What a Wonderful World - Louis Armstrong
Le bureau de la directrice de Poudlard était toujours aussi vaste et luxueux qu'il l'avait été sous la direction de Dumbledore, et à chaque fois qu'elle y entrait Hermione ne pouvait s'empêcher de replonger dans ses souvenirs d'adolescence. Même si l'on pouvait encore ressentir l'empreinte du grand sorcier, à travers l'énorme de bibliothèque de livres ou la porte dérobée qui- elle le savait depuis longtemps par Harry -menait à la pièce de la pensine, dix ans avait suffi à Minerva pour y imposer son style.
L'animagus avait accentué les couleurs rouge et or dans les drapés du plafond, notant clairement son appartenance fidèle à sa maison, et son goût prononcé pour le quidditch ressortait à travers un vif d'or enchanté qui tourbillonnait autour du lustre, celui-là même qui avait contenu la pierre de résurrection et qu'Harry avait offert à son ancienne professeur en souvenir d'Albus Dumbledore.
Comme à son habitude, Hermione salua les différents tableaux qui ornaient les murs, très chaleureusement pour Dumbledore qui lui demanda des nouvelles de Ginny et les avancées de sa grossesse, beaucoup plus formellement Phineas Nigellus Black et carrément froidement pour Snape, qui l'accueillit avec un sympathique « Toujours aussi enflée à ce que je vois» et essaya de changer de tableau, sans succès puisque aucun autre personnage ne voulut l'accueillir dans le sien.
« Ma chérie, comment vas-tu ? Excuse moi, j'ai dû aller empêcher Peeves de transformer les toilettes des filles en geyser. Assis toi voyons ! » s'exclama Minerva en entrant par une autre porte cachée, dont le bureau regorgeait, et en allant embrasser Hermione sur les deux joues, évidemment en tâtant un peu son ventre au passage.
Hermione accepta avec un petit soufflement, rester debout devenait une véritable épreuve et de plus le bébé avait une drôle d'activité depuis ce matin. Minerva fit le tour de son bureau, y déposa un gros paquet de feuilles qu'elle tenait à la main et qui portait l'inscription « TESTS PRE-BUSES » et s'assit dans le grand fauteuil doré derrière la table.
« Tu veux quelque chose à boire ? A manger ? »
Hermione réfléchit un court instant
« Du jus de citrouille ! »
« Encore ? » sourit sa mère adoptive
« Encore et toujours, ça fait quatre mois que je ne bois plus que ça …Ginny a dû aller hier en chercher jusqu'au Chemin de Traverse, il n'y a plus une seule bouteille chez nous, ni au Terrier et chez Harry et Luna ! » répondit sa fille dans un petit sourire.
Minerva appela « Patty ! Peux-tu venir ici un instant ? » et un petit elfe apparut devant elles. Patty était l'elfe de maison spécialement rattachée aux directeurs de l'école, c'était l'une des plus vieilles elfes ayant probablement servit Armando Dippet, et peut-être même avant lui .
Elle s'inclina légèrement devant Minerva et Hermione – ce qui fit rouler les yeux d'Hermione discrètement-et prit note de la commande de sa maitresse. Un instant plus tard, elle réapparut avec un plateau sur lequel trônaient deux tasses, une théière, un énorme sandwich et une grande bouteille de jus de citrouille.
« Merci Patty » lui sourit Hermione. La vieille créature s'inclina à nouveau, beaucoup plus bas cette fois ci et clama à voix haute « N'importe quoi pour madame Grange, madame » et avec une dernière révérence pour Minerva disparut dans un petit 'plop'.
Hermione se jeta presque voracement sur le sandwich et en croqua une bouchée, avant de le reposer tout de suite dans une grimace
« Ça ne va pas ? » demanda Minerva
« Je ne peux rien avaler ce matin … » répondit une Hermione toute verte « Il arrête pas d'appuyer sur mon ventre, j'en suis toute retournée »
Le sourire de la directrice s'agrandit « Il faut dire que si il a hérité du caractère Weasley de sa mère … »
« Et je peux t'assurer qu'il l'a » compléta Hermione en riant « Tu restes avec moi écouter le match de Ginny tout à l'heure ? »
« Je ne donne pas de cours cet après-midi, et si Peeves décide de rester tranquille, alors oui ! ».
Les deux femmes restèrent un long moment assises autour d'un verre de jus de citrouille, comme elles avaient souvent l'habitude de faire depuis maintenant de nombreuses années. Elles parlèrent de tout et de rien des nouveaux gadgets mis au point par George cette semaine, des premiers pas du petit James Sirius dont Hermione était la marraine, des BUSES qui s'annonçaient exceptionnellement difficiles cette année, et surtout du fait que malgré le stade avancé de la grossesse, ses deux mères n'avaient toujours pas trouvé de nom au bébé.
« Enfin, cet enfant pourrait naître n'importe quand et il n'aurait pas de nom ? Comment toi, Hermione Granger, une des élèves les plus organisée que ces murs aient accueillis, a pu te laisser déborder à ce point par les événements ? »
« Je sais bien Minerva, mais on a tellement de prénoms qu'on aime bien et c'est tellement dur de choisir … regarde Fred, Harry et Percy, ils ont tous appelé leur enfant après quelqu'un ! »
« Alors que toi tu veux faire un vrai travail de recherche, pour que son prénom ait un sens, je sais, c'est ce que tu me répètes depuis des mois ! Et Ginny qu'est-ce qu'elle en pense ? »
« Elle dit qu'on saura comment le nommer quand on le verra, et qu'on a toujours pris les bonnes décisions à l'improviste. Et à chaque fois que je lui demandes des exemples, elle me ressort ma demande en mariage et je n'ai plus aucun argument ... »
« Rassures moi, vous avez bien une liste ? Des prénoms de secours ? »
Hermione soupira « On s'est arrêtées hier à faire un mélange de nos prénoms, comme Herminny ou Ginmione »
« Et si vous lui donniez vos noms, mais mis au masculin ? »
Hermione leva les yeux vers la vieille femme
« Tu réalises que si on fait ça, il s'appellera Herman Gino ? On dirait plus un nom de chanteur portugais moldu que d'un petit sorcier …»
Minerva rit de bon cœur et reprit un peu de thé « Pourquoi pas Arthur comme son grand-père ? »
« On a déjà décidé que ça serait son deuxième prénom, et puis HAN ! »
Hermione lâcha d'un coup sa tasse, dont le thé qui se répandit au sol fut aussitôt absorbé magiquement par le tapis. La brune se pencha en avant, les yeux fermés par la douleur et une main accrochée à son ventre.
