Honey I'm Good – Andy Grammer
Tu aimes bien ce genre de soirée, d'ordinaire.
Pour fêter la mi-saison du championnat, et la bonne position des Harpies dans le haut du classement, Gwenog a organisé une grande fête dans les quartiers privés des Harpies, avec d'autres joueurs et quelques extras, et comme toujours, Ginny était ravie d'y aller bien sûr, et toi tu étais fière de s'y présenter à son bras.
Tu as beau ne rien comprendre au quidditch, tu as toujours bien aimé les ambiances d'après matchs - les chants et les rires des joueurs, les bièraubeurres qui circulent et la musique qui crie, le centre de la pièce qui devient toujours une piste de danse improvisée vers le milieu de la nuit.
Tu pourrais te sentir étrangère à tout ça, à toute cette ambiance festive et braillarde qui est si loin du calme de ton travail à toi, mais pourtant, tu te sens à l'aise au milieu de la grande famille des Harpies qui est aussi la tienne par extension, et tu aimes les troisièmes mi-temps d'ordinaire.
D'ordinaire.
Parcequ'aujourd'hui, rien ne se passe comme d'habitude.
Tu ne remarques rien au début. Tu es en plein dans une discussion avec Giulietta et Kyran, l'attrapeur d'Appleby que Gin adore, et c'est une remarque de Grazia, qui vient te glisser à l'oreille que tu devrais te méfier d'une certaine rodeuse autour de ta fiancée qui te fait tourner la tête.
Tu n'avais rien vu.
Tu te retournes quand même, et ton regard tombe vite sur ta fiancée. Ginny est assise confortablement sur un canapé, un verre dans la main et un bras autour des épaules de Geri à qui elle parle en rigolant bien fort.
Ce n'est pas ce bras-là qui te dérange, non, c'est l'autre, c'est celui de son autre voisine.
Gabrielle est à moitié allongée sur elle, ses jambes croisées sur sa cuisse et sa main nonchalamment placée sur son biceps.
Tu ne ris plus, d'un coup. Tu n'entends plus ce que Giulietta et Kyran te disent, tu ne sens plus le verre dans ta main ni la main de Grazia sur ton épaule, tu ne vois plus que Ginny, et la main de Gabrielle sur son bras.
Tout le monde sait la réputation qu'a Gabrielle Livingstone, la plus grande coureuse du championnat, et tu es particulièrement bien renseignée sur ses petites … habitudes. Ginny t'a raconté qu'elle avait surtout l'air d'avoir Geri dans le viseur en ce moment, mais ça ne l'empêche visiblement pas de tenter ta chance avec à peu près toutes les filles de l'équipe, qu'elles soient en couple ou non. C'est comme ça qu'elle se permet d'aller s'asseoir sur les genoux de ses collègues, de les embrasser sur la joue très proche des lèvres ou de se permettre de flirter à tout bout de champ dans les vestiaires ou sous la douche.
Tu sais tout ça parceque Ginny te raconte tout. A nouveau, ça ne te dérange pas - d'ordinaire.
Tu as confiance en Ginny. Tu sais qu'elle ne ferait jamais rien pour nuire à votre relation, même ivre, mais Gabrielle Livingstone a une réputation, et pas des moindres.
Est-ce que c'est parceque toi-même tu as bu quelques bièreaubeurres, ou que Ginny peut enfin porter en public ta bague de fiançailles - qui devrait montrer au monde entier que non, elle n'est pas libre – tu ne sais pas, mais aujourd'hui, c'est différent.
Aujourd'hui, l'indifférence que tu t'appliques à sentir d'habitude devient de la pure et simple jalousie.
Ginny a bu, tu le sais, et si le verre vide dans sa main et la bouteille de Whisky Pur Feu sur la table basse devant elle sont une indication, tu sais qu'elle n'a plus les idées bien claires.
Ça n'excuse rien.
Elle sait parfaitement ce que la vision de Gabrielle près d'elle déclenche en toi, et elle ne devrait pas la laisser faire comme ça. Mais elle a bu un coup de trop, et c'est la fête autour d'elle, et elle ne la repousse pas comme elle le ferait d'habitude.
C'est bête, et tu devrais être plus intelligente que ça. Mais le mal est fait.
La douleur dans ton ventre est là, et tu ne peux plus penser à autre chose qu'aux doigts malveillants qui parcourent nonchalamment le bras de ta fiancée.
Tu t'excuses auprès de Giulietta et Kyran pour t'isoler un peu plus loin, et tu regardes un instant en direction du canapé en espérant que Ginny te voie, et qu'elle se lève, qu'elle vienne te rejoindre.
