A Thousand Years - Christina Perri
« Mademoiselle Granger ,
Je suis au regret de vous informer que Mademoiselle Ginevra Weasley a été victime d'un accident à l'entraînement quotidien ce matin au centre de formation des Harpies de Holyhead.
Elle a été transférée à l'hôpital Sainte-Mangouste, où elle est actuellement en soins intensifs.
Conformément aux règles de l'hôpital, je vous demanderai de ne pas vous y rendre avant d'y avoir été conviée, Ms. Weasley ayant été plongée dans un sommeil médical le temps de soigner ses blessures, qui rassurez-vous ne sont pas létales.
Toute l'équipe des Harpies de Holyhead se joint à moi pour lui souhaiter un prompt rétablissement et un retour rapide à sa place de poursuiveuse dans notre équipe, qui compte sur elle.
Sur ce, je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments les plus distingués,
Gwilym Llewellyn, directeur sportif . »
Hermione reçut la lettre comme un coup de poignard dans la poitrine.
« Rassurez-vous, les blessures ne sont pas létales… pompeux imbécile ! » hurla-t-elle à personne en particulier.
Elle passa les quatre heures qui suivirent à tourner en rond dans son bureau, envoyant valser les rendez-vous et les dossiers importants. Personne au ministère ne l'avait jamais vue comme ça, et personne n'osa entrer dans son bureau après que Patrick se soit reçu le café qu'il lui amenait pour l'apaiser à la tête.
Une chouette grise entra dans son bureau et Hermione se précipita sur elle, lui arrachant presque le message qu'elle transportait.
L'animal, peu habitué à être ainsi brusqué, eut peur d'elle et s'envola hors de sa portée pour se poser sur l'armoire, inatteignable. Hermione lança un regard noir vers la chouette
« Ecoute moi bien insignifiant petit volatile, si tu tiens à tes plumes je te conseille de me donner cette lettre immédiatement !» grogna Hermione en fronçant les sourcils le plus possible.
Je suis complètement folle. Maintenant, je menace des chouettes ?! Ginny commence vraiment à déteindre sur moi .
Apparemment, la chouette avait compris qu'Hermione ne plaisanta pas puisqu'elle lâcha le rouleau qu'elle avait en bouche et s'enfuit aussi vite que possible par la fenêtre ouverte.
« Mademoiselle Granger,
Nous avons le plaisir de vous informer qu'il vous sera possible de visiter mademoiselle Weasley dès 15 h cet après-midi, ses soins successifs s'étant bien déroulés.
Je vous donne donc rendez-vous au rez-de-chaussée de Sainte-Mangouste, Service des Accidents Matériels , premier couloir sur votre droite, Chute de Balais et Accidents Sportifs,
Dr. A . K. ».
A 15 heures tapantes, après avoir transplané et sans même attendre que le malaise du transport soit passé, Hermione arriva en courant à l'hôpital et sans prendre le soin de passer par la sorcière qui servait de guide dans l'hôpital, elle se dirigea directement vers la porte de droite, qu'elle connaissait bien malheureusement. Au cours des dernières années, elle avait souvent rendu visite à des copines et coéquipières de Ginny dans ce même service, et autant dire qu'elle haïssait l'endroit.
« Mademoiselle Granger ? »
Elle vit un petit bonhomme chauve avec une barbichette blanche arrivant en trottinant, un petit paquet de feuilles dans la main. Étonnement, sa figure ronde et ses grosses joues rouges lui étaient familières, et elle se demanda un instant où elle avait bien pu rencontrer le médicomage.
« Je suis le docteur Abraham Kehoe. C'est moi qui vous ait envoyé le hibou. »
Hermione sourit poliment et serra la main du vieux monsieur.
« Oh mais je vois que nous nous connaissons déjà ! » lui sourit l'homme.
Hermione secoua la tête « Pour être franche avec vous, il me semble vous connaître mais je ne sais plus d'où … »
« Je suis le chef du service aux soins des joueurs de quidditch professionnels » lui expliqua le docteur Kehoe « C'est moi qui ait soigné mademoiselle Ginny quand elle a reçu un coup de batte dans le ventre il y a deux ans. Et je vous vois souvent au stade d'ailleurs ».
