I'm back ! Après des mois d'absence...

Je m'excuse d'avance... Ca fait un mois (oui un mois) que ce chapitre est écrit mais qu'il ne me satisfait. Je le trouve trop... Barf vous allez voir.

Ce chapitre sera en "doublon" mais je laisse un peu de suspens.


Cela faisait une semaine que Mathieu et lui ne s'étaient plus vus. Une semaine que ce baiser avait eu lieu et que, par la suite, Mathieu l'avait renvoyé de chez lui. Une semaine qu'Antoine tentait de le contacter pour s'excuser. Mais rien. Mathieu le laissait souvent à l'interphone, ne lui laissant jamais l'accès à l'appartement. Il ne prenait d'ailleurs plus le risque de commander chez YoloPizza de peur que ce soit Antoine qui fasse le service ce jour-là.

Antoine ne savait plus quoi faire. Rongé par le remord, il en devenait moins performant à son travail et enchaînait les insomnies à ressasser son erreur. Il se demandait d'ailleurs comment Mathieu avait pu savoir qu'il avait embrassé le Patron. Il ne préférait pas vraiment savoir dans un sens.

Bref, alors qu'il venait de réclamer un jour de repos pour le lendemain, vidé de cette histoire, son patron le fit passer à la caisse. Quel ne fut pas sa surprise lorsqu'il vit Mathieu faire la queue. Fronçant les sourcils, il cligna plusieurs fois des yeux derrière ses lunettes, espérant ne pas avoir déjà des hallucinations. Mais non, c'était bien Mathieu. Du moins, tout portait à croire que c'était lui. Il avait un air agacé sur le visage - probablement à l'idée de n'avoir d'autres choix que de revenir à cette pizzeria pour nourrir tous ses doubles - et Antoine eut du mal à conserver cet espoir que Mathieu venait pour discuter.

Lorsque ce dernier releva la tête et croisa le regard d'Antoine, il roula des yeux, comme si le fait qu'il soit dans la file du chevelu soit un malheur en plus de tous les autres qu'il avait sur le dos. Bien entendu, le chevelu en question fut vexé, surtout lorsque le petit osa un regard sur la file de sa collègue, heureusement (pour Antoine) bien trop longue pour qu'il en change.

Après deux clients qu'il expédia en vitesse, il se retrouva face à Mathieu. ENFIN !

_ Salut, bégaya Antoine avec un petit sourire encore désolé. Ecoute, hm…

_ Te fatigue pas, le coupa le petit, c'est pas Mathieu.

Antoine fronça les sourcils d'incompréhension, l'interrogeant du regard. Mathieu roula des yeux, comme si c'était évident.

_ Réfléchis deux secondes : il ne peut plus te voir en peinture, tu croyais franchement que c'est lui qui allait se ramener au risque de te voir ?

_ … Panda ? Tenta-t-il hésitant avant d'avoir une énième confirmation par un roulement d'yeux. Mais… Pourquoi il t'a envoyé toi ?

_ … Ca t'arrive de réfléchir deux secondes avant de parler ou…?

Bien que le chevelu ressente de nouveau de la vexation face au ton agacé du Panda, il se mit à y réfléchir deux secondes. Parmi toutes les personnalités qu'il avait vu, qui aurait pu venir habillé en Mathieu ? Plus il réfléchissait, plus il se disait que le Panda était probablement celui qui ressemblait le plus en tout point à son créateur. Et surtout celui en qui Mathieu devait avoir le plus confiance.

Il poussa un "aaah" signe de la petite lumière qui s'était allumée dans un coin de sa tête, avant que le Panda ne reprenne :

_ Ecoute, mec, je crève de froid sans ma fourrure, ses fringues me grattent et j'ai qu'une envie, c'est de rentrer chez moi… Tu prends ma commande habituelle ?

_ Pas de soucis ! Sourit Antoine. Attend deux secondes, je vais prévenir le patron que c'est pour vous.

_ … C'est sympa, sourit pour la première fois le Panda.