Ginny est si consciente de ce que tu fais en temps normal qu'elle peut presque anticiper chacun de tes mouvements avant que tu ne lèves le petit doigt, mais l'alcool inhibe sa perception, et elle ne remarque pas ton regard lourd posé sur elle. Elle ne se rend pas compte de ce qu'il se passe, tu le vois bien. Elle est concentrée sur ce que Geri lui raconte, et pour peu, elle ne sent même pas la main ou les jambes de Gabrielle sur elle.
Tu devrais passer au-dessus. Tu le ferais, avec n'importe qui d'autre.
Mais Livingstone a sa tête sur l'épaule de Ginny, et elle ne fait rien pour l'en dissuader, et toi, tu reçois un seau d'eau glacée sur ta nuque.
Tu vides le verre que tu as dans ta main et le poses sur la table la plus proche avant de marcher d'un pas décidé vers le canapé. Les yeux de Ginny s'illuminent quand elle te remarque enfin dans son champ de vision, et elle s'apprête à se lever pour t'accueillir mais c'est trop tard.
Tu es prise dans ton élan, maintenant.
Tu ne réfléchis pas à ce que tu fais. Tu ne réfléchis pas à ce que tu dis. Les mots sortent de ta bouche dans un ton furieux que tu n'emploierais jamais pour lui parler en temps normal, mais ce n'est pas une situation normale.
« Je te dérange peut-être ? »
Un peu, te répondent les yeux de Gabrielle Livingstone quand ils se posent sur toi. Tu sais ce qu'elle pense de toi. Tu t'en fiches – royalement.
La seule chose qui compte c'est Ginny, qui ne s'est pas rendu compte qu'elle t'a blessée, et qui te regarde avec de grands yeux sans comprendre ce qu'elle a fait de mal.
« Mione ? »
Tu attends – qu'elle se lève, qu'elle s'excuse, qu'elle vire Livingstone, mais qu'elle fasse quelque chose – mais ses yeux clignent dans le vide en ta direction et elle ne fait rien.
Tu ne peux pas rester là.
Tu tournes les talons et t'éloigne le plus vite que tu peux.
« Hermione ? »
La voix de Ginny est étonnée et inquiète dans ton dos, mais tu ne te retournes pas. Tu es déjà en train de partir.
« Attends Hermione ! »
Tu passes entre les gens vers la sortie et claque presque la porte de la salle, que tu entends vite se rouvrir derrière toi. Elle n'est qu'à quelques pas de toi, mais tu accélères le pas comme pour l'éviter, même si tu sais bien que tu ne sauras jamais la semer.
Tu veux juste t'éloigner d'elle.
Tu veux rentrer chez toi et te calmer, parceque ce n'est pas toi d'agir par impulsion comme ça, de laisser ta colère parler plutôt que ton bon sens. Tu ne t'es pas sentie aussi furieuse et désemparée face à une situation depuis des années, depuis la fin de la guerre au moins, mais c'est de Ginny dont on parle, Ginny au centre de ta colère.
Ton cœur ne connait pas de raison quand Ginny est concernée.
Et c'est bête, parceque Ginny a prouvé des centaines de fois sa loyauté vers toi, et elle veut t'épouser, tu le sais, mais tu ne peux pas t'empêcher de douter.
Pas d'elle, jamais d'elle – d'eux, tout autour. Des supporters qui ont des posters d'elles dans leur chambre et qui rêvent du jour où elle sera à nouveau célibataire, des journalistes qui se permettent de lui poser n'importe quelle question sur sa vie, sur votre vie, de Gabrielle putain de Livingstone qui vient l'encercler de ses bras à chaque fois qu'elle marque un but.
Tu peux gérer les journalistes et les fans, mais avec Gabrielle, tu te sens tellement inférieure. Parceque elle a tout pour elle - la beauté provocante, l'assurance, le quidditch - et elle pourrait offrir à Ginny tout un tas de choses que tu ne pourras jamais.
Gabrielle réveille en toi des insécurités que tu pensais avoir surmontées. Tu la vois à côté de Ginny, et tu as l'impression d'avoir seize ans à nouveau, de la voir rigoler dans la salle commune avec Dean et de penser que tu ne seras jamais à ta place avec elle.
« Hermione ! »
Tu ne réponds pas. Tu veux juste partir – tu ne sais pas où, tu ne sais pas combien de temps – mais tu ne veux pas l'écouter. Tu veux avoir le droit d'être en colère contre elle pour un soir, et de te laisser succomber à la rage que tu ressens.