Hermione se rappelait très bien maintenant de l'incident. Elle n'avait pas pu aller voir Ginny jouer ce jour-là à cause d'une réunion au sommet au ministère, et qu'elle n'avait pas été sa surprise quand à sa sortie du bureau de Kingsley l'attendait l'assistant de Gwenog Jones en personne pour l'emmener à l'infirmerie des Harpies. On lui avait plus tard expliqué que Ginny avait « provoqué » le batteur adverse en s'arrangeant pour faire tomber de son balai le poursuiveur qui la suivait, et celui-ci le lui avait fait gentiment comprendre d'un coup de batte dans l'estomac.
Sur le moment, personne n'avait voulu donner à Hermione le nom du batteur tant celle-ci était en colère, car elle serait surement aller lui rendre une petite visite pour lui rendre la mornille de son gallion. Ginny s'en était sortie de deux côtes cassées, une vertèbre fêlée et d'une entorse au poignet, et avait fait jurer à Hermione que le batteur, qui avait été renvoyé du championnat pour la saison, ne recevrait pas chez lui une bombe explosive de chez les jumeaux Weasley ou une petite fessée maison de la plus brillante sorcière de son époque.
Hermione sourit au docteur, dont Ginny lui parlait souvent. Malgré son habitude de traiter les joueurs, et même Gwenog Jones, comme des enfants, il était adulé par l'équipe qui avait une totale confiance en lui.
Elle ne put tout de même s'empêcher de penser que Ginny n'avait eu des accidents graves que quand elle avait été retenue au ministère et n'avait pas pu assister au match, et se demanda s'il y avait un lien de cause à effet.
« Ne vous inquiétez pas, elle va bien. » l'interrompit dans ses pensées le docteur, qui se rapprocha de la chambre 23, Hermione sur les talons.
« Je ne crois pas qu'on vous ait renseignée de ce qu'il s'est passé n'est-ce pas ? Mrs Weasley approchait de la zone de but un peu trop dangereusement au gout des batteurs des Chauve-Souris. Ils ont réussi à lui lancer les deux cognards en même temps. Apparemment, c'est en évitant celui qui se dirigeait vers sa tête qu'elle a reçu l'autre dans le dos, ce qui l'a propulsé violemment sur son balai. Le balai s'est cassé en deux et elle est tombée au sol la tête en avant. Le balai aurait d'ailleurs dû réagir autrement, c'est pour cela qu'il en ce moment même analysé par les experts du service des sports du ministère. Evidemment, une telle chute peut causer des dommages considérables au cerveau mais mademoiselle Weasley a la tête dure. »
Hermione sourit vraiment pour la première fois depuis qu'elle avait reçu cette maudite lettre.
« Je sais que vous n'avez pas eu l'autorisation de venir avant qu'elle se réveille, et je tiens à m'excuser de cette stupide rigidité, mais le règlement de l'hôpital nous l'impose afin d'éviter tout risque de contagion d'une quelquonque pathologie. Mademoiselle Weasley souffre de légères contusions aux jambes, et heureusement sa colonne vertébrale n'a pas été endommagée par le choc. Elle a cependant deux côtes cassées, son épaule droite démise et nous venons de ligaturer le ligament de son coude gauche, ne vous étonnez de son apparence, elle s'arrangera un petit peu avec le temps. Son genou gauche s'est retrouvé dans un angle assez spécial mais nous l'avons remis à sa place, elle risque d'en garder une cicatrice malheureusement, et certainement le long de son bras aussi. Pour l'instant, nous nous sommes surtout concentrés sur la remise en état du cerveau, aussi ne vous inquiétez pas des fractures quand vous la verrez, elles ne seront plus là demain. »
Hermione se dit que décidément elle ne se ferait jamais aux systèmes de guérison magiques.
« Je ne vais pas vous retenir plus longtemps, mademoiselle Granger. Elle vous a appelée dès son réveil et elle s'impatientait tellement de vous voir que j'ai failli lui faire boire une potion calmante. »
Le docteur ouvrit la porte et fit un signe de tête vers l'intérieur de la chambre, dont en sortit une infirmière.
