I Got The Power - Snap!

Tout était noir autour d'elle. Un noir absolu, profond, infini. Et ce mal de crâne incessant … Où était –elle ? Que s'était-il passé ? Et puis pourquoi n'y avait-il aucun bruit, aucun mouvement autour d'elle ? Elle essaya de se lever, mais une force mystérieuse la clouait au sol.

Merde c'est pas possible !

A force de se secouer dans tous les sens, Ginny arriva enfin à bouger la tê entendit un bruit étouffé au loin, comme un appel. Enfin, elle arriva à ouvrir un œil, puis l'autre. Tout de suite, une lumière vive l'aveugla et elle du refermer les yeux dans une grimace.

« Enfin réveillée ! T'en aura mis du temps sœurette ! » lança une voix familière au loin.

« Ron ? »

Réouvrant les yeux malgré la douleur, Ginny se tourna vers la source de bruit. Après avoir cligné des yeux plusieurs fois et s'être assurée qu'elle ne voyait plus flou, elle aperçut le visage de son grand frère en train de sourire comme un benêt.

« Comment tu te sens ? »

« Mmh … j'ai mal au crâne … »

« Tu m'étonnes … ca fait deux jours que tu dors, tu sais »

« Deux jours ? » demanda Ginny d'une voix embuée de sommeil.

Puis d'un coup, Ginny s'assit sur son lit, les yeux exorbités, arrachant à moitié son drap et faisant sursauter son frère sur sa chaise. « DEUX JOURS ! »

« Ben oui, deux jours, calme-toi Gin ! »

« Hermione ! Et mes cours ! »

Ron retint un ricanement. Sa sœur ressemblait à un gnome que l'on venait de capturer et qui essayait désespéramment d'échapper à son sort.

« Ginny, t'as eu un accident de Quidditch … Tu vas rester à l'infirmerie pendant une bonne semaine, au moins »

« On est à l'infirmerie ? »

Ron cette fois ci ne put retenir un éclat de rire devant les yeux de poisson rouge sortit de l'eau de sa sœur. Ginny le regardait sans comprendre.

« Bon, assis toi, je vais tout t'expliquer. »

Et pendant l'heure qui suivit, Ron raconta à Ginny le détail du match et de l'accident et au fur et à mesure qu'il parlait, la mémoire revenait à Ginny.


"Bonjour à tous. C'est moi qui commente le match aujourd'hui parce qu'apparemment personne n'a voulu me remplacer, et pourtant le professeur Mc Gonagall a mit une annonce et ..."

Luna n'eut pas le temps de finir que déjà la professeure de métamorphose lui avait enlevé le micro des mains et avait annoncé le match, le grand classique Gryffondor contre Serpentard.

Depuis son balai, à côtés de ses trois grands cerceaux qu'il passerait l'heure prochaine à garder, Ron souffla dans ses gants pour se réchauffer. Le match s'annonçait difficile, et une fois de plus la panique l'envahissait déjà.

" Le score est d " résonna la voix de Luna dans le stade, sous les rires du public.

Ron sourit, il n'y avait vraiment que l'étrange blonde pour commenter le score d'un match qui n'avait pas encore commencé. Selon Harry, qui l'avait appris de Luna elle-même, Mc Gonagall avait passé vingt bonnes minutes à briefer Luna sur les commentaires qu'elle devrait faire et insister sur le fait que , contrairement au dernier match commenté par la Serdaigle, il fallait qu'elle commente régulièrement le score. Résultat des course, Luna avait déjà signalé trois fois le score nul avant le début du match.

" Bon match les gars !" cria Harry en voletant autour de ses joueurs " Et surtout n'oubliez pas : aucun cadeau !"

Chaque joueur alla se positionner à sa place sur le terrain, et Ginny se retourna vers Ron et leva un pouce en l'air vers lui, ce à quoi son grand frère répondu d'un demi-sourire angoissé. Madame Bibine appela d'un coup de main les deux capitaines et les força à se serrer la main, ce qu'Harry et Urquhart effectuèrent de mauvaise grâce et en essayant de se broyer les doigts le plus possible.