Ce sourire raviva une once d'espoir dans le cœur d'Antoine qui se mit à sourire comme un idiot avant de se précipiter en cuisine pour prévenir le patron. Surpris par l'humeur de son employé, il sourit malgré tout, content qu'il aille un temps soit peu mieux, et se mit en charge de préparer les pizzas pour Mathieu.

Il retourna à la caisse et fit signe au Panda que c'était bon, alors que ce dernier se tenait contre le radiateur le plus proche. A vrai dire, le revoir rendait Antoine… Mal ? Il avait cette pointe dans le cœur, celle que vous ressentez lorsque vous revoyez quelqu'un qui vous était proche et qui est parti de votre vie. De plus, le pizzaman était conscient que tout était de sa faute. Et c'est ça qui le déchirait. Il n'avait connu la famille que pour un court moment et, pourtant, il s'était déjà accroché à elle. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Pour Mathieu ? Sans doute.

Après avoir pris plusieurs commandes, le patron arriva avec la commande conséquente pour la famille. Antoine n'eut pas le temps de faire un signe au Panda qu'il s'était levé et était allé vers la sortie. La sortie ? Oui, car il n'était pas seul. Un grand garçon, les cheveux ébouriffés, une barbe assez fournie, portant un énorme sweat, entra à l'intérieur, suivit du Panda.

La pointe se fit à nouveau sentir, plus intensément cette fois. Qui était ce type qui venait aider Panda ? Le nouveau copain de Mathieu ? Antoine fut un moment jaloux de ce jeune homme. Et il fut encore plus inquiet lorsque son patron manifesta un intérêt pour ce dernier.

_ Victor ! Ca faisait longtemps dis-donc ! Dit-il en passant de l'autre côté de la caisse. Qu'est-ce qui t'amène à Paris ?

_ Bah…, commença-t-il alors qu'il rendait l'étreinte amical au patron, Mathieu a besoin de moi, j'accours que veux-tu ?

Son petit rire désopilait vraiment Antoine. Pourquoi ? Oh il n'avait rien de particulier. Juste de savoir que ce rire faisait rire Mathieu alors lui ne pouvait plus le voir. Ah bah voilà, maintenant il s'en voulait d'être méchant envers ce type sans aucune raison. Il était vraiment faible dans son genre…

Il avait totalement décroché de la conversation entre son patron et ce Victor, se penchant pour récupérer les pizzas et les poser sur le comptoir, réclamant un peu plus brusquement qu'il ne l'aurait voulu le compte au Panda. Ce dernier pinça les lèvres et tendit la somme au centime près. Mathieu avait vraiment tout calculé pour que sa créature n'ait pas à attendre trop s'il venait à croiser Antoine. Une nausée le prit soudainement face à cette accumulation de choses, mais il se retint de se précipiter aux toilettes.

_ Bon, on devrait y aller, se mit à dire le fameux Victor. Les pizzas vont être froides sinon.

Alors qu'il venait en aide au Panda pour porter une partie de la pile, Victor regarda un moment Antoine dans les yeux, ce qui déstabilisa le chevelu. Ce regard ne voulait peut-être rien dire, mais il ne s'attendait pas à ce que le garçon le regarde dans les yeux et, surtout, aussi longtemps. Il détourna le regard lorsque le patron s'adressa à lui.

_ Alors, tu restes longtemps en ville ?

_ Non, je n'fais qu'passer, dit-il avec un grand sourire en calant les pizzas contre lui. Mais je reviendrais te voir à ton départ, c'est promis !

_ T'as intérêt, gamin ! Allez, à la prochaine, bonne soirée !

Alors que le patron repassait derrière le comptoir, Antoine regardait les deux partir. Ils semblaient si proche tous les deux… Il se sentait vraiment mal à l'idée que ce Victor puisse prendre sa place. Quel place ? Peu importe. Il regrettait son geste, il voulait tellement s'expliquer auprès de Mathieu… Pourquoi ressentait-il ce besoin auprès de lui ? Il n'était pas amoureux, pas au bout de trois semaine, il ne fallait pas exagérer non plus. Mais il voulait être proche de lui. Autant que l'était ce garçon.

