Isn't She Lovely - Stevie Wonder

En trente-cinq ans de carrière, j'en ai vu naitre des bébés.

Des bébés de toutes les formes et de toutes les tailles, des bébés blonds, bruns, noirs, aux cheveux bouclés, frisés, roux, chauves, aux yeux bleus, gris, verts, bruns.

Des jumeaux, parfois même des triplés, plus souvent des garçons que des filles. Et j'en ai vu des scènes de ménage, dans la salle d'accouchement numéro 23, ma salle depuis des années. Des maris mis à la porte par leur femme, ou trop effrayés d'y rentrer, des belles-mères qui insistaient pour assister au travail, des engueulades sur le prénom, sur le choix des parrains, des " je te l'avais dit que c'était une fille ", une fois même un " comment ça, des jumeaux ?" .

Et surtout, des moments de famille unique, à trois, quatre, cinq ou plus, tous réunis autour d'un nouveau petit être tout neuf, totalement émerveillé par le miracle de la vie.

Ma mémoire abimée de vieille dame en a effacé beaucoup. Mais il y a une famille que je n'oublierai jamais, ce sont les Weasley. Et quand je dis famille Weasley, je parle plutôt du clan Weasley, qui comprend les Granger et les Potter parcequ'apparemment ils sont tous reliés les uns aux autres d'une certaine manière . En même temps, à force de procréer au nombre de minimum un accouchement par an sur une période de quinze ans, on finit par se croiser souvent et se rappeler des visages et des noms.

Enfin se rappeler de tous, c'est vite dit.

A l'apogée de ma grande carrière d'infirmière-mage puéricultrice, je pouvais faire accoucher jusqu'à une douzaine de bébés par jour dans ma petite salle du sous-sol, alors se rappeler de tout les Weasley est vraiment difficile. Je me souviens de presque toutes les femmes, étant donné bien sûr que c'était à elle que je m'adressais et qui faisaient tout le travail, contrairement à leur chiffes molles de maris, et je crois me souvenir que tous les mâles avaient des prénoms royaux, sans doute par admiration de la royauté moldue.

Si il y en trois dont je suis cent pour cent sûre du prénom, c'est bien Hermione Granger, Ronald Weasley et Harry Potter.

Evidemment que je me rappelle du nom de ces trois la, ils ont supprimé le vieux Voldy. C'est comme si vous demandiez à un moldu si ils connaissent Martin Luther King, Gandhi et Lady Dianna.

Ne me jugez pas, mon grand-père était moldu.

Tous les mondes les connait. Ils ont sauvé le monde sorcier, quand même ! Et même l'autre Granger est connue, à ce qu'il parait. Mes collègues m'ont dit qu'elle jouait très bien au quidditch et quel avait reçu je ne sais quels prix.

Je ne m'intéresse pas au quidditch, ce sport de brutes qui a envoyé je ne sais combien de personnes dans l'hôpital même où je travaille, mais cette joueuse la, je l'aime bien. Sa femme aussi d'ailleurs. Elles ont quelque chose de … fascinant.

Ils l'ont tous d'ailleurs, dans cette tribu sauvage, cette espèce d'attraction entre eux qui force le respect et l'admiration. Peuh. Tant de niaiserie me dégouterait presque.

Avec les années et l'expérience, j'ai appris à me détacher de l'émotion qui nait toujours avec l'enfant en lui-même. Je ne peux pas me permettre - aucun membre du corps médical ne peut vraiment - d'avoir des sentiments pour ces bébés que l'on a observé grandir pendant des mois dans un monde à part et que pourtant l'on ne reverra jamais. Et les jours où des complications se font ou si l'on perd un enfant - même si avec les progrès de la science sorcière ces jours se font extrêmement rare - on ne peut pas se permettre de se laisser abattre alors que six ou sept bébés attendent de naître le reste de la journée et ont besoin de nos capacités maximales pour venir au monde.

Créer un lien d'attachement est si facilement fait, pourtant.

Et pour tous les bébés Weasley, et malgré ma réticence forte à me détacher de ça, j'ai été accrochée. Fortement.

