Encore un énorme merci pour toutes vos reviews, et particulièrement à Patronus71, qui m'a donné assez de suggestions pour encore écrire pendant deux ans ... j'ai tellement rigolé en lisant la numéro 22 que j'ai commencé sérieusement à écrire un début de chapitre POV Pattenrond ... je le posterai peut-être qui sait :P Un grand merci en tous cas !
Landslide - Fleetwood Mac
Tu es en avance aujourd'hui. Oh, ce n'est pas inhabituel pour toi d'être en avance quelque part, surtout si c'est pour aller chercher tes enfants à l'école, mais aujourd'hui on est vendredi, et les vendredis tu as toujours un gros meeting avec tous les employés de ton bureau pour faire le résumé de la semaine et l'avancement du projet sur lequel vous êtes en cours, et il est rare que tu en sorte avant dix-huit heures.
Et pourtant il est quatre heures et quart et tu es là, devant le portail fermé de l'école maternelle de Sainte-Gudule, parceque tu as promis à ta femme que tu irais chercher les enfants, et que tu as coupé court à ton meeting pour être sûre d'être à l'heure.
Tu as fait un petit signe de loin aux quelques parents que tu connais, enfin surtout la mère d'Emilie qui est venue parler avec toi cinq minutes pour inviter Leo à l'anniversaire surprise de sa fille – tu as dit oui tout de suite évidemment, tu sais à quel point Leo adore la petite fille.
Le problème c'est que Ginny le sait aussi, et elle a déjà fait tout un discours à Leo comme quoi chez nous les Granger, on traite bien les dames et je ne sais quelles autres bêtises qui ont fait mourir de rire Geri quand Leo le lui a ressorti. Ginny était vexée, mais quand tu lui as assurée que personne ne t'avait aussi bien traitée qu'elle de toute ta vie, elle a paradé toute la journée en lançant à Geri de prendre des notes.
Ta femme est folle, mais tu l'aimes comme ça. Et dans quelque mois, elle va te faire le plus beau cadeau qu'il soit.
« Hermione ! »
La voix de Luna te tire de tes pensées, et tu vas tout de suite embrasser ton amie, qui comme d'habitude est complètement rayonnante.
Vous aviez décidé avec Harry, bien avant leurs naissances à tous, que vos futurs enfants iraient à l'école maternelle et primaire moldue avant leur entrée à Poudlard, et Luna et Ginny ont tout de suite donné leurs accords. Même si elles ne comprennent pas toujours tout le système moldu et le monde dans lequel grandissent vos enfants, elles comprennent qu'il est important qu'ils connaissent leurs racines et qu'ils en soient fiers, comme Harry et toi l'êtes. Et le gros avantage est que Albus et Leo sont dans la même classe, tous les comme les jumeaux et Lily, ce qui rend beaucoup plus facile les jours où un seul adulte doit aller chercher tous les enfants d'un coup.
« Comment tu vas ? » tu demandes à Luna, et elle sourit joyeusement
« Harry rentre ce soir à la maison ! On va préparer une petite fête surprise avec les enfants pour fêter ça »
« Mais Luna, Harry rentre tous les soirs à la maison … » tu dis en fronçant les sourcils « Je croyais qu'il partait en mission la semaine prochaine ? »
« Oui, il part lundi dans le Nord de la France ! »
« Et tu lui fais une fête de retour de mission trois jours avant qu'il parte ? »
« C'est ça la surprise ! » lance Luna en riant, et tu souris aussi.
Tu adores Luna pour son excentricité, mais encore plus pour toute la joie qu'elle apporte autour d'elle. Tu n'as jamais vu Harry aussi heureux depuis longtemps, et tu ne pourras jamais en être assez reconnaissante à la Serdaigle.
Les portes de l'école s'ouvrent et les enfants des classes les plus élevées commencent à sortir, certains en se tenant la main, d'autres en traînant leurs cartables par les branches et encore d'autres en courant dans tous les sens. Inutile de préciser de quel groupe font partie Albus et Leo, qui font apparemment la course pour savoir qui se jettera en premier dans tes bras et ceux de Luna.
