It Will Rain - Bruno Mars
Dès que tu vois la tête de Bill dans le feu, les cheveux ébouriffés et l'air abasourdi, tu comprends que quelque chose de grave s'était passé.
Cela fait trois semaines que vous vous êtes réfugiés chez Tante Muriel, Papa, Maman, les jumeaux et toi, en attendant hagards la suite des événements. A la suite de l'enlèvement de Luna et après avoir vu les nombreuses cicatrices qui recouvrent ton corps, tes parents ont jugé plus prudents que tu ne retournes pas à Poudlard, et t'ont presque emmurée vivante au Terrier.
Fred et George y habitaient déjà depuis un bon mois, leurs nombreuses provocations contre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et sa clique ayant atteint un point de non retour, la boutique a été pillée une nuit et les Mangemorts ont laissé de claires indications qu'ils reviendraient.
Et que cette fois-ci ils auraient la peau des jumeaux.
Avec presqu'autant de fugitifs que d'enfants Weasley ( à part bien sûr ce traître de Percy ), le Terrier n'était plus assez sûr et vous avez dû tous migrer, à grands cris et protestations, chez Muriel, qui ne vous a pas accueillit il faut le dire les bras grands ouverts.
A bien y réfléchir, tu la plains un peu, ta tante Muriel, parce qu'il n'a pas fallut attendre deux jours pour que Fred teste un nouveau bonbon vomisseur sur son sale chat et que George fasse un trou dans le mur des toilettes en y déposant un pétard inéteignable. Malgré ses remarques acides sur ta coiffure et ses " une jeune fille bien élevée ne vole pas sur un balai mais apprend à coudre ", elle vous héberge tous les cinq gracieusement et sans le savoir vous avait sans doute sauvé la vie. Sa maison a été placée il y a quarante ans de ça sous le sort du Fidelius dont elle était gardienne du secret, et personne n'aurait pensé à aller fouiller chez la vieille Muriel pour vous retrouver.
C'est pour cela que la demande de Bill que tu viennes le plus possible à la Chaumière aux Coquillages te paraît étrange. Tu n'as que seize ans, et n'est pas en âge de transplaner, ce qui veut dire que tu dois y aller par balai ou par cheminée, les deux moyens de transport les plus surveillés et les moins surs en temps de guerre. Quand tu le lui rappelles, Bill hésites une seconde puis déclare qu'il arrive te chercher. Ta mère proteste dans ton dos, mais ton frère aîné a déjà disparu et le feu redevient normal.
Trente secondes plus tard, on toque à la porte, et Muriel va ouvrir en se dandinant. Bill ne lui dit même pas bonjour et file droit vers tes parents, te faisant un petit signe de la main pour te signaler d'attendre.
Ils parlent tous les trois à voix basse pendant cinq minutes, et malgré ton oreille tendue tu n'entends rien. Mais tu vois ta mère faire des "oh !" et poser la main sur sa bouche comme quand elle retient des pleurs, et ton père jette des regards paniqués dans ta direction. Néanmoins il hoche la tête vers ton frère, qui tend la main vers toi. Tu la saisis et il te ramène vers lui pour te serrer fort dans ses grands bras.
" On va transplaner à la maison" te dit-il " Respire fort."
Tu prends une grande inspiration et d'un coup tu sembles étirée de toutes parts, comme si chacun de tes organes voulait partir dans une direction opposée.
Tu n'as pas le temps d'hurler que déjà tes pieds touchent le sol, et tu tombes les mains en avant sur le sable. Bill s'agenouille à tes côtés alors que tu craches tes poumons et passe une main confortante dans ton ta vision te revient enfin et que tu te relèves, tu lui demandes ce qu'il se passe.
Et Bill, ton grand frère préféré qui t'a toujours tout confié et t'a tout apprit, te regarde un moment sans parler. Pas comme si il ne savait pas comment t'annoncer ce qui allait suivre, mais comme si il avait peur de le faire.
" Viens" te dit-il au bout d'un moment de silence gênant " Viens Ginny."
Bill t'ouvres la porte et tu t'engouffres dans une pièce sombre, où l'on a éteint le feu pour ne pas attirer l' n'es pas sûre de comprendre ce qu'il se passe quand d'un coup ton souffle se coupe.
