Porque Te Vas - Jeanette

Toute la maison est en joie aujourd'hui.

Après l'anniversaire d'Harry ce matin, qu'on a fêté en hâte dans la cuisine, ma mère prépare le prochain grand événement ; le mariage de Bill et Fleur.

J'ai dû essayer toutes les robes de demoiselles d'honneur possible et inimaginable, toutes plus moche les unes que les autres, jusqu'à ce que Fleur se décide enfin pour une robe qui nous va à Gabrielle et moi. Tous mes frères, sauf ce traître de Percy, sont rentrés à la maison pour monter des tentes, plier des serviettes et obéir à tous les ordres que lance ma mère, que je n'ai pas vu si excitée depuis qu'elle a appris que Ron était préfet.

Mais malgré la guerre qui s'annonce, les cicatrices sur le visage de Bill , Scrimgeour qui est venu déposer le testament de Dumbledore et le deuil de tes parents, tout le monde fais le plus d'efforts pour rire et remplir la maison de gaieté.

Seul mon cœur n'est pas à la fête.

Je sais que bientôt, tu partiras.

Je sais qu'Harry veut partir à la recherche de je ne sais trop quoi et ne tient plus en place depuis la fin de l'année. Ron croit être discret dans ses préparatifs de voyage, mais je l'ai surpris l'autre soir à préparer un sac qu'il a ensuite caché sous son lit.

Quant à toi, tes yeux n'ont pas perdu leur tristesse depuis la mort de tes parents il y a déjà une semaine, mais autre chose les remplit à présent, quelque chose qui ressemble à de la détermination.

Tu ne m'a pas reparlé de la lettre que tu m'avais envoyé, il faut dire que depuis le drame qui t'a rendu orpheline tu ne parles plus de grand-chose, mais au fond de moi j'ai tout compris.

Harry doit accomplir quelque chose pour sauver le monde sorcier de Celui-Dont-On-Ne-Doit-pas-Prononcer-le-Nom, et Ron viendra évidemment avec lui.

Et je sais que tu les suivras, tu les suivrais jusqu'au bout du monde si il fallait. Je me demande parfois si ta vraie loyauté n'est pas à aux côtés d'Harry plutôt qu'au mien. Toujours est il que tu pars avec lui, et que tu me laisses moi .

Cela fait deux heures que je rumine dans ma chambre, où ma mère m'a envoyé sous le prétexte futile d'organiser le plan de table - un truc que je ne ferai à mon propre mariage, pour sûr - alors que vous êtes tous les trois dans la chambre de Ron en train de faire je ne sais trop quoi.

Et au bout d'un moment, je ne supporte plus la solitude de ma petite chambre et je monte les escaliers discrètement. La porte de la chambre de Ron est ouverte, et je peux entendre vos voix.

Je me poste sur la dernière marche et à travers la fente, je peux t'apercevoir, assise sur son lit, aux côtés d'Harry et je devines que Ron se tient debout à la tête du lit.

Je retiens ma respiration et tends l'oreille.

« Il faut qu'on parte le plus vite possible, Hermione, on aurait déjà bien fait de partir la semaine dernière ! »

« Je sais Ron, je sais bien … »

Ta voix , même si je ne l'entends que par bribes, me semble comme empreinte de mélancolie et d'une certaine tristesse.

Je dois physiquement me retenir d'entrer dans la salle pour écouter Harry soupirer «Hermione, je sais que tu penses à Ginny … pour nous aussi c'est dur de laisser les autres ici. Et puis vous n'êtes pas obligé de …. »

« Harry c'est la dernière fois que je t'entends dire ça ! Jamais Ron et moi ne te laisserons tu le sais ! » tu t'exclames, et mon cœur se resserre à l'idée que tu choisirai Harry plutôt que moi.

Je vois qu'Harry a posé sa main sur la tienne , comme pour t'encourager à te confier.« C'est juste que … j'ai l'impression de l'abandonner » lâches-tu enfin dans un souffle.