« Bonjour mon chéri » tu souris à ton fils aîné en embrassant ses boucles brunes « Tu as passé une bonne journée aujourd'hui ? »
« Oui Mommy ! » sourit il « Aujourd'hui en art plastiques on fait de la peinture ! »
« Je vois ça » tu soupires en observant la grosse tâche verte sur le col de son polo blanc, et la coulure de peinture bleue sur la joue d'Albus « Tu nous as fait un beau tableau ? »
« J'ai fait Mama sur son balai » chuchote-il d'un air mystérieux « Mais j'ai pas dit que c'était elle pour que personne ne le sache »
Tu rigoles un peu et tu tournes vers ton neveu, que Luna est en train de récupérer pour faire partir la peinture sur sa joue, et apparemment dans ses cheveux « Et toi mon Albus, qu'est-ce que t'as peint ? »
« Toute la famille ! » sourit-il fièrement, et ses yeux verts pétillent de la même ardeur que ceux de son père quand il est excité
« Toute la famille ? » s'étonne Luna
« Oui Maman ! Moi, et James, et Lily et toi plus Papa, et tous mes cousins, et Papi et Mamie, et Pop-Pop, et tous mes oncles et toutes mes tantes ! »
« T'es sûr que ça rentre sur une seule feuille ça ? Il te faudrait plutôt une toile » tu rigoles.
Albus secoue la tête « Non Tata, j'ai dessiné en tout petit pour que tout le monde rentre ! »
« Tu me le montreras ? » tu demandes
« Promis ! » sourit Albus
« Moi aussi Mommy ! » lance Leo
« Oh toi mon chéri, je suis sûre que ta Mama va se faire une joie d'accrocher le tien sur le frigo » tu soupires.
Depuis que tu as introduit ta femme aux magnets, ton frigo est absolument recouvert de photos et de dessins des enfants que Ginny tient absolument à accrocher, malgré leur mocheté évidente. Tu encourage tes enfants à dessiner bien sûr, mais de là à accrocher le moindre gribouillis qu'ils font partout dans ta cuisine, il y a un pas que ta femme a franchi joyeusement sans toi.
« Albus où est ton frère ? » demande Luna, et Albus pointe derrière lui James, qui est en train de discuter avec ses copains. James vous voit et fait signe qu'il arrive, et tu te tournes vers Leo pour lui demander si il a bien dit en revoir à tous ses amis avant d'aller chercher ses petits frères, et il file tout de suite dire en revoir à Emilie.
« Tata » te chuchote malicieusement Albus à ton oreille « Tu crois que Lee il est amoureux d'Emilie ? »
« Oh, moi je crois que oui » tu lui souris « Mais n'en parle pas à ta tata Ginny surtout ! »
Albus rigole et te tape dans ta main, alors que Luna sourit rêveusement en regardant Leo et Emilie se dire au revoir. James et Leo finissent par vous rejoindre – James t'annonce avec joie qu'il a eu un dix-huit sur vingt à sa dictée et tu l'embrasses en lui promettant que tu lui apporteras demain un paquet de bonbons pour le féliciter.
Vous partez tous vers les classes des maternelles, où il faut que les parents se présentent pour aller récupérer leurs enfants. Dès que la maitresse vous voit arriver, elle appelle Lily et les jumeaux, qui accourent avec leurs cartables sur les épaules vers vous.
« Mommy ! » disent Benjamin et Alexander dans un mouvement très coordonné alors qu'ils attrapent chacun une de tes jambes.
« Bonjour mes amours » tu rigoles « J'espère que vous avez été sage aujourd'hui ! »
« Oui ! » sourient ils tous les deux dans un sourire si parfait que tu n'en crois pas un mot.
« Bon aller, filez dirent en revoir à votre maîtresse et excusez-vous pour toutes les bêtises que vous avez faits aujourd'hui » tu soupires, et ils trottinent vers leur maîtresse – qui à tes yeux est une sainte pour les supporter toute la journée – avec Lily pour leur dire en revoir. Tu récupères ensuite leurs petits sac à dos, alors que James qui est un gentleman porte celui de sa petite sœur, et vous sortez tous de l'école dans un joyeux capharnaüm sonore.
