Profitez de vos vacances tous ceux qui en ont encore !
Erec : Bien sûr que c'est ton idée ;) C'est pas pour tout de suite, mais une vraie demande en bonne et due forme arrive
Link02 : Ça m'a fait super plaisir de te voir revenir haha Tu pensais que j'allais faire gagner Gryffondor hein ? Trop faciiile XD Oui Gin est une malade, mais avec il faut s'attendre à tout ... Ah oui j'ai encore plein de chapitres à faire avec tous ces paris dans tous les sens, mais ils arriveront bien un jour
( On se replie Poussin ! 3)
Fuck U – Placebo
Tu as comme un mauvais pressentiment aujourd'hui.
Le bruit dans le couloir qui mène à l'entrée du stade est assourdissant, comme il l'est toujours, mais tu bloques tous les sons que tu peux.
Devant toi, tu peux voir Gwenog lancer ses dernières instructions à Gail et Galatée, qui consistent à gesticuler dans les airs avec la batte de Gail en manquant de l'assommer, et un peu plus loin Leda qui parle à Gemmi, mais tu n'entends pas ce qu'elles disent.
Tu n'écoutes pas. Tu essaies de te concentrer sur tes mains, qui tremblent étrangement alors que tu resserres une dernière fois les protections qui te recouvrent les genoux.
Tu as du mal aujourd'hui, mais tu ne montreras rien. Tu es la capitaine, et les capitaines n'ont pas de jour sans. Alors tu te relèves, et tu bombes le torse comme tu peux, et tu ajustes le brassard à ton bras. Tu ignores comme tu peux le désagréable sentiment d'angoisse qui te tord le ventre, et que tu as appris à calmer le plus possible au fil des années.
Au moins, vous ne pouvez pas voir vos futures adversaires attendre dans le couloir qui mène au stade. Vous ne jouez pas à domicile, mais le stade de Wimbourne est conçu de la même manière que le Millenium Stadium et chaque équipe a son couloir privé pour accéder au terrain. Depuis certains accidents de bagarre avant match, à l'époque de Gwenog comme par hasard, où les joueurs rentraient sur le terrain en saignant du nez avant même que les cognards aient été relâchés, des régulations sont passées pour interdire les autres équipes de se voir avant le début du match. Chacun rentre donc dans son propre couloir, et comme vous jouez à domicile aujourd'hui, les Frelons sont en train de rentrer dans le stade, avant vous.
Le moment de concentration avant d'entrer dans l'arène t'est bien utile d'ordinaire, mais aujourd'hui, ton cerveau refuse de se concentrer sur ce qui va suivre.
Tu mets ça sur la discussion que tu as eu avec Ron avant le match sur son futur départ du Bureaux des Aurors et surtout sur le fait que tu n'aies pas pu embrasser ta femme avant d'aller te changer. Elle t'a envoyé un Patronus désolé pour te dire qu'elle était submergée par une urgence au ministère, et qu'elle n'arriverait au stade que pile à l'heure pour le début du match.
Tu as essayé de cacher ta déception au mieux devant les autres bien sûr, même si Gemmi t'as automatiquement cramé et heureusement n'a rien dit, et tu es repartie vers le vestiaire les épaules basses.
Hermione est ton porte-bonheur – elle l'a toujours été – et les jours où tu ne la vois pas avant de jouer sont les pires. Tu tournes nerveusement l'alliance autour de ton doigt, et la place manquante te semble bien vide. Gwenog a récupéré ta bague de fiançailles comme elle le fait toujours avant chaque match, et ton doigt te semble léger sans elle.
Tu ne trépignes pas d'impatience aujourd'hui, et tu préfères te concentrer sur l'appel des spectateurs derrière les portes closes plutôt que d'aller blaguer avec tes copines.
Tu n'as pas le droit de baisser les bras. Tu n'as pas le droit d'avoir peur. Pas quand tu portes ton brassard de capitaine. Pas quand les filles comptent sur toi. Pas quand dehors, ceux qui ont payé pour leur place et portent une réplique de ton maillot sur leur dos comptent sur toi.
Tu poses ton balai contre le mur adjacent et tu passes une dernière fois dans les rangs pour passer ta main dans le dos de tes joueuses, et donner quelques instructions de dernière minute.
Tu cognes le poing de Grazia, tu embrasses le crâne de Galatée et t'amuses à décoiffer à Gail comme tu le fais toujours. Tu n'as pas l'air de duper Gemmi, à en croire le regard concerné qu'elle te lance, et tu lui fais signe que c'est juste le stress.
Tu laisses Leda vérifier les protections qui couvrent tes avant-bras et te demander comment va la crampe au côté qui date de l'entraînement du matin, et Gwenog passer un bras autour de tes épaules en te murmurant tout bas d'aller bouffer tout cru ces petits cons de Frelons avant de prendre ta place derrière Geri. Leda et les autres coachs partent derrière Gwenog rejoindre leur place au bord du terrain, et il n'y a plus que vous dans le couloir maintenant, vous et le public derrière la porte qui hurle déjà d'anticipation.
« Le dernier à entrer dans le stade est une merde ! » te lance Geri en rigolant, et tu roules des yeux en grognant, parceque la capitaine est obligée de rentrer en dernier et que Geri te répètes cette phrase à chaque match, depuis des semaines maintenant, juste pour le plaisir de t'emmerder.
