1234 - Plain White T'S
" Crucio !"
Je me redresse d'un coup, le souffle court, les yeux écarquillés et la bouche grande ouverte. Mon premier réflexe est de se ruer sur ma baguette, et de la lever en l'air contre cet ennemi qui - j'en suis persuadée - me fixe en riant encore. Je ne vois pourtant que du noir, une pénombre qui m'entoure et qui m'étouffe, et je ne comprends plus rien. J'ai l'impression d'être totalement perdue, je ne vois plus Bellatrix et je ne l'entend plus non plus.
Un bruit à ma droite m'interpelle et je me retourne tout de suite, prête à en découdre. Et ma main retombe d'elle-même quand je me rend compte que ce n'était que toi qui murmurait quelque chose dans ton sommeil. Je repose ma baguette sur ma table de nuit et je me rallonge à tes côtés en essayant de calmer les battements effrénés de mon cœur.
Je te regarde dormir paisiblement, une main replié contre ta poitrine et l'autre qui malgré mon réveil brutal est restée agrippée fermement autour de mon ventre - main qui remonte souvent pendant la nuit. Je souffle, rassurée, et retombe contre mon oreiller.
Des fois, quand je me réveille en pleine nuit, j'oublies que tu dors paisiblement à mes côtés, que tu m'aimes, qu'on est mariées. Je suis persuadée d'être à nouveau seule dans cette tente glaciale, Harry montant la garde dehors, Ron nous ayant abandonnés, et toi seule à Poudlard, attendant désespérément mon retour. Et la peur que tous mes souvenirs avec toi ne soient que des rêves est bien plus grande que tous mes cauchemars réunis.
Et puis, comme à chaque fois, je t'aperçois, et tout me revient d'un coup, la bataille, la mort de Bellatrix, le salut enfin. Je réalise que j'ai fait un mauvais rêve, un de plus, et que là où elle est, elle ne peut plus nous atteindre.
Mes cauchemars reviennent souvent quand quelque chose d'important ou de stressant arrive dans ma vie, comme un signe de mon fort intérieur qui se plait à me rappeler que la douleur est toujours la en moi, et je sais que je ne m'en débarrasserai jamais complètement. J'ai appris à maîtriser les cauchemars de plus en plus avec les années, heureusement. Les premières fois, je criai et je me débattais dans mon sommeil jusqu'à ce que ta voix me parvienne, plus forte que tous les Crucio qui me torturaient, et vienne me libérer. Et j'ouvrais les yeux, assise en sueur dans notre lit, tes mains froides posées contre mes joues, ton front contre le mien, ta bouche me murmurant des paroles rassurantes jusqu'à ce que mon cœur cesse de ruer dans ma poitrine. Plus d'une fois, j'ai remarqué des traces de griffure et des bleus sur tes mains et tes bras, que j'avais fait moi même inconsciemment, et tu as finit par m'interdire de te demander pardon. Combien de nuits tu as passé à me serrer, en larmes et apeurée dans tes bras, à me promettre que j'étais plus forte qu'elle, qu'on avait gagné et que tu ne laisserai plus personne me faire du mal, mon amour ? Je ne saurai pas les compter, mais sans toi je serai certainement devenue insomniaque.
D'habitude, tu te réveilles automatiquement, dès que tu sens que je ne suis plus allongée contre toi, mais hier soir on a fêté avec ton équipe ta nomination au poste de capitaine, et les filles t'ont fait boire jusqu'à ce que tu oublies ta date de naissance. Je t'ai ramenée en riant chez nous, alors que tu me déclamais des déclarations d'amour d'ivrogne, et tu t'es endormie en murmurant des j'aime Hermione plus que mon balai dans le vide. Tu as du décuvé un peu depuis, puisque tu ne ronfles plus, mais tu es toujours dans les bras de Morphée, et je m'allonge un peu mieux à tes côtés pour mieux t'observer.