« Maman, maman » demande James en s'agrippant aux jambes de Luna « Je peux aller chez Marraine et Tata Ginny ce soir ? »
« Moi aussi ! » lance Albus
« Oh moi aussi Maman ! » rajoute Lily
« Dis oui Maman ! » supplie James, supporté par ses frères et sœurs, comme tes propres enfants
« Jamie, je crois que Maman a quelque chose de prévu pour vous ce soir » tu dis à James, qui fait tout de suite une grimace triste « Mais vous pouvez venir tous les trois à la maison samedi après-midi si vous voulez »
« Ouais ! » lancent tous les enfants en se congratulant tous ensemble
« Hermione, tu es sûre ? Ginny a besoin de repos en ce moment … » commence à protester Luna, mais tu secoues ta tête de droite à gauche
« Ginny adore avoir les enfants à la maison, tu sais bien, et ça nous permettra de nous entraîner pour quand le bébé sera là » tu souris « Profite de ton weekend avec ton mari, il part pour une semaine après ça ! »
« Vraiment sûre ? »
« Vraiment sûre » je souris « Harry a qu'à venir me les déposer avant le déjeuner, et on les emmènera au Terrier le soir. Mais à charge de revanche ! »
« Bien sûr » promet Luna « Aller les enfants, dites au revoir à vos cousins on doit rentrer à la maison préparer la surprise pour Papa ! »
Tout le monde se dit en revoir, ce qui prend un certain temps vu le nombre que vous êtes, et enfin chacun repart de son côté, les mains de Ben et Alex bien serrées dans les tiennes.
« A demain ! » tu lances par-dessus ton épaule aux quatre Potter qui s'éloignent, et Lily se retourne pour t'envoyer un dernier bisou.
Vous marchez un instant dans les rues moldues, alors que tes trois garçons discutent entre eux de ce qu'ils vont faire ce samedi avec leurs cousins, et que tu les écoutes discuter en souriant. Tu adores ces moments-là, où vous pouvez avoir une vie de famille banale, sans paparazzi qui vous suivent ou de journalistes qui jettent des micros dans nos nez.
Ici les noms Harry Potter, Ron Weasley et Hermione Granger sont complètement anonymes. Vos enfants peuvent aller à l'école sans qu'on leur demande sans cesse quand leurs parents célèbres viendront les chercher, ou laquelle de leurs mères vient aujourd'hui. Enfin sauf pour le père d'Emilie, qui est un fan inconsidéré de Ginny et que comme par hasard on voit souvent à l'école les jours où elle vient les chercher.
Mais dès que tu passes sous le petit tunnel repousse-moldu qui te mène dans le monde sorcier, les regards commencent à se retourner sur toi et les gens t'arrêtent, pour te demander si c'est bien toi, pour quémander un autographe ou tout simplement pour te dire merci.
De temps en temps, un flash te signale la présence de photographes, et de suite tes enfants ont le réflexe que vous leur avez appris de protéger leur visage et de cacher leurs yeux.
Tu aurais voulu que tes fils n'aient jamais à subir les effets négatifs de cette célébrité que tu n'as jamais souhaité, mais une de leurs mères a contribué à sauver le monde sorcier et l'autre est championne de Quidditch, alors il est difficile d'éviter la presse people. Vous les protégez comme vous pouvez, en essayant de limiter les photos et de citer leurs noms le moins possible dans la presse, mais souvent ça ne suffit pas.
Les premières photos qui ont fuité dans la presse remontent au mariage d'Harry et Luna. On y voit le survivant et sa nouvelle épouse en train d'ouvrir le bal, un sourire aux lèvres et l'air ravi. Les autres invités sont flous, et on voit bien que la photo a été prise en hâte, sûrement derrière un pilier ou une porte. Tout le monde s'est tout de suite posé la question de quel invité avait vendu les photos, et quand les mêmes photos de votre mariage sont apparues en une de Sorcière Hebdo, Ginny ne s'est pas gênée pour accuser allègrement Patrick.
