I loved her first - Heartland
Je regarde chacun de mes enfants répartis aux quatre coins de la pièce, et le vieil homme que je suis admire fièrement ce qu'ils sont devenus.
Mes yeux se posent d'abord sur le plus vieux, mais aussi le plus grand, qui malgré les nombreuses remontrances de sa mère porte toujours un crochet de serpent à l'oreille et de long cheveux noué en queue de cheval dans son dos.
Bill est assis dans le grand fauteuil du salon, le grand fauteuil du maître de famille qui était le mien pendant les dîners quand les enfants étaient encore petits, les mains de Fleur entre les siennes. Je vois la façon dont il la regarde et je souris devant le sourire qu'elle lui envoie; je connais bien ces gestes tendres pour en être encore la victime après plusieurs décennies de mariage.
Un peu plus loin, Teddy et Victoire se sont endormis dans le canapé, et une âme bienveillante les a couverts d'une couverture. Je les regarde avec tendresse.
Mes deux premiers petits enfants.
Teddy n'est peut-être pas notre petit-fils biologique mais il a toujours été comme tel pour Molly et moi. Andromeda nous le dépose au Terrier tous les après-midi, la plupart du temps avec Victoire, et il court partout dans la maison en appelant « Papi ! Mamie ! » et en changeant ses cheveux de la même couleur que tous les gens qu'il rencontre.
Ses cheveux sont d'ailleurs blonds comme les blés, parfaitement identiques à ceux de la petite fille contre laquelle il est serré.
Je sens qu'ils seront les meilleurs amis du monde.
Je vois mon fils aîné se pencher vers sa femme pour déposer un baiser sur son ventre. Il y a quelques années, nous avions encore des doutes à propos de leur couple et Molly était persuadée que leur mariage ne tiendrait jamais.
Aujourd'hui, ils ont survécu à bien plus d'épreuves pendant leur premières années de mariage que la plupart des couples durant toute leur vie, ils en sont sortis bien plus forts et dans quelques mois ils me donneront un autre petit enfant.
C'est un bon père et il a fait de moi le plus comblé des grands pères.
Je suis fier de mon fils.
Près du feu qu'il a allumé malgré la saison printanière, ce qui ne m'étonne guère après tout, se tient Charlie, droit comme un i et fier comme un coq. Il discute avec sa mère, qui apparemment est en train de le disputer à propos du tatouage qu'il s'est fait poser sur le bras, un petit vif d'or qui zigzag autour de ses cicatrices.
Qu'il est grand maintenant, autant que Bill, bien bâti et les épaules solides, oh comme à ses côtés moi son vieux père ait l'air petit et malingre !
Il n'a pas besoin d'être marié ou d'avoir des enfants pour être heureux lui, ses maudits dragons lui suffisent.
Il m'a fait la surprise de venir fêter la fêter des pères avec nous, il ne rentre nous voir que quelque fois par an à cause de son travail très prenant, et je n'aurai pas rêvé mieux comme cadeau de sa part que de le serrer dans mes bras.
Il repartira en Roumanie dans deux jours, mais d'ici là il compte profiter à fond de ses neveux et nièces et de ses frères et sœurs. Etre éloigné géographiquement ne l'a jamais empêché d'être présent pour sa famille, et je sais qu'il est le meilleur des grands frères.
Je suis fier de mon fils.
Je tourne la tête et je vois Percy qui essaye tant bien que mal d'enlever la pile d'assiettes des mains de sa femme pour les porter lui-même à la cuisine.
Parfois, je n'en reviens pas moi-même de l'homme charmant et affectueux qu'il est devenu. La guerre a changé mon fils en beaucoup de points.
Il a longtemps été persuadé que Fred était mort par sa négligence, et qu'il aurait dû le protéger de l'explosion qui l'a arraché à nous, et s'est renfermé sur lui-même jusqu'à ce que George aille le sortir de son trou et l'emmène passer un weekend avec lui. Personne ne sait où ils sont allés ni ce qu'ils se sont dit, mais Percy est revenu transformé.