Puis, dans un grand coup de sifflet, les souaffles, cognard et le vif d'or furent relâchés dans les airs, et le match démarra sur les chapeaux de roues. Demelza s'empara en premier du souaffle mais avant qu'elle puisse le passer à Katie à ses côtés, Vaisey, le poursuiveur Serpentard, lui avait lancé une violente bourrade dans les épaules et le lui avait arraché des mains. Des sifflets grondèrent dans la tribune de Gryffondor, tandis que des applaudissements s'élevèrent de la tribune Serpentard.

" Madame Bibine a apparemment démarré le match." dit soudain Luna, comme si elle venait de se réveille " Oh c'est Ginny qui a réceptionné le souaffle ! Ginny joue toujours aussi bien au quidditch mais je me demande comment elle fait pour rester aussi longtemps assise sur un balai sans avoir mal au dos, ou plus bas. Oh attention ! Katie Bell a failli se faire renverser par un cognard ! A propos, vous avez déjà remarqué que si l'on modifie une lettre à cognard, ça fait … "

« 10 points pour Gryffondor ! » commenta le professeur Mac Gonagall en arrachant le micro à Luna alors que Ginny venait de lancer le souaffle à une vitesse vertigineuse vers les cerceaux. Le gardien n'avait rien pu faire et Ginny reprit sa position au centre du terrain sous les applaudissements de la tribune rouge et or.

Luna reprit ensuite son micro « J'allais dire couard. Zabini a le souaffle pour Serpentard et s'approche des buts mais Ronald les garde avec attention. Oh ! Il a bloqué la balle ! Je me demande comment il fait pour surveiller les trois buts en même temps … pourquoi est-ce qu'on ne joue pas au quidditch avec trois gardiens ? Ou juste un grand but ? »

« Vous allez commenter le match oui ? » s'énerva la professeure de métamorphose.

Dans les gradins, Hermione souriait. Ron venait de faire un magnifique arrêt, et Ginny ne lui avait jamais paru aussi survoltée qu'aujourd'hui, le match promette d'être superbe. A côté d'elle, Neville, dont le visage avait été peint en rouge comme si il était tombé dans le pot de peinture, et Seamus, lui aussi peinturluré en rouge, étaient debout, criant si fort qu'ils auraient presque pu lui crever les tympans. Mais Hermione n'entendait qu'un bourdonnement lointain interrompu de temps en temps par les commentaires de Luna, et son attention était si focalisée sur Ginny que le stade entier semblait s'être évanoui sous ses pieds.

« Draco Malfoy , qui rappelons-le n'a pas seulement eu son poste d'attrapeur dans l'équipe du fait que son père ait payé des balais a tous les joueurs mais aussi grâce à un talent certain, vient d'éviter un cognard avec une certaine élégance . Il se recoiffe à présent » .

Seamus et Dean, apparemment survoltés par la vision de Malfoy effrayé par un cognard, hurlèrent de toutes leur forces « Who is our Queen ? »

Et toute la tribune de Gryffondor, accompagné joyeusement par celle de Poufsouffle et même de certains Serdaigles, se mit à chanter d'une seule et même voix :

« Malfoy is our Queen. The most precious lady of Slytherin! Malfoy where is your crown? Didn't Daddy buy you one? Malfoy will never catch the Snitch. Better directly leave the pitch! » Les serpentards dans les tribunes en face tentèrent bien de contrer l'insulte en chantant à leur tour « Weasley is our King » mais leur chant fut enseveli sous l'ode à Malfoy. « Malfoy is Our Queen, Malfoy is our Queen ! Slytherin will not gain the cup this year. 'Cause Queen Malfoy is playing Seeker !»

Sur le terrain, Draco poussa un énorme juron et ordonna a ses coéquipiers de rattraper le retard perdu. Gryffondor menait à présent 20 à 0 grâce à un nouveau but, cette fois de Katie.

« Oh et je vois Harry qui me sourit. Je me demande ce que fait Harry quand le vif d'or n'est pas visible… peut être qu'il regarde juste le match comme nous. En tous cas il n'a pas l'air de s'ennuyer, tant mieux.»

Harry rougit et s'arrêta tout de suite de glander pour rechercher activement le vif.

Le chant contre Malfoy avait motivé les Serpentards à reprendre du poil de la bête, et Crabbe parvint à envoyer un cognard droit sur Demelza. La poursuiveuse, déséquilibrée, relâcha le souaffle qui tomba dans les mains de Vaisey . Celui-ci évita habilement un cognard lancé vers lui par le nouveau batteur des lions, Jimmy Peakes, et passa la balle de cuir à son coéquipier, qui le repassa au troisième poursuiveur des tuniques vertes.

