Grâce à Ellana-Watson, qui a encore réussi à m'arnaquer (et ça commence à devenir une habitude), on atteint les 150 reviews !

Et pour fêter ça, petit chapitre bonus ...


What The World Needs Now - Jackie Deshannon

« C'est mon tour … » soupire la masse endormie que j'ai épousée à mes côtés « J'ai la flemme »

« Rendors-toi, va. Je vais y aller » je soupire en me relevant « Elle a pas faim, elle a déjà mangé tout à l'heure … on doit juste changer sa couche »

Hermione pousse un soupir et relaisse tomber sa tête sur l'oreiller, qu'elle enlace immédiatement dans un grognement. Je souris tendrement et dépose un baiser dans sa tignasse brune avant de me lever pour quitter notre chambre et fermer la porte derrière moi.

J'ai été à sa place - deux fois - et je sais que la situation n'est pas de tout repos pour elle non plus.

Quand un couple a un bébé, tout le monde plaint la pauvre mère - qui a déjà souffert pendant des heures d'accouchement et qui continue à allaiter le bébé pendant des mois - mais personne ne pense à son partenaire, qui a dû supporter les humeurs hormonales de sa femme pendant neuf mois, qui a aussi son tour de couches et de biberons et qui doit en plus d'un bébé tout neuf prendre soin de sa femme.

Si vous voulez mon avis, c'est bien plus fatiguant d'être l'autre mère que celle qui a accouché du bébé. Les gens pensent que le bébé crée des liens avec la mère qui l'allaite et que son autre parent doit compenser en étant bien plus présent le reste du temps.

Je trouve pas ça spécialement vrai. J'ai le même lien avec mes fils que si j'en avais accouché moi-même.

Mais en tous cas, Hermione se débrouille comme une chef avec Ava, beaucoup mieux que moi avec les garçons quand ils étaient bébés.

Bon Leo était notre premier, et comme tout premier enfant d'une famille, il a dû essuyer quelques plâtres des jeunes parents que nous étions - comme la fois où on a oublié toutes les deux le sac de couches de rechange lors d'une visite chez Dean et Seamus ou quand Hermione a dû le punir pour une bêtise quand elle était enceinte des jumeaux et a commencé à pleurer autant que lui à cause de ses hormones de grossesse. Je me rappelle être rentrée de l'entraînement ce jour-là et les avoir trouvés au beau milieu du salon, avec des jouets répandus partout au sol et Leo dans les bras d'Hermione, en train de pleurer comme des madeleines et de faire le concours de qui demanderait le plus pardon à l'autre.

Pour les jumeaux, on était déjà bien plus préparées, mais on avait sous-estimé leur puissance nuisible. Deux fois plus de couches, de biberons, de bobos à panser, de larmes à sécher, et surtout de bêtises à réparer.

Comme le dit souvent George, un mélange entre l'intelligence Granger et le caractère filou Weasley ne pouvaient créer que des jumeaux diaboliques, des sortes de Fred et George nouvelle génération. Rajoutez à tout ça la carrière d'Hermione qui décollait, mes interviews qui augmentaient, et Leo qui faisait ses débuts à l'école et vous obtiendrez un joyeux bordel.

Heureusement j'ai eu l'intelligence de me marier avec une pro de l'ordre et de l'organisation, qui ne nous a jamais laissées nous faire déborder par les événements.

Mes petits monstres dorment comme des anges à cette heure-ci, je pense en passant devant leur porte fermée, mais dès demain matin ils seront à nouveau à courir dans tous les sens et à essayer d'entraîner leur grand frère dans leurs bêtises.

J'arrive dans la nurserie d'Ava, d'où les cris sortent encore plus forts, et je ferme la porte derrière moi pour me pencher au-dessus du berceau.

« Ben alors mon Ava, on a un gros chagrin ? » je demande doucement.

Ava continue à hurler de toute la force que contient ses petits poumons, et je la sors de son petit lit pour la serrer doucement contre moi

« C'est fini mon bébé, Mama est là maintenant »

Je l'amène doucement sur la table à langer, pour lui enlever sa petite grenouillère verte avec des pattes de grenouille – un cadeau d'Eva pour son baptême, et je dépose un gros bisou bruyant sur son petit ventre rebondi, ce qui arrête un peu ses pleurs. Elle ne rit pas encore, mais elle sera un petit bébé joyeux je le sens.

Je la change en sifflotant doucement une chanson que les jumeaux ont appris à l'école – et qu'ils chantent à tue-tête tous les jours depuis – et les pleurs d'Ava se calment doucement, pour ne laisser que de grands yeux noisette qui m'observent avec attention.

« Et voilà, un beau bébé tout propre ! » je murmure en berçant doucement Ava contre moi.