« Hermione ! Qu'est-ce qu'il se passe ? » Minerva sauta de son siège et tourna autour de sa fille, mais Hermione attendit un moment qui sembla à la directrice être une éternité avant de pouvoir répondre.
« Ah … je sais pas mais ça fait un mal de chien ! » .
Minerva comprit tout de suite ce qu'il se passait, et saisit la main de la brune.
« Est-ce que tu peux te lever ? »
Hermione acquiesça lentement et se souleva légèrement de son siège.
« Tu … tu es en train de perdre les eaux ! Il faut partir à Sainte-Mangouste tout de suite ! »
« C'est pas possible ! Le match de Ginny commence dans cinq minutes ! »
Minerva qui était déjà debout s'était saisit de sa baguette et venait de faire apparaître son patronus
« Vas prévenir Molly Weasley au terrier, puis Ginevra Granger au stade de Holyhead qu'Hermione a perdu les eaux et qu'on file à Sainte-Mangouste ! »
Le chat acquiesça de la tête et disparut à travers les murs. La directrice se retourna vers son ancienne élève, un peu affolée« Je vais chercher le sac que tu avais préparé, rassis toi et attends-moi ! » et sortit en courant de son bureau vers ses appartements.
Hermione se rassit et posa ses mains sur son ventre. Pourquoi maintenant ? Tu étais censé naître dans dix jours !
Comme pour protester qu'il n'y était pour rien, le bébé tape de nouveau dans le ventre de sa mère et Hermione grinça à nouveau violemment des dents. A son poignet le bracelet était orange comme avant chauqe match, Hermione le tourna entre ses doigts. Ginny, j'ai besoin de toi … Viens vite
Le souaffle arriva à une vitesse monstre vers le cerceau central, et le gardien des Faucons de Falmouth essaya bien l'attraper, sans succès. La foule se leva immédiatement , folle de joie, alors que le souaffle venait de traverser le cerceau, suivi de près par le pauvre gardien qui s'était cogné de toutes ses forces dans l'anneau de fer.
« Encore un tir gagnant pour la capitaine des Harpies ! » résonna une voix dans le stade.
Ginny leva le poing en l'air vers la foule en délire et alla taper dans la paume ouverte de Gemmi qui volait vers elle à contre sens.
Le match avançait bien, les Harpies menaient au score de trente points et avec un peu de chance elle pourrait bientôt renter à la maison retrouver Hermione.
C'est en tendant sa main vers Giulietta qui volait vers elle à toute allure qu'elle remarqua que le bracelet, qu'elle n'avait pas un seul jour oublié de porter depuis maintenant presque dix ans qu'Hermione lui avait offert, avait changé de couleur et était devenu rose pâle. Avec le temps, le charme des couleurs s'était usé et Hermione avait du le réparer plusieurs fois comme elle l'avait pu, aussi le rouge vif qui signifiait pendant la guerre 'urgence' ou 'action' était devenu au cours du temps rouge clair, puis rose foncé et presque blanc, mais le sens en restait inchangé.
" Merde ! " jura Ginny à haute voix.
Des yeux, elle chercha la longue chevelure blonde de son attrapeuse, qu'elle trouva en train de survoler le terrain à une allure modérée. Elle fonça vers elle, évitant au passage un cognard qui fut tout de suite recogné par Galatée, la nouvelle batteuse que leur coach Gwenog avait repérée dès la sortie de Beauxbâtons, vers l'attrapeur des Faucons.
« Geri ! Attrape le vif maintenant ! Tant pis pour l'écart de points ! » hurla elle en zigzagant autour de son amie.
Geri leva des yeux étonnés vers sa capitaine, mais au moment où elle allait lui demander ce qu'il se passait, elle vit tourbillonner autour de la tête de la rousse un point doré. Mettant en œuvre tous ses réflexes d'attrapeuse, la blonde fonça vers Ginny et parvint à attraper du bout des doigts la petite balle ailée avant que celle-ci ne s'enfuie au loin, mettant ainsi fin au match.
Le stade explosa de joie et une vague de drapeaux verts aux couleurs de Harpies se leva. Ginny eut à peine le temps de féliciter ses coéquipières qu'elle était déjà au sol, d'où Gwenog lui avait fait des grands signes d'atterrir.
« Qu'est-ce que tu fais encore là ? T'as pas le temps de célébrer, file à Sainte Mangouste ! » cria l'ancienne batteuse par-dessus les chants des supporters qui s'élevaient à présent dans le stade
« Quoi ? » s'inquiéta Ginny, qui imagina soudain les pires des scénarios un Harry blessé pendant une mission, une attaque de néo Mangemorts à Poudlard où l'attendait Hermione et même une explosion de trop dans la boutique de farces et attrapes de George et Ron.
« J'ai recu un patronus de ta belle-mère, Hermione est là-bas ! File tout le monde t'attend ! »
Ginny ne pu pas poser plus de questions que déjà son entraîneuse l'avait prise par le bras et l'entraînait à travers les vestiaires vers la zone de transplanage. Sur leur chemin, elles durent croiser la salle d'interviews, où une foule de journalistes les attendaient.