On l'apprendrait plus tard, mais les photos avaient été obtenues par Rita Skeeter elle-même, qui avait cassé sa promesse avec toi de ne plus réutiliser sa forme animagus pour obtenir des informations. Autant dire que quand son petit secret et ses méthodes douteuses ont été révélés comme par magie dès le lendemain dans la presse concurrente de Sorcière Hebdo, elle l'a senti passer.
Et puis, les choses ont commencé à mal tourner avec les premières photos de James. Après sa naissance et pour rester dans un repos relatif, Harry et Luna étaient restés quelque mois Square Grimmaud, protégés par les différents sorts de protection de la maison. Tout le monde leur rendait visite en utilisant directement leur cheminée, Ginny et toi, Molly, ou Ron leur faisaient leurs courses, et ils ne sortaient qu'en transplanant directement.
Quand James avait environ trois mois, Harry avait fini par sortir dehors avec son fils dans les bras, pour aller au ministère à pied, ce qu'il n'avait pas fait depuis un bon bout de temps, et comme par hasard, un photographe embusqué l'attendait au coin d'une rue. Le lendemain même les grands titres affichaient " Le premier fils du survivant, photos exclusives", avec un article de quelques lignes sur le pourquoi du comment du prénom du bébé. Il avait fallu retenir Ron d'aller incendier les locaux de la rédaction, et Kingsley lui-même avait pris l'affaire en charge.
Malgré le procès qui avait suivi, et que les Potter sans grande surprise avaient gagné haut la main, Skeeter et ses acolytes avaient cessé de photographier James, mais pas les autres membres de la famille, et au fil du temps étaient sorties des photos de Fred, d'Albus, et inévitablement de Leo.
Cette fois-ci, c'était Ginny et son escadron de Harpies qu'il avait fallu empêcher d'aller dire leurs façons de penser aux journalistes de Sorcière Hebdo. Tu te rappelles parfaitement de la toute première photographie, qu'Eva t'avait montré alors que tu étais passée au ministère présenter Leo à tes collègues.
La photo vous représentait toi et Ginny, assises dans un parc moldu, avec dans tes bras un Leo âgé de quatre mois, et que Ginny embrassait sur le front. La photo était assez réussie, et tu ne l'avais jamais dit à ta femme mais tu avais gardé un exemplaire du magazine dans un tiroir de ton bureau, enseveli sous une pile de dossiers pour qu'on ne le retrouve jamais. L'article n'était pas méchant non plus, et même plutôt drôle.
Selon une source "sûre", ton accouchement avait duré environ onze heures, pendant lesquelles tu avais réclamé qu'on ne te donne aucun médicament ni aucune anesthésie pour avoir un accouchement naturel et que Ginny avait failli le rater à cause de son match, arrivant miraculeusement à temps pour couper le cordon.
Toi ça t'a fait rire, et Harry et Luna aussi, mais ni Ginny, ni Ron et ni George n'ont apprécié le fait que le magazine se pose la question si le retard aux accouchements était une coutume chez les Weasley, et Sorcière Hebdo a été banni de toute la famille, à la grande tristesse de ta belle-mère, qui doit maintenant le lire en cachette.
Aujourd'hui, heureusement, c'est plutôt calme. Oh il y a bien une petite sorcière qui te serre la main et dit bonjour aux garçons, et un Papa avec son petit garçon qui te demande un autographe, mais pas de photographes aujourd'hui, ce qui t'étonne un peu parceque depuis que la grossesse de Ginny commence à se voir, ils ne vous lâchent plus.
Tu ne vas pas te plaindre du manque de journalistes en tous cas, et profite de ta nouvelle intimité pour demander aux garçons si leur journée s'est bien passée.
Les jumeaux te racontent en détail chaque minute de leur journée, en insistant bien sur le repas de la cantine qui était méga-utlra-supra bon, Mommy !, ce qui te fait bien rire et te fait penser à quel point ces deux-là ressemblent à Ginny.