La musique familière d'entrée de match résonne dans le stade, et le stadier qui vient d'ouvrir la porte fait un hochement de tête à Grazia, qui rentre toujours la première. L'avancée technologique vous permet maintenant de diffuser une musique dans toute l'enceinte lors de l'entrée des joueurs, et au moment de choisir votre hymne, c'est à toi qu'est revenue la responsabilité de trouver un air pour les Harpies.
Quand tu en as parlé à Hermione, elle a tout de suite dit qu'elle avait un morceau parfait pour vous. Tu t'attendais à un de ses morceaux moldus qu'elle écoute parfois, un truc jeune et frais avec un fond de guitares et de piano, mais au lieu de ça elle t'a fait écouter un vieux morceau, de musique classique Gin ! et, tu l'as tellement adoré que tu l'as proposé aux filles dès le lendemain, qui l'ont tout de suite validé.
C'est donc pour ça que désormais, les Harpies rentrent toujours dans le Millenium Stadium sur La Chevauchée des Walkyries – ce qui annonce toujours la couleur à leurs adversaires et excitent plus que tout le public. Le vacarme des cuivres accompagne parfaitement vos pirouettes d'entrée, et vous vous imposez tout de suite comme une équipe qui n'est pas là pour plaisanter, et qui en impose.
Tu adores ça. C'est comme si Hermione était avec toi, sur ton balai, et ça te donne comme un regain supplémentaire de courage avant d'entrer dans l'arène.
La musique se lance, et la voix du commentateur annonce l'arrivée de votre gardienne sur le terrain. Et comme d'habitude aujourd'hui, les filles s'envolent dans le stade les unes après les autres, et tu restes seule dans le couloir de lancement avec les stadiers, à laisser les hurlements du stade chauffer tes muscles et accélérer ton cœur, te préparer à l'action.
« Et voilà maintenant la Capitaine de nos adversaires, la Tornade d'Holyhead, Ginny Granger ! » annonce le présentateur local, et tu donnes un grand coup de pied au sol pour te faire décoller dans les airs
Le stade ne t'est pas familier, mais ce n'est pas la première fois que vous y jouez et tu mets peu de temps à retrouver tes repères. Tu sais que la tribune des ultras, des supporters des Harpies qui suivent chacun de vos déplacements avec ferveur, se situe derrière les trois cerceaux de Grazia, et tu repères du coin de l'œil les cabines privées des familles où doivent être entassés les siens.
Tu ne tournes pas la tête vers eux. Ton regard est fixé sur le centre du terrain, où t'attendent l'arbitre et Winston Greenfield, le capitaine des Frelons.
Tu aimes bien Winston – tu ne le connais pas aussi bien que Kyran Doe ou d'autres joueurs d'équipes adverses – mais les quelques fois où tu as joué contre lui, il s'est montré d'un grand fair-play et d'une classe absolue. Tu le respectes beaucoup. Tu lui serres la main, puis celle de l'arbitre, et écoute ce dernier vous annoncer les règles du match, que tu connais par cœur depuis le temps que tu joues professionnellement.
Alors qu'il est en train de vous rappeler que le match prendra fin lorsque le vif d'or aura été attrapé, ou par votre consentement mutuel, tes yeux dérivent vers les gradins, où les supporters de Wimbourne ont entamé des chants à la gloire des Frelons. Tu sais la réputation qu'ils ont, et tu as prévenu tes joueuses qu'ils ne vous feront aucun cadeau.
Les supporters de Wimbourne, qui sont surnommés les Piqueurs depuis la création de leur équipe, feraient n'importe quoi pour déconcentrer leurs adversaires, y compris faire le plus de bruit possible quand ils sont en possession du souaffle, et imiter des bourdonnements sonores pour faire croire à une attaque d'insectes volants.
La dernière fois que tu as joué dans ce stade, ils ont attendus que tu t'apprêtes à tirer un pénalty pour se mettre à souffler dans des grandes trompettes et frapper sur des tambours, ce qui t'as assez perturbé pour que tu le rates. Bon, mal leur en as pris puisque ça t'a mise dans une telle rage que tu as démis l'épaule de leur gardien en lui rentrant dedans cinq minutes plus tard, mais tu as retenu la leçon.
C'est de bonne guerre, tu te dis. Les supporters des Harpies ne sont pas des tendres non plus et l'ambiance promet d'être électrique.
« Vous pouvez vous serrer la main » dit l'arbitre Tu agrippes la main de Winston, et pour une fois, ton masque froid d'impassibilité fond sur un sourire.
« Bon match, Greenfield »
« Bonne chance, Granger » il te sourit en retour
Il s'envole vers sa zone de but pour aller parler à son équipe, et toi tu siffles de toutes forces pour réunir tes joueuses dans un cercle dont tu es le centre.
Tu n'as pas grand-chose à leur dire aujourd'hui. Tu leur rappelles qu'il vous faut gagner d'au moins soixante points d'avance pour assurer votre cinquième place au classement et leur conseille de se donner à fond si elles ne veulent pas subir la colère de Gwenog avant de les envoyer se disperser.
Tu as fait de meilleurs discours d'avant-match, c'est clair. Mais la sensation désagréable est encore en train de te tordre l'estomac, et tu profites qu'au loin, Winston est en train d'hurler sur ses joueurs dans leur costumes jaunes à rayures noires pour te tourner vers les tribunes.