Gwenog leva un bras en l'air vers eux et déclara d'un ton plutôt agressif « S'il vous plait ! Ginny n'a pas le temps pour vos questions, son fils a décidé de pointer le bout de son nez plus tôt que prévu et il faut qu'elle aille rejoindre sa famille au plus vite !»
Les paroles frappèrent Ginny presque aussi violemment que le cognard l'avait fait dans son épaule il y a quelques minutes. Alors c'était donc ça, Hermione était entrée en travail, et le bébé allait naître ! Cependant et malgré la situation d'urgence, les jambes de Ginny se dérobèrent sous elle et si Gwenog ne la tenait par fermement par le bras elle se serait sans doute effondrée au sol.
Le bébé va naître … Hermione et moi allons être mamans …
« Ginny ! »
La voix de Gwenog penchée vers elle la ramena à la réalité
« Ginny vas-y ! Pas le temps de de te changer, je m'occuperais de ton balai, cours !».
Ginny hocha de la tête et se précipita vers la zone de transplanage, entendant à peine au loin Gwenog la charger d'embrasser sa femme de sa part.
Se posant quelques secondes pour reprendre ses esprits, elle se fixa sur sa destination, et tout disparut en un tourbillon noir.
« Ginny, t'es la ! » s'exclama une voix familière, alors que ses pieds venaient juste de toucher le sol. Elle se frotta un instant les yeux et sursauta légèrement quand deux grands bras l'encerclèrent, sa vision étant encore un peu floue due à la distance de transplanage.
« Ne t'inquiètes pas, ça va aller ! »
Ginny leva les yeux vers l'inconnu familier et sourit faiblement à son frère
« Qu'est-ce que tu fais la ? Je croyais que tu remplaçais George à la boutique aujourd'hui ? »
Ron sourit à son tour.
« J'ai recu le patronus de Maman pour nous prévenir qu'Hermione avait perdu les eaux plus tôt que prévu, et par chance Allison était là pour prendre ma place. »
En entendant le prénom de sa femme, le cœur de la joueuse se remit à battre à tout rompre « Hermione ! Le travail a commencé ? Le bébé est la ? J'ai raté la naissance de mon fils ?»
Ron rit doucement « Calmes toi Gin ! Non, rien n'a commencé du tout et selon le médecin on a encore quelques heures à patienter avant que mon neveu ne naisse »
Ginny soupira d'aise et passa une main dans ses cheveux encore mouillés par la pluie qui tombait à Holyhead.
« Maman est là ? »
Ron ricana « Tu rigoles ? Dès que Minerva lui a envoyé un Patronus elle a accouru ici en ordonnant qu'on lui laisse l'accès à la chambre d'Hermione. Puis elle a envoyé une bonne vingtaine de Patronus à tout le monde ! »
« Tout le monde ? »
« Toute la famille au moins, sauf tante Muriel, et aussi à Neville et Hannah, à Andromeda et même à Charlie ! »
Ginny soupira, sa mère ne changerait jamais «Dans quelle chambre elle est ? »
Ron pointa vers le sol « Au sous-sol, chambre 23 »
« Il y a un sous-sol à Sainte Mangouste ? » grimaça Ginny.
Son frère acquiesça « Ils l'ont construit après la guerre, à cause du baby-boom, mais arrêtes de poser des questions, elle t'attend ! »
Ginny allait se précipiter vers les escaliers quand elle vit que Ron ne la suivait pas. «Tu viens ? »
Ron rougit « Maman m'a demandé de rester là pour diriger ceux qui vont arriver, et puis … les accouchements … pas trop mon truc »
Ginny soupira et s'en alla en grommelant que son frère ne serait jamais mature.
Après avoir demandé son chemin trois fois, elle parvint enfin au sous-sol, Service de Maternité et Paternité, puis fut dirigée vers les salles d'accouchement et enfin devant la chambre 23, qu'elle ouvrit à la volée avant de se ruer à l'intérieur.
Trois voix dirent en même temps « Ginny ! »; Molly d'un ton furieux pour la gronder de faire irruption si violemment, Minerva d'un ton inquiet pour la presser d'entrer encore plus vite et Hermione d'une voix rassurée, comme si le ciel pouvait désormais s'effondrer sur elle sans l'atteindre du moins du monde.
Sans faire attention au regard encore fumant de sa mère, la rousse courut vers le lit où Hermione l'attendait assise, les bras ouverts et l'enlaça tendrement, en faisant bien attention de ne pas écraser son gros ventre.
« Gin … » répéta Hermione dans un murmure
« Je suis là mon cœur, tout va bien maintenant » lui sourit Ginny, et complètement aveugle aux présences des deux futures grand-mères, elle se pencha vers la brune pour l'embrasser avec fougue.
Molly toussota gentiment et quand elle se releva, Ginny put voir que son ancien professeur de métamorphose retenait un sourire. Soupirant légèrement, Ginny alla embrasser sa mère et sa belle-mère avec beaucoup moins de passion qu'Hermione (et sur les joues), mais avec autant d'émotions les deux femmes ayant des larmes qui brillaient aux coins de leurs yeux.
« Ça fait longtemps que vous êtes là ? » demanda Ginny, retournant près du lit et prenant la main d'Hermione dans la sienne.
« Une bonne demi-heure. » répondit Minerva
« Les contractions ont déjà commencé il y a bien plus longtemps que ça ! » s'exclama Molly « C'est Minerva qui a reconnu les symptômes et a amenée Hermione ici. »
Ginny se tourna vers Minerva et prononça sans parler le mot « Merci », ce à quoi sa belle-mère répondit d'un clin d'oeil discret.
La porte s'ouvrit, cette fois ci beaucoup plus doucement, sur une petite femme un peu dodue mais au sourire franc et communicateur.
« Je vois que toute la petite famille est au complet, on va voir où vous en êtes Madame Hermione » dit-elle d'une voix fluette.