Leo est un peu plus silencieux, ce qui est inhabituel, et tu t'empresses de lui demander ce qui ne va pas.
« Je crois que j'ai fait une bêtise aujourd'hui, Mommy » dit il tristement, et tu lui demandes aussitôt quoi. « Tout à l'heure, quand on était en train de peindre, j'ai fait tomber le verre à peinture par terre »
« C'est tout ? » demanda Alex, et tu fronces les yeux ver lui parceque tu as comme l'idée que tes deux petits monstres ont encore fait des siennes aujourd'hui, et le fait qu'ils ne considèrent même pas renverser un verre d'eau plein comme une bêtise t'inquiète un peu.
« Même si ce n'est pas quelque chose à faire » tu commences en lançant un regard entendu à Alex, qui sourit innocemment « C'est pas une bêtise très grave mon chéri. Ca arrive tout le monde d'être maladroit, tu sais »
« Non Mommy, je l'ai pas fait tomber en donnant un coup de coude » dit Leo « Je l'ai pas touché et il est tombé par terre quand même »
Tu souris un peu, parceque tu comprends exactement ce qu'il s'est passé. Les pouvoirs sorciers de Leo se développent, et cela fait maintenant un petit bout de temps qu'il fait clignoter des ampoules et fait voler des crayons à travers les pièces. Tu sais qu'il sera un grand sorcier.
« Quelqu'un t'as vu ? » tu demandes
« Non je crois pas » dit Leo « La maitresse a dit que c'était un accident … mais Mommy, Albus lui il fait jamais tomber des verres par terre ! Pourquoi c'est toujours moi »
« Lee, chéri, je t'ai déjà expliqué ça plusieurs fois » tu dis en t'arrêtant devant un croisement de rue « Les pouvoirs magiques se développent différemment chez tout le monde. Toi, tu es comme moi, tu fais voler des objets autour de toi. Albus ne fait pas voler des verres, mais il a déjà cassé une vitre parcequ'il était énervé »
« Tu faisais voler des objets aussi, Mommy ? » demande Ben
« Quand j'étais excitée ou énervée oui » tu souris « Votre Tonton Harry une fois a fait repoussé ses cheveux en une seule nuit quand il avait neuf ans ! »
« Wow ! » font Ben et Alex en même temps
« Mommy, quand je serai à Poudlard, est-ce que je pourrai faire apparaître un animal comme ta loutre ou le cheval de Mama ? »
« Dans quelques années, tu pourras sûrement » tu souris, et tu vois de nouveau le sourire en coin si typique des Weasley reparaître sur le visage de Leo.
Tu le verrais bien aller à Gryffondor, Harry et Ron aussi d'ailleurs, mais Ginny te répète souvent que même si le fait qu'il aille dans votre maison la remplirait de fierté, il reste ton fils et la porte de Serdaigle lui reste grande ouverte. Pour elle, toutes les possibilités sont possibles et un jour elle t'a fait un discours en plusieurs points très précis sur pourquoi Leo pourrait aller dans chacune des maisons. Tu le regardes prendre la main d'Alex pour l'aider à traverser le passage piéton et tu souris tendrement.
Il a tellement grandi, ton petit garçon, et tu demandes ce que le futur lui réserve. Est-ce qu'il sera joueur professionnel comme sa mère, médicomage ou professeur à Poudlard ? Ou un métier moldu, comme vétérinaire, astronaute ou artiste peintre ? Peu importe ce qu'il veut faire, toi et Ginny le soutiendrez toujours.
Penser au futur de ton fils aîné te ramène toutes ses années en arrière, quand tu avais son âge et que tu ignorais encore tout du monde sorcier. Toi, qui à dix ans lisait en boucle Mathilda de Roald Dahl, et qui te demandais si un jour tu aurais des pouvoirs exceptionnels comme elle. Et ils sont apparus du jour au lendemain, et d'un coup tu pouvais claquer les portes en clignant des yeux et soulever les peluches de ton lit sans les toucher.
Tu n'aurais jamais cru avoir des pouvoirs spéciaux, ou devenir une grande sorcière.
