Ce chapitre est totalement inspiré de la fic d'Ellana-Watson, Dans le Froid de L'hiver, qu'elle m'a gentiment prêté … Allez le lire ici : s/9826112/1/OS-Dans-le-froid-de-l-hiver c'est une des premières fic que j'ai lue sur ce site, et qui m'a donné envie d'écrire moi-même ...
Et aussi … n° 5 !
She Looks So Perfect – 5 Seconds of Summer ( Ed Sheeran Cover )
« Ger' ! »
Pas de réponse. Evidemment.
« Geri ! » je crie un peu plus fortement. Je pense avoir entendu un faible grognement, ce qui est déjà un début.
« Geri Kayleigh Hewitt ! »
Cette fois-ci Geri m'a attendu, et sort en trainant des pieds de sa chambre pour aller se vautrer à mes côtés sur le canapé.
« Quoi ? »
Je la foudroie du regard. « Pourquoi tu mets vingt ans à répondre quand je t'appelle ? T'étais en train de mater la page Seeker Strip du Seeker Weekly ou quoi ? »
Geri me lance un coussin du canapé, que j'évite facilement et je continue en rigolant « Je peux te laisser toute seule une petite heure si t'as besoin ! Je sais que t'es en manque mais quand même … »
Cette fois-ci le coussin m'atteint en pleine face, et c'est au tour de ma colocataire de rigoler.
« Très drôle » lance Geri alors que je lui relance ses deux coussins « T'es bien placée pour me parler de manque, Weasley … comment ça se fait que t'aies pas une tendinite au poignet au fait, depuis le temps que t'as pas vu Hermione ? »
« Très spirituel » je réponds du tac au tac « Et classe en plus »
« Toujours » me sourit ma coloc dans un clin d'œil.
Je grogne alors que Geri en profite pour étendre ses jambes sur mes cuisses, mais je la laisse faire quand même et pose mes mains sur ses mollets, un geste qui paraitrait familier pour beaucoup mais qui est d'une banalité sans nom pour nous. Mes mains parcourent d'une façon absente l'ourlet de son jean, tandis que mes yeux se perdent dans le vague sur le mur en face de mon canapé, et je pense que Geri continue à parler dans le vide mais je ne l'entends plus.
Je pense à Hermione, mon Hermione qui doit être à Londres en ce moment, dans son petit bureau de stagiaire au ministère, avec une pile de papiers sur son bureau et une liste de tâches à effectuer longue comme mon bras. Je peux la voir en train de gratter furieusement ligne après ligne sur un long parchemin, avec son air de concentration adorable qu'elle porte toujours quand elle travaille – son petit nez plissé, ses sourcils froncés et sa lèvre inférieure qu'elle mordille sur le côté droit – et qui ne manque pas de toujours me faire sourire. Hermione est adorable quand elle travaille – elle adorable quoiqu'elle fasse à vrai dire – mais j'ai peur qu'en ce moment elle se tue au travail, bien plus que nécessaire.
Son stage se déroule plutôt bien, et je sais de source sûre - y comprendre mon père - que Kingsley n'arrête pas de la féliciter et de louer son travail auprès des autres, mais son statut de sorcière la plus douée de sa génération, et de Major de Promotion à Poudlard ont augmenté de beaucoup les attentes qu'on les gens pour elle, et elle doit travailler trois fois plus qu'un stagiaire normal pour y répondre. Même si elle ne veut pas la reconnaître dans les lettres qu'elle m'écrit, je sais qu'elle est fatiguée et qu'elle commence légèrement à craquer – je sais parfaitement décrypter ce que signifient vraiment les je tiens le coup, ne t'inquiète pas et les quand est-ce que tu rentres ? avec lesquels elle signe le plus souvent chaque lettre.