Lorsque son service fut fini, Antoine ne rentra pas immédiatement chez lui. Il était déjà minuit passé à cause de quelques problèmes à régler à la pizzeria et il n'avait pas le cœur à se retrouver seul. Il avait donc remonté la rue, passer devant chez Mathieu sans s'arrêter et était entré dans le premier bar venu.

Et là, il avait touché le fond. Enchaînant les verres les uns après les autres, assis au bar, Antoine se laissait aller. La colère et la tristesse le guidait. "Tu ne veux plus me répondre hein ?! Bah j'en ai rien à foutre, j'ai pas besoin de toi !", "Je te connais même pas ! Je m'en fous de toi, ça aurait pu être n'importe qui d'autre !", les reproches à l'encontre du créateur mais aussi de ses créations s'enchaînaient au rythme des verres qu'il buvait. Alors qu'il commençait à être un peu pompette, il fut surpris par une voix familière à côté de lui.

_ Alors gamin, on se laisse aller ?

Il tourna la tête et vit le Patron sourire en coin à ses côtés. Antoine fronça les sourcils, comprenant difficilement que soit il était bourré au point d'avoir des hallucinations, soit le Patron était vraiment dehors. Il se redressa du mieux qu'il put et tenta de demander le plus clairement possible :

_ Qu'est-ce que tu fous dehors ?

_ On a une vie, on reste pas chez nous. Heureusement sinon on crèverait de faim si je ne pouvais pas bosser. Et puis, on nous a gentiment viré ce soir.

_ Comment ça ? Demanda Antoine en fronçant les sourcils encore plus qu'avant.

_ Ca t'occupe, le babysitter ? Ricana le Patron.

Antoine fut un peu vexé du fait que le Patron ne lui réponde pas vraiment à sa question. L'homme au costard semblait très sérieux malgré son ricanement. Le chevelu soupira et prit sa tête entre ses mains.

_ Du coup, il ne reste personne chez vous ?

_ Quand je suis parti, il n'y avait plus que Mathieu et Victor. Panda venait de partir.

A cette phrase, Antoine vit rouge. Seulement Mathieu et Victor hein ? Et ça ne mettait la puce à l'oreille qu'à lui ? Il était évident qu'ils allaient se sauter dessus l'un l'autre. Antoine avala le verre qu'il venait de commander cul sec et se leva de son siège.

_ Eh, tu vas où comme ça gamin ? Demanda le Patron, surpris de ce changement de situation.

_ Ca t'occupe ? Grogna Antoine en sortant du bar.

C'est donc d'un pas décidé qu'il fit demi-tour, remontant la rue pour aller directement à l'immeuble de Mathieu. Il martyrisa le pauvre bouton de la sonnette, sachant qu'on allait pas le faire entrer du premier coup. Du moins, c'est ce qu'il crut car il n'eut même pas le temps de dire ses quatre vérités à Mathieu lorsqu'il décrocha l'interphone qu'on lui ouvrait la barrière. Un peu décontenancé sur le coup, surtout à cause de l'alcool, il se reprit et rentra malgré tout d'un pas décidé. Il prit l'ascenseur et, une fois au bon étage après deux essais ratés, il appuya fortement sur la sonnette de la porte. Mais ce n'est pas Mathieu qui lui ouvrit.

Il se retrouva face à Victor, uniquement vêtu d'un kigurumi panda ouvert jusqu'au nombril, la capuche sur la tête et la cigarette à la bouche. Il avait le sourire, du moins jusqu'à ce qu'il reconnaisse Antoine, aka le mec qui lui avait donné les pizzas tout à l'heure. Il resta un moment figé mais Antoine n'était pas mieux. Savoir que Mathieu et lui étaient ensemble était un fait, le voir était blessant. Malgré tout, le jeune homme face à lui sembla reprendre ses esprits.

_ Mec, c'est pas du tout c'que tu crois…

"C'est pas c'que tu crois" ? Mais de quoi parlait-il ? Comment pouvait-il juger de ce qu'Antoine ne comprendrait ou ne comprendrait pas ? Mais il n'eut pas le temps de construire une phrase concrète dans son cerveau noyé dans le rhum-coco que Mathieu, seulement vêtu d'un caleçon et traînant une couverture derrière lui, entrait dans la pièce.