Harry cria aussitôt à ses joueurs d'organiser une défense, et les deux poursuiveurs restants, soutenus par les deux batteurs, foncèrent vers les trois Serpentards, qui zigzaguaient vers les buts en se passant le souaffle. Malgré la distance, on pouvait lire sur le visage de Ron une appréhension énorme et ses mains se resserrèrent sur le manche de son vieux balai jusqu'à en faire ressortir blanches les jointures de ses doigts.

Le cœur d'Hermione lui se resserra quand elle vit Ginny se jeter la tête la première sur Urquhart, le poursuiveur vert qui tenait le souaffle, et elle faillit tomber de son siège quand le capitaine des Serpentards repoussa la rouquine au loin d'un coup de pied non réglementaire dans les côtes. Dean hurla au scandale et Seamus à la faute, mais madame Bibine n'avait rien vu et les Serpentards continuèrent leur avancée dans le terrain adverse, ne perdant au passage que Zabini, qu'un cognard dans l'épaule avait arraché à son balai.

Urquhart n'était plus qu'à quelque mètres à peine des en-buts de Ron, qui avait l'air plutôt mal en point, et il leva en l'air le poing qui serrait fortement le souaffle quand … « Stop ! Regardez tous ! » put-on entendre au micro. Certains joueurs s'arrêtèrent même de voler et Urquhart interrompit son mouvement. « La haut ! » Alors que Malfoy levait son nez en l'air, Ginny, qui était revenue d'une manière plutôt serpentarde , en profita pour arracher le souaffle des bras de Urquhart et, enchainant les passes rapides avec Katie , fonça à pleine vitesse vers les buts adverses. « Un nuage en forme de Ronflak Cornu ! » s'exclama Luna au micro.

Tout le monde soupira , et les Serpentards réalisèrent avec effroi que la diversion de Luna avait permis à la poursuiveuse phare des rouge aux ors de n'être plus qu'a une dizaine de mètres de leurs buts. Un batteur de Serpentard tenta bien de la freiner mais la tornade rousse était lancée à pleine vitesse et pas même une troupe de géants n'aurait pu l'arrêter. Levant le bras en l'air en protection, celui-ci atterrit en plein sur le nez du pauvre batteur vert et argent qui alla s'écraser quelque mètres plus loin, Ginny lança le souaffle en l'air et frappa dedans avec l'extrémité de son balai , l'envoyant à travers le plus grand cerceau .

« Grâce à Ginny, Gryffondor a maintenant 30 points d'avance ! » dit Luna d'une voix plutôt enjouée pour un commentateur qui se voulait neutre.

Les applaudissements des lions furent couverts par les sifflets des serpents, et Draco tenta d'aller faire annuler son but et de négocier un pénalty pour son équipe, argumentant que le commentaire de Luna avait déstabilisé son poursuiveur qui aurait forcément marqué autrement. Les tribunes commencèrent à s'échauffer, et pour calmer tout le monde Madame Bibine déclara que les Serpentards se verraient accorder un pénalty mais que le but de Ginny serait validé. Ron ne put arrêter le souaffle lancé à pleine vitesse par Zabini et les Serpentards, revigorés d'avoir enfin ouvert le score, firent reprendre le match de plus belle.

Le temps du pénalty, Harry avait soufflé une instruction à l'oreille de Ginny, qui avait fait passer le message à ses coéquipiers, et Hermione sentit une attaque spéciale se monter.

Demelza avait récupéré le souaffle, et sans prévenir le lâcha vers le sol. Hermione crût un instant qu'elle le laisserait rebondir au sol pour le reprendre tout de suite après, comme elle avait vu sa petite amie faire des centaines de fois à l'entraînement mais Vaisey qui suivait le récupéra. Aussitôt rejoint par ses deux autres poursuiveurs, les trois Serpentards se dirigèrent vers Ron, sans qu'aucun Gryffondor ne se manifeste pour les intercepter.

La voie leur paraissait libre, et Zabini eut la prétention de ne pas vérifier ses arrières et de se permettre un looping avant sans doute de marquer facilement. Mal lui en pris puisqu'au moment où il remontait, la tête à l'endroit, son nez alla dire bonjour à un cognard lancé par Ritchie Coote et il alla s'écraser au sol.