Si tu te réveillais maintenant, tu me prendrais sûrement pour une psychopathe, calée à tes côtés à parcourir ton corps endormi des yeux, et à enlever les mèches rousses qui tombent sur ton visage et se soulèvent au rythme de tes respirations. Sachant très bien que je ne me rendormirai certainement pas avant que tu te réveilles, je te laisse dormir en paix, et je commence mon petit rituel de nuit.
Certains comptent des moutons pour passer le temps quand ils ne savent pas dormir. Moi, je liste pourquoi je t'aime.
Je t'aime pour ta beauté.
Evidemment que tu es belle. Je ne suis sans doute pas très objective mais tu es la plus belle fille que je connaisse, et sûrement que Poudlard ait connu. En un été, tu as grandit de dix centimètres et m'a dépassée d'une demi-tête. Avec tes longs cheveux flamboyants que tu attaches le plus souvent en tresse quand tu voles, tes longues jambes et ton sourire éclatant, tu es comme une amazone puissante et déterminée, mon amazone. Tes taches de rousseur que tu n'aimes pas ... Je les ai comptées plusieurs fois, sans jamais avoir le même nombre, quand tu dormais ou qu'au moins tu étais tranquille. Tu grognes que tu les déteste mais je les adore, et j'adore encore plus te rendre complètement dingue en prenant mon temps pour les embrasser toutes une par une. Je vois tous ceux et celles qui t'admirent et se retournent sur toi, toi qui ne regardes que moi, et ton regard me rend incroyablement orgueilleuse.
Parfois, je me sens tellement banale à tes côtés, avec mes cheveux bruns ordinaires, mes dents trop grandes ( réduites heureusement ) et mes traits sans prétention. Et dès que je partage mes doutes avec toi, tu m'enlaces en riant que je suis belle et ridicule, et tu m'embrasses jusqu'à ce que j'oublies jusqu'à mon prénom.
Mais malgré tes bosses et tes cicatrices, malgré les marques de ce que tu as vécu gravées sur tes bras ou tes épaules, malgré les marques du temps qui ont fait s'agrandir la fossette de ta joue droite quand tu souris, tu restes la plus belle et tu atteins ton apogée quand tu sors d'un match ou d'un entrainement particulièrement musclé. Avec tes cheveux trempés de sueur accrochés à tes joues, tes épaules et ton dos collant à ton uniforme et ta cape crottée de boue de la tête aux pieds, tu n'es peut-être pas un modèle de beauté pour le reste du monde, mais tu reste la plus belle à mes yeux. Peut-être juste aux miens, mais quand même.
Je t'aime pour ta ruse et ton intelligence.
Quand ils parlent de notre couple, les gens qui nous sont extérieurs nous collent des étiquettes; toi celle de la sportive professionnelle et moi celle de l'intello du ministère. Les muscles et le cerveau, en sorte. Ils ne pourraient pas avoir plus tort. Mon intelligence me vient de tous ces livres que j'ai dévoré pendant toute ma vie, mais la tienne t'as toujours été acquise. Personne ne sait lancer un chauve-furies mieux que toi, et dès fois quand tu es énervée, elles sortent seules de ta baguette sans même que tu aies à prononcer les mots. Tu as su très tôt maitriser les sorts les plus durs, et tu a du mettre la bagatelle de quatre leçons avant de former ton premier patronus, autant que moi au final. Et tu restes la seule personne à ce jour - avec Luna - à avoir battu Ron aux échecs. Certes, ce n'était qu'une seule fois, et vous étiez tous les deux sur un balai à vingt mètres du sol, alors qu'Harry et George vous lançait des balles de tennis dessus, dans un concours de circonstances trop long à expliquer ici, mais tu l'as fait.
Je t'aime pour ton sens aigu de la famille.
Moi qui n'avais pas une grande famille, j'ai appris ce qu'était un clan lors de mes premières vacances au Terrier, en vous voyant si soudés les uns les autres malgré toutes vos disputes et vos bagarres incessantes. Malgré tout ce que tu veux faire croire, ta famille est ce qui a de plus important à tes yeux, parcequ'elle représente d'où tu viens, et ce qui t'a faite.