« Madame Maddow viendra vérifier dans une petite heure si tout se passe bien. Je viendrai vous voir demain. Oh, et j'allais oublier ! Je connais le caractère … mutin, dirons-nous, de mademoiselle Weasley. Elle a besoin de repos et de calme, mais je sais que vous serez raisonnable n'est-ce pas ? »
Une Hermione rouge jusqu'à la pointe des oreilles hocha la tête comme une gamine prise en faute et le vieux monsieur lui ouvrit tout grand la porte en souriant. Hermione n'écouta même pas la porte qui claqua dans son dos, et marcha lentement vers le lit au centre de la pièce blanche.
A côté du lit, une chaise blanche et une table de nuit sur laquelle étaient posés un verre rempli d'une solution bleue et le bracelet de Ginny, qui avait dû lui être enlevé pendant l'opération. Le bracelet était de couleur verte claire, mais Hermione ne fit pas attention à ces détails, son regard n'étant tourné que vers la forme allongée dans le lit en face d'elle, où sa petite amie semblait s'être endormie.
La tempe de Ginny était recouverte d'un gros pansement brun, et sous son œil fermé une belle couleur violette signifiait clairement de quel côté elle était tombé sur le sol. Son bras gauche reposait dans une sorte d'attelle blanche, le décolleté de la robe d'hôpital de la joueuse laissait apercevoir que des bandages entouraient ses côtes et Hermione aperçut sur son bras droit une longue entaille, fraîchement refermée.
Inconsciemment, sa main alla frotter son bras gauche où était gravée l'insulte macabre que lui avait laissé Bellatrix en souvenir du manoir Malfoy et un mauvais frisson lui parcourut l'échine.
Alors qu'elle approchait toujours doucement du lit, se demandant si elle devait réveiller Ginny ou la laisser dormir, une main sortit de nulle part l'agrippa par le col de son tshirt et l'entraîna violemment sur le lit.
« Mione ! » s'écria Ginny d'une voix beaucoup trop joyeuse pour quelqu'un qui venait se briser tous les os du corps.
Hermione ne dit rien et serra fortement Ginny contre elle avant de se retirer d'un coup et de lui donner une petite claque sur l'épaule, la seule partie de son corps qui n'était pas couverte d'un pansement ou d'un bleu .
Ginny leva un sourcil, un peu étonnée, alors qu'Hermione lui dit les larmes aux yeux et d'une voix cassée par l'émotion « Ne me refais plus jamais ça ! ».
Gin rigola en se frottant l'épaule de sa main plâtrée « J'essayerai mon ange, juste pour m'éviter une baffe ... »
Hermione sourit à son tour et se blottit contre Ginny, à moitié assise sur le lit et la chaise d'hôpital.
« J'ai eu tellement peur … et puis ils m'ont empêchée de venir avant que tu sois réveillée, j'ai passé les pires heures de ma vie »
Hermione raconta ensuite l'épisode de la chouette à Ginny, qui éclata de rire en imaginant Hermione, d'habitude si douce et patiente avec les animaux, les créatures de toutes sortes, et même avec certains humains qui ne le méritaient pas, en train de menacer une chouette.
Hermione sourit tendrement en entendant le rire clair de Ginny et l'écouta patiemment lui raconter le match, puis ce dont elle se rappelait de l'accident.
Au bout d'un petit moment, les deux femmes tombèrent dans un silence confortable et Hermione en profita pour s'asseoir complètement aux côtés de la rousse. Ginny lui souriait tendrement, une main caressant ses cheveux bruns et l'autre posé sur la sienne, entrelacées sur la poitrine de la rousse.
Hermione écouta un instant le battement régulier du cœur de sa petite amie, et se dit qu'elle était si bien ici qu'elle pourrait y rester des années, avec bien sûr un rétablissement rapide de Ginny.
Il ne tient qu'à moi de l'avoir et le garder ce bonheur. Et pour ça …
« Gin ? »
« Mmh ? »
Hermione sourit. « Je t'aime. »
Ginny lui rendit son sourire « Moi aussi je t'aime Mione. Je t'aime jusqu'à l'infini et par-dessus les étoiles »
Hermione ne roula même pas des yeux à la réponse à l'eau de rose de la rousse et se pencha pour l'embrasser délicatement. Quand elle se retira, Ginny avait encore les yeux fermés et souriait comme un enfant à qui l'on vient de donner une grosse tablette de chocolat.
C'est ça que je veux. La voir sourire tous les jours. La voir rire, la voir pleurer, la voir jurer mais la voir, la voir avec moi.