« Hermione, attends-moi merde ! »
Elle a fini par te rattraper, bien sûr, et sa main s'enroule tout de suite autour de ton poignet.
« Laisse-moi ! »
Tu te dégages immédiatement mais elle se met tout de suite devant toi pour bloquer ta fuite, et tu es obligée de la regarder en face.
« Qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi tu pars ? »
Ses mots ne sont pas trébuchants, et elle n'est essoufflée que parcequ'elle t'a couru après, ce qui te laisse penser qu'elle a sans doute moins bu que tu pensais. La pensée t'énerve encore plus, et tu repousses la main qu'elle essaie de poser sur toi au loin.
« Tu te fous de moi ? Tu me demandes vraiment pourquoi je pars, après ce que tu viens de faire ? Devant toute ton équipe ? »
« Mais de quoi tu parles ? »
« Arrête Ginny, arrête de me prendre pour une conne ! Tu crois que j'allais pas te voir vautrée avec Livingstone ? Ses jambes sur toi ? Tu voulais mon œil pour t'en rendre compte peut-être ? »
Ginny fronce des sourcils et te lance un regard surpris. Elle n'a pas l'habitude de te voir perdre ton calme, et encore moins de t'emporter contre elle, et la violence dans ta voix l'étonne.
« Elle fait ça avec tout le monde Hermione ! Tu l'as pas vu essayer d'embrasser Geri tout à l'heure ? »
« Je me fous de ce qu'elle fait avec les autres ! C'est pas avec Geri que je me marie dans six mois, c'est avec toi ! » tu réponds avec violence « Dis-moi juste une chose Ginny, pourquoi tu l'as pas repoussée ? »
Ginny recule d'un pas alors que tu avances vers elle, mais ne répond rien. Elle n'est pas défendable, elle le sait, et si elle ne trouve même pas le courage pour expliquer son comportement, tu ne veux pas l'écouter d'avantage. Tu n'as plus rien à faire ici.
Au moment où tu commences à te concentrer pour transplaner à l'appartement, elle accroche ses bras autour de taille, et tu dois tout de suite arrêter ton geste pour empêcher de vous désartibuler toutes les deux.
« Lâche moi Ginevra ! »
« Non, tu vas m'écouter ! »
« Lâche moi je te dis ! »
Tu veux enlever ses bras mais elle s'accroche, et tu ne peux pas utiliser plus de force pour te dégager – tu es furieuse mais tu ne veux pas lui faire de mal, jamais.
« Hermione, je suis désolée » elle te supplie, et tu refuses de croiser son regard « J'avais même pas réalisé que c'était elle, j'étais en train de déconner avec Ger', j'avais pas fait attention je te promets ! Je te demande pardon, s'il te plait mon cœur, reste ici, on va en parler toutes les deux, mais ne pars pas ! »
Ses mots s'accélèrent, et tu entends des sanglots dans sa voix qui te donne la sensation de mille coups de poing dans le ventre, mais tu ne peux toujours pas la regarder dans les yeux.
« Ne pars pas mon cœur, s'il te plait » elle rajoute une dernière fois avant de relâcher son étreinte.
Tu t'éloignes aussitôt d'elle, et tu pourrais tout de suite transplaner ailleurs, quelque part où elle ne pourrait pas te suivre, mais ses yeux, ses yeux t'implorent de rester.
Tu sais tout de suite que tu ne vas partir nulle part. Tu ne peux pas.
Tu es furieuse de ne pas pouvoir lui résister. Tu t'en veux maintenant, de vouloir lui pardonner avant même qu'elle n'ait ouvert la bouche, d'avoir envie de la serrer dans tes bras et de tout oublier. Elle a du pouvoir sur toi, plus que tu ne voudrais l'admettre, plus qu'elle-même n'en est consciente.
Bien sûr, tu sais qu'elle ne te ferait jamais de mal, jamais consciemment, mais tu l'aimes, et tu pourrais sans doute tout lui pardonner.
L'amour n'a pas de raison, pas pour toi, pas pour vous.
Tu sais que tu vas lui pardonner, mais tu veux quand même une explication et tu relèves la tête fièrement. Comme si tu lui en voulais encore. Comme si tu pouvais lui en vouloir.
