Mention spéciale à melkion qui m'a bien fait rire avec la précocité de Leo au dernier chapitre ( en même temps c'est le fils d'Hermione Granger, le fait qu'il soit très intelligent ne m'étonne pas ... ). Il était censé avoir dix ans dans ce chapitre ci quand je l'ai écrit, mais il a du être rajeuni pour rentrer dans ma timeline ... ( la suite au prochain épisode ! ).

Aucune review n'est inutile !


The Middle - Jimmy Eat World

Je suis rentrée plutôt de l'entraînement ce soir, malgré le match difficile qui nous attend la semaine prochaine, exprès pour avoir le temps de passer faire les courses et préparer un bon dîner. J'ai mis tout mon coeur à couper, rincer, éplucher et émincer pour préparer cette vieille recette que ma mère tenait de sa grand-mère, le tout en sifflotant gaiement.

J'y ai passé deux bonnes heures, Hermione, mais ça ne m'a pas dérangé le moins du monde, tu sais pourquoi ? Parceque tu es ma femme, que tu es enceinte de mon bébé et que tous les deux vous êtes ce que j'aime le plus, et passer du temps avec vous deux est mon occupation préférée.

Alors comprends ma déception quand tu es rentrée tard du ministère et que tu as filé dans notre chambre après un simple " je n'ai pas très faim aujourd'hui mais merci quand même Ginny". J'ai tout mis au frigo, en me disant que ça serait bon aussi réchauffé, et je suis remonté dans notre chambre.

Tu étais assise sur notre lit, les jambes en tailleur, une main caressant inconsciemment ton ventre, une habitude que tu as prise depuis la confirmation de ta grossesse, l'autre tenant une énorme pile de feuilles dans la main, que tu lisais à toute allure. J'ai froncé les sourcils et je me suis appuyée contre le montant de la porte. Tu n'as même pas remarqué ma présence.

Je peux supporter que tu rentres bien après l'horaire marqué sur ta fiche de paye, que tu annules le dîner que j'ai mis deux heures à préparer et que tu t'endormes tout de suite sans même m'embrasser bonne nuit, mais ça …

« Hermione, non » j'ai dit le plus calmement possible « Tu n'apporteras pas tes contrats et tes lois dans notre lit, ni maintenant ni jamais »

« Ginny ne rend pas les choses plus compliquées, je n'en ai pas pour longtemps » tu as répondu sans même daigner lever les yeux du texte que tu étais en train de déchiffrer.

« Je crois que t'as pas bien compris Hermione, alors je vais le répéter une fois de plus. Tu ne travailleras pas ici »

Toujours sans décrocher les yeux de ta feuille, tu as soupiré « S'il te plait, Ginny. Plus vite j'aurai fini ce décret, plus vite la loi pourra passer, j'en ai vraiment pas pour longtemps »

« Ça n'a plus rien avoir avec les lois et les décrets. C'est de ta vie de famille dont je parle. Tu t'épuises au travail, cela fait une semaine qu'on a pas eu dix minutes à nous deux et tu sais que le stress est mauvais pour le bébé ! Tu ne peux pas continuer comme ça, tu te fatigues pour rien et tu vous mets tous les deux en danger, Hermione ! »

A ces mots, tu as levé la tête et j'ai lu dans tes yeux du choc et de la colère

« Ne fais pas ça ! » tu as sifflé méchamment.

« Ne fais pas quoi ? » j'ai répliqué le même ton

« Ne mêles pas le bébé à tout ça, pour me faire sentir coupable ! T'es plutôt mal placée pour me parler d'horaires surchargés, quand on pense que la première année de notre mariage j'ai dû te voir trois fois en un mois, entre deux matchs comme n'importe quel vulgaire fan, et je croupissais ici pendant que tu t'éclatais à Holyhead ! »

« Tu sais très bien que je le faisais pour assurer ma place de titulaire dans l'équipe et parce que Gwenog nous forçait à créer une cohésion d'équipe, et ça n'a strictement rien à voir ! On est plus toutes les deux maintenant Hermione, il faut penser au bébé avant de penser à nous ! »

« Tu savais très bien qu'en acceptant ce poste j'aurais des horaires difficiles et du travail en plus, mais tu m'as encouragé à le prendre quand même alors pourquoi tu m'engueules maintenant ? »

« Je t'ai encouragé à le prendre pour les mêmes raisons que tu m'as poussé à signer chez les Harpies ! Je pensais pas que tes 'horaires difficiles' te pousseraient à rentrer à dix heures du soir à la maison quinze jours de suite, alors que tu es enceinte de cinq mois ! »