« Pourquoi tu fronces les sourcils comme ça mon cœur ? »
« Comment ? »
« Comme ça » dit Ginny en plissant les sourcils de manière très exagérée ce qui la faisait beaucoup loucher. Hermione éclata de rire et se blottit un peu plus contre le cœur de la rouquine.
« Je fais pas ça ! »
« Oh que si ! Et même que des fois, tu grognes » rajouta Ginny en grognant comme un cochon.
Hermione rit de nouveau et déposa un baiser sur l'épaule dévoilée de la joueuse. « Tu peux parler, toi tu me prends pour un balai dans ton sommeil ! »
« Ah oui ? » demanda l'intéressée en soulevant un sourcil étonné
« Tu m'entoures avec tes jambes et tu me grimpes presque dessus ! »
« Non mon cœur, ça c'est parce que je rêve d'autres activités avec toi que le quidditch … tout aussi physiques !» rit Ginny.
Ce rire … C'est si banal, si commun de l'entendre rire et pourtant … Je crois que je suis prête. De toute façon, pourquoi attendre ? Je sais bien que ça arrivera forcément, alors pourquoi pas cette année ? Pourquoi pas là, maintenant, tout de suite, sur son lit d'hôpital, sans aucune bague ou discours préparé, et au milieu des pansements et des médicaments ? Du courage ... il me faut juste du courage. Montres que tu es une Gryffondore, bon dieu !
Trouvant le courage dans les yeux de Ginny, Hermione sut que le moment ne pouvait être plus propice.
D'un coup, elle fit sursauter Ginny en se rasseyant sur le bord du lit, gardant la main de la rousse dans la sienne et soupira profondément.
Puis elle se pencha vers Ginny et l'embrassa passionnément, la laissant ébahie, le souffle court et tout de même légèrement choquée.
« Hermione ? »
« Ginny, ne crois pas que je te dis ça sur le coup de l'émotion ou du choc, cela fait bien longtemps que j'y pense et tu as le droit de savoir. Et je ne peux plus attendre, j'ai voulu laisser passer du temps pour être bien sûre, mais je ne saurai pas attendre dix minutes de plus. » répondit Hermione très vite, en regardant fixement la main de Ginny dans la sienne.
Quand Ginny eut analysé la phrase lancée par sa copine à toute berzingue, elle crût que celle-ci allait lui annoncer leur rupture.
Pourquoi ? C'est pas possible ! Qu'est-ce que j'ai fait ? Les pensées s'accumulaient dans la tête de la joueuse et elle allait se mettre à pleurer quand la main libre de la brune alla caresser tendrement sa joue.
« Gin, mon amour … j'ai eu tellement peur ce matin quand j'ai reçu cette lettre. J'ai cru qu'on t'avait arraché à moi, et la simple idée de te savoir ici m'a plus fait mal que n'importe quel cruciatus de Bellatrix. J'ai imaginé les pires horreurs, et surtout que l'on soit séparées avant d'avoir été proprement unies … »
Ginny regardait Hermione avec des yeux énormes.
Se peut-il que … ? Mais elle n'est pas prête, elle me l'a déjà dit !
La rousse n'osait même pas espérer que son rêve le plus cher était bel et bien en train de se réaliser, tant la situation lui paraissait impossible.
Hermione vit l'éclair de doute passer dans les yeux de Ginny et lui sourit pour la rassurer
« Je sais enfin ce que je veux et au fond de moi je le sais depuis des années. Mes peurs se sont envolées quand toi tu es tombée, Gin ».
La respiration de Ginny s'accéléra brusquement et elle eut l'impression de s'être d'un coup faite propulser dans un stade plein tant le bourdonnement venant de son propre cœur qui lui perçait le tympan était fort. La voix d'Hermione lui parvint à travers le tintamarre effrayant qu'était le battement de son cœur, douce et posée comme à son habitude, ce qui calma un peu les nerfs de la joueuse.
« Ginny, contrairement à ce que tu crois, tu es ce qu'il m'est arrivé de mieux dans ma vie. Tu m'as gardé en vie dans un monde de torture et de mort, tu m'as apporté de la lumière quand j'étais dans les ténèbres et tu m'as abreuvé d'un amour que je croyais n'être pas digne de mériter. Je ne saurai jamais comment te remercier autrement que de t'offrir ma vie, mon amour. Je t'aime Ginny, je t'aime à jamais. Mon infini c'est toi. »
Hermione fit une petite pose et caressa la larme solitaire qui roulait sur la joue de la rousse, qui elle n'osait même plus respirer. la brune prit une grande respiration et saisit les deux mains de Ginny dans les siennes.