Je me rappelle encore de la naissance du tout premier Weasley, qui en est faite était une première. Je peux encore me souvenir de l'arrivée catastrophée à mon service d'une horde de roux - et de quelques têtes blondes et brunes qui cassaient franchement l'harmonie du groupe - dont l'un aux cheveux longs essayait tant bien que mal d'empêcher les autres d'entrer dans la pièce où était déjà installée sa femme, une belle blonde qui n'a pas arrêté de crier dans une langue que je ne comprenais pas pendant tout le temps de l'accouchement. Ses frères, sœurs et belles-sœurs ont eu la décence d'attendre patiemment dans la salle d'attente - dans le silence religieux que vous pouvez imaginer ( ironie, quand tu nous tiens ) mais les parents des deux côtés tenaient absolument à entrer dans la pièce malgré les remontrances des jeunes.

Le grand rouquin à boucles d'oreilles - visiblement l'aîné de la portée- s'est vite fait déborder par le surnombre et n'a pas pu empêcher sa mère et sa belle-mère d'assister à la naissance du premier petit enfant, une belle petite fille toute blonde - à ma grande déception ; j'avais parié avec mon équipe que le bébé serait roux.

En tous cas, le grand rouquin - Willard ou Willy ou quelque chose comme ça - a compris la leçon. Pour son deuxième gamin, il a foutu tout le monde dehors, parents, frères et sœurs, et leur a interdit de rentrer avant qu'il leur donne l'autorisation. Mal lui en a pris puisqu'il s'est retrouvé seul pour soutenir sa femme pendant le travail et l'accouchement.

Bon je ne devrai pas vous le dire parceque je suis assermentée au secret médical, mais la femme blonde de l'aîné Weasley est quart-vélane, d'après ce qu'on m'a dit, et ce que j'ai compris pendant les trois accouchements que j'ai subi avec elle. Autant dire que les trois petits blonds ne sont pas vraiment nés dans la joie et la bonne humeur.

Leur mère, qui pourtant paraissait si charmante dans son état normal, est rentrée dans une rage folle pendant chaque accouchement et m'a ravagé la chambre - trois fois. Elle devait vraiment souffrir la pauvre, au vu des draps qu'elle a déchiré au moment de pousser, et aux centaines d'insultes en français qu'elle crachait à son mari et que personne ne comprenait - sauf sa mère - pour la naissance de leur première fille.

C'était d'ailleurs un drôle de moment, la fille allongée sur le lit en train d'hurler à l'agonie, la mère à côté en train de la gronder pour son langage peu approprié pour un bébé, la belle-mère en train de demander la traduction de ce qu'elle disait, et le mari au milieu de tout ça qui essayait de calmer tout le monde du mieux qu'il pouvait.

Le deuxième accouchement s'est quand même mieux déroulé, et le troisième aussi - mis à part le fait que la jeune infirmière de garde s'était trompée dans les doses de la potion anti-douleur, et que la pauvre blonde a ressenti bien plus que ce qu'elle n'était censée. Ses traits se sont littéralement déformés sous l'effet de la douleur, et quand le bébé est sortit, elle a littéralement rugit - ce qui a un peu effrayé son mari.

Quand Vélane pas contente, elle toujours faire ainsi.

En tous cas, ils nous ont fait trois beaux bébés blonds comme les blés, puisqu'apparemment la blondeur est dans leur gênes. Ces trois la ont sacrément baissé mes statistiques, puisque environ 80 % de leurs cousins sont roux.

Vous vous demandez sûrement comment je le sais. Il y a vingt-trois salles d'accouchement à Sainte-Mangouste, et ils auraient très bien pu aller dans une des vingt-deux avant la mienne. Les patients ne peuvent pas choisir où ils vont atterrir, seulement quel médicomage accoucheur qui les a suivit pendant la grossesse viendra délivrer le bébé, mais chaque infirmière qui comme moi à sa propre salle peut choisir qui elle y accueille. Et depuis ce mois de mai 1999, j'ai fait envoyer toute personne rousse ou accompagnant une femme enceinte rousse dans ma salle, pour être sûre d'accoucher tous les Weasley.

Ne croyez pas que c'est pas sympathie, ou amitié de la famille. Je voulais juste savoir quel serait le pourcentage de bébés roux. Malheureusement, mes statistiques ont été faussées par quatre blonds, quelques bruns et d'autres noir corbeaux. Il faut dire que pas un des fils et fille Weasley ne se sont mariés avec des rousses, ce qui n'aide pas mes chiffres.

Le deuxième dans l'ordre chronologique ne s'est même pas marié du tout, et on ne l'a jamais vu avec un bébé - à lui en tous cas. Ni avec une fille d'ailleurs. Ou un garçon. Mais il est toujours la à traîner quelque part dans l'hôpital le jour d'après une naissance, et c'est souvent le dernier à partir quand tout le monde remballe.