Arrivée au quatrième mois de sa grossesse et ayant décidé qu'elle accoucherait à Sainte-Mangouste, Hermione avait contacté une de ses collègues de travail, qui travaillait au département des Accidents et Catastrophes Magiques au ministère, qui elle-même lui avait conseillé d'aller voir sa sœur, médicomage spécialisé dans les accouchements et la puériculture dans le grand hôpital magique. La guérisseuse Summer Jones était une petite femme rondelette, toujours souriante et très maternelle avec ses patients, tout en faisant respecter à la lettre le règlement de l'hôpital, un véritable mélange entre Molly et Madame Pomfrey. Ginny et elle l'avaient rencontré plusieurs fois lors de rendez-vous de contrôle, et c'était elle qui avait soufflé à Hermione le nom de son confrère moldu chez qui elle irait faire son écographie.
« Voyons voir … » dit d'une voix guillerette la femme-médecin en enfilant des gants et se rapprochant du lit pour aller examiner Hermione.
Minerva détourna les yeux, le rouge lui montant aux joues et Molly trouva soudain très intéressant de lire le règlement de l'hôpital placardé sur la porte de la chambre. Quant à Ginny, elle sentit une pointe de jalousie la piquer en voyant une autre femme qu'elle placer une main dans un endroit si intime auquel elle seule avait l'accès, et elle resserra sa main autour de celle de la brune, fronçant les yeux vers la pauvre madame Jones.
Heureusement pour Hermione, dont la main se faisait broyer de plus en plus par la rousse jalouse, la petite femme se releva bientôt, tout sourire, et ne sembla pas remarquer le regard encore furieux de Ginny .
« Tout va bien rassurez-vous ! Mais vous n'êtes pas prête d'accoucher du tout »
« Comment ça ? » demanda Hermione, et Ginny à ce moment souhaita que sa femme ne soit pas aussi curieuse et assoiffée de savoir car la guérisseuse déversa un torrent de mots incompréhensibles, dilatation et ouverture de cols entre autres, qui rappelèrent visiblement des souvenirs à Molly mais effrayèrent grandement Hermione, déjà peu rassurée. Ce fut au tour de la brunette de resserrer , ou plutôt de broyer la main de Ginny.
« Je reviendrai bientôt, j'ai un autre accouchement à régler. En attendant, asseyez-vous confortablement et désaltérez-vous régulièrement surtout ! »
Et dans un gros crac, la guérisseuse transplana dans une autre chambre de l'hôpital.
« Tu es bien installée ? Tu as tout ce qu'il faut ? » demanda aussitôt Molly, qui était revenue au bord du lit et s'apprêtait à border Hermione comme si elle avait six ans.
« Maman ! Laisse-la respirer ! » gronda Ginny, avant de se tourner vers Hermione «Tu veux quelque chose à boire mon cœur ? »
Hermione lui sourit tendrement « Je veux bien du jus de citrouille … »
« Ne bougez pas Minerva ! J'y vais tout de suite » et déposant un rapide baiser sur le front d'Hermione, la joueuse sauta sur ses pieds, envoyant au passage sa cape de quidditch dans la figure de sa mère sous le regard amusé d'Hermione, et se précipita vers la sortie.
En ouvrant la porte, Ginny rentra dans quelqu'un et le renversa presque au sol. Alors que les deux se relevaient, celui qu'elle avait renversé s'écria dans un rire reconnaissable entre mille
« La voilà qui fuit déjà ses obligations parentales ! »
Ginny eut le temps de cogner le biceps de George avant de partir en courant à la recherche de jus de citrouille, pendant que son grand frère rentrait dans la pièce, suivit de près par Fred Junior, petit gamin de presque trois ans qui avait la peau ambrée de sa mère et les yeux pétillants de malice de son père.
« Angelina arrive, je l'ai prévenue par Feu-Connection. Ça va Hermione ? »
Sa belle-sœur hocha de la tête « Les médicaments m'aident à faire passer la pilule des contractions, mais elles sont de plus en plus rapprochées … »
« Vingt-deux minutes maintenant ! » s'écria Molly, qui avait métamorphosé un petit sablier magique.
Le petit Fred alla embrasser tout le monde et demanda d'une voix inquiète à Hermione « Tata, comment il va sortir mon cousin ? »
Minerva vira à un beau rouge foncé concurrent celui de Ron, Molly ouvrit de grands yeux et George riait tellement qu'il dut s'assoir sur une des chaises du fond de la salle pour ne pas rouler par terre de rire.
Hermione roula des yeux vers son beau-frère et répondit « Euh … » puis prise d'une inspiration soudaine « Ils vont me déboutonner le ventre par le nombril ! »
Fred ouvrit des grands yeux « Tu me montreras comment on fait ? »
Hermione lui sourit et alla répondre quand la porte s'ouvrit doucement dans un grincement strident.
« Hermione ? C'est bien ta chambre ? » put-on entendre.
Hermione se redressa un peu sur son lit et répondit vers la porte « Oui c'est moi ! »
La tête de Bill passa par l'ouverture de la porte, sourit à la cantonade et se retourna derrière lui « Je te l'avais bien dit Harry ! Les chambres à droite sont celles du repos pas de l'accouchement ! »
La voix d'Harry résonna derrière le grand rouquin « C'est Ron qui m'a dit d'aller à droite ! »
La porte s'ouvrit en grand sur Bill, Fleur et Harry.
Fleur alla tout de suite embrasser Hermione et lui demander si ses contractions étaient régulières, alors que Bill se faisait gronder par Molly de n'avoir pas coupé ses cheveux pour le jour de la naissance de son filleul.
« Maman ! Je n'ai pas coupé mes cheveux pour la naissance de Victoire ou Dominique ni celle de de James ou Fred ! »
« Tu vas faire peur au bébé ! » répliqua Molly qui avait toujours un nouvel argument dans sa poche.