Tu regardes vers les cabines privées des proches des joueurs pour tenter de voir si Hermione est arrivée, et c'est un peu difficile parcequ'avec toute cette foule dans le gradin, tu as du mal à repérer la cabine où sont placés tes frères et tes neveux. Heureusement, la nature est généreuse et a gâté toute ta famille d'une chevelure rousse repérable entre mille, et comme par hasard la première que tu aperçois est ta mère, qui te fait de grands signes derrière la vitre.
Tu lui souris légèrement, alors qu'elle ameute tout le monde autour d'elle, et plisse des yeux pour distinguer les formes. Tu peux voir Bill, et Fleur, et ton père, et Harry, et Luna, et Ron, et une fois n'est pas coutume, Percy.
Hermione n'est pas avec eux. Elle doit être encore bloquée au ministère, et transplanera ici dès qu'elle le pourra, tu le sais. Tes nerfs ne veulent pas l'admettre. Tu fais un petit signe de la main vers ta famille, mais ton estomac te brûle. Tu l'ignores.
Au centre du terrain, l'arbitre te fait signe qu'il va libérer les balles, et tu t'envoles pour prendre ta place habituelle. Chesterson, le poursuiveur central des Frelons, s'avance en face de toi dans le rond central, et te lances un petit sourire narquois auquel tu ne réagis pas.
Lui, tu ne l'aimes pas.
Sa réputation le précède en tant que fauteur de troubles, et tu sais qu'il a déjà été renvoyé du terrain deux fois depuis le début de la saison. Il est l'épitome du Serpentard, mais tout ce que tu n'aimes pas chez les Serpentards – rien à voir avec Geri et Gwenog que tu adores plus que tout – déloyal, fourbe et prêt à sacrifier ses propres coéquipiers pour sauver sa peau. Il va être ton adversaire direct pendant le match, et ça ne te réjouit absolument pas.
« Comment ça va Weasley ? » te demande il en tendant la main
Tu la serres de mauvaise grâce – parceque tu es obligée, l'arbitre et des milliers de spectateurs ont les yeux rivés sur toi - mais tu grognes quand même que c'est Granger, plus Weasley. Vous continuez à vous dévisager – lui dans un grand sourire insolent et toi dans un regard mauvais – et l'arbitre libère enfin les cognards et le vif, et lance en l'air le souaffle sur lequel tu te précipites tout de suite.
Chesterson te fonce dessus et te coupe le souffle d'un coup de coude adroitement placé sur ton plexus solaire, et s'empare du souaffle. Tu pousses un juron tout bas et te précipites pour le rattraper, surveillant du coin de l'œil que tes filles sont bien rentrées dans leur match.
Les premières minutes du match se déroulent sans aucun point marqué, même si Grazia a déjà fait deux sauvetages et que Gemmi a placé un souaffle contre le cerceau, et tout progresse normalement jusqu'à ce que soudain, rien n'aille plus. Giulietta vient juste d'ouvrir le score, et tu n'as pas le temps de la féliciter que tu sens une douleur vive enflammer soudain ton flanc droit.
Tu viens de recevoir un cognard juste au-dessus de la fosse iliaque qui te lançait encore ce matin, et tu grimaces en te courbant sur ton balai pour essayer de diminuer l'inflammation. Par la barbe de Merlin, tu es presque sûr que tes deux ou trois dernières côtes ont reçu un coup assez violent pour les casser, et si c'est le cas tu vas souffrir.
La douleur t'handicape et comme une imbécile, tu as refusé de prendre la potion anti-douleur que t'avais préparée Hermione ce matin, et maintenant tu dois choisir entre garder suffisamment d'équilibre contre ton Firebolt et souffrir horriblement, ou aller demander à Joey de te bander les côtés, et rater dix minutes du match. Le poursuiveur jaune et noir Sandler prend la décision pour toi, puisqu'au moment où tu vas faire signe à ton soigneur que tu as besoin de lui, il passe vos défenses et va marquer un superbe but au nez et à la barbe de Grazia.
Tu décides que tu ne peux pas laisser ton équipe avec une joueuse en moins, et tu te relances aussitôt dans le match, ignorant la petite voix dans ta tête qui ressemble étrangement à celle d'Hermione te dire que c'est une mauvaise idée.
Vingt minutes plus tard et tu es dans une drôle de situation. Ton côté droit te ferait maintenant presque hurler de douleur à chaque mouvement si tu ne t'appliquais pas à dissimuler toute souffrance devant tes adversaires, surtout depuis que l'énorme géant qui sert de batteur aux Frelons t'a tamponné trois ou quatre fois à cet endroit précis, mais au moins vous avez réussi à remonter au score grâce à deux buts de Gemmi.
Il te semble aussi qu'Hermione est arrivée dans la cabine, à en croire la petite forme brune que tu as aperçue dans une forêt de cheveux roux en passant à toute vitesse devant la cabine, et quelque part, tu es un peu plus rassurée que tu l'étais en début de match. Un peu seulement.
L'autre point positif est aussi que pour l'instant, vos supporters et les Piqueurs se tiennent à carreaux – à y comprendre qu'ils n'ont pas encore déclenché de bagarre générale – et il n'y a pas d'accidents à déclarer.
Non, ton seul problème est cette anxiété qui ne te quitte pas, et tes côtes qui te font de plus en plus mal – et tu espères de tout ton cœur que tu n'es pas en train de faire une hémorragie interne parcequ'Hermione te tuera si tu retournes à Sainte-Mangouste.
