Un grand merci à Murmures d'Ombre pour ses reviews gentilles et constructives !


Don't Speak - No Doubt

Coqcigrue revint de chez Hermione, où Harry l'avait envoyé le lendemain de son déménagement mouvementé de chez les Dursley au terrier pour voir si ele était bien rentrée chez ses parents, alors qu'ils en étaient au petit déjeuner, et que Molly venait juste de resservir tout le monde d'une troisième fournée d'omelette et de bacon. Il déposa deux lettres, l'une devant Ginny et l'autre directement dans l'assiette de Ron, qui grogna immédiatement que sa saucisse était foutue.

Harry se saisit de la lettre et la lut à voix basse, assez pour que Molly, qui était aux fourneaux, ne puisse pas les entendre.

« Cher Ron, cher Harry.

Je suis bien rentrée chez moi, j'ai transplané directement dans le salon de mes parents, qui ne s'y attendaient pas du tout et ma mère en a cassé une assiette sous le choc. Concernant ta dernière lettre, je suis tout à fait d'accord avec toi et j'ai fait certaines recherches sur-»

La voix d'Harry mourut dans un murmure et il finit de lire la phrase mentalement. Ginny attrapa l'œil d'Harry au passage et vit qu'il faisait exprès de ne pas lire le contenu entier de la lettre devant elle. Il sauta visiblement un gros paragraphe et poursuivit

« Nos affaires seront prêtes en temps voulues, mais il serait plus prudent de laisser ton Firebolt au terrier.

J'ai vu dans La Gazette Du Sorcier que les attaques contre les familles moldues se poursuivaient. Je ne vais pas vous mentir, j'ai peur.

Je songe de plus en plus à modifier la mémoire de mes parents et les envoyer en sécurité à l'autre bout du monde, au Canada peut-être ou en Australie. Je cherche encore un sort qui n'effacerait qu'une seule partie de leur mémoire et ne les rendrait pas à l'état de légume, et dès que je l'aurai trouvé …

Ron, je rejoindrai le terrier au plus vite après ça, pourrais –tu en remercier Molly d'avance ?

Je vous réécrirai dès que je serai prête .

Je vous embrasse tous les deux, ainsi que vos parents et une pensée spéciale pour Bill et Fleur.

Hermione ».

Harry posa la lettre sur la table et jeta un regard vers Ginny, puis vers son frère.

Ron avait la tête baissée et regardait avec attention ses mains, faisant tout son possible pour ne croiser le regard de sa sœur et mâchant le plus possible ce qu'il avait dans la bouche.

Ginny quant à elle bouillonnait intérieurement de questions – pourquoi Harry n'avait-il pas lu la lettre en entier ? pourquoi Harry laisserait-il son balai au terrier alors qu'il était toujours officiellement le capitaine de Quidditch de Gryffondor ? Qu'est-ce qu'il se tramait dans son dos ?

Les trois restèrent un instant en silence, Ginny zieutant furieusement l'un puis l'autre sans en obtenir un son, jusqu'à ce que Molly revienne dans la salle à manger et envoie tout le monde débarrasser la table et nettoyer leur place ' et à la main je vous prie ! '.

Les garçons, visiblement ravis de pouvoir échapper au regard inquisiteur de la rouquine, se levèrent très vite pour aller dans la cuisine à la grande surprise de Molly qui ne les avaient jamais vu aussi réjoui de devoir faire la vaisselle.

S'ils croyaient s'en sortir aussi facilement, ils se fourraient le doigt dans l'oeil jusqu'au coude, puisque Ginny se posta immédiatement derrière Ron, qui essuyait les assiettes qu'Harry lui passait avec un vieux tshirt de Charlie qui servait maintenant de torchon.

« Dis-moi Harry, tu me prêteras ton Firebolt si t'en as plus besoin l'an prochain ? » demanda t'elle sur un ton faussement innocent.

Harry se retourna vers elle, cligna rapidement des yeux et répondit d'un ton calme « Même si je voulais je ne pourrai pas, il est enchanté pour ne répondre qu'à moi ».

Puis il retourna à son évier pour frotter furieusement un bol plein de mousse.

Ginny se sentit fulminer intérieurement. Depuis quand son balai est enchanté ? Ron l'essayait encore hier !

« C'est pas grave, tant que tu voles dessus, on a aucune chance de ne pas gagner la coupe de Quidditch cette année » dit Ginny d'une voix trop remplie de sarcasme pour ne pas qu'il soit notifié.

Harry ne répondit rien et finit vite d'essuyer sa casserole, puis alla s'asseoir dans le canapé du salon, suivit de près par Ron.