Sous l'ordre de leur capitaine, les Gryffondors étaient en effet aller se positionner au ras du sol, sous leur propre en-but, s'arrangeant pour la possession revienne à leurs adversaires et remontant faire une attaque surprise lorsque ceux-ci s'approcheraient un peu trop. Cette formation, que Ron avait rebaptisée « la technique du crabe » pendant leur entraînement, leur avait permis d'éliminer le poursuiveur le plus coriace et Ginny vola avec aisance jusqu'aux cerceaux opposés pour marquer un but qui creuserait encore l'avantage.

Dans les tribunes de Gryffondor, la voix amplifiée par un sonorus de Neville retentit bientôt dans les airs, si fort qu'elle couvrit même les commentaires de Luna sur les uniformes boueux de Quidditch et comment faire partit les taches avec des plantes. Neville était debout sur les gradins, tourné vers ses amis et, agissant comme un véritable chauffeur de stade, entonna le chant des rouge et or à la gloire de Ginny , qu'ils avaient écris au cours d'une troisième mi-temps de la dernière saison et qu'ils avaient amélioré depuis le dernier match. « All Gryffindors stand up! And sing! : Who is the best chaser of the century? Ginny Weasley! No giant , no dragon shall stop her, She'll win the cup for Gryffindor ! »

Ginny les remercia en volant en rase mottes au-dessus des tribunes de Gryffondor en levant en l'air son poing qui faisait le V de la victoire, signe que lui avait appris Hermione il y a déjà quelques années.

Hermione la regarda reprendre sa position en soupirant. Elle était vraiment casse-cou et finirait par se rompre le cou un jour à l'autre mais Merlin l'uniforme de quidditch tout trempé par la pluie et la boue et le regard déterminé et concentré de la rousse avaient sur elle un effet surprenant.

Sur le terrain, et alors que les élèves clamaient encore son nom, Ginny sourit et envoya un baiser vers les tribunes en folie, que tous les garçons acceptèrent en sifflant de joie comme si il leur était destiné alors que le cœur d'Hermione s'affolait .

Les Serpentards, plus remontés que jamais à écraser leurs ennemis de toujours, se remotivèrent et dans le quart d'heure qui suivit ils attaquèrent de toutes leurs forces la défense des lions. Ron sauva encore un but, mais tout de suite derrière évita de peu un cognard.

Voyant qu'il tenait encore sur son balai , Vaisey eut l'idée étrange de lui lancer avec toute sa force le souaffle dans le ventre. Même si le choc était beaucoup moins violent que celui d'une batte ou de la balle de fer, Ron, déstabilisé, recula dans un des anneaux qu'il gardait et s'y cogna violemment le coude. Harry voulait l'envoyer à l'infirmerie mais il n'avait pas de gardien remplaçant compétent, et Ron insista pour finir le match. Cependant, son bras le faisait grandement souffrir et les Serpentards en profitèrent pour recoller au score.

« Harry évite tout juste le cognard qui lui était destiné … Il fonce droit sur Draco Malfoy ! » dit Luna de son habituelle voix rêveuse " Le score est toujours de 50 à 30 pour Gryffondor "

Ginny , furieuse qu'on s'en soit pris à son frère , volait dans les coins du terrain, bousculant au passage l'autre batteur Serpentard et l'envoyant bouler au loin, criant à Harry de se bouger pour attraper le vif le plus vite possible et menant Gryffondor dans une attaque en pointe, les trois poursuiveurs et les deux batteurs formant un V dont Ginny étaient la pointe . Les batteurs se chargèrent d'expédier au loin les cognards essayant de perturber les poursuiveurs qui s'échangeaient maintenant le souaffle à une vitesse considérable. Le pauvre gardien serpentard tenta bien d'arrêter le souaffle que lui lança Katie mais s'écrasa misérablement contre le cerceau qu'il était censé garder.