Je sens malgré moi des larmes couler sur mes joues, et j'ai de plus en plus chaud.

Pourquoi tu ne m'en parles pas en face Hermione ? Pourquoi tu ne m'avoues pas tes peurs et tes doutes ? Je suis ta copine, ça devrait être à moi de te rassurer et de te serrer dans mes bras, de te promettre que l'avenir sera meilleur et que je serai toujours là pour toi, pas Harry ou Ron.

« Hermione, je suis sûre que Ginny comprendra … » tente faiblement Harry.

« En plus elle est déjà au courant depuis longtemps » déclare beaucoup moins subtilement Ron.

Tu ne réponds rien, le regard dans le vide, et je dois faire un effort pour ne pas éclater en sanglots.

Ne pouvant en supporter plus, je dévale les escaliers à toute vitesse et me dirige vers le jardin en courant.

« Ginny ! » appelle ma mère depuis la cuisine.

Je ne l'écoute même pas et cours vers le garage.

Je prends le premier balai que je trouve, j'ouvre la porte et je décolle du sol d'un coup sec . Tant pis pour la pluie battante qui tombe, j'ai besoin de voler le plus loin possible de toi, de m'évader, de toujours, je veux trouver du réconfort dans les airs, volant plus haut que les cimes des arbres et enchaînant les figures les plus périlleuses possibles.

Mais même à des dizaines de mètres de hauteur, je ne peux penser qu'à toi, toi et tes yeux vides et ton regard triste, toi que j'aime tellement et qui me fait tant souffrir.

Tu as l'impression de m'abandonner hein ? Et où est-ce que tu es quand j'ai besoin de toi Hermione ?

Les larmes dévalent mes joues, et commencent à me brouiller la vue. Je ne veux pas céder, j'accélère encore un peu plus, poussant le vieux Brossdur aux bouts de ses limites. Je tourne autour des arbres, je frôle leurs troncs, tendant ma main pour taper au passage dans les feuilles qui me sont accessibles.

Le balai a beau accélérer, mon esprit reste à tes côtés, et je finis par m'avouer vaincue.

J'atterris dans le jardin du Terrier, les cheveux trempés par la pluie et les joues mouillées par la peine. Pour une fois, voler n'avait fait qu'aggraver ma colère et ma tristesse. Je rentre dans le garage pour jeter contre le mur le balai et je remonte vers les étages.

Dans le salon Ron et Harry discutent à voix basse sur le canapé, mais je ne veux pas les voir et leur parler tout de suite. A quoi bon ? Ils ne feraient qu'aggraver les choses.

Je dois d'abord te voir .

Je monte les escaliers et j'ouvre la porte de ma chambre pour te voir dos à moi, en train de remplir son petit sac bleu de pantalons et de pulls. La boule au ventre qui avait disparu pendant le temps sur mon balai revient d'un coup et me frappe aussi fort qu'un cognard lancé à pleine allure. Je prends mon courage à deux mains et me lance.

« Donc c'était vrai »

Tu te retournes et à voir ton regard un peu apeuré, je dois certainement abhorrer un air mauvais.

« De quoi tu parles ? » tu me demandes d'une voix étranglée.

« Tu te fous de moi ? »

Tu lâches ton sac et lèves tes yeux vers les miens, qui doivent être rouges et humides avec tout ce que j'ai pleuré. Tu essayes bien de dire quelque chose, mais n'y parviens pas. Les mots semblent s'être étranglés dans ta gorge, et je veux tellement adoucir mon regard et courir te prendre dans mes bras, mais je ne peux pas, je ne dois pas. Je suis censée te haïr pour ce que tu me fais ressentir, mais tu ne m'a jamais paru aussi vulnérable et j'ai du mal à tenir ton regard.