C'était mal connaître Ginny que d'espérer qu'elle abandonne la conversation ainsi, et la Gryffondore décida de s'assoir sans aucune gêne entre les deux garçons, poussant Ron vers le bras du canapé au passage et passant ses bras derrière leur dos.

« Alors, quoi de neuf ? Des projets en tête, non ? Prêts pour une nouvelle année scolaire ? »

Ron lui jeta un regard furieux et ouvrit la bouche mais fut interrompu par Harry « D'accord Ginny, t'as gagné. On peut pas tout te dire mais on va t'expliquer … »

« Harry non ! » cria Ron « On a promis de ne rien dire à personne ! »

« Ron, on va pas tout lui dire, juste ce qui est nécessaire … »

« Il faut prévenir Hermione avant ! »

« Prévenir Hermione de quoi ? » tenta Ginny timidement entre les deux garcons, qui l'ignoraient complètement à présent

« Elle a le droit de savoir Ron ! »

« Ah oui ? Et pourquoi elle et pas mes parents ? Et pas Lupin ou aucun prof de Poudlard ou les Aurors ? »

« Ça n'a rien à voir ! »

« Ca a tout à voir au contraire ! On s'est jurés de ne rien dire, c'est beaucoup trop dangereux ! »

« Ron, je peux prendre soin de m- »

« Tu ne comprends pas Ron ! »

« Et qu'est-ce que je comprends pas ? Que je veux protéger ma petite sœur des fous furieux qui la menacent dehors ? »

« Sa petite amie et son grand frère vont partir pendant Merlin sait combien de temps dans ce monde de fous furieux comme tu dis, et seront bien plus en danger qu'elle à Poudlard !»

« QUOI ? »

La dispute entre les deux garçons s'arrêta net mais il était trop tard. Ils en avaient trop dit.

Ron regardait maintenant Harry avec une tête d'une carpe sortie de l'eau et Harry se mordait nerveusement la lèvre inférieure.

Ginny explosa « Ca suffit maintenant ! Ron ! »

Ron soupira « Ginny, on peut vraiment rien te dire et c'est pas contre toi … »

« C'est pour votre protection à tous » enchaîna habilement Harry, posant sa main sur le genou de la rousse comme pour la calmer. Ginny ne se calma pas du tout et fusilla Harry du regard, ce qui l'amena à retirer promptement sa main

« Pourquoi vous allez partir ? Ou ça ? »

« On le sait pas encore … »

« Quoi ? Vous partez sans savoir où aller ? »

« C'est plus compliqué que ça … »

« Dis tout de suite que je suis trop bête pour comprendre ! »

« Bon écoutes moi Ginny, Harry, Hermione et moi avons quelque chose à accomplir, de vital pour défaire Vo… Tu-sais-qui. Si on ne le fait pas, il restera aussi puissant et immortel qu'il l'est aujourd'hui. »

« Pourquoi on ne peut pas venir avec vous ? »

« C'est beaucoup trop dangereux » intervint Harry « On n'est pas sûr exactement d'où trouver ce que l'on recherche, et il faut absolument que des combattants restent ici pour retenir Voldemort » Ron frissonna comme à son habitude quand le nom du plus mauvais sorcier de tous les temps fut prononcé, mais Harry continua «Voldemort s'est infiltré partout, au ministère, dans tous les commerces honnêtes et maintenant que Dumbledore n'est plus la, il va sûrement s'attaquer à Poudlard. C'est beaucoup trop risqué pour nous trois d'y retourner alors qu'il nous attend là-bas »

« Alors vous ne retournerez pas à Poudlard l'an prochain ? » Ron secoua la tête.

« Mais … »

« Ginny promets nous de n'en parler à personne, même pas à Hermione ! »

« Quoi ? »

« Hermione est évidemment au courant, mais d'après ce qu'elle nous a dit, il y a des chances pour qu'elle soit surveillée »

Ginny hocha de la tête « Je te le promets, mais je … »

« Ginny, on t'en a déjà beaucoup trop dit ! Hermione va nous arracher les yeux… »

« Hermione vous a dit de ne pas m'en parler ? »

Ron lança un regard paniqué à Harry et bredouilla « Elle … elle a pas dit ça comme ça … »

« Elle a dit qu'elle préférerait te le dire elle-même et en face. »

Ginny ne sut pas quoi répondre et resta muette, contemplant sans un mot ses mains.

Si elle avait levé les yeux, elle aurait pu voir Ron faire un discret coup de tête vers Harry pour lui dire se lever et de filer à l'anglaise et Harry lui répondre un froncement de sourcils. La libération attendue par Ron fut offerte par sa mère qui arriva une pile de linge sous le bras « Ron et Harry, voilà votre linge. Je vais vous le posez dans votre chambre ».