« Je pense que les Serpentards sont un peu énervés ? » dit calmement Luna dans le micro alors que la tribune Serpentarde se mettait à siffler son propre gardien « Restons sportifs . Gryffondor mène maintenant 60 à 30. Je n'ai pas le droit de vous dire que je suis contente mais je le suis. »

Malfoy, vert de rage, cracha d'une voix acide à Crabbe d'aller s'occuper du cas de Ginny, qui commençait sérieusement à devenir dangereuse. Les deux batteurs Serpentards se mirent donc à suivre Ginny à la trace, relançant sur elle tous les cognards possibles et essayant de la bloquer contre un gradin.

La rousse parvint à leur échapper en tournant autour de la tour des Serpentards trois fois de suite et s'en débarrassa même en plongeant soudainement au sol.

" Et Ginny récupère le souaffle, et le passe rapidement à Demelza. Demelza aussi est une Gryffondor, très gentille " commenta Luna du haut de sa tribune.

Crabbe n'en avait cependant pas fini avec Ginny, et tapa de toutes ses forces dans un cognard en sa direction. La poursuiveuse se pencha sur son balai pour l'éviter et, le voyant partir au loin, releva la tête.

Elle n'avait pas vu Wilson, l'autre batteur serpentard , qui s'était arrêté juste à sa hauteur, qui s'en prévenir donna un coup de batte dans le manche de son balai et le cassa en deux.

Ron vit les yeux apeurés de sa soeur, et voulut crier de toutes ses forces, mais aucun son ne sortit de sa bouche.

Ginny s'accrocha tant bien que mal à ce qui lui restait de balai mais un cognard revint vers elle et , voulant l'éviter, elle lâcha le balai.

Un grand cri déchira les clameurs du public, un cri de détresse, celui d'Hermione.


" Et après ta chute, Harry t'as ramené en urgence à l'infirmerie suivi de près par Hermione."

"Comment ça suivit de près par Mione ? "

Ron sourit. " Eh bien disons qu'elle a d'abord voulu lancer quelques sorts à Wilson et Crabbe et même à Malfoy, mais qu'elle s'est rendu compte que tu n'étais plus sur le terrain et a couru après Harry pour lui crier que si il te faisait tomber elle lui ferait manger son Firebolt"

En entendant ce qui s'était passé après sa chute , la rousse recommença à s'agiter, et Ron la menaça de prévenir Pomfrey qu'elle était réveillée si elle ne se calmait pas.

« D'accord, je me tais … mais pourquoi elle n'est pas la ? Et Harry il est où celui-là ? »

« Madame Pomfrey m'a autorisé à rester, mais elle a forcé Harry et Hermione à retourner en cours ce matin . Ne t'inquiète pas imbécile, elle a passé la journée d'hier et la nuit à ton chevet. »

Pendant que Ginny grimaçait comme une idiote, Ron rajouta en souriant qu'Hermione était partie en grommelant que Pomfrey était pire qu'Ombrage, qu'elle avait failli claquer la porte de l'infirmerie et qu'Harry avait dû courir dans les couloirs pour la rattraper.

Ginny en profita pour demander à son frère ce que lui faisait à l'infirmerie.

« Tu te rappelles quand Vaisey m'a envoyé le souaffle dans le ventre ? J'ai atterri dans l'anneau le plus proche et je me suis cassé le coude. Mais t'inquiètes pas, j'ai plus grand-chose aujourd'hui, Pomfrey m'a bien recollé »

« Imbécile de Vaisey … » grogna Ginny qui ne supportait qu'on touche au moindre cheveu de ceux qu'elle aimait.

« Imbécile de Wilson oui ! Mac Gonagall lui a bien réglé son compte à celui-là ! » Ron expliqua que le batteur qui avait envoyé sa sœur à l'hôpital avait été exclu de l'équipe de quidditch, et avait bien faillit être renvoyé de l'école tout court. « Il a bien essayé de se justifier en disant qu'il voulait taper dans le cognard et pas dans toi, mais Mc gonagall était si furieuse qu'il est vite partit en courant la queue entre les jambes. T'aurais vu sa tête ! » dit Ron en riant.

Ginny sourit en coin et se rallongea dans son lit. Son regard se posa sur la carte posée sur sa table de nuit, visiblement écrite par sa petite amie, et pensa tout de suite à Hermione. Savoir que sa copine avait passé la nuit à son chevet lui réchauffait le cœur, mais elle aurait donné n'importe quoi pour se réveiller ce matin aux côtés de la brune.