Le troisième fils - Perceval, c'est ça ? Ou Pierre ? - bon, ce roux la qui travaille au ministère; lui a eu les deux plus beaux accouchements que j'ai fait. Il a amené sa femme, une petite brunette toute gentille et adorable avec le personnel de l'hôpital, parfaitement dans les temps pour les deux fois, et est resté dans la salle pour lui tenir la main et la rassurer - comme un bon père dévoué et un mari aimant.

Tout était organisé et méthodique à son image, et ils ont eu deux petites filles rousses mignonnes comme leur maman et calmes comme leur père. Un vrai rêve.

Autant dire que le frère d'après n'a pas vraiment vécu les mêmes conditions idylliques d'accouchement. Il était drôle ce grand rouquin la, toujours le premier à essayer de faire rire la galerie et à sortir une bièraubeurre pour détendre l'atmosphère.

Autant dire qu'il a beaucoup moins ri quand sa femme lui a jeté sa montre à la tête en criant que c'est lui qui avait voulu un bébé et qu'il n'avait qu'à le pousser de là lui-même au lieu de lui demander de respirer et de pousser. C'est après la naissance de son fils, un beau bébé à la peau ambrée et aux yeux bleus comme les siens, qu'il m'a soufflé tout bas alors que je faisais disparaître la blessure au dessus de son œil avec un peu d'essence de Dittany que c'était la dernière fois qu'il faisait ça.

Il a quand même recommencé quatre ans plus tard, et il a faillit ne pas assister à la naissance de sa fille tant il avait peur de sa femme, qui avait juré qu'elle le tuerait si elle le voyait. On a réussi à la calmer et à la convaincre que lancer tout ce qu'elle trouvait à la tête de son mari à chaque fois qu'il pointait le bout de son nez dans la salle d'accouchement n'était peut-être pas la meilleure idée, et une petite fille totalement chauve et aux traditionnels yeux bleus est née.

Apparemment, c'est une tradition dans cette tribu d'effrayer le mari au point de le faire sortir de la salle de travail, et vous seriez étonnés de savoir le nombre de fois où j'ai dû aller chercher le rouquin de mari dans le couloir de l'hôpital, alors qu'il était en train de faire un conseil de guerre avec le reste de la famille pour trouver la tactique à aborder pour réussir à re-rentrer dans la chambre sans créer une troisième guerre sorcière.

Et même un mari aux cheveux noirs une fois.

Oui, parceque même le grand Harry Potter s'est fait mettre à la porte par sa femme quand est venu le moment de mettre au monde son premier fils. Pour un homme qui a supprimé le vieux Voldy de la face de la terre, Merlin sait à quel point il a été inefficace quand il a fallut calmer sa femme, qui avait refusé de prendre des potions anti-douleur pour avoir un accouchement plus ' naturel ' .

Si elle l'a senti passer, l'accouchement naturel, lui aussi, le pauvre. Elle lui a cassé le poignet pendant une contraction un peu violente, cassé au sens littéral, double fracture avec élongation des ligaments, du terme. Et le pire c'est qu'il n'a rien osé dire avant que le bébé soit né, de peur qu'elle ne lui casse l'autre sûrement.

Remarque, c'était assez drôle de le voir, alors que sa femme s'était enfin endormie en serrant leur fils dans ses bras, se ramener dans le poste d'infirmerie avec le bras en écharpe et demandé timidement si on ne pouvait pas faire quelque chose pour sa main, qui le faisait " un peu souffrir ". On lui a réparé ça en quelque coups de baguettes et une potion, et je n'ai jamais su si la blonde l'avait jamais su au final.

En plus, elle était gentille comme tout, la petite blonde Potter. Toujours un sourire pour nous, toujours un merci quand après l'accouchement on venait faire les examens au bébé et à elle-même, un vrai ange. Un ange qui se transformait un peu pendant ses accouchements, quoi . Le pauvre Potter passait plus de temps dans le couloir à demander des conseils aux deux autres membres du trio d'or plutôt que dans la salle de travail.

A ce niveau la, Ronald Weasley était pas mieux.

D'ailleurs, il a carrément fait mieux que tout le monde en étant tout simplement absent lors de la naissance de son premier enfant. Absent, oui, vous avez bien lu. Absent, du début à la fin du travail, n'arrivant comme par miracle essoufflé et les joues rouges que au moment même où sa fille commençait à sortir le bout de sa tête.

