.
Quand le notaire demande si elle ne connait personne du monde moldu qui endosserait ce rôle, Ginny lui propose immédiatement Bill, qui est son parrain et ma mère s'avance. Hermione sourit à Maman et ressert la main de Ginny mais annonce qu'elle préfèrerait demander au professeur Mc Gonagall d'être sa tutrice légale. Ginny approuve tout de suite – de toute façon elle aurait même approuvé Snape comme tuteur si c'est ce qu'avait voulu Hermione- et quand celle-ci veut expliquer à ma mère que la situation serait bizarre avec Ginny et elle, Maman passe son bras autour de ses épaules en disant qu'elle n'a pas besoin d'un papier signé pour être sa fille.
Kingsley revient avec Schneider le lendemain, accompagnée par Mc Gonagall . Dès qu'elle a reçu la lettre de Kingsley qui lui expliquait la situation et la demande d'Hermione, elle s'est précipitée au Terrier pour accepter en personne d'être la tutrice légale d'Hermione, ce qui arrange tout le monde puisqu'elle a aussi une identité moldue, contrairement à de nombreux sorciers. Hermione, elle et Schneider signent tous les papiers nécessaire pendant quelques heures. Ginny et ma mère sont assises à droite d'Hermione, Harry et moi à sa gauche et Minerva(ce qui me fait tout drôle d'ailleurs, d'appeler le professeur Mc Gonagall par son prénom ) garde une main posée sur son épaule pendant toute la procédure. Je crois que si la situation n'était pas aussi triste et morbide, elle serait pleine de joie et de fierté de pouvoir appeler Hermione sa fille.
Schneider nous apprend qu'étant fille unique, elle hérite de la maison des Granger, et comme Harry avec James et Lily, de toute leur fortune qu'elle pourra toucher à sa majorité, et qui en attendant est placée dans un coffre à Gringotts, ce qui a d'ailleurs causé beaucoup d'ennuis pour tout transférer en argent sorcier. La nouvelle ne paraît pas affecter le moins du monde Hermione, ni Ginny qui continue à passer une main dans son dos d'un air rassurant.
Quand Kingsley évoque l'enterrement de ses parents, qui prévu pour la fin de la semaine, Hermione se mord légèrement la lèvre et je pose immédiatement une main rassurante sur son épaule. Elle me regarde de ses yeux, ses grand yeux bruns qui ne seront plus jamais les même et garderont toujours une empreinte de tristesse infinie malgré le temps qui passera, et lit dans les miens tout mon soutien et mon amour. Elle se retourne vers Kingsley et hoche de la tête, comme si elle était prête à accepter tout ce qui vient de lui tomber dessus.
Pendant les deux jours qui nous sépare de la cérémonie, nous faisons de notre mieux pour la soutenir tout en continuant nos plans pour l'an qui vient. Hermione s'est remise à parler comme avant, et se noie dans les recherches sur les Horcruxes pour se vider l'esprit. Même si nous savons depuis le temps que se plonger dans les livres est sa manière d'extérioriser, Harry, Ginny et moi sommes assez inquiets pour elle. C'est assez difficile de se mettre dans sa situation, Harry a perdu ses parents certes mais quand il était bébé et non quand il avait dix-sept ans. La seule chose qui lui fait vraiment du bien c'est d'être avec Ginny, et ma mère nous fait remarquer un soir quand nous sommes tous autour du feu et que les filles se sont endormies sur le canapé qu'Hermione n'a un visage reposé et paisible que dans les bras de ma soeur. Et je dois admettre en regardant le bras égrainé de taches de rousseur resserré autour de épaules de mon amie, la main de celle-ci aggripée au t-shirt de Ginny et leur deux souffles réguliers se faire entendre dans une cadence parfaite que ma mère a raison. Il n'y a que Ginny pour Hermione.