Tu le vois, ton frère, blanc comme un cadavre, les cheveux décoiffés, des cernes sous les yeux et une mine atroce, mais vivant, vivant, et un poids se soulève enfin de ta poitrine. Tu te jettes dans les bras de Ron et tu sens à peine les larmes qui coulent sur tes joues, tu es tellement soulagée de le savoir en vie que tu es presque sûre qu'aucun sort ne pourrait t'atteindre maintenant.
Mais presque aussitôt ton angoisse revient comme un cheval au galop, plus forte et plus terrifiante qu'avant, et les autres ?
Tu tournes rapidement la tête et tu vois Harry dans un coin de la pièce, assis sur une chaise, la tête dans les mains. Sans réfléchir, tu te détaches de Ron et court dans ses bras. Il te réceptionne et se glisse dans tes bras, tu entends qu'il pleure, et cette fois c'est la panique qui t'envahit.
« Où elle est ? »
Les mots sortent de ta bouche comme un murmure, mais tu sais qu'il t'a entendu. Il relève lentement la tête et ses yeux vert te transpercent comme mille coups de poignard.
« Non ! »
Le cri sort de ta bouche sans que tu t'en rendes compte, et tu te détaches aussitôt de lui, comme si son contact t'était brûlant.
« Ecoute Ginny, assieds-toi et calme toi, d'accord ? » te dis doucement Harry, mais tu ne l'entends presque plus. Tes jambes se dérobent sous toi, mais tu ne tomberas pas, tu ne veux pas lâcher sans savoir
« Hermione … où elle est ? Qu'est qu'il s'est passé ? »
Les garçons se regardent et d'un coup tu exploses. Tu n'en peux plus des mystères et des messes basses, des complots dont tu as été écartée de trop nombreuses fois, la seule chose que tu as compris est que la fille que tu aimes est blessée ou disparue et tu commences à hurler « Ron ! Où elle est ? ».
Ron jette un coup d'œil à Bill, qui hoche de la tête et sort de la pièce. Tu es complètement perdue.
« Gin » dit Harry « On va te raconter, mais écoutes nous sans interrompre et calmes toi, d'accord ? Elle va bien ».
Ton estomac retombe dans tes talons, et tu as l'impression de pouvoir respirer à nouveau. Tu t'assois sur la chaise que t'as tirée ton frère, et les deux garçons s'assoient à tes côtés, Ron passe même un bras rassurant sur tes épaules.
Harry et Ron te racontent d'une voix blanche ce qu'il s'est passé au manoir Malfoy, et tu as les poings si serrés que tes ongles enfoncés dans ta main font saigner tes paumes.
Hermione, ton Hermione, a été torturée presque jusqu'à la folie.
Et malgré la douleur folle qu'elle a dû ressentir, elle n'a rien dit.
Un mélange de colère, de fierté et d'inquiétude t'envahit, et tu ne sais pas quel sentiment est le plus fort dans ton cœur. Tu ressens une haine sans nom envers Bellatrix et tout autre Malfoy, qui ont osé porter la main sur ta bien-aimée, et tu entends Harry murmurer à Ron qu'il ne donne pas cher de la peau de Drago si celui-ci ose pointer le bout de son nez à Poudlard.
Bill rentre à nouveau dans la pièce et annonce aux garçons qu'ils sont bien installés et que Fleur s'est occupé d'eux. Tu ne sais pas qui sont ils, mais tu t'en fiches royalement, une seule chose a de l'importance à tes yeux.
« Où elle est ? Je dois la voir »
« Elle se repose en haut. » dit Bill en posant une main compréhensive sur ton épaule « Fleur a soigné ses blessures les plus profondes mais elle ne peut pas encore se lever. On pense qu'elle sera remise entièrement d'ici une semaine ou deux »
« Bill , je dois la voir ! »
" Elle est encore inconsciente, Ginny !"
" Justement, elle a besoin de moi !" Tu insistes, presque comme une enfant qui fait une crise.
« Je sais Ginny mais je dois te prévenir, ses bras et son ventre sont couverts de cicatrices ... »
Tu t'en fiches royalement, tu en as vu d'autres et tu veux juste la voir. Bill soupire et sait qu'il ne t'enlèvera pas l'idée de la tête. Il accepte de t'amener la voir mais te fais promettre de ne pas crier ou faire trop de bruit. Tu hoches la tête et tu vois du coin de l'œil Ron grimacer vers Harry.
Tu suis Bill dans l'escalier un peu sombre qui mène au premier étage, et il s'arrête devant une petite porte. Tu remarques qu'il y a plusieurs portes à l'étage, mais la seule ouverte est celle d'une petite salle de bain d'où tu peux apercevoir une baignoire.