Personne n'a voulu accepter les centaines d'excuses qu'il nous a demandées à tous parce qu'il avait été pardonné depuis longtemps.
Il est loin le Noel de l'an 1998, le premier Noel où il est venu depuis des années, et où on l'a découvert tout timide sur le pas de la porte et osant à peine rentrer dans la maison. La première à réagir a été sa petite sœur, qui s'est jeté à son cou en lui demandant pourquoi il était si en retard, puis sa mère qui l'a serré dans ses bras en pleurant et George qui l'a fait rentrer dans le salon en riant, une main sur son épaule comme si il ne s'était jamais rien passé.
Je n'oublie pas les mots que j'ai pu dire ou entendre bien sûr, mais c'est mon fils, et pour le bien de notre famille j'ai mis tout cela de côté. Le passé ne s'efface pas, il s'oublie.
Enfin, Percy a fait une rencontre, celle pour qui il est devenu si galant, poli et serviable et pour qui il a même réduit ses horaires fous au ministère, sa fiancée de longue date qui vient de devenir sa femme, Audrey.
Tomber amoureux lui a rendu son cœur m'a un jour dit Molly, mais moi je sais qu'au fond de lui il a toujours été attentif aux autres à sa manière, surtout envers ses petits frères et sœurs. Il a toujours voulu le bien de Ron et a essayé de protéger les jumeaux et Ginny du mieux qu'il pouvait quand il était préfet, et pas que pour sa propre réputation comme on pourrait le croire.
Il a toujours été mon fils et j'ai toujours été fier de lui.
Je vois George assis sur le siège en face de celui de Bill, en train de faire à peu près les mêmes activités que son grand frère à peu de choses près. Angelina est assise sur ses genoux et il lui glisse à l'oreille quelques plaisanteries qui la font rire aux éclats.
George a perdu ce qu'il avait de plus cher pendant la guerre, et il a mis longtemps avant de refaire surface dans l'océan de tristesse dans lequel il s'était noyé.
Les deux qui l'ont vraiment aidé à reprendre pied et que je ne pourrai jamais remercier assez sont Angelina et Hermione. Sa future femme et sa future belle-sœur, qui ont perdu respectivement une sœur et deux parents, et lui sont mutuellement aidé à surmonter leur chagrin et à continuer malgré tout.
George a repris la boutique comme Fred l'aurait voulu, et l'a même agrandit après un succès phénoménal. Angelina a quitté son ancien travail à la Gazette du Sorcier pour aller travailler pour, puis avec lui.
Comme tout le monde s'en doutait, ils sont rapidement devenus inséparables et à peine six mois après leur premier rendez-vous amoureux George posait le genou par terre pour la demander en mariage. Certains pensent qu'ils se sont mariés trop vite, mais en tant que père je ne peux qu'approuver les choix de mon fils.
George a enfin le bonheur qu'il mérite tant, et j'espère plus que tout qu'il le gardera toute sa vie.
Je suis fier de mon fils.
Mes derniers garçons sont assis autour de la table désertée, Ron a débouché une bouteille de vin français ramené par Bill et Fleur lors de leur dernier voyage chez les Delacour, et il sert maintenant les verres d'Harry et de Luna. Les trois rient de bon cœur et mon regard s'attarde sur mon plus jeune fils.
Lui aussi a grandi, et le petit garçon mince et effilé a laissé place à un jeune homme aux épaules carrées et aux bras musclés par l'entraînement intensif des aurors, et une petite barbe de trois jours pousse même sur son menton.
De tous mes fils, il est sans doute celui qui a le plus mûri et apprit de cette guerre, sans doute parce qu'il en était l'un des principaux acteurs. Si quelqu'un m'avait dit que mon petit garçon, sixième enfant d'une famille trop pauvre pour lui acheter ses propres livres de classe, serait devenu un héros de guerre, Médaille du Courage et Ordre Merlin Première Classe, cité dans les livres d'histoire et avec une carte chocogrenouille à son nom, je lui aurait sûrement rit au nez.