« Harry, où sont les enfants ? » demanda Minerva pour calmer la tension et surtout s'éloigner de la conversion de Fleur et d'Hermione, qui parlaient maintenant césarienne et péridurale aussi naturellement que si elles parlaient de la météo.
« Andromeda garde Teddy et Dominique, et aussi Molly je crois. Luna garde Victoire et James, je l'ai prévenue par le miroir de Sirius et elle m'a dit qu'elle arrivait, le temps de les retrouver »
« Les retrouver ? »
Harry rougit « Elle a lancé une partie de cache-cache au boulevard Grimmaud et apparemment ils ont trouvé la cape d'invisibilité dans mon bureau. Autant dire qu'ils ne sont pas prêts d'être retrouvés ».
Dix minutes passèrent, Hermione souffrait de plus en plus et commençait à s'inquiéter du temps que prenait Ginny pour chercher une simple bouteille de jus de citrouille. Au grand réconfort de Minerva, Fleur avait cessé de raconter son expérience personnelle de l'accouchement et parlait maintenant avec sa belle-mère, ou plutôt écoutait patiemment Molly lui expliquer les mille et une façons d'élever correctement une petite fille.
Luna était arrivée pile au moment où Fred avait commencé à jouer avec le matériel médical posé sur la table de nuit, accompagnée par Victoire, James et à l'étonnement de tous Kreacher. Luna, qui était presqu'aussi enceinte qu'Hermione, alla s'asseoir dans la chaise à côté du lit après avoir embrassé son mari, pendant que Kreacher faisait apparaître autour de lui quelques jouets et des peluches.
« C'est lui qui nous a fait apparaître à l'hôpital, sinon nous ne serions jamais arrivé à temps » expliqua-t'elle de son habituelle voix rêveuse « Et puis il faut bien quelqu'un pour surveiller les enfants ! »
Il fallait en effet quelqu'un, Fred avait compris l'utilité d'un scalpel et avant qu'Angelina, qui était elle aussi arrivée son balai sur l'épaule peu avant Luna ne l'arrête, il avait réussi à découper en lambeaux la blouse de médicomage pendue au porte-manteau.
Alors qu'Angelina sermonnait son fils, que George réparait la blouse, que Victoire racontait à sa mère (ravie d'échapper au discours de Molly) sa journée avec James et Luna et que le petit James battait des mains vers Harry pour qu'il le prenne dans ses bras, la porte s'ouvrit à nouveau sur Ron et Arthur, fraîchement arrivé du ministère, qui excusa d'ailleurs Percy, trop occupé sur un dossier urgent pour venir dans l'immédiat mais qui saluait toute la famille.
Le patriarche Weasley alla serrer les mains de tous les hommes, embrasser les femmes, caresser la tête de ses petits-enfants, faire un câlin à une Hermione de plus en plus inquiète et qui commençait à grincer les dents sous une douleur de moins en moins atténuée par des potions et demanda enfin la question essentielle « Mais où est Ginny ? ».
Hermione expliqua qu'elle était partie chercher un jus de citrouille et George en profita pour sortir de son grand sac de voyage deux packs de bièraubeurre
« George ! » cria Molly « On est dans un hôpital ! Que crois-tu faire ? »
« Fêter la naissance du fils de ta fille, chère mère ! Et puis ici tout le monde a le droit de boire, sauf bien sûr les femmes enceintes et les enfants ! »
Molly allait protester quand Ron lança qu'il avait soif lui aussi, et fut vite rejoint par tous les mâles dans la pièce. Les bièraubeurres circulèrent de main en main et bientôt le léger bruit de fond qui y régnait se transforma en un grand tintamarre. La petite chambre d'hôpital ressemblait maintenant à une mini version du Terrier, tout le monde discutait et riait de bon cœur, une bièaubeurre à la main.
Ron, fatigué d'être resté vingt minutes debout dans l'entrée à indiquer le chemin aux arrivants, s'assit au bout du lit d'Hermione, les enfants allongés au sol jouaient aux dominos avec Kreacher et Harry aidait Luna à débarrasser Hermione de RongeCordons, des bestioles invisibles et sans odeur attirés comme des mouches par les nouveau-nés, et dont la tête de la brunette semblait infestée.
Celle-ci commençait à désespérer de revoir Ginny un jour quand on entendit une petite voix à travers le capharnaüm qu'était devenue la paisible salle d'accouchement
« On dérange pas, au moins ? »
La porte s'ouvrit une fois de plus et deux nouvelles têtes apparurent à travers l'encognure
« Gemmi ? Geri ? » dit Hermione d'une voix faible
« Gwenog nous a expliqué pourquoi Ginny avait disparu sans dire au revoir et on voulait passer féliciter notre capitaine mais elle … » commença Geri en rentrant sur la pointe des pieds dans la salle, suivie de près par sa coéquipière.
« Elle a disparu » interrompit George, en tendant la main vers l'attrapeuse et la salua chaleureusement en lui faisant la bise, puis faisant de même à la poursuiveuse« Je suis George, le grand frère de Ginny, c'est moi qui vous avait indiqué votre siège lors du mariage des deux héroïnes du jour»
Geri sembla se souvenir de George et donna un discret coup de coude à Gemmi «C'est toi qui t'étais occupé des feux d'artifices ! »
Georges sourit et hocha fièrement de la tête. Voyant que les deux joueuses ne savaient pas où donner de la tête, il décida de faire les présentations pour tout le monde
« Ma femme Angelina, mon fils Fred, qui vous adore à propos. Ma belle-sœur Fleur, ma mère Molly, mon autre frère Ron … mon ancien professeur et belle-mère de Ginny, Madame Mc Gonagall, Luna Potter, mon père Arthur, et Bill dont voici la fille Victoire. J'oublie quelqu'un ? Evidemment vous connaissez le fameux Harry Potter et -vous aurez peut-être reconnu les yeux- son fiston … et enfin plus la peine de présenter celle qui va se faire charcuter bientôt, vous la connaissez déjà de toute façon … »
« George ! » s'exclama Angelina en lui donna une tape sur l'épaule, sous le regard narquois de Bill et de Ron.