D'après ce que j'ai compris, Potter et d'autres des amis ( ou collègues de boisson ) l'avaient emmené fêter ses derniers jours de tranquillité en Hollande, à Amsterdam je crois, pour un " weekend entre potes " , une sorte deuxième enterrement de vie de garçon.

Ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'est que le bébé avait décidé qu'il naitrait trois semaines avant la date prévue, et le temps que le père soit prévenu d'un patronus et rapatrié d'urgence à Londres, sa pauvre femme était déjà dans la salle de travail, en train de broyer les mains de sa mère et d'Hermione Granger ( qui hurlait à qui voulait l'entendre qu'elle étriperait elle même Ronald Weasley quand il arriverait ), prête à délivrer le bébé.

Heureusement, toute cette coordination minable s'est bien terminé. Personne n'a été étripé au final, et toute menace de mort envers Weasley a été oubliée quand il est sortit de la chambre 23 avec une ravissante petite fille rousse entre les bras, aussi fier de lui que si il avait poussé le bébé de son propre vagin.

Les hommes sont étranges.

En attendant, sa famille l'a tellement sermonné sur son absence lors de la naissance de sa fille que pour la deuxième, Weasley Junior a eu la décence d'arriver à l'heure, et en même temps que sa femme. C'est là qu'il a compris ce qu'il avait raté la dernière fois, et qu'il a réalisé que finalement arriver comme une fleur au tout dernier moment n'était pas si mal que ça. La dernière fois, il avait eu la chance de rater toute la partie pré-naissance et n'assister qu'à l'arrivée d'un adorable bébé, mais cette fois-ci, les broyages de main, les insultes, les menaces de divorce et autres douceurs, c'était pour sa citrouille. Alors tout comme son meilleur ami Potter, lui aussi a commencé à faire des aller-retour incessants entre le couloir et la salle de travail jusqu'à ce que sa sœur lui interdise de revenir les voir avant que le bébé soit né.

Bizarrement, il avait l'air encore plus effrayé par sa petite sœur - qui soit dit en passant était enceinte jusqu'aux dents, ce qui jouait peut-être sur son humeur - que par sa femme, qui lui criait de revenir dans la salle de travail si il était un homme.

L'homme était paniqué mais est resté quand même, immobile au fond de la salle, jusqu'à ce que sa femme l'appelle et qu'il se réveille d'un coup, enfin prêt à servir à quelque chose. Je ne sais pas vraiment si sa présence s'est révélée utile, mais sa brune a accouché d'une autre petite fille, belle comme un cœur, qu'il est ensuite aller présenter au reste du troupeau comme la huitième merveille du monde.

Ah les hommes.

Au moins, les deux petites dernières de la famille n'ont pas eu ce soucis à se faire. Je ne l'admettrais sans doute jamais, et certainement pas à la Granger rousse, mais de tous les couples qui sont passés dans ma salle 23, c'est certainement mon préféré. C'est les seules qui m'ont fait rire, crier, applaudir et je dois l'admettre, presque pleurer, à la naissance de chacun de leur enfant.

Oui, parcequ'en plus, ce sont les seules qui ont continué la grande tradition familiale de faire autant d'enfants qu'il y a de joueurs dans une équipe de quidditch.

Quatre enfants, pour le moment, dont la dernière addition est née il y a une heure, et rentre déjà dans mon top trois des plus beaux bébés qui sont nés dans ma salle.

Et en plus, elles ont insisté pour que tous leurs suivis médical de grossesse et tous leurs accouchements se déroulent ici, à Sainte-Mangouste, alors que le monde moldu auquel appartient Hermione Granger est sans aucun doute aussi avancé que nous, voire plus, dans le domaine obstétrical. Apparemment, elles adorent Sainte-Mangouste parceque d'après ce que l'on m'a raconté, l'une a demandé l'autre en mariage dans une des salles du premier étage. Qui se fiance dans un hôpital sérieusement ? Ces stars du show bizz …

Au moins, leur célébrité ne leur est pas monté à la tête, et elles sont restées modestes et plutôt simples. Je dis plutôt, parceque si elles ne jouent pas de leur notoriété, ça n'empêche pas les gens de les reconnaitre dans les couloirs de l'hôpital et de les arrêter pour un autographe ou une photo, alors qu'elles même cherchent juste un peu de tranquillité hors de la folie de la salle d'accouchement. Elles ne disent jamais non, bien sûr, mais on peut voir à ces moments dans leurs yeux un peu de fatigue, voir d'exaspération. Ce sont des stars, que voulez-vous. Tout dans leurs vies est exceptionnel.