Hermione et Ginny sont épuisées après cette semaine. Elles ont fait beaucoup d'allers retours entre le Terrier, Poudlard pour voir Minerva et le Londres moldu pour vider la maison Granger, dont tous les meubles et effets personnels ont été réduits à un état minuscule et sont rangés dans la malle d'école d'Hermione. Ginny n'a pas voulu laisser Hermione seule une minute, et celle-ci la couvre d'affection comme si ma soeur allait lui être arrachée aussi. Si leur relation n'en ressort pas grandie après ça, je veux bien afficher les couleurs de Serpentard au prochain match.
Hermione n'est pas que protective avec Ginny, mais aussi avec Harry, moi, Fleur et à peu près tous les gens qu'elle aime. Dès que Ginny s'éloigne un instant, elle nous réunit pour sécuriser notre plan le plus possible et elle a même prévu de partir quelque jours dans certains endroits où on pourrait camper, selon elle. Harry et moi nous contentons d'agréer à tout ce qu'elle dit - de toute façon sans elle on tiendrait quoi, deux jours ?- ce qui lui arrache de temps en temps un petit sourire et déchire mon coeur un peu plus.
Le matin de l'enterrement, sois sept jours après la mort des Granger, Harry m'arrête dans le couloir pour me parler de quelque chose d'urgent, dit-il. Il m'entraîne dans la cuisine où bizzarrement il n'y a personne et me dévoile quelque chose que je n'avais pas remarqué. Les deux ou trois premiers jours, je sais que Ginny n'a pas pu me regarder moi ou Harry en face. Elle m'a avoué après que pour elle, et même si ce n'est pas notre faute directement, les parents d'Hermione sont morts parce que leur fille est la meilleure amie, voire la petite sœur, du survivant. Pourtant, jamais Hermione ne s'en est jamais plaint ou n'a accusé plus ou moins directement Harry.
" Hermione est dévastée par la mort de ses parents, mais elle considère que c'est sa faute." dit Harry d'une voix coupable.
Je veux le rassurer, mais d'un coup je ne sais plus quoi dire. Depuis qu'Hermione reparle de ce qu'il s'est passé, elle ne nous l'a jamais reproché et pourtant ... Les Granger sont moldus. Leur seul lien au monde magique est leur fille, leur fille qui pour les protéger voulait s'effacer de leur mémoire et les envoyer en Australie, mais qui sans le savoir a précipité leur assassinat, pour la seule raison d'être le soutien le plus fervent d'Harry Potter.
Au moment où je vais parler, Ginny rentre dans la pièce en frottant ses yeux lourds de sommeil. " Bonjour les garçons" murmure elle en déposant un bisou sur ma joue et ébouriffant amicalement les cheveux d'Harry. Elle s'assoit à table et se sert une grande tasse de café, dans un silence absolu. " Vous en faîtes une drôle de tête. Qu'est-ce qu'il se passe ?" demande elle quand elle réalise que ni moi ni Harry ne nous décidons à parler. Je vois qu'Harry hésite à aborder le sujet, mais je n'ai jamais pris de pincettes pour parler à ma soeur et je lui explique tout.
Ginny réfléchit un moment avant de reprendre la parole. Elle nous explique qu'Hermione ne nous en voudra jamais à Harry et à moi pour la mort de ses parents, et qu'à vrai dire elle n'est pas sûre si elle en veut vraiment à quelqu'un. Pour elle, ses parents sont morts pour une cause, dit Ginny , rendre son monde plus juste et égal pour des gens comme elle. Elle se battra pour leur mémoire, et nous aussi rajoute ma soeur en sortant de la cuisine. Harry et moi ne pouvons qu'acquiescer.
Hermione réapparaît un peu plus tard au bras de Ginny, dans une robe noire qu'elle a recouverte d'une longue cape. Quand elle me voit, elle lève les yeux au ciel un instant et s'approche vers moi avec un petit sourire en coin. Alors que dans ma tête défile toute une liste de choses que j'aurai du faire et que j'ai sûrement oublié, elle se contente de refaire le noeud de ma cravate et de la resserrer contre mon col. " Tout aussi incapable de s'habiller à 17 ans qu'à 11" sourit elle, et je lui souris en retour. L'Hermione que je connais est revenue.