Tu es plein milieu d'une figure assez compliquée où tes pieds sont sur ton balai et tu es accroupie sur ton Firebolt, plus assise du tout, quand le premier coup de sifflet du match se fait entendre, en votre faveur puisque Chesterson est apparemment sorti des limites du terrain.
Tu te rassois correctement sur ton balai pour vite aller discuter avec l'arbitre et Greenfield, qui ne proteste pas la faute évidente de Chesterson, malgré ce dernier qui hurle son indignation quelques mètres plus loin, et tu serres la main de Winston. Le poursuiveur central de Wimbourne est encore en train de protester qu'il n'a brisé aucune règle et son capitaine doit l'entrainer loin de l'arbitre quand Gemmi et Giulietta te rejoignent pour décider de qui va tirer le pénalty.
« Tu t'en occupes Gin ? » demande Gemmi
« Non, je pense pas que j'en suis capable » tu souffles entre deux respirations difficiles « Giul' vas-y, rends moi fière »
Giulietta s'empare du souaffle et se dirige tranquillement vers la zone de buts adverses, et toi tu lâches enfin un petit gémissement que tu retenais depuis un bout de temps.
Depuis quand est-ce que tu as besoin de côtes entières pour respirer ?
Gemmi te jette un regard de reproche digne de Molly Weasley et Minerva McGonagall fusionnées quand elle se rend compte que tu n'es pas allée faire panser tes côtes quand tu aurais du au début du match, et tu réponds d'un signe de la main négligé.
« C'est bon ça va, je gère » tu la rassures
Elle n'a pas l'air rassurée du tout. Heureusement, le bruit que font les Piqueurs pour distraire Giulietta qui va tirer son pénalty attire son attention vers les cerceaux que garde Greenfield, et tu en profites pour t'éloigner à reculons dans les airs.
Giulietta transforme le pénalty, et ni les joueurs ni le public de Wimbourne ne le prend bien, puisque les jurons et les sifflets pleuvent sur vous de toute part maintenant. Giulietta n'en est pas affectée, et te rejoint pour te demander la suite des évènements.
« Et bien la situation est simple – Chesterson va vouloir se venger, je pense que Galatée a une crampe à l'épaule parceque ses coups de battes sont moins précis depuis au moins dix minutes, et on a encore plus de dix buts à marquer si on veut gagner le match en prenant en compte que Ger' attrape pas le vif, donc au boulot ma vieille » tu dis de ta voix de capitaine
Giulietta hoche de la tête, et part transmettre à Gemmi tandis que pour la première fois du match, tu tournes la tête vers ta cabine et prend le temps de les regarder. Tu es trop loin pour vraiment distinguer ce qu'il s'y passe, même si tu ne doutes pas une seconde que l'espèce d'asperge verte qui s'agite dans tous les sens, c'est Ron qui a enfilé son costume des Harpies, mais tu souris quand même vers eux.
Tu repars vite vers la mêlée centrale, où Giulietta et Miller, un poursuiveur de Wimbourne, se disputent le souaffle, et tu essaies de lui venir en l'aide quand un cognard file vers toi, et tu fais un écart pour l'éviter. Le temps de t'en débarrasser, Miller a saisi le souaffle et fonce vers Grazia, et tu hurles de toute la force de tes côtés cassées à tes batteuses d'organiser une défense. Gail est trop loin pour réagir, mais Galatée se précipite vers Miller, qu'elle parvient à bousculer sans faire de fautes, et le souaffle tombe dans les mains de Chesterson, qui n'attend que ça.
Tu es trop loin pour revenir, et tu es persuadée qu'il va conclure l'action quand Gemmi déboule comme une furie de nulle part, et arrache le souaffle des bras du poursuiveur jaune et noir. Chesterson hurle à la faute, mais Gemmi a joué dans les règles de l'art, et tu la félicites d'un pouce en l'air avant de la rejoindre pour mener une attaque.
Elle te passe le souaffle, et nom d'un chien, tu ne devrais pas le tenir contre ton côté droit parceque la simple pression de la balle en cuir contre tes côtes te donne envie d'hurler à pleins poumons, mais tu serres les dents et tu poursuis.
Un premier batteur vient te bloquer la route, et te rentre dedans dans un grand choc – du côté gauche heureusement – et tu es presque en face des buts maintenant, tu vas marquer, tu le sens, quand le deuxième batteur t'emboutit du côté droit. Tu lâches le souaffle dans un hurlement et tu enroules un bras autour de tes côtes blessées pour t'éloigner un peu de la violence du terrain.
Ça te coûte beaucoup de l'admettre, mais tu vas devoir sortir cinq minutes du terrain pour aller te faire soigner – ce que, soyons clair, tu ne fais jamais volontairement. Tu voles aussi vite que tu le peux sans rentrer dans aucune balle en fer ou joueur adverse vers le bord du terrain où attend Joey, votre soigneur, quand un cri t'interrompt.
« Gin ! »
C'est Giulietta qui fait des grands gestes du bras vers toi, et tu décélère tout de suite pour voir ce qu'elle veut.
« Gin ! Là-bas ! » crie Giulietta, et tu te retournes vers la direction qu'elle indique pour voir ce qu'elle a vu de loin, et le stade aussi aux vues des cris que pousse le public.
« Putain … » tu grognes aussitôt entre tes dents, tes mains enserrant avec force le manche de ton balai pour te rendre sur place au plus vite.