George avait ouvert la bouche pour parler quand il fut interrompu quand un cri d'Hermione, qui serrait de toutes ses forces les draps en fermant les yeux pour oublier la douleur d'une contraction plus violente que les précédentes.
« Hermione ! » s'inquiétèrent aussitôt Harry et Ron.
« Pousse Hermione ! Pousse ! » cria Ron, complètement débordé par les évènements.
« Mais non, il ne faut surtout pas qu'elle pousse c'est beaucoup trop tôt ! » répliqua Molly, en serrant la main de sa belle-fille dans la sienne, pour l'aider à surmonter la douleur.
« Ah … alors ne pousse pas Hermione ! Surtout ne pousse pas ! » répliqua Ron, toujours aussi paniqué.
C'est à ce moment qu'on entendit un long sifflement et tout le monde se retourna vers la porte entrouverte, qui laissa apercevoir une Ginny essoufflée, sa longue robe de quidditch verte volant encore derrière elle, le rouge aux joues, un fin voile de sueur perlant son front et une bouteille de jus de citrouille dans la main. Elle paraissait tellement épuisée qu'elle ne pouvait pas parler et alla s'affaler dans le fauteuil à côté du lit, promptement libéré par Luna.
Hermione était si inquiète de voir Ginny dans un tel état qu'elle faillit lui laisser sa place dans le lit, si une douleur violente ne la cloua pas au même instant dans une position allongée.
Tous les regards concernés passèrent de Ginny à Hermione, et Fleur qui lui serra l'autre main comme pour la soutenir dans ce moment difficile. Une fois la contraction passée, la main de Fleur à demi broyée relâchée et le souffle de Ginny replis, elle expliqua :
« J'ai fait ... pfff le tour de l'hôpital pour trouver un bar ou une boutique où ils vendraient du jus de citrouille ... pffff Ils n'en avaient pu dans la boutique souvenir alors je suis redescendue, et j'allais transplaner vers Pré-Au-Lard quand … pffff le docteur Kehoe m'a appelé. Il m'a demandé des nouvelles de toute la famille et il m'a promis de venir passer voir le bébé … Puis je suis allée jusqu'au trois balais pour trouver ta bouteille pfff et Rosmerta m'a tenu la jambe pendant des heures en me parlant de Quidditch et de la coupe d'Europe pfff puis je suis revenue ici et j'ai dû éviter l'infirmière qui s'occupe de Lockart, qui m'a presque vue … »
Puis Ginny quitta Hermione des yeux, ne l'ayant pas lâchée du regard depuis qu'elle était entrée dans la pièce, et sembla enfin remarquer la bonne vingtaine de personnes autour d'elle
« Qu'est-ce que vous faîtes tous là ? »
« Un barbecue géant, on t'a pas prévenue ? » ricana Ron.
Ginny ne fit pas attention à son frère et alla faire le tour de la salle saluer et embrasser ses parents, ses frères, et toutes les autres personnes présentes.
« Geri ? Gemmi ? Vous êtes pas au stade ? »
Gemmi sourit « Toute l'équipe voulait venir immédiatement mais Gwenog les a retenues … On n'aurait pas raté la naissance de Weasley Junior pour rien au monde !»
Ginny rit et alla embrasser ses coéquipières, avant de se rasseoir aux côtés d'Hermione, cette fois ci directement sur le bord du lit où sa femme avait fait un peu de place. Hermione prit aussitôt la main de la rouquine dans la sienne et la serra fort, comme pour effacer toute douleur d'une prochaine contraction violente. Ginny répondit à son étreinte de sa main encore gantée de ses mitaines de quidditch, et déposa un baiser sur la tempe de sa femme .
« Tout va bien mon cœur ? Je suis désolée de t'avoir laissé seule aussi longtemps … »
« Seule ? » s'étrangla Bill au loin mais Hermione et Ginny étaient dans un autre monde, les lèvres de la rousse pressées contre celles de la brune, sa main enlaçant tendrement le ventre gonflé d'Hermione pendant que deux autres bras s'accrochaient à sa nuque pour l'embrasser encore plus passionnément.
« Hey ! Avant d'en faire un deuxième attendez déjà que le premier soit né ! » rigola George. Hermione roula des yeux au ciel et Ginny ne put retenir un petit gloussement. Comme pour se faire pardonner, Ginny passa le bras autour du cou de la brune et déposa un baiser sur son front.
Bill éclaircit sa gorge et leva sa bière au plafond « Eh bien moi je propose un toast pour le petit Granger qui va naître aujourd'hui, et dont j'ai l'honneur d'être le parrain !»
Tous ceux qui tenaient une bouteille dans leur main la levèrent au plafond et dirent ensemble « Au bébé ! »
Pendant que les bouteilles s'entrechoquaient entre elles, Ginny se tourna vers Hermione, un sourire aux lèvres, et se pencha vers elle pour l'embrasser à nouveau.
« Un bébé qui n'a toujours pas de nom ! » glissa perfidement Minerva, tout de suite appuyée par Molly qui cria presque « Une honte ! ».
Alors qu'Hermione roula des yeux jusqu'à se les faire sortir de leurs orbites et que Ginny, passablement ennuyée d'avoir été interrompue dans leur câlin, soufflait comme un bœuf et faillit jurer comme un charretier, Minerva et Molly relancèrent avec application le sujet du prénom du bébé.
Bientôt, ce devint un grand débat, presque un vote, auquel tout le monde voulut participer.
« Cela fait déjà des mois qu'on chercher on ne va pas trouver maintenant par je ne sais quel miracle ! » grogna Ginny, qui avait refusé la bièraubeurre proposée par George par solidarité pour sa femme, dont elle massait maintenant le dos et les épaules.
«Trouver un prénom, ce n'est pas si difficile ! » lança Bill
« Facile à dire, pour toi c'est ta femme qui a choisi ! » rétorqua Ginny.
