Hello la compagnie !

Sachez que je tenais à écrire ce chapitre depuis un moment, j'étais tellement impatiente de vous le montrer ! (pour une fois que je suis satisfaite, soyez indulgent !)

Donc voilà, petite précision en fin de chapitre, j'espère que vous allez bien profiter de ce chapitre assez câlin (krkrkr) !

Bonne lecture !


_ Haha, sacré Mathieu !

_ Ca vous fait rire, patron ? Bouda Antoine, un peu vexé.

Son patron se tut brusquement, mais on voyait clairement que ce dernier avait encore envie de rire. D'ailleurs, il ne tint pas bien longtemps avant de s'essuyer une petite larme au coin de son œil.

_ A vrai dire, j'aurais du te le dire mais… Mais les créateurs sont des filous. Des manipulateurs. Rien de bien méchant ! Mais ils arrivent toujours à leur fin.

Antoine bougonna dans son coin, le nez dans la pizza qu'il faisait. Pour une fois, il était à la cuisine car tous les caissiers étaient présents mais il manquait quelqu'un à la cuisine. Son téléphone se mit alors à sonner. Le regard d'Antoine se dirigea vers sa poche qui était désormais illuminé par l'écran du téléphone avant de remonter vers ses mains dont il retira les gants.

_ Eh, gamin ! Qu'est-ce que tu fais ? Demanda le patron en fronçant les sourcils.

_ J'ai oublié de déposer mon téléphone dans mon casier, je profite qu'on ait pas beaucoup de monde pour le mettre maintenant.

_ Ok, mais fais vite. On est peu aujourd'hui.

_ Pas de soucis patron, dit-il avec un grand sourire avant de se précipiter vers les casiers où il rangeait ses affaires.

Les livreurs de pizzas chez YoloPizza devait porter un uniforme à l'effigie de la pizzeria. Par conséquent, chacun devait se changer avant d'arriver en salle. Souvent, Antoine y déposait son téléphone. Il avait cependant oublié cette fois-ci mais il tenait beaucoup à respecter cette règle pour ne pas être dérangée dans son travail.

Lorsqu'il prit le téléphone, il remarqua alors que ce numéro était un téléphone fixe mais non-enregistré sur son téléphone. Pourtant, ce dernier lui semblait familier. Il l'avait déjà vu quelque part. Il jeta un œil vers la cuisine et, en voyant son patron gérer les choses, il se permit de décrocher.

_ Allô ?

_ Pizzaman ?

Le bruit assourdissant derrière lui fit écarter le téléphone de son oreille. Pizzaman ? Serait-ce…? Il reposa le téléphone sur son oreille.

_ Mathieu ?

_ Oui, c'est ça ! Ecoute, je suis désolé de t'appeler au dernier moment mais…

_ Mathieu ! Le Patron s'est foutu à poil sur le balcon ! Y'a des enfants en face, on va avoir des emmerdes !

_ Putain, Panda, recule-le de la fenêtre ! … Ah putain ! Geek reprends l'appel s'il te plaît…

Antoine fronça les sourcils. Au moins, le Patron était remis. Du moins, visiblement. Il entendit qu'on se passait le téléphone de main en main avant que la petite voix du Geek se fasse entendre, toute hésitante.

_ Euh.. Ma-Mathieu aurait besoin de toi ce soir pour… Pour du babysitting et…

_ Mais… Ce soir, je travaille, le coupa Antoine, un peu pris de court.

Il n'entendit plus la voix du Geek, avant d'entendre qu'on le bousculait pour reprendre le téléphone - son cri plaintif avait aidé.

_ Gamin, fit la voix rauque du Patron, on a besoin de toi ce soir. Cinq cents euros la soirée.

_ QUOI ?! Firent la voix d'Antoine et Mathieu en même temps.

Antoine entendit qu'on posait la main sur le combiné au niveau du micro, ce qui ne l'empêcha pas d'entendre la conversation.

_ Patron, j'ai pas cinq cents euros…

_ Moi je les ai. Tu veux qu'il vienne, oui ou merde ?! T'en as peut-être plus besoin ?!

_ Bien sûr que oui, j'en ai besoin, tu le sais très bien !

Le Patron retirait sa main du combiné et s'adressait directement à Antoine.

_ Bon, gamin, ça le fait ? Marché conclu ?

_ Antoine ! Hurla le patron depuis la cuisine. Là, j'ai besoin de mains !