« Explique-moi, alors » tu lances « Pourquoi t'as pas enlevé sa main ? Pourquoi tu lui as pas dit que j'étais là, à trois mètres de vous ? »
« Je savais même pas … » Elle se prend la tête entre les mains, et il te faut une volonté de fer pour rester sur place sans bouger « Je sais que c'est pas une excuse, mais on venait de finir la bouteille, et j'ai même pas fait attention à qui était à côté de moi … »
« Et bien sûr toute l'attention et les mains baladeuses sur toi t'ont pas dérangés plus que ça » tu réponds « Evidemment »
« C'est pas juste de me dire ça, tu sais que je la regarde même pas cette fille ! »
Tu sens à son intonation qu'elle est blessée que tu puisses douter d'elle, mais tu l'es encore plus.
« Et comment t'aurais réagi si ça avait été moi et Patrick ? Tu nous aurais regardé sans rien dire peut-être ? »
« Non bien sûr … »
« Alors toi tu peux faire ce que tu veux avec qui tu veux, et encore plus avec une fille qui rêve que d'une chose, qui est de te foutre dans son lit ? »
« Arrête »
« Tu veux me faire croire que tu l'avais pas senti ? Peut-être que tu croyais que c'était moi, qui sait, on se ressemble tellement ! » tu ricanes
« Arrête, Hermione »
Elle ne te demande plus, cette fois, elle te l'ordonne, mais tu ne veux rien entendre.
« Qui la repousserait en même temps ? Elle obtient toujours tout ce qu'elle veut, pas vrai ? »
« Hermione, arrête putain ! Tu sais que je t'aime toi, et que j'en ai rien à foutre d'elle ! Tu sais bien que j'irai jamais rien faire avec personne d'autres, il est pas le problème ! » Elle avance vers toi, et c'est à ton tour de reculer, surprise par le soudain retournement de situation « Pourquoi tu détournes le sujet et tu me demandes pas ce que t'as vraiment envie de me demander ? »
A ça tu t'arrêtes de bouger. Parceque tu l'oublies parfois, tellement tu es amoureuse et que tu as l'habitude d'agir comme sa petite amie, mais Ginny est ta meilleure amie, et elle l'a été bien avant que vous soyez devenus un couple. Elle te connait aussi bien qu'elle se connait elle-même, et elle sait déchiffrer tes silences et tes doutes.
Bien sûr qu'elle a compris ce qu'il se passait, avant toi. Et elle a raison, bien sûr qu'elle a raison.
Le problème n'est pas Gabrielle, ou la fidélité de ta fiancée que tu ne doutes pas une seconde. Le problème vient des insécurités que tu as au fond de toi, parceque c'est la personne que la guerre a fait de toi et que tu es dorénavant.
« Pourquoi tu veux être avec moi Ginny ? Alors que tu pourrais être avec un joueur de quidditch qui serait comme toi ou n'importe qui d'autre qui te conviendrait bien mieux que moi ? »
Elle te regarde un instant sans répondre, mais la question n'a pas l'air de l'étonner tant que ça, comme si elle savait que tu finirais par lui poser.
« Tu me demandes pourquoi je veux me marier avec toi ? »
Tu hoches de la tête presque timidement, et il n'y a bien qu'elle pour te mettre dans des états pareils parceque tu étais enragée, et tu deviens timide, mais elle s'avance doucement vers toi pour te prendre la main.
Tu sais qu'elle résiste à l'envie de te prendre dans ses bras, parcequ'elle a toujours besoin de contact physique après une dispute mais qu'elle ne veut pas te brusquer, et l'attention te fait baisser les yeux au sol.
« Hermione, regarde-moi dans les yeux »
L'orage est passé, pour vous deux, et il n'y a plus de questions dans les yeux de Ginny, pas plus qu'il n'y a de colère dans les tiens.
Tu oublies Gabrielle et tu oublies la jalousie qui te ronge le ventre. Il n'y a plus que sa main dans la tienne, et ses paroles dans ton cœur.
« Tu me crois si je te dis que je t'aime ? »
Tu hoches la tête doucement, et un demi-sourire apparaît sur son visage.
« Peut-être que si je t'avais pas connue, je me serai mariée avec un Médicomage, ou un grand joueur de quidditch, c'est vrai. Mais je t'ai connue, toi, et tu es devenue ma meilleure amie, et la personne en qui j'ai le plus confiance au monde, et quelque part en chemin, je suis tombée amoureuse de toi, et j'ai plus jamais voulu personne d'autre. Je te choisis toi, Hermione. Je t'ai toujours choisi toi. »
« Mais le quidditch … »
« Tu penses que c'est ce je veux ? Finir ma vie avec un joueur de quidditch ? Qui juste parce qu'il ferait le même métier que moi serait censé me comprendre comme tu le fais ? Me compléter comme tu le fais ? »
Tu ne réponds pas, tu ne sais pas quoi répondre, mais pas elle, qui continue à parler avec son cœur.