Quand tu t'es faite engager chez les Harpies, et que tu as reçu pour la première fois de ta vie un balai décent que tes frères se sont cotisés pour acheter, un Nimbus 2001 avec lequel tu voles encore pour aller visiter Harry ou tes parents, tu es partie une journée au chemin de traverse faire graver sur un coté du manche « BCPFGRH». Tu m'as expliqué que tu avais inscrit les initiales de tes frères, plus celle d'Harry - qui est un frère pour nous au même titre que les autres - pour te porter chance. Quand je l'ai retourné, il y avait inscrit « HJG » de l'autre côté, mes initiales. Quand je t'ai demandé pourquoi tu ne m'avais pas inscrit avec les garçons tu as sourit et m'a simplement répondu « Pour les jours où je n'ai pas la chance de gagner, mais où j'ai celle de t'avoir » . Tu ne m'as jamais dit quelque chose d'aussi romantique et d'aussi niais à la fois que cette phrase, mais elle a coupé ma respiration un instant, et je t'en ai remercié toute la nuit.
Je t'aime pour ta force de caractère et d'esprit .
Toute ton enfance, tes frères t'ont mené la vie dure, entre ta petite taille, ta timidité, ton statut de fille unique et ton crush pour Harry. Et puis, alors que ta première année à Poudlard aurait dû être joyeuse et pleine de découvertes, tu as vécu l'horreur et tu y as survécu . A onze ans à peine, tu as réussi à tenir face au sorcier le plus dangereux de tous les temps, et l'an d'après, malgré les regards de travers et les murmures, tu t'es battue encore et encore pour toi et pour les autres, ceux qui n'avaient pas la voix ou la force de se défendre. Rien de tout ça ne t'empêché de devenir la personne la plus forte que je connaisse.
Des détraqueurs envahissent l'école, un an à peine après que tu survives à l'évènement le plus traumatisant de ta vie ? Tu résistes mieux que personne à leur pouvoir noir, ne t'évanouis même pas et aide les autres à les surmonter.
Petite dernière d'une famille de sept enfants, le monde entier considère qu'il n'y a rien que tes frères n'aient déjà fait ou montré ? Tu leur prouves à tous le contraire en te battant férocement contre des mangemorts adultes dès l'âge de quatorze ans, en participant à la Bataille du Ministère à quinze ans, et en t'engageant à seize dans une guerre où tu as perdu un frère.
Trop petite et trop faible pour qu'on t'apprennes à jouer au Quidditch ? Peu importe, tu as volé le balai de Fred à six ans pour apprendre toute seule, devenir la meilleure joueuse de la famille, et en faire ta carrière professionnelle, parceque rien ni personne n'arrête la Tornade Rousse d'Angleterre.
Mais je t'aime aussi pour ta sensibilité .
Je t'ai vu pleurer sur la tombe de Fred, demander pardon à celle de mes parents de n'avoir pas pu me protéger contre Bellatrix et promettre à celle de Remus et Tonks qu'on s'occuperait toujours de Teddy. Je t'ai vu réconforter cette petite fille que tu ne connaissais pas le jour de la bataille de Poudlard, quelques heures à peine après avoir perdu ton grand frère. Je t'ai vu parler longtemps à Harry après la mort de Dumbledore, et puis encore et encore des années après la guerre, parceque tu es bien la seule personne qu'il connaisse qui sait ce que signifie avoir été possédé par Voldemort, et que tu lui as promis d'être la pour lui, toujours.
Je t'aime pour la passion que tu mets dans tout ce que tu fais.