Après deux bonnes minutes d'un silence pesant, tu finis par murmurer « Je voulais te le dire, je te promets … »

Et j'explose « Arrêtes de me prendre pour une conne Hermione ! Je sais que vous partirez après le mariage ! Pourquoi tu ne me l'as pas dit avant ? »

« Ginny, c'est compliqué … nous ne pouvons pas vraiment vous expliquer ce que nous allons faire, ça pourrait vous mettre en danger ou vous blesser et … »

« La seule chose qui me blesse c'est ton manque de confiance en moi ! Comment t'as pu me cacher ça ? »

« Calmes toi et laisse-moi t'expliquer ! Dumbledore a donné à Harry une mission capitale à accomplir, et Ron et moi sommes forcés de l'accompagner, tu comprends ?»

« Je comprends le fait que vous ayez des choses à accomplir Hermione, je suis pas aussi bête que tu le crois. Je sais aussi bien que toi que Harry est l'élu, et qu'il est le seul capable de battre Tu-Sais-Qui. T'as déjà oublié que j'étais avec vous l'an dernier dans la salle des prophéties ? C'est toi qui ne comprends pas … »

« Ginny, je veux juste te protéger »

« Arrêtes Hermione ! On croirait entendre ma mère ! Arrêtez tous de me prendre pour une gamine ! »

Tu reprends ton silence, et regarde obstinément au sol. Je reprends avec des sanglots que je voudrai cacher perceptibles dans ma voix « Je pensais que tu me voyais différemment des autres. Que pour toi je n'étais pas que la petite dernière incapable de se protéger toute seule. Visiblement j'avais tort ».

Je me lève violemment pour partir loin de toi, pour que tu ne vois pas mes larmes, pour claquer la porte le plus fort possible mais avant même que je puisse l'avoir refermée, tu cries « Accio Ginny », et je me retrouve dans tes bras.

Je me dégage immédiatement et commence à hurler « Lâches moi ! Laisses-moi tranquille ! »

« Ginny, comprends moi, je-»

« Non ! Va-t'en ! »

« Ginny… »

Tu poses ta main sur la mienne, un geste qui en n'importe quelle situation me calmerait, mais ton contact me brûle et je retire ma main immédiatement.

« Vas-t'en Granger ! Sors de ma chambre et fous-moi la paix ! »

Tu ne pars toujours pas, et je ne vais certainement pas te forcer hors de ma chambre comme je ferai avec l'un de mes frères. Je me contente de détourner la tête mais ton regard a croisé le mien et je sais que tu as vu que je pleurais.

Tu ne me touches plus, sans doute pour éviter que je te frappes en voulant reculer, et tu t'agenouilles devant moi.

« Ecoute-moi Ginny. Jamais je ne t'ai considérée comme une gamine, et tu le sais mieux que quiquonque. Je t'aime, et je veux te protéger comme tu ferais à ma place. C'est notre seul moyen de gagner cette guerre, Gin, et crois moi je suis tout aussi terrifiée que toi, mais nous n'avons pas le choix. »

Je ne veux pas te croire, je veux pouvoir me lever et partir ou avoir le courage de t'affronter, mais je n'en ait pas la force. Je suis fatiguée, fatiguée de me battre avec toi, d'entendre Ron et Harry me mentir, de te voir dépérir sous mes yeux sans rien y faire.

Je relève la tête et au moment où je vois tes yeux brillants supplier les miens, je sais que je suis foutue. Je t'ai fait pleurer, toi, l'amour de ma vie, et je ne me le pardonnerai jamais.

Apparemment, tu ne m'en veux pas puisque tu me redonnes une chance et poses délicatement ta main sur mon avant bras. Je la laisse glisser jusqu'à ma main et serre fort tes doigts entre les miens. Ta bouche tourne enfin en un petit sourire, et mon cœur hurle de ne pas te laisser partir, de ne jamais lâcher ta main, jamais.