_ J'arrive !

Antoine ne savait que choisir. S'il prenait ce job, il devrait quitter la pizzeria et probablement perdre son emploi. Mais s'il restait, il perdait la confiance de Mathieu en ce qui concernait le babysitting.

_ Pour 22h30 ! Retentit la voix de Mathieu dans le combiné.

_ 22h30 ?! Mais fallait le dire plus tôt ! Je prends 50 euros pour la soirée, ça te va ?

_ Carrément ! Alors à dans trois heures ?

_ C'est ça ! A dans trois heures !

Et, aussitôt raccroché, le jeune homme accourait en cuisine.

Ce jour-là, d'ailleurs, fut une très longue journée pour Antoine. Les pizzas étaient faites à la chaîne, personne n'eut le temps de prendre ne serait-ce qu'une petite pause pour souffler. Il regretta presque d'avoir accepté la proposition de Mathieu. Mais il ne pouvait pas reculer maintenant, il avait donné sa parole au petit homme et ne voulait pas que ce dernier annule ses plans uniquement pour lui. Le chevelu était un homme de confiance et il tiendrait sa promesse.

Alors, une fois le travail finit et après avoir aidé sa collègue Delphine à ranger un peu la salle, il se dirigea chez Mathieu. Il était un peu en retard, mais bon, il travaillait et ne pouvait pas faire mieux. Il sonna, attendit qu'on lui réponde à l'interphone et entra dans l'immeuble, n'essayant même pas d'emprunter les escaliers. Est-ce qu'il les emprunterait un jour ? Probablement pas. Il décida donc de se glisser dans l'ascenseur sans aucune hésitation et arriva au troisième étage à la porte des Sommet. A peine avait-il sonné qu'on lui ouvrait déjà - que Mathieu lui ouvrait déjà :

_ Oh putain génial ! Tu es vraiment merveilleux comme type !

Il s'écarta pour le laisser rentrer, ce qui n'empêcha pas Antoine de froncer les sourcils. Mathieu semblait plus… Habillé ? Les premières fois qu'il l'avait rencontré, le jeune homme ne semblait pas si pointilleux sur sa tenue - ni même sur son apparence lorsqu'il le vit s'acharner sur une mèche de cheveux qui ne voulaient pas rester en place. Il semblait vraiment pressé, même stressé, nerveux mais pas comme d'habitude. Plus comme … Excité ?

_ Mathieu ! Grogna le Prof en regardant sa montre. Cesse de tripoter tes cheveux et pars. Tu vas être en retard à ton rendez-vous !

_ Rendez-vous…? Répéta Antoine, un peu à voix basse, les images de leur baiser encore en tête.

_ Eh ouais gamin, ricana le Patron qui venait de la cuisine. La frigide aussi tire son coup.

Antoine avait alors regardé le Patron, puis Mathieu. Ce dernier, qui le fixait avec un petit air coupable, baissa les yeux vers la fermeture de sa veste qu'il remonta avant de sourire et de regarder ses personnalités.

_ J'ai l'air de q…

_ Tu es très beau, l'interrompit le Panda qui tapait nerveusement du pied. Allez, bouge !

Mathieu fit la moue avant de faire un geste vulgaire du doigt à ce dernier et de se diriger vers Antoine et de lui glisser à l'oreille.

_ Je te paye 150 euros pour la soirée et ne discute pas. Je risque de rentrer hyper tard et je sais que tu bosses à la pizzeria et que ça va te faire juste et tout ça. C'est un moyen de me dédommager.

Mathieu se recula, sourit et fit un clin d'œil avant de se diriger vers la sortie et de partir, vérifiant juste avant qu'il avait bien son portefeuille dans la poche intérieure de sa veste en cuir. Le pizzaman, qui l'avait suivi du regard, tourna ce dernier vers les personnalités. Et, cette fois, il ne le sentait pas du tout. Le Patron regardait déjà le Geek avec un regard pervers alors que le Panda le menaçait d'un grognement bestial. Le Prof roulait déjà les yeux d'ennuie et celui qu'il appelait le Beauf regardait une émission à la télé sans se préoccuper de lui ou de ses autres camarades.

_ Et si on se faisait un marathon de films ?! Dit-il instinctivement et un peu plus fort que voulu.