Quand tu aimes quelque chose, tu te donnes à fond dedans, quitte à te casser un bras ou une jambe, ou à en sortir à moitié amochée. Tu as toujours voulu jouer au quidditch, depuis ce jour où tes frères t'ont enfin accepté dans leur jeux et où tu leur a mis la fessée qu'ils méritaient, leur prouvant à tous que tu avais un don inestimable. Et tu as travaillé encore et encore, passant des jours et parfois même des nuits sur ton balai pour atteindre enfin le niveau professionnel que tu as aujourd'hui, et faisant même passer ton aiguille sur l'horloge Weasley sur « travail » quand tu voles, alors que toutes autres sont sur « quidditch ».
Tu n'as pas dompté que des balais, mais aussi tout un tas d'animaux plus sauvages et puants les uns que les autres, que tu adores poursuivre avec Luna et que tu ramènes parfois à la maison à mon plus grand désespoir. Tu as même réussi à dompter Pattenrond, qui pourtant déteste tout humain sur terre à moins qu'il ne le nourrisse, et qui t'adores sans qu'on sache pourquoi. Pendant la guerre, ta mère a accepté de me le garder au Terrier, où tu l'as apprivoisé pendant les vacances, et où il adore retourner de temps en temps. C'est un vieux chat fatigué désormais, qui ne se déplace plus que pour manger ou aller à sa litière, mais qui pourtant adore jouer avec toi et accourt dès que tu l'appelles.
Je t'aime parceque tu me fais rêver.
Je me surprends parfois à me souvenir de la petite fille que j'étais et à la comparer à la femme que je suis devenue à tes côtés. Tu m'as offert bien plus que je ne pensais jamais mériter, un mariage, un toit et un avenir tout tracé. A vrai dire, je n'avais jamais vraiment pensé aux enfants et au mariage comme toutes les petites filles avant de te rencontrer. Oui, tous les comtes et les livres de mon enfance se finissaient par un magnifique " ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ", mais je ne savais pas si je le désirai vraiment pour moi ou pour ces caractères fictionnels qui m'entouraient. Moi, j'avais mes parents et mes quelques amis, et ça me suffisait. Et puis j'ai rencontré les Weasley, j'ai vu la solidarité qu'ils y avaient entre tous ces frères, et la manière dont ils te protégeaient, toi la seule petite soeur.
Et j'ai voulu avoir ça, avec toi. Mais le ciel ne nous aide pas dans notre souhait le plus cher, et nous avons passé beaucoup de nuits blanches à pleurer dans les bras l'une de l'autre depuis les dix-huit mois que nous sommes mariées. Tu ne cesses de me répéter de garder espoir, qu'un jour les tests moldus dont tu ne comprends pas le fonctionnement me feront pleurer de joie, et qu'on fondera enfin notre petite tribu. Je secoue la tête de droite à gauche en soupirant que je suis fatiguée d'attendre, mais je sais que je te donnerai un jour un enfant, Ginny. Et tu seras sans aucun doute la meilleure mère d'Angleterre.
Je t'aime parceque tu trouves toujours un moyen de me faire rire.
Tu sais imiter les gens à la perfection, et ton faux rire d'Ombrage a fait peur à plus d'une personne, bien après qu'elle ne soit plus à Poudlard. Quand je rentre tard le soir du bureau et que je suis épuisée par tous ces dossiers à remplir et ces papiers à signer, tu l'imites en train d'essayer d'amadouer les centaures, et je ris toujours jusqu'aux larmes. Une fois, je suis même tombée du canapé. Tu es un jour venue au repas dominical du Terrier déguisée en Lavande Brown, avec une longue perruque brune et un gros cœur rouge en collier autour du cou, en criant partout que tu venais chercher Ron pour l'épouser. Je n'ai jamais autant ri de ma vie que ce jour la, et même Ron a cessé de bouder un instant tant la caricature était parfaite.
Et à chaque match de quidditch, alors que pourtant tu sais que mon coeur s'accroche à chaque fois qu'un cognard t'approches de trop près ou que tu prends de la vitesse, tu trouves toujours le temps de t'arrêter près de notre cabine pour me faire des grands signes ridicules ou lancer des coeurs et des baisers en ma direction, et tu ne repars que quand tu m'as vu rire aux éclats. Tu auras toujours le mot ou la grimace pour me faire sourire quand tout va mal, et tu égayes ma vie comme un rayon de soleil à travers un nuage gris.