Et pourtant aujourd'hui, ta notoriété est assez grande pour que tu continues de recevoir régulièrement des demandes d'autorisation de biographies – que tu refuses toujours, certaines choses resteront à jamais entre Harry, Ron et toi – et que Kingsley t'a déjà demandé deux fois d'accepter ta nomination au poste de Première Adjointe au Ministre, qui est le poste directement dans la succession du ministre.
Tu sais parfaitement que si tu acceptes maintenant, tu te retrouveras Ministre de la Magie dans deux ou trois ans, quand Kingsley prendra sa retraite. La première fois que Kingsley t'en a parlé, tu ne peux te dire que tu aies été réellement surprise – après tout Ron t'a répété pendant des années que tu finirais ministre un jour, et Harry a toujours dit qu'il ne se sentait pas assez responsable pour endosser la responsabilité d'un tel travail – mais tu as vite écarté l'idée, protestant que tu étais trop jeune et que tu n'avais pas fini de faire passer toutes les lois que tu souhaitais.
Kingsley est revenu à la charge il y a quelques semaines, et tu lui as demandé le temps d'en parler à ta femme pour lui donner ta décision. A vrai dire, tu te trouves encore un peu jeune pour autant de responsabilités et, tu voudrais attendre que tes enfants soient tous à entrés Poudlard avant de devenir ministre – si tu le deviens un jour. Ton dernier bébé n'est même pas encore né à l'heure actuelle, tiens, tu as encore le temps d'attendre !
Quand tu en as parlé à Ginny, elle t'a souri simplement et t'as dit que c'était à toi de prendre la décision, car vous aviez toujours réussi à tout gérer d'ici là et que ce n'est pas parceque tu obtenais le poste important de tout le monde sorcier d'Angleterre que ça allait changer vos vies. Tu sais qu'elle est fière de toi, et s'il y a bien un avis qui compte plus à tes yeux que n'importe lequel, c'est le sien.
Tu admires ta femme, plus aujourd'hui que jamais. Elle a arrêté le quidditch professionnel il y a quelque mois maintenant, et tu sais que ça lui manque plus que ce qu'elle ne veut l'admettre. Elle passe beaucoup de temps à Holyhead, où Gwenog l'invite à faire des sessions d'entraînement avec les nouvelles joueuses - il faut dire que beaucoup des anciennes sont parties en même temps qu'elle et toute une nouvelle génération les as remplacées.
Tu sais qu'elle aime bien son nouveau travail, elle a toujours aimé écrire ta Ginny – pour preuve les centaines de lettres enflammées de sa période centre de formation que tu gardes précieusement dans une boîte sous votre lit – mais l'étincelle que tu voyais dans ses yeux quand elle volait valait pour toi tout l'or du monde. Heureusement tu la voir encore cette étincelle, quand elle joue avec vos enfants, quand elle passe une main sur son ventre où grandit votre petit dernier ou quand elle se glisse dans tes bras la nuit.
« On arrive ! » lance joyeusement Alexander, qui te tire de ta rêverie « C'est moi qui ouvre la porte ! »
Tu glisses ta clef dans la serrure, mais laisse Alex pousser la porte, et tes trois fils rentrent en courant dans la maison.
« Vos chaussures ! » tu leur cries
« On va dans le jardin Mommy ! » lance Leo en jetant son cartable et le sac de son petit frère n'importe où dans l'entrée, quelque chose qu'il a dû apprendre de son autre mère. Tu soupires en te penchant pour ranger correctement les sacs alors que tes fils détalent vers la porte vitrée qui donne sur le jardin, quand tu entends un drôle de bruit.
« Ginny ? »
Le bruit s'intensifie, et tu es presque sûre que c'est un pleur.
« Ma chérie, tu es là ? »
Tu diriges lentement vers le salon, l'oreille tendue, quand tu entends distinctement le « non ! » que pleures une voix que tu reconnaîtrais entre mille. Tu sors tout de suite ta baguette et tu te précipites en courant dans le salon, prête en découdre. Tu n'es peut-être pas une Auror qualifiée comme Harry mais tu n'as pas perdu tes réflexes forgés par des années de guerre et de combats, et si ta femme est en danger, Merlin sait que tu es capable de tout faire péter.