Toutes les créations cessèrent leurs actions et se mirent à regarder Antoine avec un sourcil haussé. Puis, un sourire naquit sur chacun - sauf le Prof qui restait malgré tout relativement stoïque. C'est cependant lui qui prit la parole en premier.

_ Pourquoi pas, dit-il avec une moue pensive. Je pense qu'on devrait partir sur l'idée d'une personne, un film.
_ Très bonne idée, dit Antoine avec un petit sourire, ravi que son idée fonctionne. Quelqu'un a un film à proposer en premier ?
_ Trois chaudasses sur le cul d'un loup* ! Ricana le Patron en voyant la réaction du Geek qui se faisait tout petit.

_ Un documentaire sur les pandas ! S'exclama le Panda, tout sourire.

_ Pour que tu te branles la nouille dessus la peluche ? Répondit le Patron en haussant un sourcil. Non merci.

_ Et ton film, c'est pas pour te branler la nouille ?! Grogna la dite Peluche.

_ Bon, j'ai une autre idée, intervint Antoine en sentant la tension meurtrière entre les deux personnalités. Je propose que le premier qui va se coucher habituellement choisisse le premier film. Et ainsi de suite jusqu'au dernier coucher. Comme ça, vous respectez vos horaires de sommeil, on s'amuse et voilà.

Le grognement "désespéré" du Patron n'échappa pas à son oreille. Visiblement, il se couchait en dernier, et le Panda dans les premiers vu son sourire en coin dirigé vers le criminel.

_ Donc ? Qui est le premier ?

Tous les regards se tournèrent vers le Prof qui releva la tête de son livre scientifique récemment acquis et qu'il lisait en attendant que des décisions soient prises. Il regarda chacun d'entre eux avant de dire en fermant son livre dans un claquement.

_ Et si on regardait Gattaca ? Que je puisse me moquer de leurs théories idiotes sur la science.

_ … Ok pas de soucis ! Qui est le suivant ?

Le Geek leva timidement la main.

_ Oui, Geek ? Vas-y, ajouta Antoine, tout sourire.
_ Hm... Captain America ?

_ NON ! S'exclamèrent toutes les personnalités ensemble.
_ Ca fait la 72ème fois qu'on le regarde, grogna le Panda en se massant le visage.
_ Mais… Mais j'aime bien ce film, geint le Geek, sur le point de pleurer.
_ Ok ! S'exclama Antoine. Va pour Captain America. Next ?

Le Panda leva la main avec un grand sourire fier. Lorsqu'Antoine lui fit signe de parler, il se pencha vers le Patron, toujours grand sourire aux lèvres.

_ Je propose un documentaire sur les pandas.

_ C'est ça, souris tant que tu peux, la peluche, grogna le criminel.

_ Qu'est-ce qui se passe ici ? Demanda la Fille en sortant de la salle de bain.

Lorsqu'elle vit Antoine, elle poussa un cri aigu et se réfugia dans la salle de bain de nouveau. En même temps quand on est simplement vêtu de deux serviettes - une dans les cheveux, l'autre autour du corps…

_ Hm…, reprit Antoine en baissant la tête. Ok on continue ! Qui est le suivant ?

_ Puis-je poser une question ? Se manifesta le Prof.

_ Hm… Oui, je suppose.

_ As-tu pris en compte la durée de chaque film dans l'équation, empêchant ainsi les gens de se coucher vraiment à l'heure ? D'ailleurs beaucoup d'entre nous devraient être au lit, n'est-ce pas Geek ?

_ Mais… Mais je dors sur le canapé…, dit-il d'une toute petite voix qui lui était propre.

Le Prof leva les yeux. Mais pourtant, le Prof avait raison. Antoine se mit à réfléchir. Il était impossible de concilier heures de sommeil et film. Il commença à douter de son idée lorsque le Prof se manifesta dans un soupir.

_ T'en fais pas, c'est pas ton rôle de tous nous gérer. L'important c'est qu'on sorte pas et que tu t'arranges pour qu'on soit garder. Je vais aller me coucher, je dois me lever tôt.
_ Moi aussi, fit le Policier qui se tenait dans un coin depuis son arrivée. Boulot, boulot demain.
_ J'vais pas rester regarder l'film de super-héros ! Ajouta le Beauf en se levant. J'l'ai vu d'trop d'fois.

Les trois se dirigèrent donc dans l'unique chambre de l'appartement à l'étage. Antoine se sentit un petit peu déçu que chacun soit déjà en train de déserter son idée de regarder un film. Mais bon, il ne pouvait le reprocher à personne.