« Laisse-moi venir avec vous ! »

« Je ne peux pas Gin, je ne peux pas te mettre dans un tel danger. Tu es la seule famille qui me reste, est-ce que tu comprends ça ? J'ai déjà perdu mes parents, si il t'arrivait quelque chose, je … »

« Et moi qu'est-ce que je fais si il t'arrive quelque chose ? T'y as pensé à ça ? »

La seule pensée qu'il puisse t'arriver quelque chose me donne un haut le cœur, et tu as du le remarquer puisque tu te redresses pour me serrer dans tes bras.

« Lâches moi … »

Je ne sais même plus pourquoi ni comment je te résiste encore, mais je parviens à me dégager. Tu me rattrapes aussitôt et j'ai beau le gesticuler dans tous les sens, tu me tiens fermement contre toi et je n'ai jamais pu te résister .

Je finis par glisser ma tête dans ton cou, et y respire l'odeur familière que j'aime tant. Pendant un moment, je ne dis rien et tu murmures des mots incohérents dans mes cheveux, jusqu'à ce que je sois complètement calmée. Tu prends entre tes doigts mon menton et embrasse délicatement mes joues

« Je n'ai pas le choix mon cœur. Harry a besoin de Ron et de moi, et tu sais que nous le suivrions n'importe où. Toi, tu seras avec Neville et Luna à Poudlard, et les autres auront besoin de vous là-bas. Vous êtes le trio d'argent après tout »

J'acquiesce de la tête lentement, comme si j'avais six ans, et je replonge dans ton cou .

Tu continues en mumurant « Maintenant que Rogue est devenu directeur, il y a de fortes chances pour que des mangemorts prennent le contrôle, et vous devrez protéger les plus petits. Tu dois rester brave et forte Gin, nous n'avons pas le choix »

« Mais je ne suis forte que pour toi Hermione, je t'en prie restes avec moi … »

Je te supplies une dernière fois, mais je vois bien dans tes yeux la détermination qui y grandit, et je vois bien que ta décision était déjà prise .

« Mon cœur, tu sais que tu seras toujours avec moi, et tu sais que nous nous retrouverons après tout ce massacre. Je ne peux pas faire ça à tes parents, et je ne me pardonnerai jamais de t'avoir mis en danger. Je préfères te savoir en sécurité à Poudlard, même si ça signifie qu'on soit séparées».

Je ne réponds rien - et de toute façon qu'est-ce que je pourrais bien répondre à ça ? - et je m'accroche à toi comme à ma vie.

« Alors … il ne nous reste plus que deux jours ? »

Tu hoches de la tête silencieusement.

« Deux jours avant que … »

Je me mords la lèvre inférieure pour m'empêcher de finir ma phrase. Tu lèves une main tremblante vers moi, comme si j'étais une poupée fragile que tu pourrais briser d'un geste trop violent et la pose sur ma joue, effaçant au passage les quelques larmes qui coulent encore.

« N'y penses pas encore Gin … »

Même si je me suis calmée et je ne pleure plus, mon cœur s'enflamme à ces mots et je me redresse d'un coup.

« Ne plus y penser ? Alors que tu vas partir pendant je ne sais pas combien de temps et risquer ta vie tous les jours, et si il t'arrive quoique ce soit je ne pourrai même pas le savoir et … et … »

Et je ne peux plus te regarder dans les yeux. Dans un mouvement brusque, je me détache de tes bras et vais me poser dos à toi devant la fenêtre.

« Moi aussi j'ai peur tu sais. »

Tu chuchotes si bas que je ne suis pas sûre d'avoir bien entendu. Je me retourne, étonnée, et je vois que ta tête est posée dans tes mains. Je reste figée à ma fenêtre et t'écoutes poursuivre en murmurant.