Elle me manque, un peu plus chaque jour, et je sais que c'est tout aussi dur pour elle si ce n'est plus d'être loin l'une de l'autre. J'essaie de rentrer le plus possible à Londres bien sûr, vu que le camp de formation n'autorise que les visites des parents et personne d'autre, mais depuis que Geri et moi on a toutes les deux été nommées remplaçantes officielles, on est obligées de participer aux matchs tous les samedis sur le banc de touche, et ça fait plus d'un mois que je n'ai pas vu ma copine en chair et en os.
« Gin' ? » Le petit coup de genou que ma coloc me met dans les côtés me réveille un peu et je me tourne vers elle pour croiser son regard chargé d'inquiétude. « Ça va ? »
Je la rassure d'un petit hochement de tête, et même si je peux bien voir que je ne l'ai pas vraiment convaincu, elle se contente de soupirer et de retourner au magazine qu'elle a dégoté de dessous le canapé. Elle me connait assez bien pour savoir où et avec qui est mon esprit, et que je préfère rester dans mon silence confortable plutôt que de lancer une conversation gênante. C'est aussi pour ça que j'adore tant Geri, même si je ne le reconnaîtrais jamais à l'oral devant elle bien sûr, son ego est déjà assez surdimensionné comme ça.
Quand je suis arrivée au camp et qu'on m'a annoncé qu'on m'avait placé en colocation avec une joueuse qui était déjà présélectionnée pour l'équipe je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Et puis dans la même journée, j'ai attendu les rumeurs qui couraient sur Geri et je m'attendais à trouver une fille superficielle, sûre d'elle et un peu prétentieuse mais certainement pas l'espèce d'ours en peluche géant qui était en train de danser debout en sous-vêtements sur le canapé quand j'ai ouvert la porte. Autant dire qu'elle a brisé la glace tout de suite, la Geri, et que j'ai vite compris que tous ceux qui m'avaient raconté n'importe quoi sur elle n'avait jamais passé plus de cinq minutes à essayer de la connaître.
Hermione reste ma meilleure amie, bien sûr, et Luna me manque beaucoup, mais je peux clairement dire que Geri est la plus belle rencontre que j'ai faite ici. Et même si elle ne l'avouera jamais, je sais que la réciproque est totalement vraie. Geri et moi, on s'est trouvées comme dirait Luna. Une espèce de coup de foudre amical, un comme lequel je n'avais pas eu depuis la première fois où j'avais croisé le regard d'une certaine petite fille aux cheveux bruns bouclés dans le Poudlard Express, il y a de ça bientôt huit ans.
Oh, ça n'a pas été facile au début, ça c'est sûr. On s'est rendu compte au bout de dix minutes à parler ensemble qu'on s'était déjà croisées plusieurs fois dans les couloirs de l'école, et qu'évidemment on venait toutes les deux de maisons ennemies. Loin de nous dérouter, on a passé le reste de la soirée à déménager ma chambre et déballer tous mes cartons en vantant les mérites respectifs de Gryffondor et de Serpentard – en insultant gentiment la maison de l'autre bien sûr – et dès le lendemain Geri connaissait les trois quarts de ma vie, et moi de la sienne.
C'est comme ça que j'avais appris que, même si on s'était croisée plusieurs fois dans les salles communes de Poudlard, on n'avait jamais joué l'un contre l'autre, puisque Geri n'avait jamais été sélectionné dans l'équipe. Je pensais que c'était parceque Malfoy avait été le poursuiveur officiel de Serpentard pendant toute la scolarité de Geri, mais elle m'a fini par m'apprendre lors d'une soirée un peu arrosée sur notre canapé que son père n'avait jamais voulu la laisser jouer ce sport futile, et qu'elle avait appris à jouer en s'entrainant en cachette pendant toutes les vacances de sa scolarité. Elle s'était présentée aux essais du camp de formation des Harpies un peu par hasard - et beaucoup en cachette – et devant son talent évident, avait tout de suite été embauchée.