Mais Ron ne s'est pas laissé impressionner par les épreuves que lui a imposées la vie et a dépassé son statut de petit frère pour devenir un vrai leader de troupes. Si aujourd'hui son travail d'auror, qui devrait pourtant être si dur pour quelqu'un d'aussi jeune, lui convient plutôt facilement, comme pour Harry par ailleurs, c'est parce que les combats sur le terrain, il les connait depuis qu'il a onze ans, et qu'il a vécu une adolescence plutôt mouvementée.
Chacun de mes enfants a été marqué par cette guerre, physiquement ou mentalement, mais je sais que Harry, Hermione et Ron ont tous les trois vécu quelque chose de si fort et si violent à la fois que personne d'autre ne pourra jamais le comprendre.
Je peux encore me rappeler des yeux vides d'Harry pendant les mois qui ont suivi la bataille finale, du silence dans lequel Ron s'était enfouit et des cris d'Hermione la nuit. Ne pas savoir quoi faire ou quoi dire à son propre fils dans ces moments-là est sûrement le plus grand sentiment d'impuissance que peut ressentir un père.
Le lien qui les unit s'est encore raccourcit pendant cette période et heureusement ils en sont sortis tous les trois.
Ron vient de dire quelque chose de drôle et Harry lève sa main pour qu'il aille taper la sienne. Ces deux-là seront toujours inséparables.
Je vois la main qu'Harry a protective ment posée sur l'épaule de Luna et je souris. Luna est la meilleure chose qui n'ait jamais pu arriver à Harry, et j'en suis si content pour lui. Ils sont parfaits l'un pour l'autre, et accueillir Luna dans notre grande famille a été l'une des choses les plus naturelles du monde.
Eux aussi se sont fiancés assez vite, à peine Luna sortie de Poudlard pour être précis, mais ils ont attendu qu'Harry finisse sa formation d'auror pour se marier. La cérémonie a lieu dans un peu plus d'un mois, et avec le mariage des filles en septembre, toute la famille s'active du mieux qu'elle peut.
Il faut dire que vu la taille de notre clan, il ne passe plus une année sans au moins une annonce de fiançailles, de mariage ou de future naissance, et l'organisatrice en chef dans tout ça c'est évidemment ma femme.
Molly est sur un petit nuage depuis le début de l'année, je ne pense pas l'avoir vu si heureuse depuis dix bonnes années. Elle organise d'une main de maître chacune des fêtes à tour de rôles, choisissant un jour le repas pour le mariage de l'un, le lendemain le bouquet de l'autre mariée et le jour d'après les grenouillères pour le bébé à naître, et moi je me contente de hocher la tête à toutes les questions qu'elle me pose.
Je sais bien que son cœur se serre quand elle pense au mariage qu'elle n'organisera jamais, mais elle sait que Fred aurait détesté la voir triste, et redouble d'effort à l'ouvrage.
Elle a préparé le mariage d'Harry avec le même amour que celui de George ou de Bill car pour nous Harry est notre garçon, et quand elle m'a annoncé les larmes aux yeux « Arthur, le petit va se marier ! », elle n'a pas eu besoin de préciser de quel petit elle parlait pour je sache qu'il s'agisse de lui.
Je vois ma famille s'agrandir sous mes yeux, de nouveaux membres de tout âge et de toute taille y rentrer, et je suis un homme comblé.
Je suis fier de mes fils, tous autant qu'ils soient.
« Devines qui c'est ! »
Deux mains se posent d'un coup sur mes yeux et me cache la vue, alors que je sens quelque se glisser dans mon dos.
Je la reconnais immédiatement à son parfum fruité, un cadeau de sa fiancée, et à sa manière de trépigner d'impatience en attendant ma réponse, un geste qu'elle garde de son enfance où je faisais durer le jeu pendant des heures.
« Muriel c'est toi ? »
Elle glousse tout bas et retire ses mains
« T'es bête Papa ! » me dit- elle en riant et elle se penche vers moi pour m'embrasser sur la joue.
Mon dernier enfant et pour toujours ma petite fille.
Ma Ginny.
Je suis fier de mes fils, mais je orgueilleux de ma fille, la seule fille Weasley depuis des générations et la meilleure joueuse de Quidditch du comté, sûrement même du pays.