« Ginevra Molly Weasley, est-ce que tu veux m'épouser ? »
Ginny ne prit même pas le temps de répondre et se jeta sur Hermione pour l'embrasser voracement. Deux mains appuyées contre sa nuque, deux lèvres pressées contre les siennes et une langue quémandant l'entrée dans sa bouche, Hermione ne pouvait plus respirer, et de toute façon l'émotion l'en aurait empêchée.
Quand enfin le besoin d'air se fit trop fort, Ginny recula doucement et posa son front contre celui de la brune, glissa ses mains pour aller encercler les joues baignées de larmes.
« Ca veut dire oui ? » demanda Hermione d'une petite voix étranglée
« Oui … » répondit Ginny en larmes. « Bien sûr que oui ! » se reprit-elle dans un petit rire.
Hermione hocha de la tête en souriant et embrassa délicatement Ginny.
« Je sais que ce n'est pas aussi romantique et aussi beau que tu l'aurais voulu et j'ai même pas de bague à t'offrir, mais je n'aurais pas pu attendre un jour de plus avant de pouvoir t'appeler ma fiancée ».
Gin embrassa sa désormais fiancée avec une telle force qu'elle se trouva allongée sur elle. « Mione , ce n'est pas le lieu ni la déclaration que j'attendais, c'était toi . Et tu n'aurais pas pu me faire plus plaisir. Je pense que je suis la personne la plus cassée et la plus heureuse de Sainte Mangouste ».
Hermione rit et posa joyeusement sa tête contre l'épaule de Ginny. « J'aurai jamais cru en recevant ce message ce matin que ça finirait comme ça … »
« Et moi donc ! Merlin Mione ! J'ai cru que t'allais me plaquer ! »
« Te plaquer ? Après que tu ais faillit mourir dans un accident de quidditch ! Ce qui me fait penser que tu vas me faire le plaisir de porter tes protections de match pendant tous tes entraînements maintenant, et je vais demander à Ron de te prêter son vieux casque et ses épaulières, et aussi –»
« Tais-toi et viens m'embrasser »
Hermione n'eut pas à se le faire répéter deux fois.
« Il faut peut-être que je parte, ton médicomage ne serait pas content d'apprendre ce que l'on a fait cette nuit… »
« Pourquoi pas ? »
« Tu es censée te reposer Gin ! »
« On peut considérer le sexe comme de la rééducation … »
Hermione soupira « Tu es tellement bornée »
« Tu m'aimes pour ça »
« C'est vrai …» sourit-elle avant de se pencher pour l'embrasser tendrement.
Ginny soupira dans le baiser et colla son corps à celui de la brune au-dessus de d'elle. Celle-ci essaya de se dégager, sachant très bien qu'elles seraient incapables de résister à la tentation bien longtemps
« Gin arrêtes…hmmm … si le docteur arrive … »
« On lui dira que tu prends ma température » répondit la rousse qui en ce moment se souciait peu d'être vue par sa médecin, ses coéquipières ou même l'un de ses frères tant qu'elle pouvait continuer d'embrasser Hermione.
Celle-ci se redressa au-dessus d'elle et lui dit d'un air professoral :
« Et qu'est-ce que je lui dis ? Ma fiancée n'a pas de fièvres ni de frissons, mais par contre au lit elle est très chaude ? »
Ginny éclata de rire et Hermione en profita pour se rassoir sur la chaise à côté de son lit. Elle fit bien car pile au moment où elle finissait de reboutonner sa chemise, le docteur Kehoe entra dans la pièce.
« Eh bien mademoiselle Weasley, je vois que vous êtes en grande forme aujourd'hui » dit-il en souriant devant une Ginny qui ne pouvait s'empêcher de pouffer.
Hermione roula discrètement des yeux et se leva pour aller serrer la main du médicomage.
« J'ai reçu le rapport des aurors à propos de votre balai » expliqua le médecin.