_ Bon, c'est rég… Antoine ? Demanda-t-il, surpris, se cachant dans la couverture.

Le visage du touffu grimaça de rage. Il osait lui parler comme ça, comme si de rien était. Après une semaine sans nouvelle, il se pointait comme ça, juste une petite surprise. Mathieu fronça les sourcils face à cette colère qu'Antoine n'arrivait pas à exprimer avant d'ouvrir de grands yeux en comprenant ce qui se passait.

_ Non attends, c'est pas du tout…

Un homme apparut derrière eux, un sac de nourriture chinoise toute prête à la main. Antoine se tourna vers lui, tout comme le regard de Victor et celui de Mathieu.

_ C'est bien ici la commande pour Sommet ? Dit-il d'une voix lasse.

Antoine se tourna vers eux. Il ricana nerveusement et pointa difficilement du doigt Mathieu.

_ Toi… T'es vraiment…

_ C'est bon, mec… Je te ramène chez toi, t'es bourré, commença Victor en s'approchant de lui.

_ Non ! Se mit-il à crier. Toi, tu me touches surtout pas…

Victor se recula en levant les mains au ciel, comme pour lui montrer qu'il ne se passerait rien. Antoine fixa un long moment les deux, plein de haine mais surtout trop plein pour parler. Malgré tout, il regarda Mathieu une dernière fois.

_ Tu couches avec tout ce qui bouge en fait… T'es qu'un salaud… Je…

_ Eh, c'est bon là, le coupa Victor qui commençait à perdre patience.

De rage d'être coupé, il prit le sac du serveur et le balança à Victor, simplement pour se donner contenance d'avoir fait quelque chose de méchant au lieu de n'avoir rien dit, et descendit les escaliers pour ne pas attendre l'ascenseur comme un idiot. Il se sentait déjà assez ridicule de ne pas savoir aligner deux mots sans bégayer.

Dans la rue, il tapait du pied. Il titubait. Il ne savait même plus ce qu'il faisait. Il ne pensait qu'à ce mec. Ce mec à moitié à poil qui était dans l'appartement de celui qu'il voulait. Avec celui qu'il voulait. Lui-même complétement dénudé. Il sentait son sang-froid le lâcher, les larmes montés, la colère le submerger.

Il bouscula quelqu'un sans le vouloir. Il grogna, bien qu'il savait qu'il était en tort.

_ Antoine…? Ca va ?

Il se tourna vers… Le Panda tiens. Forcément, trouvez-en un, vous avez tout le troupeau, pensa-t-il. Il roula des yeux et poussa un soupir, s'apprêtant à repartir.

_ Attends ! Dit-il en le rattrapant.

_ Oh ça va ! Grogna-t-il en se dégageant et en se tournant vers lui. Mathieu l'aime bien Victor, hein ?! C'est pour ça qu'il vous a tous dégager de l'appart ?!

_ De quoi tu parles…? Fronça-t-il, visiblement confus.

_ De la pute qui te sert de créateur ! Bien que je sois pas étonné, je l'ai compris tout de suite ! Qui embrasse un mec pour le payer ?! Qu'il aille faire tous les appartements de la ville tant qu'il y est ! Tu lui diras que ça l'arrange bien de sauter tous les mecs mais que moi, parce que j'ai embrassé le Patron, il fait la frigide !

Alors, qu'essoufflé, il terminait sa tirade après avoir hurler ses dernières phrases, il finit par regarder le Panda. Panda qui avait les larmes aux yeux. Voire pas qu'aux yeux vus qu'elles avaient coulé. Il le fixait avec un air choqué, mais surtout déçu. Comme si c'était lui qu'on insultait. Il finit par montrer un visage dur, reniflant et regardant Antoine droit dans les yeux.

_ T'en fais pas, Antoine… Le message est bien passé.

Puis le Panda se retourna et s'éloigna rapidement dans la rue, puis entrant dans la petite allée après avoir composé le code pour ouvrir la barrière. "Le message est bien passé"… Il ne comprenait pas cette phrase et mettait la tristesse de la créature sur le compte du fait qu'il insultait son créateur. Qui le méritait. C'est donc bourré qu'Antoine rentrait chez lui, le cœur lourd.