Pendant que Bill tira la langue à Ginny, qui rétorqua d'un coup de poing dans l'épaule, Luna suggéra Cameron.
« C'est pas un prénom de fille ? » demanda Ron
« Mais non, c'est mixte ! Comme Charlie ou Robin ! » répondit joyeusement Luna
« Charlie c'est mixte ? Intéressant à savoir … » lança George à Ron et Bill.
« De toute façon, c'est un Weasley, il lui faudra un prénom royal ! » s'exclama Arthur.
«Du genre Alexandre ou Albert ? » suggéra Fleur.
Ginny et Hermione se regardèrent un instant et ce fut Hermione qui répondit «Alexandre on y avait déja pensé, mais pas Albert … »
« Luke ? » demanda Molly
« Noah ? » lança Fleur
« Daniel ? » dit Minerva
« Athanasius ? » suggéra Luna.
Ginny secoua la tête de gauche à droite et rajouta « On y déjà pensé cinquante fois … mais on a pas l'impression que ça lui ira.. Un veut vraiment un prénom personnel ! »
« Un prénom personnel ? Tu veux pas le nommer après quelqu'un alors ? » dit Ron " Pattenrond sera déçu !"
« Pourtant c'est vrai que ça sonnait bien Pattenrond Granger ! » rigola George " Tout comme Arnold Granger ! Ou Graup Granger !"
« Ou Viktor Granger ! » lança Harry dans l'euphorie générale.
Tout le monde éclata de rire, sauf Ginny qui foudroya Harry du regard avec attention. Si la joueuse avait pu lancer des éclairs par ses yeux, « l'élu » n'aurait plus été qu'un tas de cendres à l'heure qu'il était.
Le débat enflammé continua un petit moment, les bièraubeurres en libre circulation autour du lit, et les éclats de rire interrompus régulièrement par des contractions de plus en plus rapprochées. Ginny n'avait toujours pas enlevé sa tenue ni ses protections de quidditch, ce qui semblait être le cadet de ses soucis, son attention étant uniquement focalisée sur Hermione qui souffrait de plus en plus.
Quand l'infirmière rentra à nouveau dans la salle et vit qu'il y avait au moins une quinzaine de personnes autour du lit, dont trois assis directement dessus, en train de rire et de siffler des bièraubeurres comme si ils étaient au bistrot, accompagné de plus par une femme aussi enceinte qu'Hermione, trois joueuses de quidditch dans leur uniformes et un elfe de maison qui jouait avec trois enfants en bas âge , elle faillit faire une syncope.
A grands cris elle parvint à pousser tout le monde dehors, ne laissant dans la salle que les deux futures mères, dont l'une faillit accoucher prématurément dû au choc d'une contraction plus violente que toutes celles qu'elle avait eu auparavant.
Ginny et Hermione profitèrent de leur dernières heures à elles deux sans enfants à se parler et s'échanger des mots d'amour, interrompues de plus en plus régulièrement par des contractions rapprochées, et de temps en temps un membre de la famille qui arrivait à échapper à la surveillance de l'infirmière de garde pour aller prendre des nouvelles.
Le soir était presque tombé à présent, et Harry venait de sortir de la chambre pour prévenir les filles qu'une partie de la famille allait se chercher à manger pendant que l'autre veillerait, Hermione demanda d'un coup à Ginny d'aller chercher immédiatement l'infirmière, sentant que quelque chose de différent se passait.
Et d'un coup, alors qu'Hermione était dans son lit d'hôpital depuis plus de sept heures , l'enfer sur terre commença.
« Aaaah Ginny ! Fais le sortir Ginny !» hurlait Hermione, maintenant complètement allongée sur son dos, les deux mains de la rousse dans les siennes et la médicomage devant elle.
Ginny, qui ne sentait plus ses doigts tant sa femme les écrasait avec force, se contenta de murmurer à l'oreille d'Hermione à quel point elle l'aimait et elle était fière d'elle.
« Vous êtes bientôt à dix centimètres Madame Granger, on y es presque ! Encore un peu de patience … » dit gentiment la médicomage.
« Je voudrai bien vous y voir, vous ! » cracha Hermione qui serrait de plus en plus la main de la rousse.
Ginny n'avait jamais vu Hermione dans un tel état et essaya de la réconforter du mieux qu'elle pouvait, en embrassant tendrement son front et murmurant des choses douces à son oreille. Loin de la calmer, les cajoleries de sa femme rendaient dingue la brune qui était maintenant en train de subir une des douleurs les plus violentes qu'elle eut connu.
« Tout va bien se passer mon cœur … »
« Han … C'est toi qui m'a fait ça » pleurnicha Hermione ente deux contractions " Pourquoi tu m'as fait ça Ginevra ? Je croyais que tu m'aimais moi !"
Ginny ne s'en offusqua pas, elle savait que l'accouchement était la pire source de douleur au monde et Harry lui avait raconté que Luna le jour de la naissance de James avait perdu toute sa douceur et l'avait accusé de ne pas assez l'aimer pour lui faire subir ça. George, lui, lui avait raconté qu'il avait faillit se faire ouvrir la tête par Angelina quand celle-ci lui avait lancé sa montre à la figure pour qu'il aille chercher des antidouleurs plus rapidement, et il avait rajouté qu'au prochain accouchement il viendrait avec un casque.
« Respire mon amour, concentre toi sur ta respiration d'accord ? »
Hermione hocha de la tête et continua à expirer lentement, sa respiration entrecoupée de soubresauts. Les deux bracelets à leur poignets étaient rouges, et Ginny avait de plus en plus de mal à garder son calme.
La rousse esquissa le geste d'aller vers la porte, sans doute pour aller vite prévenir les autres dehors que l'arrivée du bébé était éminente, mais Hermione la retint et la ramena vers elle dans un mouvement étonnamment fort « Ne me quitte pas Gin ! »
« Jamais mon cœur, je reste là ».