Ron avait cessé de rire et regardait sa petite sœur d'un air mélancolique. Même si la situation le rendait toujours mal à l'aise et quelque part un brin jaloux, il avait compris qu'il ne pourrait rien y faire. Sa petite sœur et sa meilleure amie, qui l'eut cru ?

« Tu l'aimes hein ? » dit Ron, brisant le silence pesant qui régnait dans la pièce depuis un instant.

« Pardon ? » croassa Ginny, un peu surprise.

Ron fit un petit sourire en coin, un peu triste et murmura « Avant que tu réveilles, tu l'as appelée. Comme si c'était-elle qui était tombée de son balai et pas toi. Et je ne suis pas totalement idiot, j'ai bien vu que t'étais déçue de me voir moi et pas elle. »

Ginny poussa un petit sourire « Ron … » mais Ron se mit à rire.

Ginny le regarda comme si il était complètement fou, mais bientôt le fou rire la gagna aussi et sans même savoir pourquoi les deux frères et sœurs étaient soudain pris dans une crise de fou rire, qui amena madame Pomfrey à venir vérifier qu'effectivement Ginny était réveillée et n'avait pas l'air de souffrir beaucoup. Elle la força tout de même, entre deux gloussements incontrôlés, à boire une potion de régénérescence des os, et après avoir vérifié le bandage de Ron, les laissa non sans leur avoir jette un dernier regard étrange.

Ron essuya les larmes qui avaient coulé de ses yeux, et sourit a Ginny.

« Est ce que tu comptes m'expliquer, ou ... ? » lui demanda celle-ci, retenant difficilement un gloussement

« J'ai dit une connerie … je suis un idiot total »

Ginny leva un sourcil, visiblement amusée par l'idée .

« Je me suis conduit comme un abruti, Gin. J'aurais dû remarquer depuis longtemps qu'Hermione me considérait comme un frère , et que tu l'intéressais bien plus que moi, et je n'aurais jamais dû me mettre entre vous deux. Je suis désolé ».

Pour la première fois depuis longtemps, Ginny regarda son frère dans les yeux, et lui fit un sourire honnête.

« C'est bon Ron, je comprends. Tu sais, je crois que tu n'es pas amoureux d'Hermione, pas vraiment, sinon tu le sentirais. Et vous n'auriez pas été heureux ensemble, j'en suis sûre. Et oui, tu es un imbécile » conclut Ginny en tirant la langue, comme une gamine de quatre ans.

« Hey ! » s'écria Ron, et il fit mime de lui donner un coup de poing sur l'épaule, ce que Ginny répondit en le décoiffant.

Un peu calmé, Ron regarda son bras bandé en soupirant « Si Hermione n'est pas faite pour moi, alors qui l'est ? »

« Pansy Parkinson peut être ? » blagua Ginny.

Ron lui lança un regard entendu et allait répondre quand un cri brisa sa réplique : « Ginny ! »

Les deux têtes rousses se tournèrent vers la porte de la chambre, d'où ils virent Hermione entrer à la volée, un sac dans la main et trois livres dans l'autre, qu'elle jeta sur la chaise la plus proche sans aucun discernement.

Puis, devant un Ron médusé et une Ginny aux anges, Hermione se précipita sur le lit, et sans même faire attention à Ron qui était toujours assis à ses côtés, le doigt toujours en l'air, se jeta littéralement sur Ginny qui se remit à rigoler. La brune serra la cadette contre elle de toutes ses forces, se souciant peu du fait qu'elle était allongée sur elle et qu'elle l'écrasait à moitié.

« Mione … » grimaça Ginny, la main sur sa poitrine.

« Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as mal ? Ron ! Ne restes pas planté la comme un abruti ! Appelles madame Pomfrey ! Ginny, ça va? » aboya l'ainée vers Ron.

« Hermione … tu es en train de casser les dernières côtes qui me restent »

Hermione se retira tout de suite, mais donna une tape sur l'épaule de Ginny, qui s'était remise à glousser pendant que Ron maugréait qu'on le traitait décidemment beaucoup d'imbécile aujourd'hui.

« C'est pas drôle Ginny ! J'ai eu vraiment peur tu sais ! »

Ginny sourit, et ne faisant pas attention à la douleur, se redressa pour faire un long câlin a sa copine.