Bill toque à la porte et il attend qu'une petite voix effacée lui dises un mot en français qui ne peut être que la permission d'entrer. Il ouvre la porte et s'engouffres dans la chambre , et tu le suis.
Et enfin, ce dont tu rêvais depuis plus de six mois arrive, tu revois Hermione. Sauf que ton rêve est entre temps devenu cauchemar.
Là, dans un lit bateau en bois un peu écaillé, couverte jusqu'au ventre par un drap taché de ce qui ne peut être que du sang, elle repose les yeux fermés et les bras repliés en protection sur sa poitrine, Fleur agenouillée à ses côtés qui murmure des sorts autour de son bras.
Tes yeux parcourent ce corps que tu connais si bien mais qui te paraît si étranger, et les larmes coulent librement sur tes joues sans que tu puisses rien n'y faire. Ils s'arrêtent un instant sur des joues creusées et des cernes que tu ne connais pas, descendent leur chemin le long de son cou, de son torse, et tu as beau savoir que le crucio est un sort qui atteint directement les nerfs, tu peux y voir la marque physique de la douleur et de l'exhaustion.
Puis enfin tes yeux se posent sous le bracelet orange qui y est accroché, le poignet gauche. Et la, ton cœur rate un battement.
Mudblood.
Tu lis et relis l'insulte sans comprendre comment elle a pu se retrouver gravée au creux de ce poignet blanc que tu as embrassé tellement de fois.
Tu sens l'odeur de la bile chaude te brûler la gorge et tu dois sortir immédiatement pour ne pas vomir directement sur le sol de sa chambre. Tu cours les quelques pars qui te séparent des toilettes, et y vide tout le contenu de ton estomac, incapable de te retenir. Tu sens quelqu'un dans ton dos qui essaye de tenir en arrière tes cheveux, mais dans ta fatigue et ton état de choc, tu n'as aucune idée de qui cela peut bien être .
Alors que tes bras accrochent toujours la cuvette, tu remarques que ton bracelet est noir, noir parcequ'Hermione a failli mourir et qu'elle reste en grave danger, mais seule sa mort ferait détacher le bracelet et tant qu'il ne tombe pas tu gardes espoir.
Tu te relèves vite, parce que tu n'as pas le temps d'être malade, tu dois retourner auprès d'elle, et tu cours dans l'autre sens vers la chambre où les garçons l'ont amenée.
A l'instant où tu reviens, Fleur lui fait boire quelque chose qui lui fait ouvrir les yeux, et tu peux enfin voir ces yeux bruns qui pétillaient de vie avant, et qui te semblent si ternes à présent. Ils se referment presque aussitôt mais tu les a vu, et quelque part tu sais qu'ils se sont ouverts pour toi.
Tu regardes un instant ta belle-sœur et tu lui souris sincèrement. Ce n'est plus dans ton esprit la fille superficielle et vaine que tu voulais empêcher d'épouser ton frère, c'est la merveilleuse, merveilleuse femme qui vient de sauver celle que tu aimes. Tu ne l'appelleras plus jamais Phlegm.
Tu n'as pas le temps de dire quoi que ce soit à Fleur parce qu'Hermione se redresse un instant pour tousser violemment, et tu jettes aussitôt à ses côtés. Hermione murmure des choses incohérentes et retombe d'un coup sur son oreiller en crachant un peu. Tu remarques quelque taches de sang à côté de son oreille mais tu as vu bien pire, tu passes une main dans ses cheveux et la regardes se rendormir doucement.
" J'ai fait ce que j'ai pu" te chuchote Fleur et tu es tellement contente de ce qu'elle te dit que tu ne fais même plus attention à son accent français "Les plaies ouvertes sont guéries maintenant ce qu'il faut guérir c'est la" finit elle en pointant le front d'Hermione.
Tu te penches pour embrasser l'endroit que ta belle-sœur pointe et Hermione grommelle quelque chose que tu ne comprends pas. Tu souris parce que c'est bien la première fois depuis que tu la connais qu'Hermione ne prononce pas une phrase en l'articulant le plus possible.
"Merci Fleur" tu chuchotes en retour " Merci de ... de l'avoir sauvé et je ..." Les mots meurent dans ta gorge et Fleur pose une main sur ton épaule.