_ T'en fais pas, sourit le Panda en s'approchant de lui et en posant sa main sur son épaule. Nous, on doit dormir dans le canapé quoi qu'il en coûte alors… On reste. On va regarder Captain America, puis mon documentaire, puis…

_ Puis Nos Etoiles Contraires ! S'exclama la Fille en sortant de la salle de bain, habillée cette fois.
_ Oh mon Dieu, tuez-moi…, soupira le Patron en roulant des yeux. Je pourrais jamais regarder mon porno en paix ?

_ On le regardera en dernier Patron, promis ! Sourit un peu Antoine, conscient qu'il devrait supporter un porno auprès d'un criminel sexuel.

Mais cela ne le dérangeait pas. Après tout, il était pour le boulot. Pour le travail.

Il proposa d'ailleurs qu'on installe le clic-clac dès maintenant. Lorsqu'il se souvint de la première fois où il avait vu le Patron élaboré tout un stratagème pour pouvoir coucher tout le monde à sa place, il avait pensé judicieux que chacun s'endorme à sa place plutôt que chacun s'endorme dans le canapé qu'il faudrait déplier à la fin du dernier film pour installer tout le monde.

Une fois le clic-clac déplié, les couvertures installés et tout le monde installé - de gauche à droite : Panda, Geek, Antoine, Patron, Fille -, ils lancèrent le film via le pc branché à l'aide d'un câble à la télé. A vrai dire, ils ne finirent pas le premier film en entier. Monsieur Nounours blottit contre sa poitrine, le Geek s'était endormi au bout d'une demi-heure, ce qui avait suscité chez le Patron et le Panda des grands gestes pour qu'il coupe ce film.

Ensuite, ce fut le documentaire. Le Panda était tellement captivé avec de grands yeux admiratifs qu'Antoine crut presque qu'il avait plus regardé le Panda que le documentaire. Une heure de pandas en tout. Il était déjà 00h30 lorsqu'ils lancèrent Nos Etoiles Contraires. Le Panda se cala comme pour dormir, tandis que la Fille faisait de même, tentant de résister au sommeil pour voir son film.

C'est alors qu'il remarqua que le Patron était déjà endormi. Les bras croisés, le corps semi-allongé, mais endormi. Il fronça les sourcils avant d'entendre la Fille murmurée.

_ Il se remet doucement… Il fait genre "Tout va bien, j'suis le Patron", mais s'il pouvait dormir toute une journée, il le ferait.

Elle quitta un instant l'écran des yeux pour lui faire un petit sourire avant de se reblottir dans les couvertures. Antoine la fixa un long moment avant de regarder l'écran à son tour. Et bien que la Fille s'endormit plus tôt que prévu, le pizzaman regarda tout le film. 2h35 qu'il était lorsque tout fut fini.

Antoine sentait que ses yeux se fermaient tout seul. Il décida de se lever pour au moins éteindre la télé et aller se dégourdir les jambes dans la cuisine - le tout, s'en réveiller les créations endormis. Il observa un peu la pièce. Etant donné qu'il n'y avait pas de rideaux, la lumière de la Lune s'incrustait et éclairait la pièce d'une jolie lumière bleutée. Il vit un post-it sur la machine à café et s'en approcha.

"Vas-y, sers-toi, je sais que la soirée sera rude. M-"

Antoine étouffa un petit rire dans sa main et prit la cafetière avec un fond de café qui semblait un peu tiède lorsqu'il la touchait au niveau de son contenu. Il décida de prendre une tasse propre sur l'évier et se servit un fond.

_ T'es pas discret, gamin.

La voix rauque dans son dos le fit sursauter et renverser un peu de café hors de la tasse. Cela fit ricaner le Patron à voix basse, évidemment. Antoine posa sa main au niveau de son cœur et rangea la cafetière.

_ Tu es réveillé depuis longtemps ? Demanda Antoine en se tournant vers lui.
_ J'dors en chien d'garde, dit-il, cigarette qu'il venait d'allumée coincée entre ses lèvres. T'aurais jamais pu partir sans que je le sache.
_ C'est bon à savoir, ajouta le chevelu sur un petit rire nerveux.