Tout comme le firebolt d'Harry pendant sa troisième année à Poudlard, le balai de Ginny avait été inspecté par des aurors pour déterminer s'il n'avait reçu aucun sort de perturbation. Les balais professionnels avaient de nombreux charmes, posés par des experts en la matière, pour faire en sorte qu'ils ne puissent être contrôlés que par leur propriétaire et qu'ils soient protégés, au contraire des joueurs qui les montaient, de chutes de 100 mètre de hauteur. Il arrivait cependant plusieurs fois par saisons que certains supporters peu scrupuleux et très doués arrivent à lever les sorts posés sur les balais et déséquilibre ainsi un joueur d'une équipe adverse.
« L'examen du balai en ressort que celui-ci n'a pas été trop endommagé, mais qu'un sort de protection a en effet été levé, pas assez pour vous faire tomber mais suffisant pour que le balai se casse et qu'il ne freine pas sa chute vers le sol. » conclut le docteur dans un soupir attristé.
Hermione pâlit légèrement et rapprocha sa chaise du lit de la poursuiveuse.
« Ce n'est pas la première fois que je vois un joueur dans un lit d'hôpital pour cette raison et certainement pas la dernière … »
Après un rapide coup d'œil superficiel, le docteur annonça qu'il allait changer les pansements et les bandages. Les fractures de Ginny s'étaient rétablies pendant la nuit et les seules traces encore visibles de l'accident étaient la couleur jaune de son œil et les cicatrices sur son genou et l'intérieur de son bras.
« Je vois que mademoiselle Granger vous fait beaucoup de bien » dit le vieux docteur en souriant et alors que celle-ci aidait Ginny à remettre son t-shirt. « Vous pourrez sortir de Sainte-Mangouste dans une petite semaine, peut-être même avant si vous continuez à bien prendre vos cachets et à ne pas faire d'exercices physiques trop intenses ».
Hermione détourna vite les yeux de Ginny, se sentant rougir.
«Je vais envoyer mon rapport au club. J'ai contacté madame Jones, et nous nous sommes mis d'accord sur un retour à l'entraînement dans un peu moins de trois semaines, oui trois semaines mademoiselle Ginny, ne faîtes pas cette tête là c'est pour votre bien et vous le savez ! C'est déjà un miracle que vous soyez encore en vie, et la magie ne peut pas tout guérir ! Vous pourrez normalement remonter sur un balai d'ici quinze jours, mais je ne veux pas d'imprudence, et je compte sur vous mademoiselle Granger pour me surveiller cette tête brûlée »
Ginny allait grommeler qu'elle n'était plus une enfant mais connaissant le docteur, il aurait été capable de lui rajouter une semaine sans voler pour la punir.
« Je vous reverrai dans quatre jours pour votre check up, et arrêtez de grogner comme une enfant sinon je vous prive de visites !» dit le médecin en se levant et en serrant la main d'Hermione.
Il jeta un dernier coup d'œil vers le lit où était assise Ginny et dit en souriant «L'amour, le meilleur des remèdes n'est-ce pas ? Prenez soin de vous mademoiselle Granger » puis dans un dernier clin d''œil vers la joueuse, il sortit.
« Trois semaines ! Trois ! Semaines ! » commença à crier Ginny mais Hermione l'interrompit en posant sa main sur la bouche de la rousse.
« Chut mon cœur » sourit-elle « Fermes les yeux … »
« Hermione sérieusement ? On a fait ça toute la nuit et Kehoe vient de te l'interdire et t'as encore envie ? Petite … »
« Ginevra Weasley ! C'est plus facile de réveiller Ron le matin que d'essayer d'être romantique avec toi !"
" D'accord, d'accord ... Recommences romantiquement alors ! Tu veux un bruit de violons et quelques pétales de roses ?"
" Puisque tu le prends comme ça ..." Hermione fit mine de fermer les yeux et de lever la tête d'un air hautain ce qui fit éclater de rire Ginny.
" Non je veux ma surprise !"
" Tu promets de garder les yeux fermés et de m'écouter sans m'interrompre ?"
" Et j'aurai quoi en échange ?"
" Ta surprise, duh !"
" D'accord ... mais ne te déshabille pas pendant que j'ai les yeux fermés, je serai pas contente "
Hermione roula des yeux et vérifia que Ginny avait bien les yeux fermés en faisant une multitude de signes devant elle. Comme la rousse ne réagissait pas, elle sortit une petite boîte rouge de la poche et la posa juste à côté de l'oreille de Ginny.