Le lendemain matin, Antoine n'allait pas mieux. En plus de subir une horrible gueule de bois et de n'avoir que très peu dormi, il n'acceptait toujours pas ce qu'il avait vu ce soir-là. Mathieu et Victor… Il prit son téléphone et ouvrit les contacts. Il observa un moment le numéro de Mathieu avant de le supprimer définitivement. A quoi bon ? De toute manière, vu ce qu'il avait dit hier, même s'il se décidait finalement à pardonner le créateur, ce dernier ne le ferait probablement pas.

Il n'avait pas été en cours, prétextant une maladie quelconque le clouant au lit, et il s'était levé pour se faire un bon cocktail anti-gueule de bois. Dans sa tête, il ne cessait de se remémorer cette histoire. Mathieu, Victor, Mathieu, Victor… Plus voir ce souvenir, aussi flou soit-il, le hantait, plus il se sentait sur le point de vouloir tout péter. Mais Antoine était un homme naturellement calme et qui gardait son self-control.

Il avait décidé, bien qu'il resterait à la maison pour aujourd'hui, qu'il devait s'occuper l'esprit. Il s'était mis à réviser, à regarder la télé et à faire tout sauf penser à ces deux abrutis. Tiens, en parlant d'abrutis, Antoine reçut un appel d'un numéro non-enregistré. Curieux, il décrocha malgré tout.

_ All…

Il s'interrompit face au bruit à l'intérieur de l'appartement. "Oh non, pas eux…" pensa Antoine désespérément. Il était sur le point de raccrocher lorsqu'il entendit une voix à l'autre bout du fil.

_ Allô ? Putain mais… Arrête ça bordel ! Je te jure, mec, si je te chope, tu vas passer un sale quart d'heure !

Victor ? Antoine fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'il se passait pour qu'il y ait autant de bazar…? L'inquiétude monta inconsciemment en lui.

_ Panda, fais quelque chose bordel ! Il est en train de… Oh putain… Allô ?

_ Qu'est-ce que tu veux ? Soupira Antoine.

_ Mec, j'ai besoin de quelqu'un, je… Non, non, non.

Antoine entendit qu'on lâchait le téléphone et qu'on courait dans l'appartement. Ca criait, ça hurlait, ça faisait un vacarme pas possible et le chevelu se demandait comment il était encore possible qu'aucun voisin ne se soit plaint de tout ça.

_ Gros, ils sont tous fous ! Ils ont pris ma rhubarbe gros ! Cria le Hippie dans le téléphone.

_ Hippie ! Lâche ce téléphone immédiatement ! Hurla la voix de Victor à travers l'appartement.

_ Hippie ? Demanda Antoine malgré tout, essayant de comprendre ce qu'il se passait. Il est où, Mathieu ?

_ Il en a trop pris gros ! Trop pris !

Et le téléphone tomba alors que le Hippie partait en hurlant. Au-dessus du vacarme, il entendait régulièrement Victor réclamer le calme, lui-même au bord de l'hystérie. Il soupira. Devait-il y aller ? Après tout, il avait sûrement aucune raison d'y aller et aucune raison qu'on lui ouvre… Il entendit un gros boum et le calme revint brusquement. Ok, il devait sûrement y aller.

Paniqué par ce qu'il venait d'entendre, il se leva brusquement de son siège. Il raccrocha pour être plus habile, rangeant son téléphone dans sa poche, et il enfila sa veste, courant jusqu'à l'appartement de Mathieu quelques mètres plus loin. Il sonna à l'interphone, se disant qu'on allait peut-être pas lui ouvrir. Mais si, et, comme hier, il eut un long moment de réaction avant d'entrer. Il courut dans les escaliers et sonna immédiatement à la porte de Mathieu. Et il fut de nouveau surpris de voir que la personne qui lui ouvrait était Mathieu lui-même. Le bordel avait repris de plus bel mais ce n'est pas ce qui le choquait le plus. Ce qui le choquait le plus, c'était l'état général de Mathieu. Il était nonchalant, tirant une latte sur une cigarette qu'il tenait entre ses doigts. Il se tenait appuyer contre la porte, un sourire en coin aux lèvres.