Le criminel fixa tout à coup Antoine avec beaucoup de sérieux. Puis, il s'approcha et se mit en face de lui. Bien que plus petit d'une tête, le Patron avait une de ses présences… Notre chevelu se sentait vraiment tout petit. Puis, un sourire en coin naquit sur les lèvres du criminel.

_ Dis-moi, gamin… Pourquoi tu viens si souvent chez nous ?
_ Hm, hésita Antoine, surpris de cette question qu'il ne voyait pas venir. Car je bosse ?

_ Mon cul. Tu soignes aussi les gens malades et tu ramasses les courses d'un type dans la rue régulièrement ?
_ Ils t'ont raconté ?
_ Pas b'soin. Mathieu t'aurait jamais laissé entrer s'il avait eu le choix.

Antoine sentit une étrange pointe dans la poitrine à ce moment-là. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Il n'était qu'un simple Pizzaman et babysitter après tout. Mais savoir qu'il était insignifiant au point qu'on se serve de lui uniquement pour ranger l'appart et servir d'épaule pour pleurer lui donnait la nausée.

_ Alors pourquoi il m'embauche si j'suis juste la bonne à tout faire ?

_ Blessé, gamin ? Ricana le Patron.
_ Réponds juste à la question.

Le Patron fixa sérieusement Antoine avant d'écraser sa cigarette déjà finie sur le cendrier près de l'évier. Puis, il regarda Antoine avec un sourire en coin.

_ Parce que tu nous plais gamin.

Et, avant même qu'il n'est pu réagir, le Patron l'embrassait à pleine bouche. Encore ?! Je me fais encore avoir par ce coup minable ?! Mais Antoine ne résista pas. Car si Mathieu embrassait bien, le Patron était un as. Il avait ce don de remuer la langue au bon moment pour le faire fondre, de passer sa main dans ses cheveux et de presser sa tête quand cela se faisait sentir. Il avait un goût de cigarette mélangé à de la réglisse dans la bouche, ce qui faisait un mélange de saveur assez particulier.

Antoine n'avait aucune résistance. Il n'avait pas eu de copains ou de copines depuis des mois et le Patron jouait sérieusement avec ses nerfs. Il glissa d'ailleurs sa main dans ses cheveux et le fit basculer contre l'évier. Le Patron grogna un peu de désaccord, rarement dominé, mais s'assit sur le rebord pour pouvoir enlacer les hanches d'Antoine avec ses jambes et le ramener contre lui. Le baiser était sauvage, chacun voulait avoir le dernier mot mais personne ne lâchait. Puis, à bout de souffle, ils se lâchèrent. Le Patron glissa dans le cou d'Antoine, faisant frissonner ce dernier en passant sa langue sur sa carotide.

_ Qu'est-ce que vous faites ?

Immédiatement, Antoine s'écarta du Patron et observa la personne à la porte. Le Geek, Monsieur Nounours contre lui, les regardait étrangement. Le pizzaman passa une main dans ses cheveux avec gêne tandis que le Patron descendait du rebord.

_ Au plaisir gamin, dit-il en ricanant.

Et il disparut dans le salon, passant auprès du Geek. Ce dernier, venu chercher un verre d'eau, fit semblant de n'avoir rien vu et, d'un pas rapide, il prit un verre, fit couler de l'eau depuis le robinet et avala précipitamment. Puis, avant même qu'Antoine ait pu lui adresser un mot, il se précipita dans le salon pour retourner se coucher.

Antoine avait honte, vraiment honte. Il soupira et resta un moment seul dans la cuisine, les mains sur le visage, le souffle court de rage, d'avoir cédé à la tentation du Patron. Puis, il décida qu'il devait au moins penser à des choses horribles pour ne plus avoir cette érection douteuse.

En attendant Mathieu, Antoine s'était assis au bout du canapé et avait remis en route le film mais sans le son. Tout le monde dormait bien cette fois, inutile de réveiller qui que ce soit. Lorsqu'il entendit, à 3h15 du matin, la clé tournée dans la serrure, il se dit qu'il pourrait enfin aller dormir. Ou pas.

Une fois entrée, il entendait Mathieu renifler tout en fermant la porte. On entendait aussi clairement qu'il s'empêchait de pleurer. Lorsqu'il se retourna, il eut un petit sursaut en voyant Antoine. Il ne s'attendait probablement à personne de lever.

_ Oh… Désolé Pizzaman je… J'avais oublié…
_ Tout va bien…?
_ Oui ! Dit-il avec un petit sourire en s'asseyant près de lui.