Je t'aime parceque tu ne ravives pas la flamme de notre couple, non, tu ne lui as jamais laissé une seule chance de s'éteindre.
Après deux ans de mariage et presque huit ans après notre premier baiser, tu me regardes toujours avec ces yeux brûlants de passion, qui me déshabillent sans me toucher et me glisse des je t'aime sans dire un mot. La même boule se forme dans mon ventre quand tu me souris, comme si j'avais à nouveau seize ans et que je venais à nouveau de t'avouer mes sentiments, et mon coeur s'affole encore quand tu m'embrasses. Tu me fais encore et toujours trembler quand tu me touches le soir dans l'intimité de notre lit, et j'ai encore dû jeter à la poubelle la semaine dernière un beau pyjama en soie dont tu as arraché tous les boutons de devant pour l'enlever plus vite. Tu m'aimes de la même manière depuis toujours, et je sais que tu ne t'arrêteras jamais.
Je n'ai appris qu'un an après notre mariage pourquoi tu avais accepté si facilement de changer de nom de famille, et pas pour les raisons auxquelles j'avais pensé. Tu m'as expliqué, blottie dans le creux de mes bras après une nuit à m'aimer, que contrairement au tien mon nom était éternel. Hermione Granger, Harry Potter et Ron Weasley les trois héros du monde sorcier, ces noms sont écrits dans tous les manuels d'histoire et de nombreuses plaques mémorielles, et toucher à mon nom de famille serait comme altérer le cours de l'histoire pour toi. De plus, et je te cite, si tu dois choisir, tu préfères être connue en tant que ma femme et non la sœur de Ron.
Je pensais qu'il était impossible de t'aimer plus, et j'avais tort.
Je t'aime parceque tu es ma meilleure amie .
Tu me connais par coeur depuis des années, et tu sais prévoir à l'avance la moindre de mes réactions. Tu connais les phrases que je veux entendre, et au contraire celles à éviter, et je n'ai souvent plus besoin de parler pour que tu me comprennes. Tu sais toujours quoi dire dans toutes les situations, et tu ne laisses jamais de blanc dans nos conversations. Je ne m'ennuierai jamais tant que tu seras à mes côtés. J'ai eu la chance unique d'être tombée amoureuse et de m'être mariée avec ma meilleure amie. Et je retombe amoureuse de toi chaque jour, et chaque fois un peu plus fort.
Notre histoire n'a jamais été facile et ne le sera sans doute jamais, mais on a surmonté d'ici la tout ce que la vie a mis sur notre chemin, et tu te battras pour moi autant que je me battrais pour toi. Toutes ces années passées à apprendre à te connaître, à rire avec toi, à te raconter tous mes secrets, à supporter tes petits copains en serrant les dents de jalousie et enfin à t'avoir pour moi.
Notre première année véritablement à nous deux est un mélange de découvertes et de premiers pas. Premier baiser, première fois, premiers je t'aime, première copine. Mais aussi préparation à la guerre qui s'annonce, premières disputes et bientôt premiers adieux.
Puis des mois sans se voir, dans la question insoutenable de ce qui est arrivé à l'autre, la peur et le danger marchant main dans la main contre nous, mais enfin la victoire et la rédemption.
Une autre année trouble, faite de la joie de se retrouver à tous ces chagrins et ces traumatismes à surmonter. Faire des cauchemars la nuit, de plus en plus fréquemment. Se rendre compte qu'on ne peut plus dormir l'une sans l'autre et obtenir la permission exceptionnelle de te faire déménager dans ma chambre de préfète.