Annoncer à son père qu'elle ne poursuivrait pas ses études de potionniste avait été la chose la plus difficile qu'elle avait eu à faire de sa vie, m'avait avoué Geri qui était au bord des larmes, presque autant que quand elle lui avait fait son coming-out.
C'est ce soir là où j'ai raconté à Geri pour la première fois mon histoire avec Hermione. C'est aussi ce soir là où on est devenues vraiment amies, je pense.
Mais même si j'adore Geri, ce n'est pas la rencontre la plus flagrante que je garde du camp de formation. A vrai dire, je n'aurais sûrement pas rencontré Geri si elle n'avait pas été placé en colocation avec moi, puisque je n'étais que joueuse aspirante alors qu'elle était déjà remplaçante officielle, et que nos entraînements pour cette même raison sont séparés. Notre rencontre a été basé sur de la pure chance, ou sur le destin comme dit Geri dans son imitation de Trelauwney- qu'elle tient vachement bien d'ailleurs.
La vraie rencontre plus impressionnante était sans aucun doute la grande Gwenog Jones elle-même, l'héroïne de mon enfance qui m'impressionnait tellement que je devais toujours m'y reprendre à deux fois avant de lui adresser la parole sans bafouiller – alors que je l'appelle Gwen maintenant – et qui était exactement comme Hermione me l'avait décrite la première fois où je l'ai vue, et qui s'est avérée beaucoup plus cool dans la vraie vie.
On la voit peu sur la semaine, parcequ'être capitaine de l'équipe lui prend beaucoup de temps, mais elle tient à venir au moins une fois par semaine passer un peu de temps avec les futures recrues et analyser nos progrès avec les coachs. C'est elle qui a décrété que Geri était apte à passer de simple joueuse en formation à remplaçante officielle des Harpies, et qui m'a déclarée après m'avoir vue jouer un seul entrainement que si je continuer à voler comme je le faisais maintenant, je serai capitaine de l'équipe dans moins de cinq ans.
Quand Hermione a lu ça dans la lettre que je lui ai envoyé le soir même, elle m'a tout de suite renvoyé un Patronus pour me dire que j'étais la meilleure, et que j'avais intérêt à rentrer à Londres ce weekend parcequ'elle allait me préparer une soirée de célébration dont je me rappellerai longtemps. Et d'ailleurs je m'en rappelle encore. Je raconte tout à Hermione de mes journées ici, des entraînements, des cours intensifs, des séances de sport à n'en plus finir, et quand je lui demande si elle ne trouve pas ça trop répétitif, elle me répond toujours que la meilleure partie de sa journée est de lire ce que j'ai fait de la mienne. C'est elle qui m'a conseillé de créer le plus de liens possibles avec les autres avant de me concentrer sur ma propre amélioration sportive, parcequ'elle trouvait que l'esprit d'équipe était plus important pour un joueur professionnel que la croissance musculaire.
Et comme d'habitude, elle avait raison.
La plupart des futures joueuses se méfient les unes des autres, et se considèrent comme de la compétition, ce qui ne met pas franchement une bonne ambiance dans les salles communes et, encore moins pendant les entraînements. J'ai vite compris pourquoi Geri, qui pourtant était si rigolarde et ouverte avec moi dans l'intimité de notre appartement, se renfermait comme une huitre avec les autres aspirants – ne pas montrer qui on est pour ne pas monter ses faiblesses et se faire doubler. Les seules qui ne tiraient pas une tronche de dix kilomètres de long dans les salles de repos ou à la cantine étaient les joueuses présélectionnées ou les titulaires officielles, que j'ai tout de suite commencé à fréquenter et à apprécier, et qui franchement sont des filles géniales. Ça n'empêche qu'on devait passer le reste du temps avec des filles contre lesquelles on entrait en compétition pour le même poste, et qu'en plus mon nom était déjà connu pour des raisons évidentes – la bataille de Poudlard et mais proche relation du Trio d'Or – ce qui n'aidait pas à faire diminuer les bruits de couloir sur moi.