Madames Jones décida alors d'aller regarder où en était Hermione, et se releva tout sourire en annonçant aux deux Madame Granger qu'il était enfin temps de commencer le travail.
" Ca y est Mione, tout ce qu'on attend depuis trois ans va arriver maintenant " jubila Ginny en embrassant sa femme sur les joues, les tempes et tout les morceaux de peau qui lui étaient accessibles " On va avoir un petit garçon !"
Hermione lui répondit à sa manière en broyant les doigts de sa femme dans un nouveau soubresaut, oubliant que c'était cette même main qui lançait les souaffles et donc rapportait l'argent à la maison, mais le dernier des soucis de Ginny était ses pauvres doigts cassés, et elle aurait bien volontiers vendu son balai et arraché son bras droit pour enlever ne serait-ce qu'un centième de la douleur que ressentait sa femme.
" Prête Madame Granger ? Vous pouvez commencer à pousser "
" Regarde le, Mione ! Il est tellement beau !" murmura Ginny.
La joueuse tenait le petit être tout neuf enveloppé dans un drap bleu dans ses bras, et le berçait tendrement. Hermione, trop épuisée pour ne serait-ce que hocher la tête, regardait la scène avec amour depuis son lit.
" Tu m'as fait le plus beau cadeau du monde, Hermione " soupira la joueuse en se rapprochant de sa femme pour l'embrasser le plus délicatement qu'elle le pouvait "Regardes ce petit ange que tu m'as offert aujourd'hui ... "
Ginny s'assit à côté de la brune dans le lit, qui posa immédiatement sa tête sur son épaule pour mieux observer le petit garçon qui dormait dans les bras de sa mère.
Malgré les heures de travail et son épuisement, elle avait été la première à le tenir dans ses bras après que Ginny ait coupé le cordon qui le reliait encore à elle quelques heures auparavant. Elle avait immédiatement soufflé au bébé qu'il était la plus belle chose qu'elle ait jamais vue qu'elle n'ait jamais vu, et qu'elle l'aimerait toute sa vie. Puis après que ses mères l'aient embrassé une bonne vingtaine de fois et lui aient trouvé mille ressemblances avec tous les membres de son énorme famille, l'infirmière l'avait repris pour aller le laver et lui faire passer les tests des nouveaux nés. Evidemment, Ginny ne l'avait pas lâché d'une semelle pour être sûre qu'elle ne changerait pas son extradonairement magnifique bébé contre un autre et avait remis les mains dessus , bien décidé à ne le prêter à personne d'autre que sa femme.
« Hey petit homme" dit Ginny à voix basse à la petite forme endormie dans ses bras. "Je sais que je ne suis pas très objective, mais tu es sans aucun doute le plus beau bébé de la famille. Tes oncles et tantes vont tous être extrêmement jaloux… et tes cousins aussi. Oui parceque l'avantage d'avoir six frères c'est que tu auras au moins une vingtaine de cousins, et encore sans compter les enfants de ton Tonton Neville et ta Tante Hannah, ou Tontons Dean et Seamus, et des tas d'autres … "
Hermione gloussa légèrement derrière elle, ce qui fit rajouter à Ginny "Et celle qui rit derrière moi, c'est ta maman, Nounours. »
Ginny leva les yeux vers sa femme, qui la regardait en souriant rêveusement. « Je l'aime tellement tu sais. Plus que je ne saurai jamais lui exprimer, avec des mots au moins. Mais je passerai le reste de ma vie à vous prouver, toi et elle, à quel point je vous aime.»
Si Hermione avait été dans son état normal , elle aurait sûrement roulé des yeux du romantisme enflammé de sa femme, mais elle venait d'accoucher et les paroles de Ginny lui firent monter les larmes aux yeux. " Je t'aime Gin ..." soupira elle, et Ginny se pencha pour lui donner ce qui devrait être le millième baiser de la soirée.
" J'espère qu'il aura tes yeux" soupira Ginny en déposant un autre baiser dans les cheveux bouclés de sa femme.
" Et moi les tiens. Et tes cheveux"
" Mon coeur, il est chauve "
" Le plus adorable petit bébé chauve qu'on ait jamais vu " sourit Hermione. Elle peinait à garder les yeux ouverts, mais ne voulait absolument pas s'endormir avant d'avoir embrassé une dernière fois le petit garçon à qui elle venait de donner la vie.
" Tu es exténuée mon coeur. Tu devrais peut-être aller dormir ... avant qu'on fasse rentrer la meute sauvage dehors qui attend de rencontrer cette petite merveille "
" Je ne suis pas la seule, regarde comme il baille ..." Les deux femmes se penchèrent pour admirer le bébé qui baillait légèrement, les yeux toujours fermés. " Un petit lion qui rugit" rajouta Hermione en se resserant à Ginny.
« Mais oui ! » dit Ginny tellement fort que Hermione sursauta.
« Ginevra Molly Granger ! Tu as intérêt à avoir une bonne excuse d'hurler comme ça, tu as faillit le réveiller et me causer un infarctus par la même occasion ! »
Ginny voulut demander ce qu'était un infarctus mais vu dans le regard d'Hermione que ce n'était pas le moment.
« Excuse moi mais ... un lion Hermione ! Leo ! C'est ça le prénom qu'on recherche ! »
Hermione regarda sa femme un instant sans réagir et lui sourit d'un coup.
" Toujours les meilleurs idées au dernier moment, mon ange ..."
Elle regarda son fils, et passa délicatement son doigt contre ses joues et autour de son petit nez « Leo … c'est magnifique gin … »
Ginny se pencha pour embrasser le front recouvert d'un bonnet brodé par sa grand-mère du bébé. Elle posa une main sur la tête de son fils qui dormait toujours paisiblement, lové dans ses bras.
« Bienvenue au monde, Leo Arthur Granger ».