_ Oh, salut… Bienvenue dans le royaume de la pupute. Je t'en prie, entre dans ma maison close.

Bien qu'il était visiblement bourré, le ton cynique et sarcastique de Mathieu ne faisait aucun doute. Le Panda lui avait fait passer le message et il lui en voulait. Il poussa la porte avec son pied jusqu'à ce qu'elle claque contre la butée de porte et il se dirigea à l'intérieur de son appartement. Et bon Dieu, Antoine ne pensait pas que l'Enfer pouvait exister sur Terre… Et pourtant.

Victor était allongé sur le canapé, la Fille près de lui et lui tenant la main. Le Patron se battait avec le Panda qui protégeait visiblement le Geek, le petit lui-même assis dans un coin, tout tremblant. Le Hippie tournait en rond dans l'appartement en secouant sa rhubarbe au-dessus des têtes de chacun, bien qu'en arrivant près de Mathieu, le regard froid de ce dernier l'en empêcha à la dernière minute. Le Prof lui passa devant pour sortir, armé une valise et de tonnes de dossiers sous le bras tandis que le Beauf entrait et sortait de la cuisine sans s'arrêter.

Antoine ferma la porte derrière lui. Mais qu'est-ce qui s'était passé en un soir ? Il soupira et se dirigea précipitamment entre le Patron et le Panda. Ils étaient déjà bien amochés - le Patron avait la lèvre fendu en deux et le Panda commençait à avoir un œil au beurre noir et du sang qui coulait de sa bouche.

_ Ca suffit tous les deux ! Dit-il en essayant de les écarter l'un de l'autre.

_ Alors la peluche, tu abandonnes ?! Tu ferais mieux de t'occuper de ton chéri qui fait un malaise sur le canapé !

_ Mêle toi de ton cul, Patron, pour une fois ! Et fous nous la paix, tu nous fais chier avec tes conneries.

_ Victor s'occupe bien du tien visiblement, ajouta le Patron avec un sourire en coin.

Le Panda poussa Antoine si fort qu'il en tomba sur les fesses. Il se jeta sur le Patron et la bagarre reprit de plus belle. Le pizzaman se redressa en grimaçant et les observa se battre avant de reporter son regard sur Mathieu. Il les observait, un verre à la main, la tête contre le chambranle de la porte. Il ne le comprenait pas. Ses créatures se battaient, détruisaient son appartement et il ne faisait rien.

_ T'attends quoi pour les séparer ?!

_ Oh, je sais pas, ma prochaine cliente peut-être ? Répondit-il en haussant les épaules.

Antoine se mit debout en grognant et se dirigea vers lui. Et la claque partit toute seule. Il venait de gifler Mathieu, ramenant brusquement le silence et les regards sur eux. Le Patron et le Panda s'étaient lâchés et redressés, le Geek ne pleurait plus, la Fille avait relevé la tête vers eux et le Hippie en avait lâché sa rhubarbe. Mathieu, lui, se tenait la joue, tremblant. Puis il tourna la tête vers Antoine, le fixant, incrédule. Mais, avant que le chevelu n'ait pu dire quoique ce soit, le créateur le bouscula et s'enferma dans sa chambre.

Antoine était désormais seul face à toutes les créatures qui le fixaient. Il était plongé entre la satisfaction et le remord. Satisfaction de l'avoir remis à sa place. Remord de l'avoir giflé pour ça. Il voulut s'approcher de la porte de sa chambre, mais le Patron s'interposa et pointa un flingue vers lui. Il leva immédiatement les mains en l'air, sentant son cœur s'emballer.

_ … Barre-toi, gamin, dit-il en baissant son arme.

Il en fallut pas plus pour Antoine qui, soulagé de ne pas mourir aujourd'hui, se précipita hors de l'appartement.


Et voilà l'étron ! Encore désolé pour cette basse qualité... L'histoire que je voulais mener avec Pizzaman commencera au chapitre 6 donc accrochez-vous, cette situation ne durera pas longtemps :)

Des grosses bises !