Sans aucun doute ma plus belle réussite.
Je la regarde aller s'asseoir sur le canapé auprès d'Hermione, qui passe aussitôt un bras protecteur autour de sa taille. George se moque gentiment de la façon dont elle se serre contre sa fiancée comme si elle ne l'avait pas vu depuis des mois, et elle répond en lui tirant la langue, mais Hermione rit et la resserre un peu plus contre elle.
Mes pensées s'égarent un instant vers le passé, et je repense au jeune fiancé que j'ai été moi aussi, prêt à décrocher la lune pour ma promise et à conquérir le monde, jeune fou que j'étais.
Ginny tiens beaucoup de moi en ce point, une véritable tête brûlée, mais comme Molly a su me faire garder les pieds sur terre, Hermione sait calmer son caractère et ses impulsions.
Je pense que nous Weasley avons tous besoin de quelqu'un de posé pour nous calmer, et chacune de mes belles-filles remplit ce rôle à merveille.
« Tout va bien mon chéri ? »
Je lève la tête et sourit vers ma femme, qui a enfin fini de débarrasser la table avec Percy et lui saisit la main pour la faire s'assoir à côté de moi.
« Tout va pour le mieux ».
Elle suit mon regard fixé sur les jeunes qui discutent joyeusement autour du canapé et devines tout de suite mes pensées.
« Notre petite fille Arthur, dans quelques semaines … je n'arrive pas y croire »
Je serre sa main dans la mienne.
« Moi non plus ma chérie ».
Dans trois mois, ma Ginny ne sera plus une Weasley mais une Granger, et même si je m'y suis préparé depuis des années, laisser partir Ginny sera l'une des choses les plus difficiles de ma vie.
Sur le canapé, Ginny rit d'une plaisanterie de son frère, et Hermione la regarde comme si elle était la chose la plus précieuse au monde, le même regard que je lui ai porté pendant ces vingt et une dernières années et que je lui porterai jusqu'à ma mort.
Je soupire sans trop savoir pourquoi.
Hier encore j'étais son héros, celui vers qui elle venait se faire réconforter après être tombée ou qui pouvait faire partir ses pleurs en une seule grimace.
Je la vois encore avec ses deux petites tresses qui lui descendent jusqu'aux omoplates, la salopette d'un de ses frères trop grande qui lui tombe sur les épaules et son sourire édenté de petite fille de six ans qui me répète inlassablement « Papa ! Raconte-moi encore une histoire ! » .
Mais aujourd'hui ma petite fille n'en es plus une, elle sera bientôt mariée à l'amour de sa vie et son héros n'est plus son vieux père mais sa fiancée tendrement enlacée dans ses bras.
Je ne sais pas si c'est de la jalousie ou de la mélancolie qui pince légèrement mon cœur quand je la vois glisser des mots doux à l'oreille de sa fiancée, parce qu'Hermione l'aime plus que tout, oui, mais je l'ai aimé en premier.
Elle a été toute ma vie, tout mon monde il y a des années de cela, dès l'instant même où ses grands yeux bruns ont regardé dans les miens et où je suis devenu son père.
Et j'ai eu beau lui chercher tous les défauts possibles, je sais que personne d'autre qu'Hermione ne prendra mieux soin de ma fille.
J'aime Hermione comme ma propre fille, et j'espère endosser plutôt bien le rôle de père de substitution. Je ne veux pas remplacer le rôle de son père bien sûr, mais je veux qu'elle voie en moi une figure paternelle qui l'aime et la protège comme Ginny.
A la mort de ses parents, elle ne s'est pas renfermée sur elle-même comme on aurait pu croire mais s'est rattachée au contraire d'autant plus aux gens qu'elle aime.
Elle avait promis à Ginny de revenir à la fin de la guerre et elle l'a fait. J'ai vu mes deux petites filles combattre ensemble, dos à dos, se protéger mutuellement dans cette maudite bataille, et parmi le sang et les cendres est né un lien inexprimable entre elles.