Je dépose des baisers dans ses petites bouclettes brunes, y respirant l'odeur si enivrante de bébé, et m'assois dans le rocking-chair que nous ont offert nos parents à la naissance de Leo pour profiter un instant d'avoir mon bébé calmement contre moi, sans agitation autour ou quelqu'un qui essaye de me la voler.

Il ne lui faut pas longtemps pour qu'elle se rendorme, et malgré ma propre fatigue, je continue à la regarder dormir en nous berçant toutes les deux paisiblement.

Je peux déjà voir la ressemblance avec Leo dans ses cheveux et la forme de ses petites joues rebondies, et je sens qu'elle ressemblera beaucoup à son grand frère plus tard.

J'espère qu'elle héritera aussi de son caractère, parceque Leo était un bébé adorable, qui dormait beaucoup et pleurait peu. Ses petits frères, sans aucune surprise, étaient des monstres qui se réveillaient l'un l'autre et voulaient toujours que ça soit l'autre mère qui les tiennent, mais une fois calmes, ils pouvaient rester éveillés en faisant des bulles pendant des heures.

Ils ont tout appris ensemble, à parler, à rouler sur le sol et puis à marcher, et parfois je me demande s'ils n'arrivent pas à communiquer entre eux dans une espèce de langage secret que seuls eux comprennent. Un truc classique de jumeaux, m'a assuré George.

Ils vont me donner des cheveux blancs avant l'âge ceux-là, j'en suis sûre, et ça serait exceptionnel vraiment, parceque les cheveux roux ne blanchissent pas normalement. Sauf la fois où Fred et George se sont fait punir par la Coupe de Feu bien sûr, mais c'était pas vraiment naturel.

Bon, j'ai beau grogner à qui veut bien l'entendre qu'avoir trois garçons est un calvaire que je ne souhaite pas à mon pire ennemi, personne n'y croit et certainement pas Hermione, qui rigole à chaque fois que je grommelle quelque chose dans le genre, et m'embrasse en me rappelant que je ne changerais rien de ma vie si je le pouvais.

Je ne sais pas comment elle peut avoir raison comme ça tout le temps. Ça serait agaçant si je n'étais pas aussi raide dingue d'elle, sûrement.

Et depuis le temps que je la connais, je ne relève même plus – je me contente de dire un oui, mon coeur et de suivre ses conseils.

J'ai d'ailleurs expliqué ça à Leo un jour. Le secret d'un mariage réussi, c'est d'épouser sa meilleure amie. Bon, je reconnais qu'il n'a sûrement rien compris – il avait peut-être seulement trois jours à l'époque, je le reconnais, ça va – mais je n'en pense toujours pas moins aujourd'hui.

Et de toute façon, j'ai continué à lui répéter ce genre de discours depuis sa naissance jusqu'à … et bien il y a deux jours quand il est allé passer l'après-midi chez Emilie.

Des fois, je n'arrive pas à croire qu'il vient d'avoir sept ans. Oh combien il a grandi, mon grand garçon … Et dire que dans quatre ans, il ira rejoindre tous ses cousins à Poudlard, et qu'on ne le verra plus grandir que pendant les vacances ou à travers ses lettres.

Le monde sorcier est cruel comme ça, arracher les enfants à leurs parents à onze ans à peine, et leur rendre quand ils sont déjà des sorciers adultes, près à conquérir le monde.

Heureusement, j'ai trois autres enfants à la maison pour compenser le départ de mon aîné, ce qui ne le rendra pas plus facile. J'ai déjà vus quelque uns de mes frères souffrir du même mal parental, et ça n'a pas l'air d'être franchement une partie de plaisir.

Au moins je sais que je ne me tourmenterai pas sur un point - dans quelle maison il va bien être envoyé - puisque je n'en ai absolument aucune idée.

De mon point de vue, Leo a un peu des quatre maisons en lui. Du point de vue totalement non objectif de Ron, il est forcément un Gryffondor. Harry et Luna le verraient tous les deux bien chez Serpentard, même si ça coûte cher à Harry de l'admettre, et Minerva lui trouve beaucoup de qualités de Poufsouffle. Gemmi pense qu'il est un Hermione en herbe, et nous fera une Serdaigle, et tous les autres le voient dans leurs maisons respectives.

Les paris sont lancés en tous cas. Bon, ils ont été lancés à sa naissance, pour être honnêtes, mais plus la date de sa rentrée à Poudlard approche, plus ils se précisent.

Seule ma femme ne veut pas prendre parti, et elle a bien raison.

Il ne serait ni le premier ni le seul de la famille à potentiellement larguer Gryffondor en tous cas, puisque Teddy a immédiatement été envoyé chez Poufousffle et Dominique à Serdaigle, à peine le Choixpeau posé sur leurs têtes.

