You Da One - Rihanna
Le Terrier somnolait encore paisiblement dans la brume des premières heures du matin quand un cri perçant vint perturber la tranquillité paisible qui y régnait.
Ginny se leva en sursaut et sous le choc s'assit à moitié sur son oreiller et sur le bras d'Hermione. Après une nuit plutôt courte passée à se montrer à quel point elles s'aimaient l'une et l'autre, les deux filles s'étaient endormies, complètement nues, Hermione lovée amoureusement contre Ginny, se servant de l'épaule de la Gryffondore comme d'un oreiller.
Ginny lança un regard paniqué sur le corps dénudé qui ronflait encore contre sa poitrine et ramena précipitamment le drap et la couverture sur elles. Le cri retentit aussitôt, suivit d'un énorme tintamarre dans l'escalier, comme si un troupeau d'éléphants avaient décidé d'y faire la course.
« Mmh Gin … pourquoi ta mère égorge un cochon si tôt le matin ? » susurra une voix lourde de sommeil dans l'oreille de Ginny.
Celle-ci se retourna vers la tête brune contre son épaule, déposa un baiser sur son front et sortit du lit en faisant bien attention à recoucher Hermione.
« Je vais voir ce qu'il se passe, rendors toi Mione » lui glissa-t' elle à l'oreille.
Hermione grogna quelque chose d'incompréhensible et fourra son nez dans l'oreiller que sa copine avait utilisé pendant la nuit, se rendormant aussitôt. Ginny avait toujours été surprise par la capacité qu'avait sa petite amie à se réveiller quand elle entendait le moindre grincement ou chuchotement, mais en même par le fait qu'Hermione aurait pu rester endormie pendant une bataille entre centaures et géants quand elle était vraiment fatiguée.
Et après c'est elle qui m'accuse d'avoir le sommeil lourd se dit la rouquine en enfilant à la hâte son pantalon de pyjama et son débardeur, qui avaient été expédiés aux quatre coins de la pièce pendant les activités de la veille, et sortit de sa chambre sur la pointe des pieds.
Les cris de bêtes avaient cessé pour être remplacés par des « Ronald Bilius Weasley ! Tu vas t'expliquer, et tout de suite ! » ou des " Ben alors Ron on a perdu l'usage de la parole ?".
Ginny monta quatre à quatre les marches grinçantes jusqu'à la chambre de Ron, où toute la famille s'était apparemment donné rendez-vous. Ecartant les jumeaux, qui se tenaient les côtes en riant à gorge déployée, de l'entrée de la porte , Ginny put voir Molly qui tenait Ron par une oreille et le secouait comme un prunier, pendant qu'Arthur essayait de calmer sa femme et de détacher son fils.
Ron faisait son maximum pour ne pas crier mais la grimace qu'il arborait parlait pour sa douleur et dans le lit jumeau à côté du sien, Harry essayait de ne pas éclater de rire.
« Maman arrête ! Qu'est-ce qu'il se passe ? » couina le pauvre Ron
Pour toute réponse, Molly brandit de sa main libre un bout de tissu qu'elle donna à sa fille pendant qu'elle continua à crier « Ronald tu me fais honte ! Sous mon propre toit tu oses faire ce genre de choses ! »
Ginny déplia le tissu dans sa main et ne put retenir un sourire amusé. C'était une culotte rose plutôt osée, sur laquelle on avait écrit à l'encre indélébile « Pour mon Ronie Chéri. L. » dans un grand cœur. La Gryffondore vit tout de suite ce qui clochait avec l'écriture et décida de délivrer son grand frère de sa torture.
« Maman … regarde bien l'écriture … »
Molly reprit l'objet de turpitude et l'examina attentivement, toujours sans lâcher l'oreille de Ron qui paraissait sur le point de se détacher du reste de sa tête. Et après seulement dix secondes d'examen …
« George ! Viens ici tout de suite ! »
Mais le grand rouquin avait disparu dans un plop, son jumeau avec lui, et le calme était revenu. Molly avait quitté la chambre, non sans avoir emporté l'arme du crime avec elle, avoir juré que les jumeaux avaient poussé le bouchon trop loin cette fois-ci et avoir jeté un dernier regard de menace vers Ron, suivit par Arthur.
Ginny et Harry avaient aussitôt éclaté de rire et Ron dont l'oreille était encore rouge, s'était replié sous sa couette en les maudissant tous.
Ginny redescendit les escaliers beaucoup plus joyeusement et ouvrit tranquillement la porte. Hermione avait fait une sorte de sandwich entre les deux oreillers et dans son demi-sommeil avait repoussé les draps jusqu'à son nombril, laissant le loisir de montrer à n'importe quel visiteur ses courbes dénudées.