Geri est en plein dans une discussion musclée avec Chesterson et tu crois même voir partir un poing avant que tu arrives comme une furie les séparer du mieux que tu puisses. Tu encercles Geri du bras qui n'est pas accroché à ton balai et la force à reculer, avant de te placer entre les deux, une main sur leurs torses respectifs, et tu essayes de les tenir à distance, ce qui n'est pas facile quand Geri essaye de bondir sur l'autre attrapeur, et que lui-même continue à la narguer.
« Vas-y, viens, Hewitt ! Qu'on règle ça une bonne fois pour toutes ! »
« Ta gueule ! » hurle Geri, que tu as rarement vue aussi énervée
Elle rue contre toi, et elle ne peut pas le savoir mais elle appuie sur tes côtes, et la douleur te tue.
« Geri arrête, merde ! » tu te mets à crier aussi
Geri ne t'écoute pas – dans sa fureur tu ne sais même pas si elle peut t'entendre – et elle profite que tu sois pliée sur toi-même pour réduire un peu le feu qui dévore tes côtes pour te contourner, et aller pousser Chesterson sur son thorax.
« Ger', non ! » Tu veux intervenir, mais Chesterson la frappe d'un coup de poing à l'épaule et elle réplique d'un coup de coude dans son nez, et tu as déjà assez mal comme ça pour recevoir un coup qui ne t'était pas destiné.
« Hey ! »
Tu parviens à nouveau à te placer entre les deux et place une main contre Chesterson pour le maintenir loin de temps pendant que tu t'adresses à Geri.
« Ger' qu'est-ce que tu fous ? T'es devenue complètement folle, tu veux un carton rouge ? » Elle ne te répond pas, ses yeux fous sont fixés derrière toi vers lui, et tu te demandes un instant si elle aussi elle n'aurait pas besoin d'aller à l'infirmerie aussi « Geri tu m'entends ? Il faut que tu te calmes, maintenant ! »
D'un coup, tu sens que la main que tu avais posé contre le torse de Chesterson se fait repousser, et comme tu avais mis pas mal de force dessus, tu perds un peu ton équilibre et dois te cramponner à la dernière minute à ton balai pour ne pas tomber au sol. Ton autre main reste agrippée à Geri, l'empêchant de se jeter sur l'attrapeur adverse, et tu tournes lentement la tête vers Chesterson pour le voir fulminer contre toi.
« Tiens voilà l'autre qui vient défendre sa copine ? Tu t'y connais aussi en Sang de Bourbe, hein Weasley ? »
Tu ne dis rien. Tu as appris il y a longtemps à ne pas réagir aux provocations, à ne pas répondre.
Tu ne dis rien, mais en toi, l'angoisse s'est transformée en colère, et la main que tu as posée sur le thorax de Geri se replie soudain en un poing sur son maillot.
Chesterson ne l'entend pas de cette oreille, et continue à lancer mille insultes contre Gemmi qui font enrager Geri derrière toi.
« Calme toi Chesterson » tu grognes entre tes dents
« Mêle toi de ce qui te regarde Weasley ! T'es pas mieux qu'elle, à parader partout avec ta femme sous le bras, comme si c'était normal pour une Sang-Pure de finir avec une Sang-de-Bourbe comme Grange ! Ils t'ont pas envoyé assez de Crucio à Poudlard pour t'effacer ça du cerveau apparemment ! »
Ton poing est si serré que tu peux sentir tes ongles se planter dans ta paume, sous la mitaine en cuir qui la recouvre pourtant, et il faut que tu te calmes avant d'arracher le bout de tissu qui y est prisonnier. Tu ne sens plus la douleur dans tes côtes, tu ne sens plus rien – que la colère qui cogne contre tes tempes, sourde, brute.
« Réfléchis bien à ce que tu vas dire ensuite » tu grognes, ta voix sonnant soudain caverneuse et bien plus grave qu'elle n'est d'habitude
« De quoi ? Que tu fais honte à tous les Sangs-Purs du pays ? Ou que ta soi-disant femme, et bien je lui - »
Chesterson n'a pas le temps de finir que tu as lâché Geri pour attraper le devant de son maillot.
Tu veux le cogner, tu veux le frapper plus que tout, mais quand tu lèves le bras droit pour écraser ton poing sur le nez de cet abruti, tu aperçois le brassard enroulé autour de ton biceps et tu sais que tu n'as pas le droit de faire de fautes, et encore moins quand tu représentes une équipe.
Tu le relâches avec regret, mais au moment où tu vas entraîner Geri au loin pour la calmer, Chesterson essaye de te lancer un coup de poing dans le ventre. Tu recules, dans un mouvement beaucoup trop rapide pour tes côtes blesses, et tu lui attrapes le poignet.
Tu pourrais le lui casser en deux si tu voulais – cet imbécile ne doit pas être au courant que tu as grandi avec six frères, y compris un conjureur de sorts et un éleveur de dragons, qui t'ont appris les pires techniques de self-défense possible – mais tu te contentes de maintenir le contact visuel, et ne lâches son poignet que lorsque Grazia, Gemmi et Winston arrivent en catastrophe autour de nous.
« Espèce de garce ! » te crie Chesterson en ramenant son poignet contre lui, visiblement dans la douleur, et tu dois tenir Geri plus que jamais contre ton bras pour s'échapper et aller le massacrer.