Je pense qu'après être passées aussi prêt de se perdre qu'elles ne se laisseront plus partir l'une l'autre, jamais.
Et depuis la fin de la guerre, elles ont vécu chaque éloignement comme un renouvellement de leur séparation l'année de la guerre, et ont tout fait pour l'éviter. Elles sont retournées toutes les deux à Poudlard, puis Kingsley a proposé un stage au ministère à Hermione et Ginny s'est faite repérée par les recruteurs des Harpies.
L'année qu'elles ont passées l'une à Londres et l'autre à Holyhead a été un véritable cauchemar pour les deux. Les règles du centre de formation des Harpies sont strictes, les joueuses en formation n'ont le droit de recevoir de visites autres que leurs parents ou leurs famille proche pour ne pas les perturber et Ginny transplanait donc entre deux entraînements dans le petit appartement que louait Hermione près du ministère.
Elles ne se voyaient plus de deux jours que pendant les vacances ou leurs congés, qu'elles passaient à chaque fois au Terrier dans la vieille chambre de Ginny où Molly les chouchoutait.
Après une année chaotique, Ginny a obtenu de passer au statut professionnel et Hermione s'est vu offrir son premier travail. Ginny logeait la semaine avec ses coéquipières à Holyhead et le weekend dans leur petit appartement, et c'est vers cette période la qu'elle a commencé à parler de mariage.
Je les ai vues progresser lentement vers chaque étape de leur relation ; amie, meilleures amies ; petites amies ; fiancées et maintenant presque épouses, et je dois dire que je n'ai pas vu passer le temps.
Contrairement à ce que beaucoup pourraient croire, nous n'avons eu aucun mal à accepter qu'Hermione et Ginny sortent ensemble. Dans notre monde sorcier, la seule chose qui peut permettre de juger les gens - si on est fermé d'esprit - est la pureté du sang.
Ginny a invité Hermione a la maison un Noël et il a suffi de voir le regard qu'elle lui a lancé quand elle lui a ouvert la porte pour que l'on comprenne tout.
Evidemment, je n'aurai rien remarqué du tout si Molly ne m'avait pas discrètement donné un coup de pied sous la table pour que je tourne la tête vers les filles et que je remarque la main posée sur la cuisse de ma fille.
Je me serai étouffé avec mon poulet si cette main appartenait à une autre qu'Hermione, mais je lui faisais déjà confiance à l'époque et savait qu'elles avaient des raisons de ne pas nous l'annoncer. Molly m'a dit le soir même que Ginny était une tête de mule et qui si on ne lui forçait pas légèrement la main, on aurait jamais le fin mot de l'histoire.
C'est comme ça que du jour au lendemain on a commencé à demander à Ginny des nouvelles de sa petite amie et de l'embrasser pour nous, ce qui la faisait beaucoup rougir et s'étouffer au début, jusqu'à ce que Molly la fasse asseoir un soir dans la cuisine entre quatre yeux et qu'elle lui dise qu'elle avait intérêt à prendre soin d'Hermione parce qu'on ne rencontrait pas une fille comme ça toutes les lunes.
D'après sa mère, Ginny a ouvert la bouche pendant dix bonnes minutes avant de pouvoir sortir un son, puis a passé le reste de sa nuit à raconter comme elle était tombée amoureuse et à quel point Hermione était parfaite sous tous les angles.
Et le lendemain, Molly interdisait formellement à la brune de nous appeler Monsieur et Madame Weasley.
Les années ont passées mais Ginny parle toujours d'Hermione comme si elle était la perfection incarnée et Hermione lui tient toujours la main sous la table.
Je vois ma fille heureuse et épanouïe comme jamais elle ne l'a été.
Et quand dans deux mois je l'amènerai à l'autel la donner à la femme qu'elle aime, je serais plus fier de ma fille que moi je ne l'ai jamais été.
Mais quand elles se tiendront les mains, prêtes à échanger leurs consentements et à débuter leur nouvelle vie à deux, mon pauvre cœur ne pourra s'empêcher de se resserrer dans un soupir.
Je l'ai aimé en premier.