Sourire qui s'effaça bien vite lorsqu'Antoine le regarda avec un air de dire "C'est bon, j'suis pas con non plus.". Il renifla une dernière fois avant que les larmes ne roulent sur ses joues et qu'il se blottisse contre lui. Inconsciemment, Antoine l'enlaça et caressa son dos en lui disant que ça allait, qu'il allait rester jusqu'à ce que ça aille mieux.

Lorsque Mathieu fut moins secoué par les sanglots, il lui expliqua le drame qui le secouait depuis un moment déjà. Il avait rencontré Guillermo sur Internet. Un jeune hispanique de 20 ans, beau comme un Dieu et gentil comme tout. Ils avaient décidé de se rencontrer ce soir pour prendre un verre et conclure. Arrivé là-bas, à 23h, Guillermo s'avéra être le bon, pas de mensonges sur sa photo. Ils ont discuté un long moment dans le bar choisi avant que Guillermo, au bout de trois heures de discussion, se plaigne d'une envie d'aller aux toilettes. Bien évidemment, n'allant pas le suivre, Mathieu lui assura de rester assis ici, qu'il l'attendrait. Et il a entendu. Un quart d'heure. Une demi-heure. Au bout de trois quart d'heure, le barman vint le prévenir qu'ils fermaient dans un quart d'heure. Guillermo l'avait planté. Il avait donc décidé de rentrer, éclatant en sanglots après avoir résisté un quart d'heure en se répétant que ce n'était pas de sa faute. Et, lorsqu'il eut fini son récit, les pleurs reprirent, discrètement pour ne réveiller personne.

_ Eh, Mathieu ! Ajouta Antoine en prenant son menton entre ses doigts et en le regardant droit dans les yeux. Crois pas une seule seconde que tu étais le fautif. Ce mec était juste un gros connard. Voilà tout. Ok ?

Mathieu le fixa un long moment avant de renifler et d'hocher la tête. Antoine sourit à son tour et essuya ses larmes. Plus il le regardait, plus il se disait que ce petit gars avait vraiment un truc, quelque chose de plaisant. Comment ce Guillermo avait-il pu le lâcher comme ça ? Il vit Mathieu se rapprocher un peu. Non, pas encore un baiser !

"Tu nous plais gamin."

Les lèvres de Mathieu rencontrèrent les siennes. C'était tendre, mais Antoine sentait que Mathieu laissait le désespoir le guider. Il était malheureux, Antoine l'avait réconforté et il se sentait mieux grâce à lui. Puis, le petit sentait un peu l'alcool. Alors le chevelu voulut le repousser. Mais il n'en eut pas le temps. Car Mathieu le faisait déjà.

_ J'vois… Le Patron est passé avant moi… Il a été plus malin…

Il ricana nerveusement et fouilla dans la poche intérieure de sa veste. Antoine ne sut pas vraiment comment il sut que c'était le Patron qui l'avait embrassé mais il le vit déjà sortir son portefeuille et récupérer la somme promise qu'il tendit vers lui.

_ Barre-toi.

_ Quoi…? Demanda Antoine, confus.

_ Qu'est-ce que tu comprends pas là-dedans ?! J'ai dit barre-toi, tire-toi, casse-toi, barre-toi de chez moi et fissa.

Antoine était surpris. Mathieu venait littéralement de changer de facette. Il était passé de "malheureux et rejeté" à "furieux connard". Il prit doucement l'argent avant que Mathieu ne se mette à hurler et réveille tout le monde. Ce dernier se leva alors et se dirigea vers son balcon. Il fouilla dans la poche de sa veste et en sortit un paquet de clopes.

_ … Je suis désolé Mat…

Le paquet de clopes vola vers lui et il eut tout juste le temps de l'esquiver. Message compris, Antoine déverrouilla la porte et se précipita dehors. Bon Dieu, mais qu'est-ce qu'il avait fait…?


* Trois chaudasses sur le cul d'un loup est un film inventé par Victor Bonnefoy (InthePanda) dans le cadre de l'épisode 14 d'Unknown Movies "Girlfriend Experience".

Voilà ! Alors voici la précision : la fiction sera sur au moins 20 chapitres. Voilà, si ça peut rassurer les septiques quant à la vitesse des bisous, on aura pas de grand amour entre Mathieu et Antoine là maintenant tout de suite !

Je vous bisous smack très fort en ces temps très dures !