« Alors quoi ? Tu voulais que je reste à la maison à rien faire de mes journées comme une parfaite boniche pendant que toi la superstar tu serais en train de survoler les foules et de signer des autographes ? »

Je te connais assez bien pour savoir que tu as regretté les mots à l'instant même où ils sont sortis, mais c'était trop tard. J'ai reculé d'un pas, blessée et je t'ai regardé dans le blanc des yeux

« C'est comme ça que tu me vois alors ? »

Tu as du voir que tu m'avais vraiment fait mal parceque tu as enfin décidé de reposer tes feuilles sur le lit et tu as bredouillé du mieux que tu pouvais « Non, Ginny … je … »

J'ai secoué la tête et je suis sortie de la chambre sans dire un mot. J'avais besoin d'être loin de toi, et le meilleur moyen que je connais pour évacuer ses sentiments de colère reste toujours de voler.

J'ai saisis mon Nimbus 2001 et je l'ai enfourché. J'ai décollé du sol d'un bon coup de pied et je me suis envolée haut, le plus haut possible. Je savais que personne ne me pouvait me voir parceque les charmes d'invisibilité que tu as installé quand les garçons m'ont offert le balai sont puissants, et que de toute façon il était tard et les moldus dormaient à cette heure ci.

J'ai volé longtemps, assez longtemps pour perdre la notion du temps et ne pas me rendre compte que je m'étais mise à pleurer.

Je passe tellement de temps à voler que c'en est devenu banal pour moi, comme si je faisais une petite promenade à pied, et voler sans avoir à me soucier de cognards ou d'autres joueurs me permet de réfléchir posément.

L'an dernier, on a eu la même dispute à propos de tes horaires de travail démesurés, mais tu travaillais tard pour une autre raison. J'ai sourit à travers mes larmes, et je me suis remémoré. Je me rappelle de tout, tu vois, du moindre mot et du moindre soupir de cette conversation. Je peux me la repasser dans ma tête, encore et encore, sans qu'elle se floute ou qu'elle se déforme.


« Accio travail qui empêche ma femme de dormir »

La feuille de papier que tu avais dans la main vole à travers la pièce pour atterrir dans la mienne . Je m'approche et avant que tu puisse grogner ton mécontentement, je viens m'asseoir sur tes genoux et susurre à ton oreille « Comment oses-tu me laisser toute seule dans un grand lit froid et vide pour travailler la dessus ? »

« Crois-moi chérie , je préférais bien plus travailler sur toi que sur ce dossier mais je … » « Pas de mais madame Granger, tu ne vas pas te tuer au travail ce soir …. »

Je t'attrape par le bras et te tires hors de ton bureau, posant l'essai sur la table au passage et t'entraines hors de cette pièce maudite. Tu te laisses facilement entrainer, en même temps ça fait une semaine que tu travailles comme une forcenée sur ce dossier, et tes cernes s'agrandissent de jour en jour.

Je te fais asseoir sur notre lit, et je m'agenouille devant toi pour saisir ton visage dans mes mains " Parles moi mon cœur, dis moi ce qui ne va pas ! "

Tu détournes le regard et ne dis rien. Cela fait un bon moment que tu ne me dis plus rien d'ailleurs, et j'ai peur Hermione, j'ai peur pour nous deux. Tu ne me parles plus comme avant, tu ne te confies plus à moi et parfois je crois même que tu m'évites. J'essayes du mieux que je peux de croiser ton regard, mais tu persiste à le garder fixé au sol. Je sais que dans ces situations la, il vaut mieux te laisser seul alors je soupire et je me relève pour t'embrasser sur le front.

« Hermione, je ne peux plus te voir te détruire comme ça, alors je vais aller me faire couler un bain . Si tu veux me parler, tu sais où me trouver, mais je te regarderai pas te détruire ! »

Alors que j'ai la main sur la poignée de la porte et que je m'apprête à sortir, ta voix me parvient, faible et étranglée, et arrête mon geste.

« Et si on y arrivait pas Ginny ? »

Je me retourne lentement vers toi et voit des larmes dévaler tes joues. Je veux dire quelque chose mais je suis comme pétrifiée, la main toujours sur la poignée et la bouche entrouverte.