Ginny referma vite la porte, y rajouta un sort de silence et de serrure par sûreté, et se glissa vite sous la couette aux cotés de la brune, toujours plongée dans les bras de Morphée. La rousse sourit tendrement et se pencha vers une épaule nue pour l'embrasser délicatement. Sans succès. Pas découragée pour autant, Ginny leva un sourcil d'un air de défi et commenca à distribuer des baisers le long du cou et des épaules d'Hermione, jusqu'à ce que sa brune pousse un grognement mécontent.
Celle-ci souffla un petit bâillement adorable pour Ginny et ouvrit lentement les yeux.
« 'Jour amour »
Ginny fut sûre que le sourire qu'elle avait maintenant aurait pu éclairer tout Poudlard tant il brillait et se pencha vers Hermione pour l'embrasser tendrement.
« Bonjour mon cœur » souffla t'elle quand l'oxygène vint à lui manquer. Hermione sourit d'un air fatigué et se redressa lentement, passant un bras autour des épaules de Ginny qui se colla contre elle avec joie.
« C'était quoi tout à l'heure l'ouragan qu'on a entendu ? » demanda elle en se repositionnant de sorte à être assise contre le bord du lit, la tête de Ginny bien calée sur son épaule.
Ginny sourit et déposa un baiser sur la peau nue sous sa joue « George a mis dans la pile de linge sale une culotte rose où il avait écrit « Pour Mon Ronie » avec l'écriture de Lavande. Et Maman a évidemment explosé ». Ginny sentit Hermione se tendre et vit la brunette froncer les sourcils.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
Hermione soupira. « Elle est furieuse parce que Ron a une copine et qu'elle croit qu'il couche avec elle. Imagine ce qu'elle dirait si elle nous voyait maintenant, imagine ce qu'elle dira quand elle saura qu'on est ensemble et elle sera furieuse aussi. »
Ginny releva la tête pour mieux regarder sa copine « Hey … pas de pensées pas comme ça d'accord mon cœur ? On leur dira quand on sera prêtes, et je suis sûre que tout se passera bien ».
Hermione n'avait pas l'air très convaincue « Elle va m'en vouloir de t'avoir décroché d'Harry et elle a toujours cru que je finirai avec Ron … »
Ce fut au tour de Ginny de soupirer « Elle sait depuis longtemps que je n'aime plus Harry, et elle ne voudra comme belle-fille pour Ronie qu'une femme qui lui ressemble elle. Tu es beaucoup trop intelligente, passionnée, vive et courageuse pour lui. Et en plus, t'aimes pas le quidditch. »
Hermione sourit « Alors je ne suis pas assez bonne pour Ron mais je le suis pour toi ? »
« Non, j'ai pas dit ça, mais l'inverse. Ron ne t'arrive pas à la cheville. Moi, j'arrive-en tous cas j'espère- un peu au-dessus » sourit Ginny d'un air mutin, sa main glissée sous la couette caressant tendrement la cuisse de la brune, qui se mit à trembler légèrement.
« Que de romantisme Mademoiselle Weasley … »
Ginny leva un sourcil étonné et Hermione lui répondit d'un regard entendu. Ginny rougit un peu et remonta sa main « Je ne parlais pas de ça … » murmura elle en passant sa main vers l'endroit le plus intime d'Hermione et la remonta vers sa poitrine « Je parlais de ceci » dit-elle en posant finalement la main baladeuse sur le cœur d'Hermione.
Hermione regarda un instant la main parsemée de taches de rousseur sans rien dire, puis la saisit dans la sienne et en embrassa la paume.
« Il est à toi depuis longtemps » murmura-elle et Ginny ne put résister à l'envie d'embrasser à nouveau sa copine.
Rapidement, les baisers papillons se firent plus langoureux et Ginny ne tarda pas à se hisser sur Hermione, qui frissonna quand le t-shirt de sa copine rentra en contact avec sa peau nue. Alors que la maison était retombée dans un silence tranquille depuis que Molly était redescendue dans la cuisine, elle semblait s'être réveillée de nouveau et des bruits de pas, d'eau qui coule et de chaises qui raclent le sol commençaient à se faire entendre.
« Ginny … » murmura Hermione contre les lèvres de la rousse. Celle-ci ne prit pas la peine de répondre, trop occupée à parsemer le cou et la nuque de la brune de baisers papillons.
« Gin » dit Hermione avec un peu plus de conviction, repoussant un peu Ginny d'elle.
« Un peu occupée à t'embrasser mon cœur » grogna celle-ci avant de retourner dans le creux du cou d'Hermione.
« Même si je donnerai n'importe quoi pour passer ma journée ici avec toi, il faut qu'on se lève maintenant ». Ginny ne daigna même pas lever la tête et fit glisser lentement ses mains sur le ventre de la brune.