Nous transplanons tous vers la petite église où a lieu la cérémonie, Ginny avec Hermione, et nous dirigeons vers le petit groupe déja présent. Si maquiller les vraies circonstances de la mort des Granger n'a pas été chose facile, organiser un faux enterrement s'avère complètement impossible et tous les amis et la famille moldue d'Hermione seront donc la. Bill, Fleur, Minerva, Remus et Tonks assistent donc à l'enterrement des Granger non seulement pour accompagner Hermione mais aussi pour les protéger en cas d'un possible retour des mangemorts. Deux aurors envoyés par Kingsley lui même font la garde en dehors le temps de la cérémonie.
La cérémonie en elle même est plutôt brève. Hermione en a réglé les détails avec le prêtre avant hier, et a demandé quelque chose de simple et d'humble. Ses parents sont les victimes collatérales d'une guerre inconnue dont elle est l'une des principales actrices, et le souvenir lui en est assez douloureux comme ça pour le lui rappeler en public. Après les bénédictions et rites, le prêtre fait un petit signe de tête à Hermione, qui se lève vaillamment et va se diriger vers le petit pupitre devant les deux cercueils blancs.
Elle prend la parole d'une voix tremblante dans un petit discours poignant où elle remercie tout le monde d'être venu, et qu'elle regrette que ses parents n'aient jamais pu rencontrer ses amis, ses professeurs, et ceux qu'elle considère comme sa famille. Je sens son regard se poser sur nous, sur moi, et les ongles que Ginny enfonce dans ma paume me paraissent infiniment moins douloureux que le regard de tristesse que me lance mon amie.
La procession funèbre se dirige vers le petit cimetière derrière l'église, où vont être inhumés les deux cercueils. Je vois les épaules d'Hermione trembler et je comprends qu'elle veut rester forte, qu'elle veut se retenir de pleurer, mais elle finit par craquer contre l'épaule de Ginny, qui lui caresse tendrement les cheveux en la berçant dans une étreinte maternelle. Je me place à ses côtés et dépose ma main dans son dos. Je sais qu'à ce moment les mots sont inutiles.
Alors que les gens commencent à partir, je me retrouve aux côtés de mes deux meilleurs amis. Harry a passé un bras autour de l'épaule d'Hermione et lui parle tout en la câlinant tendrement. Il lui promet que lui, moi et Ginny seront toujours là pour elle , et quand Hermione lui dit qu'elle comprend maintenant ce qu'il ressent, Harry lui sourit tristement et dépose un baiser sur sa tempe. Je me sens de trop et méloigne après avoir aussi embrassé Hermione sur la joue.
Ils restent ensemble à regarder la tombe un moment, toujours dans les bras l'un de l'autre et Ginny qui s'était éloignée un moment pour aller parler à Tonks revient à mes côtés. Je vois qu'elle hésite à rejoindre Harry et Hermione à sa manière de se mordre discrètement la lèvre inférieure, et si je ne la connaissais pas autant, je ne détecterais peut-être pas aussi bien le petit pincement de jalousie qu'elle ressent en les regardant de loin. Je souris discrètement parceque par moment Ginny est plus Weasley que moi, et la serre dans mes bras. Puis je la rassure en lui disant qu'Harry peut sûrement aider Hermione plus qu'elle à faire son deuil, parce que lui comprend ce qu'être orphelin signifie, et qu'il a perdu Sirius, la seule famille qu'il ait jamais eu. Ginny a comprit et me remercie de sa manière à elle, un petit bisou sur la joue suivit d'un petit coup de poing sur l'épaule, et m'entraîne vers les deux Gryffondors.
Aussitôt, je place une main amicale sur l'épaule d'Harry et la main d'Hermione se joint naturellement à celle de Ginny, qu'elle embrasse tout de suite. Hermione pose sa tête sur l'épaule de Ginny et sans un bruit, nous nous serrons les uns contre les autres autour de l'aînée dans une étreinte muette qui lui promets que nous serons toujours la pour elle.