« Dis encore un mot sur ma femme, un seul, et tu vas comprendre pourquoi on m'appelle la Tornade » tu grondes tout bas entre tes dents, et seul lui l'entend, à voir l'écarquillement de ses yeux.
L'arbitre est enfin là, et sort aussitôt un carton qu'il brandit devant Geri, puis Chesterson, les excluant tous les deux dix minutes du terrain, et appelle les capitaines à venir discuter avec lui.
Tu te retournes pour t'assurer que Grazia et Gemmi ont entraîné Geri au loin, et qu'elle ne va pas se jeter sur Chesterson dès que tu auras le dos tourné, et tu te diriges vers le savon qui t'attend.
Tu essaies de défendre Geri comme tu peux, bien sûr, mais l'arbitre a vu le moment où tu broyais le poignet de Chesterson, et te donne un avertissement aussi, au cas où tu retenterai d'agresser physiquement un autre joueur.
« Soyez contente que je ne vous exclue pas non plus, capitaine » te dit-il dans un petit froncement de sourcils réprobateur
« Bien sûr » tu souffles
Tu serres la main de l'arbitre, qui fait juste son travail après tout, et attend que Greenfield fasse de même avant de t'éloigner un peu plus loin avec lui pour lui raconter à voix basse ce qu'il vient de se passer. Il soupire et s'excuse du comportement de Chesterson, et tu lui répond que ce n'est pas de sa faute.
« Pas de rancune alors ? »
« Avec toi jamais ! » tu souris
Vous vous tapez dans la main, et repartez dans la direction de votre camp respectif, où l'arbitre vous a ordonné de ramener les joueurs exclus.
Tu te diriges vers le cercle que forment maintenant tes joueuses autour de Geri, et pousse un grand sifflement pour leur faire signe de descendre au sol. Pendant la descente, tu attrapes l'épaule de Geri parcequ'elle essaie encore de protester contre l'arbitre, et tu l'entraînes sans dire un mot. Tes côtes te lancent, mais tu les ignore, parceque ce n'est pas le moment de penser à toi, ou à elles.
« C'était pas moi, putain ! » hurle Geri dans tes oreilles « T'as tout vu Gin, c'était lui ! »
Tu la fait taire immédiatement, parceque tu es furieuse contre elle, et tu n'es pas prête à lui pardonner d'avoir bousillé le match pour toute l'équipe comme ça.
« Toi t'as fait assez de dégâts comme ça, alors t'attends qu'on atterrisse pour l'ouvrir ! »
Vous posez le pied à terre, et tu relâches Geri pour plonger tes yeux dans les siens.
« Alors ? » demande Gwenog, qui est arrivée en courant derrière vous
« Dix minutes de suspension pour elle et un avertissement pour moi » tu réponds sans la regarder
Tes yeux envoient des éclairs en direction de Geri, qui n'est absolument pas calmée, et essaie maintenant de te joindre à sa cause.
« C'est pas moi qui ait commencé merde ! C'est lui, il disait plein de saloperies, et je pouvais pas le laisser faire ! »
A ça tu exploses. Complètement.
« Tu te tais ! Jusqu'à preuve du contraire, c'est encore moi la capitaine ici ! »
« Mais Gin … »
« Chesterson est un poursuiveur, Geri, un poursuiveur ! Il y en a encore deux sur le terrain pour marquer des buts, alors que toi t'es notre seule foutue chance de gagner ce match avec assez de points d'avance, mais non, il a fallu que tu tombes dans le panneau comme une abrutie ! Qu'est-ce qu'il se passe si l'attrapeur des Frelons chope le vif alors que toi, t'es ici parceque t'as pas pu te contrôler ? »
Tu sens une main se poser contre ton épaule, et essayer de te tirer doucement en arrière, mais tu es furieuse, complètement furieuse, et tu vides complètement ton sac face à Geri, qui blanchit de plus en plus avec tes paroles.
« Avec tes conneries, tu viens peut-être de nous coûter notre place au classement, félicitations, j'espère que ça en valait le coup ! »
Tu t'approches d'elle, tellement que tu touches presque son front du tien, et tu vois un éclair de tristesse passer dans ses yeux quand tu craches la fin de ton venin.
« Tu vas rester ici et fermer ton clapet, et dans dix minutes, il y a intérêt pour toi que le match soit encore en train de jouer et que t'aille attraper ce putain de vif et qu'on en entende plus parler ! Maintenant tu disparais de ma vue pendant que j'essaie de rattraper tes conneries ! »
Geri te jette un regard noir mais dit rien. Elle sait qu'elle est en faute, et elle se laisse rejoindre par Gwenog, qui se met à lui murmurer tout un tas de choses tout bas.
Tu te retournes vers tes coéquipières qui n'ont pas été renvoyées du terrain – contrairement à ta gourde de meilleure amie – et essaie de reprendre ton souffle, ce qui est vraiment pas facile avec tes côtes.
« Bon » tu soupires « Il nous faut une nouvelle technique, alors je propose : les deux batteuses à fond sur leur poursuiveur, pendant les dix minutes qui suivent. Gail et Galatée, tant pis pour les autres Frelons, vous m'envoyez tous les cognards que vous pouvez sur lui ok ? Il faut absolument pas qu'il attrape le vif … »
Elles hochent toutes les deux de la tête, et tu te tournes vers tes poursuiveuses.