« Hermione, la seule chose dont je rêve depuis des années, des dizaines d'années, c'est que tu te réveilles avec moi chaque matin et tu t'endors à côté de moi chaque soir. C'est tout. Je me fous du quidditch, c'est mon métier et ma passion d'accord, mais toi tu es tout Hermione, tu comprends ? Tout ce que je vois, tout ce que je veux c'est toi »
Ses mains viennent se poser sur tes joues et les caressent doucement, et tu respires à peine maintenant?-.
« Tu le vois aussi ? » Tu hoches de la tête « Je voudrai jamais personne d'autre, Hermione. Personne »
Et tu craques, et tu te jettes dans ses bras, qui s'enroulent immédiatement autour de ta taille. Ginny glisse sa tête dans ton cou et ne dit rien, mais tu finis par sentir des larmes dévaler ses joues et s'écraser contre ta peau, et tu t'écartes pour aller embrasser ses joues, et ses fossettes, et l'aile de son nez.
Elle finit par sourire doucement sous tes baisers, et pose front contre le tien pour murmurer.
"Je suis désolée, je suis tellement désolée mon coeur"
"Je sais" tu soupires "Je le suis aussi. J'aurai jamais du te dire tout ces trucs ..."
"Non !" elle s'écrie, et tu si proche d'elle que le cri te fait presque sursauter "Au contraire, t'as bien fait de me le dire. Je ne veux jamais que t'hésites à me poser une question, ou à me dire que quelque chose ne va pas"
"Même quand c'est pour te faire une colère de jalousie ?"
"Surtout si c'est pour ça" elle sourit "Ça arrive trop rarement pour passer à côté, et je veux savoir ce que tu penses toujours, même si ça me plait pas"
"Alors tu veux encore m'épouser ?" tu demandes d'un air taquin
Son rire clair remplit la nuit et la ruelle abandonnée dans laquelle vous êtes, et réchauffe doucement tes entrailles
"Mione, amène moi un officiel du ministère et je t'épouserai ici et maintenant"
" Dans cette petite rue crado à l'odeur douteuse ?" tu demandes dans une grimace dégoûtée
"Dans cette rue crado à l'odeur douteuse" elle confirme
Tu l'attrapes par le col de sa chemise et tu te presses sur la pointe de tes pieds pour accéder à sa hauteur et enfin, enfin, tu écrases ta bouche contre la sienne et tu l'embrasses comme tu le veux, comme tu aurai du le faire depuis longtemps.
Le baiser est trop court, et tu en veux plus, mais vous êtes dans une ruelle sale à quelques mètres à peine du QG des Harpies, alors que vous pourriez être chez vous, et tu t'écartes d'elle avec les yeux encore fermés
" Ça arrivera plus Hermione, je te promets" chuchote Ginny contre ton oreille " Je la laisserai plus approcher de moi, et si elle insiste, je lui rappellerai qu'on se marie dans à peine six mois"
« Et Geri ? Elle lui court après aussi, non ? »
" Oui mais tant qu'elle ne se déclare pas à qui de droit, je peux rien faire ..." Ginny se gratte le menton d'un air contemplatif "Je vais parler à Gwenog et lui dire de la surveiller de près"
Tu hoches de la tête, d'accord avec elle, et te serre dans ses bras dans un soupir de contentement.
" Tu veux retourner là-dedans ?" elle te demande, son nez fourré dans tes boucles brunes
"Pas vraiment" tu soupires, et un seul de tes regards lui signifie clairement ce que tu préférerais être en train de faire "Ramènes moi à la maison"
" Tout ce que tu voudras" elle sourit "Tu me laisses prévenir Gwen ?"
Tu hoches la tête, et elle se penche pour t'embrasser rapidement avant de s'éloigner à grand pas vers la salle où sont toujours les autres.
Tu la regardes s'éloigner en te disant que tu avais raison - tu n'allais jamais partir nulle part.
Mais tu as pris la bonne décision de rester. Parceque tu voudras toujours arranger n'importe enguelade que tu pourrais avoir avec elle. Parceque tu veux construire une vie avec elle.
Et surtout parceque la vérité c'est que tu n'as jamais été amoureuse de personne avant Ginny Weasley, et que tu ne comptes jamais l'être de quelqu'un d'autre.
Tu as trouvé ta personne.