" C'est ce que les familles font, Ginny" . Tu ne sais pas quoi dire et tu contentes de poser ta main qui n'est pas dans les cheveux de ta petite amie sur la sienne.
" Est-ce qu'elle t'as parlé de ... ça ?"
Le regard de la blonde se voile et tu sais qu'elle pense à ce mot gravé sur le poignet d'Hermione, que ni toi ni elle n'oseraient prononcer mais qui pourtant vous saute aux yeux.
"Ron et Harry ont expliqué ce qu'il s'est passé mais ... ils n'avaient pas vu le ... enfin ce mot horrible. J'ai essayé mais je ne peux pas l'enlever Ginny" Tu sens sa main trembler dans la tienne et quand tu te tournes vers elle, tu vois qu'elle pleure " Cette horrible femme, Ginny ... elle a mis un sort sur la lame qui a gravé ce mot pour qu'il soit ineffaçable. Il ne partira jamais" Fleur continues à te parler mais tu n'entends plus rien.
Tu ne comprends juste pas comment on peut être aussi barbare pour imaginer faire une chose pareille, et aussi cruel pour faire du mal à Hermione, Hermione qui à tes yeux n'est que douceur et gentillesse et qui à part à deux ou trois mangemorts n'a jamais fait de mal à une mouche . Tu l'idéalises un peu ton Hermione, mais après ce qu'elle vient de vivre elle restera à jamais ton héroïne.
" Ginny ?"
Il te faut un moment pour revenir à toi et où tu es, à cheval sur le lit où repose ta petite amie, une main dans ses cheveux et l'autre dans celle de Fleur, qui te sourit légèrement à travers ses larmes.
" Je vais vous laisser, vous en avez sûrement besoin. Quand elle se réveillera, il faudrait que tu lui donnes cette potion, ça l'aidera à récupérer plus vite"
Fleur pose une tasse bleue sur la table de nuit et se penche vers Hermione. Elle l'embrasses sur la joue et murmure quelque chose en français que tu ne comprends pas, mais qui te réchauffe le cœur parce que tu sais qu'il y aura toujours quelqu'un pour prendre soin d'Hermione quand tu ne le peux pas.
Tu attends que Fleur referme la porte sur elle pour enfin supplier Hermione de te revenir. Tu pleures encore et encore, tu lui promets que le cauchemar est fini et qu'elle est en sécurité maintenant, que tu ne laisseras personne l'approcher, que tu l'aimes plus que tout et que tu ne lui fera jamais de mal. Tu pleures toute les larmes de ton corps et quand tu n'en peux plus tu continues quand même à lui ouvrir ton cœur, jusqu'à ce qu'une petite voix t'interrompes « Gin … ? Ginny c'est … toi ? »
Tu laisses échapper un petit rire étranglé et penches pour embrasser son front « Oui c'est moi, Mione. Ne parles pas mon cœur, repose toi, je suis là »
Mais Hermione n'en a jamais rien fait qu'à sa tête, et même si parler lui arrache des grimaces de douleur, ses yeux s'ouvrent grand et elle te sourit « Je savais … tu viendrais …"
Peut-être qu'un stupefy vient de t'atteindre parceque tu es complètement paralysée sur place, et tu ne peux que resserrer sa main dans la tienne.
" Tu étais là-bas aussi tu sais … "
Tu ne relève pas, parce que la fièvre d'Hermione la fait sûrement délirer et tu ne vas certainement pas la contredire maintenant. Tu sais que tu devrais lui faire boire la potion de Fleur, changer ses bandages ou même voir l'état de ses cicatrices, mais elle vient de réveiller et pour l'instant tu veux juste la serrer dans tes bras et lui murmurer à l'oreille toutes les promesses du monde.
« Je suis la maintenant mon cœur, tout ira bien » Tu répètes encore les mots que tu as déjà dit dans sa peau, plus pour toi que pour elle, comme une promesse que tu lui fais pour le futur
« Mais tu étais là-bas aussi … tu étais avec moi, je m'en rappelle »
Tu relèves la tête de l'épaule d'Hermione où tu l'avais enfouie et la regarde dans ses yeux bruns qui sont légèrement plus foncés que les tiens
« Mione … je viens seulement d'arriver tu sais »
Elle te sourit légèrement, et aussitôt tu caresses du bout des doigts la petite fossette qui se forme sur sa joue. Tu l'effleures à peine, tu as tellement peur de la casser comme la poupée de porcelaine que tu avais petite, mais elle va à ton contact et frotte sa joue contre ta paume
« Je t'ai vu… je voyais du noir et je sentais la douleur, mais je t'ai vu … tu me souriais comme maintenant… »
« Quand est-ce que tu m'as vu ? Mione ? »
Mais Hermione a déjà refermé les yeux, et s'est rendormie comme un enfant serrant ta main contre son cœur. Tu soupires et passe une main contre sa joue.