« Et la tu veux toujours te lever ? » nargua la rousse, déposant plusieurs petits baisers sur le point faible d'Hermione, l'endroit où son cou rejoignait son épaule. Hermione gémit faiblement. Elle avait déjà beaucoup de mal à résister à Ginny, mais elle n'aurait rien pu refuser à une Ginny presque nue en train d'embrasser tous ses endroits sensibles.
Et elle ne l'aurait d'ailleurs jamais arrêtée, et Ginny aurait continué ses activités de découverte si elles n'avaient pas été soudainement interrompues par un coup franc sur la porte
« Ginny ! Hermione ! Debout là-dedans ! »
Les deux filles se regardèrent en silence, hésitant entre éclater de rire ou mourir de honte, et Ginny ne bougea pas d'un pouce, se contentant d'enlever sa main du sein d'Hermione.
« Ginny ? Ne me forcez pas à rentrer vous secouer ! »
Ginny répondit d'une vois faussement ensommeillée « Oui Maman on se lève ! », et rajouta même un bâillement exagéré pour la véracité des faits. Molly rajouta qu'elle les attendait dans la cuisine pour le petit déjeuner et les pas dans l'escalier confirmèrent que la matriarche Weasley était retournée dans la cuisine.
« Mon dieu » soupira Hermione pendant que Ginny s'écroulait sur elle, morte de rire.
« Ginny, arrête de rire ! Elle aurait pu rentrer ! »
Mais Ginny n'arrivait plus à s'arrêter et son rire clair étant contagieux, Hermione finit par la rejoindre.
Après avoir passé cinq bonnes minutes à rire hystériquement, toujours presque nues l'une contre l'autre, Ginny essuya ses larmes aux yeux et s'assit au bord du lit, non sans avoir déposé un bisou sur le bout du nez d'Hermione.
« On a vraiment des manières bizarres de se réveiller ici ...»
" Et le pire c'est que c'est pas la première fois" sourit Hermione " tu te rapelles de notre premier lendemain ?"
" Comment je pourrais oublier ? "
Le soleil brillait fièrement, déjà haut dans le ciel, quand Ginny ouvrit les yeux, pour les refermer la seconde d'après.
Han … soleil dans les yeux … mal de crâne… Hermione ? Qu'est-ce que … La soirée de la veille remonta aux souvenirs de la rousse et celle-ci sourit tendrement en sentant un poids contre son épaule, et un corps endormi sous son bras. Ce n'était pas un rêve … On l'a fait, on l'a vraiment fait. Et Hermione m'aime, et elle est à moi autant que je suis à elle …
Comme pour confirmer ses pensées, Hermione poussa un petit gémissement contre son épaule et bougea légèrement, plongeant le nez de Ginny dans ses boucles brunes au passage. Celle-ci ne put retenir un léger rire en recevant une masse énorme de cheveux dans le nez et la bouche, et son mouvement de poitrine souleva assez la tête d'Hermione pour la réveiller.
L'ainée ouvrit les yeux péniblement, les cligna plusieurs fois avant de laisser tomber lourdement sa tête dans le cou de Ginny. Elle dut sûrement remarquer que son oreiller n'était pas aussi moelleux que d'habitude puisqu'elle releva aussitôt la tête vers Ginny, qui avait encore la bouche pleine de cheveux.
« Gin ? » souffla elle d'une voix lourde de sommeil.
Ginny cracha quelques mèches brunes et avança sa main pour caresser la joue d'Hermione, avant de se pencher pour remplacer sa main par ses lèvres.
« Il est quelle heure ? »
« Midi. »
« QUOI ? »
Hermione se redressa d'un coup, faisant valser Ginny qui, surprise par la violence de la réaction tomba au sol.
« Ouch ! » dit-elle en se frottant les fesses d'un air contrit.
« Oh mon dieu, Ginny ! Je suis désolée, mon amour ! Ça va ? »
Ginny regarda Hermione d'un air béat, la bouche mi- ouverte et Hermione descendit précipitamment du lit pour aller voir les dégâts qu'elle avait causé.
« Tu t'es fait mal ? » Ginny ne dit rien et lui sourit comme si elle venait de lui offrir le Firebolt d'Harry.
« Ginny ? T'es vraiment bizarre, qu'est-ce qu'il y a ? Tu t'es cogné la tête ? »
« Tu … tu as dit mon amour »
Hermione rougit immédiatement jusqu'à la pointe de ses oreilles. « Euh … ça m'a échappé, je … Si tu trouves que c'est trop tôt, ou déplacé ou … je le dirai plus »
« Non ! » interdit Ginny violemment, levant la main vers Hermione pour qu'elle la relève « Au contraire ! C'était tellement beau »
Hermione sentit ses joues rougir encore plus quand Ginny passa les bras autour d'elle et l'attira vers elle pour l'embrasser délicatement. Hermione répondit tout de suite au baiser, entrouvrant la bouche pour laisser entrer la langue de la rousse, et glissa ses mains dans les cheveux rouges pour la coller contre elle. Elle ne put retenir un petit gémissement quand Ginny mordilla gentiment sa lèvre inférieure et un soupir quand ses mains descendirent vers son bassin. Ginny quitta sa bouche pour s'attaquer à ses joues et traça un chemin de baisers vers son oreille.