« Non ! » cria presque Ron, faisant sursauter Molly. « On va le faire ! » et les deux garçons s'enfuirent rapidement dans la chambre du cinquième étage avec la corbeille à ligne sous le bras, sous le regard perplexe de Molly qui décidément ne les avait jamais vu si aidants.

" J'ai beau en avoir sept je ne les comprendrai jamais ..." soupira Molly en sortant de la pièce.

Ginny sortit de sa torpeur quelques minutes plus tard et décida d'aller voler un peu dehors pour se changer les idées. C'était une habitude qu'elle avait prise depuis son enfance ; quand en doute, voler le plus haut et le plus loin possible pour éclaircir son esprit.

L'attrapeuse de gryffondor vola près d'une heure, et effectivement en revenant au terrier, elle avait la sensation d'avoir retiré un grand poids de ses épaules. Elle alla enlever ses vêtements trempés de sueur et prit une longue douche froide pour relâcher ses muscles endoloris.

N'empêche Hermione ne voulait pas me le dire … Hermione !

D'un coup elle se rappela que sa petite amie lui avait envoyé une lettre à elle aussi ! Elle avait tellement été occupée à tirer les vers du nez des garçons qu'elle en avait oublié sa lettre sur la table de la cuisine. Quand revint en hâte la chercher, la lettre avait bien faillit être tachée par la tasse du café d'Arthur, mangée par Hedwig ou certainement bien plus grave, ouverte par Molly.

La rousse la saisit et alla s'enfermer à double tour dans sa chambre pour la lire. L'avantage d'être la seule fille et la cadette de la maison est qu'elle était la seule à avoir une serrure sur sa porte- à part l'espèce de verrou que Percy avait essayé d'installer dans sa chambre pour son intimité et que George avait englué, bloquant le préfet dans sa chambre pendant des heures.

Ginny ouvrit l'enveloppe d'une main tremblante et lut

« Ma Ginny,

Je suis désolée d'avoir mis autant de temps à répondre à ta dernière lettre mais Coqcigrue est partit chasser la nuit dernière et n'est revenu qu'après avoir mangé un mulot aussi gros que lui (et j'ai passé presque un quart d'heure à lui faire recracher ce qui restait de la pauvre bête pour ne pas qu'il s'étouffe).

J'en ai profité pour relire toutes les lettres qu'on s'est envoyées cet été, et ça m'a fait un bien fou. Seules tes lettres parviennent à me faire sourire en ce moment.

J'ai l'étrange impression d'être constamment surveillée, et le meurtre de la famille de moldus il y a deux jours ne m'aide pas. J'ai presque trouvé le sort qui me permettra de m'effacer de la vie de mes parents, et même si c'est la chose la plus difficile que j'aurai jamais à faire de ma vie, je n'aurais pas le choix si je veux les protéger.

Je sais aussi qu'Harry et Ron ne veulent pas t'en dire plus, sur ce que nous préparons ou sur ce qui arrive, ne leur en veut pas c'est moi qui leur ai déconseillé de t'en parler. Je te dirai tout moi-même en temps voulu.

J'ai tellement hâte de vous revoir tous tu sais, de savoir que vous allez tous bien et que vous gardez espoir.

Les préparatifs du mariage de Bill et Fleur doit vous prendre beaucoup de temps mais je sais que tout sera prêt à temps, et magnifique (et j'ai hâte de te voir dans ta robe de demoiselle d'honneur, et n'essayes pas de me raconter que tu ne l'as pas encore vue, ta mère m'a raconté vos essayages en m'envoyant le faire-part).

Tu me manques atrocement, la seule chose qui me fait tenir à travers ces nouvelles horribles est la promesse de te revoir vite.

Je t'aime Gin, tellement tu sais.

Et tant que je t'aime et tu m'aimes, tout ira bien.

Hermione ».

Ginny soupira et retomba lourdement sur son lit, la lettre posée sur son cœur.

Hermione lui manquait énormément aussi, et même si elle adorait sa famille, elle n'en pouvait plus des essayages de robes de demoiselles d'honneur plus affreuses les unes que les autres et des complots sous cape de Ron et d'Harry.

Si Hermione ne lui dirait rien par lettre, elle irait chercher ses informations elle-même, tampis si elle devait se battre avec Ron – ce ne se serait pas la première ni la dernière fois, mais elle saurait ce qui se tramait dans son dos.

Et elle ne laisserait pas Hermione partir comme ça.