Tu t'apprêtes à jeter tous les sorts que tu connais en entrant dans le salon baguette en l'air, mais il n'y a que Ginny, en pyjama sous la couette de votre lit, complètement vautrée sur le canapé.
« Mione ! » fait celle-ci dès qu'elle te voit entrer, et tu vois les larmes qui coulent sur son visage et qui te glacent le sang. Tu rabaisses ta baguette, mais ton inquiétude n'est cependant pas partie et tu te diriges vers le canapé
« Ginny tu m'as fait peur ! Qu'est-ce qu'il se passe mon amour ? »
Ginny se jette contre toi quand tu t'assois sur le canapé et se réfugies dans ton cou, ce qui ne te rassures pas vraiment.
« Tu as mal ? Il y a quelqu'un dans la maison ? »
Ginny ne relève pas la tête et pointe d'un doigt tremblant droit devant elle. Tu regardes ce qu'elle pointe mais tu ne vois que la télévision qui joue le Disney qu'elle regarde, et tu ne comprends rien.
« Quoi ? »
« Mufasa ! »
« Hein ? »
« Mufasa ! Il est mort ! »
Tu restes interdite pendant un instant, tes yeux allant de l'écran à Ginny, qui a relevé la tête mais est toujours blottie contre toi et enveloppée dans sa couette, puis tu éclates d'un coup de rire. C'est plus fort que toi, c'est nerveux, et tu en ris aux larmes en t'affalant sur le canapé, alors qu'à tes côtés Ginny te regarde avec des grands yeux.
« Quand je pense que j'ai cru qu'on t'attaquait … » tu soupire en essuyant tes yeux « Ginny … c'est un dessin animé pour enfant tu sais, et je l'ai acheté pour les garçons, pas pour que tu pleures devant »
« Mais Mufasa est mort, Mione ! »
Tu secoues la tête, parceque tu es en train de vivre un moment que tu n'aurais jamais pu imaginer dans tes rêves les plus fous. Tu as acheté cette télévision et toutes ces cassettes dans l'espoir que tes garçons grandissent en partie dans le monde moldu, et avec le temps Ginny a fini à apprendre comment les faire fonctionner sans ton aide. Et voilà que maintenant, elle regarde plus de Disney qu'eux, et pleure même devant la mort du père du Roi Lion.
Inimaginable.
« Je vois que tes hormones vont mieux en tous cas » tu souris en te penchant pour l'embrasser, mais elle tourne la tête en te présentant sa joue « Hey, et mon bisou ! »
« Tu te fous de moi et après tu veux un bisou ? »
Tu soupires et te penche pour embrasser son ventre « Au moins le bébé ne refuse pas mes bisous »
« Je les refuses pas non plus » soupire Ginny en te regardant avec des yeux brillants, les mêmes yeux qui déclenchent une nuée de papillons dans ton ventre et un lance un frisson le long de ton échine « Remontes ici m'en donner un »
Tu ne vas pas gâcher un si beau moment en lui demandant ce qui l'a fait changer d'avis, et tu tends le cou pour mieux l'embrasser. Tu t'allonges à tes côtés sur le canapé, un bras enroulé autour du ventre où grandit ton bébé et tu respires son odeur si familière que tu aimes tant.
« Mione ? »
« Mmh ? »
« Pourquoi on leur demande pas de changer la fin ? De ne pas tuer Mufasa ? »
Tu te mets à rire « On ne peut pas changer la fin du film mon cœur, il est figé dans le temps et l'espace »
Ginny fait une grimace, que tu embrasses tout de suite pour la faire partir. Tu la sens sourire contre tes lèvres, ce qui te donne encore plus envie de l'embrasser, et tu poses une main contre son ventre.
Tu peux entendre dans le jardin tes garçons crier et rire, et la main de Ginny se glisse dans tes cheveux pour les caresser tendrement. Tu es à la maison, vraiment.