Evidemment, la mauvaise ambiance et les repas où personne ne se parle, ce n'est pas pour moi, et j'ai tenu à peine une semaine avant de craquer totalement et d'aller faire de ma mission personnelle d'aller parler à chaque personne de ce camp pour en faire, si ce n'est un ami, au moins un allié. J'ai forcé Geri à sortir de l'espèce de carapace dans laquelle elle s'était enfermée et même si elle a beaucoup grondé et grogné au début, je n'ai plus entendu une seule protestation depuis le jour où je lui ai présenté Gemmi.
A vrai dire, je pensais qu'elles se connaissaient déjà – et même qu'elles avaient fait bien plus que se rencontrer – à la manière dont Geri bavait toujours sur elle de loin quand on la voyait passer à la cantine, ou quand Gemmi me demandait des nouvelles de ma colocataire lors de nos entraînements de poursuiveurs. En plus, Gemmi était déjà remplaçante officielle aussi, ce qui veut dire qu'elles se voyaient tous les samedis lors des matchs des Harpies, mais à ma grande surprise ni l'une ni l'autre n'avait eu le courage d'aller faire le premier pas. Aucune des deux n'était une Gryffondore, ça c'est sûr.
Autant dire que la tête de Geri quand je lui ai dit que sa copine venait manger chez nous ce soir valait de l'or liquide, et que je me complais malignement à lui rappeler le plus souvent possible quand elle me taquine trop au sujet d'Hermione. Comme je l'écris souvent à Hermione, je mettrai ma baguette au feu que ces deux-là vont finir ensemble. Par pur goût de me contredire, ma copine trouvait que j'exagérais beaucoup au début, mais elle les a vu interagir lors de la fête de Noël annuelle des Harpies, et n'a pu que constater l'évidence que je lui avais décrite. Gemmi est parfaite pour Geri, et inversement, et un jour viendra où elles auront enfin le courage de se l'avouer.
En tous cas, Gemmi est une fille en or, qui correspond parfaitement à la parfaite Poufsouffle : honnête, dévouée et parfaitement adorable. J'en ai rencontré pas mal des gens ici, mais à part peut-être Leda, la coach des poursuiveurs, et Gwenog bien sûr, c'est elle qui m'a appris le plus ici.
C'est Gemmi qui m'a expliqué qu'à partir du moment où tu rentrais dans le centre de formation, ta carrière était faite. Quand je lui ai demandé des explications, elle m'a expliqué que de tous ceux qui étaient le camp en ce moment, très peu deviendraient joueuses professionnelles chez les Harpies, mais tous seraient embauchés par le club par la suite, en tant que coach, nutritionnistes, soigneurs et plein d'autres. Ça a expliqué entre autres pourquoi on a quand même quelques garçons qui participent avec nous aux entrainements même s'ils n'ont aucune chance d'être sélectionnés chez les Harpies – en fait ce sont des futurs soigneurs ou autres qui jouent avec nous pour nous préparer à affronter des équipes constituées de mecs à la carrure forte.
C'est Gemmi qui m'a conseillé de perfectionner mes figures sur balai, parcequ'elle n'en avait jamais vu des comme les miennes auparavant, et qu'elle trouvait que ça avait quelque chose de déstabilisant pour les adversaires.
C'est Gemmi qui m'a dit la première que je devais jouer en position centrale plutôt qu'en latéral droite comme je faisais à Poudlard, parceque ma vision d'ensemble du terrain me plaçait plus en tireuse qu'en passeuse.
C'est Gemmi qui a passé deux heures à essayer de joindre Hermione et mes parents la première fois où je me suis retrouvée à l'infirmerie après accident grave, parceque une tempête de neige affreuse sur Holyhead rendait toute communication par lettres impossible, et que le seul moyen de les prévenir était de rester la tête dans la cheminée en attendant qu'ils répondent.