Une année qui passe si vite et qui nous amène à une autre année de séparation . Toi à Holyhead et moi à Londres. Ne se voir que les weekends, les jours fériés et les vacances, se dire que la séparation est rude et se demander si ça vaut le coup. Et puis faire des apparitions surprises dans le dortoir ou le bureau de l'autre et voir tes yeux briller de joie quand tu m'ouvres la porte, s'envoyer des lettres si lourdes que Coq a du mal à faire le voyage, t'entendre me dire qu'il faut tenir le coup pour nous deux, et me traiter d'imbécile en pensant que j'ai pu un instant douter en nous, alors que c'est la seule chose de ma vie qui ne faiblira jamais.
Et avoir raison.
Assister à ton premier match en tant que professionnelle et être si fière de l'aisance avec laquelle tu joues, te voir me faire un clin d'oeil dans le public lors de ma première conférence post-guerre au ministère et presque d'un seul coup, savoir, savoir que je ne peux plus vivre sans toi et que j'ai besoin de toi, tous les jours à mes côtés, pour le reste de ma vie. Prendre le temps de décision le plus court de ma vie pour poser la question, attendre pendant une infinité la réponse, et enfin obtenir ce dont j'ai toujours secrètement rêvé. Te voir me sourire au bout de cette allée qui semble à la fois si long et si proche, et se rendre compte que tout ça est bien réel. Jurer devant toutes les personnes que je connais de t'aimer et de te chérir tous les jours de ma vie, et t'entendre me promettre la même chose.
Et tenir parole. C'est ça notre histoire, mon amour.
Un craquement du lit me fait retourner vers toi, alors qu'en rêvant mon regard s'était détourné ailleurs. Tu souris étrangement dans son sommeil et on dirait que tu essaye d'embrasser une personne invisible, brassant de l'air avec ton bras libre. J'essaye de me pencher le plus possible vers toi sans te réveiller, et entend que tu murmures quelques mots incompréhensibles. Je me penche encore plus, collant presque mon oreille à tes lèvres, et comprend en fait que ce que tu marmonnes inconsciemment en boucle, c'est mon prénom.
« Mione … Mione encore … »
Je dois sûrement ressembler au chat du Cheschire tant mon sourire s'étale d'une oreille à l'autre, très fière de moi de te faire soupirer même ton sommeil. Je décide que puisque tu fais un rêve apparemment très satisfaisant, je vais te réveiller de la même manière, et je fais glisser ma main sous ton t-shirt pour qu'elle aille caresser ton ventre. Je me penche vers toi pour mordiller tendrement ton oreille, ce que tu adores plus que tout quand tu es réveillée, avant de lécher ton lobe d'oreille avec application. Je te sens d'un coup se mettre à bouger et se tendre sous moi, et tes murmures étouffés deviennent de plus en plus fort. Je laisse balader ma main un peu plus haut sous ton t-shirt , appréciant les frissons que je sens sous mes doigts, et mes lèvres poursuivent leur chemin de ton oreille jusqu'à ta joue, puis ton menton.
« Mione ? »
Ta voix est fatiguée et mal réveillée, et tu sens encore toutes les téquilas de la veille, mais je n'ai jamais eu autant envie de t'embrasser que maintenant.
" 'Jour amour …" Je parviens à murmurer entre deux baisers sauvages "Tu faisais un rêve équivoque avec un sourire si mignon que j'ai eu envie de le rendre réel ... "
" Oh mon dieu Mione … j'adore ce réveil "
« J'espère bien parce qu'attends toi à être très très souvent réveillée de cette manière dans les soixante ans à venir »
Tu glousses légèrement et glissant tes mains dans ma tignasse indomptable, tu m'attires à toi pour me faire rouler sur le dos.
" Je t'aime " tu chuchotes dans le creux de mon cou alors que mes yeux se ferment déjà dans l'anticipation de tes gestes. Je veux te répondre mais ta bouche est déjà sur la mienne et me coupe la parole pendant un bon instant, débranchant mon cerveau au passage.
De toute façon, je crois que j'ai trouvé la conclusion de ma petite liste.
Je t'aime tout simplement pour toi, Ginny Weasley.