Rien que la naissance du premier Granger, tiens. Il fallait le voir pour le croire …

J'étais partie prévenir ma chef, la guérisseuse Summer Jones, pour la prévenir que l'accouchement était imminent, et puis je suis retournée dans ma salle 23, qui ne contenait que trois personnes à mon départ. Quand je suis rentrée à nouveau dans la salle, et vu qu'il y avait au moins une quinzaine de personnes autour du lit, dont trois assis directement dessus, en train de rire et de siffler des bièraubeurres comme si ils étaient au bistrot, accompagné de plus par une femme aussi enceinte qu'Hermione, trois joueuses de quidditch dans leurs uniformes et un elfe de maison en train de jouer avec trois enfants en bas âge, j'ai faillit faire une syncope .

J'ai viré tout le monde à grands cris, et leur ait interdit de revenir avant permission. Je me doute bien qu'ils sont rentrés en cachette dès que je quittai la salle, mais au moins plus aucune bièraubeurre n'a passé le palier de ma salle.

Le bébé est né dans les cris et les pleurs, et à peine sorti, Ginevra Granger s'est mis à me suivre et observer chacun de mes gestes d'un regard méchant, ce qu'aucun de ses frères n'a fait, pour vérifier que je n'allais pas casser son fils, ou l'échanger avec un chiot, qui sait. Bizarrement, ça ne m'a pas énervé du tout, au contraire, j'ai trouvé ça plutôt mignon . Ne lui répétez pas ça.

Contrairement à leurs frères aussi, elles ne sont pas aller présenter le nouveau né à la famille à peine sorti du ventre de sa mère, non, elles ont essayé le garder pour elles le plus longtemps possible. J'ai trouvé ça adorable, de les voir toutes les deux sur le lit d'hôpital, tenant en même temps le bébé dans leurs bras, malgré la fatigue et la douleur, comme si il n'y avait qu'eux trois dans la pièce, qu'eux trois au monde.

Et pour les jumeaux qui sont nés quelques années après, elles ont fait encore mieux puisqu'elles n'ont prévenu la famille qu'après que les deux garçons soient nés. Pas de frères en train de boire de l'alcool dans le couloir, pas de grands parents en pleurs, pas de pique nique devant ma porte … juste elles deux, et leurs bébés. Je leur en est été très reconnaissante, le reste de la famille un peu moins. Mais pour elles, la naissance est sacrée et doit rester un moment de rencontre entre les parents et l'enfant seulement. Je trouverai presque ça beau, si je m'autorisai à ressentir des choses.

Et le petit bébé né tout à l'heure, qu'Hermione Granger tient en ce moment serré contre elle, alors que sa femme a finit par perdre son combat contre le sommeil, il provient sans doute du plus bel accouchement que j'ai fait de ma carrière.

Ginevra était plus dans l'insulte et les reproches que l'avait été sa femme les deux dernières fois, mais elle avait totalement confiance dans la brune, et ses yeux niaient tout ce que disait sa bouche. Bizarrement, ce n'était pas contre sa femme que se dirigeaient les " ça fait un mal de chien bordel " et les " pousse toi même ! " ou encore le petit " c'est toi qui l'a mis la dedans, maintenant tu vas l'enlever ! ", jamais contre sa femme, mais bien contre Madame Jones, ou même contre moi. C'était plutôt une première. D'habitude, les femmes qui accouchent insultent surtout le mari, jamais l'obstétricienne.

Mais Ginevra Granger n'est pas comme tout le monde, et n'a pas une seule fois des sept heures qu'a duré le travail dit un mot de travers à sa femme.

Celle-ci a finit par monter sur le lit - bravant mon interdiction bien sûr - derrière la rousse, pour la soutenir dans chaque contraction . Un vrai travail d'équipe. Une petite fille adorable a finit par naître, et comme l'avait fait l'autre Granger, Hermione a suivit mes moindres faits et gestes avec le bébé avant que je ne lui rende, et je crois bien qu'elle ne l'a pas lâché depuis.

Je peux voir par mon carreau que les grands parents et quelque frères roux sont déjà là, et attendent patiemment dehors de rencontrer le bébé, mais connaissant les deux Granger, ils pourront attendre encore quelques heures.

Hermione et Ginevra Granger viennent d'avoir une fille. Et elle est déjà la petite fille la plus aimée au monde.