« Je suis complètement terrifiée à l'idée de te perdre, de perdre Harry, Ron ou n'importe qui d'autre qui m'est cher. Je ne sais pas du tout ce qui nous attend et ce qu'on devra affronter. J'ai peur que la guerre nous sépare, ou qu'elle nous mutile. Nous sommes trop jeunes pour partir, pour vivre tout ça, trop jeunes pour mourir. Mais je sais que tout ça est inévitable, pour nous assurer un futur meilleur, tu comprends ? J'ai déjà perdu mes parents, je ne les laisserais pas s'attaquer à ma famille. »

Je souris faiblement, parce que je crois que je ne t'ai jamais autant aimé qu'à ce moment ci, et je cours presque vers le lit pour m'asseoir directement sur tes genoux. Tu ne t'y attendais pas et vacilles un peu, mais tes bras retrouvent leur place et se pose sur mes hanches pour me stabiliser. Avec une délicatesse non dissimulée, j'embrassa doucement ton front et te relèves le menton, te forçant à me regarder droit dans les yeux.

« Je ne peux pas te retenir ici, et je ne peux pas freiner la guerre. Je ne pourrai pas empêcher les gens de tomber et les sorts de voler. Mais je ferai tout ce qui m'est possible pour que tu n'oublies jamais que, malgré la distance qui nous sépare, je t'aime et je t'attendrai toute ma vie si il le faut. »

Et avant que tu puisses rétorquer quoique ce soit, je me jettes sur toi et je t'embrasse comme jamais je ne l'ai fait.

« Les filles ! A tab- au pardon !»

« RON ! » hurle on en même temps .

« Désolé mais ça fait une heure que je vous appelle ! On a faim nous ! »

« On arrive espèce d'estomac sur pattes !» je crache.

Apparemment, Ron remarque d'un coup que sa petite sœur est assise sur les genoux de sa meilleure amie, une main sur son épaule et l'autre sous son t-shirt , qui elle a d'ailleurs avait ses mains sur mes fesses . Il devient rouge pivoine et je ne sais pas pourquoi mais, sans doute pour ne pas voir ce qu'il n'aurait jamais du voir, il tourne son regard vers moi et me scrute bizarrement.

« Vous avez pleuré ? »

Je me lève presque, prête à régler son compte à Ron, mais ta main sur mon avant-bras me retiens.

Je me contente de grogner « Est-ce que ça te regarde ? Mêles toi de tes affaires Ron ! »

« Mais Hermione je t'ai pas vu pleurer depuis des années, qu'est-ce que … »

« Ron, tout va bien ne t'inquiètes pas. Excuse nous auprès de ta mère, on descend tout de suite »

« Mais je … »

« Ronald ! »

Mon ton de voix ne promet pas grand-chose de doux, et Ron préfère s'enfuir plutôt que d'affronter mon courroux, le lâche.

J'ai encore tant de choses à te dire, et si peu de temps pour le faire, mais je ne sais pas si je saurai trouver les mots maintenant de toute façon. Je quitte tes jambes pour me lever en soupirant, mais tu me rattrapes par le poignet et en te levant, tu me prends dans tes bras.

« Et moi je passerai ma vie à te rechercher, et je te jure que tôt ou tard je te retrouverai ».

Je te regarde sans rien dire et je me penches vers toi pour m'embrasser quand soudain, on entend un drôle de bruit, une espèce de grognement guttural.

Tu éclates de rire « Et bien il n'y a pas que Ron qui a faim dans cette maison »

Je te fais un clin d'œil avant de m'élancer dans les escaliers.

« Je ne suis pas Weasley pour rien, Granger ! »

Tu me suis en riant.

Je sais bien que cette conversation n'est pas finie, que je vais encore te reprocher de partir et que tu vas me faire promettre de ne pas te suivre. Je suppose que je devrais crier, te supplier ou pleurer toutes les larmes de mon corps, mais je ne le ferai pas.

Je ne peux pas te forcer à rester pour moi, alors que le monde sorcier entier a besoin de tes talents.

Je ne te retiendrai pas, mon amour.

Et même si ça doit me briser le coeur, je te laisserai partir.