« Gin … » soupira Hermione, sentant à nouveau ses jambes flageoler et son cœur battre effroyablement vite. Ginny ralentit ses mouvements et posa doucement sa tête contre l'épaule de la brune, qui continuait à passer ses doigts dans cheveux.
« J'ai encore du mal à y croire tu sais » dit doucement la rousse.
« Quoi donc ? » Ginny sourit.
« Que ça s'est passé. Que tu m'aimes. Que t'es ma petite amie »
Hermione sourit à son tour « Et pourtant c'est bien réel, mon amour » dit-elle en instant sur les deux derniers mots, son sourire grandissant encore plus en voyant les yeux de Ginny briller quand elle les entendit. « La nuit dernière était … magique »
Ginny rit et déposa un bisou à la commissure des lèvres de la brune « Je crois bien Mademoiselle Granger … Et vous avez prouvé que vous êtes décidemment surdouée dans toutes les matières »
« Oh mais vous vous débrouillez plutôt bien aussi Mademoiselle Weasley » nargua Hermione sur le même ton « Je vous mettrai bien un Optimal pour vos … mouvements »
« Seulement ? Il faudra que je m'entraîne pour le prochain test alors … »
Hermione leva un sourcil amusé « Et c'est quand ce prochain test ? »
Ginny fit mine de réfléchir un court instant « Mmh … Tout de suite »
Et avant qu'elle eut pu protester, Hermione était allongée sur le lit, Ginny parsemant des baisers le long de son cou et de sa nuque. « Ginny » tenta-t-elle de protester, tremblant légèrement quand celle-ci atteint un point particulièrement sensible derrière l'oreille qu'elle avait découvert la veille « Si il est midi, il faut vraiment qu'on se lève … Ta mère va nous attendre pour déjeu-haaaaaaaaaaan Ginny ! »
" Ginny ! "
Cette fois-ci ce n'était pas Hermione et les deux filles relevèrent la tête d'un coup.
" Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait ?" bredouilla Hermione d'un air paniqué
" Du calme "sourit Ginny, qui aurait franchement rit de la tête d'Hermione si la situation n'étais pas sérieuse. " Je m'en occupe "
La rousse se défit de l'étreinte de la brune, enfila rapidement son pyjama et passa la tête à travers la porte " On descend déjeuner dans cinq minutes, Maman !"
Molly leur répondit de prendre leur temps et Ginny referma la porte. " Ce qui nous laisse cinq minutes pour faire un câlin ... " chuchota elle en levant un sourcil.
" Ginevra Molly Weasley !" gronda Hermione en pointant le doigt vers l'interessée.
" Un petit au moins ?" fit Ginny avec une petite grimace
" Va pour un petit ..." soupira Hermione en ouvrant les bras asez grand pour que Ginny s'y précipite
" Quand je pense que t'as pas voulu qu'on descende en même temps dans la cuisine pour ne pas créer de suspicions ..." dit Ginny en levant les yeux au ciel.
" Ca va, ça va ... j'étais jeune et bête"
" C'était il y a cinq mois !"
" Tais toi et va mettre un pantalon "
Ginny se retourna et tira la langue vers Hermione, qui répondit par un pied-de-nez. Avoir comme petite amie sa meilleure amie était définitivement un avantage.
« Ca m'avait manqué de dormir dans ce lit ... » dit Ginny à l'attention d'Hermione qui était derrière elle.
« Moi aussi mon cœur »
Hermione sourit soudain de toutes ses dents et se pencha vers Ginny, qui était en train de coiffer ses cheveux, pour l'embrasser sur l'épaule, puis la joue et enfin la tempe.
« Pas que je m'en plaigne, mais pourquoi tant de bisous ? » rit Ginny
« Parce que tu me réveilles avec des bisous et des câlins. Parce que tu m'appelles mon cœur tout le temps et j'adore ça. Parce que tu es toi et que je t'aime »
Ginny regarda Hermione sans rien dire, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte et se jeta sur Hermione, comme si elle ne l'avait pas embrassé depuis des mois au lieu d'à peine trois petites minutes.
Puis sans rien rajouter, les filles se rhabillèrent en silence, et main dans la main descendirent dans la cuisine, où les attendaient un petit déjeuner somptueux.