« Bon comment on va faire ça … Il faut qu'on assure des points, mais on aura plus de batteuses pour détourner les cognards »
Giulietta fait une petite grimace, et tu comprends tout de suite ce qu'elle suggère.
« Il faut une cible à cognard » tu comprends
Tu baisses les yeux vers ton côté droit, que tu devrais aller faire soigner, tu le sais bien, et tu relèves la tête vers elles.
« Gem' tu te sens ok en attaque centrale ? »
Gemmi hoche de la tête, et tu poses une main sur l'épaule de Giulietta.
« Et toi ton épaule c'est bon ? »
« Ca ira pour la fin du match »
« J'espère qu'on va tenir dix minutes sans que je doive envoyer un batteur à l'infirmerie » tu plaisantes, mais il y a un fond de vrai dans ce que tu dis et ça ne serait pas la première fois où tu provoques des fautes volontaires pour sauver un match
« Tu vas te faire expulser, Gin … » proteste Gemmi
« J'ai déjà un avertissement, et j'ai les côtés en miettes, je suis un poids pour vous de toute façon. Mieux vaut que ça soit moi »
Les autres n'ont pas l'air ravies, mais n'ont pas vraiment le choix, et finissent par toutes se ranger à ton plan de dernière minute.
« Allez les filles, on a dix minutes à tenir ! »
Vous vous souhaitez toutes bonne chance, et tu les regardes remonter sur leur balai, et décoller dans le ciel sous les yeux envieux de Geri. Tu soupires, et avant de pouvoir te retenir, tu claques des doigts.
« Gemmi ! »
Gemmi se retourne, et fais marche arrière pour redescendre sur le sol à tes côtés.
« Vas-y » tu souffles en lançant ta tête en arrière vers l'endroit où se trouve Geri « T'as vingt secondes »
Gemmi te lance un sourire reconnaissant, et se dépêche de rejoindre Geri dans ton dos. Tu ne les regardes pas. Tu les laisses profiter de leur moment, et tu gardes les yeux rivés sur le stade qui s'échauffe sous tes yeux, sans sourciller quand tu sens quelqu'un se glisser à côté de toi et un bras se poser sur ton épaule.
« Tu penses que j'ai mal fait ? » tu demandes à Gwenog sans la regarder
« Je pense que tu as pris la bonne décision en tant que capitaine, et que tu es devenue bien plus réfléchie et posée que tu n'étais la première fois que je t'ai vu te faire insulter par un supporter »
Tu souris mais tu ne rajoutes rien.
« C'était sur Gemmi, hein ? »
« J'ai pas tout entendu, mais je suis à peu près sûre que c'était sur le fait que Gem soit née moldue » tu lui réponds, le regard toujours fixé sur les tribunes
« Et toi ? »
« Hermione. »
Tu ne rajoutes rien, Gwenog sait parfaitement quel genre d'insultes on peut te jeter en rapport avec Hermione, et elle a failli aller casser la figure d'un supporter un peu trop aviné qui t'en lançait plus d'une fois.
« Je suis fière de toi Gin » elle te sourit « T'as réussi à te retenir d'aller lui faire avaler ses dents »
« Tu parles » te soupires « Quand il a commencé à parler d'Hermione … c'est pas passé loin. Je lui aurai cassé son foutu poignet, Gwen. Dix secondes de plus, et j'étais virée du championnat »
« Mais tu l'as pas fait, et c'est ce qui compte »
« Ouais … »
Le temps que tu lui as accordé est largement passé, et tu appelles Gemmi, qui tient la tête de Geri entre ses mains, tu ne peux pas t'empêcher de les regarder, pour que vous remontiez toutes les deux.
Gemmi apparait vite à tes côtés, et te soupire un petit merci avant de remonter sur son Firebolt, et s'envoler dans les airs. Tu enjambes ton balai, et soupire un bon coup.
« Et Gin ? Je sais pas si tu vas encore tenir longtemps avec des côtes cassées comme celles que t'essaies de dissimuler, alors si le match n'est pas fini dans quarante minutes, tu vas voir Joey pour te faire soigner. C'est un ordre. »
Tu roules des yeux, mais hoches la tête vers Gwenog, et enfin tu t'envoles dans les airs.
Le public t'accueille aussitôt dans un charmant concert de sifflets et de hurlements, mais tu les ignores. Tu vois du coin de l'oeil la tribune où sont entassés les supporters ultras des Harpies, qui t'ont l'air assez excités comme ça, et tu ne veux pas rajouter de l'huile sur le feu.
Greenfield et Chesterson sont encore en bas, à se hurler dessus comme des chats fâchés, et tu en profites pour baisser les yeux vers ton côté blessé et analyser l'étendue des dégâts.
Tu sais que là, en haut des gradins, dans la loge qui porte ton nom, elle attend que tu te retournes et elle cherche ton regard, mais tu ne peux pas tourner la tête. Tu ne peux pas la regarder, pas alors que ton pouls est encore si irrégulier et ton cœur bat encore si fort, pas tant que la rage qui te brûle les veines ne s'est pas dissipée.
Peut-être que tu as un peu honte aussi, que l'insulte t'atteigne encore si facilement, te fasses si vite sortir de tes gonds.
Peut-être aussi que tu ne t'es pas assez énervée, que tu aurai du lui casser le nez et toutes les dents, et recevoir ta suspension avec fierté, et lancer ton brassard de capitaine au sol dans un geste dramatique.