C'est Gemmi qui m'a dit que j'avais tout d'une chef d'équipe, et qu'elle me suivrait le jour où je le deviendrai.
Je me suis fait des vrais potes ici, pour sûr, mais aucun n'a atteint le niveau qu'ont Geri et Gemmi dans mon cœur. Il ne me manquerait que Luna, Harry, Ron, quelques amis de Poudlard et un peu plus de mes frères, et l'élue de mon cœur pour que je sois parfaitement heureuse ici.
« A quoi tu penses Gin' ? »
Je sors de ma stupeur pour poser mon regard sur Geri, qui a visiblement fini son magazine et la balancé au sol, pour soupirer légèrement.
« Toujours à la même chose »
« Je vois … » répond-elle d'une voix contemplative « Elle te manque, hein ? »
Je ne réponds pas et préfère fixe de nouveau mon regard sur le mur blanc qui nous fait face. Geri ne dit rien pendant un petit moment et se contente de poser sa main sur mon épaule, sachant parfaitement bien qu'un simple geste vaut mieux parfait que mille mots inutiles, et qu'on communique toutes les deux bien mieux de cette manière-là.
« Qu'est-ce qu'on fait ce soir ? » finit-elle par interrompre le silence, et j'hoche des épaules
« Pas quelque chose qui finit trop tard, on a entraînement demain … »
« Depuis quand tu parles comme ta copine toi ? » rigole Geri « On croirait entendre Hermione ! »
« Ouais c'est ça » je grogne, parceque je n'ai aucun come-back.
« C'est tellement chou … » rajoute Geri d'un air malicieux
« Quoi ? » j'aboie
« La manière dont Hermione impacte tellement sur toi que tu parles comme elle maintenant » rit la blonde « On dirait un vieux couple marié depuis trente ans, tu sais ceux qui finissent les phrases les uns des autres »
« On est pas comme ça ! » je proteste, en sachant parfaitement que si, on est comme ça, et mon manque de conviction fait redoubler les rires de Geri, qui se tient maintenant les côtés d'un bras. « Arrête de rire ! » j'ordonne, alors que je peux très nettement ressentir le rouge me monter aux joues.
« Oui Capitaine » se moque-elle en faisant un petit salut militaire de la main, le tout accompagné de deux sursauts de glousserie. Je m'apprête à la renverser au sol pour venger mon honneur – j'ai déjà mes mains accrochées à ses mollets, ça devrait aller vite – quand la sonnerie de l'appartement retentit, coupant nets les rires, et nous faisant toues les deux tourner la tête vers la porte dans un mouvement très synchronisé.
« Va répondre ! »
« Je peux pas je suis occupée là, vas-y toi ! »
« Déjà, de un, j'aimerai bien savoir en quoi t'es occupée, et de deux pourquoi c'est toujours moi ? »
« Parceque c'est toujours moi qui fait la vaisselle ! »
« Quoi ? Tu veux bien me répéter ça que je rigole ? »
« Ok, parceque hier c'est moi qui ait fait la vaisselle ! »
« On est sorties hier, Ger' »
« D'ailleurs tu me dois toujours ce shot de vodka que t'as pas fini »
« T'es ingérable »
« Non je suis une Geri » rigole ma colocataire, qui se croit irrésistiblement drôle.
Je secoue la tête en me levant pour aller ouvrir, ignorant le sourire victorieux de ma meilleure amie, mais au moment où je vais ouvrir la porte je tends quand même ma main vers elle dans un geste disgracieux, ce qui la fait rire encore plus.
La porte s'ouvre et au même moment mon cœur arrête de battre. Je dois cligner des yeux plusieurs fois pour être sûr que mon esprit ne me joue pas des tours, et mon pauvre cerveau en manque d'elle ne m'illusionne pas par des visions.
« Que … Hermione ? » je murmure d'une toute petite voix.