« Dors mon ange … demain ira mieux ».
Tu te rassois sur la chaise qu'occupait Fleur sans lâcher la main d'Hermione et tu te penches en avant pour poser ta tête à côté de son oreiller.
Tu la regardes dormir un instant et tu te dis que tu ne l'a jamais vue si détendue et relaxée, comme si seul son sommeil pouvait l'arracher à un monde de guerre et de torture.
Tu donnerais n'importe quoi pour qu'elle reste à jamais protégée dans ce monde cotonneux, mais tu sais qu'elle a bu une potion de sommeil sans rêve et qu'elle se réveillera dans quelques heures .
Tu ne veux pas fermer les yeux, tu résistes du plus que tu peux mais tes yeux se ferment tout seuls et tu t'endors aux côtés de la femme que tu aimes.
Quand tu te réveilles, tu vois que tu as glissé de ta chaise et que tu es à présent complètement roulée sur le lit, accrochée à l'oreille comme à ta vie. Tu clignes des yeux plusieurs fois, sans comprendre pourquoi ta main n'est plus agrippée à celle d'Hermione, quand tu entends un petit rire clair.
Tu sursautes d'un coup et tes yeux s'ouvrent en grand. Hermione est assise sur le lit, un bras autour de ton épaule et l'autre sur ton ventre. Elle te regarde en souriant et tu te rends compte que ce n'est pas l'oreiller que tu câlinais mais elle.
" Hermione !"
Tu te redresses et te jettes presque sur elle pour la couvrir de baisers, quand tu te rappelles qu'elle est blessée et te contente de l'embrasser pudiquement.
" Hey, mon cœur" murmure elle en plongeant sa main dans tes cheveux.
Ces mots t'ont tellement manqué que tu pourrai éclater en larmes si tu n'avais pas pleuré toutes les larmes de ton corps quelques heures auparavant. Tu distribues des baisers le long de son cou et de ses épaules sans faire attention aux petites coupures et cicatrices pas tout à fait refermées que t'y y vois et tu sens qu'Hermione se serre un peu plus contre toi.
Tu as tellement de choses à lui dire mais les questions attendront un autre moment, tu veux juste la serrer dans tes bras et l'embrasser jusqu'à ce qu'un de tes frères te force à sortir de cette chambre.
Hermione a refermé les bras autour de toi et respire paisiblement dans tes cheveux, une habitude qu'elle a pris depuis les première fois où vous avez dormi ensemble. Vous êtes toutes les deux couchées dans un lit dans les bras l'une de l'autre, et ça suffirait presque à te faire oublier le monde extérieur. Mais le monde extérieur ne s'efface pas pour vous, et dès qu'Hermione lève le bras pour le glisser dans ton dos, l'insulte te saute aux yeux et tu sais que tu devras en parler avec elle.
Tu laisses l'interrogatoire pour plus tard et lui pose plutôt la question qui te trottes dans la tête depuis un moment
« Mione, quand tu m'as vu, tu as dit que j'étais là, et que je souriais …. »
« C'est ce dont je me rappelles Gin. La douleur était insoutenable et j'ai bien cru devenir folle. Mais j'ai cru que j'allais craquer et tout lui avouer, j'ai eu une sorte de flash. Je sais bien que ce n'est pas rationnel, et je ne crois pas à ce genre de choses paranormales, mais pourtant tu étais-là, je t'ai vu aussi bien que je te vois maintenant. Tu n'as rien dit, tu étais juste là en train de me sourire, comme pour m'encourager. Et ta simple présence m'a permis de tenir jusqu'au bout »
Tu lui souris parce que Merlin tu l'aimes cette fille, et même pas cette foutue guerre ne t'empêchera de la rendre heureuse jusqu'à la fin de ces jours.
« Je t'aime Mione … jamais plus cette chienne de Bellatrix ne posera la main sur toi, je te le promets »
« Je t'aime aussi Gin. Je t'aime aussi. Tellement, si tu savais"
Tu le sais. Et tu passeras le reste de ta vie si il le faut à lui tenir tes promesses.