Peu importe ton choix, les uns t'auraient défendue et encensée, et les autres critiquée et désapprouvée. Le seul avis qui compte, c'est le sien. Mais si tu la regardes maintenant, tu vas entendre dans ta tête le mot résonner encore et encore, et tu ne peux pas t'énerver encore, pas maintenant.
Tu ne détestes pas le mot, pas plus qu'Hermione. Tu le détestes si on l'utilise comme une insulte contre ta femme, stupidement, dans le seul but de blesser.
Des imbéciles comme Chesterson qui se permettent d'utiliser de telles insultes ne savent pas ce qu'Hermione a vécu à cause de ce mot, et de tout ce qu'il y a derrière.
Ils ne savent pas qu'elle a été torturée parce que ses parents étaient moldus. Ils ne savent que ses parents, eux, sont morts parceque leur fille était sorcière. Mais toi tu sais, et tu sais qu'Hermione est fière de ses origines moldues, et tu l'es aussi. Tu t'en veux de te laisser emporter aussi facilement des années après la bataille de Poudlard, mais il y a des choses que tu ne pourras jamais supporter, et ceux qui essaient de t'atteindre en passant par les origines de ta femme en font partie.
Greenfield remonte enfin dans les airs face à toi, et l'arbitre siffle la reprise, et tu ignores les protestations que t'envoient tes côtes pour filer du côté des cognards. Ta concentration est axée sur le jeu maintenant, et tu fais de ton mieux pour oublier ce qu'il vient de se passer, et finir ce match une fois pour toutes.
Les dix minutes passent vite, heureusement pour toi. Tes batteuses font un boulot formidable à empêcher l'attrapeur des Frelons de faire son boulot, et Gemmi profite d'un trou dans la défense pour aller marquer un but. Toi, tu ne reçois que deux cognards – un dans ton balai et l'autre au niveau de ta cuisse – qui te font plus de peur que de mal, et tu souffles quand même de soulagement quand l'arbitre autorise Geri et Chesterson à revenir sur le terrain.
Tu ne rates pas le regard penaud que te lance Geri, et tu ne doutes pas Gewnog a dû lui chauffer les oreilles pendant ses dix minutes de suspension, mais tu te contentes d'un regard froid. Bien sûr que tu comprends son geste, vu que tu as bien failli faire exactement le même, mais tu la connais par cœur, et tu sais qu'un peu de culpabilité la motivera à attraper le vif.
Tu continues à forcer sur tes côtes - tu veux montrer l'exemple aux filles, et tu veux en finir avec ce maudit match et ne pas avoir eu à écouter Chesterson te lancer des horreurs pour rien. Tu forces tellement que tu finis par marquer deux buts malgré la douleur, ce qui te rassure quand même un peu parceque tu n'as pas encore joué un seul match professionnel sans marquer au moins une fois, et quand Gemmi veut te prendre dans ses bras pour te féliciter tu lui fais signe que non, tu ne peux pas.
Tu finis le match sur les rotules – littéralement, parceque être à genoux sur ton balai plutôt qu'assise te fait moins mal – et tu es sur le point de te trouver mal quand Geri attrape enfin le vif.
Gail, qui vole pas loin de toi, te rattrapes aussitôt, et passe ton bras autour de ses épaules pour te maintenir sur ton balai malgré tes faibles protestations que tu ne vas pas t'évanouir tout de suite, promis. Tu vois Geri au loin qui célèbre à peine sa victoire, et tu es encore trop énervée contre elle pour aller la voir, même si tu sais parfaitement que vous parlerez dans les vestiaires tout à l'heure.
Tu demandes à Gail de t'aider à faire le tour du terrain pour serrer les mains de tous les Frelons, même celle de Chesterson qui te murmure tout bas que ce n'est pas fini. Tu t'en fiches complètement. Tu es encore appuyée sur Gail, et tu lui promets que tu vas aller voir Joey, mais avant tu as besoin d'un dernier service.
Le stade de Wimbourne a un seul avantage par rapport à celui de Holyhead, tu le sais. Contrairement au Millenium Stadium où l'accès aux cabines privées ne se fait que de l'intérieur, le stade des Frelons comporte une petite dalle en béton devant les loges, qui fait office de balcon auquel les familles ont accès et tu demandes à Gail de t'y amener.
Hermione est là, elle t'attend.
Normalement, tu resterai sur ton balai pour se placer à sa hauteur, et tu te contenterai de quelques mots avant de repartir vers les interviews qui t'attendent au sol, mais quand Gail t'aide à atteindre la plateforme, tu poses ton balai au loin et plonge dans les bras ouverts de ta femme.
Hermione ne dit rien. Elle te laisse la serrer contre toi, et poser sa tête contre son ventre comme tu le fais quand vous perdez. Vous n'avez pas perdu, mais Hermione te laisse faire, parceque même si elle n'a pas entendu tout ce qu'il s'est passé là-haut, elle sait.
Tu as mal partout et il faut vraiment, vraiment, que tu ailles à l'infirmerie, mais tu ne veux pas bouger. La presse parlera, et trouvera forcément un moyen d'apprendre ce qu'il s'est réellement passé, et il risque d'y avoir des répercussions pour Chesterson auxquelles tu seras mêlée, mais pour l'instant tu t'en fous.
Tu as juste besoin d'elle. Hermione te serre dans ses bras, et l'angoisse dans ton ventre fond lentement.