Je savais pas que j'avais encore la possibilité de parler, mais en tous cas j'ai clairement perdu celle de bouger, et même de penser. L'amour de ma vie est là, devant moi, un sac à ses pieds et un petit sourire accroché aux lèvres. Elle est belle, plus que dans mes souvenirs, avec ses cheveux bouclés qui ont poussé depuis la dernière fois que je les ai vus, et ses joues rougies par le froid extérieur. Et moi, je suis totalement pétrifiée sur place.
« Surprise ! » lance joyeusement Hermione, et d'un coup mon corps me répond enfin et je me jette au cou de ma copine.
« Mione ! »
« T'as mis du temps à réagir ! » rit Hermione « J'ai cru que je t'avais cassée un moment »
« Je m'y attendais pas, c'est tout »
« C'est le principe d'une surprise » dit-elle le plus sérieusement du monde, et je suis totalement obligée de me séparer d'elle pour l'embrasser férocement.
« J'ai bien fait de t'envoyer ouvrir ! » rit Geri derrière nous, alors qu'Hermione glisse ses bras autour de ma taille pour m'approcher encore plus d'elle « Et je parle totalement dans le vide. Continuez de vous rouler une pelle comme si j'étais pas là ! »
Je me sépare un peu d'Hermione – manque d'air oblige – et me tourne vers mon attrapeuse préférée pour la massacrer des yeux.
« Tais-toi Hewitt, t'as pas une petite amie à rejoindre ? »
Geri rougit d'un coup de tout le visage « Non, je … j'ai pas de … petite amie à rejoindre »
C'est à mon tour de ricaner « Ah j'avais cru comprendre que Gemmi passerait tout à l'heure pourtant »
« Gemmi est pas ma … je te l'ai déjà dit ! »
Geri s'embrouille dans ses explications, pendant qu'Hermione lève un sourcil étonné et que je souris de toutes mes dents.
« Va te faire voir, Weasley ! »
Geri disparait dans l'appartement et je fais un petit yes ! de la victoire.
« Je t'expliquerai » je chuchote à Hermione « Tu rentres mon cœur ? A moins que tu comptes passer la nuit sur le palier … »
Elle me regarde avec des yeux pétillants et me fait un petit clin d'œil.
« Tant qu'il y a quelqu'un pour me garder compagnie »
« Oh, t'inquiètes pas pour ça, je te tiendrai chaud ce soir … »
Je vole un baiser à ma copine et me penche pour attraper son sac.
« Aller, viens je vais te faire le grand tour de l'appartement »
« Et si on commençait par ta chambre ? »
« Hey, je suis encore là ! » crie Geri depuis la cuisine, où elle s'était apparemment réfugiée
« Bouche toi les oreilles ! » je réponds en voulant entraîner Hermione dans ma chambre mais elle me retient en tirant sur la main.
«Ca attendra ce soir, Gin. Viens plutôt me montrer la cuisine ! »
« Mais mon cœur … »
« Moi je peux te faire visiter si tu veux ! » lance perfidement Geri, qui bizarrement ne se cache plus mais vient nous rejoindre. La traitresse. Je me vengerai, et ça fera mal.
« Je veux bien ! » répond Hermione, tout sourire.
Evidemment.
Je n'ai même pas le temps de protester qu'Hermione m'embrasse vite et disparaît dans la cuisine, pour aller dire correctement bonjour à Geri et la suivre à travers l'appartement.
« Comment t'as réussi à entrer d'ailleurs ? Je croyais que Gliwym avait mis des interdictions partout » me parvient la voix étouffée de Geri depuis le couloir
« J'ai eu une autorisation spéciale de Gwenog » lui répond la voix d'Hermione.
Et moi je reste là, à regarder le sac de voyage de voyage de ma petite amie que tient ma main, auquel est attaché un bracelet blanc éclatant. Hermione est là. Je suis à la maison.