« Tout va bien Hermione je te promets »

Hermione hocha de la tête, puis retenant un petit reniflement se sépara de sa petite amie pour lui donner un baiser féroce, à la grande surprise - et extrême satisfaction- de Ginny , peu habitée à ce que Hermione se montre si passionnée en public mais au grand désarroi de Ron, à qui il ne manquait plus qu'une chandelle pour qu'il soit une parfaite représentation de l'expression.

Alors que Ginny, qui bizarrement n'avait plus si mal aux côtes que ça et ce malgré la forte pression de sa petite amie pressée contre elle, se mit à intensifier le baiser, glissant ses mains dans les boucles brunes d'Hermione pour la rapprocher encore plus d'elle - ce qui semblait parfaitement impossible, leur deux corps si collés l'un à l'autre qu'il était impossible de distinguer la séparation entre les deux - Ron toussota discrètement. Voyant que les deux filles continuaient leurs activités, et décidemment de plus en plus rouge, Ron feignit une violente crise de toux, assez violente pour séparer les deux amantes.

Pendant que Ginny grognait de mécontentement d'avoir été interrompue, Hermione se retourna vers Ron en souriant rêveusement, et sembla enfin se rendre compte de sa présence.

« Ron, comment va ton bras ? »

Ron, qui portait toujours aux joues un rouge brillant qui aurait pu rendre vert de jalousie un homard, regarda son bras pendant quelques secondes, un peu déboussolé.

« mon bras … oui ça va, madame Pomfrey devrait m'enlever le bandage demain, et je pourrais retourner en cours la semaine prochaine ».

Une lumière s'alluma dans les yeux de sa meilleure amie au mot magique cours .

"Et bien ça tombe bien parce que je t'ai apporté tous les devoirs que tu devras rendre » dit-elle en sortant une pile monstrueuse de feuilles et de livres de son sac qu'elle avait ramassé.

Ron fit des yeux larges comme des soucoupes et ne put s'empêcher de soupirer « Tu t'arrêtes jamais nom d'un chien »

« Pardon ? » siffla Hermione d'un air furieux qu'elle arborait à chaque fois que Ron l'énervait (ce qui arrivait assez fréquemment). Ginny ne put retenir un petit gloussement en voyant Ron passer de rouge tomate à blanc comme un drap, étant probablement celui qui savait mieux que qui conque qu'il ne fallait pas pousser Hermione à bout.

Conscient de sa chance d'être encore en vie, Ron bredouilla « Euh … je voulais dire … je vais commencer demain »

« C'est ce que j'avais cru entendre »répondit Hermione dans un dernier regard glaçant vers le rouquin, avant de se retourner vers sa copine décidément bien trop joyeuse et lui dit en souriant « Quant à toi, je compte sur toi pour rattraper les cours que tu as raté, tu as tes B.U.S.E à la fin de l'année, ne l'oublies pas ! »

Ce fut au tour de Ron de rire sous cape pendant que Ginny soupirait « Oui maman ! ».

Une sonnerie rappela Hermione à l'ordre avant qu'elle ne puisse continuer à sermonner les deux Weasley, et leur promit de revenir pour le déjeuner avec Harry.

« Si tu passes par la cantine, rapportes nous quelque chose à manger, les plateaux repas ici sont minuscules ! »

Hermione roula des yeux « Franchement Ron, est ce que tu penses parfois à autre chose que de gaver ton estomac ? »

« Il a raison, Mione, moi aussi j'ai faim » dit Ginny.

«Toi tu as le droit, tu n'as pas mangé depuis deux jours » répondit gentiment Hermione en embrassant une dernière fois Ginny avant de filer vers son cours suivant.

« C'est pas juste » gronda Ron « Alors toi tu as le droit d'avoir de la nourriture et pas moi ? Qu'est-ce que tu as de plus que moi franchement ? »

«Elle. » répondit d'une voix rêveuse Ginny « Et elle a raison, tu ne penses qu'aux saucisses et au Quidditch ! »

« C'est pas vrai ! » se défendit Ron avec la force d'un enfant de trois ans.

« C'est vrai et tu le sais » bailla Ginny, se retournant dans son lit, pour se rendormir, le sourire toujours aux lèvres en pensant au baiser sauvage qu'Hermione lui avait donné.

" J'en connais une qui va encore pioncer quarante-huit heures ..." conclut Ron en se glissant sous sa couette. " Bonne nuit petite soeur "