« Si on y arrivait jamais ? Ça va faire presque deux ans qu'on essaye, qu'on prend la potion toutes les semaines, et il ne se passe rien. Si on peut pas tomber enceinte ? »

J'arrive enfin à bouger et parcoure les pas qui m'éloignent de toi, et tu t'écroules en pleurant dans mes bras .

"Si on a pas d'enfant Gin ? "


C'était il y a un an, Hermione, et depuis beaucoup de choses ont changé.

Depuis le jour où tu m'as montré ce tube en plastique moldu dont je ne comprends toujours pas le fonctionnement mais qui apparemment a confirmé que tu étais enceinte, notre vie tourne exclusivement autour de ce petit être qui grandit dans ton ventre. En tous cas, ma vie révolutionne autour de notre enfant, parce que tu n'as pas changé tes habitudes de vie pour lui, et au contraire tu agis comme si tu n'étais pas enceinte. Et il fallait que je sache pourquoi .

J'ai atterrit en douceur devant chez nous, et je suis rentrée discrètement. J'ai vu à l'horloge de l'entrée que j'étais partie pendant deux heures et demies, et que tu devais être couchée maintenant.

Alors que je rangeais mon balai dans le placard de l'entrée qui nous sert de débarras, j'ai entendu que tu appelais mon nom depuis le salon. J'y suis allée prudemment, toujours fâchée contre toi, et je t'ai vu assise sur le canapé en tailleur, les bras repliés en protection sur ton ventre.

" Ginny …" tu as redit d'une voix faible, et tes yeux rouges dans les miens ont suffit à faire s'envoler toute ma rancœur.

" Oh mon cœur, viens ici" j'ai soupiré, et tu t'es précipitée dans mes bras ouverts pour pleurer contre mon épaule.

" Je suis tellement désolée Gin … tellement" tu as soupiré entre deux reniflements contre mon épaule et je t'ai serré un peu plus dans mes bras

" Tout va bien mon cœur, je suis la maintenant."

Je t'ai gardé contre moi jusqu'à ce que tu te calmes un peu, et puis nous nous sommes assises sur le canapé, tes mains entre les miennes.

" Est-ce que tu vas enfin me parler ?" je t'ai demandé doucement et tu as hoché de la tête lentement, comme si tu étais une élève prise la main dans le sac en train de tricher. " Pourquoi tu t'épuises comme ça au travail, Mione ?"

Tu as relevé la tête et tu as soupiré " Parceque j'ai peur Ginny. " Sur le coup, je n'ai pas compris et tu as enchaîné " On a eu tellement de mal à en arriver la, on a tellement attendu … j'ai peur que si je change quoique ce soit à mes habitudes, j'admettes que quelque chose va changer. Et à partir du moment où je l'admets, j'admets aussi tous les risques et les dangers qu'il y autour"

Tu as murmuré si bas la dernière partie que j'ai faillit ne pas l'entendre, mais je l'ai bien entendu et elle m'a cassé le cœur.

Je sais mieux que personne à quel point ce que tu as vécu par le passé influence chacun de tes actes aujourd'hui, et que désormais t'attends toujours à ce que le pire arrive. J'aimerai tellement qu'une fois, une fois seulement, tu puisse te voir à travers mes yeux, et te rendre compte à quel point tu es forte , Hermione, à quel point tu es bien plus forte que ce que tu crois. Les cicatrices et l'insulte gravées sur ton bras ne t'ont pas affaiblies, contrairement à ce que tu crois, elles t'ont rendu tellement forte. Mais quoique je te dises et quoi que je te répètes, tu continues à vivre dans la crainte de revivre ce que tu as vécu pendant la guerre et dans le devoir de protéger tous ceux que tu aimes.

" Mais tu sais que quelque chose va changer, n'est-ce pas mon cœur ?" Je t'ai demandé, et tu as hoché de la tête " Quelque chose de magnifique, qui va révolutionner notre vie. Tu n'as pas à avoir peur, parceque tout va bien se passer"

" Tu me le promets ?"

" Je te le jure. Et tu sais que je ne laisserai rien arriver à vous deux, pour rien au monde !"

Tu as sourit, enfin un vrai sourire depuis une semaine, et j'ai compris que je t'avais retrouvé.

" Ginny ? "

" Oui mon cœur "

" Si je redeviens comme avant, tu promets de me remettre sur le bon chemin ?"

" J'ai signé pour ça le jour où je t'ai épousé mon cœur"

" Meilleur jour de ma vie" tu as conclu, et j'ai signé notre accord avec un baiser sur tes lèvres.