Puis elle reprit d'une petite voix " Tu te rappelles ce matin quand je suis allée chercher du café au bar de l'hôpital ?"
Ginny hocha de la tête vigoureusement. Prendre le risque de parler c'était prendre le risque d'énerver Hermione pour de vrai et commencer ses fiançailles par une dispute n'était pas dans ses projets.
" Eh bien je n'ai pas ramené que ça ... en fait je suis aller chercher quelque chose de très spécial, que je t'avais promis depuis longtemps et ... tu sais quoi ? Ouvres les yeux"
Ginny ouvrit les yeux et son regard croisa immédiatement celui d'Hermione, qui la regardait nerveusement. Ginny sourit tendrement devant la manière qu'avait sa fiancée à se mordiller la lèvre inférieure et remarqua que le regard de la brune glissait vers le bas .
Et quand elle suivit le cou, puis le long du bras d'Hermione, jusqu'à sa main, Ginny eut un choc et porta la main à sa bouche.
« Je t'en avais promis une, et bien la voila ... » dit doucement Hermione.
Dans sa main, plutôt dans la boite rouge, elle tenait une blague en platine sur laquelle était monté un diamant simple, dans un style épuré. Deux petits rubis étaient incrustés de part et d'autre du diamant, et rendaient la bague pure, mais moderne et élégante à la fois.
Ginny n'avait plus de mot et des larmes perlaient déjà au coin de ses yeux. Hermione commencait à avoir un peu peur que la bague ne lui plaise pas ou qu'elle avait changé d' avis et baissa la tête, perdant le contact visuel avec Ginny.
" C'était la bague de ma mère, Schneider me l'a donnée avec les clefs de la voiture et de la maison. Je pensais que ça serait parfait pour toi, pour nous, comme si j'avais leur bénédiction, mais si tu l'aimes pas j'irai toujours en acheter une autre ..."
" Elle est parfaite " dit Ginny d'une voix étranglée " Absolument parfaite"
Hermione releva la tête et vit que si Ginny n'avait pas dit mot depuis quelques secondes, c'est parcequ'elle était trop occupée à récupérer son souffle.
" Tu trouves ?" demanda la brune timidement
" Comme toi. Elle est parfaite" confirma Ginny avant de se pencher en avant pour embrasser Hermione, qui répondit immédiatement au baiser avec joie.
Hermione se détacha de sa fiancée pour glisser la bague au bon doigt de la bonne main avant de la porter à ses lèvres pour l'embrasser à la bonne place. Ginny la regarda faire en secouant la tête comme si elle n'arrivait pas y croire.
Elle regarda plusieurs fois sa main en clignant des yeux avant de soupirer et d'attirer Hermione contre elle et de la serrer le plus fort possible.
Les deux femmes tombèrent dans un silence confortable, Hermione dessinait des formes invisibles sur le plâtre de Ginny, qui elle paraissait perdue dans ses pensées jusqu'à ce qu'elle brise le silence .
« Hermione … »
« Qu'est ce qui te perturbes mon cœur ? »
« Je n'arrive pas y croire Mione. Tu veux vraiment te marier avec moi ? »
« Oui je le veux »
« Et avoir des enfants avec moi ? »
« Toute une petite tribu»
« Tu m'aimes ? »
« Je t'aime tellement que je ne connais pas assez de mots pour pouvoir te l'expliquer » dit Hermione en se penchant pour embrasser le cou de la rousse.
" Dans ce cas la ..."
" Tu me crois ?"
" Je te crois tout le temps. Même quand tu m'as dit tout à l'heure que t'allais chercher du café ..."
" C'est la première fois en cinq ans que je te caches un truc !"
" C'est vrai qu'après la petite année en camping ta septième année, le fait que Krum t'aies embrassé deux fois, les cours privés d'Harry avec Snape et la forme de ton premier épouvantard, c'est la toute première fois que tu me caches un truc "
" Je te les ait pas caché tout ces choses là puisque t'es capable de me les citer !"
" Donc il y en a d'autres que je connais pas ? "
" Ah ça, c'est à toi de le découvrir, Mademoiselle Weasley ..."
" Et j'ai toute la vie pour le faire maintenant ..."
Hermione sourit. " Toute la vie mon coeur. "