C'est sûr qu'avec son prénom, serait trouver ailleurs qu'à Gryffondor serait vraiment dommage.

Plus les années passent et plus je me félicite d'avoir trouvé ce prénom à la dernière minute, soit dit en passant. Non seulement Leo ressemblait en tout point à un lion qui rugissait pendant toute sa première année de vie, mais en plus le lion est aussi l'emblème de notre maison commune à Hermione et moi, sans qui on ne se serait peut-être jamais rencontrées. Et pour couronner le tout, mon signe astrologique est lion, comme l'était celui du père d'Hermione.

Il serait un petit Gryffondor complet, mon Leo. Mais il n'en est peut-être pas un, et ça n'a pas d'importance.

Le Choixpeau est bien mieux que qualifié que nous pour savoir à quelle maison il appartient, et comme dit Hermione, on aura qu'à le laisse faire de toute façon.

En tous cas, pour les jumeaux je ne vois que deux choix - Serpentard ou Gryffondor, et Hermione est bien d'accord avec moi.

En tout cas je souhaite un bon courage à qui sera leur Directeur de Maison - parceque même dans le cas prodigieux où ils seraient séparés, ils trouveraient forcément un moyen de se retrouver, et de faire les quatre cent coups ensemble.

Mes yeux se posent sur Ava, qui dort paisiblement dans mes bras. Et elle, quel futur pour elle, mon petit ange ?

La même question je me suis posée à la naissance de chacun de mes enfants me trottine maintenant dans la tête - qu'est-ce qu'elle sera mon Ava ? Est-ce qu'elle finira par vivre dans le monde moldu ou sorcier ? Est-ce qu'elle préférera le chocolat ou la vanille ? Est-ce qu'elle jouera au quidditch ou au tennis ?

Je pourrai continuer comme ça pendant des heures, mais je sais que quoiqu'elle décide dans la vie, je la soutiendrai du mieux que je peux.

Son petit poing replié contre mon bras vient se poser contre mon poignet, où brille fièrement le bracelet qu'a attaché Hermione il y a presque quinze ans, et qui envoie une faible lumière blanche dans l'obscurité de la chambre.

Elle a de la chance, ma fille. Elle grandira avec la meilleure femme que je connaisse comme modèle, et si elle hérite ne serait-ce qu'une once de la génialité de ma femme, et pas trop de ma connerie légendaire, je sais que je n'aurai aucun souci à me faire pour elle.

C'est l'avantage de faire des enfants avec la plus brillante sorcière au monde - quelque chose dont je ne suis pas peu fière je dois dire.

Je ne suis pas inquiète pour elle, ni pour mes fils. Ni pour un futur enfant à venir d'ailleurs ...

Je sais qu'Hermione crie sur tous les toits qu'on en a quatre, et qu'on est enfin arrivées à notre maximum, mais je ne sais pas – j'ai comme l'impression que la porte n'est pas tout à fait refermée.

J'ai vu les yeux émerveillés d'Hermione sur mon ventre qui grossissait au fil des mois, j'ai senti ses caresses pleines d'amour sur mon nombril et j'ai entendu toutes ses promesses au bébé qui grandissait en moi. Même si j'ai été un cauchemar à vivre pendant neuf mois - malgré le fait qu'Hermione me dise le contraire - je serai prête à recommencer une dernière fois.

Bon évidemment, le fait d'avoir eu des jumeaux une fois ne rend pas Hermione très encline à l'idée, et elle argumente qu'avec une dernière grossesse, on risquerait vraiment de se retrouver avec notre propre équipe de quidditch.

Mais peut-être que je m'avance un peu, c'est vrai. Mon dernier bébé n'a pas encore trois mois, et je pense déjà au prochain - j'exagère certainement.

Je devrai sûrement penser à elle, et à mes autres fils qui dorment paisiblement en ce moment. Ou plutôt, je devrais penser à mon propre sommeil, qui n'est pas vraiment optimal avec autant d'enfants à la maison, et aller vite me recoucher tant que je le peux.

J'embrasse Ava sur le front - priant tous les dieux dont je connais le nom pour que ça ne la réveille pas - et la repose doucement dans son berceau. Mon bébé ne bouge pas d'un cil, et je prends un instant à la regarder dormir avant de m'éloigner doucement.

Un coup d'oeil vers le babyphone pour vérifier qu'il est bien branché, et je retourne à pas de loup vers ma chambre où ma femme est en train de dormir paisiblement, espérant qu'elle s'est rendormie.

Demain est un autre jour, et il vaudrait mieux que je sois en forme pour l'affronter aussi.